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Rencontre avec Yasmina Khadra au XIe Sila
«Je donne au
lecteur à voir ce qu’on lui cache»
Dans le cadre des
rencontres organisées par le XIe Sila, l’écrivain Yasmina Khadra a
été l’hôte jeudi dernier du café littéraire pour animer une
conférence-débat au cours de laquelle il a présenté la trilogie de
ses œuvres : «l’Attentat», «les Sirènes de Baghdad» et «la Rose de
Blida».
Venu nombreux, le
public a pu suivre le combat que mène l’ex-officier de l’armée
algérienne, Mohamed Mousselhoul – alias Yasmina Khadra– , à travers
ses écrits, notamment «l’Attentat» et «les Sirènes de Baghdad», à
travers lesquels il s’est longuement attardé. Au cours de la
conférence-débat, le côté style et l’aspect esthétique littéraire
ont été supplantés par le discours engagé de l’auteur. «J’essaie de
lutter contre l’idée qui veut présenter le terrorisme comme un cas
pathologique». Le long de la rencontre, l’accent a été en effet, mis
sur les axes forts qui alimentent l’actualité occidentale :
terrorisme, extrémisme, islamisme, entre autres. Interrogé sur ce
désir d’écrire sur ses sujets liés directement à l’actualité et qui
sont déjà illustrés dans ses romans «les Hirondelles de Kaboul» et
«l’Attentat», Yasmina Khadra indique que ses livres qui se situaient
en Algérie lui «ont permis d’être reconnu un peu partout, y compris
aux Etats-Unis» et qu’il «avait envie donc de profiter de l’intérêt
qu’on (lui) porte pour dire le monde». «A travers mes livres, je
prends l’Occidental par la main et je l’emmène au commencement du
malentendu. Je le sensibilise et lui prouve que ce monde-là ne
traverse pas une crise idéologique mais politique», dit-il.
«Certains croient, à tort, que le terrorisme est une seconde nature
chez les Arabes et les musulmans. Or, ce sont précisément ces
derniers qui en souffrent le plus et qu’on essaye d’isoler ainsi
dans leur tragédie.» Pour Yasmina Khadra, le terme «intégration est
diaboliquement raciste» dans la mesure, souligne-t-il, où «nous
assistons à une désintégration du peuple palestinien (…). Je milite
à ma manière contre cette idée et contre celle qui veut présenter le
terrorisme comme un cas pathologique», commente le conférencier qui,
par ailleurs, ne va pas de main morte pour «fouetter» littéralement
la nation arabe qui «s’est dévitalisée». Yasmina Khadra explique les
motivations qui l’ont conduit à écrire «l’Attentat», (un livre écrit
en quatre mois) qui, rappelle-t-il, a été violemment critiqué par
des régimes arabes à telle enseigne que «certains ont voulu faire
accroire que je fais l’apologie du sionisme», dira l’auteur, qui
répond à ses détracteurs que le «livre désarme plutôt Israël».
Interrogé sur son parcours en tant que militaire à celle d’écrivain,
Yasmina Khadra ne voit pas utile de commenter une nouvelle fois son
passé d’ex-officier et pour lui, le combat est ailleurs. «Ce qui
m’anime en tant qu’écrivain, ce n’est pas la notoriété, sinon «je
prête ma voix à ce qu’on ne veut pas écouter», avant de poursuivre :
«Je donne au lecteur à voir ce qu’on voudrait qu’on lui cache». A
une question relative à sa propension au manichéisme, l’auteur de «Morituri»
dira que la conception d’écrivain puise son essence de «la liberté
et de l’intelligence» et «si les critiques relèvent une dose
d’humanisme dans mes écrits, c’est tant mieux». Dans «l’Attentat»
qui sera porté à l’écran (scénario confié à un metteur en scène
libanais), Yasmina Khadra précise qu’il tient à faire «montrer les
différentes facettes qui conduisent à ce basculement et éviter
ainsi d’enfermer la colère dans un seul moule, voire une vision
étriquée». Pour moi «la violence est partout, elle est humaine»,
renchérit-il. Revenant sur les écrivains qui ont marqué son enfance,
Mohamed Mousselhoul, cite l’écrivain Malek Haddad qui a bouleversé
son enfance, un écrivain qui a su faire parler les murs. L’orateur
terminera sa conférence sur une note de regret, suite à la
publication d’un écrit dans un quotidien arabophone, dans lequel une
des œuvres du romancier Anouar Benmalek est mise à l’index. «C’est
criminel de la part de la journaliste de «commettre un papier» de
nature à mettre en péril la vie de l’écrivain qui, selon lui, a été
destinataire d’une lettre de menace», conclut l’enfant de Kenadsa.
Hacène K.
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Medfilm 2006
L’Algérie
présente avec cinq films
Trois semaines
après la tenue de son premier Festival cinéma, Rome se transforme
une nouvelle fois en grande métropole du 7e art avec le déroulement
du
5 au 19 novembre
de la 12e édition du Festival du film méditerranéen «Medfilm 2006»,
dont le thème sera consacré à «l’identité et le travail». Pour ce
nouveau rendez-vous dont l’invité d’honneur est l’Espagne, l’Algérie
sera présente avec la projection de cinq productions engagées dans
toutes les différentes sections du festival qui présentera une large
rétrospective des longs et courts métrages méditerranéens et
européens, dont plusieurs d’entre eux ont obtenu des reconnaissances
au niveau international. 200 films provenant de 40 pays seront ainsi
diffusés, parmi lesquels «Douar de femmes» de Mohamed Chouikh et
«Rue des figuiers» de Yasmine Yahiaoui dans la section longs métrage
et «Regard des autres», de Rachid Benhadj dans celle du prix du
cinéma italien ainsi que les «Volets» de Lies Boukhitine et «Nana
Taous» de Sid Ali Mazif dans celles des courts métrages et des
documentaires. Plusieurs personnages et producteurs du cinéma
algérien, dont l’actrice Biyouna seront les invités d’honneur et
membres des différents jury de ce festival, où l’on retrouvera
également Yasmina Bachir Chouikh, Rachid Benhadj et Nadia Cherabi.
Le Festival Medfilm, qui se veut une fête de la culture européenne
et méditerranéenne a, d’année en année, gagné en importance. Créé en
1995, à l’occasion du centenaire du cinéma, des cinquante ans des
Nations unies et de la Déclaration de Barcelone, le Medfilm
constitue un espace de dialogue et d’échanges entre les deux rives
de la Méditerranée et une fenêtre sur le monde culturel des pays du
bassin méditerranéen et du Moyen-Orient. Dirigé par Ginella Vocca,
ce rendez-vous s’emploie à rapprocher les peuples méditerranéens par
le biais de la culture, ce qui lui confère un intérêt particulier,
dans le débat actuel entre l’Orient et l’Occident.
R. C.
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M.Merkouche
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