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Révision de la Constitution

Zerhouni : «Le référendum pas avant le 31 décembre»

Bilan de la charte

750 à 800 terroristes neutralisés depuis 2005

Double attentat au camion piégé

«Un signe de faiblesse»

Retour à la politique des anciens du Fis 

«Le rôle du gouvernement est d’appliquer la loi»

Rabah Kébir retourne en Allemagne

En attendant la décantation

Rencontre  CLA - SATEF 

Sauvegarder les lycées techniques

Procès BCIA

La défense va demander le report

Cérémonie de présentation des vœux du 1er novembre

Chadli et Kafi étaient présents

Conseil national du PT

Le parti fait le point

Passe-temps favori des jeunes

Le chat, sport national des internautes

 

 02/11/06

 

Révision de la Constitution

Zerhouni : «Le référendum pas avant le 31 décembre»

Ne voulant certainement pas fermer toute porte à une éventuelle programmation du référendum dans les délais annoncés, il ajoutera : 

«Mais bon ! On verra bien».

Après le Chef du gouvernement qui, sur les ondes de la radio nationale, a laissé entendre mardi que la tenue du référendum, annoncé pour la fin de cette année, pourrait connaître «un léger report», c’est au tour du ministre de l’Intérieur de déclarer que la date fixée pour l’organisation de la consultation populaire sur la question de la révision de la Constitution pose «problème». S’exprimant hier en marge de la cérémonie de présentation de vœux, à l’occasion du 1er Novembre au président de la République, M. Abdelaziz Bouteflika, organisée au Palais du peuple à Alger, Noureddine Yazid Zerhouni expliquera au sujet de la date du référendum sur la révision de la Constitution, que la difficulté réside dans l’incapacité actuellement  «de situer une date, compte tenu des échéances» des législatives et des locales c’est pourquoi déclarera le ministre à l’APS qu’il «sera difficile de le (référendum) tenir avant la fin de l’année parce qu’il y a des délais concernant la convocation du corps électoral qui doit se faire 45 jours avant». Et à Zerhouni de préciser en indiquant qu’il  lui «paraît difficile avant le 31 décembre». Toutefois, ne voulant certainement pas fermer toute porte à une éventuelle programmation du référendum dans les délais annoncés, il ajoutera : «Mais bon !

On verra bien». Ainsi donc, par ces deux déclarations successives de hauts responsables, dont le  département du second est tout simplement celui à qui revient la charge de préparer le référendum viennent confirmer toutes les supputations faites ces derniers temps sur un éventuel report du référendum. Supputations alimentées par le mutisme du président sur cette question. En effet, alors que l’opinion publique s’attendait à l’annonce de la convocation du corps électoral depuis l’été dernier, et plus précisément à l’occasion du discours du 5 juillet, Bouteflika aura surpris son monde en passant sous silence cette question. D’aucun parmi les observateurs avertis avaient mis ce mutisme sur le compte des divergences apparus sur la nécessité de la révision dans le contexte politique actuel de la loi fondamentale du pays d’une part et sur la nature des changements que la nouvelle mouture – dont une copie avait pu être rendue publique grâce à une fuite organisée au niveau du FLN – , partie à l’origine de celle préparée par une commission interne mise sur pied par son SG Belkhadem, d’autre part. Ainsi, des partis, à l’image du RND ou du MSP, tout en souscrivant à l’idée de la révision avaient ouvertement contesté le fait que la nouvelle mouture émane d’une formation quand bien même celle-ci est leur allié dans le cadre de l’alliance présidentielle. Des bruits avaient alors couru sur l’existence d’autres moutures. Mais aucune fuite n’est venue confirmer cette existence de moutures sur lesquelles le Président était théoriquement appelé à se prononcer. Il est vrai aussi, faut-il le rappeler, que lorsque Abdelaziz Bouteflika avait fait part de son intention d’organiser ce référendum sur la révision de la Constitution, il avait laissé entendre que ce chantier n’est pas de tout repos. En effet, en prenant le soin d’enrober sa déclaration annonçant la consultation populaire avant la fin de l’année par «si Dieu le veut», il avait clairement indiqué qu’il n’avait pas toutes les cartes en main. Avec le recul, le temps semble donner raison à ceux qui avaient perçu cette allusion.                       

