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Abdellah Benadouda, chargé de communication de la Maison d’édition  Chihab

«Le manuel scolaire est le fer de lance des éditeurs»

La pianiste Géraldine Dutroncy à l’auditorium de la Radio algérienne «Aïssa Messaoudi»

L’artiste inhume hier

Vibrant hommage à Mohamed Bouamari

 

 03/12/06

 

 Abdellah Benadouda, chargé de communication de la Maison d’édition  Chihab

«Le manuel scolaire est le fer de lance des éditeurs»

Orientée au départ vers l’édition parascolaire, la maison d’éditions Chihab à investi les volets universitaires, sciences humaines et  littérature. Ce qui fait d’elle, l’une des plus importantes maisons d’édition en Algérie. Aussi, sur le plan international, Editions Chihab possède, à l’instar de Casbah éditions, une expérience avérée dans le domaine de la cession de droits et de la coédition avec des maisons d’édition françaises, notamment Eyrolles, Flammarion, Robert Laffont, le Seuil, La Découverte, Plon, ainsi avec des éditeurs arabes tels Dar el Maarif en Tunisie et Dar El Ouyoun au Maroc. Pourvue d’une filiale distribution, la maison Chihab assure la diffusion de ses ouvrages ainsi que des principaux éditeurs algériens, européens et arabes. Plus de 12.000 titres meublent l’espace de sa librairie Chihab sise à Bab El-Oued, répartie sur deux niveaux. Après le XIe Sila, nous avons approché le chargé de communication, Abdellah Benadouda qui plaide pour une véritable réflexion relative à une politique globale du livre. Ecoutons-le.

 

- Le jour d’Algérie : Pouvez-vous nous faire une première évaluation du XIe Sila auquel vous avez pris part par rapport aux éditions précédentes ?

 

M. Abdellah Benadouda : Une chose est sûre, tout le monde s’accorde à dire que le XIe Sila a connu une affluence nombreuse. Pour ceux qui sont venus réaliser des  opérations de vente, c’était certes, une aubaine pour eux. En revanche, pour les  véritables professionnels soucieux des aspects plus  professionnels du métier, c’était une déception. Pour nous, en tant qu’éditeur, il y a un  véritable changement qui s’est opéré dans le salon depuis son retour en  2000, à l’initiative des éditeurs algériens. Ce salon que nous  espérions un véritable rendez-vous professionnel s’est, peu à peu,  transformé, à notre grand désenchantement, en une sorte de «braderie» où l’objectif principal est de vendre la plus grande quantité d’ouvrages. Nous pensons qu’il faut revenir très vite à un salon réellement professionnel, un vrai lieu d’échange et de rencontres.  Sinon, je pense que le lieu naturel pour acquérir des livres et durant toute l’année, reste indéniablement la librairie.

 

- Quel est le bilan que vous dressez pour une maison d’édition qui capitalise une expérience de plus de seize années dans le marché de l’édition du livre ?

Seize années, c’est à peu près l’âge de l’édition privée en Algérie, qui a connu son véritable départ avec l’ouverture démocratique de 1988. Vous  comprenez donc que c’est une jeune profession qui, malgré les difficultés rencontrées, commence à se professionnaliser. 

 

- Peut-on connaître le nombre d’ouvrages parus sous les presses de la  maison Chihab ?

Depuis la naissance de la maison (en 1989, ndlr), nous comptabilisons  plus de 600 titres (40 pour cette année, ndlr) entre ouvrages  parascolaires Histoire, essais, témoignages et littérature.

 

- Revenons au  manuel scolaire qui demeure quelque peu le maillon faible  au niveau aussi bien de la production que de celui de la distribution.  Cette année la confection de l’outil pédagogique n’a pas été confiée aux éditeurs privés. Pourquoi ?

Il faudrait peut-être poser la question aux personnes en charge du secteur. Il y eu effectivement une expérience menée avec les éditeurs privés en 2003. Mais malheureusement cette expérience n’a pas été renouvelée par la suite. Un temps de réflexion et  d’analyse est probablement nécessaire pour faire le bilan de cette opération mais nous sommes persuadés que l’association du privé dans la  confection du manuel scolaire reste incontournable.

 

- Selon vous, y a-t-il un retour au monopole par le biais de l’Onps ?

Pour l’instant, peut-être que la chose peut être perçue sous cet angle,  mais je vous signale également que la démonopolisation reste inéluctable. Une opération a été tentée. Elle a été globalement positive. La volonté politique existe, il faut juste trouver les mécanismes  d’application susceptibles de satisfaire les exigences de tous les partenaires concernés.

 

- S’agissant de l’imposition douanière du livre importé et des inputs, serait-elle aussi élevée que lors des années précédentes ?

Les taxes sur le livre importé ont été réduites à 12 % (5 % de droits de douanes et 7 % de TVA) quant aux inputs rien n’a été fait encore,  c’est-à-dire que les mêmes taxes sont encore en vigueur

(15 % de douanes et 17 % de TVA).

Sans pour autant confronter les deux activités (édition nationale et importation, ndlr) qui sont en réalité complémentaires, nous militons pour une taxe zéro pour les deux.  A ce titre, nous espérons, avec la loi-cadre du livre que Madame la ministre de la Culture a promis avant la fin de l’année, que les  propositions faites par les professionnels du livre au département concerné soient prises en considération. Ça serait en tout cas un beau cadeau de fin d’année.

