Evénement

Retour

Audition des ministres, retrait médiatique

La nouvelle méthode Bouteflika

Révision constitutionnelle

Le silence intrigant du Président

Apparitions publiques du Président

De plus en plus rares 

Amar Saâdani se distingue

«La majorité des partis doit disparaître»

Mouhafadha de Boumerdès

Les «pro-Benflis» l’emportent

Désignation des mouhafedhs du Centre

La Kabylie peut freiner l’élan de Saâdani

Augmentation des salaires

Des accords de principe faute de mieux

Fédération des mécanos

Les raisons du blocage

Des balances importées non conformes aux normes sur le marché

L’ONML accuse les Douanes

Immigration

L’UE veut négocier avec l’Algérie

Les étudiants passent les examens à l’USTHB

Retour à la normale

Destinées au Liban

100 tonnes de produits alimentaires détournées

Cité Sidi Bennour de Mahelma

La nouvelle ville de la misère  

 

 01/10/06

 

Audition des ministres, retrait médiatique

La nouvelle méthode Bouteflika

Selon M. Djiar, la rencontre qu’il a eue avec le premier ministre auditionné, a tourné autour de la question du pacte économique et social.

Après avoir annoncé samedi dernier que le président de la République allait entamer durant ce mois de ramadan une série de consultations avec des membres du gouvernement, consultations qui, précisera El Hachemi Djiar, prendront la forme de conseils ministériels restreints, le ministre de la Communication est revenu à la charge jeudi dernier, à  l’occasion de son passage à l’APN, pour annoncer que Abdelaziz Bouteflika a entamé sa série de consultations. Selon Djiar, la rencontre qu’il a eue avec le premier ministre  auditionné, a tourné autour de la question du pacte économique et social. Est-ce dire que le ministre en question est Tayeb Louh ? Fort probable dans la mesure où la gestion du dossier du pacte social relève théoriquement du département drivé par ce dernier. Reste que la première déclaration du ministre de la Communication a été légèrement rectifiée puisqu’ à la place de «conseils ministériels restreints», Bouteflika aurait opté pour la formule du «tête-à-tête» puisqu’est-il indiqué, chaque ministre sera reçu individuellement. A travers cette approche, le président de République compte se forger sa propre opinion  sur  chaque secteur et ce, sur la base du compte rendu qui lui sera fait par le ministre en charge du département. A quelles fins ?  Et surtout à quoi serviront ces évaluations sectorielles, d’autant que ce n’est pas  la première fois que le Président a recours à cette méthode de travail ? L’on peut supposer que le Président est à la veille d’opérer un remaniement dans le gouvernement et dans le corps des walis. Et qu’avant de procéder aux changements,  il cherche, dans un souci d’équité  et d’objectivité, à évaluer chaque membre du gouvernement en lui donnant l’occasion de se défendre loin des regards des autres collègues. Il est en effet plus facile de faire part des difficultés rencontrées, à titre d’exemple, dans la concrétisation des projets retenus pour chaque ministère  en privé d’autant que lorsque ces difficultés relèvent pour une partie d’autres secteurs dont les responsables ne font pas de la solidarité intergouvernementale une ligne de conduite. Reste qu’une telle approche, si elle peut avoir pour mérite de débloquer des situations dont les retombées sont les retards dans la livraison des projets initiés,  n’est pas exemptée d’inconvénients. Et pour cause, en recevant un ministre en tête-à-tête, ce dernier dans le but de se défendre  peut, pour peu qu’il soit en mesure de  développer un argumentaire qui tienne la route, induire en erreur le Président en lui faisant croire ce qu’il veut. D’autant que le ministre en question sait qu’aucun collègue ne peut apporter la contradiction sur place, comme cela peut se passer lors d’un Conseil auquel seraient conviés plusieurs ministres. Du reste n’avons-nous pas entendu Abdelaziz Bouteflika traiter quelques ministres de menteurs à l’occasion de sa sortie sur le terrain en avril dernier. Pour rappel, le Président en visite d’inspection et de travail dans la capitale, avait mis à nu les mensonges qu’on lui racontait en découvrant de visu  l’état d’avancement de nombre de projets en cours. Au passage, il y a lieu de rappeler que c’est  le même staff gouvernemental qui est en poste depuis le départ en mai 2006 d’Ahmed Ouyahia.

Nadia Kerraz    

 

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Révision constitutionnelle

Le silence intrigant du Président

Trois mois  se sont déjà écoulés depuis le discours prononcé aux Tagarins, mais le chef de l’Etat, contrairement à ses habitudes de livrer ses avis sur les grands dossiers qui défrayent la chronique, ne souffle mot. Une attitude qui suscite moult interrogations tant le Président entretient un silence assourdissant sur la question, aggravé par le brouhaha de la classe politique, qui, désemparée, mène pour sa part un dialogue de sourds via médias interposés en tentant chacun d’exprimer sa position en la matière. Au moment où le Président a acquis le consensus politique autour du projet du référendum après l’alignement du RND, El Islah, le MSP, le PT, le FNA, pour ne citer que ces partis qui comptaient parmi les récalcitrants, le Président se replie au palais d’El Mouradia et plonge dans un silence incompréhensible. Assiste-t-on à un remake de l’avant référendum sur la charte où le chef de l’Etat avait, rappelons-le, lancé le projet de la charte avant de se rétracter pendant des mois, laissant place aux commentaires les plus pessimistes, lesquels faisaient état d’un «énigmatique coude à coude» avec les Tagarins. Un bras de fer tranché, semble-t-il, par la convocation du corps électoral un certain dimanche 14 août 2005 pour s’exprimer sur le projet de la charte pour la paix et la réconciliation nationale, qui engage, selon les propos de Abdelaziz Bouteflika, l’avenir de l’Algérie. Lequel avenir obéit également à ce projet de nouvelle Constitution dont la mouture finale tarde à voir le jour. Pourquoi ? L’énigme reste entière. Y a-t-il des pressions externes signifiant une franche opposition à ce projet ? S’agit-il d’un repli stratégique, propre au Président habitué à prendre ses distances pour «rééchelonner» ses visions des choses depuis qu’il a admis que les équilibres nationaux imposent un SMIG politique à faire valoir. Au-delà des spéculations hasardeuses, le Président affairé, selon un agenda national chargé, par l’audit des membres de son exécutif, interviendrait fort probablement à la mi-octobre pour convoquer le corps électoral afin de permettre aux Algériens de se rendre aux urnes vers la fin novembre, comme délai de rigueur. Cette date serait retenue du fait que  les sénatoriales prévues pour décembre prochain «occuperont» la classe politique. Ce qui signifie que si l’on s’en tient à ces hypothèses, la campagne de sensibilisation et d’explication qui précèdera le référendum se tiendra au début du mois de novembre. La machine électorale est d’ores et déjà  mise en marche avec la révision des listes électorales. Reste, faut-il le souligner, que  le contenu de la loi fondamentale du pays est toujours méconnu des Algériens .