Nadia Kerraz

 

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Bilan de la charte

750 à 800 terroristes neutralisés depuis 2005

Dressant un bilan de la charte pour la paix et la réconciliation nationale, le ministre de l’Intérieur a déclaré  que «le nombre d’individus armés a baissé d’environ 750 à 800, entre prisonniers, tués et repentis», depuis le référendum organisé en septembre 2005.  Le ministre d’Etat, ministre de l’Intérieur et des Collectivités locales, M. Nourredine Yazid Zerhouni a indiqué  que «depuis septembre 2005 à aujourd’hui, le nombre de personnes qu’ils (les groupes armés) ont perdus, entre prisonniers, tués et repentis est d’environ 750 à 800, et cela se voit». Il ajoutera que «c’est une perte énorme» pour eux. Voulant certainement anticiper sur les réactions qu’une telle déclaration peut légitimement susciter auprès des personnes qui affirment que la charte a été un échec, le ministre  ajoutera  que «cela peut paraître dérisoire, comparé au bilan de la Concorde civile», en 2000, qui a permis la mise hors d’état de nuire de 6 000 hommes armés sur un total de 8 000, il prendra le soin de relever que «le bilan de la charte peut paraître maigre», mais comparativement au nombre total des individus armés en activité actuellement, «cela représente de 70% à 80%» en moins. Et pour éviter, sans nul doute, toute polémique autour des chiffres avancés, il précisera qu’«il s’agit là d’estimations», ajoutant que «l’élément de référence essentiel est la comparaison du nombre actuel d’attentats et d’actes (...) par rapport à l’année passée. On constate qu’il y a une chute importante», s’est-il félicité. Pour preuve, soulignera-t-il «la situation s’est atténuée». De son avis «si on se base sur les statistiques depuis le référendum sur la charte sur la paix et la réconciliation nationale en septembre 2005, le nombre d’actes a considérablement diminué». Toutefois reconnaîtra-t-il, «il y a encore des groupes récalcitrants» à l’offre de paix. Selon lui, ces récalcitrants «sont ceux que la charte a exclus : les auteurs des attentats et de viols. C’est à ceux-là qu’on a affaire».

N. K.

 

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Double attentat au camion piégé

«Un signe de faiblesse»

Commentant les derniers attentats commis à Alger, le ministre a déclaré hier que «poser une bombe, c’est facile à faire». Il a affirmé que le recours par les groupes armés aux explosifs est «la preuve» de leur faiblesse. Il a appelé, dans ce cadre, les professionnels de la presse à «ne pas tomber dans le piège» des groupes armés, en médiatisant outre mesure leurs attentats.

 

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Retour à la politique des anciens du Fis 

«Le rôle du gouvernement est d’appliquer la loi»

L’effervescence constatée sur la scène politique depuis le retour de Rabah Kébir et son intention déclarée de créer sa propre formation politique et se présenter ainsi que d’autres anciens du Fis dissous aux prochaines consultations populaires annoncées pour mai et octobre 2007 et l’absence, à ce jour, de réaction officielle si ce n’est de celle du ministre délégué aux Collectivités locales, M. Ould Kablia, qui a déclaré à l’APN que le projet de Kébir ne pouvait pas aboutir, avait suscité quelques commentaires et des interrogations sur les raisons du laxisme observé.  Interrogé hier sur la volonté de certains responsables du parti dissous de se présenter aux prochaines élections, M. Zerhouni a souligné que «la charte est claire. Elle dit que les responsables de la tragédie nationale sont exclus de la vie politique». «Il y a une loi et le rôle du gouvernement et des autorités est de l’appliquer», a-t-il affirmé.

