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Le journal Echourouk El Youmi condamné

Kadhafi obtient gain de cause l2 mois de suspension et des peines de prison

Loi de finances

Impôts : ce qui va changer en 2007

La LADDH dénonce

«La mort des harraga est un homicide»

Après le double attentat à la voiture piégée

Quelles retombées politiques ?

Des «artificiers» du GIA ont rejoint le GSPC

Les gens renouent avec le quotidien

Bordj Ménaïel

Une bombe désamorcée

Nouvelle loi sur les hydrocarbures

La vie des réserves sera prolongée

Abdelhamid Mehri au salon international du livre

«La plate-forme de Novembre est d’actualité»

1er Novembre 1954-1er Novembre 2006

Hommage aux familles de nos valeureux chouhada

 

 01/11/06

 

Le journal Echourouk El Youmi condamné

Kadhafi obtient gain de cause l2 mois de suspension et des peines de prison

A l’ouverture du procès, les avocats des prévenus ont tenu à faire part d’un certain nombre de vices de forme et de procédure.

A l’issue du procès qui leur  a été intenté pour diffamation, par le chef de l’Etat de Libye, le colonel Kadhafi, la journaliste et le directeur du journal Echourouk El Youmi ont été condamnés, chacun, à six mois de prison ferme et à 20 000 DA d’amende. Outre la cessation de paraître pendant une durée de deux mois, la publication a été condamnée à verser, à titre de dommages et intérêts, la somme de 500 000 DA. Le guide de la révolution libyenne a tenu à préciser, par la voix de ses avocats, qu’il est décidé à en faire don à des institutions caritatives. En prononçant une sentence aussi rigoureuse, pour laquelle les avocats de la défense ont décidé de faire appel, le président du tribunal a voulu abonder dans le sens du procureur général qui avait, auparavant, requis le maximum de la peine pénale, le maximum pour ce qui est du versement de dommages et intérêts et la fermeture, durant trois mois, du journal.

Melle Benrahal Khalida Houria et M. Fodhil Ali avaient été convoqués en citation directe auprès du tribunal d’Hussein Dey au motif que le quotidien avaient publié, à quelques jours d’intervalle, des articles jugés diffamatoires par le Président de la Jamahiria libyenne.

Dans ces deux reportages parus les 3 et 12 août 2006, la journaliste avait, à l’aide de témoignages, tenté de démontrer que le colonel Kadhafi avait engagé des actions visant à porter atteinte aux intérêts de l’Algérie. Elle a, à ce propos, rappelé que lors de la célébration du dernier Mawlid Ennabaoui, le Président libyen avait présidé un large rassemblement de personnalités des pays du Sahel dans la mythique ville de Tombouctou pour faire part de son projet de créer une sorte de méga-Etat saharien dans lequel viendraient se fondre plusieurs pays de la région. Pour les amener à adhérer à son idée de Grand Sahara, le journal avait indiqué que Kadhafi avait même tenté de soudoyer des tribus touarègues algériennes. Selon l’auteur des écrits, beaucoup de membres de ces dernières ont fait part de leur désir de témoigner sur ce qu’elles ont entendu. Ses écrits n’ont, apparemment, pas été du goût du guide de la révolution libyenne qui a, alors, décidé de porter l’affaire devant les instances judiciaires algériennes. A l’ouverture du procès, les avocats des prévenus ont tenu à faire part d’un certain nombre de vices de forme et de procédure. Ils ont, ainsi, relevé l’absence du plaignant ou de l’un de ses représentants. Ils ont déclaré, aussi, ne pas comprendre pourquoi la partie libyenne n’avait pas choisi de se plaindre directement aux autorités algériennes afin qu’elles  poursuivent les personnes incriminées. On a parlé de la liberté d’écrire et d’informer. On a épilogué autour de la question de savoir si les journalistes pouvaient ou non faire des commentaires pour rapporter certaines situations particulières. Les avocats de la partie civile ont, de leur côté, cité certains articles du Code de l’information faisant référence à la nécessité de respecter l’honneur d’autrui, ajoutant, fait plus grave, selon eux, que dans le cas présent on avait attenté à la dignité du président d’une nation avec laquelle l’Algérie entretient, par ailleurs, des relations d’amitié et de bon voisinage séculiers. En permanence sur ses gardes, le président du tribunal ne cessait d’appeler les avocats des prévenus à ne pas l’amener sur le terrain politique.           

Ahmed Mahieddine et Nouria B.

 

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Loi de finances

Impôts : ce qui va changer en 2007

nLes principales dispositions fiscales et douanières contenues dans le projet de loi de finances 2007 adopté lundi par l’APN consacrent une baisse des impôts ainsi que plusieurs aménagements dans les taxes.

Ainsi, les entreprises qui créent et maintiennent des emplois bénéficient d’une réduction sur l’IRG et l’IBS sur une période de 3 ans à partir du

1er janvier 2007. Cette réduction est fixée à 50% du montant des salaires versés au titre des emplois créés, et à 5% du bénéfice imposable sans que cette réduction ne dépasse 1 million de dinars. Les avantages consentis aux investissements réalisés dans le cadre du dispositif de soutien à la création d’activités par les chômeurs âgés de 35 à 50 ans seront étendus aux investissements agréés, au plus tard, le 31 décembre 2009. La date butoir initiale avait été fixée pour ce type d’investissements au 31 décembre 2006. Les organismes employeurs, à l’exclusion des institutions et des administrations publiques, sont tenus de consacrer un montant égal au moins à 1% de la masse salariale annuelle aux actions de formation professionnelle continue. A défaut, ils sont assujettis au versement d’une taxe d’apprentissage dont le produit sera versé dans un compte d’affectation spécial. Il est établi un impôt forfaitaire unique (en remplacement de l’IRG, de la TVA et de la TAP) pour les activités dont le chiffre d’affaires annuel ne dépasse pas 3 millions de dinars.