S.  B.

 

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Apparitions publiques du Président

De plus en plus rares 

Adepte des tribunes publiques, friand des médias et des bains de foule qu’un penchant  pour la show  politique a accentué…C’est là, tout du président de la République, du moins celui que les Algériens ont appris à connaître durant les six dernières années. Une fois n’est pas coutume certes, mais ce Président-là, depuis quelques mois déjà, se fait de plus en plus discret et se permet, comme en été, des «disparitions» sporadiques dont la presse en a fait des jours durant, son miel.  Et c’est loin d’être fini. Annoncé à New York pour participer à la 61e session de l’Assemblée générale des Nations unies, le chef de l’Etat décline. Un événement pourtant qu’il n’a jamais voulu rater.  Donné partant pour chez son «ami» Hugo Chavez au Venezuela, il annule son voyage. Les explications, quant aux raisons de ces défections,  fournies par le ministre de la Communication n’ont pas convaincu. Mais d’autres  exemples peuvent être cités. Outre son éclipse estivale qui aura quand même duré une bonne cinquantaine de jours, il y a aussi lieu de rappeler que les sorties sur le terrain, les inaugurations… sont renvoyées aux calendes grecques. Les Conseils des ministres ne se tiennent plus au même rythme qu’avant. Même ses «fameux» coups de gueule et ses piques de colère, contre les ministres notamment, se font de plus en plus rares. Lui, l’omniprésent, l’homme que les Algériens voient là où ils sont, là où ils vont, a perdu, semble-t-il, sa verve d’antan.  Depuis  la rentrée, le chef de l’Etat est resté discret. Deux voyages à l’étranger, un à Cuba pour prendre part au Sommet des pays non-alignés, le deuxième  en Libye dans le cadre d’une rencontre avec les dirigeants de l’Union africaine. Intra muros, il a maintenu le cap avec un très attendu Conseil des ministres– qui devait traiter de la charte– et  qui a laissé tout le monde sur sa faim et, tout récemment, proclamant l’ouverture de l’année judiciaire. Là aussi, hormis quelques critiques qu’il a formulées à l’adresse des magistrats, il n’a pas dit grand-chose, alors que tout le monde se léchait les babines dans l’espoir de glaner quelques infos sur la charte, la révision constitutionnelle et bien d’autres sujets. Durant ce mois de ramadan, tandis que tous misaient sur un retrait quasi sûr du Président, ce dernier, non seulement s’est permis une longue apparition à la Cour suprême mais a commencé un cycle de rencontres en tête-à-tête avec les membres de son gouvernement, où chaque ministre présente l’Etat des lieux de son secteur. Voilà, en somme, quelques exemples  qui confirment un retrait de la scène publique que le Président s’est imposé sans dire mot sur les raisons d’une telle attitude. Serait-ce un retrait volontaire ? Ou plutôt cette réduction de l’activité présidentielle fait-elle suite à des pressions que le Président subit ? Ce qui est certain, c’est que Bouteflika ne s’est  pas,  jusqu’ici, exprimé sur les dossiers chauds de l’actualité : date butoir de la charte, date de la révision constitutionnelle, abrogation des amendements de la loi sur les hydrocarbures…

Amine Goutali

 

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Amar Saâdani se distingue

«La majorité des partis doit disparaître»

«Les partis doivent contrôler leurs élus à tous les niveaux».

Dans une discussion avec les journalistes en marge de son déplacement à Boumerdes, vendredi soir, Amar Saâdani, en évoquant le rôle du parti et des militants, a affirmé que «la majorité des partis n’ont pas lieu d’être, un parti», disait-il «qui n’a pas de programme économique ou social qui n’a pu avoir le minimum de 5 % des suffrages lors des élections, à ma connaissance il n’a qu’à adhérer à un parti et y militer. Les partis doivent contrôler leurs élus à tous les niveaux». Le président de l’APN se distinguera lors de cette sortie en critiquant la politique des pouvoirs publics  du pays en affirmant qu’«on fait du social et non de l’économie. L’argent existe, on récupère 12 ou 16 milliards du Trésor et on distribue un montant pour le couffin du ramadan, un autre pour les travailleurs sans salaires. L’Algérie est un pays riche avec son  pétrole, son gaz et ses 1 200 km de côtes. N’importe quel économiste vous dira qu’un pays aussi important que le nôtre ne peut pas connaître  la pauvreté», et de continuer «le scandale de l’affaire El Khalifa est la plus grande affaire que notre pays ait connue sans que personne ne bouge le moindre pouce ou  que des têtes ne tombent. Une situation qu’il dit ne pas comprendre». «Un minis-tre des Finances où des détournements et des vols proviennent de partout et celui-ci reste en place» est inadmissible de son point de vue.  Mieux, il déclarera que «s’il y a lieu de dissoudre un gouvernement ou un parti, qu’on le fasse». A défaut, affirmera-t-il  

