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Audition des ministres, retrait médiatique
La nouvelle
méthode Bouteflika
Selon M. Djiar, la
rencontre qu’il a eue avec le premier ministre auditionné, a tourné
autour de la question du pacte économique et social.
Après avoir
annoncé samedi dernier que le président de la République allait
entamer durant ce mois de ramadan une série de consultations avec
des membres du gouvernement, consultations qui, précisera El Hachemi
Djiar, prendront la forme de conseils ministériels restreints, le
ministre de la Communication est revenu à la charge jeudi dernier,
à l’occasion de son passage à l’APN, pour annoncer que Abdelaziz
Bouteflika a entamé sa série de consultations. Selon Djiar, la
rencontre qu’il a eue avec le premier ministre auditionné, a tourné
autour de la question du pacte économique et social. Est-ce dire que
le ministre en question est Tayeb Louh ? Fort probable dans la
mesure où la gestion du dossier du pacte social relève théoriquement
du département drivé par ce dernier. Reste que la première
déclaration du ministre de la Communication a été légèrement
rectifiée puisqu’ à la place de «conseils ministériels restreints»,
Bouteflika aurait opté pour la formule du «tête-à-tête» puisqu’est-il
indiqué, chaque ministre sera reçu individuellement. A travers cette
approche, le président de République compte se forger sa propre
opinion sur chaque secteur et ce, sur la base du compte rendu qui
lui sera fait par le ministre en charge du département. A quelles
fins ? Et surtout à quoi serviront ces évaluations sectorielles,
d’autant que ce n’est pas la première fois que le Président a
recours à cette méthode de travail ? L’on peut supposer que le
Président est à la veille d’opérer un remaniement dans le
gouvernement et dans le corps des walis. Et qu’avant de procéder aux
changements, il cherche, dans un souci d’équité et d’objectivité,
à évaluer chaque membre du gouvernement en lui donnant l’occasion de
se défendre loin des regards des autres collègues. Il est en effet
plus facile de faire part des difficultés rencontrées, à titre
d’exemple, dans la concrétisation des projets retenus pour chaque
ministère en privé d’autant que lorsque ces difficultés relèvent
pour une partie d’autres secteurs dont les responsables ne font pas
de la solidarité intergouvernementale une ligne de conduite. Reste
qu’une telle approche, si elle peut avoir pour mérite de débloquer
des situations dont les retombées sont les retards dans la livraison
des projets initiés, n’est pas exemptée d’inconvénients. Et pour
cause, en recevant un ministre en tête-à-tête, ce dernier dans le
but de se défendre peut, pour peu qu’il soit en mesure de
développer un argumentaire qui tienne la route, induire en erreur le
Président en lui faisant croire ce qu’il veut. D’autant que le
ministre en question sait qu’aucun collègue ne peut apporter la
contradiction sur place, comme cela peut se passer lors d’un Conseil
auquel seraient conviés plusieurs ministres. Du reste n’avons-nous
pas entendu Abdelaziz Bouteflika traiter quelques ministres de
menteurs à l’occasion de sa sortie sur le terrain en avril dernier.
Pour rappel, le Président en visite d’inspection et de travail dans
la capitale, avait mis à nu les mensonges qu’on lui racontait en
découvrant de visu l’état d’avancement de nombre de projets en
cours. Au passage, il y a lieu de rappeler que c’est le même staff
gouvernemental qui est en poste depuis le départ en mai 2006 d’Ahmed
Ouyahia.
Nadia Kerraz
Haut
Révision constitutionnelle
Le silence
intrigant du Président
Trois mois se
sont déjà écoulés depuis le discours prononcé aux Tagarins, mais le
chef de l’Etat, contrairement à ses habitudes de livrer ses avis sur
les grands dossiers qui défrayent la chronique, ne souffle mot. Une
attitude qui suscite moult interrogations tant le Président
entretient un silence assourdissant sur la question, aggravé par le
brouhaha de la classe politique, qui, désemparée, mène pour sa part
un dialogue de sourds via médias interposés en tentant chacun
d’exprimer sa position en la matière. Au moment où le Président a
acquis le consensus politique autour du projet du référendum après
l’alignement du RND, El Islah, le MSP, le PT, le FNA, pour ne citer
que ces partis qui comptaient parmi les récalcitrants, le Président
se replie au palais d’El Mouradia et plonge dans un silence
incompréhensible. Assiste-t-on à un remake de l’avant référendum sur
la charte où le chef de l’Etat avait, rappelons-le, lancé le projet
de la charte avant de se rétracter pendant des mois, laissant place
aux commentaires les plus pessimistes, lesquels faisaient état d’un
«énigmatique coude à coude» avec les Tagarins. Un bras de fer
tranché, semble-t-il, par la convocation du corps électoral un
certain dimanche 14 août 2005 pour s’exprimer sur le projet de la
charte pour la paix et la réconciliation nationale, qui engage,
selon les propos de Abdelaziz Bouteflika, l’avenir de l’Algérie.
Lequel avenir obéit également à ce projet de nouvelle Constitution
dont la mouture finale tarde à voir le jour. Pourquoi ? L’énigme
reste entière. Y a-t-il des pressions externes signifiant une
franche opposition à ce projet ? S’agit-il d’un repli stratégique,
propre au Président habitué à prendre ses distances pour
«rééchelonner» ses visions des choses depuis qu’il a admis que les
équilibres nationaux imposent un SMIG politique à faire valoir.
Au-delà des spéculations hasardeuses, le Président affairé, selon un
agenda national chargé, par l’audit des membres de son exécutif,
interviendrait fort probablement à la mi-octobre pour convoquer le
corps électoral afin de permettre aux Algériens de se rendre aux
urnes vers la fin novembre, comme délai de rigueur. Cette date
serait retenue du fait que les sénatoriales prévues pour décembre
prochain «occuperont» la classe politique. Ce qui signifie que si
l’on s’en tient à ces hypothèses, la campagne de sensibilisation et
d’explication qui précèdera le référendum se tiendra au début du
mois de novembre. La machine électorale est d’ores et déjà mise en
marche avec la révision des listes électorales. Reste, faut-il le
souligner, que le contenu de la loi fondamentale du pays est
toujours méconnu des Algériens .
