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Plus de 4 millions
de baigneurs à Mostaganem
Des
plages non autorisées à la baignade accueillent les
estivants
Une
vingtaine de plages non autorisées à la baignade sur le
territoire de la wilaya de
Mostaganem attirent les estivants de tout bord.
Et
pour cause. Des plaques sur lesquelles est mentionné
«Plages familiales élaborées et placées par des
commerçants et des gérants de restaurants et autres
gargotes invitent les estivants à s’y installer. Entre
autres plages, il y a lieu de citer celle de Salamane
et celle dite plage Meteraba. Ces plages, faudrait-il
le souligner, ont été déclarées non autorisées à la
baignade par les services concernés. Certaines d’entre
elles sont interdites à la baignade pour cause de
pollution tandis que d’autres le sont pour leur
caractère rocheux qui présente un sérieux danger pour
l’intégrité des baigneurs. Des sources proches de la
Protection civile ont indiqué que les autorités locales
ont été saisies à plusieurs reprises pour trouver une
solution à ce problème. Les quelques estivants qui
fréquentent ces plages ont indiqué qu’ils ne sont pas au
courant que celles-ci ne sont pas autorisées à la
baignade et qu’ils se sont tout simplement fiés aux
plaques installées sur la route. D’autre par contre
estiment que de toute façon ces endroits les arrangent
d’autant plus que les plages qui sont autorisées à la
baignade et celles surveillées par la Protection civile
grouillent de monde et «sont de la sorte
infréquentables». Il y a lieu de signaler toutefois que
même si les plages autorisées à la baignade sont
submergées de monde, ces dernières sont plus sécurisées.
Selon les dernières statistiques de la Protection
civile, il y a eu 15 morts par noyade, au niveau des
plages de la wilaya de Mostaganem dont une seule a été
enregistrée dans une plage autorisée à la baignade. Il y
a lieu d’indiquer que la wilaya de Mostaganem est l’une
des wilayas les plus prisées par les estivants ; elle
draine à elle seule plus de 4 millions d’estivants
durant toute la saison estivale. Par ailleurs, en ce qui
concerne les feux de forêt, un incendie déclenché il y a
quelques jours a été à l’origine de la destruction de
12,7 hectares sur un massif forestier de 483 hectares.
Par Salah Harirèche
Tizi Ouzou
Six
personnes décèdent suite à l’inhalation du monoxyde de
carbone
Six
personnes ont trouvé la mort, asphyxiées suite à
l’inhalation du monoxyde de carbone, mercredi dernier,
dans la wilaya de Tizi Ouzou. Les victimes, dont quatre
natives du village Igoufaf, près de Aïn El Hammam, et
deux autres de Tirmitine, effectuaient des travaux
d’entretien de puits quand l’accident est survenu. A Aïn
El Hammam, les victimes sont issues d’une même famille,
le père âgé de 59 ans et ses trois enfants 22 ans, 24
ans et 29 ans, alors qu’à Tirmitine ce sont deux jeunes
parents âgés d’une vingtaine d’années. Une enquête a été
ouverte pour élucider le drame.
Hamid M.
RACONTE-MOI LE PASSE
Les
dilemmes du colonisateur
Si les
nationalistes algériens adhéraient pleinement à l’idée
d’une distinction religieuse entre eux-mêmes et les
Européens, ils ne le faisaient que tactiquement pour la
langue arabe. Car, majoritairement «francophones», du
fait de leur statut d’émigrés, et musulmans, ce n’est
pas dans la langue arabe que leur prise de conscience
politique a cheminé, mais dans la langue française et à
travers la culture politique qu’elle véhicule. Cette
situation générait une contradiction : si le français fournissait le vocabulaire avec lequel ils
ont appris à formuler et à développer leurs discours
nationalistes, le français et non l’arabe, avec quelle
langue vont-ils s’adresser pour transmettre leurs idées
aux Algériens, qui dans leur majorité ne comprennent que
l’arabe – cet arabe dialectal dérivé pour l’essentiel de
l’arabe coranique – afin de les attirer à eux, et de les
mobiliser ?
Il leur fallait donc reconnaître à l’arabe aussi une
qualité distinctive essentielle avec le colon.
L’inscrire, au même titre que la religion, mais toujours
couplée à elle, comme valeur nationale des Algériens. Le
paradoxe vient du fait que ce qui est affirmé dans les
discours nationalistes ne s’inscrivait pas dans la
réalité de la pratique.
