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Le journal Echourouk El Youmi condamné
Kadhafi obtient
gain de cause l2 mois de suspension et des peines de prison
A l’ouverture du
procès, les avocats des prévenus ont tenu à faire part d’un certain
nombre de vices de forme et de procédure.
A l’issue du
procès qui leur a été intenté pour diffamation, par le chef de
l’Etat de Libye, le colonel Kadhafi, la journaliste et le directeur
du journal Echourouk El Youmi ont été condamnés, chacun, à six mois
de prison ferme et à 20 000 DA d’amende. Outre la cessation de
paraître pendant une durée de deux mois, la publication a été
condamnée à verser, à titre de dommages et intérêts, la somme de 500
000 DA. Le guide de la révolution libyenne a tenu à préciser, par la
voix de ses avocats, qu’il est décidé à en faire don à des
institutions caritatives. En prononçant une sentence aussi
rigoureuse, pour laquelle les avocats de la défense ont décidé de
faire appel, le président du tribunal a voulu abonder dans le sens
du procureur général qui avait, auparavant, requis le maximum de la
peine pénale, le maximum pour ce qui est du versement de dommages et
intérêts et la fermeture, durant trois mois, du journal.
Melle Benrahal
Khalida Houria et M. Fodhil Ali avaient été convoqués en citation
directe auprès du tribunal d’Hussein Dey au motif que le quotidien
avaient publié, à quelques jours d’intervalle, des articles jugés
diffamatoires par le Président de la Jamahiria libyenne.
Dans ces deux
reportages parus les 3 et 12 août 2006, la journaliste avait, à
l’aide de témoignages, tenté de démontrer que le colonel Kadhafi
avait engagé des actions visant à porter atteinte aux intérêts de
l’Algérie. Elle a, à ce propos, rappelé que lors de la célébration
du dernier Mawlid Ennabaoui, le Président libyen avait présidé un
large rassemblement de personnalités des pays du Sahel dans la
mythique ville de Tombouctou pour faire part de son projet de créer
une sorte de méga-Etat saharien dans lequel viendraient se fondre
plusieurs pays de la région. Pour les amener à adhérer à son idée de
Grand Sahara, le journal avait indiqué que Kadhafi avait même tenté
de soudoyer des tribus touarègues algériennes. Selon l’auteur des
écrits, beaucoup de membres de ces dernières ont fait part de leur
désir de témoigner sur ce qu’elles ont entendu. Ses écrits n’ont,
apparemment, pas été du goût du guide de la révolution libyenne qui
a, alors, décidé de porter l’affaire devant les instances
judiciaires algériennes. A l’ouverture du procès, les avocats des
prévenus ont tenu à faire part d’un certain nombre de vices de forme
et de procédure. Ils ont, ainsi, relevé l’absence du plaignant ou de
l’un de ses représentants. Ils ont déclaré, aussi, ne pas comprendre
pourquoi la partie libyenne n’avait pas choisi de se plaindre
directement aux autorités algériennes afin qu’elles poursuivent les
personnes incriminées. On a parlé de la liberté d’écrire et
d’informer. On a épilogué autour de la question de savoir si les
journalistes pouvaient ou non faire des commentaires pour rapporter
certaines situations particulières. Les avocats de la partie civile
ont, de leur côté, cité certains articles du Code de l’information
faisant référence à la nécessité de respecter l’honneur d’autrui,
ajoutant, fait plus grave, selon eux, que dans le cas présent on
avait attenté à la dignité du président d’une nation avec laquelle
l’Algérie entretient, par ailleurs, des relations d’amitié et de bon
voisinage séculiers. En permanence sur ses gardes, le président du
tribunal ne cessait d’appeler les avocats des prévenus à ne pas
l’amener sur le terrain politique.
Ahmed
Mahieddine et Nouria B.
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Loi de finances
Impôts : ce qui
va changer en 2007
nLes principales
dispositions fiscales et douanières contenues dans le projet de loi
de finances 2007 adopté lundi par l’APN consacrent une baisse des
impôts ainsi que plusieurs aménagements dans les taxes.
Ainsi, les
entreprises qui créent et maintiennent des emplois bénéficient d’une
réduction sur l’IRG et l’IBS sur une période de 3 ans à partir du
1er janvier 2007.
Cette réduction est fixée à 50% du montant des salaires versés au
titre des emplois créés, et à 5% du bénéfice imposable sans que
cette réduction ne dépasse 1 million de dinars. Les avantages
consentis aux investissements réalisés dans le cadre du dispositif
de soutien à la création d’activités par les chômeurs âgés de 35 à
50 ans seront étendus aux investissements agréés, au plus tard, le
31 décembre 2009. La date butoir initiale avait été fixée pour ce
type d’investissements au 31 décembre 2006. Les organismes
employeurs, à l’exclusion des institutions et des administrations
publiques, sont tenus de consacrer un montant égal au moins à 1% de
la masse salariale annuelle aux actions de formation professionnelle
continue. A défaut, ils sont assujettis au versement d’une taxe
d’apprentissage dont le produit sera versé dans un compte
d’affectation spécial. Il est établi un impôt forfaitaire unique (en
remplacement de l’IRG, de la TVA et de la TAP) pour les activités
dont le chiffre d’affaires annuel ne dépasse pas 3 millions de
dinars.
