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Ghlamallah répond au MSP
«Nous ne sommes
pas contre la vente de vin»
Le projet de loi
inhérent à l’interdiction du vin, déposé, la semaine dernière à
l’Assemblée populaire nationale par le groupe parlementaire du MSP,
ne semble guère du goût du ministère des Affaires religieuses et des
Wakfs.
C’est du moins ce
qu’a laissé entendre le ministre Bouabdellah Ghlamallah, en marge
d’une journée de sensibilisation des hadjs, organisée, ce week-end,
à Alger. A notre question de savoir le point de vue du ministère des
Affaires religieuses quant au projet de loi sus-cité, le ministre
indique que «nous sommes un pays ouvert au monde, qui respecte les
libertés individuelles. Certes, nous sommes un pays musulman mais il
ne faut pas oublier que nous avons des communautés étrangères qui
vivent avec nous et qu’on doit respecter. Donc, leur mode de vie et
traditions sont à respecter». Voulant éclaircir son point de vue,
M. Ghlamallah
ajoute que «si nous procédons à ce genre de mesures, les relations
avec nos partenaires étrangers devraient changer négativement.
Pourquoi on reproche aux pays non musulmans le fait d’interdire le
port du voile ? C’est à peu près la même chose avec cette démarche
visant l’interdiction totale du vin au pays, car nous risquons, nous
aussi, d’être mis à l’index par les étrangers». La formation
politique d’Aboudjerra Soltani a déposé, faut-il le rappeler, sur le
bureau de l’APN un projet de loi «interdisant la production, la
commercialisation et la consommation du vin ainsi que son
importation et son exportation», précise un communiqué émanant du
MSP. Pendant que les économistes prévoient, dans le projet en
question, des retombées néfastes sur l’économie du pays, arguant les
revenus de la viticulture et les engagements du pays envers la
communauté internationale, les politiciens, eux, ressentent dans
l’initiative du Mouvement de la société pour la paix, une odeur
purement électoraliste puisque, explique-t-on, elle intervient à la
veille des législatives 2007.
Uniforme
spécial pour les hadjis
Par ailleurs, en
ce qui concerne la journée d’information susmentionnée, le chef du
département des Affaires religieuses a exhorté les membres de la
mission algérienne du hadj à conjuguer leurs efforts en vue d’une
meilleure prise en charge des hadjis. A cet égard, à titre
d’orientation, M. Ghlamallah a appelé les pèlerins à ne pas
s’éloigner de la délégation, dont l’encadrement sera doté, cette
année, de tenues vestimentaires distinctives facilitant leur
reconnaissance parmi la foule. «Les membres de la mission doivent
travailler dans la cohésion en vue d’être les dignes représentants
de l’Algérie. La délégation ne représente pas le ministère des
Affaires religieuses, mais l’Etat algérien tout entier», dira le
ministre. Pour ce qui est du rôle des imams et autres prédicateurs
affectés à l’encadrement de la délégation, le ministre a souligné la
nécessité de dispenser des cours continus pour le bon déroulement du
hadj. Mieux, il fait savoir que des VCD contenant les différentes
étapes du hadj seront remis aux pèlerins. Le document sera aussi,
ajoute-t-on, diffusé par la Télévision nationale. Au sujet également
du pèlerinage, l’orateur a demandé aux hadjis n’ayant pas encore
procédé aux modalités d’obtention du visa, de se présenter aux
services compétents pour apposition, avant le 4 décembre 2006 (lundi
prochain). En termes de chiffres, le ministre des Affaires
religieuses et des Wakfs, a souligné que 143 vols seront programmés
pour acheminer les quelque
35 000 pèlerins
vers les lieux saints de l’Islam. «Les premiers vols en direction de
Médine auront lieu le 9 décembre prochain», a-t-il précisé. Douze
agences de voyages privées prendront en charge 3 000 hadjis, en
termes de transport et d’hébergement, alors que deux autres agences
de voyages étatiques s’occuperont de 8 000 pèlerins. En substance,
et dans l’objectif d’une meilleure prise en charge, Bouabdellah
Ghlamallah déclare qu’un Office national du hadj sera opérationnel
dès l’année prochaine.
Mourad Kechad
Haut
Ahmed Ouyahia à Blida
«La gendarmerie
est nécessaire en Kabylie»
Ahmed Ouyahia,
secrétaire général du RND a déclaré jeudi à Blida que «le retour des
services de sécurité à travers le territoire de la wilaya de Tizi
Ouzou est une nécessité pour la démocratie, la citoyenneté et la
protection des biens et des personnes». M. Ouyahia qui a animé un
point de presse à la suite d’une réunion avec les cadres de son
parti, a indiqué que «la question de la sécurité doit être réglée
par l’Etat dans le cadre de la prise en charge de ses
responsabilités». Après avoir mis l’accent sur le déficit en sûretés
de daïras et de brigades de gendarmerie que connaît la wilaya de
Tizi Ouzou,
M. Ouyahia a
déploré «le triste record enregistré par la wilaya de Tizi Ouzou en
matière de criminalité». Le premier responsable du Rassemblement
était venu rencontrer les élus et les cadres locaux de son parti qui
lui ont soumis leurs préoccupations en matière organique surtout. A
travers cette rencontre, les militants se sont sentis plus proches
de leurs responsables. Bien que cette réunion s’est tenue à huis
clos au centre scientifique et de loisirs Djillali-Bounaâma, l’homme
fort du RND a, à l’issue de cette rencontre, animé un point de
presse lui permettant d’effleurer quelques points abordés lors de la
rencontre avec ses militants. Ainsi, à la question relative à la
recrudescence des actions terroristes relevée ces derniers temps, M.