Dix catégories d’activités commerciales sont exclues de ce régime (ventes en gros, concessionnaires, grandes surfaces, vente de médicaments, stations-services, chantiers de construction...). L’importation à l’état usage de pièces détachées, parties et accessoires de véhicules et d’engins est quant à elle désormais interdite. Les pièces détachées confisquées doivent être détruites alors que le véhicule est confisqué au profit de l’Etat et des collectivités locales. L’exportation de déchets de métaux ferreux et non ferreux, des peaux et cuirs sera soumise à un cahier des charges.

Les prêts octroyés par les banques aux entreprises du secteur de l’énergie ouvrent droit à une bonification du taux d’intérêt pour les projets relatifs à la production d’électricité, au transport et à la distribution publique d’électricité et de gaz.

Le Trésor public est autorisé à prendre en charge les besoins en soutien de l’exploitation des entreprises publiques déstructurées et des établissements publics. Une redevance des droits d’auteurs est instituée au titre de l’exploitation des œuvres de l’esprit pour être versée au profit de l’Office national des droits d’auteurs (ONDA). Elle est fixée à 10%, calculée sur le montant des recettes recouvrées par les opérateurs de téléphonie mobile et fixe (sonneries puisées du répertoire musical, spots publicitaires accompagnés de musique...) Les ouvrages d’or, d’argent et de platine supportent un droit de garantie fixé par hectogramme à 8 000 DA pour les ouvrages en or (au lieu de 16 000 DA actuellement), à 20 000 DA pour les ouvrages en platine (au lieu de 40 000 DA) et à 300 DA pour les ouvrages en argent (au lieu de 500 DA).

Pour encourager l’économie d’énergie et la protection de l’environnement dans l’usage des carburants, la TVA est ramenée de 17% à 7% pour la vente des accessoires indispensables à la conversion des véhicules de la carburation classique à celle en GPL et GNC (Gaz naturel-carburant), tandis que la taxe sur les essences avec plomb (normale et super) est ramenée de 1 DA à 0,10 DA/litre alors qu’une taxe est instituée pour le gasoil à 0,30 DA/litre, sans incidence sur les prix à la pompe. En matière de fiscalité douanière, et dans le cadre de la lutte contre le commerce informel, les commissionnaires en douane qui accomplissent les formalités de douane pour le compte de l’importateur ou de l’exportateur, doivent obligatoirement être munis de mandats établis et dûment signés par ces derniers.

Il est accordé à l’administration des douanes plus de marge d’action dans le traitement des cas où elle a des raisons de douter de la véracité ou de l’exactitude des renseignements ou des documents fournis par l’importateur à l’appui de la valeur qu’il aura déclarée. Enfin, pour encourager la production dans cette filière, la TVA est ramenée de 17% à 7% pour l’huile d’olive.

Redouane A.

 

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La LADDH dénonce

«La mort des harraga est un homicide»

Dans un communiqué signé par son bureau d’Oran, la Ligue algérienne des droits de l’homme (LADH) considère que l’embarquement qui a eu lieu la veille du 24 octobre 2006 de jeunes gens au nombre de quatorze sur une chaloupe d’environ cinq mètres de long d’une part, et d’autre part, sans gilets de sauvetage, sauf pour le pilote de la chaloupe, est «un homicide, ni plus ni moins». «La quête de l’argent est le seul motif de ce crime organisé par un réseau mafieux national, étant donné que les victimes sont originaires de plusieurs villes d’Algérie, sauf Oran», est-il estimé. La LADH ajoute que le littoral ouest de la wilaya d’Oran, particulièrement la grande baie des Andalouses n’a pas été choisi fortuitement par les barons de l’immigration clandestine pour servir de point de déportation des centaines de jeunes gens vers l’incertain. «La raison est évidente ; géographiquement, il s’agit de l’endroit de la côte algérienne le plus rapproché de l’Espagne». C’est pour cela que le littoral ouest d’Oran est une plaque tournante pour cette activité meurtrière, qui ne cesse de prendre de l’ampleur, compte tenu d’une demande juvénile de plus en plus persistante. La LADH interpelle les pouvoirs publics pour mettre fin à cette situation, incontrôlable, si bien sûr, les moyens, les textes et la volonté d’y parvenir sont mis en place. «Si un littoral de 30 km à peine ne peut pas être surveillé, c’est grave pour la sécurité du pays», ajoute-t-on. Les pouvoirs publics de la wilaya sont interpellés sur «leur obligation et devoir à sensibiliser l’opinion publique par tous les moyens et sans aucune honte, particulièrement le jeune public, sur cette calamité qui endeuille des familles algériennes et engraisse à coups de milliards certains réseaux».

Amine B.

 

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Après le double attentat à la voiture piégée

Quelles retombées politiques ?