Dix catégories
d’activités commerciales sont exclues de ce régime (ventes en gros,
concessionnaires, grandes surfaces, vente de médicaments,
stations-services, chantiers de construction...). L’importation à
l’état usage de pièces détachées, parties et accessoires de
véhicules et d’engins est quant à elle désormais interdite. Les
pièces détachées confisquées doivent être détruites alors que le
véhicule est confisqué au profit de l’Etat et des collectivités
locales. L’exportation de déchets de métaux ferreux et non ferreux,
des peaux et cuirs sera soumise à un cahier des charges.
Les prêts octroyés
par les banques aux entreprises du secteur de l’énergie ouvrent
droit à une bonification du taux d’intérêt pour les projets relatifs
à la production d’électricité, au transport et à la distribution
publique d’électricité et de gaz.
Le Trésor public
est autorisé à prendre en charge les besoins en soutien de
l’exploitation des entreprises publiques déstructurées et des
établissements publics. Une redevance des droits d’auteurs est
instituée au titre de l’exploitation des œuvres de l’esprit pour
être versée au profit de l’Office national des droits d’auteurs (ONDA).
Elle est fixée à 10%, calculée sur le montant des recettes
recouvrées par les opérateurs de téléphonie mobile et fixe
(sonneries puisées du répertoire musical, spots publicitaires
accompagnés de musique...) Les ouvrages d’or, d’argent et de platine
supportent un droit de garantie fixé par hectogramme à 8 000 DA pour
les ouvrages en or (au lieu de 16 000 DA actuellement), à 20 000 DA
pour les ouvrages en platine (au lieu de 40 000 DA) et à 300 DA pour
les ouvrages en argent (au lieu de 500 DA).
Pour encourager
l’économie d’énergie et la protection de l’environnement dans
l’usage des carburants, la TVA est ramenée de 17% à 7% pour la vente
des accessoires indispensables à la conversion des véhicules de la
carburation classique à celle en GPL et GNC (Gaz naturel-carburant),
tandis que la taxe sur les essences avec plomb (normale et super)
est ramenée de 1 DA à 0,10 DA/litre alors qu’une taxe est instituée
pour le gasoil à 0,30 DA/litre, sans incidence sur les prix à la
pompe. En matière de fiscalité douanière, et dans le cadre de la
lutte contre le commerce informel, les commissionnaires en douane
qui accomplissent les formalités de douane pour le compte de
l’importateur ou de l’exportateur, doivent obligatoirement être
munis de mandats établis et dûment signés par ces derniers.
Il est accordé à
l’administration des douanes plus de marge d’action dans le
traitement des cas où elle a des raisons de douter de la véracité ou
de l’exactitude des renseignements ou des documents fournis par
l’importateur à l’appui de la valeur qu’il aura déclarée. Enfin,
pour encourager la production dans cette filière, la TVA est ramenée
de 17% à 7% pour l’huile d’olive.
Redouane A.
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La LADDH dénonce
«La mort des
harraga est un homicide»
Dans un communiqué
signé par son bureau d’Oran, la Ligue algérienne des droits de
l’homme (LADH) considère que l’embarquement qui a eu lieu la veille
du 24 octobre 2006 de jeunes gens au nombre de quatorze sur une
chaloupe d’environ cinq mètres de long d’une part, et d’autre part,
sans gilets de sauvetage, sauf pour le pilote de la chaloupe, est
«un homicide, ni plus ni moins». «La quête de l’argent est le seul
motif de ce crime organisé par un réseau mafieux national, étant
donné que les victimes sont originaires de plusieurs villes
d’Algérie, sauf Oran», est-il estimé. La LADH ajoute que le littoral
ouest de la wilaya d’Oran, particulièrement la grande baie des
Andalouses n’a pas été choisi fortuitement par les barons de
l’immigration clandestine pour servir de point de déportation des
centaines de jeunes gens vers l’incertain. «La raison est évidente ;
géographiquement, il s’agit de l’endroit de la côte algérienne le
plus rapproché de l’Espagne». C’est pour cela que le littoral ouest
d’Oran est une plaque tournante pour cette activité meurtrière, qui
ne cesse de prendre de l’ampleur, compte tenu d’une demande juvénile
de plus en plus persistante. La LADH interpelle les pouvoirs publics
pour mettre fin à cette situation, incontrôlable, si bien sûr, les
moyens, les textes et la volonté d’y parvenir sont mis en place. «Si
un littoral de 30 km à peine ne peut pas être surveillé, c’est grave
pour la sécurité du pays», ajoute-t-on. Les pouvoirs publics de la
wilaya sont interpellés sur «leur obligation et devoir à
sensibiliser l’opinion publique par tous les moyens et sans aucune
honte, particulièrement le jeune public, sur cette calamité qui
endeuille des familles algériennes et engraisse à coups de milliards
certains réseaux».
Amine B.
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Après le double attentat à la voiture piégée
Quelles
retombées politiques ?
On ne peut pas
faire l’économie, au lendemain de cet acte terroriste, d’une lecture
politique.
