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Points chauds
Par Fouzia Mahmoudi |
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Retraits
Après plus de sept
ans en Irak et près de neuf ans en Afghanistan, les Américains
viennent enfin d’annoncer le retrait progressif de leurs troupes de
ces deux pays qu’ils ont plongés dans la guerre et la barbarie.
Certes, ce n’est pas la première fois que Washington annonce sa
volonté de mettre fin à ses engagements militaires au Moyen-Orient,
mais jusqu’à aujourd’hui cela avait toujours été fait sous forme de
vœu pieu. Cette fois-ci, il semblerait qu’ils prennent les choses
plus sérieusement et qu’ils envisagent enfin de mettre fin à leurs
campagnes guerrières. Des campagnes entreprises au départ
prétendument pour asseoir la démocratie et la liberté, mais qui
n’ont eu d’autre résultat que de semer la mort et d’éveiller la pire
des violences. Morts et violences qui ont d’ailleurs principalement
touché les populations civiles qui devaient au contraire, selon
Georges W. Bush, être libérées par les interventions militaires
américaines. Quel est le nombre exact des Irakiens et des Afghans
tués depuis le début de la guerre ? Combien ont-il dû payer le prix
de la folie guerrière et la soif de pétrole de l’administration Bush
? La question qui se pose aujourd’hui néanmoins est surtout de
savoir comment ces populations meurtries et traumatisées par des
années de guerre sauvage réussiront à se reconstruire et à
reconstruire leur pays. La solution miracle avancée par Washington
est de mettre en place une formation intensive pour les forces
irakiennes qui devront prendre la relève de l’armée américaine après
le départ de cette dernière. Du côté des Etats-Unis, ils estiment la
guerre en Irak comme étant officiellement terminée et ne se
considèrent plus eux-mêmes que comme une force alliée des forces
irakiennes et non plus comme une force d’occupation. Une situation
nouvelle qui ne change dans les faits pas grand-chose à la réalité
du terrain. Il serait très étonnant que les attentats-suicide
s’arrêtent par exemple par magie parce que les Américains ont décidé
de changer l’appellation qu’ils donnent à leur présence sur le sol
irakien. Par ailleurs, il serait temps pour eux de penser à
s’inquiéter de ce qui adviendra des luttes intestines
interconfessionnelles qui risquent de prendre une tout autre ampleur
sans l’encadrement de l’armée américaine. Même chose pour la guerre
en Afghanistan, le président Obama ayant officiellement annoncé le
début de retrait des troupes dès l’été 2011, c’est-à-dire dans moins
d’un an. Or, au vu de la situation explosive et délétère qui règne
dans le pays depuis quelques années, il semble difficile de penser
que les Américains réussiront à établir une quelconque stabilité
avant de commencer à quitter le pays, laissant cette fois encore les
Afghans livrés à eux-mêmes et surtout livrés aux talibans. Ainsi, on
comprend bien que les guerres qu’ont menées les Américains en Irak
et en Afghanistan sont loin d’avoir eu un quelconque effet positif
sur ces pays où leurs populations n’ont fait qu’envenimer une
situation déjà difficile et tendue. La fuite semble être la seule
solution qu’aient trouvée les Etats-Unis pour se sortir du pétrin où
ils se sont eux-mêmes obstinément fourrés. Mais ce sera de toute
évidence et comme toujours aux Irakiens et aux Afghans de payer le
prix pour les erreurs américaines.
F. M. |
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Proche-Orient
Craintes de
violences avant la reprise du dialogue à Washington
Les forces
israéliennes étaient hier sur le qui-vive en Cisjordanie au
lendemain de la mort de quatre colons juifs dans une attaque du
Hamas palestinien, à l’heure où Israéliens et Palestiniens
s’apprêtaient à renouer un dialogue difficile.
L’attentat mardi
soir près de Hébron a indigné les Israéliens et embarrassé
l’Autorité palestinienne, qui l’a dénoncé. Mais il ne remet pas en
question la reprise des négociations directes de paix entre le
président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas et le Premier
ministre israélien Benjamin Netanyahu jeudi à Washington sous la
tutelle du président Barack Obama. «Nos forces ont été placées sur
le qui-vive de crainte d’autres attentats», a déclaré un
porte-parole militaire israélien à l’AFP. A Hébron, haut lieu de
tensions en Cisjordanie occupée, l’armée a bouclé les passages entre
la zone autonome palestinienne et le secteur qu’elle occupe. Elle a
aussi lancé une série de perquisitions dans des localités voisines,
selon des habitants palestiniens. De son côté, la police
palestinienne a arrêté durant la nuit une cinquantaine de
sympathisants du mouvement islamiste Hamas, selon des sources de
sécurité palestiniennes. Le Hamas a affirmé que 150 de ses membres
avaient été arrêtés, y compris des membres de la famille de députés.
Il a accusé M. Abbas de «se ranger du côté de l’ennemi sioniste et
de continuer son projet pour déraciner la résistance», dans un
communiqué de députés du mouvement qui contrôle la bande de Ghaza.
Les quatre Israéliens, deux hommes et deux femmes dont l’une
enceinte, ont trouvé la mort lorsque leur voiture a été criblée de
balles près de l’implantation de Kiryat Arba, proche de Hébron.
Résidents de la colonie voisine de Beit Hagaï, ils devaient être
inhumés dans la journée. Cet attentat a été revendiqué par les
Brigades Ezzedine al-Qassam, la branche armée du Hamas, un mouvement
hostile à toute négociation avec Israël. En réaction, le Conseil des
implantations juives en Cisjordanie (Yesha), principale organisation
représentative des colons, a appelé à la reprise immédiate de la
construction, sans attendre la fin du moratoire partiel de dix mois
décrété par le gouvernement Netanyahu s’achevant le 26 septembre. Le
président de Yesha, Danny Dayan, a exhorté le Premier ministre à
quitter immédiatement Washington et a imputé à l’Autorité
palestinienne la responsabilité morale de l’attaque. L’ensemble des
médias israéliens estimaient cependant que l’attaque confortait la
position de Netanyahu auprès de l’opinion mondiale. Les médias
s’inquiètent par ailleurs du risque d’un nouveau cycle de violences,
l’opération du Hamas ayant «le potentiel de mettre le feu aux
poudres» compte tenu de la volonté de certains colons de se venger.
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