On ne peut pas faire l’économie, au lendemain de cet acte terroriste, d’une lecture politique.

Le double attentat à la voiture piégée, perpétré dans la nuit de dimanche à lundi, bien qu’il n’a pas réussi à replonger le pays dans les années 1990 où la psychose des attentats à la bombe était d’une telle ampleur qu’elle avait annihilé toute vie normale, risque de poser toutefois un problème d’ordre politique. Car on ne peut pas faire l’économie, au lendemain de cet acte terroriste, d’une lecture politique. D’autant que cet attentat à la voiture piégé démontre que les capacités de nuisance d’éléments, qualifiés certes d’irréductibles, sont intactes. Il vient confirmer ce que dans un récent passé, le ministre de l’Intérieur avait souligné. A savoir que si la lutte antiterroriste avait permis de neutraliser la majorité des terroristes, il n’en reste pas moins, avait néanmoins reconnu Zerhouni, que le maintien en activité de quelques éléments était suffisant pour entretenir un climat d’insécurité. Mais aujourd’hui, c’est surtout les conséquences politiques de cet attentat qui sont à prendre en ligne. En effet, il n’est pas inutile de rappeler que la démarche politique initiée par le président de la République n’a pas que des partisans dans le pays. Certains, ils l’ont d’ailleurs dit, y ont vu une concession inutile faite en direction des groupes terroristes vaincus militairement. La démarche matérialisée dans la charte pour la paix et la réconciliation nationale était perçue comme une tentative de remettre sur selle un islamisme défait et en pleine déconfiture. Car même les balises posées dans le projet adopté le 29 septembre 2005 étaient contestées au travers de déclarations faites ici et là. Leurs auteurs, apportant leur propre interprétation des mesures contenues, affirmaient à la ronde que l’interdiction faite aux responsables de la tragédie nationale de revenir à la politique ne concernait pas ceux à qui l’on était en droit de penser. Une affirmation légitimée par l’absence de toute référence à des noms précis de dirigeants du Fis dissous.

Il n’en fallait pas plus pour qu’une certaine confusion naisse autour de l’identité de celui qui avait encore le droit de refaire de la politique et celui qui était déchu de ce droit politique. La réoccupation de la scène médiatique par d’anciens «chefs militaires» de l’AIS et le retour de quelques anciens dirigeants fissistes dans le sillage de la charte pour la paix et la réconciliation nationale n’étaient pas pour rassurer quant la finalité de la démarche politique initiée. Cette absence de visibilité a en définitive suscité une angoisse confuse alimentée par la série de scandales qui a ébranlé la scène médiatico-politique du pays. Les affaires aussi scabreuses les unes que les autres ébruitées dans le but de signifier que l’ère de l’impunité est révolue auront aussi paradoxalement que cela puisse paraître fait naître un autre sentiment chez l’opinion publique peu préparée à cette nouvelle situation, née de la velléité de moraliser la vie publique. Il n’en fallait pas plus pour donner du crédit à ces sources tapies dans l’ombre et qui affirment que ces fuites étaient orchestrées, relevant en réalité de la tentation de manipuler une opinion peu au fait du fonctionnement du sérail et des ajustements qu’il est tenu de faire de temps à autre. Une situation à laquelle toutefois ne peuvent rester insensibles ceux qui ont fait fructifier leur chiffre d’affaires à la faveur d’un terrorisme-paravent. Car que l’on ne s’y trompe pas, le terrorisme post-charte pour la paix et la réconciliation nationale diffère en de nombreux points de celui que le pays a vécu lors des années 1990.

Message

Aujourd’hui, il se veut porteur de messages adressés à qui de droit. C’est, peut-on dire, un terrorisme réfléchi. Que l’on se soit pris à deux structures de la police situées à l’est d’Alger est en soi révélateur de ce qui est visé. Car l’impact final recherché est beaucoup plus qu’une médiatisation. C’est en fait un signal à travers certainement lequel on tente d’influer sur le cours des évènements politiques. L’évolution de la scène depuis le retour de Rabah Kébir n’est sans nul doute pas étrangère à cette recrudescence. L’homme, à son retour d’Allemagne, a les idées bien arrêtées. Porteur d’un projet politique qui apparemment n’est pas pour déplaire à quelques cercles, d’où le tapis rouge défilé en l’honneur de l’exilé. Les assurances qu’il a offertes sur ses intentions expliquent-elles le fait que l’on a porté sur lui le choix d’être le nouveau représentant, (exclusif ?) des islamistes. Il est permis de le penser. Mais cette offre de services émise et à laquelle il est difficile de dire non, dans la mesure où la recherche d’une solution définitive à la crise politique taraude les esprits des décideurs, et que dans ce cas de figure elle pourrait avoir pour nom Kébir, ne fait pas l’unanimité parmi ses pairs et frères d’hier. Car en rapportant tout à Kébir, ce dernier sera de facto la voie par laquelle seront définitivement exclus du champ politique tous les radicaux de la mouvance. Et même ceux qui, à ce jour, ont été les représentants désignés de l’islamisme modéré. Cette reconfiguration de la mouvance islamiste n’est pas la seule en jeu dans le futur immédiat. Et pour cause, ce n’est certainement pas sans raison que le président de l’APN avait relancé à partir de Boumerdès durant ce mois de ramadan, l’idée précédemment avancée de procéder à une élimination de quelques partis politiques incapables de recueillir 5% des suffrages à l’issue d’élections futures. Cette mesure serait l’alternative à leur incapacité à se regrouper comme suggéré par Ahmed Ouyahia à la naissance de l’Alliance présidentielle en pôle politique. Et force d’indiquer que si la barre des 5% venait à entrer en vigueur peu de partis agréés ou en attente d’obtenir leur agrément, à l’exception de celui que veut créer Kébir, atteindrait ce score. Mais quel lien avec ce double attentat à la voiture piégée, peut-on légitimement se demander ? Tout simplement qu’un retour à la case départ mettrait le pays une nouvelle fois entre une parenthèse.

