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Le procureur général de la cour d’Oran au Jour d’Algérie
«Il n’y a pas
d’affaire Zendjabil»
Rencontré, lundi
dernier, à la cour d’Oran, le procureur général près cette cour nous
dira que «pour nous, l’affaire Zendjabil n’existe pas». «Nous
n’avons aucun dossier sur cette affaire, absolument aucun»,
ajoute-t-il.
De notre envoyé
spécial à Oran : M. Abi
Par contre,
«l’instruction judiciaire sur l’affaire du trafic dans le foncier
agricole, dans la wilaya d’Oran, avance bien», nous dit-il, manière
à lui de laisser entendre que les vrais scandales ne sont peut-être
pas ceux que l’on croit. Le procureur général étant catégorique dans
sa réponse, il est difficile de croire qu’une affaire d’une telle
ampleur puisse exister sans qu’un dossier judiciaire ne soit ouvert
au niveau de cette cour, territorialement compétente pour, du moins,
participer à une éventuelle instruction judiciaire sur les
accusations dont Kada Hezil est l’auteur. Ceci dit, il faut noter
que ces accusations ne constituent pas une «nouveauté» puisque cet
ex-DAS de la wilaya d’Oran avait déjà comparu devant la justice, en
2002, pour ces mêmes accusations et qu’il a été condamné pour
«diffamation». A la veille du procès en appel de l’affaire de Bachir
Frik, ex-wali d’Oran, une certaine «effervescence» s’empare, depuis
quelque temps, de la scène politique locale de la wilaya d’Oran, sur
fond de «révélations» sur l’affaire Zendjabil, «baron de la drogue».
Rencontré à Oran, mardi dernier, Kada Hezil, l’auteur des
«révélations» sur les «ramifications du trafic de drogue» dans cette
wilaya, maintient ses accusations contenues dans des
correspondances adressées à des hauts responsables, dont le
président de la République. «Pourquoi être revenu à la charge,
quatre années plus tard» ? Telle était notre question à Kada Hezil.
«Je n’ai jamais cessé de prononcer ces propos, même de ma cellule où
j’ai passé quatre années, d’où j’adressais des correspondances à de
hauts responsables, dont le président de la République», nous
répond-il. «Vous êtes sorti de prison à quelle date» ?, l’avons-nous
interrogé. «En 2005», nous dit-il. L’information selon laquelle
Zendjabil se serait rendu à la première Région militaire, il y a
quelques mois, pour bénéficier des dispositions de la charte pour la
paix et la réconciliation nationale aurait-elle «motivé» cet ex-DAS
pour relancer ces accusations ? «Non», nous dit-il, ajoutant que «je
n’ai jamais cessé d’attirer l’attention des pouvoirs publics sur les
ramifications de ce réseau de trafic de drogue».
Hezil : «Je
n’ai pas de preuves …»
«Bachir Frik est
victime du cartel de la drogue à Oran. Il avait été accusé des chefs
d’inculpation retenus contre lui, parce que le cartel dirigé par
d’anciens hauts responsables dans la wilaya d’Oran considéraient
qu’il me soutenait dans mes dénonciations», nous dit-il. Cet
ex-directeur de l’action sociale (DAS) à Oran nous a remis des
copies desdites correspondances (reprises par la presse), en nous
disant que «le cartel que j’ai dénoncé constitue un véritable lobby
qui a réussi à obtenir le limogeage de deux hauts responsables avec
lesquels j’enquêtais sur le trafic de la drogue venant du Maroc et
acheminée vers des wilayas de l’ouest et de l’est du pays, ainsi que
vers l’Espagne, la France et l’Italie». Et d’ajouter, «Bachir Frik a
été incarcéré le 15/01/2002, il a été une victime dans le sillage de
mon affaire. Sans ma dénonciation du dossier de la drogue, il
n’aurait jamais été inquiété, ils l’ont soupçonné d’être de
connivence avec moi dans la formalisation de l’affaire du réseau de
trafic international de drogue. Alors qu’il n’a rien à voir avec
moi. Je ne l’ai plus revu depuis sa mutation à Annaba en juillet
1997», écrit Kada Hezil dans une correspondance adréssée, comme pour
défendre cet ex-wali condamné, poursuivi en justice, mais qui est à
la veille de son procès en appel. La défense de l’ex-wali d’Oran par
cette ex-DAS de cette wilaya est plus manifeste lorsqu’il écrit
concernant Bachir Frik, : «Peut-être qu’il a gêné le lobby de la
drogue durant son passage à Oran (1994/1997)». A l’époque je ne
m’intéressais pas à cette question».
Le retour de
Bachir Frik
Kada Hezil écrira
dans ses correspondances : «Je respecte beaucoup ce haut
fonctionnaire de l’Etat qui a fait beaucoup de réalisations pour
Oran, entre autres : 6 000 logements, 17 lycées, 16 CEM et 1100
classes». Pourquoi citer ces réalisations dans une affaire de
dénonciation de «trafic de drogue». Vérité ? Tentative de blanchir
cet ex-wali à la veille du procès en appel de ce dernier ? Nous
avons posé la question à Kada Hezil pour savoir si ces accusations
sont basées sur des preuves concrètes, des rapports des services de
sécurité ou de documents de la justice. «Je me base sur un travail
d’investigations que j’ai mené personnellement», nous répond-il.