S. B.
Haut
Apparitions publiques du Président
De plus en plus
rares
Adepte des
tribunes publiques, friand des médias et des bains de foule qu’un
penchant pour la show politique a accentué…C’est là, tout du
président de la République, du moins celui que les Algériens ont
appris à connaître durant les six dernières années. Une fois n’est
pas coutume certes, mais ce Président-là, depuis quelques mois déjà,
se fait de plus en plus discret et se permet, comme en été, des
«disparitions» sporadiques dont la presse en a fait des jours
durant, son miel. Et c’est loin d’être fini. Annoncé à New York
pour participer à la 61e session de l’Assemblée générale des Nations
unies, le chef de l’Etat décline. Un événement pourtant qu’il n’a
jamais voulu rater. Donné partant pour chez son «ami» Hugo Chavez
au Venezuela, il annule son voyage. Les explications, quant aux
raisons de ces défections, fournies par le ministre de la
Communication n’ont pas convaincu. Mais d’autres exemples peuvent
être cités. Outre son éclipse estivale qui aura quand même duré une
bonne cinquantaine de jours, il y a aussi lieu de rappeler que les
sorties sur le terrain, les inaugurations… sont renvoyées aux
calendes grecques. Les Conseils des ministres ne se tiennent plus au
même rythme qu’avant. Même ses «fameux» coups de gueule et ses
piques de colère, contre les ministres notamment, se font de plus en
plus rares. Lui, l’omniprésent, l’homme que les Algériens voient là
où ils sont, là où ils vont, a perdu, semble-t-il, sa verve
d’antan. Depuis la rentrée, le chef de l’Etat est resté discret.
Deux voyages à l’étranger, un à Cuba pour prendre part au Sommet des
pays non-alignés, le deuxième en Libye dans le cadre d’une
rencontre avec les dirigeants de l’Union africaine. Intra muros, il
a maintenu le cap avec un très attendu Conseil des ministres– qui
devait traiter de la charte– et qui a laissé tout le monde sur sa
faim et, tout récemment, proclamant l’ouverture de l’année
judiciaire. Là aussi, hormis quelques critiques qu’il a formulées à
l’adresse des magistrats, il n’a pas dit grand-chose, alors que tout
le monde se léchait les babines dans l’espoir de glaner quelques
infos sur la charte, la révision constitutionnelle et bien d’autres
sujets. Durant ce mois de ramadan, tandis que tous misaient sur un
retrait quasi sûr du Président, ce dernier, non seulement s’est
permis une longue apparition à la Cour suprême mais a commencé un
cycle de rencontres en tête-à-tête avec les membres de son
gouvernement, où chaque ministre présente l’Etat des lieux de son
secteur. Voilà, en somme, quelques exemples qui confirment un
retrait de la scène publique que le Président s’est imposé sans dire
mot sur les raisons d’une telle attitude. Serait-ce un retrait
volontaire ? Ou plutôt cette réduction de l’activité présidentielle
fait-elle suite à des pressions que le Président subit ? Ce qui est
certain, c’est que Bouteflika ne s’est pas, jusqu’ici, exprimé sur
les dossiers chauds de l’actualité : date butoir de la charte, date
de la révision constitutionnelle, abrogation des amendements de la
loi sur les hydrocarbures…
Amine Goutali
Haut
Amar Saâdani se distingue
«La majorité
des partis doit disparaître»
«Les partis
doivent contrôler leurs élus à tous les niveaux».
Dans une
discussion avec les journalistes en marge de son déplacement à
Boumerdes, vendredi soir, Amar Saâdani, en évoquant le rôle du parti
et des militants, a affirmé que «la majorité des partis n’ont pas
lieu d’être, un parti», disait-il «qui n’a pas de programme
économique ou social qui n’a pu avoir le minimum de 5 % des
suffrages lors des élections, à ma connaissance il n’a qu’à adhérer
à un parti et y militer. Les partis doivent contrôler leurs élus à
tous les niveaux». Le président de l’APN se distinguera lors de
cette sortie en critiquant la politique des pouvoirs publics du
pays en affirmant qu’«on fait du social et non de l’économie.
L’argent existe, on récupère 12 ou 16 milliards du Trésor et on
distribue un montant pour le couffin du ramadan, un autre pour les
travailleurs sans salaires. L’Algérie est un pays riche avec son
pétrole, son gaz et ses 1 200 km de côtes. N’importe quel économiste
vous dira qu’un pays aussi important que le nôtre ne peut pas
connaître la pauvreté», et de continuer «le scandale de l’affaire
El Khalifa est la plus grande affaire que notre pays ait connue sans
que personne ne bouge le moindre pouce ou que des têtes ne tombent.
Une situation qu’il dit ne pas comprendre». «Un minis-tre des
Finances où des détournements et des vols proviennent de partout et
celui-ci reste en place» est inadmissible de son point de vue.
Mieux, il déclarera que «s’il y a lieu de dissoudre un gouvernement
ou un parti, qu’on le fasse». A défaut, affirmera-t-il
«cela veut dire
que nous sommes tombés dans le tout passe». D’un autre point il
soutiendra que «si un parti gouvernant chute c’est pas une perte
mais une vraie leçon pour les autres. Le FLN a chuté en 1988».
Selon lui «le gouvernement est un tout» et si l’on perdure dans
cette situation «transitoire» c’est parce que «le peuple pardonne
et il ne cherche que sa situation sociale. Il ne demande que de
l’emploi pour travailler et subvenir aux besoins de sa famille»
sera-t-il regretté. Il affirmera à la veille des prochaines
élections qu’«un député, un maire ou tout autre élu qui n’a rien
fait pour ses concitoyens ne doit pas être réélu». Mais
ajoutera-t-il «on ne doit pas considérer la chute d’un gouvernement
comme un crime, mais le crime est quand on ne laisse pas les élus
du peuple travailler». Affirmatif, il déclarera que «les partis
doivent comprendre que le peuple est le maître», et d’ajouter : «On
ne peut pas priver une wilaya aussi importante que celle de
Boumerdès dans le domaine du tourisme, il faut ouvrir les portes aux
investisseurs. Il y a problème quelque part. De nombreux pays vivent
de tourisme pour ne citer que l’Espagne, la Tunisie et la France
qui reçoit annuellement 60 millions de touriste. Par le tourisme on
crée des postes d’emploi». Pour conclure, Amar Saâdani a rappelé
l’exemple de Abou Dhabi qui en 10 ans, disait-il, «est devenu la
plaque tournante du monde dans le secteur commercial».
