Points chauds 

Par Fouzia Mahmoudi

Anticonstitutionnel

Par la dernière déclaration de Nicolas Sarkozy laissant entendre qu’à l’avenir les Français d’origine étrangère pourraient subir dans certains cas une déchéance de leur nationalité a provoqué pour le moins un tollé dans la classe politique française et parmi les médias. Par ailleurs, au-delà du sentiment d’indignation que les propos du chef de l’État ont suscité, la grande majorité des observateurs s’accordent à dire qu’il est plus qu’improbable, voire impossible que cette mesure soit avalisée par le Conseil constitutionnel. Car avec cette proposition, le président ne fait rien de moins que de mettre en place deux catégories de Français aux yeux de la loi, or, cela est tout à fait anticonstitutionnel, la Constitution française défendant «l’égalité absolue de tous les citoyens devant la loi». Il serait alors établi qu’en France il y ait des citoyens de différentes qualités, ceux ayant des origines récentes étrangères étant visiblement aux yeux de l’État des citoyens de seconde zone. Car même si la proposition de Sarkozy n’est qu’un effet d’annonce visant à regagner le cœur des électeurs FN, elle démontre le peu de cas que fait le président français de toute une partie de ses concitoyens dont il se sert comme faire-valoir. Nicolas Sarkozy, comme tout nouveau converti, ou comme tout nouveau Français, aime tout simplement faire de l’excès de zèle ayant lui-même un père naturalisé. La lignée des Sarkozy en France est plus que fraîche et elle-même d’origine étrangère. Mais le président est en si mauvaise posture dans les sondages qu’il semble désormais prêt à tout pour s’assurer qu’il sera bien celui qui représentera à nouveau son parti en 2012. À situation désespérée, mesures désespérées. Néanmoins, Sarkozy qui aime à se présenter comme un humaniste toujours prêt à s’investir pour la paix et le respect des droits de l’homme sur la scène internationale, aura du mal à continuer à jouer cette partition maintenant qu’il est passé volontairement dans le camp des extrémistes de droite. Car les mesures avancées par Sarkozy sont difficilement dissociables d’une politique extrémiste que ne renierait pas Jean-Marie Le Pen. Reste à savoir si le président s’entêtera à faire passer cette mesure, comme il l’a fait pour la loi anti-voile intégrale qui avait été rejetée par le Conseil constitutionnel ou s’il s’en tiendrait à un effet d’annonce qui a déjà fait son effet.     

F. M.

Monde

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Ghaza

Le Hamas crie vengeance après un raid israélien ayant fait un mort

 01/08/10

 

Ghaza

Le Hamas crie vengeance après un raid israélien ayant fait un mort

Le mouvement islamiste Hamas, au pouvoir dans la bande de Ghaza, a promis hier de se venger après la mort de l'un de ses chefs militaires dans un raid aérien israélien ayant fait également huit blessés dans l'enclave palestinienne.

Plusieurs frappes israéliennes ont été menées dans la nuit en riposte à un tir de roquettes palestinien vendredi contre le sud d'Israël. Dans un communiqué, la branche armée du Hamas, les Brigades Ezzedine Al-Qassam, a identifié la victime comme Issa Al-Batran, 40 ans, un de ses commandants de haut rang. Israël avait tenté de tuer Batran dans le passé. Son épouse et ses cinq fils avaient péri dans une attaque contre leur maison lors de l'offensive israélienne de l'hiver 2008/2009 contre la bande de Ghaza. «Ces nouveaux crimes sionistes ne resteront pas impunis», indiquent les Brigades Ezzedine Al-Qassam. Un responsable du Hamas a fait état plus tôt de la mort d'un de ses membres, tué par un missile tiré sur une caravane, près du camp de réfugiés de Magazhi, dans le centre de la bande de Ghaza. L'armée israélienne a affirmé que le site en question était un «entrepôt de fabrication d'armes». Vendredi soir tard, les avions israéliens ont tiré au moins quatre missiles contre des bâtiments utilisés par les forces de sécurité du Hamas, blessant huit personnes, dont plusieurs grièvement, selon le responsable des services d'urgence de Ghaza, Mouawiya Hassanein. Il s'agit des anciens bâtiments utilisés par le président palestinien Mahmoud Abbas avant son éviction par le Hamas de la bande de Ghaza en 2007. En prévision de nouvelles frappes, le Hamas a ordonné l'évacuation de tout son personnel chargé de la sécurité, a indiqué à l'AFP une source au sein des services de sécurité. Les appareils israéliens ont également visé des tunnels de contrebande à la frontière avec l'Égypte, selon des témoins. Israël, qui a pour habitude de riposter après chaque tir de roquette en provenance de Ghaza, a indiqué dans un communiqué qu'«il tient le Hamas pour entièrement responsable de la terreur provenant de la bande de Ghaza». Une roquette de type Katioucha tirée de Ghaza s'est abattue vendredi sur Ashkelon, dans le sud d'Israël, endommageant des voitures et brisant des vitres, selon des sources militaires. Les Nations unies ont condamné l'attaque, estimant qu'un tir de roquette visant des civils était «totalement inacceptable» et constituait «une attaque terroriste». Quelques minutes avant l'explosion, les quelque 125 000 habitants de cette ville située à environ 13 km de la bande de Ghaza avaient été avertis par des sirènes d'alarme. «Israël considère avec la plus grande gravité ce tir sur Ashkelon», a pour sa part déclaré le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu dans un communiqué. Le nombre des tirs de roquettes contre Israël s'est considérablement réduit depuis l'offensive dévastatrice lancée du 27 décembre 2008 au 18 janvier 2009 par l'armée israélienne contre la bande de Ghaza, faisant plus de 1 400 morts palestiniens. Une centaine de roquettes et d'obus de mortier ont atteint le sud d'Israël depuis le début de l'année, selon l'armée. Par ailleurs, dans un autre incident hier, deux Palestiniens ont été blessés par des tirs israéliens alors qu'ils cherchaient de la ferraille près de la barrière de sécurité avec Israël, a déclaré le docteur Hassanein. L'armée israélienne a affirmé qu'ils se trouvaient dans une zone interdite et que les militaires leur ont tiré dans les jambes en voyant qu'ils ne tenaient pas compte des tirs de sommation.

 

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