«cela veut dire que nous sommes tombés dans le tout passe». D’un autre point il soutiendra que «si un parti gouvernant chute c’est pas une perte mais une vraie leçon pour les autres. Le FLN a chuté en 1988».   Selon lui «le gouvernement est un tout» et  si l’on perdure dans cette situation «transitoire»  c’est parce que «le peuple pardonne et il ne cherche que sa situation sociale. Il ne demande que de l’emploi pour travailler et subvenir aux besoins de sa famille» sera-t-il regretté. Il affirmera à la veille des prochaines élections qu’«un député, un maire ou tout autre  élu qui n’a rien fait pour ses concitoyens ne doit pas être réélu».  Mais ajoutera-t-il  «on ne doit pas considérer la chute d’un gouvernement comme un crime, mais le crime  est quand on ne laisse pas  les élus du peuple travailler». Affirmatif, il déclarera que «les partis doivent comprendre que le peuple est le maître», et d’ajouter : «On ne peut pas priver une wilaya aussi importante que celle de Boumerdès dans le domaine du tourisme, il faut ouvrir les portes aux investisseurs. Il y a problème quelque part. De nombreux pays vivent de tourisme pour ne citer que l’Espagne, la Tunisie  et la France qui reçoit annuellement 60 millions de touriste. Par le tourisme on crée des postes d’emploi». Pour conclure, Amar Saâdani a rappelé l’exemple de Abou Dhabi qui en 10 ans, disait-il, «est devenu la plaque tournante du monde dans le secteur commercial».

K. A.

 

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Mouhafadha de Boumerdès

Les «pro-Benflis» l’emportent

Dans le cadre du renouvellement de la mouhafadha de Boumerdès, 221 membres représentant les 32 kasmas FLN de la wilaya de Boumerdès ont élu les 9 membres de l’exécutif de cette instance. Ces élections se sont déroulées jeudi dernier à la maison de jeunes Saïd-ennani du chef-lieu de wilaya, en présence de Amar Saâdani, membre exécutif du parti responsable des élus, Madani Bradaï, président de la commission de discipline et Hout Madani, membre du comité central. Dans son allocution d’ouverture, Amar Saâdani a affirmé que «le militant est tenu de se plier aux conditions du parti et avoir une intégrité par sa volonté, sa disponibilité et les moyens, pour la bonne marche du parti» et de continuer : «Nous sommes là pour superviser les élections et appliquer les directives et les orientations du parti et ne tolérer aucune intervention». Evoquant le mode de scrutin, les militants, comme un seul homme, se sont soulevés et ont catégoriquement réfuté l’ancienne pratique et proposer que chaque daïra soit représentée au bureau exécutif de la mouhafadha. Ce qui a contraint le représentant de M. Belkhadem à se soumettre. «Tous les militants du parti auront à s’exprimer par des élections  libres et le 1er parmi les candidats de chaque daïra est élu». Quant à la candidature du président de l’APC de Bordj-Menaïel, absent à cette réunion pour indisponibilité suite à l’attentat terroriste dont il a été victime, «il sera bel et bien candidat malgré son absence à cette réunion conformément aux textes et au règlement du parti» et d’ajouter «nous sommes là pour superviser les élections et non pour exclure ou désigner qui que ce soit, vous êtes là pour élire en nore présence l’exécutif de la

mouhafadha». Parmi les 38 candidatures retenues par la commission de candidature, 9 membres représentant l’exécutif de la mouhafa-dha de Boumerdès, dont 4 anciens et non des moin-dres ont été réélus : Bahar Tahar (Mouhafedh et président de l’APW) représentant la daïra de Thénia avec 135 voix, Ziane Ahmed Khodja (sénateur) de Khemis El Khechna avec 122 voix, si Youcef Mokhtar de Boudouaou avec 91 voix, Amara Abdellah (président APC) de Bordj Menaïel avec 82 voix et 5 nouveaux, Othmani Salima de Boumerdès avec 88 voix, Lounis Mohamed Saïd (député) de Dellys, avec 77 voix, Sendjak Hocine des Issers avec 62 voix, Smaïl Idir de Baghlia avec 47 voix, Khouni Slimane de Naciria avec 26 voix. Parmi les nouveaux élus, il y a lieu de signaler l’élection d’une femme qui s’inscrit pour la 1re fois dans les annales de la mouhafadha du parti à Boumerdès. Ainsi donc, par la voie des urnes et par des élections libres et indépendantes où la souveraineté de l’assemblée générale l’a emporté, l’ossature de la mouhafadha du parti FLN est réélue par la majorité de ses militants et que Tahar Bahar pourra se succéder à lui-même à moins qu’il sera fait application de la circulaire relative au cumul, et à ce moment-là, la majorité des élus du sommet à la base sont concernés par cette directive.

K. A.

 

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Désignation des mouhafedhs du Centre

La Kabylie peut freiner l’élan de Saâdani

À la vue du rythme imposé à la mission d’installer les mouhafedhs, Amar Saâdani qui en a installé déjà cinq en une semaine, semble tenir un pari difficile. Au commencement, le superviseur des wilayas du centre a enregistré une avancée sur son agenda comparé à ceux de ses collègues Abada, Bouhadja, Bounekraf, Goudjil et Tou. Après les mouhafadhas de Tipaza, Draria, Bouzaréa, Bab El-Oued et Boumerdès, le superviseur Saâdani entamera en cette deuxième semaine, à en croire un responsable très au fait de la feuille de route du président de l’APN, les mouhafadhas d’El Harrach d’Hussein Dey, Blida, Bouira, Béjaïa et Tizi Ouzou. Si le responsable des élus au FLN réussit ce parcours sans fausse note, il aura d’ici la mi-ramadan fait l’essentiel du lot des 16 mouhafadhas qui lui sont dévolues. Mais des facteurs objectifs ne sont pas pour rassurer la bonne lancée de M. Saâdani qui tient à battre le record d’en finir avant la fin du mois sacré. En feignant ignorer la réalité du terrain, il risque de confronter un sérieux affront à la Kabylie. En effet, outre la grogne secrète à Bouira, le nombre de kasmate relevant des wilayas de Tizi Ouzou, Béjaïa qui en comptent respectivement 67 et 54, encore en bouillonnement.