La remise en cause de la charte pour la paix s’imposerait d’elle-même. Et dans l’intervalle on surseoirait à tout projet de réorganisation de la scène politique. Les nageurs en eaux troubles n’auraient alors plus à craindre d’éventuelles vagues…             

Nadia Kerraz.

 

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Des «artificiers» du GIA ont rejoint le GSPC

 Le terrorisme frappant quand il peut, la vigilance ne serait pas de trop pour mettre en échec les desseins macabres de cette organisation terroriste. La méthode des éléments du GSPC est simple et ressemble à celle à laquelle avait eu recours le GIA, durant les années 1990, à savoir voler des véhicules, les bourrer d’explosifs avant de les abandonner, pour exploser, dans des lieux publics à forte concentration, pour faire le maximum de victimes. Les deux véhicules utilisés dans les attentats à l’explosif, dans la nuit de dimanche à lundi auraient, selon des sources sécuritaires, été volés, dans la wilaya de Boumerdès par des terroristes du GSPC. Des soupçons étaient nés chez les services de sécurité habitués à enregistrer des plaintes pour vols, dans des faux barrages, notamment, de voitures et de fourgons que les terroristes du GSPC utilisaient pour leurs déplacements ou pour la vente de leurs pièces de rechange, au marché parallèle, pour financer leurs attentats.

Il fut un temps où une vingtaine de vols de véhicules étaient enregistrés durant les années 1990. Un bon nombre parmi ces véhicules volés avaient été utilisés dans des attentats à l’explosif contre, notamment, des lieux ciblés, parmi eux des sièges de commissariats de police. Les attentats à la voiture piégée avaient disparu de la capitale après l’importante opération réussie par l’ANP qui avait détruit les ateliers du GIA, à Ben Allal, dans la commune de Sidi Moussa où les véhicules piégés étaient bourrés d’explosifs avant de les diriger sur leurs cibles. Ceci durant les années 1990. Aujourd’hui, les terroristes semblent recourir à la même «stratégie». Certaines sources sécuritaires font état du «recrutement», par le GSPC, d’éléments, parmi les quelque 40 terroristes que compte, toujours, le GIA presque complètement anéanti par l’ANP et les services de sécurité. Ces terroristes auraient mis à la disposition de l’organisation terroriste de Mossàab Abdelouadoud des quantités d’explosifs que le GIA détient, toujours, dans des caches éparpillées dans quelques maquis.

Certaines sources parlent du «ralliement» au GSPC de certains «artificiers» du GIA chargés par le Groupe salafiste pour la prédication et le combat de bourrer les véhicules volés en explosifs. Des véhicules volés dans des faux barrages dans la wilaya de Boumerdès ou d’Alger et transitant par les réseaux routiers de l’est de cette wilaya qui offrent l’avantage de rapidité de déplacement.

M. Abi

 

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Les gens renouent avec le quotidien

On constatait des scènes de vie normale, hier, après le double attentat à l’est d’Alger ayant causé trois décès et des dizaines de blessés et certainement beaucoup plus de personnes choquées qui ne sont pas prêtes à oublier cet acte ignoble.

Les gens vaquaient à leurs occupations quotidiennes, rien n’indique à vue d’œil que ces mêmes personnes étaient en proie à une nuit d’angoisse. «Nous avons vécu une décennie, nous ne voulons pas renouer avec la peur et la mort, mais que faire sinon prendre son courage à deux mains et aller travailler ?».

Les stations de bus débordent de monde. Mêmes images et mêmes bruits que d’habitude. Les gens semblent avoir oublié la bombe, et discutent de pleins de sujets, entre autres la pomme de terre qui est revenue au centre des débats dans la plupart des causeries.

Les ruelles connaissent le même rythme de circulation que d’habitude. L’on remarque aussi que ce sont surtout les plus jeunes qui témoignent de l’inquiétude. «Ils étaient trop jeunes durant la décennie noire, on dirait que le destin veut qu’ils voient leur part du terrorisme», pense Hakim, un gérant de taxiphone à Réghaia. Seuls les commerces affectés témoignent, en effet, de l’horreur vécue.

Ce sont seulement quelques commerçants qui ont baissé rideau, leurs locaux étant atteints par la force de l’explosion. La fermeture touche aussi certains taxiphones, dont les fils téléphoniques et électriques ont été endommagés suite à cet attentat.           