Le double attentat
à la voiture piégée, perpétré dans la nuit de dimanche à lundi, bien
qu’il n’a pas réussi à replonger le pays dans les années 1990 où la
psychose des attentats à la bombe était d’une telle ampleur qu’elle
avait annihilé toute vie normale, risque de poser toutefois un
problème d’ordre politique. Car on ne peut pas faire l’économie, au
lendemain de cet acte terroriste, d’une lecture politique. D’autant
que cet attentat à la voiture piégé démontre que les capacités de
nuisance d’éléments, qualifiés certes d’irréductibles, sont
intactes. Il vient confirmer ce que dans un récent passé, le
ministre de l’Intérieur avait souligné. A savoir que si la lutte
antiterroriste avait permis de neutraliser la majorité des
terroristes, il n’en reste pas moins, avait néanmoins reconnu
Zerhouni, que le maintien en activité de quelques éléments était
suffisant pour entretenir un climat d’insécurité. Mais aujourd’hui,
c’est surtout les conséquences politiques de cet attentat qui sont à
prendre en ligne. En effet, il n’est pas inutile de rappeler que la
démarche politique initiée par le président de la République n’a pas
que des partisans dans le pays. Certains, ils l’ont d’ailleurs dit,
y ont vu une concession inutile faite en direction des groupes
terroristes vaincus militairement. La démarche matérialisée dans la
charte pour la paix et la réconciliation nationale était perçue
comme une tentative de remettre sur selle un islamisme défait et en
pleine déconfiture. Car même les balises posées dans le projet
adopté le 29 septembre 2005 étaient contestées au travers de
déclarations faites ici et là. Leurs auteurs, apportant leur propre
interprétation des mesures contenues, affirmaient à la ronde que
l’interdiction faite aux responsables de la tragédie nationale de
revenir à la politique ne concernait pas ceux à qui l’on était en
droit de penser. Une affirmation légitimée par l’absence de toute
référence à des noms précis de dirigeants du Fis dissous.
Il n’en fallait
pas plus pour qu’une certaine confusion naisse autour de l’identité
de celui qui avait encore le droit de refaire de la politique et
celui qui était déchu de ce droit politique. La réoccupation de la
scène médiatique par d’anciens «chefs militaires» de l’AIS et le
retour de quelques anciens dirigeants fissistes dans le sillage de
la charte pour la paix et la réconciliation nationale n’étaient pas
pour rassurer quant la finalité de la démarche politique initiée.
Cette absence de visibilité a en définitive suscité une angoisse
confuse alimentée par la série de scandales qui a ébranlé la scène
médiatico-politique du pays. Les affaires aussi scabreuses les unes
que les autres ébruitées dans le but de signifier que l’ère de
l’impunité est révolue auront aussi paradoxalement que cela puisse
paraître fait naître un autre sentiment chez l’opinion publique peu
préparée à cette nouvelle situation, née de la velléité de moraliser
la vie publique. Il n’en fallait pas plus pour donner du crédit à
ces sources tapies dans l’ombre et qui affirment que ces fuites
étaient orchestrées, relevant en réalité de la tentation de
manipuler une opinion peu au fait du fonctionnement du sérail et des
ajustements qu’il est tenu de faire de temps à autre. Une situation
à laquelle toutefois ne peuvent rester insensibles ceux qui ont fait
fructifier leur chiffre d’affaires à la faveur d’un
terrorisme-paravent. Car que l’on ne s’y trompe pas, le terrorisme
post-charte pour la paix et la réconciliation nationale diffère en
de nombreux points de celui que le pays a vécu lors des années 1990.
Message
Aujourd’hui, il se
veut porteur de messages adressés à qui de droit. C’est, peut-on
dire, un terrorisme réfléchi. Que l’on se soit pris à deux
structures de la police situées à l’est d’Alger est en soi
révélateur de ce qui est visé. Car l’impact final recherché est
beaucoup plus qu’une médiatisation. C’est en fait un signal à
travers certainement lequel on tente d’influer sur le cours des
évènements politiques. L’évolution de la scène depuis le retour de
Rabah Kébir n’est sans nul doute pas étrangère à cette
recrudescence. L’homme, à son retour d’Allemagne, a les idées bien
arrêtées. Porteur d’un projet politique qui apparemment n’est pas
pour déplaire à quelques cercles, d’où le tapis rouge défilé en
l’honneur de l’exilé. Les assurances qu’il a offertes sur ses
intentions expliquent-elles le fait que l’on a porté sur lui le
choix d’être le nouveau représentant, (exclusif ?) des islamistes.
Il est permis de le penser. Mais cette offre de services émise et à
laquelle il est difficile de dire non, dans la mesure où la
recherche d’une solution définitive à la crise politique taraude les
esprits des décideurs, et que dans ce cas de figure elle pourrait
avoir pour nom Kébir, ne fait pas l’unanimité parmi ses pairs et
frères d’hier. Car en rapportant tout à Kébir, ce dernier sera de
facto la voie par laquelle seront définitivement exclus du champ
politique tous les radicaux de la mouvance. Et même ceux qui, à ce
jour, ont été les représentants désignés de l’islamisme modéré.
Cette reconfiguration de la mouvance islamiste n’est pas la seule en
jeu dans le futur immédiat. Et pour cause, ce n’est certainement pas
sans raison que le président de l’APN avait relancé à partir de
Boumerdès durant ce mois de ramadan, l’idée précédemment avancée de
procéder à une élimination de quelques partis politiques incapables
de recueillir 5% des suffrages à l’issue d’élections futures. Cette
mesure serait l’alternative à leur incapacité à se regrouper comme
suggéré par Ahmed Ouyahia à la naissance de l’Alliance
présidentielle en pôle politique. Et force d’indiquer que si la
barre des 5% venait à entrer en vigueur peu de partis agréés ou en
attente d’obtenir leur agrément, à l’exception de celui que veut
créer Kébir, atteindrait ce score. Mais quel lien avec ce double
attentat à la voiture piégée, peut-on légitimement se demander ?