K. N.

 

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Rabah Kébir retourne en Allemagne

En attendant la décantation

Il faut rappeler que Rabah Kébir a depuis son retour entamé de larges consultations avec la classe politique dont des partis tels le FLN, le MSP et le MRN.

Rabah Kébir est retourné  parmi les siens à Francfort. Mais la mission d’éclaireur pour laquelle il disait être rentré à Alger n’est pas pour autant achevée. Le désormais ex-exilé d’Aix-la-Chapelle reviendra au pays dans quelques mois. Le temps de faire le bilan de la première phase de sa mission. Ainsi; il est permis de dire que c’est en observateur  venu préparer  son installation et se préparer  politiquement aux élections générales de juin 2007 qu’il a entrepris cette première mission. En effet, il faut rappeler que Rabah Kébir a depuis son retour entamé de larges consultations avec la classe politique dont des partis tels le FLN, le MSP, le MRN et quelques personnalités comme MM. Abdelhamid Mehri, Abderrahmane Chibane, Farouk Ksentini, des collaborateurs de l’ancien président Ahmed Ben Bella, Ali Benhadj et les anciens émirs de l’AIS. En somme, Rabah Kébir a fait un tour d’horizon de l’évolution de la scène politique. Il a aussi animé deux conférences de presse où l’on a enregistré un repli stratégique dans ses intentions  revues à la baisse par rapport à l’enthousiasme qui l’animait  au lendemain de son retour le 19 septembre. Venue avec en tête une seule idée, celle de créer «son parti politique», il est retourné en Allemagne avec d’autres. En un mois et demi de pourparlers avec les acteurs de la classe politique qu’il a eu à rencontrer, il s’est vu obligé de renoncer à l’urgence de créer un parti sans abandonner toutefois son projet. Rabah Kébir a-t-il renoncé temporairement à son projet  pour éviter un faux pas?  A-t-il estimé  qu’il ne fallait  pas aller trop vite et trop loin en besogne. Certainement.  Et Kébir s’est  contenté dans l’immédiat d’annoncer une  participation aux prochaines élections communales et législatives. Il a expliqué la raison du report de son projet de créer un parti par l’absence  de conditions objectives et subjectives. Pourtant, l’ex-condamné à mort a pu entamer, déjà, à la faveur, faut-il le rappeler, des dispositions de la charte pour la paix et la réconciliation une nouvelle carrière politique. En 2007, l’acte II sera vraisemblablement celui d’un retour vers le futur et donc pour faire en conséquence campagne aux listes qu’il aura à confectionner indépendamment ou en accord avec les partis politiques qui vont les parrainer. Si le ouï-dire annonce prématurément les deux sigles d’En Nahda et du FLN, rien ne renseigne encore du côté de  dire que ces deux formations sont disposées, selon les assurances du 3e homme de l’ex-fis, à servir d’«éprouvette» à accueillir sur leurs listes des ex-fisistes. Si au FLN les militants, en grand nombre, peinent à s’en sortir, à la base comme au sommet, pour concocter des listes propres aux Flinistes , on imagine mal comment des candidats, extra FLN, peuvent se tailler des listes communes dans un parti qui veut confirmer sa nette hégémonie en gardant sa position de parti  majoritaire dans les Assemblées élues. D’autant que la situation qui y prévaut ne le permet pas.  A En Nahda, même si Kébir et certains émirs  sont issus  de cette formation avant de rejoindre l’ex-Fis, la faisabilité de cette hypothèse risque de coûter à l’ex-parti de Djaballah  qui encourt de deux choses l’une : ou l’éclatement, vu qu’une partie s’opposera immanquablement à un semblant de retour au bercail feutré d’arrières pensées politique ou le parti, en coma politique depuis le départ des Adami, Boughazi et Benaïcha cèdera à une telle démarche pour se voir «phagocyter» par l’offensive des Kébir et acolytes pour se venger des  Islamistes du MRN, affaibli par la division qui traverse les rangs du cheikh Djaballah. Une autre fitna que Kébir n’a pas intérêt à susciter  dans le but de s’assurer une sympathie politique pour le reste de sa carrière.