K. A.
Haut
Mouhafadha de Boumerdès
Les «pro-Benflis»
l’emportent
Dans le cadre du
renouvellement de la mouhafadha de Boumerdès, 221 membres
représentant les 32 kasmas FLN de la wilaya de Boumerdès ont élu les
9 membres de l’exécutif de cette instance. Ces élections se sont
déroulées jeudi dernier à la maison de jeunes Saïd-ennani du
chef-lieu de wilaya, en présence de Amar Saâdani, membre exécutif du
parti responsable des élus, Madani Bradaï, président de la
commission de discipline et Hout Madani, membre du comité central.
Dans son allocution d’ouverture, Amar Saâdani a affirmé que «le
militant est tenu de se plier aux conditions du parti et avoir une
intégrité par sa volonté, sa disponibilité et les moyens, pour la
bonne marche du parti» et de continuer : «Nous sommes là pour
superviser les élections et appliquer les directives et les
orientations du parti et ne tolérer aucune intervention». Evoquant
le mode de scrutin, les militants, comme un seul homme, se sont
soulevés et ont catégoriquement réfuté l’ancienne pratique et
proposer que chaque daïra soit représentée au bureau exécutif de la
mouhafadha. Ce qui a contraint le représentant de M. Belkhadem à se
soumettre. «Tous les militants du parti auront à s’exprimer par des
élections libres et le 1er parmi les candidats de chaque daïra est
élu». Quant à la candidature du président de l’APC de Bordj-Menaïel,
absent à cette réunion pour indisponibilité suite à l’attentat
terroriste dont il a été victime, «il sera bel et bien candidat
malgré son absence à cette réunion conformément aux textes et au
règlement du parti» et d’ajouter «nous sommes là pour superviser les
élections et non pour exclure ou désigner qui que ce soit, vous êtes
là pour élire en nore présence l’exécutif de la
mouhafadha». Parmi
les 38 candidatures retenues par la commission de candidature, 9
membres représentant l’exécutif de la mouhafa-dha de Boumerdès, dont
4 anciens et non des moin-dres ont été réélus : Bahar Tahar (Mouhafedh
et président de l’APW) représentant la daïra de Thénia avec 135
voix, Ziane Ahmed Khodja (sénateur) de Khemis El Khechna avec 122
voix, si Youcef Mokhtar de Boudouaou avec 91 voix, Amara Abdellah
(président APC) de Bordj Menaïel avec 82 voix et 5 nouveaux, Othmani
Salima de Boumerdès avec 88 voix, Lounis Mohamed Saïd (député) de
Dellys, avec 77 voix, Sendjak Hocine des Issers avec 62 voix, Smaïl
Idir de Baghlia avec 47 voix, Khouni Slimane de Naciria avec 26
voix. Parmi les nouveaux élus, il y a lieu de signaler l’élection
d’une femme qui s’inscrit pour la 1re fois dans les annales de la
mouhafadha du parti à Boumerdès. Ainsi donc, par la voie des urnes
et par des élections libres et indépendantes où la souveraineté de
l’assemblée générale l’a emporté, l’ossature de la mouhafadha du
parti FLN est réélue par la majorité de ses militants et que Tahar
Bahar pourra se succéder à lui-même à moins qu’il sera fait
application de la circulaire relative au cumul, et à ce moment-là,
la majorité des élus du sommet à la base sont concernés par cette
directive.
K. A.
Haut
Désignation des mouhafedhs du Centre
La Kabylie peut
freiner l’élan de Saâdani
À la vue du rythme
imposé à la mission d’installer les mouhafedhs, Amar Saâdani qui en
a installé déjà cinq en une semaine, semble tenir un pari difficile.
Au commencement, le superviseur des wilayas du centre a enregistré
une avancée sur son agenda comparé à ceux de ses collègues Abada,
Bouhadja, Bounekraf, Goudjil et Tou. Après les mouhafadhas de
Tipaza, Draria, Bouzaréa, Bab El-Oued et Boumerdès, le superviseur
Saâdani entamera en cette deuxième semaine, à en croire un
responsable très au fait de la feuille de route du président de l’APN,
les mouhafadhas d’El Harrach d’Hussein Dey, Blida, Bouira, Béjaïa et
Tizi Ouzou. Si le responsable des élus au FLN réussit ce parcours
sans fausse note, il aura d’ici la mi-ramadan fait l’essentiel du
lot des 16 mouhafadhas qui lui sont dévolues. Mais des facteurs
objectifs ne sont pas pour rassurer la bonne lancée de M. Saâdani
qui tient à battre le record d’en finir avant la fin du mois sacré.
En feignant ignorer la réalité du terrain, il risque de confronter
un sérieux affront à la Kabylie. En effet, outre la grogne secrète à
Bouira, le nombre de kasmate relevant des wilayas de Tizi Ouzou,
Béjaïa qui en comptent respectivement 67 et 54, encore en
bouillonnement.
M. Saâdani devra
pâtir de quelques autres tirs de barrage jusqu’à l’après l’Aïd.
Cette éventualité est confirmée par un responsable de la commission
qui a supervisé l’installation des kasmate à Tizi Ouzou et Bouira,
lequel a affirmé que «l’opération en Kabylie n’est pas une mince
affaire si l’on tient compte de la nécessaire efficacité de cette
opération, la disponibilité des gens, la géographie de la région et
la sensibilité de l’étape». Ceci dit le programme de parachèvement
des AG électives, prévu pour le mois de ramadan, s’étalera jusqu’à
l’après Aïd.
