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Dans le cadre du Festival panafricain

Le théâtre fait la fête à Alger

Le bill’Art du jour

C'est la dictature du prolétariat

 

 02/07/09

 

Dans le cadre du Festival panafricain

Le théâtre fait la fête à Alger

Alger et cinq autres wilayas accueilleront du 6 au 19 juillet prochain le Festival international du théâtre et ce, dans le cadre de la seconde édition du Festival panafricain d’Alger  prévu du 5 au 20 juillet prochain.

Au total, 16 troupes africaines sont attendues dans six wilayas : Alger (salle El Mouggar et TNA, salle El Hadj Omar), à Tizi-Ouzou, Béjaïa, Mostaganem, Oran et Annaba. Les organisateurs indiquent qu’une quarantaine de pièces seront présentées au public algérien, elles reflèteront plusieurs courants et écoles du continent noir. L’on citera l’Egypte, la Tunisie, le Sénégal, le Soudan, le Tchad, le Congo Brazzaville, le Niger, le Mali, la Côte d’Ivoire, la Guinée et le Sahara occidental. M’Hamed Benguettaf, directeur du Théâtre national algérien et président du département théâtre à la deuxième édition du Panaf, a souligné, lors d’une rencontre avec la presse tenue avant-hier, qu’un programme spécial a été mis en place.  L’Algérie compte sur la forte participation de 15 théâtres régionaux et 12 compagnies indépendantes provenant de différentes régions du pays, notamment de Annaba, Constantine, Tizi-Ouzou, Béjaïa et Sidi Bel-Abbés, Tamanrasset, Ouargla, Adrar, Oued Souf et Tindouf.  Le chargé de la communication, Feth El Nour Ben Brahim, a expliqué que la sélection des pays n’a pas été conditionnée à des critères spécifiques, mais que des invitations avaient été envoyées à des Etats africains qui se sont chargés de choisir leur représentants. Cependant, un élément important avait été pris en considération : la langue. «Nous avons opté pour les troupes francophones, car les Algériens comprennent le français», a-t-il précisé. 

Un colloque intitulé «Théâtre africain entre modernité et authenticité» se tiendra du 9 au 12 juillet. Des spécialistes vont débattre des particularités du théâtre africain qui a longtemps constitué une matière d’inspiration pour les chercheurs occidentaux. Des noms comme Osman Bakady (Sénégal), Achou Wabar (Côte d’Ivoire), George Tambouli (Congo), Adam Eddy (Niger) seront présents à Alger pour parler d’oralité, des contes, des masques et du griot. Aussi, des ateliers multidisciplinaires (actorat, scénographie, masques, marionnettes) seront animés par des spécialistes.  Ce rendez-vous sera une occasion de rendre hommage à des figures emblématiques qui ont marqué le théâtre africain comme Koulsy Lamko du Tchad, Mohamed Idriss de Tunisie, Jean-Pierre Koulidiati du Burkina-Faso, Adama Traoré du Mali, Issam Dikadi du Sénégal, Ali Mehdi du Soudan.  L’on retiendra également, lors de ces rencontres, la résidence de jeunes auteurs africains et le forum de spécialistes et critiques d’art.

Par Irane Belkhedim

 

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Le bill’Art du jour

C'est la dictature du prolétariat

La culture «underground» n’est pas toujours là où on s’attend à la trouver. Avant c’était classique : il y a d’un côté les expressions artistiques, disons semi-officielles, bien vues ou encore «reconnues», et de l’autre, celles interdites, «tolérées» ou mal vues, exprimées individuellement ou collectivement.

Personne ne s’est rendu compte de ça, mais aujourd’hui chez nous la culture fait de la résistance et ce ne sont pas les grands événements

«budgétivores», genre année de la culture arabe ou Panaf qui vont y changer grand-chose. Avez-vous assisté ces derniers temps à une pièce théâtrale ? Il faut être courageux ou patient pour «résister» jusqu’à la fin du spectacle. Ce n’est pas à cause du spectacle en lui-même mais à cause de l’environnement et  de l’ambiance «de foire» qui règne dans la salle. Ah, les conférences, elles sont très intéressantes et lors des débats, tout le monde y va de ses solutions pour résoudre tous les problèmes des artistes et de la culture en Algérie. Soyons sérieux, ces braves gens dans la salle sont comme des «rescapés de l’arche perdue», totalement détachés de la réalité. Le «panurgisme» intellectuel ça doit exister. Par un curieux effet d’entraînement, ils proposent presque tous des solutions utopiques à des problèmes «surréalistes».   En sortant de la salle, il suffit de jeter un coup d’œil dans la rue pour voir la réalité crue en face. Le TNA, par exemple, est assiégé par des bandes de SDF qui hantent les lieux jours et nuits. La marche à pieds, c’est bon pour la santé, mais pas chez nous car le moral en prend un sacré coup à cause du mauvais comportement des gens autour de nous. Pratiquement tout le monde fait ce qu’il veut, où il veut et quand il veut. Les malades mentaux, ce n’est pas ce qui manque dans nos rues, mais la plupart des gens «normaux», eux aussi, ne font pas preuve de civisme ni de culture. Ainsi, des femmes de «bonne famille» balancent, à partir des balcons, de tas de trucs directement dans la rue. Des jeunes «ouled el bled», c’est-à-dire Algérois, portables dernier cri à l’oreille, se comportent d’une manière pire que le dernier des charretiers. Dans cette folie collective, il n’y a souvent pas de différences, ni de classes, ni d’âge. C’est comme une caricature et une version locale de «la dictature du prolétariat» marxiste.

Revenons à nos moutons, les artistes et les intellectuels sont aujourd’hui comme des «insulaires» isolés (volontairement ou non) dans un ghetto et beaucoup d’entre-eux semblent se complaire dans cette situation. Le train dans toute société est tiré vers l’avant par la locomotive des intellectuels. Quand l’esprit de cette «élite» est en panne, le retard est dans tous les domaines.

K. B.

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