Autrement dit, aucune preuve concrète. Kada Hezil nous remet,
toutefois, une copie d’un télex, daté du 12 mai 2001, adressé par
l’inspecteur principal des brigades des douanes d’Oran au chef de
l’inspection divisionnaire des douanes d’Oran dans lequel il est
fait état de la découverte, par un scanner anti-drogue, de «traces
de la présence de «cocaïne» sur différents points d’une remorque
frigorifique. Cependant, la visite effectuée n’a pas permis la
constatation physique des produits ci-dessus énumérés» mais «le mis
en cause a été remis au service de police (du) port d’Oran contre
décharge».
Selon lui, ce
télex a été un des points de départ des «investigations» qu’il a
menées par Kada Hezil. Le reste sont des «recoupements», nous
dit-il. Des recoupements qui, toutefois, portent de graves
accusations contre d’anciens hauts responsables de cette wilaya qui
seraient, selon lui, les «parrains» de Zendjabil qui ne serait,
ajoute Kada Hezil, qu’un «exécutant».
M. A.
Haut
Révision de la Constitution
Reportée ou
annulée ?
A la faveur des
déclarations du Chef du gouvernement et du ministre de l’Intérieur
et des Collectivités locales une question s’impose : celle de savoir
si le projet de la révision constitutionnelle est simplement reporté
ou définitivement compromis ? Certes pour l’heure la première
hypothèse semble plus plausible.
Du moins si l’on
fait une lecture à un premier degré des déclarations des deux
hommes. Dans leurs propos il est juste question de report. Ainsi
Abdelaziz Belkhadem, l’un des plus fervents partisans de
l’amendement de la loi fondamentale du pays et l’un aussi des plus
pressés de le voir aboutir, au point où il a mis en place une
commission interne chargée de plancher sur le sujet et de présenter
une mouture à Abdelaziz Bouteflika, a laissé entendre que la
non-concrétisation du projet peut s’expliquer par le fait que cette
révision n’est peut-être pas la priorité de l’heure du Président. Et
au Chef du gouvernement de préciser «qu’il (le Président) a
peut-être des priorités telles que l’audition des ministres (…).»
L’explication, faut-il le souligner pour aussi rassurante qu’elle le
veut quant à la non-remise en cause du projet, est toutefois peu
convaincante. Tout comme l’est le justificatif avancé par Yazid
Zerhouni quant à la non-organisation du référendum avant la date du
31 décembre 2006. Le ministre a expliqué ce report par le fait
«qu’il y a des délais concernant la convocation du corps électoral
qui doit se faire 45 jours avant». Or, si l’on se fie aux assurances
fournies par des sources au fait de l’organisation de consultations
électorales, il est possible de tenir le référendum dans les délais
avancés et ce, en l’organisant les 21 ou 28 décembre prochains.
Certes cela signifierait qu’il faut laisser de côté l’idée
d’instaurer un débat sur les amendements apportés mais il n’en
demeure pas moins, est-il indiqué, que ces deux dates auraient
permis à Bouteflika d’être au rendez-vous pris le 4 juillet dernier.
D’autant, est-il affirmé, qu’au plan de la logistique ce délai est
suffisant. «L’organisation d’un référendum est une opération des
plus faciles pour les responsables au niveau des collectivités
locales», affirmera un chef de daïra. C’est dire donc que la raison
invoquée par Zerhouni quant à la double difficulté, temporelle «de
situer une date, compte tenu des échéances des législatives et des
locales» et matérielle «parce qu’il y a des délais concernant la
convocation du corps électoral qui doit se faire 45 jours avant» est
discutable. Du reste lui-même l’admettra en affirmant lors de sa
déclaration faite à l’APS en marge de la cérémonie de présentation
les vœux du 1er Novembre «mais bon ! On verra bien». C’est donc que
si l’on avait ardemment voulu que la révision de la loi fondamentale
se fasse avant la fin de cette année, elle aurait eu lieu. Mais,
force est de croire que cette volonté bruyamment manifestée par le
FLN et principalement son SG qui n’a eu de cesse pour justifier
cette révision de trouver des failles au système politique en place
et de vanter les avantages que le pays et les principales
institutions ciblées par ces amendements tireraient au lendemain de
l’entrée en vigueur de la nouvelle Constitution, n’est pas partagée
par tous les cercles influents au sein du pouvoir. Cercles qui, du
reste, ont fait entendre leurs voix.