C’est dire  que les choix  qui se présentent à Rabah Kébir pour se relancer politiquement en  2007 ne sont pas des plus faciles à trancher

S. B.

 

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Rencontre  CLA - SATEF 

Sauvegarder les lycées techniques

Les lycées techniques répartis au niveau national sont en voie de disparition. Une réalité qui fait réagir les enseignants qui ont organisé, une première rencontre sur les lycées techniques du Centre, tenue hier au siège du Snapap, à El Harrach (Alger). L’initiative a permis ainsi d’ouvrir un débat sur ces lycées notamment l’état des lieux  qui révèle «la suppression des filières et l’incertitude du devenir du patrimoine matériel et humain et la précarité des personnels y exerçant», comme cela est indiqué dans un communiqué parvenu, hier, à notre rédaction. La situation actuelle des lycées techniques fait courir , estiment les participants à ces débats, «à court terme le risque de la fermeture de l’ensemble des ateliers et le redéploiement de centaines de professeurs techniques ainsi que de chefs d’ateliers et des travaux». Sera au cours de cette rencontre passée en revu l’intérêt de l’enseignement  technique qui jouait, jadis, le «rôle de généralisation des savoirs et compétences technologiques en prolongement des savoirs formels». Celui-ci absorbait l’élite scolaire et répondait aux besoins de techniciens, cadres et main-d’œuvre qualifiée dont avait besoin l’économie du pays. Cette restructuration «a disloqué», soulignent les représentants des syndicats autonomes, des équipes pédagogiques dont l’expérience est avérée.

Les enseignants des lycées techniques constatent ainsi que la restructuration des filières a débouché sur 4 options au bac au lieu de 10 auparavant. Cette réduction des options au bac a entraîné «une extinction des filières techniques industrielles (fabrication mécanique, travaux publics, électronique, électrotechnique, chimie et technique comptable), une réduction du volume horaire empêchant l’acquisition des compétences techniques indispensables pour un pays qui manque de techniciens et d’agents de maîtrise» signalent-ils encore. Les participants indiquent que l’enseignement technique et technologique dans la société reste indispensable et utile et ce, pour les avantages qu’il procure. Ainsi, la société et l’économie du pays tirent profit de la formation  d’une main- d’œuvre répondant aux besoins des investisseurs locaux et internationaux et à la formation de cadres de maîtrise. A noter que l’évaluation de toutes les propositions de lycées se fera à l’issue de la prochaine rencontre qui se tiendra le 9 du mois en cours, au cours de laquelle des pistes d’orientation devraient être débattues et enrichies dans les collectifs.

Kahina Benarab

 

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Procès BCIA

La défense va demander le report

Le procès de l’affaire de la Banque commerciale et industrielle d’Algérie (BCIA) aura lieu le 6 novembre courant au tribunal criminel d’Oran. C’est ce qu’a affirmé le procureur général de la cour d’Oran qui précise par ailleurs que le nombre de personnes impliquées dans cette affaire s’élève à 32. Cette affaire de détournement à travers des opérations frauduleuses a causé, selon  l’expertise judiciaire, un préjudice financier au Trésor public évalué à plus de 13 milliards de dinars. Ces impliqués sont des ex-responsables et des cadres de la BCIA, de la BEA et des commerçants. Seize prévenus sont placés sous mandat de dépôt à la prison d’Oran. A l’approche de la date du procès, quatre autres  prisonniers incarcérés dans les centres de détention de Sig et de Mascara ont été transférés à la prison d’Oran. Les avocats de la défense comptent demander le report du procès en raison de l’introduction de pourvoi en cassation par les deux Kherroubi dont un était le DG de la banque, toujours en fuite. Cette demande a été acceptée par la Cour suprême qui doit trancher avant la tenue du procès. Les avocats de la défense estiment que le procès ne peut pas avoir lieu sans que cette instance judiciaire ne statue sur cette affaire, d’où la demande du report.