 

- Outre l’organisation des rencon-tres avec les auteurs et la tenue de débats thématiques, quel sera votre programme d’action pour cette saison ?

Nous mettons en place un programme d’action étoffé pour 2007, année avec  bien entendu la tenue de rencontres littéraires et de vente dédicaces,  mais également reprendre l’idée des débats thématiques qui ont eu  beaucoup de succès les années précédentes.

 

 

- Vous souhaitez conclure…

Je dois dire que je suis peiné de constater la «mort programmé» de tout le réseau de  librairies de l’ex-Enal. Rappelons que ces librairies sont un patrimoine national et que cela est dramatique, voire criminel de les  voir se transformer en magasins de chaussures et autres pizzerias sans pour autant que les pouvoirs publics daignent réagir.

Propos recueillis par

Hacène K.

 

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La pianiste Géraldine Dutroncy à l’auditorium de la Radio algérienne «Aïssa Messaoudi»

L’auditorium de la Radio algérienne «Aïssa Messaoudi» accueillera ce soir la pianiste Géraldine Dutroncy pour gratifier le public d’un répertoire riche et varié. La soliste et chambriste qui s’est vu décerner plusieurs premiers prix dont le 5e prix du concours international de piano F. Schubert à Dortmund en Allemagne, s’est produite à travers les villes de l’Hexagone et a effectué de nombreuses tournées qui l’ont conduite en Chine, Corée du Sud, Birmanie, Indonésie, Italie, Espagne, Maroc, Tunisie, Etats-Unis. Elle doit à sa passion pour la musique des XXe et XXIe siècles et travaille avec de nombreux compositeurs, principalement Tristan Murail à New York et Pierre Boulez à Paris.

Parallèlement à ses activités de concertiste, Géraldine Dutroncy se joint à plusieurs formations d’orchestre : Ensemble TM+, Choeur de chambre Accentus, Orchestre Philharmonique de Radio-France, Orchestre de Paris, Orchestre National de l’Ile-de-France, Orchestre de Picardie, Ensemble XXI, Orchestre National de France et surtout l’Ensemble Intercontemporain avec lequel elle effectue des prestigieuses tournées, parmi lesquelles celle au Royaume-Uni où elle joue Les noces d’Igor stravinsky sous la direction de Pierre Boulez au Royal Albert Hall de Londres et à Edimbourg. Géraldine Dutroncy se distingue également au Festival d’Automne à Paris, au Centre Pompidou, dans des œuvres d’Hans Peter Kyburz, Danse Aveugle et la création de Double Points :  Un disque consacré à la compositrice Unsuk Chin vient également de paraître chez Deutsch Grammophon.

H. K.

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L’artiste inhume hier

Vibrant hommage à Mohamed Bouamari

Un vibrant hommage a été rendu, hier au Palais de la culture «Moufdi- Zakaria», au cinéaste Mohamed Bouamari, décédé vendredi d’une crise cardiaque à l’âge de 65 ans. A cette occasion, une cérémonie de recueillement a été organisée en présence de la ministre de la Culture Mme Khalida Toumi, avant l’inhumation du défunt dans l’après-midi au cimetière de Sidi Merzouk à Ben Aknoun (Alger). En cette circonstance, la ministre de la Culture qui a qualifié le décès de Mohamed Bouamari de «grande perte», lui a rendu hommage pour son apport au cinéma algérien. La ministre s’est «engagée» à apporter les dernières retouches au film «Le mouton» dont le cinéaste a entamé le tournage, qualifiant cet engagement de «considération pour l’apport incommensurable du défunt et de tous les artistes ravis à la scène artistique algérienne». Louant les qualités du défunt, Mme Toumi a exprimé toute sa «reconnaissance à la contribution remarquable de ce grand réalisateur à la culture nationale et au septième art». Mohamed Bouamari a marqué de son empreinte l’histoire du cinéma  algérien, a-t-elle ajouté, rappelant que «le défunt n’était pas uniquement cet artiste qui savait si bien divertir et distraire mais celui qui cherchait toujours à faire toute la lumière sur les maux et les espoirs dont est jalonnée la vie. Il fut le premier à avoir traité à travers son film «Le charbonnier» de la conscience du paysan algérien et de son impérative contribution à la révolution», a-t-elle rappelé.

Avec la départ de Mohamed Bouamari, «la culture et le cinéma algériens perdent une figure culturelle emblématique dont la vie entière a été vouée au cinéma national», estime Mme Toumi avant de souligner que «le message que portent les œuvres du défunt est l’un des plus nobles car s’adressant aux cœurs avant les esprits».Par ailleurs, les artistes et amis du défunt ont été unanimes à qualifier son départ de «grande perte» pour le septième art en Algérie avant de rendre hommage à «ce grand frère dont la noblesse du caractère lui valût l’estime et la considération de tous».Mohamed Bouamari, natif de la région de Sétif, s’est distingué par une série de films historiques, à commencer par son tout premier «Le conflit» (1964) puis «L’obstacle» (1965), «La cellule» (1965), «Le ciel et les affaires» (1967) et «Le charbonnier», son film de référence qui le propulsa sur les devants de la scène cinématographique nationale.       

Redouane A.

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