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En dépit de la grippe porcine
Le
nombre de pèlerins en hausse
Malgré
la menace que fait planer sur la tête des pèlerins le
virus de la grippe porcine, l’Algérie a décidé de ne pas
déroger à ses habitudes, en envoyant ses 36 000 pèlerins
annuels pour le hadj.
Le
nombre de pèlerins algériens pour la omra a augmenté
cette année, a déclaré hier cheikh Berbara, directeur
général de l’Office national du hadj et de la omra (ONHO),
au Forum de radio du Saint Coran. «12 000 omristes de
plus ont été enregistrés par rapport à l’année passée où
leur nombre avait atteint
130 000» a-t-il précisé. Ainsi, malgré la menace que
fait planer sur la tête des pèlerins le virus de la
grippe porcine, l’Algérie a décidé de ne pas déroger à
ses habitudes, en envoyant ses 36 000 pèlerins annuels
pour le hadj. L’Algérie, a-t-il indiqué, a pris toutes
les dispositions nécessaires pour assurer une couverture
sanitaire correcte à nos hadjis. Interrogé sur la grippe
porcine qui pourrait jouer le rôle de «trouble-fête»,
cheikh Berbara a conseillé de «s’abstenir d’anticiper,
nous n’avons jusqu’à ce jour enregistré aucun cas». Et
d’ajouter : «Les pèlerins sont soumis à la vaccination,
et sont auscultés régulièrement par une équipe de 120
médecins algériens qui se trouve sur place et qui, de
l’avis même des Saoudiens, forme la meilleure délégation
médicale» et d’interroger : «Est-ce que vous avez vu
quelqu’un porter un masque ?» L’orateur a fait part
d’une nouveauté cette année en matière de prise en
charge sanitaire. Ainsi, «il y aura des médecins par
immeuble d’habitation et non par ville, comme par le
passé» Revenant sur la réunion du Caire, laquelle a
recommandé la limitation d’âge pour les candidats au
hadj, l’orateur a réitéré le refus de l’Algérie de s’y
plier. «Les recommandations du Caire n’engagent que
leurs auteurs» assène cheikh Berbara. La position
officielle ainsi ne pourra être changée que si
l’Organisation de la conférence islamique ou la Ligue
arabe dont l’Algérie est membre prennent de nouvelles
dispositions en la matière. C’est du moins ce que nous
avons déduit des propos de l’orateur. Aussi, l’ONHO est
à pied d’œu-vre pour lancer une campagne de
sensibilisation en direction des pèlerins à travers les
médias lourds et certains titres de la presse privée.
Cheikh Berbara a révélé que l’expérience des précédentes
éditions du hadj a montré que les pèlerins algériens «ne
maîtrisent pas les rudiments religieux». Dans cet ordre
d’idées, un dépliant sous le titre
«Guide
du hadj» sera distribué aux concernés où il leur sera
expliqué «non pas ce qu’ils devront ou ne devront pas
faire mais attirer leur attention sur les
recommandations qui leur seront faites par le guide afin
qu’ils puissent suivre à la lettre les règles du hadj».
Le passeport spécial hadj a été supprimé cette année au
profit du passeport international. Les pages spécifiques
au hadj contenues dans l’ancien passeport ont été
reprises dans le «Carnet spécial hadj». «Ce document,
cette année, a été édité par le ministère de l’Intérieur
afin d’éviter les queues devant l’ambassade de l’Arabie
saoudite» a souligné l’orateur. Ainsi, le pèlerin est
tenu de se munir le jour du départ en plus de son
passeport, du carnet spécial hadj qui comporte les
informations relatives à son hébergement à La Mecque et
à Médine et le visa. Mais cette année, grippe porcine
oblige, un carnet de santé vient s’ajouter à la masse de
paperasse que le pèlerin doit transporter avec lui.
