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Dans le cadre
du Festival panafricain
Le théâtre fait
la fête à Alger
Alger et cinq
autres wilayas accueilleront du 6 au 19 juillet prochain le Festival
international du théâtre et ce, dans le cadre de la seconde édition
du Festival panafricain d’Alger prévu du 5 au 20 juillet prochain.
Au total, 16
troupes africaines sont attendues dans six wilayas : Alger (salle El
Mouggar et TNA, salle El Hadj Omar), à Tizi-Ouzou, Béjaïa,
Mostaganem, Oran et Annaba. Les organisateurs indiquent qu’une
quarantaine de pièces seront présentées au public algérien, elles
reflèteront plusieurs courants et écoles du continent noir. L’on
citera l’Egypte, la Tunisie, le Sénégal, le Soudan, le Tchad, le
Congo Brazzaville, le Niger, le Mali, la Côte d’Ivoire, la Guinée et
le Sahara occidental. M’Hamed Benguettaf, directeur du Théâtre
national algérien et président du département théâtre à la deuxième
édition du Panaf, a souligné, lors d’une rencontre avec la presse
tenue avant-hier, qu’un programme spécial a été mis en place.
L’Algérie compte sur la forte participation de 15 théâtres régionaux
et 12 compagnies indépendantes provenant de différentes régions du
pays, notamment de Annaba, Constantine, Tizi-Ouzou, Béjaïa et Sidi
Bel-Abbés, Tamanrasset, Ouargla, Adrar, Oued Souf et Tindouf. Le
chargé de la communication, Feth El Nour Ben Brahim, a expliqué que
la sélection des pays n’a pas été conditionnée à des critères
spécifiques, mais que des invitations avaient été envoyées à des
Etats africains qui se sont chargés de choisir leur représentants.
Cependant, un élément important avait été pris en considération : la
langue. «Nous avons opté pour les troupes francophones, car les
Algériens comprennent le français», a-t-il précisé.
Un colloque
intitulé «Théâtre africain entre modernité et authenticité» se
tiendra du 9 au 12 juillet. Des spécialistes vont débattre des
particularités du théâtre africain qui a longtemps constitué une
matière d’inspiration pour les chercheurs occidentaux. Des noms
comme Osman Bakady (Sénégal), Achou Wabar (Côte d’Ivoire), George
Tambouli (Congo), Adam Eddy (Niger) seront présents à Alger pour
parler d’oralité, des contes, des masques et du griot. Aussi, des
ateliers multidisciplinaires (actorat, scénographie, masques,
marionnettes) seront animés par des spécialistes. Ce rendez-vous
sera une occasion de rendre hommage à des figures emblématiques qui
ont marqué le théâtre africain comme Koulsy Lamko du Tchad, Mohamed
Idriss de Tunisie, Jean-Pierre Koulidiati du Burkina-Faso, Adama
Traoré du Mali, Issam Dikadi du Sénégal, Ali Mehdi du Soudan. L’on
retiendra également, lors de ces rencontres, la résidence de jeunes
auteurs africains et le forum de spécialistes et critiques d’art.
Par Irane
Belkhedim
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Le bill’Art du jour
C'est la
dictature du prolétariat
La culture
«underground» n’est pas toujours là où on s’attend à la trouver.
Avant c’était classique : il y a d’un côté les expressions
artistiques, disons semi-officielles, bien vues ou encore
«reconnues», et de l’autre, celles interdites, «tolérées» ou mal
vues, exprimées individuellement ou collectivement.
Personne ne s’est
rendu compte de ça, mais aujourd’hui chez nous la culture fait de la
résistance et ce ne sont pas les grands événements
«budgétivores»,
genre année de la culture arabe ou Panaf qui vont y changer
grand-chose. Avez-vous assisté ces derniers temps à une pièce
théâtrale ? Il faut être courageux ou patient pour «résister»
jusqu’à la fin du spectacle. Ce n’est pas à cause du spectacle en
lui-même mais à cause de l’environnement et de l’ambiance «de
foire» qui règne dans la salle. Ah, les conférences, elles sont très
intéressantes et lors des débats, tout le monde y va de ses
solutions pour résoudre tous les problèmes des artistes et de la
culture en Algérie. Soyons sérieux, ces braves gens dans la salle
sont comme des «rescapés de l’arche perdue», totalement détachés de
la réalité. Le «panurgisme» intellectuel ça doit exister. Par un
curieux effet d’entraînement, ils proposent presque tous des
solutions utopiques à des problèmes «surréalistes». En sortant de
la salle, il suffit de jeter un coup d’œil dans la rue pour voir la
réalité crue en face. Le TNA, par exemple, est assiégé par des
bandes de SDF qui hantent les lieux jours et nuits. La marche à
pieds, c’est bon pour la santé, mais pas chez nous car le moral en
prend un sacré coup à cause du mauvais comportement des gens autour
de nous. Pratiquement tout le monde fait ce qu’il veut, où il veut
et quand il veut. Les malades mentaux, ce n’est pas ce qui manque
dans nos rues, mais la plupart des gens «normaux», eux aussi, ne
font pas preuve de civisme ni de culture. Ainsi, des femmes de
«bonne famille» balancent, à partir des balcons, de tas de trucs
directement dans la rue. Des jeunes «ouled el bled», c’est-à-dire
Algérois, portables dernier cri à l’oreille, se comportent d’une
manière pire que le dernier des charretiers. Dans cette folie
collective, il n’y a souvent pas de différences, ni de classes, ni
d’âge. C’est comme une caricature et une version locale de «la
dictature du prolétariat» marxiste.
Revenons à nos
moutons, les artistes et les intellectuels sont aujourd’hui comme
des «insulaires» isolés (volontairement ou non) dans un ghetto et
beaucoup d’entre-eux semblent se complaire dans cette situation. Le
train dans toute société est tiré vers l’avant par la locomotive des
intellectuels. Quand l’esprit de cette «élite» est en panne, le
retard est dans tous les domaines.
K. B.
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