Fatima Arab

 

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Bordj Ménaïel

Une bombe désamorcée

La journée ne s’est pas terminée après l’attentat à la bombe qui a explosé aux Issers sur la route nationale 68 reliant cette ville à celle de Chabet El Ameur causant de graves blessures à un citoyen, qu’une autre bombe de fabrication artisanale a été désamorcée avant-hier lundi aux environs de 18h30 dans la localité de Bordj Ménaïel à la sortie est de la ville située à quelque 35 km du chef-lieu de la wilaya de Boumerdès au lieu-dit Bousbaâ, à proximité d’un pont et d’une station de carburant de Naftal, non loin d’un barrage de la Sûreté nationale. Cette technique de désamorçage est l’œuvre des services de la Sûreté nationale, notamment les artificiers qui se sont rendus sur les lieux et effectué de vastes recherches à l’aide de chiens renifleurs. Selon une source sécuritaire, c’est le terroriste capturé par les éléments de la gendarmerie qui a indiqué le lieu de l’emplacement de la bombe dissimulée par les éléments du GSPC de katibet el ansar, qui agit dans la région au niveau du lieu précité. Dans la même journée à Ouled Moussa, une voiture de marque Mitsubishi, en stationnement le long de la grande rue, a attiré l’attention des citoyens et des services de sécurité. Après enquête et recherches, les services de sécurité, accompagnés des artificiers, ont permis de découvrir que le véhicule suspecté a été volé à un citoyen de Tizi Ouzou.            

K. A.

 

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Nouvelle loi sur les hydrocarbures

La vie des réserves sera prolongée

nLe cabinet britannique Oxford Business Group a commenté les nouveaux amendements de la loi sur les hydrocarbures, adoptés cette semaine par l’APN.

OBG indique que «l’Algérie lève actuellement une taxe exceptionnelle sur les bénéfices des compagnies pétrolières et essaie de profiter davantage du récent boom énergétique». L’étude met en relief «l’amendement de l’article 58 qui interdit tout recours à un arbitrage international en cas de conflit entre Sonatrach et ses partenaires étrangers». La nouvelle loi exige qu’ils soient réglés par un tribunal algérien.

L’article 32 qui permet systématiquement à Sonatrach de participer à la recherche, à l’exploitation et à la réalisation des contrats accordés aux sociétés étrangères, et cela à hauteur minimum de 51%, a été un des amendements «les plus discutés». Sonatrach possèdera également 51% de chaque joint venture de centres de raffinage pétrolier (article 77). Sonatrach conservera aussi une majorité des parts (51%) des activités en matière de canalisations (article 68).  Les autres modifications majeures, de l’avis des rédacteurs de ladite étude, (en dehors des 19 nouveaux amendements) de la loi sur les hydrocarbures de juillet 2005 sont les articles 5, 32 et 48 relatifs à la recherche d’hydrocarbures, à l’exploration et à l’exploitation de même que les articles 68, 69 et 70 concernant le transport des hydrocarbures par le biais de pipelines. Ces mesures permettront à Sonatrach de participer de manière accrue dans les contrats d’exploration, de recherche et de raffinage. OBG pense que «cela consolidera la position de cette entreprise publique, l’une des plus grandes compagnies pétrolière et gazière d’Afrique, en tant qu’acteur majeur de ce secteur énergétique national». Et de rappeler que Sonatrach domine déjà l’économie algérienne, avec 30% du PNB et 97% des exportations, des données qui vont augmenter avec ces nouvelles mesures.

La taxe sur les profits exceptionnels mentionnée dans l’article 101 est «un dossier-clé», selon l’étude. Elle sera employée lors de profits exceptionnels réalisés sur des contrats entre Sonatrach et des partenaires étrangers. Cette taxe sera appliquée chaque fois que le Brent dépassera les 30$ le baril. Cette taxe variera de 5 à 50% en fonction des quantités de pétrole produit par les partenaires étrangers. Cela signifie que les contrats de production partagée (dont les contrats signés dans le cadre de la loi 86-14 de 1986 lors de la dernière réglementation du secteur, il y a 20 ans) entre Sonatrach et les sociétés étrangères seront soumis à cette nouvelle taxe exceptionnelle sur les profits exceptionnels liés au niveau de production. Cette nouvelle taxe est rétroactive à compter du 1er août 2006. Le prix moyen du Brent en 2006 entre le 1er juillet et le 30 septembre était de $69.60, est-il précisé à titre de repère. L’Algérie a gagné plus de 40 milliards de dollars grâce aux exportations de gaz et de pétrole durant les neuf premiers mois de l’année 2006 et possède, d’après le ministère des Finances, des réserves exceptionnelles de 70 milliards de dollars. Les nouveaux amendements vont permettre un «élargissement et un renforcement du contrôle de l’Etat sur les réserves d’hydrocarbures, leur utilisation nationale et leur préservation pour les générations futures», avait-il déclaré. Le gouvernement espère que ces changements législatifs prolongeront la durée de vie des réserves gazières et pétrolières, alors que la très grande partie du pays n’a pas encore été explorée. Car, comme le confirme OBG, la loi permet également de ralentir les explorations même si la vitesse de production ne sera pas affectée. Le gouvernement veut accroître le rendement de la production de 1,5 million de barils par jour (bdp) à 2 millions et faire passer les exportations de gaz de 62 milliards de mètres cubes à 85 mètres cubes d’ici à 2010.

Redouane A.