Tout simplement qu’un retour à la case départ mettrait le pays une
nouvelle fois entre une parenthèse.
La remise en cause
de la charte pour la paix s’imposerait d’elle-même. Et dans
l’intervalle on surseoirait à tout projet de réorganisation de la
scène politique. Les nageurs en eaux troubles n’auraient alors plus
à craindre d’éventuelles vagues…
Nadia Kerraz.
Haut
Des «artificiers» du GIA ont rejoint le GSPC
Le terrorisme
frappant quand il peut, la vigilance ne serait pas de trop pour
mettre en échec les desseins macabres de cette organisation
terroriste. La méthode des éléments du GSPC est simple et ressemble
à celle à laquelle avait eu recours le GIA, durant les années 1990,
à savoir voler des véhicules, les bourrer d’explosifs avant de les
abandonner, pour exploser, dans des lieux publics à forte
concentration, pour faire le maximum de victimes. Les deux véhicules
utilisés dans les attentats à l’explosif, dans la nuit de dimanche à
lundi auraient, selon des sources sécuritaires, été volés, dans la
wilaya de Boumerdès par des terroristes du GSPC. Des soupçons
étaient nés chez les services de sécurité habitués à enregistrer des
plaintes pour vols, dans des faux barrages, notamment, de voitures
et de fourgons que les terroristes du GSPC utilisaient pour leurs
déplacements ou pour la vente de leurs pièces de rechange, au marché
parallèle, pour financer leurs attentats.
Il fut un temps où
une vingtaine de vols de véhicules étaient enregistrés durant les
années 1990. Un bon nombre parmi ces véhicules volés avaient été
utilisés dans des attentats à l’explosif contre, notamment, des
lieux ciblés, parmi eux des sièges de commissariats de police. Les
attentats à la voiture piégée avaient disparu de la capitale après
l’importante opération réussie par l’ANP qui avait détruit les
ateliers du GIA, à Ben Allal, dans la commune de Sidi Moussa où les
véhicules piégés étaient bourrés d’explosifs avant de les diriger
sur leurs cibles. Ceci durant les années 1990. Aujourd’hui, les
terroristes semblent recourir à la même «stratégie». Certaines
sources sécuritaires font état du «recrutement», par le GSPC,
d’éléments, parmi les quelque 40 terroristes que compte, toujours,
le GIA presque complètement anéanti par l’ANP et les services de
sécurité. Ces terroristes auraient mis à la disposition de
l’organisation terroriste de Mossàab Abdelouadoud des quantités
d’explosifs que le GIA détient, toujours, dans des caches
éparpillées dans quelques maquis.
Certaines sources
parlent du «ralliement» au GSPC de certains «artificiers» du GIA
chargés par le Groupe salafiste pour la prédication et le combat de
bourrer les véhicules volés en explosifs. Des véhicules volés dans
des faux barrages dans la wilaya de Boumerdès ou d’Alger et
transitant par les réseaux routiers de l’est de cette wilaya qui
offrent l’avantage de rapidité de déplacement.
M. Abi
Haut
Les gens renouent avec le quotidien
On constatait des
scènes de vie normale, hier, après le double attentat à l’est
d’Alger ayant causé trois décès et des dizaines de blessés et
certainement beaucoup plus de personnes choquées qui ne sont pas
prêtes à oublier cet acte ignoble.
Les gens vaquaient
à leurs occupations quotidiennes, rien n’indique à vue d’œil que ces
mêmes personnes étaient en proie à une nuit d’angoisse. «Nous avons
vécu une décennie, nous ne voulons pas renouer avec la peur et la
mort, mais que faire sinon prendre son courage à deux mains et aller
travailler ?».
Les stations de
bus débordent de monde. Mêmes images et mêmes bruits que d’habitude.
Les gens semblent avoir oublié la bombe, et discutent de pleins de
sujets, entre autres la pomme de terre qui est revenue au centre des
débats dans la plupart des causeries.
Les ruelles
connaissent le même rythme de circulation que d’habitude. L’on
remarque aussi que ce sont surtout les plus jeunes qui témoignent de
l’inquiétude. «Ils étaient trop jeunes durant la décennie noire, on
dirait que le destin veut qu’ils voient leur part du terrorisme»,
pense Hakim, un gérant de taxiphone à Réghaia. Seuls les commerces
affectés témoignent, en effet, de l’horreur vécue.
Ce sont seulement
quelques commerçants qui ont baissé rideau, leurs locaux étant
atteints par la force de l’explosion. La fermeture touche aussi
certains taxiphones, dont les fils téléphoniques et électriques ont
été endommagés suite à cet attentat.