Une question de
priorités
Mais cette
opposition à une démarche, à l’origine présidentielle, puisque
faut-il le rappeler, Abdelaziz Bouteflika avait dès son premier
mandat fait part de son insatisfaction de la loi fondamentale du
pays en démontrant les chevauchements qu’elle véhicule entre les
différents pouvoirs, et qui sera reprise lors de son second entamé
en 2004 par le nouveau parti majoritaire au sein des assemblées
élues, le FLN en l’occurrence, n’est pas un caprice. Ses tenants ont
expliqué le pourquoi de cette opposition dans la conjoncture
actuelle, sans pour autant exclure à jamais cette éventualité. Car
outre le fait que le RND et le MSP, pour ne citer que ces deux
formations, alliées au sein de l’alliance présidentielle du FLN,
voient d’un mauvais œil le fait que l’initiative du changement
provienne d’une formation – voulant certainement par cette précision
pousser le Président à assumer pleinement sa volonté de procéder à
l’amendement de la Constitution en vigueur depuis novembre 1996 – il
faut surtout souligner que c’est la crainte de retombées politiques
négatives qui découleront de ce projet qui a fait réagir les parties
récalcitrantes à cette révision. Pour rappel, le ministre de
l’Intérieur Yazid Zerhouni avait publiquement fait part de son point
de vue opposé à l’idée de l’amendement en déclarant après le
référendum sur la charte que la révision n’est pas prioritaire. En
fait c’est sous cet aspect de hiérarchisation des priorités du pays
qu’il faut pour l’heure lire les propos tenus. Que cela ne soit pas
du goût de Belkhadem qui, sans nul doute, aura été contrarié de ne
pas pouvoir mener à terme un projet dans lequel lui et son parti se
sont investis, on peut le comprendre. Le «mais bon ! On verra bien»
lâché par Zerhouni reflète la compréhension de cette contrariété qui
a découlé du report de la tenue du référendum. Mais à bien le
méditer, il dénote d’une certaine fermeté et d’une prise de
conscience sur ce qui est actuellement prioritaire pour la bonne
marche du pays.
Nadia Kerraz
Haut
Forum Chine-Afrique
Bouteflika en
invité de marque
Le président
Bouteflika est arrivé hier à Beijing pour participer aux travaux de
la troisième conférence ministérielle du Forum Chine-Afrique prévue
aujourd’hui et demain.
Ce week-end, une
quarantaine de dirigeants africains ont fait le déplacement pour
prendre part aux travaux du sommet qui reflète l’influence
économique de plus en plus croissante de la Chine dans la majorité
des pays du continent Noir en raison des nombreux avantages et de la
souplesse des conditions que ce pays offre.
Ce sommet, d’une
importance majeure selon le chef d’Etat, Hu Jintao, a été précédé
par des préparations intensives en vue de réussir ce rendez-vous
pour lequel a été tracé un programme très riche. Après l’ouverture
officielle des travaux, les dirigeants chinois et africains ainsi
que les représentants du monde des affaires seront appelés à entamer
un dialogue de haut niveau avant d’assister à la cérémonie
d’ouverture de la deuxième conférence des entrepreneurs chinois et
africains. Les travaux de la première séance de la table ronde du
sommet de Pékin sont programmés demain. Les participants assisteront
ensuite à la clôture des travaux de la conférence des entrepreneurs
avant d’entamer la seconde séance de la table ronde du sommet en fin
de matinée. Les travaux de ce sommet seront sanctionnés par une
déclaration finale qui sera lue dans l’après- midi. Les chefs de la
diplomatie de Chine, d’Ethiopie et du pays qui va abriter la
quatrième conférence ministérielle, prévue dans trois ans, vont
animer une conférence de presse à l’issue des travaux.
L’axe
Alger-Pékin
Profitant de sa
présence à Pékin, le chef de l’Etat effectuera, à l’issue des
travaux de ce sommet, une visite dans la République populaire de
Chine sur l’invitation du chef de l’Etat chinois, Hu Jintao. Cette
deuxième visite qui s’étalera sur deux jours s’inscrit dans le cadre
du renforcement de partenariat entre les deux pays. «Cette visite
d’Etat traduit l’intensification de la concertation politique
algéro-chinoise en vue de la concrétisation d’un partenariat
stratégique entre l’Algérie et la Chine s’étendant à tous les
domaines de coopération» rapporte l’APS citant une source
officielle. Ces dernières années, la coopération entre les deux pays
a connu un renforcement dont les résultats sont très plausibles.
Cette coopération a concerné plusieurs secteurs, notamment les
hydrocarbures, le nucléaire, les télécommunications, le bâtiment et
les travaux publics.
En terme de
chiffres, les investissements chinois en Algérie, selon l’ambassade
de la Chine en Algérie, ont atteint 600 milliards de dollars en
2005. L’Algérie occupe le cinquième rang des partenaires
commerciaux de Pékin en Afrique, derrière l’Afrique du Sud,
l’Angola, le Soudan et l’Egypte. L’année 2005 a été très fructueuse
dans le domaine des échanges commerciaux entre les deux pays
puisqu’elles ont atteint 1,7 milliard de dollars, ce qui représente
une augmentation de 40% par rapport à l’année 2004. Les exportations
de la Chine vers l’Algérie ont atteint 1,4 milliard de dollars.
Nouria B.