M. Saâdani devra pâtir de quelques autres tirs de barrage jusqu’à l’après l’Aïd. Cette éventualité est confirmée par un responsable de la commission qui a supervisé l’installation des kasmate à Tizi Ouzou et Bouira, lequel a affirmé que «l’opération en Kabylie n’est pas une mince affaire si l’on tient compte de la nécessaire efficacité de cette opération, la disponibilité des gens, la géographie de la région et la sensibilité de l’étape». Ceci dit le programme de parachèvement des AG électives, prévu pour le mois de ramadan, s’étalera jusqu’à l’après Aïd.

La totale réussite lors de son passage dans les mouhafadhas de Tipaza, Draria, Bouzaréa, Bab El- Oued où il y a eu une sérieuse compétition faite dans la transparence, a fait oublier peut-être à M. Saâdani l’«os» kabylie. Son déplacement jeudi à Boumerdès s’est fait certes sans incidents, mais les choses sérieuses ne font que commencer. Résistera-t-il à l’altitude des monts des Babors et du Djurdjura ?

Il y a lieu de noter qu’au moment où Amar Saâdani avance, les cinq autres superviseurs n’ont pas encore, pour une raison ou une autre, entamé leurs missions respectives. Il va sans dire que c’est un autre argument pour que le parachèvement de cette étape chevauchera à l’après l’Aïd.          

S. B.

 

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Augmentation des salaires

Des accords de principe faute de mieux

D’abord, il est question de prendre  en considération l’état financier de l’entreprise avant l’intérêt du travailleur.

Si le point crucial qui est l’augmentation des salaires, que ce  soit pour les travailleurs du secteur public ou pour ceux du privé, est à l’ordre du jour de la 12e tripartite, il n’en demeure pas moins qu’il n’a été, jusque-là, offert pour les deux catégories de travailleurs, que des accords de principe et rien de concret. Car, à en croire les derniers rebondissements dans cette histoire, il est question de prendre  en premier lieu  en considération l’état financier de l’entreprise avant  l’intérêt du travailleur. Et c’est cette santé financière qui sera, à ce moment-là, le seul facteur déterminant  pour fixer et ou accorder les taux des augmentations. Il ressort de la signature, dans la nuit de jeudi à vendredi derniers, de l’accord-cadre entre l’UGTA et patronat privé, que la revalorisation des salaires sera fixée en fonction de la  productivité, de la compétitivité et de la situation financière des entreprises privées. «L’augmentation, qui serait rendue effective à compter du 1er octobre 2006, est aussi tributaire des négociations de branche», selon le communiqué commun. Là encore, on n’est pas sortis de l’auberge, puisque il va être question de rencontres et de négociations multiples et au cas par cas.  Rappelons que l’UGTA a négocié et signé avec cinq organisations patronales, en l’occurrence, la Confédération nationale du patronat privé (CNFPA), la Confédération algérienne du patronat (CAP), la Confédération des industriels et producteurs algériens (CIPA), la Confédération générale des entrepreneurs algériens (CGEA) et Savoir et vouloir entreprendre (SEVE) des entrepreneurs femmes.   Mais, faut-il se demander combien de travailleurs sont représentés par l’Union dans le secteur privé, si l’on sait que ce dernier emploie environ 1,2 million d’employés et  peut-elle être le garant des droits de tous ? Une autre question se pose : qu’en sera-t-il des entreprises privées qui n’ont pas de section syndicale ? Il faut aussi  savoir  que l’accord signé porte sur une fourchette de taux d’augmentations variant entre 10 et 20%, toujours tributaire, faut-il le rappeler «de l’état de la santé financière de l’entreprise». Mais ce qu’on ne dit pas, ni du coté de l’UGTA ni du coté du patronat, en annonçant avec grand optimisme que le principe d’augmentation a été acquis, que le reste sera déterminé en fonction des négociations de branche et qu’aucune instance ne possède jusqu’ici un droit de contrôle sur les entreprises privées. Ces entreprises qui demandent «monts et merveilles» à l’Etat, appellent à ce que ce dernier prenne en charge leur mise à niveau et leurs dettes fiscales.

 Ainsi, le dossier «augmentation de salaires», chez le privé contient autant de points communs avec celui des augmentations dans le secteur public. Le même scénario  revient. Pour le secteur public, Sidi Saïd a annoncé un taux moyen national augmentation aux alentours de 20 à 25% pour les entreprises en bon état et entre 5 à 10% pour les entreprises déstructurées. A préciser qu’il ne s’agit là que d’un accord de principe sur la question, et que les hausses accordées portent sur les primes non liées aux salaires de base et non sur ce dernier directement. Encore est-il qu’il «faille prendre encore et toujours en compte l’entreprise et son état financier», selon le SG de l’UGTA. Peut être que ce dernier réserve de par sa proposition  portant  revalorisation du salaire national minimum garanti (SNMG), à 15 000 DA, qu’il propose à la tripartite, une autre surprise pour les travailleurs à qui il ne cesse de donner de grands espoirs, mais toujours conditionnés. Enfin, rappelons que la seule zone d’ombre dans le beau tableau des acquis sociaux et de l’intérêt du travailleur peint par l’UGTA, reste encore le bras de fer persistant entre les SGP et la FNTMEE. Lequel et à coup de négociations qui s’éternisaient jusqu’à quelques heures seulement de la tenue de la rencontre Gouvernement-UGTA-Patronat, tend vers le «compromis forcé» et la promesse de Sidi Saïd de prendre en charge le dossier jusqu’à un aboutissement positif.

