|
Abdellah Benadouda, chargé de communication de la Maison
d’édition Chihab
«Le manuel
scolaire est le fer de lance des éditeurs»
Orientée au départ
vers l’édition parascolaire, la maison d’éditions Chihab à investi
les volets universitaires, sciences humaines et littérature. Ce qui
fait d’elle, l’une des plus importantes maisons d’édition en
Algérie. Aussi, sur le plan international, Editions Chihab possède,
à l’instar de Casbah éditions, une expérience avérée dans le domaine
de la cession de droits et de la coédition avec des maisons
d’édition françaises, notamment Eyrolles, Flammarion, Robert
Laffont, le Seuil, La Découverte, Plon, ainsi avec des éditeurs
arabes tels Dar el Maarif en Tunisie et Dar El Ouyoun au Maroc.
Pourvue d’une filiale distribution, la maison Chihab assure la
diffusion de ses ouvrages ainsi que des principaux éditeurs
algériens, européens et arabes. Plus de 12.000 titres meublent
l’espace de sa librairie Chihab sise à Bab El-Oued, répartie sur
deux niveaux. Après le XIe Sila, nous avons approché le chargé de
communication, Abdellah Benadouda qui plaide pour une véritable
réflexion relative à une politique globale du livre. Ecoutons-le.
- Le jour
d’Algérie : Pouvez-vous nous faire une première évaluation du XIe
Sila auquel vous avez pris part par rapport aux éditions précédentes
?
M. Abdellah
Benadouda : Une chose est
sûre, tout le monde s’accorde à dire que le XIe Sila a connu une
affluence nombreuse. Pour ceux qui sont venus réaliser des
opérations de vente, c’était certes, une aubaine pour eux. En
revanche, pour les véritables professionnels soucieux des aspects
plus professionnels du métier, c’était une déception. Pour nous, en
tant qu’éditeur, il y a un véritable changement qui s’est opéré
dans le salon depuis son retour en 2000, à l’initiative des
éditeurs algériens. Ce salon que nous espérions un véritable
rendez-vous professionnel s’est, peu à peu, transformé, à notre
grand désenchantement, en une sorte de «braderie» où l’objectif
principal est de vendre la plus grande quantité d’ouvrages. Nous
pensons qu’il faut revenir très vite à un salon réellement
professionnel, un vrai lieu d’échange et de rencontres. Sinon, je
pense que le lieu naturel pour acquérir des livres et durant toute
l’année, reste indéniablement la librairie.
- Quel est le
bilan que vous dressez pour une maison d’édition qui capitalise une
expérience de plus de seize années dans le marché de l’édition du
livre ?
Seize années,
c’est à peu près l’âge de l’édition privée en Algérie, qui a connu
son véritable départ avec l’ouverture démocratique de 1988. Vous
comprenez donc que c’est une jeune profession qui, malgré les
difficultés rencontrées, commence à se professionnaliser.
- Peut-on
connaître le nombre d’ouvrages parus sous les presses de la maison
Chihab ?
Depuis la
naissance de la maison (en 1989, ndlr), nous comptabilisons plus de
600 titres (40 pour cette année, ndlr) entre ouvrages parascolaires
Histoire, essais, témoignages et littérature.
- Revenons au
manuel scolaire qui demeure quelque peu le maillon faible au niveau
aussi bien de la production que de celui de la distribution. Cette
année la confection de l’outil pédagogique n’a pas été confiée aux
éditeurs privés. Pourquoi ?
Il faudrait
peut-être poser la question aux personnes en charge du secteur. Il y
eu effectivement une expérience menée avec les éditeurs privés en
2003. Mais malheureusement cette expérience n’a pas été renouvelée
par la suite. Un temps de réflexion et d’analyse est probablement
nécessaire pour faire le bilan de cette opération mais nous sommes
persuadés que l’association du privé dans la confection du manuel
scolaire reste incontournable.
- Selon vous, y
a-t-il un retour au monopole par le biais de l’Onps ?
Pour l’instant,
peut-être que la chose peut être perçue sous cet angle, mais je
vous signale également que la démonopolisation reste inéluctable.
Une opération a été tentée. Elle a été globalement positive. La
volonté politique existe, il faut juste trouver les mécanismes
d’application susceptibles de satisfaire les exigences de tous les
partenaires concernés.
- S’agissant de
l’imposition douanière du livre importé et des inputs, serait-elle
aussi élevée que lors des années précédentes ?
Les taxes sur le
livre importé ont été réduites à 12 % (5 % de droits de douanes et 7
% de TVA) quant aux inputs rien n’a été fait encore, c’est-à-dire
que les mêmes taxes sont encore en vigueur
(15 % de douanes
et 17 % de TVA).
Sans pour autant
confronter les deux activités (édition nationale et importation,
ndlr) qui sont en réalité complémentaires, nous militons pour une
taxe zéro pour les deux. A ce titre, nous espérons, avec la
loi-cadre du livre que Madame la ministre de la Culture a promis
avant la fin de l’année, que les propositions faites par les
professionnels du livre au département concerné soient prises en
considération. Ça serait en tout cas un beau cadeau de fin d’année.
- Outre
l’organisation des rencon-tres avec les auteurs et la tenue de
débats thématiques, quel sera votre programme d’action pour cette
saison ?