 

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Abdelhamid Mehri au salon international du livre

«La plate-forme de Novembre est d’actualité»

«Nous n’avons pas construit un Etat démocratique, nous sommes encore en phase d’expérimentation, les divergences sur cette question sont tout à fait normales, puisque le plus important est de pouvoir s’accepter, comme nous l’avons fait durant la Révolution algérienne et de se comprendre», a affirmé Abdelhamid Mehri, lors de la rencontre-débat qu’il a animée, hier, au café littéraire du SILA (SAFEX Alger) et dont le thème était la Révolution algérienne. Il ajoute dans ce sens que l’instauration d’un Etat démocratique est un projet qui concerne tous les Algériens et pour cela tous les citoyens doivent être impliqués et y prendre part. «Je ne suis pas de ceux qui croient qu’il faut mettre le projet du FLN au musée». Pour étayer ses propos, l’invité du Salon explique que la plate-forme du

1er Novembre 1954 avait trois principaux objectifs : libérer l’Algérie du colonialisme, construire un Etat démocratique suivant les valeurs de la religion musulmane et concrétiser l’union du Maghreb arabe. «Le premier but a été accompli puisque l’Algérie est indépendante. Cependant, les deux autres objectifs n’ont pas été atteints à ce jour, même si les programmes politiques sont dissemblables, les grands principes dirigeant l’Etat doivent être conjoints et unir les différentes parties». Selon le conférencier, pour retrouver la voie, il faut revenir aux principes de la plate-forme de Novembre 1954. «Nous avons tenté d’occulter le mauvais côté de notre histoire mais tout a été enterré, les bons et les mauvais points. Aujourd’hui, nous avons besoin de prendre notre histoire telle qu’elle est, il n’y a rien à cacher, pour l’étudier et la comprendre car la libération de notre pays n’a pas été chose facile et l’expérience de la Révolution algérienne est grande. Nous devons nous en servir». Dans ce sens, Mehri explique que l’écriture et l’enseignement de l’histoire sont incomplets, «les historiens n’ont pas eu assez de liberté pour tout aborder et les véritables historiens doivent écrire».

Irane Belkhedim

 

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1er Novembre 1954-1er Novembre 2006

Hommage aux familles de nos valeureux chouhada

Pendant toute la durée de ma participation au combat libérateur contre l’armée française dans les maquis, j’avais toujours sur moi un petit carnet de route, je notais de noms, des dates, des lieux, tout ces événements qui m’ont marqué a tout jamais, j’y écrivais, je relatais nos embuscades et accrochages contre l’ennemi durant la révolution armée du

1er Novembre 1954.

Aujourd’hui je peux écrire les lettres que je voulais adresser aux familles de nos moudjahidine, aux parents de mes compagnons morts au champ d’honneur en héros à mes côtés, en faisant le sacrifice suprême avec la conviction de n’accomplir que leur devoir de patriotes, de combattants de la liberté en se voulant anonymes.

Je voudrais que leurs noms ne disparaissent pas des mémoires de ceux qui les ont connus. Que nos valeureux martyrs, que leur mémoire soit honorée, que leurs familles, leur peuple, sachent combien, ils ont été superbes.

Maintenant, je veux écrire les lettres que je n’ai pas transmises dans les moments difficiles. Ces lettres à nos jeunes enfants de notre valeureux peuple, pour qu’ils n’oublient jamais nos vaillants chouhada, morts au combats, face à l’armée française qui n’a pas hésité à pratiquer la politique de la terre brûlée, elle détruisait tout sur son passage brûlait maisons et forêts, se vengeait sur notre courageux peuple sans armes, qui a consenti tous les sacrifices. Par son engagement, il était plus qu’un soutien logistique pour les moudjahidine, je n’oublierai jamais, cela doit rester gravé dans la mémoire collective, l’accueil chaleureux réconfortant et revigorant que nous réservaient les populations civiles en nous nourrissant et nous logeant après nos batailles, nos longues marches harassantes de plus de dix (10) heures, bien des fois.

En effet, combien sont-ils de nos enfants de vingt ans, universitaires, les forces vive de l’Algérie de demain à connaître le chahid Si Zoubir de Soumaâ, de son vrai nom Souleimen Tayeb, mort héroïquement au champ d’honneur le 22 février 1957 dans le Douar Sbaghnia, dans la wilaya de Blida, pour protéger la vie d’environ quatre cent (400) étudiants et lycéens qui ont été tués dans cette bataille. Allah Yerham Echouhada.

Le chahid Si Moussa chef du commando Si Zoubir, commandant de la compagnie El Hamdania, région III et chef du commando de la zone II wilaya IV, est tombé au champ d’honneur dans un grand combat; la place de la ville de Chréa, dans la wilaya de Blida porte son nom.

Si Moussa Kellouaz était soldat dans l’armée française durant la guerre d’Indochine, aisi que Si Ahmed Kelassi, Chamani Abdelkader de Aïn Defla, Si Maâmar Maâmar de Oued Djer et Brakni Brahim de Blida ont effectué le service national dans l’armée française. Avec leur expérience militaire, il étaient l’ossature du commando «Si Zoubir» qui a réussi à sortir victorieux de plusieurs batailles de l’ALN contre l’armée française.