Habiba Ghrib

 

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Fédération des mécanos

Les raisons du blocage

Jusqu’à hier et au moment où nous mettons sous presse,  après plusieurs rounds de négociations, la Fédération nationale de la métallurgie, de la mécanique, de l’Electricité et de l’Electronique (FNTMMEE) n’a toujours pas réussi à trouver un compromis avec les cinq SGP et celui de la SNVI et à parapher ainsi les conventions de branches pour les secteurs qu’elles regroupe. Ce blocage a suscité plusieurs interrogations surtout que la fédération en question compte les secteurs économiques les plus porteurs et importants en Algérie. Les paramètres qui définissent cette importance sont nombreux. Ces secteurs comptent le nombre le plus important de travailleurs, estimé à plus de 70 000 travailleurs. Aussi, ce secteur compte des entreprises publiques grandioses d’une dimension économique estimable. Ce secteur regroupe, entre autres, le complexe de métallurgie El Hadjar (Annaba), la Société nationale de véhicules industriels (SNVI), Cosider, les entreprises de l’électroménager (ENIE, ENIEM) et d’autres, enfin des entreprises publiques d’un potentiel prometteur. Il ne faut pas aussi perdre de vue le fait que la majorité des entreprises publiques du secteur figurent sur la liste des entreprises à privatiser dans les prochains mois. Ce fait n’est-il pas la raison qui est derrière le refus d’accorder des augmentations de salaires conséquentes aux travailleurs qui se sont montrés très attachés à leurs revendications. Ce blocage, il faut le préciser, est dû à un seul point qui est celui de l’augmentation des revenus des travailleurs. La fédération des mécanos a pourtant fait plusieurs concessions depuis le début des négociations en proposant des baises sur le taux des augmentations qu’elle a revendiquées au début des pourparlers. Ce taux est donc passé de 40% à 16% minimum et 25% maximum. Les SGP ont également revu certaines propositions en offrant 5 à 10% pour les entreprises déstructurées et 15% pour les travailleurs des entreprises en bonne performance financière.

Nouria B.

 

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Des balances importées non conformes aux normes sur le marché

L’ONML accuse les Douanes

Lors d’un contrôle effectué au niveau du port d’Alger, au cours du premier semestre 2006, l’Office national de métrologie légale (ONML) a enregistré 27 300 balances non- conformes aux normes.

«Une partie de ces balances importées de Chine et transitant via Dubai, a été, cependant, retrouvée sur le marché», indique Sid Ali Réda Ben El Khaznadji, directeur de l’ONML qui estime être incapable d’expliquer cette situation puisque «nous n’avons pas donné notre accord pour leur mise sur le marché national». Lors d’une conférence de presse, animée hier au siège de l’ONML, le directeur, fraîchement installé, a dressé le bilan d’activité et a indiqué, entre autres, que cet organisme a contrôlé, durant le premier semestre 2006, 6 689 balances dont 672 ont été refusées. Il a été procédé également au contrôle de 2 890 taximètres dont 64 ont été refusés. Pour le mois de ramadan, il a instruit l’ensemble des agents pour renforcer les opérations de contrôle au niveau des marchés. Cependant, le contrôle se «limite, jusque-là, au chef-lieu de chaque wilaya», a-t-il regretté en expliquant cette défaillance par «le manque de moyens humains, matériels et de locomotion». Devant le nombre important de commerces, les agents n’arrivent pas à couvrir l’ensemble des besoins. 71 % des 183 agents assurent la mission de contrôle à travers 36 wilayas du pays. Faute de moyens humains, la couverture territoriale actuelle n’excède pas les 50%, a-t-il relevé. En cours de certification, l’ONML prévoit, à court terme, l’ouverture d’autres antennes de wilayas, après avoir bénéficié  d’environ 770 millions de dinars dans le cadre des programmes de développement destinés aux régions du Sud et des

Hauts-Plateaux. Outre les capacités humaines, les moyens de contrôle doivent également être renforcés. Ainsi, un projet d’acquisition d’équipements de vérification et d’étalons est en cours de réalisation, ce qui permettra une meilleure prise en charge des contrôles de conformité des instruments de mesure. Même l’arsenal juridique est appelé à être adapté aux exigences et pratiques internationales de la métrologie légale. A travers cette adaptation, le champ d’intervention de l’ONML sera élargi, outre le commerce, au secteur de la santé (thermomètres, seringues, tensiomètres artériels), de la sécurité routière (alcoomètres, analyseurs de gaz, radars) et de la sécurité du travail (manomètres). Malgré son existence depuis vingt ans, l’ONML accuse un énorme retard dans le développement de cette activité. L’Algérie ne dispose officiellement d’aucun étalon national matérialisant au moins une ou deux unités de base du système SI (kilogramme, étalon, mètre étalon). Pour 2007, il est prévu la mise en application d’un plan axé notamment sur le renforcement du contrôle à travers le territoire national. L’ONML projette également de porter des modifications dans son organigramme. Ainsi, le  siège de l’ONML deviendra une direction générale alors que les annexes seront des directions régionales et les antennes seront transformées en inspections. «Nous allons, par ailleurs, refaire le recensement général des commerçants utilisant des instruments de pesage et de mesure». Pour réaliser cet objectif, il est possible de procéder au jumelage des directions de deux wilayas. Les agents seront également formés pour pouvoir dresser les PV lors de l’enregistrement des infractions. Cependant, a regretté le directeur, des PV ont été envoyés à la justice et sont restés lettre morte, depuis des années déjà. Pour corriger cette situation, selon le directeur, l’ONML projette de relancer la relation avec la justice.          

Karima Sebai

 

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Immigration

L’UE veut négocier avec l’Algérie

L’Union européenne est en train d’examiner les moyens optimaux pour engager des négociations avec l’Algérie sur l’immigration illégale. La problématique de la réadmission (expulsion) des immigrants illégaux a constitué l’essentiel d’une réponse adressée vendredi  par la présidence en exercice de l’UE à une  lettre sur l’immigration illégale que lui ont adressée les chefs d’Etat ou de gouvernement de huit Etats membres (France, Italie, Espagne, Grèce, Portugal, Chypre, Malte, Slovénie).