La totale réussite
lors de son passage dans les mouhafadhas de Tipaza, Draria, Bouzaréa,
Bab El- Oued où il y a eu une sérieuse compétition faite dans la
transparence, a fait oublier peut-être à M. Saâdani l’«os» kabylie.
Son déplacement jeudi à Boumerdès s’est fait certes sans incidents,
mais les choses sérieuses ne font que commencer. Résistera-t-il à
l’altitude des monts des Babors et du Djurdjura ?
Il y a lieu de
noter qu’au moment où Amar Saâdani avance, les cinq autres
superviseurs n’ont pas encore, pour une raison ou une autre, entamé
leurs missions respectives. Il va sans dire que c’est un autre
argument pour que le parachèvement de cette étape chevauchera à
l’après l’Aïd.
S. B.
Haut
Augmentation des salaires
Des accords de
principe faute de mieux
D’abord, il est
question de prendre en considération l’état financier de
l’entreprise avant l’intérêt du travailleur.
Si le point
crucial qui est l’augmentation des salaires, que ce soit pour les
travailleurs du secteur public ou pour ceux du privé, est à l’ordre
du jour de la 12e tripartite, il n’en demeure pas moins qu’il n’a
été, jusque-là, offert pour les deux catégories de travailleurs, que
des accords de principe et rien de concret. Car, à en croire les
derniers rebondissements dans cette histoire, il est question de
prendre en premier lieu en considération l’état financier de
l’entreprise avant l’intérêt du travailleur. Et c’est cette santé
financière qui sera, à ce moment-là, le seul facteur déterminant
pour fixer et ou accorder les taux des augmentations. Il ressort de
la signature, dans la nuit de jeudi à vendredi derniers, de
l’accord-cadre entre l’UGTA et patronat privé, que la revalorisation
des salaires sera fixée en fonction de la productivité, de la
compétitivité et de la situation financière des entreprises privées.
«L’augmentation, qui serait rendue effective à compter du 1er
octobre 2006, est aussi tributaire des négociations de branche»,
selon le communiqué commun. Là encore, on n’est pas sortis de
l’auberge, puisque il va être question de rencontres et de
négociations multiples et au cas par cas. Rappelons que l’UGTA a
négocié et signé avec cinq organisations patronales, en
l’occurrence, la Confédération nationale du patronat privé (CNFPA),
la Confédération algérienne du patronat (CAP), la Confédération des
industriels et producteurs algériens (CIPA), la Confédération
générale des entrepreneurs algériens (CGEA) et Savoir et vouloir
entreprendre (SEVE) des entrepreneurs femmes. Mais, faut-il se
demander combien de travailleurs sont représentés par l’Union dans
le secteur privé, si l’on sait que ce dernier emploie environ 1,2
million d’employés et peut-elle être le garant des droits de tous ?
Une autre question se pose : qu’en sera-t-il des entreprises privées
qui n’ont pas de section syndicale ? Il faut aussi savoir que
l’accord signé porte sur une fourchette de taux d’augmentations
variant entre 10 et 20%, toujours tributaire, faut-il le rappeler
«de l’état de la santé financière de l’entreprise». Mais ce qu’on ne
dit pas, ni du coté de l’UGTA ni du coté du patronat, en annonçant
avec grand optimisme que le principe d’augmentation a été acquis,
que le reste sera déterminé en fonction des négociations de branche
et qu’aucune instance ne possède jusqu’ici un droit de contrôle sur
les entreprises privées. Ces entreprises qui demandent «monts et
merveilles» à l’Etat, appellent à ce que ce dernier prenne en charge
leur mise à niveau et leurs dettes fiscales.
Ainsi, le dossier
«augmentation de salaires», chez le privé contient autant de points
communs avec celui des augmentations dans le secteur public. Le même
scénario revient. Pour le secteur public, Sidi Saïd a annoncé un
taux moyen national augmentation aux alentours de 20 à 25% pour les
entreprises en bon état et entre 5 à 10% pour les entreprises
déstructurées. A préciser qu’il ne s’agit là que d’un accord de
principe sur la question, et que les hausses accordées portent sur
les primes non liées aux salaires de base et non sur ce dernier
directement. Encore est-il qu’il «faille prendre encore et toujours
en compte l’entreprise et son état financier», selon le SG de l’UGTA.
Peut être que ce dernier réserve de par sa proposition portant
revalorisation du salaire national minimum garanti (SNMG), à 15 000
DA, qu’il propose à la tripartite, une autre surprise pour les
travailleurs à qui il ne cesse de donner de grands espoirs, mais
toujours conditionnés. Enfin, rappelons que la seule zone d’ombre
dans le beau tableau des acquis sociaux et de l’intérêt du
travailleur peint par l’UGTA, reste encore le bras de fer persistant
entre les SGP et la FNTMEE. Lequel et à coup de négociations qui
s’éternisaient jusqu’à quelques heures seulement de la tenue de la
rencontre Gouvernement-UGTA-Patronat, tend vers le «compromis forcé»
et la promesse de Sidi Saïd de prendre en charge le dossier jusqu’à
un aboutissement positif.