Haut
Parti des travailleurs
Hanoune réfute
les chiffres de Ould Abbès
La secrétaire
générale du Parti des travailleurs (PT), Mme Louiza Hanoune s’est
prononcée hier en faveur du projet de la révision de la
Constitution. Elle a considéré lors d’une conférence de presse
organisée à l’issue des travaux du conseil national de son parti,
ouverts jeudi dernier à Alger que cette initiative «viendra
couronner le retour à la paix et la stabilité nationales».
Toutefois, la conférencière qui précisera «méconnaître» les
raisons du probable report de l’échéance référendaire, indiquera que
l’élaboration de la prochaine Constitution doit être basée sur «une
concertation sociale». Par ailleurs, Mme Hanoune a réitéré son
salut à l’égard de la récente augmentation des salaires. «Nous
saluons, même si elle est minime, la récente augmentation des
salaires des travailleurs algériens, qui constitue un nouvel acquis
pour le mouvement syndical et social national», a-t-elle indiqué.
Interrogée sur la position du Fonds monétaire international (FMI)
qui considère cette augmentation comme «un véritable choc» pour
l’économie nationale,
Mme Hanoune a
souligné que celui-ci est une «organisation qui ne préconise que des
thérapies meurtrières tablées notamment sur la privatisation»,
ajoutant que «l’augmentation des salaires constitue également une
rupture avec sa (FMI) politique». Sur le plan économique et social,
Mme Hanoune démentant implicitement tous les chiffres et
statistiques fournis par le département de Ould Abbès estimera que
les dernières données statistiques fournies sur le taux de pauvreté
et de l’emploi en Algérie «ne reflètent pas la réalité nationale»,
réitérant la position de son parti, qui reste contre la
privatisation du secteur public et pour «la renationalisation» des
richesses naturelles du pays.
D’autre part, la
secrétaire générale du PT a déclaré que les travaux du conseil
national ont permis de discuter de la situation et de l’organisation
du parti au niveau des wilayas et des communes, ainsi que de son
bilan moral et financier.
A cet effet,
ajoute Mme Hanoune, il a été décidé la poursuite de la campagne
nationale lancée par le Parti des travailleurs ayant pour objectif
«la collecte d’un million de signatures en faveur de la
renationalisation des hydrocarbures et contre la privatisation du
secteur public». Mme Hanoune a indiqué que cette rencontre a
également constitué une occasion pour «booster» les préparatifs de
son parti pour les élections législatives de 2007, qui espère,
qu’elles seront «honnêtes et transparentes» afin de «promouvoir
davantage l’action de l’APN».
La rencontre a
abordé, en outre, la préparation de la tenue en décembre prochain à
Alger, d’une conférence internationale des femmes palestiniennes,
précisant que «l’idée d’organiser cette rencontre, qui verra la
participation d’une cinquantaine de pays, émane de notre volonté de
soutenir et d’encourager les femmes palestiniennes de Naciriya».
Selma M.
Haut
Affaire des 1 100 milliards détournés à LA BADR
6 à 10 ans de
prison requis
Après trois
reports successifs, les principaux accusés dans l’affaire de
détournement de la Badr inculpés de détournement de plus de 1100
milliards de centimes de la Banque de l’agriculture et de
développement rural (Badr) agence Birkhadem ont été entendus jeudi
passé au tribunal de Bir Mourad Raïs. Le procès ouvert à 11 h du
matin s’est terminé tard dans la soirée pour se poursuivre hier
toute la journée. Les prévenus ont été interrogés puis entendus un
par un par Mme la juge et le procureur général, ils ont nié toutes
les accusations prononcées contre eux en expliquant que toutes les
procédures d’octroi de crédit ont été établies légalement. Rappelons
que les faits remontent à cinq ans, entre 2002 et 2005, années où 12
560 milliards de dinars ont été détournés suite à des opérations
financières illégales au profit du groupe Digimex qui compte
plusieurs entreprises spécialisées dans les matériaux de
construction. L’opération a été découverte suite à une enquête
effectuée par une commission chargée par l’administration de la
banque de vérifier des informations qui lui sont parvenues faisant
état de manœuvres frauduleuses, 25 personnes sont impliquées dans
cette affaire, la majorité des cadres de la Badr, dont son P-DG, 9
d’entre elles sont en détention préventive, 14 sous contrôle
judiciaire et les deux autres en fuite. Dans son réquisitoire, lu
hier, le procureur général a requis des peines de 6, 8 et 10 ans
pour les 25 accusés et une somme de 1 million de dinars que doit
payer chacun d’entre eux comme dommage. La partie civile a exigé
pour sa part le remboursement intégral de la somme dilapidée avec
des intérêts, la saisie et la vente des biens de Digimax au profit
de la Badr et un milliard de dinars comme dommage et intérêt. La
défense a par ailleurs évoqué deux rapports «officiels» établis par
l’inspection des finances en faveur des accusés et qui ne révèlent
aucune «défaillance ou anomalie» dans l’octroi de ces crédits et
s’est demandée qui a intérêt à les cacher. A l’heure où nous mettons
sous presse, le procès se poursuit encore.