M. Vanhanen, président du Conseil européen, rapporte l’APS, a rappelé l’engagement de l’UE à réunir «par tous les moyens, un système de réadmission respectueux des principes de la protection internationale, ce qui constitue le principe de la politique de ce qui reste de  son mandat qui s’achève en décembre prochain. Les négociations avec l’Algérie doivent être engagées sans tarder», dans l’optique d’aboutir à un «partenariat avec les pays d’origine et de transit de l’immigration illégale». Les deux partenaires travailleront, ajoute le président du Conseil européen dans le sens de l’aboutissement à une politique commune qui traiterait les causes de l’accroissement de l’immigration illégale «au lieu de nous contenter de l’endiguer bon an mal an». A rappeler qu’après la tenue du premier conseil d’association UE-Algérie, l’Union a voulu, en priorité, mettre en place un sous-comité qui traite de cette question, pour entamer immédiatement les pourparlers sur cette question. L’Europe a plaidé, faut-il encore le rappeler, pour  «une lutte commune contre cette immigration». En ce qui concerne l’Algérie, elle a fait de la levée des mesures discriminatoires imposées à ses ressortissants concernant leurs séjours en Europe ou leur démarche d’octroi de visas, un cheval de bataille dans ses pourparlers avec l’autre rive de la méditerranée. Ceci, étant donné que, contrairement aux candidats d’autres pays à l’octroi d’un visa Schengen, les demandes des Algériens sont à consultation des pays membres de l’UE. Concrètement, la présidence européenne prépare la conférence «de la plus haute importance et de la plus grande actualité UE-Afrique prévue à la fin du mois de novembre prochain à Tripoli (Libye)». L’ordre du jour de cette rencontre concerne les questions liées à la  migration et le développement. Une réunion ministérielle des pays de l’Euromed est par ailleurs envisageable en en 2007.

M. Vanhanen estime que les engagements pris lors de la conférence de Rabat (Maroc) en juillet dernier et à laquelle l’Algérie n’a pas pris part, «doivent être tenus et mis en œuvre tant au niveau national qu’au niveau de l’ensemble de l’Union». Les investigations relatives aux routes migratoires en Afrique orientale ont également été mises en chantier, précise la lettre de M. Vanhanen. Aussi, des budgets disponibles au niveau de l’Union, qui s’ajoutent aux politiques nationales pour la lutte contre l’immigration clandestine pour cette année sont limités, rappelle le président du conseil européen. Une importante augmentation des dotations est toutefois prévue dans le nouveau budget 2007-2013. Quelque 699,3 millions d’euros seront affectés au Fonds européen pour les réfugiés (FER), 676 millions au Fonds européen pour le retour et 1,820 milliard d’euros pour améliorer l’efficacité des contrôles aux frontières extérieures de l’UE. 

F. Arab

 

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Les étudiants passent les examens à l’USTHB

Retour à la normale

Les signes d’apaisement se précisent de plus en plus sur l’ensemble des campus universitaires. Après  une période trouble et perturbée, qui a duré presque trois mois, les enseignants affiliés à la section syndicale du Conseil national des enseignants du supérieur (Cnes) ont repris les cours et leurs activités pédagogiques notamment après la levée des sanctions judiciaires à l’encontre  des  coordinateurs de cette section syndicale. A l’instar des universités du pays, l’Université des sciences et technologies Houari-Boumediène, (USTHB),  a repris, en effet, les cours le plus normalement du monde et ce, en organisant les  synthèses, dont la plupart ont eu lieu. C’est le cas, entre autres, de la première partie des épreuves à moyenne durée (EMD). Les examens  entamés le 2 septembre  s’étaleront jusqu’à 14 octobre courant. La 2e partie sera organisée fin octobre. Les examens de rattrapage auront lieu juste après l’Aïd El Fitr, suivis des délibérations et de l’orientation des étudiants vers les filières choisies. C’est ce que nous a indiqué le conseiller du recteur pour les relations avec les associations au sein de l’USTHB, M. Saïdi, contacté hier par nos soins. Il soulignera, par ailleurs, que la rentrée officielle universitaire de l’année en cours est fixée, si toutefois tout va bien,  pour le 15 novembre prochain. Notre interlocuteur ne cachera pas cependant que le début des examens de cette année a connu une certaine perturbation. Derrière cette protestation, «le mouvement continuel» des enseignants grévistes avant la levée des sanctions et la colère des étudiants qui protestaient et dénonçaient la programmation rapide des examens sans les consulter. «Mais la situation s’est, depuis, calmée»; notera M. Saïdi. De son côté, un membre du Cnes que nous avons contacté, a dénoncé le comportement de certains recteurs d’universités de quelques wilayas, à l’image de Sidi Bel-Abbès,  Bejaïa et Mascara. Pour notre interlocuteur, ces derniers «ont développé un esprit de mécontentement» auprès des enseignants grévistes au point, a-t-il ajouté, d’exercer sur eux des rétentions sur salaires de ce mois de septembre. Interrogé sur la rentrée universitaire, ce membre du Cnes, dira que celle-ci interviendra la première semaine du mois de décembre eu égard au temps que la tenue des examens de synthèse et rattrapage prendra.   Contacté pour plus d’informations, le portable du chargé de communication au ministère de l’Enseignement supérieur, était aux abonnés absents.                   