Ouyahia a affirmé que la situation s’est nettement améliorée
comparativement à une certaine périodes, tout en soutenant que la
lutte antiterroriste nécessite des moyens et du temps. «Cette
bataille doit se poursuivre par la force de la loi et des armes de
la part de l’Etat ainsi que par des mesures qui visent à affaiblir
les rangs des terroristes», a déclaré le secrétaire général du RND.
Il a poursuivi dans ce même contexte en disant qu’il revient aux
citoyens de maintenir l’action de vigilance, comme cela a été le cas
dans le passé où chacun assurait sa protection et celles des autres
en dénonçant tout objet suspect. Parlant de l’objectif de c e type
de rencontres, le secrétaire général du RND estime que cela lui
permettra d’être plus proche des militants de son parti qui peuvent
s’informer de ses démarches. Il a saisi l’occasion pour expliquer
que lorsqu’il était Chef du gouvernement, sa vision n’était pas
contre l’augmentation des salaires mais elle était pour une logique
rationnelle dans la politique salariale. Cela lui a permis de citer
l’exemple d’une entreprise déficitaire mais qui vient d’annoncer
l’augmentation des salaires à son personnel. Par ses rencontres, le
secrétaire général du RND estime qu’elles encouragent le dialogue et
contribuent modestement à la vie politique et à l’esprit de
citoyenneté.
ABM
Haut
Arouchs
Abrika «victime
d’une agression»
24 heures après sa
mise en liberté, Bélaïd Abrika figure de proue du mouvement citoyen
des aârouchs, dit avoir été victime d’une agression. Selon une
déclaration de la CADC, cela s’est passé jeudi soir lors de la
réunion organisée aux Ouadhias par la CADC avec les victimes du
Printemps noir présidée par B. Abrika. Selon la même source, «des
sbires à visage découvert (…) armés de couteaux, de haches et de
P.A. ont fait irruption dans la salle et se sont attaqués aux
délégués présents et particulièrement à Bélaïd Abrika (lequel a été
blessé au visage)». Le mouvement citoyen dénonce ces «faits
gravissimes». Contactés par nos soins, des membres de la CADC nous
informent que les auteurs de l’agression sont identifiés par les
services de sécurité et que «parmi eux, il y avait les propriétaires
de deux cabarets». «Les délégués et les blessés qui étaient ce jeudi
dans la salle où devaient se tenir la réunion n’ont dû leur salut
qu’à la présence d’esprit et la vigilance des citoyens et des
blessés présents sur les lieux», poursuit la déclaration. Pour la
CADC, ce qui s’est passé ce jeudi aux Ouadhias «sonne comme des
représailles aux actions menées par le mouvement citoyen en vue de
combattre la clochardisation et la paupérisation de la société». Une
plainte «collective» contre les auteurs de l’agression sera déposée
aujourd’hui par les délégués qui étaient présents à la réunion des
Ouadhias ajoute la CADC.
Zahra H.
Haut
Primaires du RND à Alger
Un «patriote»
pour contrer le candidat FLN
C’est un patriote
qui risque de rééditer l’«embuscade sénatoriale» de 2003 et faire
barrage au(x) candidat(s) FLN le 28 décembre prochain sur la route
qui mène au Conseil de la nation. «C’est un tsunami, ce Nennouche !»
admet le collège RND d’Alger, à l’issue des primaires organisées,
jeudi passé, sous le regard attentionné de Seddik Chiheb responsable
du bureau d’Alger. Le dépouillement a non seulement figé les
prétendants mais les a beaucoup étonnés. Le P/APC de Tassala El
Merdja, puisque c’est de lui qu’il s’agit, a remporté haut la main
cette manche de la course au Sénat en s’imposant au suffrage avec 95
voix sur les 110 exprimées devant les Mehdi Fadli et Mimoun Chegnane,
respectivement membres de l’APC Alger-centre et de l’APW, avec un
score de six (6) et deux (2) voix seulement. Pour le vainqueur de ce
test primaire, rien d’étonnant puisque son score «témoigne d’abord
d’une revanche» sur ses propres pairs. Dans une ambiance digne des
grands rendez-vous électoraux, l’éventuel futur sénateur du RND à
Alger, a été longtemps applaudi et chaleureusement félicité par ses
dauphins qui ont reconnu leur impuissance à rivaliser avec lui. Pour
la plupart des militants et élus présents avant-hier, cette victoire
«n’est que la consécration de la discipline, du militantisme et du
dévouement de Nennouche Mohamed». Ce patriote de la première heure
n’est autre que l’ex-candidat au renouvellement partiel de 2003. Il
était piégé, pour rappel, par l’actuel sénateur Mohamed Khoudja qui
l’a dépassé avec deux voix seulement, il y a trois ans. Il s’est
représenté, sans désespérer, pour une deuxième fois afin de rééditer
l’exploit de son parti et se voir à la haute chambre. La campagne
électorale et l’urne lui ont,
jusque-là, donné
raison en attendant le jour J. Porté au podium par ceux qui voient
en lui un joker RND gagnant, l’opération a été encadrée par une
commission qui a décompté aussi
10 abstentions, 10
votants par procuration et
7 bulletins nuls.