Habiba Ghrib
Haut
Fédération des mécanos
Les raisons du
blocage
Jusqu’à hier et au
moment où nous mettons sous presse, après plusieurs rounds de
négociations, la Fédération nationale de la métallurgie, de la
mécanique, de l’Electricité et de l’Electronique (FNTMMEE) n’a
toujours pas réussi à trouver un compromis avec les cinq SGP et
celui de la SNVI et à parapher ainsi les conventions de branches
pour les secteurs qu’elles regroupe. Ce blocage a suscité plusieurs
interrogations surtout que la fédération en question compte les
secteurs économiques les plus porteurs et importants en Algérie. Les
paramètres qui définissent cette importance sont nombreux. Ces
secteurs comptent le nombre le plus important de travailleurs,
estimé à plus de 70 000 travailleurs. Aussi, ce secteur compte des
entreprises publiques grandioses d’une dimension économique
estimable. Ce secteur regroupe, entre autres, le complexe de
métallurgie El Hadjar (Annaba), la Société nationale de véhicules
industriels (SNVI), Cosider, les entreprises de l’électroménager (ENIE,
ENIEM) et d’autres, enfin des entreprises publiques d’un potentiel
prometteur. Il ne faut pas aussi perdre de vue le fait que la
majorité des entreprises publiques du secteur figurent sur la liste
des entreprises à privatiser dans les prochains mois. Ce fait
n’est-il pas la raison qui est derrière le refus d’accorder des
augmentations de salaires conséquentes aux travailleurs qui se sont
montrés très attachés à leurs revendications. Ce blocage, il faut le
préciser, est dû à un seul point qui est celui de l’augmentation des
revenus des travailleurs. La fédération des mécanos a pourtant fait
plusieurs concessions depuis le début des négociations en proposant
des baises sur le taux des augmentations qu’elle a revendiquées au
début des pourparlers. Ce taux est donc passé de 40% à 16% minimum
et 25% maximum. Les SGP ont également revu certaines propositions en
offrant 5 à 10% pour les entreprises déstructurées et 15% pour les
travailleurs des entreprises en bonne performance financière.
Nouria B.
Haut
Des balances importées non conformes aux normes sur le marché
L’ONML accuse
les Douanes
Lors d’un contrôle
effectué au niveau du port d’Alger, au cours du premier semestre
2006, l’Office national de métrologie légale (ONML) a enregistré 27
300 balances non- conformes aux normes.
«Une partie de ces
balances importées de Chine et transitant via Dubai, a été,
cependant, retrouvée sur le marché», indique Sid Ali Réda Ben El
Khaznadji, directeur de l’ONML qui estime être incapable d’expliquer
cette situation puisque «nous n’avons pas donné notre accord pour
leur mise sur le marché national». Lors d’une conférence de presse,
animée hier au siège de l’ONML, le directeur, fraîchement installé,
a dressé le bilan d’activité et a indiqué, entre autres, que cet
organisme a contrôlé, durant le premier semestre 2006, 6 689
balances dont 672 ont été refusées. Il a été procédé également au
contrôle de 2 890 taximètres dont 64 ont été refusés. Pour le mois
de ramadan, il a instruit l’ensemble des agents pour renforcer les
opérations de contrôle au niveau des marchés. Cependant, le contrôle
se «limite, jusque-là, au chef-lieu de chaque wilaya», a-t-il
regretté en expliquant cette défaillance par «le manque de moyens
humains, matériels et de locomotion». Devant le nombre important de
commerces, les agents n’arrivent pas à couvrir l’ensemble des
besoins. 71 % des 183 agents assurent la mission de contrôle à
travers 36 wilayas du pays. Faute de moyens humains, la couverture
territoriale actuelle n’excède pas les 50%, a-t-il relevé. En cours
de certification, l’ONML prévoit, à court terme, l’ouverture
d’autres antennes de wilayas, après avoir bénéficié d’environ 770
millions de dinars dans le cadre des programmes de développement
destinés aux régions du Sud et des
Hauts-Plateaux.
Outre les capacités humaines, les moyens de contrôle doivent
également être renforcés. Ainsi, un projet d’acquisition
d’équipements de vérification et d’étalons est en cours de
réalisation, ce qui permettra une meilleure prise en charge des
contrôles de conformité des instruments de mesure. Même l’arsenal
juridique est appelé à être adapté aux exigences et pratiques
internationales de la métrologie légale. A travers cette adaptation,
le champ d’intervention de l’ONML sera élargi, outre le commerce, au
secteur de la santé (thermomètres, seringues, tensiomètres
artériels), de la sécurité routière (alcoomètres, analyseurs de gaz,
radars) et de la sécurité du travail (manomètres). Malgré son
existence depuis vingt ans, l’ONML accuse un énorme retard dans le
développement de cette activité. L’Algérie ne dispose officiellement
d’aucun étalon national matérialisant au moins une ou deux unités de
base du système SI (kilogramme, étalon, mètre étalon). Pour 2007, il
est prévu la mise en application d’un plan axé notamment sur le
renforcement du contrôle à travers le territoire national. L’ONML
projette également de porter des modifications dans son
organigramme. Ainsi, le siège de l’ONML deviendra une direction
générale alors que les annexes seront des directions régionales et
les antennes seront transformées en inspections. «Nous allons, par
ailleurs, refaire le recensement général des commerçants utilisant
des instruments de pesage et de mesure». Pour réaliser cet objectif,
il est possible de procéder au jumelage des directions de deux
wilayas. Les agents seront également formés pour pouvoir dresser les
PV lors de l’enregistrement des infractions. Cependant, a regretté
le directeur, des PV ont été envoyés à la justice et sont restés
lettre morte, depuis des années déjà. Pour corriger cette situation,
selon le directeur, l’ONML projette de relancer la relation avec la
justice.
Karima Sebai
Haut
Immigration
L’UE veut
négocier avec l’Algérie
L’Union européenne
est en train d’examiner les moyens optimaux pour engager des
négociations avec l’Algérie sur l’immigration illégale. La
problématique de la réadmission (expulsion) des immigrants illégaux
a constitué l’essentiel d’une réponse adressée vendredi par la
présidence en exercice de l’UE à une lettre sur l’immigration
illégale que lui ont adressée les chefs d’Etat ou de gouvernement de
huit Etats membres (France, Italie, Espagne, Grèce, Portugal,
Chypre, Malte, Slovénie).