Irane Belkhedim
Haut
Kidnappings à Bordj Menaïel
Deux
commerçants, guetteurs du GSPC
Deux commerçants
de Bordj Ménaïel ont été arrêtés par les services de sécurité pour
«appartenance à un
réseau de soutien à un groupe terroriste». Leurs dossiers se
trouvent, actuellement, au tribunal de Rouiba, de même source. Ces
deux commerçants sont accusés de fournir des informations au GSPC
sur les entrées d’argent enregistrés par des commerçants, avant que
des terroristes de l’organisation d’Abou Mossaâb Abdelouadoud,
«émir» national du groupe salafiste pour la prédication et le combat
n’enlèvent les enfants de ces commerçants pour demande de rançon,
ajoute cette source. Plusieurs autres personnes ont été arrêtées
dans le cadre de cette affaire. Ils feraient, selon l’accusation,
partie d’un réseau de soutien à un groupe du GSPC qui aurait réussi
à faire sortir plusieurs terroristes hors du territoire national
vers l’Espagne avec de faux documents sur lesquels sont apposés de
faux sceaux de la police de l’air et des frontières (PAF), d’un
Consulat algérien en Espagne et de faux visas. Le démantèlement de
ce réseau par les services de sécurité algériens avait motivé, entre
autres, la visite du juge espagnol José Garcon, en Algérie, il y a
quelque temps. Les informations fournies par les membres de ce
réseau ont été exploitées par l’ANP qui a organisé, à l’époque, un
ratissage dans un maquis de Bordj Ménaïel à la recherche de
terroristes du GSPC armés de Kalachnikovs. A l’arrivée des
militaires sur les lieux, les terroristes s’étaient déjà enfuis.
M. Abi
Haut
Erreurs de diagnostic et accidents opératoires
Impunité assurée pour des praticiens
Se plaignant de
violentes douleurs, à l'abdomen, une malade se présente, le 28
septembre, durant le mois de ramadan, au service des urgences
médicales de l'hôpital de Bab El-Oued.
Les erreurs de
diagnostic et les accidents opératoires sont assez fréquents. Se
faire opérer pour le moindre bobo dans un établissement hospitalier,
en Algérie c’est, parfois, courir le risque de passer de vie à
trépas sinon d’en réchapper avec de sérieuses séquelles physiques et
psychologiques. Une malade vient, récemment, de l’apprendre à ses
dépens.
Se plaignant de
violentes douleurs, à l’abdomen, celle-ci se présente, le 28
septembre, durant le mois de ramadan, au service des urgences
médicales de l’hôpital de Bab El-Oued. Le médecin qui l’ausculte se
croit obligé d’y aller d’un commentaire acerbe : «Tu as trop mangé
et maintenant tu viens ici pour crier ta souffrance». Il prend,
quand même, le soin de demander une échographie. Dans le service
chargé de cet examen, la patiente est, une fois encore, prise à
partie par le préposé chargé de cette opération exploratoire :
«Maintenant que tu
es arrivée dans ce service, tu cherches à faire croire que tu
souffres de plusieurs choses à la
fois.»
Retour au service
des consultations. La malade s’entend dire qu’elle souffre d’un mal
bénin : «Un petit problème de colon». On lui administre un calmant,
on lui prescrit un traitement à base d’antispasmodiques et on la
renvoie chez elle.
Le 29 septembre,
au matin, constatant que leur fille continue de se plaindre de
violents maux au ventre, les parents décident, cette fois, de la
transporter vers l’hôpital de Birtraria sur les hauteurs d’Alger. Le
médecin demande une nouvelle échographie. Après analyse de cette
dernière, il déclare à la malade et à ses parents, qu’à part un
petit problème d’ordre gynécologique, il n’y a rien de bien grave.
Il rédige une lettre de recommandation et conseille de faire
examiner la jeune fille par les médecins de la clinique de Durando à
Bab El-Oued.
La malade,
toujours accompagnée de ses proches, se présente le 30 septembre,
dans la matinée, à cette dernière structure hospitalière. Une
troisième échographie est réalisée. Elle fait ressortir que la
patiente est en train de développer une appendicite aiguë avec abcès
risquant, à tout moment de crever et nécessitant, de ce fait, une
opération chirurgicale urgente.
Quand les médecins prennent leur temps
Vers 12 heures,
l’infortunée, aux parents desquels les médecins prennent le soin de
remettre un dossier médical complet, est transportée vers l’hôpital
de Bab El-Oued, situé à moins de 200 mètres de là. Au service des
urgences de cette structure, les médecins demandent une énième
échographie qui confirme le diagnostic de leurs collègues
gynécologues. Depuis son arrivée sur les lieux, jusqu’à 16 heures,
la malade continuant de souffrir de douleurs insupportables n’est,
toujours, pas prise en charge. Quand, finalement, on daigne
s’intéresser à son sort, on fait savoir à ses parents qu’il n’y a
pas de lit vacant pour pouvoir l’hospitaliser. Sur la lancée, on
leur propose de leur remettre une recommandation afin qu’ils
puissent la faire admettre dans tout autre établissement de leur
convenance. Le frère de la malade décide, à ce moment de la faire
ramener vers l’hôpital de Birtraria où, pense-t-il, il a le maximum
de chances de la faire admettre. Arrivés sur les lieux, les parents
se voient reprocher pourquoi la personne souffrante ne leur a pas
été adressée par ambulance. A son frère, on remet une fiche vierge,
d’évacuation médicale qu’on lui demande d’aller faire remplir et
signer par le service des urgences du secteur hospitalier de Bab
El-Oued, faute de quoi, il ne leur sera pas possible de la garder.
