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Union

   

 

 03/12/06

 

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Au Liban, les choses n’ont jamais vraiment été simples, mais depuis la mort de Rafic Hariri, elles se sont carrément compliquées. A l’instar des démonstrations de force exercées par les deux camps, à savoir les anti et les pro-syriens, après l’assassinat de l’ex-Premier ministre libanais en février 2005, des manifestations grandioses ont été organisées après l’attentat perpétré contre le ministre libanais de l’Industrie, Pierre Gemayel. Pour ceux qui sont farouchement opposés à la Syrie, malgré son départ du pays il y a un an, sous la pression internationale, ce nouvel assassinat a été l’occasion de ressortir leur revendication. Mais si elles semblaient tout à fait légitimes il y a un an et demi, aujourd’hui elles sont dénuées de sens. En effet, la Syrie a quitté le Liban et il semble difficile de lui demander concrètement plus. Toutefois, les anti-syriens, persuadés de l’implication néfaste de la Syrie dans les affaires de leur pays, demandent à celle-ci de laisser le Liban tranquille et de lui redonner sa totale souveraineté. Pour ce faire, ils demandent par ailleurs l’aide de la communauté internationale. Pourtant, il semblerait que le camp anti-syrien ait oublié un détail de taille. Les pro-syriens, c’est-à-dire ceux qui considèrent la Syrie comme un pays ami et donc comme un allié de poids face aux Israéliens et aux Américains, sont, eux, plus nombreux. Et ces derniers sont bien décidés à le rappeler à ceux qui l’auraient oublié. En effet, le camp pro-syrien, composé de la population chiite ainsi que d’une grande partie de la population chrétienne libanaise, se targue de constituer à lui seul 70% des Libanais et d’être, de cette façon, la véritable majorité du pays. Autre aspect, l’alliance entre chiites et chrétiens met à mal toutes les idées préconçues qui voulaient transformer les affrontements politiques et idéologiques au Liban en clivages ayant pour source originelle les différents mouvements religieux cohabitant au pays du Cèdre.

Pour les Occidentaux comme pour une partie des Libanais, l’union chiito-chrétienne est la démonstration de force du mouvement pro-syrien qui, au-delà des différence de dogme,  vont plus loin pour offrir un nouveau souffle au Liban, basé sur des vérités exclusivement politiques.

Fouzia Mahmoudi

 

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