Fatima Arab
Haut
Bordj Ménaïel
Une bombe
désamorcée
La journée ne
s’est pas terminée après l’attentat à la bombe qui a explosé aux
Issers sur la route nationale 68 reliant cette ville à celle de
Chabet El Ameur causant de graves blessures à un citoyen, qu’une
autre bombe de fabrication artisanale a été désamorcée avant-hier
lundi aux environs de 18h30 dans la localité de Bordj Ménaïel à la
sortie est de la ville située à quelque 35 km du chef-lieu de la
wilaya de Boumerdès au lieu-dit Bousbaâ, à proximité d’un pont et
d’une station de carburant de Naftal, non loin d’un barrage de la
Sûreté nationale. Cette technique de désamorçage est l’œuvre des
services de la Sûreté nationale, notamment les artificiers qui se
sont rendus sur les lieux et effectué de vastes recherches à l’aide
de chiens renifleurs. Selon une source sécuritaire, c’est le
terroriste capturé par les éléments de la gendarmerie qui a indiqué
le lieu de l’emplacement de la bombe dissimulée par les éléments du
GSPC de katibet el ansar, qui agit dans la région au niveau du lieu
précité. Dans la même journée à Ouled Moussa, une voiture de marque
Mitsubishi, en stationnement le long de la grande rue, a attiré
l’attention des citoyens et des services de sécurité. Après enquête
et recherches, les services de sécurité, accompagnés des
artificiers, ont permis de découvrir que le véhicule suspecté a été
volé à un citoyen de Tizi Ouzou.
K. A.
Haut
Nouvelle loi sur les hydrocarbures
La vie des
réserves sera prolongée
nLe cabinet
britannique Oxford Business Group a commenté les nouveaux
amendements de la loi sur les hydrocarbures, adoptés cette semaine
par l’APN.
OBG indique que
«l’Algérie lève actuellement une taxe exceptionnelle sur les
bénéfices des compagnies pétrolières et essaie de profiter davantage
du récent boom énergétique». L’étude met en relief «l’amendement de
l’article 58 qui interdit tout recours à un arbitrage international
en cas de conflit entre Sonatrach et ses partenaires étrangers». La
nouvelle loi exige qu’ils soient réglés par un tribunal algérien.
L’article 32 qui
permet systématiquement à Sonatrach de participer à la recherche, à
l’exploitation et à la réalisation des contrats accordés aux
sociétés étrangères, et cela à hauteur minimum de 51%, a été un des
amendements «les plus discutés». Sonatrach possèdera également 51%
de chaque joint venture de centres de raffinage pétrolier (article
77). Sonatrach conservera aussi une majorité des parts (51%) des
activités en matière de canalisations (article 68). Les autres
modifications majeures, de l’avis des rédacteurs de ladite étude,
(en dehors des 19 nouveaux amendements) de la loi sur les
hydrocarbures de juillet 2005 sont les articles 5, 32 et 48 relatifs
à la recherche d’hydrocarbures, à l’exploration et à l’exploitation
de même que les articles 68, 69 et 70 concernant le transport des
hydrocarbures par le biais de pipelines. Ces mesures permettront à
Sonatrach de participer de manière accrue dans les contrats
d’exploration, de recherche et de raffinage. OBG pense que «cela
consolidera la position de cette entreprise publique, l’une des plus
grandes compagnies pétrolière et gazière d’Afrique, en tant
qu’acteur majeur de ce secteur énergétique national». Et de rappeler
que Sonatrach domine déjà l’économie algérienne, avec 30% du PNB et
97% des exportations, des données qui vont augmenter avec ces
nouvelles mesures.
La taxe sur les
profits exceptionnels mentionnée dans l’article 101 est «un
dossier-clé», selon l’étude. Elle sera employée lors de profits
exceptionnels réalisés sur des contrats entre Sonatrach et des
partenaires étrangers. Cette taxe sera appliquée chaque fois que le
Brent dépassera les 30$ le baril. Cette taxe variera de 5 à 50% en
fonction des quantités de pétrole produit par les partenaires
étrangers. Cela signifie que les contrats de production partagée
(dont les contrats signés dans le cadre de la loi 86-14 de 1986 lors
de la dernière réglementation du secteur, il y a 20 ans) entre
Sonatrach et les sociétés étrangères seront soumis à cette nouvelle
taxe exceptionnelle sur les profits exceptionnels liés au niveau de
production. Cette nouvelle taxe est rétroactive à compter du 1er
août 2006. Le prix moyen du Brent en 2006 entre le 1er juillet et le
30 septembre était de $69.60, est-il précisé à titre de repère.
L’Algérie a gagné plus de 40 milliards de dollars grâce aux
exportations de gaz et de pétrole durant les neuf premiers mois de
l’année 2006 et possède, d’après le ministère des Finances, des
réserves exceptionnelles de 70 milliards de dollars. Les nouveaux
amendements vont permettre un «élargissement et un renforcement du
contrôle de l’Etat sur les réserves d’hydrocarbures, leur
utilisation nationale et leur préservation pour les générations
futures», avait-il déclaré. Le gouvernement espère que ces
changements législatifs prolongeront la durée de vie des réserves
gazières et pétrolières, alors que la très grande partie du pays n’a
pas encore été explorée. Car, comme le confirme OBG, la loi permet
également de ralentir les explorations même si la vitesse de
production ne sera pas affectée. Le gouvernement veut accroître le
rendement de la production de 1,5 million de barils par jour (bdp) à
2 millions et faire passer les exportations de gaz de 62 milliards
de mètres cubes à 85 mètres cubes d’ici à 2010.
Redouane A.