Ce n’est qu’après
la réception de ce document que la jeune fille, qui n’en finissait
pas de se contorsionner de douleurs est, finalement, dirigée vers
21 heures vers le bloc opératoire où elle restera près de quatre
heures. Ses parents apprendront, par la suite, qu’au moment où les
chirurgiens se mirent à inciser la partie de la peau sous laquelle
est situé l’appendice, celui-ci creva et commença à répandre un
liquide purulent à l’intérieur de l’abdomen. Face à cette situation
les médecins se sont vu contraints de procéder à une autre ouverture
sur une partie du ventre de la patiente afin de pouvoir procéder à
un nettoyage de l’intérieur de l’abdomen. Ils diront un peu plus
tard, aux proches, que leur fille a échappé, de justesse, à la mort.
Il faut préciser,
(à la décharge ?), des praticiens du secteur public, que cette
malade, avant de leur être confiée, avait été auscultée, quelques
jours auparavant, par des médecins privés. Un généraliste avait cru
déceler un mal bénin à l’estomac qu’une gynécologue, consultée peu
après avait, elle aussi, confirmé.
Un esprit corporatiste étroit
Après son
opération et près d’une semaine d’hospitalisation, cette malade a
dû, pendant plus d’un mois, suivre des soins destinés à combattre
l’infection provoquée par son mal. A la suite de ses malheureuses
péripéties, elle a pu en réchapper. Mais qui dira, jamais, le nombre
de celles et de ceux qui n’ont pas eu cette chance ?
Un tel exemple,
venant s’ajouter à de nombreux autres, rapportés ici et là,
confirment à l’évidence, que le secteur de la santé est, encore,
loin de répon-dre aux besoins de santé et de sécurité des Algériens.
Les erreurs de diagnostic et les accidents opératoires sont devenus,
tellement, nombreux que beaucoup de personnes en viennent à craindre
qu’en se faisant opérer, pour le moindre bobo, dans un établissement
hospitalier national, ils prennent le risque de passer de vie à
trépas. C’est, d’ailleurs, cette raison qui expliquerait que
beaucoup d’Algériens, quand ils ont les possibilités financières,
préfèrent se rendre à l’étranger pour se faire soigner. En agissant
de la sorte, ils ne font, en fait, que suivre l’exemple de ces
nombreuses personnalités qui vont se faire traiter à l’étranger et
confirment le peu de cas qu’ils font de l’appareil médical national,
de la qualité et de l’efficience duquel ils sont, pourtant,
comptables.
En tout état de
cause, si l’on n’est pas fortuné ou que l’on n’a pas la chance de
pouvoir bénéficier d’une prise en charge pour aller se faire soigner
ailleurs, il est, fortement, conseillé de prendre la précaution de
régler ses affaires en ce bas-monde et de s’en remettre à la
providence divine, avant de se décider à monter sur une table
d’opération.
Ce qui est navrant
à constater, d’autre part, c’est que quand une personne décède après
une intervention chirurgicale ou parce qu’elle n’a pas été,
correctement, assistée médicalement, ses proches prennent, rarement,
le soin de s’inquiéter des raisons qui ont entraîné sa mort. Ils le
font d’autant moins que leur entourage immédiat, baignant dans un
esprit fataliste pesant, manque, rarement, de leur rappeler que Dieu
ou le destin, en ont décidé autrement. Cette manière d’appréhender
les choses arrange, quelque peu, certains praticiens qui ne sont
que, très rarement, poursuivis lorsqu’ils sont à l’origine de
complications médicales qui auraient pu être évitées. Il faut dire
qu’ils sont sûrs de pouvoir compter sur des collègues qui, par
esprit corporatiste, étroit, sont prêts à se solidariser avec eux
lorsque, par hasard, ils se voient poursuivis en justice.
Ahmed Mahieddine
Haut
Mouhafadha de Béjaïa
Un redresseur,
favori de Belkhadem
Amar Saâdani,
membre de la commission exécutoire du FLN, a présidé, jeudi dernier,
l’assemblée élective de la Mouhafadha de Béjaïa. En effet, treize
membres dont deux femmes, en l’occurrence Mme Baouche directrice du
COUS et Mme Ben Ali fonctionnaire à l’APC de Thala Hamza. L’élection
des membres de la mouhafadha a été faite à bulletin secret en
fonction des anciens quotas et la répartition traditionnelle.