La transparence totale et la discipline y étaient pour beaucoup dans
le bon déroulement de la compétition en présence des députés, venus
superviser un vote qui importe beaucoup au RND. C’est le cas de le
dire puisqu’il s’agit de la course au plus symbolique et prestigieux
siège du Sénat que se dispute en duel le FLN et le RND sous un air
d’un brûlant derby. Le protégé du RND joue donc à «quitte ou
double», alors que celui du FLN part pour prendre sa revanche sur la
défaite de 2003 où le candidat Aïssa Khellaf a été vaincu,
rappelons-le, par Mohamed Khoudja avec un écart de 16 voix.
Salah Bey
Haut
Conventions de branches
Dernières
signatures avant fin décembre
Quelque quatre
millions de travailleurs bénéficieront, dans le cadre des
conventions de branches, de l’augmentation des salaires.
D’ici la fin de
décembre, toutes les conventions de branches qui sont toujours en
suspens, a déclaré hier le secrétaire général de l’UGTA, en marge du
séminaire sur le système de la carte à puce CHIFA, organisé
avant-hier par la Caisse nationale des assurances sociales (CNAS).
Quelque quatre
millions de travailleurs bénéficieront, dans le cadre des
conventions de branches, de l’augmentation des salaires. Le SG de l’UGTA
a révélé, par la même occasion que 52 entreprises économiques sont
concernées par les 34 conventions de branches qui, pour certaines
d’entre elles, regroupent plusieurs entreprises, à l’exemple de la
convention du secteur de l’agroalimentaire qui a été signée par six
entreprises.
Trois entreprises
économiques, restées en suspens depuis le début des négociations
avec les Sociétés de gestion de la participation (SGP), n’ont
toujours pas conclu leurs conventions collectives de branches. Il
s’agit, selon lui, de la compagnie Air Algérie, de Sogéports (ports
d’Algérie) et du Groupe bois. En tout, ce sont 34 conventions de
branches qui ont été signées actuellement dans le secteur public,
tandis que dans le secteur privé, c’est une cinquantaine de
conventions qui ont été signées. Ce sont quelque
3 millions de
travailleurs qui bénéficieront de l’augmentation salariale comprise
dans les 34 branches signées dans le secteur public et 4 autres
millions de travailleurs bénéficieront des avantages similaires dans
le cadre de la signature des conventions de branches dans le secteur
privé. «Il ne reste plus qu’à attendre la promulgation du décret
exécutif fixant le salaire national minimum garanti à 12 000 DA pour
que toutes les procédures ayant trait aux conventions de branches
soient achevées»,
a expliqué
également le patron de l’UGTA et ce avant «d’attaquer le statut
particulier des travailleur de chaque secteur». Sidi Saïd n’a pas
manqué par la même occasion que le pacte économique et social a été
soumis au bureau international du travail qui l’a signé et approuvé.
La centrale syndicale, révèlera par ailleurs M.Sidi Said a réalisé
une étude sur les salaires, et une étude de la même nature est en
train d’être effectuée par les pouvoirs publics «pour aboutir
conjointement à une commission mixte qui sera chargée de la révision
de la grille des salaires».
Pour rappel, les
salaires de l’ensemble des travailleurs du secteur public
connaîtront une augmentation «réelle» de 20 à 25%. Les travailleurs
du secteur privé, quant à eux, bénéficieront d’une augmentation de
10 à 20%, suite à la signature d’une convention cadre entre l’UGTA
et les organisations patronales.
A ce propos, M.
Sidi Saïd a qualifié l’actuelle grille des salaires, qui remonte aux
années 1980, de «dépassée», soulignant qu’elle n’est pas en
«adéquation» avec le pouvoir d’achat.
Il a déploré, Dans
le même sens, le départ des compétences nationales vers des
entreprises étrangères, installées dans le pays, qui offrent des
salaires plus consistants. Concernant la carte à puce Chifa qui sera
utilisée dans la contractualisation des services de la santé et
leurs bailleurs de fonds, elle vise à préserver et à pérenniser le
système de sécurité sociale dans l’intérêts des assurés sociaux, a
expliqué
M. Touati,
directeur de l’informatique à la Cnas, lors de son allocution. C’est
le premier système en Afrique, il permet de sécuriser le système de
sécurité sociale et de diminuer la fraude, a-t-on également
expliqué. Il convient de souligner que le coût de la réalisation de
cette puce est de
16 millions
d’euros, se rapportant à la fourniture des cartes à puce, la mise en
place du réseau informatique pour son utilisation et le transfert de
technologie au profit des Algériens à travers la formation d’agents
de la CNAS.
L’utilisation de
cette carte à puce touchera dans un premier temps, c’est-à-dire au
début de l’année prochaine, 700 000 assurés sociaux et
5 wilayas pilotes
à savoir Boumerdès, Annaba, Tlemcen, Oum El-Bouaghi et Médéa pour
s’élargir au fur et à mesure pour être généralisée dans 30 mois.