Haut
Abdelhamid Mehri au salon international du livre
«La plate-forme
de Novembre est d’actualité»
«Nous n’avons pas
construit un Etat démocratique, nous sommes encore en phase
d’expérimentation, les divergences sur cette question sont tout à
fait normales, puisque le plus important est de pouvoir s’accepter,
comme nous l’avons fait durant la Révolution algérienne et de se
comprendre», a affirmé Abdelhamid Mehri, lors de la rencontre-débat
qu’il a animée, hier, au café littéraire du SILA (SAFEX Alger) et
dont le thème était la Révolution algérienne. Il ajoute dans ce sens
que l’instauration d’un Etat démocratique est un projet qui concerne
tous les Algériens et pour cela tous les citoyens doivent être
impliqués et y prendre part. «Je ne suis pas de ceux qui croient
qu’il faut mettre le projet du FLN au musée». Pour étayer ses
propos, l’invité du Salon explique que la plate-forme du
1er Novembre 1954
avait trois principaux objectifs : libérer l’Algérie du
colonialisme, construire un Etat démocratique suivant les valeurs de
la religion musulmane et concrétiser l’union du Maghreb arabe. «Le
premier but a été accompli puisque l’Algérie est indépendante.
Cependant, les deux autres objectifs n’ont pas été atteints à ce
jour, même si les programmes politiques sont dissemblables, les
grands principes dirigeant l’Etat doivent être conjoints et unir les
différentes parties». Selon le conférencier, pour retrouver la voie,
il faut revenir aux principes de la plate-forme de Novembre 1954.
«Nous avons tenté d’occulter le mauvais côté de notre histoire mais
tout a été enterré, les bons et les mauvais points. Aujourd’hui,
nous avons besoin de prendre notre histoire telle qu’elle est, il
n’y a rien à cacher, pour l’étudier et la comprendre car la
libération de notre pays n’a pas été chose facile et l’expérience de
la Révolution algérienne est grande. Nous devons nous en servir».
Dans ce sens, Mehri explique que l’écriture et l’enseignement de
l’histoire sont incomplets, «les historiens n’ont pas eu assez de
liberté pour tout aborder et les véritables historiens doivent
écrire».
Irane Belkhedim
Haut
1er Novembre 1954-1er Novembre 2006
Hommage aux
familles de nos valeureux chouhada
Pendant toute la
durée de ma participation au combat libérateur contre l’armée
française dans les maquis, j’avais toujours sur moi un petit carnet
de route, je notais de noms, des dates, des lieux, tout ces
événements qui m’ont marqué a tout jamais, j’y écrivais, je relatais
nos embuscades et accrochages contre l’ennemi durant la révolution
armée du
1er Novembre 1954.
Aujourd’hui je
peux écrire les lettres que je voulais adresser aux familles de nos
moudjahidine, aux parents de mes compagnons morts au champ d’honneur
en héros à mes côtés, en faisant le sacrifice suprême avec la
conviction de n’accomplir que leur devoir de patriotes, de
combattants de la liberté en se voulant anonymes.
Je voudrais que
leurs noms ne disparaissent pas des mémoires de ceux qui les ont
connus. Que nos valeureux martyrs, que leur mémoire soit honorée,
que leurs familles, leur peuple, sachent combien, ils ont été
superbes.
Maintenant, je
veux écrire les lettres que je n’ai pas transmises dans les moments
difficiles. Ces lettres à nos jeunes enfants de notre valeureux
peuple, pour qu’ils n’oublient jamais nos vaillants chouhada, morts
au combats, face à l’armée française qui n’a pas hésité à pratiquer
la politique de la terre brûlée, elle détruisait tout sur son
passage brûlait maisons et forêts, se vengeait sur notre courageux
peuple sans armes, qui a consenti tous les sacrifices. Par son
engagement, il était plus qu’un soutien logistique pour les
moudjahidine, je n’oublierai jamais, cela doit rester gravé dans la
mémoire collective, l’accueil chaleureux réconfortant et revigorant
que nous réservaient les populations civiles en nous nourrissant et
nous logeant après nos batailles, nos longues marches harassantes de
plus de dix (10) heures, bien des fois.
En effet, combien
sont-ils de nos enfants de vingt ans, universitaires, les forces
vive de l’Algérie de demain à connaître le chahid Si Zoubir de
Soumaâ, de son vrai nom Souleimen Tayeb, mort héroïquement au champ
d’honneur le 22 février 1957 dans le Douar Sbaghnia, dans la wilaya
de Blida, pour protéger la vie d’environ quatre cent (400) étudiants
et lycéens qui ont été tués dans cette bataille. Allah Yerham
Echouhada.
Le chahid Si
Moussa chef du commando Si Zoubir, commandant de la compagnie El
Hamdania, région III et chef du commando de la zone II wilaya IV,
est tombé au champ d’honneur dans un grand combat; la place de la
ville de Chréa, dans la wilaya de Blida porte son nom.
Si Moussa Kellouaz
était soldat dans l’armée française durant la guerre d’Indochine,
aisi que Si Ahmed Kelassi, Chamani Abdelkader de Aïn Defla, Si
Maâmar Maâmar de Oued Djer et Brakni Brahim de Blida ont effectué le
service national dans l’armée française. Avec leur expérience
militaire, il étaient l’ossature du commando «Si Zoubir» qui a
réussi à sortir victorieux de plusieurs batailles de l’ALN contre
l’armée française.
Le commandant Si
Baghdadi, de son vrai nom Allili Ahmed, de Boufarik, est le premier
à avoir introduit les armes de l’extérieur (de Tunis). A son
arrivée, au mois de mai 1958, il procéda à une répartition des armes
dans les trois zones de la wilaya IV, la zone I, Lakhdaria (Ex:
Palestro), la zone II Blida, la zone III Ouarsenis- Zaccar (Chlef).