En effet, sur les
42 candidats, 11 ont été choisis parmi les 5 anciennes daïras
(circonscriptions) Akbou, Sidi Aïch, Amizour, Kherrata avec 2
représentants chacune et Béjaïa par 3 représentants. Selon des
militants présents à l’assemblée élective, l’élection du bureau de
la mouhafadha s’est déroulée dans le calme en dépit de quelques
réticences et mécontentements tout à fait attendus.
Selon nos
interlocuteurs, «Saâdoui a installé une commission de candidature
qui a accueilli les noms des postulants sur lesquels s’est prononcée
l’assemblée générale composée de délégués des 52 communes de la
wilaya dont quelques- unes étaient représentées par des noyaux de
militants». Parmi les membres du bureau de la nouvelle instance,
plusieurs anciens proches de Benflis ont été reconduits, notamment
Abdelmalek Hamadou et l’ancien mouhafadh, Hocine Mouzaoui.
Cependant, le
mouhafadh sera désigné par le secétaire général de l’instance
exécutive, en l’occurrence,
M. Abdelaziz
Belkhadem et d’ores et déjà, on donne favori à la tête de la
mouhafadha le représentant de la kasma d’Akbou, M. Rabah Mahfi connu
pour être un ancien redresseur et un rassembleur mais reste à savoir
si le responsable du parti optera pour celui-ci ou choisira encore
un autre membre du bureau qui est aussi redresseur, en l’occurrence
Mohand Akli Bouroui où encore Me Djahnine Madjid qui n’est pas rompu
à la pratique politique devant les deux premiers et de surcroît
devant Rabah Mahfi qui fait apparemment le consensus autour de lui.
Hocine Cherfa
Haut
Tizi Ouzou
Encore un faux
barrage
Un autre faux
barrage a eu lieu dans la nuit de jeudi à vendredi et s’est soldé
par le vol d’un véhicule. Selon des sources généralement bien
informées, un groupe composé de 3 individus armés et portant des
cagoules a dressé un faux barrage au niveau de l’intersection entre
Tala Amara (Tizi Rached) et oued Aïssi (Tizi Ouzou).
Un citoyen qui
était à bord d’une Laguna a été délesté de son véhicule et de son
téléphone portable. Les vols de véhicules ont pris un rythme
inquiétant dans la wilaya de Tizi Ouzou.
Zahra H.
Haut
Belrekeia Saïd, président de l’association des immigrés d’Endaloussia
«Les passeurs
des harraga sont une mafia organisée»
Il est clair que
les candidats à l’immigration clandestine, où les «harraga», ont
trouvé ces derniers temps un autre moyen de quitter le pays et de
tenter leur chance en Europe. Ils s’embarquent alors dans une
aventure des plus périlleuses, en remettant leurs projets, leurs
destins et surtout leurs vies entre les mains de passeurs. Lesquels
leur offrent, moyennant une dizaine de millions de centimes, une
traversée de la méditerranée à bord de vieilles embarcations, qui
ont souvent du mal à tenir le cap en haute mer. Dans cet entretien,
Belrekeia Saïd, président de l’association des immigrés d’Endaloussia,
en Espagne, dénonce tout «la mafia» qui s’installe sur la côte Ouest
du pays.
Entretien
réalisé par
Habiba Ghrib
Le jour
d’Algérie : En tant que président d’une association d’immigrés en
Espagne, vous êtes aussi amené à s’occuper des cas d’immigrants
algériens clandestins, et il se trouve qu’ils sont de plus en plus
nombreux à recourir au service des passeurs et des embarcations de
fortune. Où en est-on aujourd’hui en matière d’immigration
clandestine ?
Belrekaia Saïd
: Il s’agit d’un problème international. Le manque de visas et la
difficulté d’en obtenir a ouvert une porte suicidaire aux Algériens.
Cette nouvelle formule de l’utilisation des embarcations est un
virus qui s’est propagé en Algérie à partir du Maroc. Je ne peux pas
dire s’il a été introduit sciemment, de façon volontaire, ni par
qui, mais je peux avancer qu’il s’agit d’une véritable mafia qui
commence à gagner du terrain sur la côte Ouest, de sorte que pas
moins d’une dizaine d’Algériens arrivent chaque jour à atteindre et
à débarquer sur les côtes espagnoles. Cela en ne comptant pas bien
sûr les trop nombreuses disparitions en pleine mer.
Vous venez
d’avancer récemment que pas moins de 10 Algériens réussissent
quotidiennement à atteindre les côtes espagnoles. Quel est leur
devenir alors ?
Le plus souvent et
la plupart des «resquilleurs» et après une rude et dangereuse
traversée, sont interceptés par les autorités espagnoles et
atterrissent dans les centres d’accueil pour immigrants clandestins,
comme celui de Almeria. Lors de la dernière visite de notre
association à ce centre, nous avons remarqué la présence de beaucoup
d’Algériens et parmi eux huit mineurs.
Peut-on avoir
des chiffres plus explicites ?
Il faut savoir
qu’en une seule nuit, au mois de septembre dernier, 170 personnes
ont pu atteindre les côtes espagnoles et pour finir au centre
d’accueil d’Almeria. Il y avait entre 30 et 40 Marocains, alors que
le reste, plus de 120 personnes étaient des Algériens. Toujours en
septembre, nous avons eu vent que 8 à 10 embarcations avaient quitté
les côtes marocaines et algériennes.
