Points chauds 

Par Fouzia Mahmoudi

Hostilités   

Si les relations de la Chine et du Japon se sont considérablement détériorées ces dernières années, et plus particulièrement ces derniers mois, cela n'est pas seulement du fait de Pékin et de ses revendications sur les Îles Senkak-Diaoyu et de la zone aérienne d'Asie-Sud-Est. En effet, depuis l'arrivée au pouvoir de l'actuel Premier ministre japonais, les Chinois ont quelques raisons de se sentir concernés par la politique pratiquée par leurs voisins. Dans un communiqué diffusé le 1er janvier, le Premier ministre de l'archipel Shinzo Abe (élu de 2006 à 2007, puis en décembre 2012) a – une nouvelle fois – rappelé sa ferme volonté de changer la Constitution pacifiste de 1947, héritée de l'après-guerre. L'homme ne dérogeant pas ainsi à sa réputation de «faucon» ultranationaliste. Il s'agit, selon des analystes, pour le leader du Parti libéral démocrate (PLD) de «réviser une loi fondamentale imposée au Japon par les Américains» qui ont occupé l'île pendant sept ans après la défaite de 1945. Une révision sur laquelle plusieurs Premiers ministres se sont cassé les dents, son adoption requérant «les deux tiers des voix du Parlement japonais et un référendum favorable». Même majoritaires aujourd'hui, les élus du PLD risquent fort de se heurter à un blocage parlementaire. Si le texte nécessite bel et bien quelques mises à jour, la révision vise surtout l'article 9. Dans le viseur des conservateurs, ce dernier entérine l'acceptation par les Japonais de renoncer «pour toujours à la guerre», empêchant notamment le pays de maintenir «des forces terrestres, navales et aériennes ou tout autre potentiel de guerre». Réviser l'article 9, c'est en finir avec «le régime de l'après-guerre» et permettre au Japon de se doter d'«une véritable armée afin de contribuer plus efficacement au maintien de la paix dans le monde, mais aussi pour mieux assurer sa défense». Depuis plusieurs décennies, les dirigeants japonais ont joué sur les mots pour permettre le réarmement progressif de leur pays, sans contrevenir à la Constitution. En formant les forces d'autodéfense japonaises (FAD) plutôt qu'une armée offensive, le pouvoir nippon – largement soutenu par l'allié américain – est parvenu à hisser l'archipel au rang de 5e budget mondial en matière de défense. Un budget militaire réévalué à la hausse (+ 5 %) pour les cinq années à venir. Autant dire que ces changements risquent de créer encore de nombreux conflits dans la région. Mais l'on attend surtout la réaction du grand allié de Tokyo, Washington. Comment les Américains vont en effet réagir face à la détermination de Shinzo de remettre en cause les fondements de l'accord qui a permis au Japon et aux États-Unis de passer d'ennemis à alliés. Le rôle des Américains sera surtout crucial lorsqu'il s'agira de calmer la situation déjà surtendue entre Tokyo et Pékin et d'éviter que la région déjà fragilisée par les hostilités et provocations de la Corée du Nord ne devienne un véritable nid de guêpes.

F.M.

 

Monde

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 04/01/14

 

Conflit israélo-palestinien

Kerry tente d’aplanir les divergences

Le Secrétaire d'État américain John Kerry s'efforçait de rapprocher hier les vues d'Israël et des Palestiniens sur un projet «d'accord-cadre» traçant les grandes lignes d'un règlement final de leur conflit, au second jour de sa 10e mission dans la région.

M. Kerry s'entretenait à la mi-journée avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu à Jérusalem, après l'avoir rencontré jeudi pendant cinq heures. ll devait être reçu en début de soirée par le président palestinien Mahmoud Abbas à Ramallah en Cisjordanie. Le secrétaire d'État a eu une entrevue le matin avec le controversé ministre israélien des Affaires étrangères Avigdor Lieberman, mais aucun détail n'a filtré sur le contenu des discussions tenues en présence de responsables israéliens et américains. Durant sa mission de quatre jours, John Kerry examine avec Israéliens et Palestiniens un projet «d'accord-cadre» américain traçant les grandes lignes d'un règlement définitif – les frontières, la sécurité, le statut de Jérusalem et le sort des réfugiés palestiniens. «J'ai l'intention de travailler avec les deux parties plus intensément pour aplanir les divergences sur un cadre qui offrirait les lignes directrices agréées pour les négociations sur le statut final», a-t-il expliqué jeudi. «Un accord-cadre accepté (par les deux camps) serait une percée significative qui permettrait de couvrir tous les problèmes de fond», a-t-il fait valoir. Les détails du texte n'ont pas été officiellement révélés. Selon le commentateur israélien Ben Caspit, il s'agirait seulement d'un document «vague, un exposé général sur les arrangements auquel on peut s'attendre» qui a pour objectif de justifier la prolongation des négociations au delà de la date butoir du 29 avril, terme des neuf mois prévus pour ces pourparlers. Le négociateur en chef palestinien Saëb Erakat a toutefois averti à nouveau qu'«il est impossible de prolonger les négociations une seule minute après les neuf mois» impartis, dans une interview hier au journal «Asharq AlAwsat» basé à Londres. Les Palestiniens sont opposés à tout accord «intérimaire» avec Israël, alors que les négociations de paix relancées en juillet après près de trois ans d'interruption ne progressent pas en raison des profondes divergences. De fait Israéliens et Palestiniens s'accusent mutuellement de saboter les efforts de paix. M. Netanyahu a reproché à M. Abbas d'avoir accueilli en «héros» les prisonniers palestiniens relâchés cette semaine par Israël qui les qualifie d'«assassins». «On doute de plus en plus en Israël que les Palestiniens soient engagés pour la paix», a-t-il averti. Plusieurs contentieux, en particulier l'extension des colonies à Jérusalem-Est annexée et en Cisjordanie occupée et le statut de la vallée du Jourdain, pèsent sur les entretiens de John Kerry. M. Abbas a menacé de saisir des instances internationales contre «le cancer de la colonisation» et renouvelé son refus de «toute présence militaire israélienne dans des territoires appartenant à l'État indépendant de Palestine», allusion à la vallée du Jourdain, aux frontières de la Cisjordanie et de la Jordanie. Selon le quotidien israélien «Maariv», lors de son dernier déplacement en décembre, M. Kerry a proposé «une présence militaire israélienne limitée aux points de passage sur le Jourdain pour un nombre limité d'années». Une commission ministérielle israélienne vient d'adopter un projet de loi, présenté par la droite ultra-nationaliste, qui prévoit l'annexion de la vallée du Jourdain même en cas d'accord de paix. Bien qu'il ait, selon les commentateurs israéliens, surtout une valeur symbolique, ce projet a été dénoncé par les Palestiniens, qui acceptent uniquement le déploiement d'une force internationale dans la vallée du Jourdain, une solution rejetée par Israël. Le chef de la diplomatie américaine se trouve en Israël au moment où l'ex-Premier ministre Ariel Sharon, dans le coma depuis huit ans, est à l'article de la mort. M. Kerry assuré ses hôtes que «tous les Américains ont une pensée pour Israël et son ancien dirigeant». Sa visite a en outre coïncidé avec des violences à Ghaza. Un Palestinien de 16 ans est décédé après avoir été blessé jeudi par un tir israélien et l'aviation israélienne y a mené des raids de représailles à un tir de roquette sur Israël.   

A.O.   

 

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