Nouria B.

 

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Cérémonie de présentation des vœux du 1er novembre

Chadli et Kafi étaient présents

Il y avait du monde hier au Palais du peuple à Alger lors de la cérémonie de présentation  des vœux  à l’occasion de la commémoration du 52e anniversaire du déclenchement de la révolution de novembre 1954. Dès le matin, le dispositif avait été mis en place pour accueillir les invités du Président. Des dizaines de voitures étaient en stationnement aux abords du Palais du peuple. Parmi les invités présents, il sera relevé  la présence remarquée  de l’ancien président de la République, Chadli Bendjedid et de l’ancien président du Haut comité d’Etat (HCE), Ali Kafi. Ces deux personnalités ont présenté  leurs vœux  au président Bouteflika qui a également reçu ceux  des hauts responsables de l’Etat, des membres du groupe des 22 historiques, des officiers supérieurs de l’Armée nationale populaire (ANP), des membres du gouvernement, de plusieurs personnalités nationales et historiques et de moudjahidine et moudjahidate. Les représentants de partis politiques, de la société civile, des cadres de la nation ainsi que de personnalités artistiques et sportives et des membres du corps diplomatique accrédité à Alger ont procédé aussi à la  présentation de  leurs voeux.

Selma. M.

 

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Conseil national du PT

Le parti fait le point

Les travaux de la session ordinaire du comité central et du conseil national du Parti des travailleurs ont été ouverts hier  à la mutuelle des travailleurs du bâtiment et des matériaux de construction.

La séance d’hier a été  qualifiée de réunion ordinaire d’ouverture du comité central, en préparation de la réunion du conseil national prévu pour aujourd’hui.

«C’est une occasion pour que le parti fasse le point par rapport à ce qu’il a réalisé depuis le congrès d’avril dernier, et de se structurer», nous a indiqué , Djelloul Djoudi, en marge de la réunion.

Selon le porte-parole du parti de Louisa Hanoune, le parti a récolté pas moins de 900 000 signatures pour la dénonciation de la loi sur les hydrocarbures, l’eau et d’autres textes législatifs. La pétition recueillie sur la loi sur les hydrocarbures  qui vient d’être amendée, sera prochainement remise au président de la République.

Concernant la révision de la Constitution, le Parti des travailleurs a élaboré une réflexion. Les propositions du Parti des travailleurs consacrent l’unité nationale et la sauvegarde des richesses de la nation ,est-il indiqué .

F. Arab

 

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Passe-temps favori des jeunes

Le chat, sport national des internautes

Depuis l’avènement de l’Internet en Algérie il y a quelques années, les Algériens, âges et sexes confondus, l’ont vite adopté à tel point qu’il est devenu un élément essentiel dans leur vie quotidienne.

Nonobstant, en effet, sa cherté si l’on tient compte du niveau de vie de l’Algérien, ce moyen ultramoderne a pu conquérir, en l’espace de quelques années d’existence, de grands espaces de communication en permettant à tout un chacun de se faire des connaissances dans les quatre coins du monde et ce, par le chat. Ainsi, des amitiés indéfectibles se sont liées entre Algériens et étrangers, des mariages ont été également contractés avec des femmes et des hommes d’outre-mer! Cela, tout le monde le sait. Les cas sont légion. Le chat n’est pas seulement l’apanage des étudiants ou universitaires. Dans les cybercafés, c’est une lapalissade, on peut trouver des internautes de tout horizon. De toutes les couches sociales. De l’ouvrier à l’enseignant universitaire, en passant par de simples lycéens et étudiants, l’Internet est un lieu rassembleur où les barrières sont bannies. Un lieu où l’on chate. Pour sonder cet univers à mille facettes, sans username ni password, plongé dans ce monde labyrinthique. Virtuel.