Fatima Arab
Haut
Hécatombe sur les routes
Maghlaoui
accuse les auto-écoles
Mohamed Maghlaoui,
ministre des Transports, a été l’invité du Club excellence
management, mercredi soir le temps d’une conférence qu’il a animée
sur un ton plutôt sévère, s’emprenant aux parties qui empêchent la
bonne marche de son secteur.
A une question sur
la progression «toujours inquiétante» du nombre d’accidents de la
route, en dépit des mesures draconiennes adoptées par le
gouvernement en 2005, le ministre a réaffirmé la possibilité de
réviser une fois de plus, le code de la route. Faisant un parallèle
avec 2005,
M. Maghlaoui a
indiqué que le bilan (partiel) de 2006 montre une baisse de 500
blessés par rapport a l’année précédente mais malheureusement il y a
un relâchement au cours de la fin de l’année en cours. Le ministre a
sévèrement critiqué les méthodes de l’enseignement du code de la
route assuré par les auto-écoles «qui n’ont pas évolué depuis 1962»
et a promis la création prochaine du centre national du permis de
conduite, un «pôle d’excellence» en matière de formation. On se
demande quelle sera la réaction des formateurs qui, semble-t-il,
sont organisés en association, mais il est vrai, en attendant, que
beaucoup d’automobilistes critiquent le manque de maîtrise au volant
des nouveaux permis, ceux qu’on appelle les «80». S’agissant du
transport aérien, Mohamed Maghlaoui a confirmé qu’aucune
autorisation d’exploitation ne sera délivrée à une compagnie
aérienne privée avant la restructuration totale d’Air Algérie et a
sévèrement critiqué les ports nationaux. Le ministre a souligné que
«pour l’heure, il s’agit de développer Air Algérie pour lui
permettre de se déployer sur le réseau national».Le ministre
répondait à une question sur les retards d’Air Algérie enregistrés
sur le réseau intérieur et son «incapacité» de répondre aux besoins
en matière d’amélioration de la qualité de service, «ce qui laissait
présager l’entrée sur le marché de nouvelles compagnies privées».
Concernant la gestion d’Air Algérie, M. Maghlaoui a considéré qu’«il
n’y a pas de défaillance dans la gestion de la compagnie nationale,
qui répond aux règles établies par le code civil international, mais
qu’il y a cependant des insuffisances au niveau du réseau
domestique», a-t-il reconnu. Selon le ministre, une étude est en
cours pour analyser ces carences et des actions seront introduites
«afin d’améliorer, dira-t-il, les prestations d’Air Algérie qui
revêtent un caractère prioritaire aux yeux des pouvoirs publics». A
une question sur «la possibilité de faire participer le secteur
privé dans la construction et la gestion des infrastructures de
transports notamment portuaires», le représentant du gouvernement a
affirmé que «c’est l’Etat qui est chargé de la réalisation des
grands ouvrages de transports», mais qu’en revanche, «il y a de la
place pour les entreprises privées qui ont un savoir-faire avéré et
reconnu dans la gestion de ces infrastructures». «Nous avons
commencé par la nouvelle aérogare d’Alger, gérée par Aéroports De
Paris (ADP), puis ce sera au tour du Métro d’Alger qui sera
également géré par le privé et la porte est ouverte au secteur privé
national qui devra faire ses preuves» et s’engager dans la brèche.
«Oui, il y a une volonté d’introduire le privé dans la gestion des
infrastructures et c’est une volonté affirmée du gouvernement» a dit
M. Maghlaoui. Cependant, «il n y aura pas de place au bricolage, car
ce sont des infrastructures qui ont coûté extrêmement cher a l’Etat
et il serait inacceptable que les voyageurs viennent plus tard se
plaindre de mauvaise gestion», a-t-il averti. Par ailleurs le
ministre a été «dur» à l’égard des ports nationaux qui font preuve
d’une inefficacité «quasi totale». Selon lui, les ports nationaux
sont «loin d’être performants» du fait surtout de leur rendement qui
est de 9 conteneurs traités en moyenne en une heure, contre des
rendements de 30 conteneurs par heure dans les ports développés de
la Méditerranée. Seul le port de Béjaïa avec 24 conteneurs par heure
grâce à son partenariat avec le singapourien Portec, a échappé à la
critique du ministre.
Amine B.
Haut
Sénatoriales à Béjaïa
Primaires chez
le FLN et les indépendants
Le Front de
libération nationale (FLN) de Béjaïa a réuni son collège électoral
jeudi dernier sous la houlette de M. Rachid Harraoubia, ministre de
l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique et membre
de l’instance exécutive du Parti.
La réunion a été
marquée par des échanges de critiques entre deux camps antagonistes.
D’un côté, le bureau de la mouhafadha et une partie des élus, de
l’autre le camp ayant initié une semaine auparavant une réunion des
élus, conduite par le responsable de la kasma de Souk el Tenine et
membre de la mouhafada, en l’occurrence, M. Bourouih. Ce dernier a
été accusé d’avoir initié une réunion en dehors de la structure et
de travailler contre celle-ci puisque selon les intervenants «aucune
instruction ne lui a été donnée par la direction nationale» à ce
propos. Pour sa part, le responsable de la kasma de Souk El Tenine a
affirmé que son action «est innocente». S’agissant des primaires, la
suggestion de
M. Harraoubia de
choisir un seul candidat et le cautionner selon les instructions du
chef du file du parti a été rejeté par l’assemblée réunissant au
total 79 élus sur les 87 que comptait initialement le parti.