M. Vanhanen,
président du Conseil européen, rapporte l’APS, a rappelé
l’engagement de l’UE à réunir «par tous les moyens, un système de
réadmission respectueux des principes de la protection
internationale, ce qui constitue le principe de la politique de ce
qui reste de son mandat qui s’achève en décembre prochain. Les
négociations avec l’Algérie doivent être engagées sans tarder», dans
l’optique d’aboutir à un «partenariat avec les pays d’origine et de
transit de l’immigration illégale». Les deux partenaires
travailleront, ajoute le président du Conseil européen dans le sens
de l’aboutissement à une politique commune qui traiterait les causes
de l’accroissement de l’immigration illégale «au lieu de nous
contenter de l’endiguer bon an mal an». A rappeler qu’après la tenue
du premier conseil d’association UE-Algérie, l’Union a voulu, en
priorité, mettre en place un sous-comité qui traite de cette
question, pour entamer immédiatement les pourparlers sur cette
question. L’Europe a plaidé, faut-il encore le rappeler, pour «une
lutte commune contre cette immigration». En ce qui concerne
l’Algérie, elle a fait de la levée des mesures discriminatoires
imposées à ses ressortissants concernant leurs séjours en Europe ou
leur démarche d’octroi de visas, un cheval de bataille dans ses
pourparlers avec l’autre rive de la méditerranée. Ceci, étant donné
que, contrairement aux candidats d’autres pays à l’octroi d’un visa
Schengen, les demandes des Algériens sont à consultation des pays
membres de l’UE. Concrètement, la présidence européenne prépare la
conférence «de la plus haute importance et de la plus grande
actualité UE-Afrique prévue à la fin du mois de novembre prochain à
Tripoli (Libye)». L’ordre du jour de cette rencontre concerne les
questions liées à la migration et le développement. Une réunion
ministérielle des pays de l’Euromed est par ailleurs envisageable en
en 2007.
M. Vanhanen estime
que les engagements pris lors de la conférence de Rabat (Maroc) en
juillet dernier et à laquelle l’Algérie n’a pas pris part, «doivent
être tenus et mis en œuvre tant au niveau national qu’au niveau de
l’ensemble de l’Union». Les investigations relatives aux routes
migratoires en Afrique orientale ont également été mises en
chantier, précise la lettre de M. Vanhanen. Aussi, des budgets
disponibles au niveau de l’Union, qui s’ajoutent aux politiques
nationales pour la lutte contre l’immigration clandestine pour cette
année sont limités, rappelle le président du conseil européen. Une
importante augmentation des dotations est toutefois prévue dans le
nouveau budget 2007-2013. Quelque 699,3 millions d’euros seront
affectés au Fonds européen pour les réfugiés (FER), 676 millions au
Fonds européen pour le retour et 1,820 milliard d’euros pour
améliorer l’efficacité des contrôles aux frontières extérieures de
l’UE.
F. Arab
Haut
Les étudiants passent les examens à l’USTHB
Retour à la
normale
Les signes
d’apaisement se précisent de plus en plus sur l’ensemble des campus
universitaires. Après une période trouble et perturbée, qui a duré
presque trois mois, les enseignants affiliés à la section syndicale
du Conseil national des enseignants du supérieur (Cnes) ont repris
les cours et leurs activités pédagogiques notamment après la levée
des sanctions judiciaires à l’encontre des coordinateurs de cette
section syndicale. A l’instar des universités du pays, l’Université
des sciences et technologies Houari-Boumediène, (USTHB), a repris,
en effet, les cours le plus normalement du monde et ce, en
organisant les synthèses, dont la plupart ont eu lieu. C’est le
cas, entre autres, de la première partie des épreuves à moyenne
durée (EMD). Les examens entamés le 2 septembre s’étaleront
jusqu’à 14 octobre courant. La 2e partie sera organisée fin octobre.
Les examens de rattrapage auront lieu juste après l’Aïd El Fitr,
suivis des délibérations et de l’orientation des étudiants vers les
filières choisies. C’est ce que nous a indiqué le conseiller du
recteur pour les relations avec les associations au sein de l’USTHB,
M. Saïdi, contacté hier par nos soins. Il soulignera, par ailleurs,
que la rentrée officielle universitaire de l’année en cours est
fixée, si toutefois tout va bien, pour le 15 novembre prochain.
Notre interlocuteur ne cachera pas cependant que le début des
examens de cette année a connu une certaine perturbation. Derrière
cette protestation, «le mouvement continuel» des enseignants
grévistes avant la levée des sanctions et la colère des étudiants
qui protestaient et dénonçaient la programmation rapide des examens
sans les consulter. «Mais la situation s’est, depuis, calmée»;
notera M. Saïdi. De son côté, un membre du Cnes que nous avons
contacté, a dénoncé le comportement de certains recteurs
d’universités de quelques wilayas, à l’image de Sidi Bel-Abbès,
Bejaïa et Mascara. Pour notre interlocuteur, ces derniers «ont
développé un esprit de mécontentement» auprès des enseignants
grévistes au point, a-t-il ajouté, d’exercer sur eux des rétentions
sur salaires de ce mois de septembre. Interrogé sur la rentrée
universitaire, ce membre du Cnes, dira que celle-ci interviendra la
première semaine du mois de décembre eu égard au temps que la tenue
des examens de synthèse et rattrapage prendra. Contacté pour plus
d’informations, le portable du chargé de communication au ministère
de l’Enseignement supérieur, était aux abonnés
absents.