Le bonheur par procuration

La majorité des jeunes que nous avions interrogés à ce sujet nous ont affirmé qu’ils recourent au chat en raison, principalement, de leur timidité. C’est le cas notamment de Madjid, un lycéen en terminale. «Je suis timide. J’éprouve des difficultés à discuter avec les filles. Par contre par chat, je me sens libre de dire et de m’exprimer comme je veux. Je dis tout ce que je pense. Avec le chat, ouallah, j’ai pu me débarrasser un peu de ma timidité car les personnes avec lesquelles je dialogue sont loin de moi, ce qui me procure, je crois, une certaine assurance», témoignera-t-il. S’il est essentiel de noter que certains chateurs recourent au chat parce qu’ils sont timides, il est non moins essentiel que certains chatent pour tuer le temps. Comme il y a beaucoup d’Algériens qui ne travaillent pas, il est bien aisé de constater que le chat est, pour nombre d’en-tre eux, un moyen de loisir et de détente. On s’oublie le temps d’une connection. L’on s’imagine ailleurs. Dans des cieux plus cléments. Le chateur obtient le bonheur par procuration. Chater, pour une personne qui n’a pas quoi faire, n’est pas une perte de temps mais un moyen idoine pour se faire des amis, des connaissances. «Au lieu d’aller boire de l’alcool ou me droguer, j’ai préféré venir chater. Au moins, ici on ne perd pas son argent pour rien. Il y a toujours de bonnes choses à apprendre. Cela dépend, bien entendu, de la personne qui chate. En ce qui me concerne, j’ai appris pas mal de chose à travers le chat. Je suis parvenu à me connaître en connaissant les autres. Ce qui m’a permis de me situer par rapport aux autres. Il faut bien convenir que pour se connaître, il faut d’abord connaître l’autre» avance un internaute, universitaire, rencontré dans un cyber à Alger-centre. C’est dire que le chat n’a pas la même finalité chez les uns et les autres. A chacun ses intentions. Ses objectifs. Raison pour laquelle on peut voir de tout sur les écrans des ordinateurs.

Lang 2 chat

«Slt rosenette. Tu vas bien?» Ecrit Mohand, sous un pseudo, à une ou un internaute. Il faut bien reconnaître que même des hommes s’inscrivent sous des pseudo de femmes. « Wi. E toi ?» Répond Rosenette. « B1. » Mohand, ou plutôt, Zen, ajoute : « koi de 9 ?» «R1 2 spécial » dit-elle. « Tu fé koi ds la vi ? ». » « Fonkionèr? ». « E toi ?» « Walou. » Zen est comme énervé que Rosenette, son interlocutrice par message, ne fasse rien. D’un geste machinal il lui écrit le dernier mot, l’invitant à ne pas lui réécrire. « A+ rosenette. » « Celle-là ne m’intéresse pas» nous dit Zen. « Pourquoi ? » Lui demandâmes-nous. « Elle fait rien et moi je cherche une fille qui travaille» nous répond-il. Dans un langage codé, proche des hiéroglyphes que de l’écriture proprement dite, les chateurs dialoguent. Le néophyte ne pourra jamais comprendre ce langage hermétique. Mais celui qui a l’habitude de chater, il vous dira que ces codes sont généralement utilisés pour gagner du temps. Il est, en effet, important de savoir qu’au même moment les chateurs peuvent se connecter avec plusieurs personnes. C’est pourquoi le langage, ses signes, est le plus indiqué. «Il m’arrive de chater avec deux à trois personnes à la fois. Et si je me plais à écrire correctement les messages, je ne parviendrai jamais à répondre à tous ceux avec lesquels je suis connecté» précise Mohand.

«Méchante», «Zizou» ou «papillon» ?