Par
Larbi Graïne
La question du jour
Prendre son ramadhan en patience
Il se
dit que le ministre du Commerce a passé un mauvais
quart d’heure quand ce fut son tour d’être reçu par le
Président. Qui lui aurait reproché de le mener en
bateau, de lui raconter la même histoire que l’année
dernière au sujet de la spéculation ramadhanesque, de se
dérober à ses responsabilités, de couvrir par les mêmes
procédés l’incurie de ses services. Et qui, en le
congédiant, lui aurait enjoint à nouveau de lâcher
toutes ses brigades de contrôleurs sur ces commerçants
sans aveu qui attendent ce moment précis de l’année pour
attenter au budget des ménages, en véritables maîtres
chanteurs. Le savonnage nous est rapporté avec force
détails, les propos tenus de part et d’autre sont
certifiés par les guillemets de rigueur. On croirait que
les journalistes étaient présents à la séance, à moins
qu’ils ne disposent d’une taupe sur place, d’un agent
infiltré non seulement dans les murs de la Présidence,
mais dans le bureau même du Président. Inquiétant, pour
le moins.
Pour
autant, cela n’enlève rien à l’injustice de
l’engueulade. La flambée des prix pendant le ramadhan ne
date pas d’hier. Il n’a pas manqué par le passé de
vigoureuses tentatives de la tenir en respect. Ce fut en
vain à chaque fois. Elle faisait déjà des siennes du
temps du socialisme, quand la peur du gendarme était
bien plus forte qu’elle ne l’est à présent. Il se
pourrait bien qu’elle sévisse déjà à l’époque turque, au
moins dans les villes. Si vous ressentez un mal au
ventre, et que vous avez la certitude absolue qu’il est
passager, qu’il ne va pas durer, di-sons plus d’un mois,
irez-vous vous faire ouvrir l’estomac pour en finir avec
la douleur ? Non, bien sûr. Vous prendrez votre mal en
patience, sachant que le remède est par trop
disproportionné par rapport à lui, sans même parler des
complications qu’il pourrait entraîner. C’est ce genre
de raisonnement que se tiennent le ministre du Commerce
et ses services. Quel est l’intérêt en effet de vouloir
réprimer une spéculation limitée dans le temps et dans
l’espace, en ce sens qu’elle ne touche que les produits
de table ? Quand, de plus, on sait que c’est en vain
qu’on s’y essayerait. Et quand, tout bien considéré,
elle n’est pas si déchaînée et scandaleuse qu’on se
plaît à le dire. La réalité c’est que le marché ne se
ramène pas, en tout cas pas toujours, à la seule
confrontation des quantités d’offres et de demandes,
comme le veut la théorie. Si c’était le cas, il n’y
aurait aucune hausse des prix pendant le ramadhan, car
l’accroissement de la demande, indubitable quant à lui,
est accompagné par une augmentation symétrique de
l’offre, comme en atteste le pullulement des vendeurs
dans les marchés et à leur périphérie. Il entre aussi
des facteurs psychologiques, qui pour jouer à la marge,
n’en sont pas moins effectifs. Un client qui n’est pas
tout à fait dans son assiette au moment où il fait son
achat est moins porté à regarder à la dépense qu’un
autre qui serait moins travaillé par la faim, c’est
évident. Le vendeur est avantagé par rapport à lui,
moralement parlant. Il spécule certes, mais seulement
sur cette faiblesse momentanée du client. La même
transaction qui se déroulerait une fois le jeûne rompu
ne se ferait pas exactement dans les mêmes termes. C’est
aussi cela le marché. La preuve qu’il recèle des aspects
immatériels, c’est le fait que les prix tendent à
baisser quand le ramadhan tire à sa fin. Les jeûneurs
ayant eu alors le temps de s’adapter aux nouvelles
heures des repas ne sont plus aussi tenaillés par la
faim qu’au début du ramadhan. Les tenants de l’offre
enregistrent la chose, d’autant plus facilement qu’ils
sont eux-mêmes jeûneurs et clients, et y ajustent leurs
prix. Si bien que vers la fin, les prix sont déjà
revenus à leur niveau d’avant le rama-dhan. Dans ces
conditions, pourquoi tant de criailleries, toute cette
levée de boucliers, cette dramatisation, et le Président
qui donne de la voix ? Et tous ces journalistes qui nous
racontent des histoires comme si on y était ? Mais c’est
que le ramadhan, ce n’est pas seulement le jeûne, c’est
aussi une ambiance, des us et coutumes, des constances,
du bon et du moins bon ! Il n’y aurait pas eu de
spéculation, la chorba aurait-elle eu le même goût,
aurait-elle été aussi bonne ? Pas évident.
Par
Mohamed Habili
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