En juillet 1958, Si Baghdadi est appelé à se rendre de nouveau au
Maroc, il eut, cette fois, moins de chance dans le Sahara entre El
Bayadh et Mecheria, à une étape de la frontière algéro-marocaine, au
sud ouest d’El Aricha, il est surpris avec quelques maquisards, en
plein chott el gherbi, un espace plat à perte de vue et
désespérément désertique; il n’eut d’autres ressources que de livrer
bataille aux soldats français avec l’espoir de ne pas être pris
vivant.
Il lance l’assaut
sur l’ennemi qui mit fin à une glorieuse vie, dont les pages sont à
écrire en lettres d’or.
Mon compagnon,
Brakni Braham, la perle de l’équipe de football de l’USM Blida, est
mort au champ d’honneur en donnant l’assaut pour récupérer un fusil
mitrailleur lors d’un important accrochage dans le douar Brakna,
près de Cherchell. Brakni voulait ce fusil, coûte que coûte, parce
que quelques jours auparavant, en quittant notre commando pour une
mission de grande importance, il y avait laissé sa mitraillette MAT
49. C’était la coutume et le règlement de l’ALN. Armé d’un pistolet,
Brakni était déterminé à récupérer un fusil mitrailleur dans cette
bataille. Cet assaut lui a été fatal, Allah yarhem echouhada. Du
côté de l’ennemi les pertes ont été très importantes. Noufi Abdelhak
de Cherchell est mort lors de l’embuscade de Lala Ouda, à Damous,
daïra de Cherchell, le 28 février 1957, avec le bataillon du
commando de la wilaya IV, sous le commandement de Si Yahia. Cette
embuscade, menée par les moudjahiine, était un véritable succès.
Plusieurs dizaines de véhicules ont été détruits, un important
arsenal d’armes automatiques a été récupéré, un avion abattu et des
dizaines de soldats français tués, Si Abdelhak est mort en ce jour
du 28 février 1957 en essayant de démonter sur un half-track une
mitrailleuse 12/7.
L’ennemi a
récupéré son corps, il a été exposé sur la place de la ville de
Cherchell, les paras ont ramené sa mère en lui disant : «Voilà ton
fils de fellaga !» Elle a répondu : «Ce n’est pas mon fils, c’est le
fils de l’Algérie !».
Le commandant Si
Yahia, de son vrai nom Aït Maâmar, chef de bataillon de la wilaya
IV, est mort le 15 avril 1957 dans la bataille de Sidi Madani à
Tamesguida entre Blida et Médéa. Si Yahia et sa section ont mené une
lutte acharnée contre des milliers de soldats, toute une journée.
Les moudjahidine,
se relayant sur la seule mitrailleuse 24/29, qu’ils avaient avant de
mourir, chacun disait à l’autre : «Ô mon frère, fais ton possible,
ne laisse pas les soldats français nous prendre la pièces
mitrailleuse 24/29». La bataille faisait rage, des centaines et des
centaines de soldats français sont morts malgré l’appui de
l’aviation. Si Yahia a tenu tête aux forces françaises, la 8e armée
de Maison Carrée (El Harrach) qui a été dépêchée sur les lieux du
combat. Si Yahia disait à ses moudjahidine : «Tenez bon ! courage !
Tirez ! Tirez ! Allah akbar».
Tard le soir,
l’assaut a été lancé contre la section de Si Yahia. Seulement 4
moudjahidine ont pu s’en sortir et ils ont sauvé la mitrailleuse
24/29 qui tenait beaucoup à cœur tous les maquisards. Plus de 30
moudjahidine sont morts héroïquement avec le commandant Si Yahia.
Allah yarham echouhada.
Aujourd’hui,
combien sont-ils de nos adolescents à connaître le nom du chahid
Bouras Mohamed d’El Affroun, mort à l’âge de 17 ans dans la bataille
de Tamesguida le 22 mars 1957, où notre commando «Si Zoubir» a
anéanti les paras du colonel Bigeard, des éléments d’élite
d’Indochine expérimenté en guérilla. Ce commando était dirigé par le
lieutenant Guillaume, le fils du général Guillaume résidant au Maroc
pendant le Protectorat, était formé de soldats français volontaires,
pour passer la nuit au maquis à qui on avait promis des promotions
de grade ; sa mission était de faire une opération servant à
démontrer à une délégation de sénateurs américains et français que
la région de Blida était pacifiée et que seuls quelques rebelles
communistes (fellagas) subsistaient. Nous avons abattu le lieutenant
Guillaume et ses 58 volontaires paras avec leurs armes, nous avons
fait un prisonnier sergent-chef, le lendemain la ville des Roses
Blida était en deuil, ses paras ne sont pas revenus. Aujourd’hui qui
de nos enfants connassent le nom du chahid Benmira Tayeb de Theniet
El Had dit «El istiklal», nous lui avons donné le nom de l’Istiklal
parce qu’un jour, on leur donnant des cours, il nous dit : «Je ne
connais ni l’indépendance ni l’istiklal, je suis venu pour combattre
et je serais chahid.» Il tombera au champ d’honneur le 26 avril
1957, un vendredi le 27e jour du mois de Ramadan correspondant à «leilet
el kadr», dans la bataille de Sidi Mohand Aklouche dans la région de
Cherchell. Lui qui, la veille, disait qu’il allait être chahid dans
la bataille du lendemain et nous devancer au Paradis, «Djenet el
Ferdous», notre frère «El Istiklal» a été touché par une roquette au
ventre grièvement blessé. Il était heureux de mourir pour
l’Algérie, ses derniers mots ont été : «Prenez mon arme, transmettez
mon salut à mes compagnons et si un jour vous êtes de passage au
douar Mira à Theniet el Had, transmettez mes salutations à ma
famille, embrassez ma fille et maintenant laissez moi mourir, partez
vite ! Partez vite !» El istiklal, nous demandait de partir car il
savait que les troupes françaises étaient à côté et que nous devions
continuer la bataille.