Kahina Benarab

 

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Destinées au Liban

100 tonnes de produits alimentaires détournées

Un véritable scandale secoue, depuis quelques jours, le ministère de l’Emploi et de la Solidarité nationale, avec le détournement de 100 tonnes de produits alimentaires destinées au Liban, apprenons-nous auprès d’une source proche de ce ministère. Quatre camions chargés de 20 tonnes à 25 tonnes de produits alimentaires chacun, déstinés à ce pays, ont été dépêchés par ce ministère à l’aéroport international d’Alger, il y a quelques jours, pour que cette marchandise soit embarquée à bord d’un avion en partance vers le pays du Cèdre, ajoute cette source. Le vol a finalement été reporté et cette marchandise a depuis, disparu, selon cette source. Cette marchandise pourrait être déstinée, par les auteurs de ce vol, au marché local pour y être écoulée durant le mois de ramadan. Mais ceci ne demeure qu’une hypothèse. En effet, cette affaire constitue un véritable mystère pour les responsables du département ministériel de Djamel Ould Abbès qui ne savent pas quelle destination a pris cette marchandise. Un détournement qui vient s’ajouter, selon cette source, à un problème de distribution de dons algériens, en produits alimentaires, destinés au Liban, alors en pleine guerre. Notre source attire, d’autre part, l’attention sur l’existence de 5 000 cartables en souffrance à l’intérieur d’un magasin au siège de ce même ministère, «tandis que des milliers d’enfants, issus de familles nécessiteuses, ne disposent pas de cartables jusqu’à présent». Cette source s’interroge sur les raisons réelles qui ont motivé la décision de laisser cette marchandise dans ce hangar, plusieurs semaines après la rentrée scolaire, ce qui pénalise les familles nécessiteuses. Des employés de ce ministère dénoncent, quant à eux, ce qu’ils qualifient de «deux poids, deux mesures» dans l’attribution des couffins du ramadan, au sein du département ministériel de Djamel Ould Abbès. «Certains préviligiés ont droit à des couffins de premier choix, tandis que d’autres à des couffins de deuxième choix, qui manquent d’huile et autres produits», ajoutent ces employés qui poursuivent : «Nous voulons attirer l’attention du ministre qui ignore l’existence de ces deux poids, deux mesures».

M. Abi

 

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Cité Sidi Bennour de Mahelma

La nouvelle ville de la misère  

Les habitants de cette commune ne croient plus en personne.

«A Mahalma les gens donnent l’impression d’être froids et mal accueillants» nous fait remarquer, souriant, M. Makdoud, représentant des familles de la cité Sidi Bennour. La raison est simple, les habitants de cette commune ne croient plus en personne. «Partout on ne sent que le désespoir, rien n’augure de bon, ni de la part des responsables locaux ni a fortiori des hautes autorités du pays» poursuit notre accompagnateur

M. Makdoud. Cela dit, dès notre arrivée sur les lieux, à la cité Bennour, à quelque 10 km du chef- lieu de la commune de Mahalma, sans guère exagérer, l’air a senti la désolation, l’oisiveté et la méfiance. Au milieu des vastes et interminables pleines, des grands bâtiments font leur apparition. Tous en blancs et bien faits, qu’ils confirment au visiteur l’utopie chantée il y a quelques années de faire de Sidi Bennour une «ville nouvelle». Ainsi nommée d’ailleurs sur le plan initial décidée par les pouvoirs publics, et qu’on rencontre en pleine route vers la cité Bennour. Mais qu’est-ce qu’il en reste ? «Ils nous ont jeté ici comme on jette des bêtes dans une cage» a reconnu une jeune femme rencontrée à proximité d’un immeuble. Pour elle, cette attitude des pouvoirs publics à leur égard n’est autre qu’une «trahison». Qui ne se souvient pas de la surmédiatisation faite à la nouvelle ville de Sidi Abdellah qui partage le même plan avec la ville de Sidi Bennour, hélas, celle-ci n’est qu’un mythe. L’absence de suivi de la part de l’Etat pour ce projet titanesque n’est donc pas passée sans influence sur les habitants de cette cité qui n’ont que trop rêvé. Depuis des années, des responsables affluent dans cette circonscription «pour se faire filmer par la télévision nationale lors du lancement des projets de la nouvelle ville de Sidi Abdellah» ironise un jeune homme, la trentaine passée, vendeur de fruits et légumes à Mahalma. Les promesses les plus folles, à la cité Sidi Bennour, on en est habituées, que de nos jours, les malheureux citoyens de cette agglomération ne croient plus en personne sauf en un miracle pour venir à bout de leurs interminables problèmes. «Maintenant que tout est à l’arrêt, aucun d’entre eux ne se rappelle de notre existence» lance une voix de derrière la foule qui nous a entourés. La cité Bennour est dépourvue de tout et ressemble à peine à une agglomération humaine. Le commun des mortels à la commune de Mahalma la surnomme «La cité des fantômes». N’est-ce pas, et dans cette cité que le plan initial présente comme une ville d’avenir; il n’existe après quatre longues années de sa réception, ni magasin, ni taxiphone, ni dispensaire… bref, rien n existe, même pas une école pour les 412 familles qui la peuplent.