Le commandant Si Baghdadi, de son vrai nom Allili Ahmed, de Boufarik, est le premier à avoir introduit les armes de l’extérieur (de Tunis). A son arrivée, au mois de mai 1958, il procéda à une répartition des armes dans les trois zones de la wilaya IV, la zone I, Lakhdaria (Ex: Palestro), la zone II Blida, la zone III Ouarsenis- Zaccar (Chlef). En juillet 1958, Si Baghdadi est appelé à se rendre de nouveau au Maroc, il eut, cette fois, moins de chance dans le Sahara entre El Bayadh et Mecheria, à une étape de la frontière algéro-marocaine, au sud ouest d’El Aricha, il est surpris avec quelques maquisards, en plein chott el gherbi, un espace plat à perte de vue et désespérément désertique; il n’eut d’autres ressources que de livrer bataille aux soldats français avec l’espoir de ne pas être pris vivant.

Il lance l’assaut sur l’ennemi qui mit fin à une glorieuse vie, dont les pages sont à écrire en lettres d’or.

Mon compagnon, Brakni Braham, la perle de l’équipe de football de l’USM Blida, est mort au champ d’honneur en donnant l’assaut pour récupérer un fusil mitrailleur lors d’un important accrochage dans le douar Brakna, près de Cherchell. Brakni voulait ce fusil, coûte que coûte, parce que quelques jours auparavant, en quittant notre commando pour une mission de grande importance, il y avait laissé sa mitraillette MAT 49. C’était la coutume et le règlement de l’ALN. Armé d’un pistolet, Brakni était déterminé à récupérer un fusil mitrailleur dans cette bataille. Cet assaut lui a été fatal, Allah yarhem echouhada. Du côté de l’ennemi les pertes ont été très importantes. Noufi Abdelhak de Cherchell est mort lors de l’embuscade de Lala Ouda, à Damous,  daïra de Cherchell, le 28 février 1957, avec le bataillon du commando de la wilaya IV, sous le commandement de Si Yahia. Cette embuscade, menée par les moudjahiine, était un véritable succès. Plusieurs dizaines de véhicules ont été détruits, un important arsenal d’armes automatiques a été récupéré, un avion abattu et des dizaines de soldats français tués, Si Abdelhak est mort en ce jour du 28 février 1957 en essayant de démonter sur un half-track une mitrailleuse 12/7.

L’ennemi a récupéré son corps, il a été exposé sur la place de la ville de Cherchell, les paras ont ramené sa mère en lui disant : «Voilà ton fils de fellaga !» Elle a répondu : «Ce n’est pas mon fils, c’est le fils de l’Algérie !».

Le commandant Si Yahia, de son vrai nom Aït Maâmar, chef de bataillon de la wilaya IV, est mort le 15 avril 1957 dans la bataille de Sidi Madani à Tamesguida entre Blida et Médéa. Si Yahia et sa section ont mené une lutte acharnée contre des milliers de soldats, toute une journée.

Les moudjahidine, se relayant sur la seule mitrailleuse 24/29, qu’ils avaient avant de mourir, chacun disait à l’autre : «Ô mon frère, fais ton possible, ne laisse pas les soldats français nous prendre la pièces mitrailleuse 24/29». La bataille faisait rage, des centaines et des centaines de soldats français sont morts malgré l’appui de l’aviation. Si Yahia a tenu tête aux forces françaises, la 8e armée de Maison Carrée (El Harrach) qui a été dépêchée sur les lieux du combat. Si Yahia disait à ses moudjahidine : «Tenez bon ! courage ! Tirez ! Tirez ! Allah akbar».

Tard le soir, l’assaut a été lancé contre la section de Si Yahia. Seulement 4 moudjahidine ont pu s’en sortir et ils ont sauvé la mitrailleuse 24/29 qui tenait beaucoup à cœur tous les maquisards. Plus de 30 moudjahidine sont morts héroïquement avec le commandant Si Yahia. Allah yarham echouhada.

Aujourd’hui, combien sont-ils de nos adolescents à connaître le nom du chahid Bouras Mohamed d’El Affroun, mort à l’âge de 17 ans dans la bataille de Tamesguida le 22 mars 1957, où notre commando «Si Zoubir» a anéanti les paras du colonel Bigeard, des éléments d’élite d’Indochine expérimenté en guérilla. Ce commando était dirigé par le lieutenant Guillaume, le fils du général Guillaume résidant au Maroc pendant le Protectorat, était formé de soldats français volontaires, pour passer la nuit au maquis à qui on avait promis des promotions de grade ; sa mission était de faire une opération servant à démontrer à une délégation de sénateurs américains et français que la région de Blida était pacifiée et que seuls quelques rebelles communistes (fellagas) subsistaient. Nous avons abattu le lieutenant Guillaume et ses 58 volontaires paras avec leurs armes, nous avons fait un prisonnier sergent-chef, le lendemain la ville des Roses Blida était en deuil, ses paras ne sont pas revenus. Aujourd’hui qui de nos enfants connassent le nom du chahid Benmira Tayeb de Theniet El Had dit «El istiklal», nous lui avons donné le nom de l’Istiklal parce qu’un jour, on leur donnant des cours, il nous dit : «Je ne connais ni l’indépendance ni l’istiklal, je suis venu pour combattre et je serais chahid.» Il tombera au champ d’honneur le 26 avril 1957, un vendredi le 27e jour du mois de Ramadan correspondant à «leilet el kadr», dans la bataille de Sidi Mohand Aklouche dans la région de Cherchell. Lui qui, la veille, disait qu’il allait être chahid dans la bataille du lendemain et nous devancer au Paradis, «Djenet el Ferdous», notre frère «El Istiklal» a été touché par une roquette au ventre grièvement blessé. Il était heureux de mourir  pour l’Algérie, ses derniers mots ont été : «Prenez mon arme, transmettez mon salut à mes compagnons et si un jour vous êtes de passage au douar Mira à Theniet el Had, transmettez mes salutations à ma famille, embrassez ma fille et maintenant laissez moi mourir, partez vite ! Partez vite !» El istiklal, nous demandait de partir car il savait que les troupes françaises étaient à côté et que nous devions continuer la bataille.