Et c’est sans
surprise que le P/APC de Oued Ghir, Mokrani Nacer, a pris le devant
avec 29 voix, suivi des deux autres candidats : Mengueltti Abdellah,
élu à Draâ El Gaïd et Djerroud Saâdi, élu de Chemini, arrivé en
troisième position. Cependant, le candidat du parti parmi les trois
élus choisis au départ sur 17 autres postulants, sera désigné par le
secrétaire général de l’instance exécutive du parti, Abdelaziz
belkhadem. Mais d’ores et déjà, on donne toujours le P/APC de Oued
Ghir, Mokrani Nacer, comme favori, car ayant occupé précédemment
deux mandats en tant que P/APC du temps du parti unique en sus de
son niveau, en tant qu’ingénieur. De leur côté, les indépendants se
sont organisés aussi en assemblée, jeudi dernier, à l’issue de
laquelle, Madjid Bektache, maire de Darguina a été choisi avec 36
voix, devançant ainsi son rival, Djourroudi, élu APW (Bordj Mira)
sur la liste El-Amal qui a glané 16 voix. Il y a lieu de signaler
que le P/APC d’Amizour, Meziane, élu RCD, a rallié officiellement
les indépendants. Celui-ci a participé au vote et a même souhaité se
porter candidat pour pourvoir le poste de sénateur.
Hocine Cherfa
Haut
Echappant à la mort après le naufrage de l’embarcation
«Les harragas
étaient aux portes d’Almeria»
Abderrahmane est
un des jeunes oranais, atteint comme tous les autres, par la fièvre
d’el hedda. Il a
tenté alors coûte que coûte l’expérience et s’est embarqué en mer
avec 11 autres personnes sur un glisseur à moteur, par une nuit de
février 2006.
«Avant le jour J,
nous avons décidé de camper à Terga plage. Oui, camper en plein mois
de février. Mes amis et moi sommes restés là-bas deux semaines, le
temps de nous procurer une embarcation pour prendre la mer. Nous
étions deux âgés de 20 ans, les autres avaient entre 24 et 35 ans.
Nous avons fini par acheter un glisseur de 5,20 m à 43 millions de
centimes. Nous avons même pu avoir ses papiers en bonne et due
forme». L’argent pour l’acquisition a été sous forme de cotisations
à plusieurs degrés. Alors que la majorité a injecté dans cette
affaire entre 5 et 6 millions de centimes, Abderrahmane avoue
n’avoir contribué qu’avec
1 million de
centimes et un moteur de rechange, pour lequel il s’est associé avec
un autre membre du groupe.
Une fois équipé en
eau, en nourriture et l’indispensable GPS, un instrument
électronique d’orientation, nos aventuriers ont pris la mer vers 1
heure du matin. Et malgré le froid glacial et tous les risques de la
mer que personne ne connaît, ils se sont embarqués quand même, à
destination des côtes d’Espagne et plus précisément vers Almeria.
Les harragas étaient guidés par la folle excitation de réaliser un
rêve des plus ambitieux. Abderrahmane continue son histoire : «Nous
avons navigué sur 20 km, quand le volant s’est
subitement
endommagé. Nous avons continué en utilisant uniquement le moteur. Au
matin, nous avions déjà parcouru quelque 150 km. Un grand brouillard
s’est levé, rendant la visibilité totalement nulle. Le GPRS
indiquait que les côtes espagnoles se trouvaient à 19 km. Et alors
que nous étions sur la bonne route, nous n’avons pas fait confiance
à notre appareil même s’il captait 12 satellites. Et nous avons donc
décidé de changer de cap… »
Perdus en mer…
La petite
embarcation dérivait au large. Transis par le froid, la fatigue et
la peur, ses occupants seront de plus en plus convaincus, à chaque
mile parcouru, qu’ils s’étaient bel et bien perdus. Le désespoir
gagnait du terrain, la nuit tirait à sa fin. Quand un bateau de
marchandise est apparu à proximité du glisseur, les jeunes harragas
ont vu dans ce grand bâtiment un espoir de s’en sortir. «Alors que
nous étions bien dans les eaux territoriales espagnoles, tout en
croyant que nous étions perdus, l’apparition d’un cargo nous a lancé
dans une terrible frénésie. Nous nous sommes mis à crier, à hurler,
à faire le maximum de bruit pour attirer l’attention de l’équipage.
Nous avons même mis le feu à un des gilets de sauvetage que nous
avions pris avec nous, en cas de naufrage», a ajouté notre
interlocuteur. Mais il s’avère que cette aubaine était de courte
durée, car en faisant tous ses efforts pour suivre le bateau, ce
dernier avait pris de l’avance. «Désespérés et fatigués d’avoir
tant crié, nous avons décidé d’arrêter le moteur et de nous
endormir». Abderrahmane continue son récit en ajoutant que «le
glisseur avait dérivé toute la nuit et nous avons été réveillés en
catastrophe par un second bateau qui avait failli nous heurter. Il
était énorme, ce bateau, aussi grand qu’un immeuble. Il nous a
évités de justesse. Nous avons prononcé la chahada et nous nous
sommes endormis de nouveau».