Loin des discours officiels

De passage dans l’école primaire et moyenne de Mahalma, s’acheminant vers Sidi Bennour, une cohue de bambins nous a bloqué la route. A notre grand étonnement, des mains frêles et fragiles se lèvent pour faire le stop. De la foule de gamins, une voix se distingue «Aamou emmène-moi avec toi à la nouvelle ville pour dîner». Cette pratique est quasiment quotidienne que les enfants se risquent la peau à chaque sortie de classe pour se débrouiller afin de regagner leur maison pour se nourrir. Cela à un moment où les psychopathes ne ratent aucune occasion pour profiter de l’innocence de ces chérubins. A contre sens des assurances émises par le ministre de l’Education nationale il y a quelques semaines, le transport scolaire à Sidi Bennour est inexistant. «En plus d’un particulier qui fait la navette pour 10 DA. C’est récemment seulement, que la commune a mobilisé un minibus de transport scolaire pour une somme de 4 000 DA par jour» a expliqué Ami Mouh president du comité de Quartier de Sidi Bennour. Mais ces deux engins sont loin, voire très loin de satisfaire la demande et de contenir toute la foule d’écoliers notamment aux heures de pointe. «Ce n’est pas avec deux minibus qu’on garantit une scolarisation normale à plus de 600 écoliers» a souligné Ami Mouh. Si les élèves de la cité Bennour ont eu l’habitude de se lever, quotidiennement à l’aube pour pouvoir espérer à une place dans l’un des deux bus en question, les retardataires, pour eux, se font amasser pêle mêle dans ces minibus, l’essentiel est d’arriver à l’heure à l’école. Si la faille de la non-mobilisation de bus de transport scolaire est déjà grave, il est à noter que les élèves de Sidi Bennour qui font le trajet de 10 km chaque jour pour rejoindre leurs classes à Mahalma, souffrent tout de même de l’inexistence d’une cantine scolaire. «Où sont les autorités» se demande une jeune femme, rencontrée à proximité de l’école, un bébé sur le dos. «Je fais chaque jour, et depuis une année, le trajet Sidi Bennour, Mahalma pour apporter le déjeuner à mes deux enfants scolarisés. Ce n’est pas évident qu’ils prennent quotidiennement des repas froids» a poursuivi cette dame. A Sidi Bennour, les élèves de l’école ne mangent pas à leur faim. A Sidi Bennour aussi, les élèves de l’école ne prennent pas des repas chauds en hiver. Quelle honte ! Comme un malheur ne vient jamais seul, c’est au jour même de notre déplacement sur les lieux que le grillage couvrant l’école primaire était placé. M. Makdoud nous a fait savoir, par ailleurs, qu’entre midi et une heure et demie, le directeur interdit aux élèves de rester à l’intérieur de l’établissement. Préférant les fouler à l’extérieur, et mettre leurs vies en danger, les 600 écoliers de la cité Sidi Bennour rôdent donc autourdes routes pendant une heure et demie. «Quand un conducteur accepte de me ramener à la maison, je prends le risque d’y aller prendre mon déjeuner en faisant des efforts pour arriver à l’heure à l’école. Si non, a ajouté Tarek 9 ans, je me contente du sandwich que je ramène de chez moi le matin, ou j’achète dans le marché du fromage ou du chocolat». Pour venir à bout de cette situation dont les responsables sont pourtant au courant, les parents d’élèves des écoliers de Sidi Bennour ont décidé de boycotter les bancs de l’école à partir de la semaine prochaine. «Ou bien ils règlent les problèmes de nos enfants, ou bien nous les  arrêterons - les élèves - carrément de fréquenter l’école» a déclaré un parent d’élève en mal de mâcher ses mots. «Depuis que mes enfants fréquentent l’école de Mahalma, leurs résultats n’ont cessé de se détériorer» a ajouté ce même citoyen.

Premier stade de football privé en Algérie

Il est difficile de le croire, mais la négligence des responsables a fait qu’à la cité de Sidi Bennour il n’y a absolument rien. Du pain ordinaire au minimum et un dispensaire. A part les murs trouvés sur place, rien d’autre n’existe à Sidi Bennour, et ce, depuis des années. «Un pain nous coûte 30 DA, un litre de lait fait à Sidi Bennour coûte 45 DA…la liste est ouverte» a souligné Ami Mouh. Pour se procurer quelque chose de moindre, tel un pain, les habitants de cette soi-disant nouvelle ville font le déplacement sur une distance de 10 km, soit jusqu’à Mahalma pour l’acheter. Pourtant, force est de constater que dans le projet initial conçu pour cette nouvelle ville, un centre d’affaires et un centre commercial ont été prescrits. À cela s’ajoute les locaux commerciaux qui se trouvent au-dessous des immeubles. Mais, à ce jour, rien n’est fait,  même pas un magasin d’alimentation générale n’est  ouvert. Sidi Bennour qui était aux années rouges un maquis infesté par les terroristes est aujourd’hui très bien sécurisé. A part le facteur sécuritaire qui demeure le seul atout dans cet endroit puisqu’ il est reconquis par les forces de l’ordre, à Sidi Bennour, la vie des citoyens est exposée à tout moment. N’est- ce pas qu’il n’existe même pas un dispensaire pour donner les premiers soins. «Il est pourtant fin prêt, on attend seulement son aménagement. Pour l’instant, il est transformé en dépôt pour les vieux articles» a indiqué ami Mouh, le président du comité de ce quartier. Pour les espaces culturels et sportifs, en plus de leur inexistence pure et simple, il est à noter un fait divers à Sidi Bennour. Le seul stade de football dont dispose cette cité de plus de 400 familles est payant. Et y mettre ses pieds pour un match, il faut débourser 400 DA. 

Sacrifiés pour les autres

A Sidi Bennour, les habitants n’hésitent pas de le clamer haut et fort «on est des citoyens d’arrière -plan». C’est très grave de le penser.  En  les entendant s’expliquer, leurs arguments nous ont semé le doute. «A l’heure où des centaines de bus de l’ONOU démarrent vides, nous autres, on chemine les 10 km  qui mènent à Mahalma à pied» raconte un citoyen. En effet, il est à signaler que les parents des écoliers et pour laisser les deux bus aux élèves de l’école, prennent sur eux la peine de se lever très tôt et marcher à pied jusqu’à Mahalma. La cité universitaire de Sidi Abdellah implantée dans ce même endroit est principalement destinée à des citoyens de Dar El Beïda. Mais pour engloutir les milliers d’étudiants qui ont afflué sur la capitale avant l’année passée, des logements sociaux de la cité Sidi Bennour ont été transférés en une cité universitaire. Une procédure qui n’est pas passée sans asséner un coup dur aux habitants de Sidi Bennour. «Les deux écoles primaires et secondaires construites et fin prêtes même pour accueillir notre progéniture ont été réorientées  pour d’autres objectifs» a précisé Ami Mouh. En fait, les deux écoles qui devaient accueillir les élèves de sidi Bennour sont aujourd’hui des facultés de l’université d’Alger, l’une pour sport et l’autre pour l’archéologie.

Ainsi donc c’est en sacrifiant les élèves de Sidi Bennour que les autorités ont résolu un de leurs problèmes.

Pour ce mois de carême, et faute d’inexistence d’une mosquée, les pratiquants parcourent une distance de 5 km pour faire les Taraouih. Pis encore, et au troisième jour du ramadan, les nécessiteux de Sidi Bennour n’ont pas encore reçu la koufa de ramadan. Ils sont vraiment sacrifiés !

A.F.

 

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