Au cours de ce
combat, nous avons perdu notre compagnon El Istiklal et deux
moudjahidine blessés ; l’ennemi a subi de lourdes pertes qui
s’élevaient à plus de soixante quatre morts et des centaines de
blessés; nous avons abattu deux avions de chasse T6 Morane.
Les chouhada
Cherfaoui Ahmed de Cherchell et Ahmed Abbas de Mouzaïa, morts dans
la bataille de Sidi Semiane, le 20 mai 1957. Pendant toute la durée
de l’accrochage, alors que l’ennemi savait qu’on était dans la forêt
a mis le feu pour nous brûler;
les youyous de
joie et d’encouragement de notre peuple nous parvenaient des douars
environnants, nous nous en sommes sortis miraculeusement en
infligeant de lourdes pertes à l’ennemi. A la fin de cette bataille,
l’armée française avait tout brûlé, la population a couru vers nous
avec des bols de lait et de la nourriture en se fichant pas mal de
leurs maisons qui brûlaient, c’est un vaillant peuple.
Takarli Slimane et
Si Mahfoud de Khemis el Kechna, tombés au champ d’honneur le 4 mai
1957 dans l’accrochage de Zaccar contre le 29 BTA (bataillon de
tirailleurs algériens).
Ils sont morts
alors qu’on s’apprêtait à prendre position, quand soudain éclataient
des coups de feu, l’ennemi tirait sur notre premier groupe, les
voltigeurs français nous avaient devancés sur la crête. Takarli
Slimane et Si Mahfoud ont été tués par la même rafale de
mitrailleuse. Ce jour-là, nous étions trente cinq moudjahidine
contre un bataillon de soldats français, nous en avions tué un grand
nombre et fait prisonnier un pied-noir d’Oran.
A l’occasion de
l’anniversaire du Congrès de la Soummam, le 20 août 1957, la katiba
El Hamdania a été désignée pour harceler les villes de Cherchell,
Novi, Damous, Gouraya, Hadjret Enous, Menaceur, Sidi Amar, Larhat et
ce, sur un rayon de 80 km.
A 19h 40 notre
groupe est arrivé à l’endroit d’où on devait attaquer la caserne
d’officiers français de Cherchell, nous étions l’un à côté de
l’autre, tous armés de fusils Garand et de Mas 56, le doigt sur la
gâchette, nous savions que les autres groupes de Moudjahidine de
notre katiba El Hamdania étaient dans la même position que nous,
prêts à exécuter les objectifs indiqués de l’ennemi, à 20 h
précises, nous avions commencé à tirer tous ensemble à la même
seconde, c’était la panique dans la caserne de l’école des officiers
de Cherchell. On entendait les cris de douleur des soldats français
surpris par notre attaque, les sirènes huralaient, c’était le
branle-bas.
Beaucoup de nos
enfants et de notre peuple ne savent pas que l’ancien militant Si
Belkbir Belahcen dit Koza de Khemis Miliana est mort héroïquement
avec d’autres maquisards chouhada mitraillette à la main contre les
soldats français à quelques mètres de l’infirmerie de l’ALN dans les
monts de Zaccar près de Mesquere et du douar au mois d’avril 1957.
Gloire à nos
Martyrs ! Les deux fidayine du Sahel, Si Billa Mouza M’hamed de
Koléa et Zouaghi Zoubir de l’USM Blida sont morts à Mahelma, Zéralda,
les armes à la main contre l’ennemi français.
Je rends hommage à
mes compagnons de l’Armée de libération nationale qui sont morts
après l’indépendant de l’Algérie. Le colonel Azzi Ali, le commandant
docteur Si Saïd Hermouche Arezki, le professeur Rahmouni El Djillali
dit «Si Djelloul», le commandant Si Youcef Boulahrouf, Si Boudiaf
Abdelhamid de M’Sila, Si Hamdane Semiane de Cherchell et tant
d’autres compagnons. Ainsi, je participe d’une façon ou d’une autre
à travers mon témoignage sur les récits de lutte de notre peuple
pendant la révolution du
1er-Novembre 1954,
à l’écriture de l’Histoire et à retrouver les sentiments qui ont
animé le peuple algérien, à savoir l’amour de la patrie,
l’abnégation et le sens du sacrifice.
Aujourd’hui plus
que jamais, je reste convaincu que l’enseignement objectif de
l’Histoire de notre pays et du combat libérateur de notre peuple
contribuera à maintenir vivace la mémoire de nos martyrs qui ont
donné leur vie pour que vive l’Algérie libre, indépendante,
fraternelle et unie.
Quant à moi,
témoin vivant de la révolution du 1er-Novembre 1954, je n’ai fait
que mon devoir et je rends hommage aux familles de nos chouhada et
au peuple algérien.
Ould Hocine
Mohamed Chérif
Ancien officier
de l’ALN
Haut
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