Kahina Benarab
Haut
Destinées au Liban
100 tonnes de
produits alimentaires détournées
Un véritable
scandale secoue, depuis quelques jours, le ministère de l’Emploi et
de la Solidarité nationale, avec le détournement de 100 tonnes de
produits alimentaires destinées au Liban, apprenons-nous auprès
d’une source proche de ce ministère. Quatre camions chargés de 20
tonnes à 25 tonnes de produits alimentaires chacun, déstinés à ce
pays, ont été dépêchés par ce ministère à l’aéroport international
d’Alger, il y a quelques jours, pour que cette marchandise soit
embarquée à bord d’un avion en partance vers le pays du Cèdre,
ajoute cette source. Le vol a finalement été reporté et cette
marchandise a depuis, disparu, selon cette source. Cette marchandise
pourrait être déstinée, par les auteurs de ce vol, au marché local
pour y être écoulée durant le mois de ramadan. Mais ceci ne demeure
qu’une hypothèse. En effet, cette affaire constitue un véritable
mystère pour les responsables du département ministériel de Djamel
Ould Abbès qui ne savent pas quelle destination a pris cette
marchandise. Un détournement qui vient s’ajouter, selon cette
source, à un problème de distribution de dons algériens, en produits
alimentaires, destinés au Liban, alors en pleine guerre. Notre
source attire, d’autre part, l’attention sur l’existence de 5 000
cartables en souffrance à l’intérieur d’un magasin au siège de ce
même ministère, «tandis que des milliers d’enfants, issus de
familles nécessiteuses, ne disposent pas de cartables jusqu’à
présent». Cette source s’interroge sur les raisons réelles qui ont
motivé la décision de laisser cette marchandise dans ce hangar,
plusieurs semaines après la rentrée scolaire, ce qui pénalise les
familles nécessiteuses. Des employés de ce ministère dénoncent,
quant à eux, ce qu’ils qualifient de «deux poids, deux mesures» dans
l’attribution des couffins du ramadan, au sein du département
ministériel de Djamel Ould Abbès. «Certains préviligiés ont droit à
des couffins de premier choix, tandis que d’autres à des couffins de
deuxième choix, qui manquent d’huile et autres produits», ajoutent
ces employés qui poursuivent : «Nous voulons attirer l’attention du
ministre qui ignore l’existence de ces deux poids, deux mesures».
M. Abi
Haut
Cité Sidi Bennour de Mahelma
La nouvelle
ville de la misère
Les habitants de
cette commune ne croient plus en personne.
«A Mahalma les
gens donnent l’impression d’être froids et mal accueillants» nous
fait remarquer, souriant, M. Makdoud, représentant des familles de
la cité Sidi Bennour. La raison est simple, les habitants de cette
commune ne croient plus en personne. «Partout on ne sent que le
désespoir, rien n’augure de bon, ni de la part des responsables
locaux ni a fortiori des hautes autorités du pays» poursuit notre
accompagnateur
M. Makdoud. Cela
dit, dès notre arrivée sur les lieux, à la cité Bennour, à quelque
10 km du chef- lieu de la commune de Mahalma, sans guère exagérer,
l’air a senti la désolation, l’oisiveté et la méfiance. Au milieu
des vastes et interminables pleines, des grands bâtiments font leur
apparition. Tous en blancs et bien faits, qu’ils confirment au
visiteur l’utopie chantée il y a quelques années de faire de Sidi
Bennour une «ville nouvelle». Ainsi nommée d’ailleurs sur le plan
initial décidée par les pouvoirs publics, et qu’on rencontre en
pleine route vers la cité Bennour. Mais qu’est-ce qu’il en reste ?
«Ils nous ont jeté ici comme on jette des bêtes dans une cage» a
reconnu une jeune femme rencontrée à proximité d’un immeuble. Pour
elle, cette attitude des pouvoirs publics à leur égard n’est autre
qu’une «trahison». Qui ne se souvient pas de la surmédiatisation
faite à la nouvelle ville de Sidi Abdellah qui partage le même plan
avec la ville de Sidi Bennour, hélas, celle-ci n’est qu’un mythe.
L’absence de suivi de la part de l’Etat pour ce projet titanesque
n’est donc pas passée sans influence sur les habitants de cette cité
qui n’ont que trop rêvé. Depuis des années, des responsables
affluent dans cette circonscription «pour se faire filmer par la
télévision nationale lors du lancement des projets de la nouvelle
ville de Sidi Abdellah» ironise un jeune homme, la trentaine passée,
vendeur de fruits et légumes à Mahalma. Les promesses les plus
folles, à la cité Sidi Bennour, on en est habituées, que de nos
jours, les malheureux citoyens de cette agglomération ne croient
plus en personne sauf en un miracle pour venir à bout de leurs
interminables problèmes. «Maintenant que tout est à l’arrêt, aucun
d’entre eux ne se rappelle de notre existence» lance une voix de
derrière la foule qui nous a entourés. La cité Bennour est dépourvue
de tout et ressemble à peine à une agglomération humaine. Le commun
des mortels à la commune de Mahalma la surnomme «La cité des
fantômes». N’est-ce pas, et dans cette cité que le plan initial
présente comme une ville d’avenir; il n’existe après quatre longues
années de sa réception, ni magasin, ni taxiphone, ni dispensaire…
bref, rien n existe, même pas une école pour les 412 familles qui la
peuplent.
Loin des
discours officiels
De passage dans
l’école primaire et moyenne de Mahalma, s’acheminant vers Sidi
Bennour, une cohue de bambins nous a bloqué la route. A notre grand
étonnement, des mains frêles et fragiles se lèvent pour faire le
stop. De la foule de gamins, une voix se distingue «Aamou emmène-moi
avec toi à la nouvelle ville pour dîner». Cette pratique est
quasiment quotidienne que les enfants se risquent la peau à chaque
sortie de classe pour se débrouiller afin de regagner leur maison
pour se nourrir. Cela à un moment où les psychopathes ne ratent
aucune occasion pour profiter de l’innocence de ces chérubins. A
contre sens des assurances émises par le ministre de l’Education
nationale il y a quelques semaines, le transport scolaire à Sidi
Bennour est inexistant. «En plus d’un particulier qui fait la
navette pour 10 DA. C’est récemment seulement, que la commune a
mobilisé un minibus de transport scolaire pour une somme de 4 000 DA
par jour» a expliqué Ami Mouh president du comité de Quartier de
Sidi Bennour. Mais ces deux engins sont loin, voire très loin de
satisfaire la demande et de contenir toute la foule d’écoliers