Les
nationalistes reconnaissaient officiellement l’arabe
comme critère distinctif stratégique avec les Français,
assumaient dans leurs discours les conséquences de cette
reconnaissance – qui impliquaient notamment
l’arabisation, et le panarabisme – mais, dans le même
temps, officieusement pour ainsi dire, ils ne
pratiquaient eux-mêmes que la langue française, avec
toutes les conséquences que peut générer l’usage d’une
langue sur le mode de vie, les idées, la façon de
s’appréhender et d’appréhender les autres, le projet de
société etc. Toutes ces conséquences, nous les verrons
vraiment à l’œuvre avec les «francophones» de l’après-indépendance
nationale. Mais dès lors, une série d’autres paradoxes
vont s’accumuler.
L’individu, étant un acteur mû par un intérêt, personnel
ou collectif (son groupe, sa famille…), il va élaborer
une stratégie qui sert le mieux ses objectifs. Cette
stratégie est basée sur un ensemble réduit de quelques
principes normatifs, correspondant à une position
sociale et à une condition matérielle. Avant 1954,
l’espace social où pouvaient se négocier les stratégies
individuelles en vue de la satisfaction des intérêts
était gravement balisé par l’ordre colonial. Toutes les
règles du jeu s’en trouvaient faussées dès lors qu’elles
n’aboutissaient pas au résultat escompté, l’arbitraire
colonial les rendant inutiles. Les tentatives de
certains acteurs sociaux d’inscrire, en tant qu’infime
minorité, leurs stratégies dans l’espace social européen
échouaient immanquablement du fait que l’arbitraire du
système colonial en question se décline naturellement
sur le mode racial, interdisant ainsi le passage d’un
champ à l’autre. L’Arabe, en tant que tel, était assigné
à son statut de colonisé. Ses stratégies d’acteur social
ne pouvaient mener qu’à la reconduite de son statut.
Mais, maintenu dans ses conditions d’Arabe colonisé,
dévalorisé dans ses prétentions à la promotion sociale à
l’intérieur même du champ où il a été assigné comme
colonisé, cet Arabe là faisait encore peur.
La
résistance tribale, surtout celle de l’émir Abdelkader,
les mouvements insurrectionnels de type jacqueries et
l’aspiration générale du Musulman à plus d’équité, que
l’on pouvait deviner à travers sa volonté de s’organiser
dans les misérables espaces confrériques où il s’était
confiné, tout à la fois soumis en tant qu’arabe et
désireux de transcender sa soumission en tant que
musulman, tout cela participait à nourrir les
appréhensions du colonisateur. Les révoltes de Mai 1945
confirmèrent avec éloquence leurs appréhensions.
C’est
une des contradictions insolubles qui s’est posée au
colonisateur :
l’Arabe devait rester colonisé mais il s’échappait de
sa prison coloniale en se détachant en quelque sorte de
lui-même, se réfugiant dans une sphère hors d’atteinte,
la religion, d’où il menace sans cesse de revenir, comme
ressourcé, certains diront fanatisé, réclamer sa
liberté. Encourager la francisation d’une élite, c’était
permettre d’aménager des ouvertures de compréhensions,
instaurer des liens avec cette masse dormante dont on
craint, comme d’un volcan, le brusque réveil. Mais,
outre le fait que les dividendes attendus d’une telle
politique se révélèrent insignifiants, franciser,
c’était aussi aller à l’encontre d’un principe
fondamental de l’ordre colonial en permettant à l’Arabe
de sortir de sa condition d’Arabe.
Une
telle contradiction ne pouvait s’affronter que par une
politique incohérente qui oscille entre laisser faire
une francisation, d’un côté, et laisser faire une
arabisation, de l’autre ; entre les accepter et les refuser, les promouvoir et les
combattre tout à la fois. C’est à la faveur de ces
paradoxes qu’ont émergé les élites francophones et
arabophones. Elites entendues dans le champ social qui
était le leur, celui de colonisées. C’est-à-dire, pour
les francophones, un certificat d’études, une
formation politique acquise dans les structures du
mouvement national et un travail quelconque, ordinaire ; voire une petite entreprise – c’était beaucoup dans le
champ social en question. Pour les arabophones, les
débouchés
«islamiques» de la Zeitouna, Qarawan ou Al Azhar, puis
un poste d’enseignant, moudaress, taleb, imam ou
interprète dans un tribunal – lorsque sa culture arabe
était doublée par quelques rudiments de français. Ces
deux types d’acteurs, francophones et arabophones,
étaient en quelque sorte habilités historiquement à
contester radicalement le colonialisme, parce que leur
conscience des impasses où il débouchait était
objectivement plus aiguë que chez le reste de la
population avec ses élites paysannes traditionnelles.
Les francophones encore plus que les arabophones dans la
mesure où ils ont réussi à créer, ou à intégrer, un
cadre politique au service de leurs intérêts communs,
qui passaient par l’indépendance, le mouvement national.
Restait le passage à l’acte, le 1er Novembre 1954.
Aïssa Khelladi
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