S’il y a un problème auquel les chateurs font face, c’est, inévitablement, celui du choix du pseudo. Etant obligé d’en choisir un, et devant la saturation des sites en raison du nombre croissant d’utilisateurs, il faut faire preuve d’inventivité pour s’y inscrire. Parce que, il est un secret de Polichinelle, lorsque l’on s’inscrit sur le site, l’on constate souvent qu’il est saturé, d’où l’obligation de choisir parfois des pseudos à consonance bizarre. On peut lire, si l’on n’est pas inventif, lors de l’inscription au site, «ce pseudo est déjà utilisé». C’est pourquoi il est fréquent de tomber sur des chateurs à pseudo étranges. «Zamtar, fatros» sont autant de pseudos qui ne signifient rien mais que l’internaute, le chateur, est réduit à utiliser. Comment choisit-on en effet les pseudos ? Les réponses à cette question sont autant nombreuses que l’est le nombre des chateurs.

«Des fois je choisis un pseudo tellement bizarre que je suis obligé d’écrire dans mon agenda pour ne pas l’oublier. C’est tellement saturé que la majorité des chateurs font cela» dira Mourad qui avoue passer quotidiennement plus de temps possible à connecter. «Moi je ne choisis pas de pseudo, je m’inscris sans faire de choix. Car, disons-le, quand on fait un choix c’est qu’on cache une arrière-pensée derrière ce choix. Franchement, je mets le premier pseudo venu. C’est tout» déclare Yasmina, étudiante en interprétariat à la faculté centrale d’Alger. Celle-ci précisera, cependant, que chacun est libre de s’inscrire avec le pseudo qu’il veut. Quant aux profils choisis, cela renseigne dans certains cas, nous dit-on, sur la personnalité des chateurs. C’est pourquoi on devine parfois la vraie personnalité des chateurs à travers leurs profils qu’exprime un pan d’utilisateurs. «Quand je chate, je choisis le profil qui se rapproche le plus à mon âge. Généralement, j’essaye de me brosser un tableau de moi qui se rapproche le plus de la réalité. Je ne mens pas sur mon âge, je donne ma vraie profession ainsi que ma situation civile. Je fais en sorte d’être honnête le plus possible. Toutefois, quand je veux plaisanter et que je change de profil, je remarque que les  messieurs avec lesquels je chate, répondent à tous les profils. Ce qui me fait rire. Welah, on dirait que les mecs sont à la chasse ou à la pêche. Pour eux la fin justifie les moyens, le plus important pour eux étant de parvenir à leur objectif. Si on accroche une personne, elle vous répondra pour sûr si on change de profil. Là, on élabore un profil assez audacieux qui fait que la messagerie risque d’être saturée en moins de dix minutes.» C’est ce que pense une internaute, infirmière de son état, que nous avons interrogée à ce propos. Une autre, universitaire et cadre dans une entreprise étatique, a raconté son expérience avec le chat. Ecoutons-la. « Moi je choisis des profils différents afin de mieux connaître la personne avec laquelle je chate. Je vous jure que des fois, c’est à travers les profils qu’on utilise qu’on parvient à détecter les intentions des gens. Tu sais, une fois je chate et mon pseudo était papillon. J’ai mis, trop sérieuse, dans la case réservée à l’inscription du profil du chateur. Le type avec lequel je chatais m’a dit que je ne suis pas sérieuse car, selon lui, le papillon qui se laisse emporter par toutes les fleurs n’est pas du tout sérieux. Vous voyez comment les gens pensent ! On lie directement l’instinct d’un insecte à la personne. Quand j’ai mis papillon, je ne l’ai pas fait par calcul. Une autre fois, suite à une annonce que j’ai faite dans un journal, j’ai reçu plusieurs prétendants. Malheureuse que je suis, j’ai sélectionné la mauvaise personne. Deux mois ne se sont pas écoulés que notre relation est tombée à l’eau. Quand le type dialoguait avec moi, j’avais l’impression qu’il était un ange du fait qu’il me disait qu’il voulait vraiment se marier avec moi. Cependant, la personne, pourtant universitaire, a trahi la confiance aveugle que je lui témoigne d’autant plus qu’il me disait que je lui plaisais beaucoup. Hélas ! Il s’est avéré qu’il n’était pas le cas. Actuellement, je suis avec quelqu’un qui m’aime beaucoup. Nous espérons nous marier dans quelques mois. Enfin, mon attente n’est pas vaine!» a-t-elle affirmé.