Nous mettons en
place un programme d’action étoffé pour 2007, année avec bien
entendu la tenue de rencontres littéraires et de vente dédicaces,
mais également reprendre l’idée des débats thématiques qui ont eu
beaucoup de succès les années précédentes.
- Vous
souhaitez conclure…
Je dois dire que
je suis peiné de constater la «mort programmé» de tout le réseau de
librairies de l’ex-Enal. Rappelons que ces librairies sont un
patrimoine national et que cela est dramatique, voire criminel de
les voir se transformer en magasins de chaussures et autres
pizzerias sans pour autant que les pouvoirs publics daignent réagir.
Propos
recueillis par
Hacène K.
Haut
La pianiste Géraldine Dutroncy à l’auditorium de la Radio
algérienne «Aïssa Messaoudi»
L’auditorium de la
Radio algérienne «Aïssa Messaoudi» accueillera ce soir la pianiste
Géraldine Dutroncy pour gratifier le public d’un répertoire riche et
varié. La soliste et chambriste qui s’est vu décerner plusieurs
premiers prix dont le 5e prix du concours international de piano F.
Schubert à Dortmund en Allemagne, s’est produite à travers les
villes de l’Hexagone et a effectué de nombreuses tournées qui l’ont
conduite en Chine, Corée du Sud, Birmanie, Indonésie, Italie,
Espagne, Maroc, Tunisie, Etats-Unis. Elle doit à sa passion pour la
musique des XXe et XXIe siècles et travaille avec de nombreux
compositeurs, principalement Tristan Murail à New York et Pierre
Boulez à Paris.
Parallèlement à
ses activités de concertiste, Géraldine Dutroncy se joint à
plusieurs formations d’orchestre : Ensemble TM+, Choeur de chambre
Accentus, Orchestre Philharmonique de Radio-France, Orchestre de
Paris, Orchestre National de l’Ile-de-France, Orchestre de Picardie,
Ensemble XXI, Orchestre National de France et surtout l’Ensemble
Intercontemporain avec lequel elle effectue des prestigieuses
tournées, parmi lesquelles celle au Royaume-Uni où elle joue Les
noces d’Igor stravinsky sous la direction de Pierre Boulez au Royal
Albert Hall de Londres et à Edimbourg. Géraldine Dutroncy se
distingue également au Festival d’Automne à Paris, au Centre
Pompidou, dans des œuvres d’Hans Peter Kyburz, Danse Aveugle et la
création de Double Points : Un disque consacré à la compositrice
Unsuk Chin vient également de paraître chez Deutsch Grammophon.
H. K.
Haut
L’artiste inhume hier
Vibrant hommage
à Mohamed Bouamari
Un vibrant hommage
a été rendu, hier au Palais de la culture «Moufdi- Zakaria», au
cinéaste Mohamed Bouamari, décédé vendredi d’une crise cardiaque à
l’âge de 65 ans. A cette occasion, une cérémonie de recueillement a
été organisée en présence de la ministre de la Culture Mme Khalida
Toumi, avant l’inhumation du défunt dans l’après-midi au cimetière
de Sidi Merzouk à Ben Aknoun (Alger). En cette circonstance, la
ministre de la Culture qui a qualifié le décès de Mohamed Bouamari
de «grande perte», lui a rendu hommage pour son apport au cinéma
algérien. La ministre s’est «engagée» à apporter les dernières
retouches au film «Le mouton» dont le cinéaste a entamé le tournage,
qualifiant cet engagement de «considération pour l’apport
incommensurable du défunt et de tous les artistes ravis à la scène
artistique algérienne». Louant les qualités du défunt, Mme Toumi a
exprimé toute sa «reconnaissance à la contribution remarquable de ce
grand réalisateur à la culture nationale et au septième art».
Mohamed Bouamari a marqué de son empreinte l’histoire du cinéma
algérien, a-t-elle ajouté, rappelant que «le défunt n’était pas
uniquement cet artiste qui savait si bien divertir et distraire mais
celui qui cherchait toujours à faire toute la lumière sur les maux
et les espoirs dont est jalonnée la vie. Il fut le premier à avoir
traité à travers son film «Le charbonnier» de la conscience du
paysan algérien et de son impérative contribution à la révolution»,
a-t-elle rappelé.
Avec la départ de
Mohamed Bouamari, «la culture et le cinéma algériens perdent une
figure culturelle emblématique dont la vie entière a été vouée au
cinéma national», estime Mme Toumi avant de souligner que «le
message que portent les œuvres du défunt est l’un des plus nobles
car s’adressant aux cœurs avant les esprits».Par ailleurs, les
artistes et amis du défunt ont été unanimes à qualifier son départ
de «grande perte» pour le septième art en Algérie avant de rendre
hommage à «ce grand frère dont la noblesse du caractère lui valût
l’estime et la considération de tous».Mohamed Bouamari, natif de la
région de Sétif, s’est distingué par une série de films historiques,
à commencer par son tout premier «Le conflit» (1964) puis
«L’obstacle» (1965), «La cellule» (1965), «Le ciel et les affaires»
(1967) et «Le charbonnier», son film de référence qui le propulsa
sur les devants de la scène cinématographique nationale.
Redouane A.
Haut
Copyright 2003
Le Jour d'Algérie. Conception
M.Merkouche
|