Au cours de ce combat, nous avons perdu notre compagnon El Istiklal et deux moudjahidine blessés ; l’ennemi a subi de lourdes pertes qui s’élevaient à plus de soixante quatre morts et des centaines de blessés; nous avons abattu deux avions de chasse T6 Morane.

Les chouhada Cherfaoui Ahmed de Cherchell et Ahmed Abbas de Mouzaïa, morts dans la bataille de Sidi Semiane, le 20 mai 1957. Pendant toute la durée de l’accrochage, alors que l’ennemi savait qu’on était dans la forêt a mis le feu pour nous brûler;

les youyous de joie et d’encouragement de notre peuple nous parvenaient des douars environnants, nous nous en sommes sortis miraculeusement en infligeant de lourdes pertes à l’ennemi. A la fin de cette bataille, l’armée française avait tout brûlé, la population a couru vers nous avec des bols de lait et de la nourriture en se fichant pas mal de leurs maisons qui brûlaient, c’est un vaillant peuple.

Takarli Slimane et Si Mahfoud de Khemis el Kechna, tombés au champ d’honneur le 4 mai 1957 dans l’accrochage de Zaccar contre le 29 BTA (bataillon de tirailleurs algériens).

Ils sont morts alors qu’on s’apprêtait à prendre position, quand soudain éclataient des coups de feu, l’ennemi tirait sur notre premier groupe, les voltigeurs français nous avaient devancés sur la crête. Takarli Slimane et Si Mahfoud ont été tués par la même rafale de mitrailleuse. Ce jour-là, nous étions trente cinq moudjahidine contre un bataillon de soldats français, nous en avions tué un grand nombre et fait prisonnier un pied-noir d’Oran.

A l’occasion de l’anniversaire du Congrès de la Soummam, le 20 août 1957, la katiba El Hamdania a été désignée pour harceler les villes de Cherchell, Novi, Damous, Gouraya, Hadjret Enous, Menaceur, Sidi Amar, Larhat et ce, sur un rayon de 80 km.

A 19h 40 notre groupe est arrivé à l’endroit d’où on devait attaquer la caserne d’officiers français de Cherchell, nous étions l’un à côté de l’autre, tous armés de fusils Garand et de Mas 56, le doigt sur la gâchette, nous savions que les autres groupes de Moudjahidine de notre katiba El Hamdania étaient dans la même position que nous, prêts à exécuter les objectifs indiqués de l’ennemi, à 20 h précises, nous avions commencé à tirer tous ensemble à la même seconde, c’était la panique dans la caserne de l’école des officiers de Cherchell. On entendait les cris de douleur des soldats français surpris par notre attaque, les sirènes huralaient, c’était le branle-bas.

Beaucoup de nos enfants et de notre peuple ne savent pas que l’ancien militant Si Belkbir Belahcen dit Koza de Khemis Miliana est mort héroïquement avec d’autres maquisards chouhada mitraillette à la main contre les soldats français à quelques mètres de l’infirmerie de l’ALN dans les monts de Zaccar près de Mesquere et du douar au mois d’avril 1957.

Gloire à nos Martyrs ! Les deux fidayine du Sahel, Si Billa Mouza M’hamed de Koléa et Zouaghi Zoubir de l’USM Blida sont morts à Mahelma, Zéralda, les armes à la main contre l’ennemi français.

Je rends hommage à mes compagnons de l’Armée de libération nationale qui sont morts après l’indépendant de l’Algérie. Le colonel Azzi Ali, le commandant docteur Si Saïd Hermouche Arezki, le professeur Rahmouni El Djillali dit «Si Djelloul», le commandant Si Youcef Boulahrouf, Si Boudiaf Abdelhamid de M’Sila, Si Hamdane Semiane de Cherchell et tant d’autres compagnons. Ainsi, je participe d’une façon ou d’une autre à travers mon témoignage sur les récits de lutte de notre peuple pendant la révolution du

1er-Novembre 1954, à l’écriture de l’Histoire et à retrouver les sentiments qui ont animé le peuple algérien, à savoir l’amour de la patrie, l’abnégation et le sens du sacrifice.

Aujourd’hui plus que jamais, je reste convaincu que l’enseignement objectif de l’Histoire de notre pays et du combat libérateur de notre peuple contribuera à maintenir vivace la mémoire de nos martyrs qui ont donné leur vie pour que vive l’Algérie libre, indépendante, fraternelle et unie.

Quant à moi, témoin vivant de la révolution du 1er-Novembre 1954, je n’ai fait que mon devoir et je rends hommage aux familles de nos chouhada et au peuple algérien.

Ould Hocine Mohamed Chérif

Ancien officier de l’ALN

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