notamment aux heures de pointe. «Ce n’est pas avec deux minibus
qu’on garantit une scolarisation normale à plus de 600 écoliers» a
souligné Ami Mouh. Si les élèves de la cité Bennour ont eu
l’habitude de se lever, quotidiennement à l’aube pour pouvoir
espérer à une place dans l’un des deux bus en question, les
retardataires, pour eux, se font amasser pêle mêle dans ces minibus,
l’essentiel est d’arriver à l’heure à l’école. Si la faille de la
non-mobilisation de bus de transport scolaire est déjà grave, il est
à noter que les élèves de Sidi Bennour qui font le trajet de 10 km
chaque jour pour rejoindre leurs classes à Mahalma, souffrent tout
de même de l’inexistence d’une cantine scolaire. «Où sont les
autorités» se demande une jeune femme, rencontrée à proximité de
l’école, un bébé sur le dos. «Je fais chaque jour, et depuis une
année, le trajet Sidi Bennour, Mahalma pour apporter le déjeuner à
mes deux enfants scolarisés. Ce n’est pas évident qu’ils prennent
quotidiennement des repas froids» a poursuivi cette dame. A Sidi
Bennour, les élèves de l’école ne mangent pas à leur faim. A Sidi
Bennour aussi, les élèves de l’école ne prennent pas des repas
chauds en hiver. Quelle honte ! Comme un malheur ne vient jamais
seul, c’est au jour même de notre déplacement sur les lieux que le
grillage couvrant l’école primaire était placé. M. Makdoud nous a
fait savoir, par ailleurs, qu’entre midi et une heure et demie, le
directeur interdit aux élèves de rester à l’intérieur de
l’établissement. Préférant les fouler à l’extérieur, et mettre leurs
vies en danger, les 600 écoliers de la cité Sidi Bennour rôdent donc
autourdes routes pendant une heure et demie. «Quand un conducteur
accepte de me ramener à la maison, je prends le risque d’y aller
prendre mon déjeuner en faisant des efforts pour arriver à l’heure à
l’école. Si non, a ajouté Tarek 9 ans, je me contente du sandwich
que je ramène de chez moi le matin, ou j’achète dans le marché du
fromage ou du chocolat». Pour venir à bout de cette situation dont
les responsables sont pourtant au courant, les parents d’élèves des
écoliers de Sidi Bennour ont décidé de boycotter les bancs de
l’école à partir de la semaine prochaine. «Ou bien ils règlent les
problèmes de nos enfants, ou bien nous les arrêterons - les élèves
- carrément de fréquenter l’école» a déclaré un parent d’élève en
mal de mâcher ses mots. «Depuis que mes enfants fréquentent l’école
de Mahalma, leurs résultats n’ont cessé de se détériorer» a ajouté
ce même citoyen.
Premier stade
de football privé en Algérie
Il est difficile
de le croire, mais la négligence des responsables a fait qu’à la
cité de Sidi Bennour il n’y a absolument rien. Du pain ordinaire au
minimum et un dispensaire. A part les murs trouvés sur place, rien
d’autre n’existe à Sidi Bennour, et ce, depuis des années. «Un pain
nous coûte 30 DA, un litre de lait fait à Sidi Bennour coûte 45
DA…la liste est ouverte» a souligné Ami Mouh. Pour se procurer
quelque chose de moindre, tel un pain, les habitants de cette
soi-disant nouvelle ville font le déplacement sur une distance de 10
km, soit jusqu’à Mahalma pour l’acheter. Pourtant, force est de
constater que dans le projet initial conçu pour cette nouvelle
ville, un centre d’affaires et un centre commercial ont été
prescrits. À cela s’ajoute les locaux commerciaux qui se trouvent
au-dessous des immeubles. Mais, à ce jour, rien n’est fait, même
pas un magasin d’alimentation générale n’est ouvert. Sidi Bennour
qui était aux années rouges un maquis infesté par les terroristes
est aujourd’hui très bien sécurisé. A part le facteur sécuritaire
qui demeure le seul atout dans cet endroit puisqu’ il est reconquis
par les forces de l’ordre, à Sidi Bennour, la vie des citoyens est
exposée à tout moment. N’est- ce pas qu’il n’existe même pas un
dispensaire pour donner les premiers soins. «Il est pourtant fin
prêt, on attend seulement son aménagement. Pour l’instant, il est
transformé en dépôt pour les vieux articles» a indiqué ami Mouh, le
président du comité de ce quartier. Pour les espaces culturels et
sportifs, en plus de leur inexistence pure et simple, il est à noter
un fait divers à Sidi Bennour. Le seul stade de football dont
dispose cette cité de plus de 400 familles est payant. Et y mettre
ses pieds pour un match, il faut débourser 400 DA.
Sacrifiés pour
les autres
A Sidi Bennour,
les habitants n’hésitent pas de le clamer haut et fort «on est des
citoyens d’arrière -plan». C’est très grave de le penser. En les
entendant s’expliquer, leurs arguments nous ont semé le doute. «A
l’heure où des centaines de bus de l’ONOU démarrent vides, nous
autres, on chemine les 10 km qui mènent à Mahalma à pied» raconte
un citoyen. En effet, il est à signaler que les parents des écoliers
et pour laisser les deux bus aux élèves de l’école, prennent sur eux
la peine de se lever très tôt et marcher à pied jusqu’à Mahalma. La
cité universitaire de Sidi Abdellah implantée dans ce même endroit
est principalement destinée à des citoyens de Dar El Beïda. Mais
pour engloutir les milliers d’étudiants qui ont afflué sur la
capitale avant l’année passée, des logements sociaux de la cité Sidi
Bennour ont été transférés en une cité universitaire. Une procédure
qui n’est pas passée sans asséner un coup dur aux habitants de Sidi
Bennour. «Les deux écoles primaires et secondaires construites et
fin prêtes même pour accueillir notre progéniture ont été
réorientées pour d’autres objectifs» a précisé Ami Mouh. En fait,
les deux écoles qui devaient accueillir les élèves de sidi Bennour
sont aujourd’hui des facultés de l’université d’Alger, l’une pour
sport et l’autre pour l’archéologie.
Ainsi donc c’est
en sacrifiant les élèves de Sidi Bennour que les autorités ont
résolu un de leurs problèmes.
Pour ce mois de
carême, et faute d’inexistence d’une mosquée, les pratiquants
parcourent une distance de 5 km pour faire les Taraouih. Pis encore,
et au troisième jour du ramadan, les nécessiteux de Sidi Bennour
n’ont pas encore reçu la koufa de ramadan. Ils sont vraiment
sacrifiés !
A.F.
Haut
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Le Jour d'Algérie. Conception
M.Merkouche
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