«A notre réveil,
le samedi matin, la mer avait changé. Elle était devenue houleuse et
agitée, et surtout très inquiétante. Le groupe avait décidé à
l’unanimité de suivre la route indiquée par le GPRS. Après quelques
heures de navigation dans des conditions très difficiles, nous avons
croisé un chalutier battant pavillon italien. Il nous a abordés et
nous leur avons demandé de nous prendre à bord. J’étais
l’interlocuteur du groupe car je maîtrise assez bien l’espagnol.
L’équipage italien a refusé catégoriquement de répondre à notre
sollicitation et même de nous donner un peu d’essence, notre réserve
de fuel tirait à sa fin»… En expliquant aux infortunés qu’ils ne
pouvaient les prendre à bord de peur d’enfreindre la loi, les marins
italiens ont consenti à leur montrer la bonne destination à prendre
et ont promis de signaler leur présence aux garde-côtes. «Nous avons
reçu la visite de ces derniers quelques heures plus tard. Ils
étaient accompagnés par une vedette de la Croix-Rouge. En
s’approchant de nous et après avoir répondu à leurs nombreuses
questions, nous avons été pris à bord du bâtiment. Une fois à bord,
ils nous ont donné des couvertures, nous ont servi à manger et à
boire et nous ont appris que nous nous trouvions à ½ h seulement
d’Almeria. Echouer si près du but ! Notre rêve venait de se briser
lamentablement».
30 jours dans
un centre d’accueil
Une fois à terre,
les services de sécurité espagnols ont emmené les 12 naufragés au
commissariat du port d’Almeria, puis les ont transférés vers celui
de la ville où ils ont été placés en garde à vue pendant trois
jours. Au quatrième jour, ils ont comparu devant le juge. On leur a
fourni un avocat et un traducteur. C’est encore notre interlocuteur
qui va prendre sur lui de raconter au juge leur triste histoire et
les causes qui les ont poussés à entreprendre une telle entreprise.
«Il nous fallait par la suite faire un choix, soit signer et
accepter de passer un séjour de 40 jours dans un centre d’accueil
pour immigrés clandestins, soit être refoulés le jour même vers
l’Algérie». Et c’est sans hésitation aucune que les 12 resquilleurs
ont opté pour le centre d’accueil. Car ils avaient au moins 10 % de
chances de rester sur le sol espagnol. Ce centre était à Alfera, du
côté de Malaga à 700 km d’Almeria. Une fois sur place, nos amis y
passeront 30 jours. «Nous avons été assez bien traités. Après le
petit déjeuner à
8 heures, nous
nous rendions à la cours où nous restions sous surveillance jusqu’à
12 heures, l’heure du repas. Un retour à la cour
l’après-midi après
la sieste, jusqu’à 18 heures. Et nous dînions à 20 heures. Le 30e
jours nous étions 18 personnes dont une femme à être avisés d’un
transfert vers Alicante (à 800 km), où nous devions rencontrer le
consul d’Algérie en Espagne. Ce dernier et après avoir entendu
chacun séparément au commissariat, a décidé de refouler 15 d’entre
nous. Moi et mes amis faisions partie du tas». Les 12 harragas ont
été donc refoulés le jour même. Après leur traversée de retour à
bord d’un bateau espagnol, ils ont été récupérés par les
garde-côtes
algériens au port de Ghazaout. «Là, nous avons été interrogés,
fichés et puis relâchés» a jouté Abderrahmane qui jure n’être pas
prêt de retenter l’expérience de nouveau. « Je ne pense pas que je
récidiverais car j’ai failli acheter la mort avec mon argent, alors
si c’était à refaire, non, je ne le referais pas», a-t-il conclu.
Habiba Ghrib
Haut
8e congrès de l’UGEL
Belkhadem en
courtisan ?