Ce qui est étrange chez certains chateurs, c’est le fait qu’ils choisissent comme pseudo le prénom d’une femme. Pourquoi recourt-on à ce procédé ? Pour un propriétaire d’un cyber, ce procédé permet de détecter ce que les hommes cherchent vraiment chez les femmes. Il nous dira qu’à chaque fois qu’il s’inscrit sous un prénom féminin, lorsque le temps lui permet de le faire, les messages pleuvent sur son adresse comme de la pluie. Il lui arrive, nous affirme-t-il, de recevoir en un seul instant plus de cinquante messages. Par contre, nous dira-t-il, quand il m’arrive de m’inscrire sous un prénom masculin, je ne reçois que très peu de messages, qui plus est obscènes.

Une âme soeur ? Ils ne pensent qu’à «chat»

Brahim, rencontré dans un cyber sur les hauteurs d’Alger, est chômeur. Il ne se roule pas les pouces quand une offre de travail lui est proposée. Quand c’est la dèche, par contre, il vient régulièrement au cyber afin, dit-il, de nouer des amitiés, et si l’occasion se présente, une union. Ainsi, les jeunes algériens, s’infusent à coup de messages idylliques de l’espoir. De la vie. De la h’nana, quoi. «Je suis habitué des lieux. Je cherche à me faire des amitiés et, qui sait, une relation avec une femme avec laquelle je vivrai le restant de ma vie» nous a-t-il déclaré. Brahim est d’un tempérament timide. Il n’arrive pas à aborder les femmes dût- il en consentir plusieurs efforts. La police sociale -entendre les mœurs- qui n’admet pas certaines pratiques, avoue-t-il, y est pour beaucoup. C’est pour cette unique raison qu’il fait, ultime recours, appel au chat, son éternel complice. Il y a deux ans, raconte-t-il, il a lié une amitié vraie avec une jeune fille algéroise, Rachida, avec laquelle il a convenu d’un mariage après s’être parfaitement connus. Mais comme le hasard fait bien les choses sans demander l’avis de personne, l’union fut annulée à la dernière minute. Ils ont passé, malgré eux, à deux doigts pour réaliser le rêve auquel ils ont tant et plus songé : se marier. Hélas ! La scoumoune s’en mêla au moment où le couple n’y a pas pensé et le rêve fondit comme neige au soleil !

«Franchement, mon sort, qui m’a éloigné de celle qui allait pourtant être la source de mon bonheur, est la cause de notre séparation. Il n’ y avait rien entre nous, il s’en souvient. Cela étant, je ne désespère pas de trouver un jour une autre femme pour faire notre vie ensemble» se lamente Brahim, sans, toutefois, renoncer à son projet. Celui de trouver son âme sœur. Si la veine n’a pas été du côté du jeune Brahim, beaucoup de ses semblables ont pu, après maintes péripéties, dénicher la perle rare, une compagne par le chat. C’est le cas notamment de cette jeune kabyle, propriétaire d’un cybercafé qui s’est mariée avec un Français. Après avoir vécu plusieurs mois à distance et par chat avec son futur époux, elle finira par le faire venir en Algérie où ils ont officialisé leur union de laquelle naîtront deux filles. Actuellement le couple en question coule des jours heureux dans l’Hexagone en compagnie de leurs deux fillettes (authentique !). Deux jeunes licenciés en informatique, après avoir vécu plus de quatre années en chômage, ont pu partir vivre l’un en Belgique et l’autre en Suisse et ce, grâce à l’accomplissement d’une union réalisée avec leurs épouses respectives par le chat. Comme la chance vient à celui qui sait attendre et tant qu’il y a le chat, l’espoir est toujours permis. Chateurs à vos postes !

Djamel Oukali

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