La présence du
Chef du gouvernement à l’ouverture d’un congrès national d’une
organisation estudiantine, l’Union générale des étudiants libres (Ugel)
en l’occurrence, même si elle n’est pas déplacée, semble pour le
moins inopportune. Non pas parce que cette organisation est, de
notoriété publique, d’obédience islamiste, on connaît depuis
longtemps les penchants idéologiques de Abdelaziz Belkhadem, mais
surtout parce que l’Ugel est sous la coupe d’une autre formation
politique que le FLN, à savoir le MSP de Soltani. A moins, est-il
permis de penser, qu’en cette période de pré-campagne, avant les
échéances électorales de 2007, le SG du parti qui ambitionne de
garder sa place de première force politique du pays ne soit allé
chasser sur les terres d’un rival, partant du principe qu’en
politique tous les coups sont permis. L’Ugel étant un sérieux
concurrent à l’UNEA, l’autre organisation représentative du monde
estudiantin. D’autant qu’en sa qualité de Chef du gouvernement,
Belkhadem pèse beaucoup plus qu’un simple chef de parti politique
quand bien même, ce parti serait celui qui détient la majorité dans
toutes les assemblées élues. Fort de sa double casquette, Abdelaziz
Belkhadem ne manque pas donc d’atouts pour courtiser de nouvelles
recrues ou sympathisants. Pour ce faire, il a toute latitude de
puiser dans un argumentaire tout préparé : le programme du
gouvernement. C’est ainsi qu’il déclarera à l’assistance qu’il est
décidé dans ce cadre de «poursuivre les efforts pour améliorer la
situation de l’Université dans ses différents aspects». Notamment
«les aspects social et pédagogique», est-il précisé. De quoi
susciter l’intérêt de l’assistance. Il sera également rappelé que
les efforts déployés et les moyens financiers dégagés par l’Etat au
service des jeunes et des étudiants ont permis à l’Université
algérienne d’«accueillir environ un million d’étudiants et
étudiantes répartis sur 61 établissements universitaires à travers
41 wilayas du pays». L’Université «assure également l’hébergement à
plus de la moitié des étudiants et accorde des bourses aux
trois-quarts d’entre eux», a-t-il ajouté, soulignant que c’est «un
chiffre impressionnant qui n’existe dans aucun pays arabe, musulman
ou occidental». Même si les insuffisances ne sont pas relevées, le
premier responsable de l’exécutif y fera allusion indirectement en
soulignant la nécessité de «la conjugaison des efforts entre la
communauté universitaire, avec toutes ses composantes, et le
gouvernement». C’est-à-dire que l’Ugel, entre autres, est invitée à
se rapprocher de Belkhadem, en sa qualité de Chef du gouvernement,
pour exposer ses revendications éventuelles. A bon entendeur…
Nadia Kerraz
Haut
Chômage, vide culturel, absence de loisirs
Les jeunes
Algériens, tentés par l’étranger
Pourquoi les
jeunes Algériens sont, chaque fois, plus nombreux, et «sans
regrets», à vouloir abandonner le navire Algérie, quitte à utiliser,
pour cela, les moyens les plus extrêmes ?
Quand on a qu’une
vie, que l’on observe que le pays fait du sur-place ou que les
changements, maintes fois, annoncés, tardent à se manifester, il est
normal que l’on s’impatiente et, qu’à la longue, on commence à
penser à d’autres solutions. Cela est d’autant plus compréhensible
que l’existence de tous les jours se fait, aussi, plus difficile et
l’avenir plus incertain. Devant le silence observé par ceux qui nous
gouvernent, sur ce que de quoi sera fait demain, on a tendance, au
fil des jours et des années qui s’écoulent, à s’enfermer dans la
peau de naufragés qui, pour ne pas se noyer, cherchent, éperdument,
à s’accrocher à tout ce qu’ils peuvent trouver à portée de main pour
rester en vie. Pour fuir le marasme et la grisaille ambiants ainsi
que l’incompréhension dont ils se disent être les victimes, ils
sont, chaque fois plus nombreux, les jeunes Algériens à penser à
fuir vers l’étranger, considéré comme l’unique solution à leurs
maux. Considérant que le pays persiste à les ignorer, ils se mettent
à rêver à des pays comme l’Angleterre, le Canada ou de la lointaine
Australie où de nombreux autres camarades, déçus d’attendre, les ont
précédés. Seulement, voilà, pour pouvoir gagner ces rivages
«salvateurs», il y a cet épineux et insurmontable problème du visa,
pas du tout facile à se procurer quand on est, de surcroît,
soupçonné de vouloir immigrer ou lorsque l’on est perçu, par ceux
d’en face, comme un terroriste potentiel.
La difficulté à
pouvoir quitter le pays, sauf à vouloir se rendre en Tunisie ou au
Maroc et où les problèmes rencontrés par les jeunes sont, à quelques
différences près, les mêmes, crée chez beaucoup d’Algériens, et pas
seulement les plus jeunes, l’impression de subir un véritable
enfermement dans son propre pays. L’impossibilité d’aller à la
découverte d’un autre ailleurs conduit, à la longue, à amplifier et
à nourrir, d’autant, le sentiment d’isolement et d’incompréhension
dont on se dit, (à raison ?) être l’objet. Mais, en haut lieu,
s’est-on jamais penché sur les raisons profondes qui poussent, de
plus en plus, des adolescents à vouloir, à n’importe quel prix,
quitter le pays qui les a vus naître ?
Il convient de
relever, d’un autre côté que, contrairement à certains jeunes
ressortissants des pays situés au sud du Sahara, ce n’est pas
toujours les dures conditions sociales ou économiques qui poussent
les candidats algériens à faire le choix de l’immigration. Il y a
d’autres motivations qui les amènent à tenter, autant de fois que
possible, l’aventure du départ quitte à user, pour cela, des moyens
les plus illégaux. Le développement de filières de transport
d’immigrants clandestins vers l’autre rive de la Méditerranée, à
partir de certaines parties du littoral oranais, a de quoi inquiéter
quand on sait que nombre d’entre eux sont susceptibles de périr en
mer. Mais de cela, qui s’en émeut ?
«On n’a rien
compris à nos aspirations»
On entend souvent
dire par des membres de la population juvénile qu’il n’y a pas
d’avenir pour la jeunesse en Algérie, que celle-ci vit dans le pays
du «dégoûtage» ou que les autorités n’ont rien compris à leurs
souhaits et à leurs aspirations. Ont-ils tort ? Certainement pas.
Dans la vie de tous les jours il est, en effet, aisé de constater
qu’il est dur de vivre dans un pays qui n’offre pas de perspectives,
ni de rêves à ses habitants pour leur laisser espérer que leur
situation va évoluer dans le bon sens. A dire vrai et au risque de
choquer, force est de reconnaître que l’Algérie est un pays dont les
ressortissants sont confrontés à un perpétuel ennui. Les promesses
sur un avenir meilleur ont tellement été ressassées par les
politiques que ces derniers ont fini, eux-mêmes, par ne plus y
croire et à ne plus en faire référence dans leurs discours. En plus
d’être réduits au chômage et à la difficulté, sinon l’impossibilité
de pouvoir avoir leur propre chez-soi, ils sont, de plus, confrontés
à un immense vide de loisirs et de distractions. Quelles sont les
possibilités offertes à un jeune rêvant de loisirs et d’évasion ?
Aucune. En Algérie, il n’y a pas de cinéma, ou très peu, pas
d’expression théâtrale, pas de festivals de musique. Compte tenu de
son aisance financière, le pays est pourtant à même de développer
d’infinis moyens d’expression. Pourquoi ne le fait-il pas ? C’est ce
vide culturel, cette absence de loisirs, cette difficulté à vivre
son adolescence, à se réaliser, en dehors de l’incontournable
football, qui explique la prolifération, exponentielle, de l’usage
de stupéfiants chez les jeunes Algériens. Une solution plus aisée
pour oublier l’environnement ambiant et sa triste existence. Les
pouvoirs publics, quand ils sont confrontés à des émeutes, préfèrent
les traiter par la répression, feignant, chaque fois, n’avoir pas
compris qu’elles sont, en réalité, autant de cris de désespoir
exprimant le
ras-le-bol d’une
jeunesse en mal de vivre qui n’a trouvé que ce moyen pour tenter
d’attirer l’attention sur ses difficultés d’être. Aussi longtemps
que l’on n’aura pas fait en sorte de répondre à leurs désirs
légitimes, à leurs attentes et à leurs motivations, les jeunes
algériens continueront à rêver d’un autre ailleurs ou, à défaut, à
continuer de détruire leur vie, à petit feu, en s’enfonçant,
graduellement, dans la drogue et (ou) la délinquance.
Ahmed
Mahieddine
Haut
Après 8 ans de chômage
Le calvaire des
ex-travailleurs de l’ETUSA continue
Vieux de 8 ans, le
problème des fonctionnaires de l’Etusa, licenciés en 1998, est loin
de connaître son épilogue. Et pour cause, les 302 ex- travailleurs,
compressés depuis, sont toujours à la croisée des chemins. N’ayant
rien vu venir de concret de la part des responsables de cette
entreprise, ces derniers ont décidé d’une conférence de presse, qui
doit se tenir aujourd’hui, dans l’espoir de se faire entendre.
Ainsi, les représentants des grévistes de la faim de l’établissement
de transport urbain et suburbain de la wilaya d’Alger, ex-RSTA, en
quête, depuis le 17 septembre 1998, de leurs droits, reconnus
pourtant par la législation de travail en vigueur, notamment la loi
94/09 et 94/11 portant préservation de l’emploi et protection des
salariés, organisent, une conférence de presse sur l’esplanade du
siège de l’UGTA. Au cours de cette conférence, qui se tiendra sur le
parvis de la maison du Peuple, fief de l’Union générale des
travailleurs algériens (UGTA), les représentants des grévistes
dénonceront les «soi-disant responsables syndicaux qui ont bafoué
l’un des fondements principaux de tout mouvement syndical, le droit
à la grève en l’occurrence, et ce, en ayant l’audace
d’instrumentaliser les services de police du 8e arrondissement à des
fins personnelles occultes.» Le représentant des ex-travailleurs de
l’Utusa, Bellakhdar Amar, qui s’est présenté, hier, au siège de
notre journal, a indiqué que «la force publique a été
réquisitionnée» pour
«chasser» les
travailleurs grévistes après 32 jours de grève de la faim sans
l’aval du procureur de la République. Ce dernier nous a fait savoir
que c’est suite à une plainte qu’aurait déposée le nouveau président
de la fédération nationale de transport, Abdelaziz Hamichi, que la
police a pris la décision d’intervenir afin de chasser les grévistes
de l’Etusa. Bellakhdar Amar, lui-même en grève de la faim, n’a pas
ménagé les cadres du syndicat, qui «sont allés négocier avec les
responsables de l’Entreprise du transport urbain et suburbain de la
wilaya d’Alger sans que les concernés ne soient consultés». Pour
rappel, sur les 302 travailleurs de l’Etusa, toutes catégories
confondues, compressés en 1998, seulement 11 ont pu avoir gain de
cause. Lors de la réunion à laquelle ont pris part les cadres
syndicaux et les responsables de l’Etusa, il a été décidé de
recruter, de nouveau, les travailleurs licenciés. Or, outre leur
réintégration, ceux-ci demandent le paiement de 96 mois de salaires
impayés.
Djamel Oukali
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