Quel type
d’embarcations utilise ces passeurs ? A combien sont les prix et
comment s’établit le contact entre eux et les «harraga» ? Bref,
comment opèrent-ils ?
Il s’agit
malheureusement de vieux chalutiers et de petits bateaux de pêche
qui ont 20 ans d’âge et plus ou moins de canots pneumatiques dotés
de moteur. Les passeurs demandent entre 7 à 10 millions de centimes
à chaque voyageur. Nous avons appris qu’ils vont proposer leurs
services dans les cafés et ne se limitent plus aux villes côtières,
mais s’aventurent même à l’intérieur du pays, au centre et à l’est.
Vous citez
l’exemple de la mafia marocaine, qui semble bien maîtriser ce
dangereux business. De quelle façon opère-t-elle ?
Il s’agit d’une
mafia bien organisée qui active depuis des années. Les passeurs
marocains encaissent pas moins de 5 000 euros pour chaque voyageur
clandestin. Nous assistons depuis une année à l’apparition d’une
autre branche de cette mafia. Ces groupes interceptent les
«resquilleurs» et les séquestrent à leur niveau. Ils entrent en
contact avec leur famille au Maroc et leur demandent 1 000 euros
supplémentaires, en les justifiant par le fait qu’ils les ont sauvés
des mains des garde-côtes espagnols. Malheureusement, les autorités
marocaines utilisent ce phénomène des clandestins et de la mafia qui
gère ce trafic, pour exercer des pressions politiques sur les pays
européens avec pour objectif de recevoir des aides matérielles. Et
elles en reçoivent depuis des années déjà, soit en espèces, soit en
équipements destinés à lutter contre l’immigration clandestine.
Quels sont,
selon vous, les moyens et les mesures que doivent prendre les
autorités algériennes pour lutter contre cette «mafia» ?
Nous demandons en
tant qu’association aux autorités algériennes de prendre en charge
et en urgence ce grave problème. Les autorités et les garde-côtes
doivent renforcer leur surveillance pour déjouer le trafic de cette
mafia. Il est aujourd’hui question de vie ou de mort. Il est temps
que les associations locales, les services de la DAS, entreprennent
des actions de sensibilisation au profit des jeunes pour leur
expliquer qu’à travers un tel projet, ils mettent tout simplement
leur vie en danger. Et un message est aussi adressé aux familles et
aux parents de ces jeunes qui pensent qu’en envoyant leurs enfants
et en finançant leur traversée, investir pour leur avenir.
Ce n’est jamais
vrai car ils les envoient à leur mort. Mais avant toute chose, il
faut que les autorités algériennes interviennent auprès des services
consulaires des pays européens et du groupe Schengen en particulier
pour qu’ils facilitent l’octroi des visas à nos concitoyens. Si
l’Algérien arrive à sortir à l’étranger avec un vrai visa et avoir
alors la possibilité de voir que rien n’est facile là-bas et de
pouvoir retourner chez lui, il y aurait de fortes chances de briser
le mythe de l’Eldorado.
H. G.
Haut
Dans un livre sur «la légalité de la pratique politique»
Djaballah
répond aux salafistes
Se disant pour la
pratique claire de la politique dans le cadre des lois de la dawla
algérienne démocratique et populaire, cheikh Abadallah Djaballah
vient d’ouvrir, à la faveur de son argumentaire, un front contre le
courant de la salafia pure et dure en expansion en Algérie.
L’ouvrage dédicacé hier au Stand Dar El Maârifa au 11e Sila, se
veut, selon son auteur et néanmoins président du parti Islah, une
réponse à ce courant farouchement opposé à l’islam politique. La
salafia djihadiste, différente de la salafia scientifique, abolit
dans ses préceptes la pratique politique par le courant islamiste et
prône tout changement par la force et ne croit pas à l’entrisme ou
l’alternance au pouvoir. Elle (la salafia) s’érige en commandeur
absolu de la nation et l’application de la chariaâ telle qu’elle est
énoncée dans le Coran et la Sunna du prophète (QSSSL) dans le cadre
de la dawla islamia, selon le schéma de califat ou de l’imamat
imposé jadis par la moubayaâ. Djaballah confirme par ce bouquin son
obédience à la démocratie comme appendice pour accéder ou participer
au pouvoir.
Il mène, par
ailleurs, une bataille juridique contre les dissidents autoproclamés
en juin 2004 redresseurs au sein du MRN. Réhabilité dans son statut
de président de la mouvance par la Cour suprême, il ne cesse de
marquer des points à l’endroit de ses détracteurs qui ont réussi,
quelque temps avant à le destituer via la juridiction de Sidi
M’hamed qui a gelé les avoirs du parti, objet de la discorde avec
d’anciens fidèles. Très confiant en sa base et en la justice, cette
dernière l’a rétabli dans son droit sans pour autant trancher le
différend avec ses opposants, en contentieux jusqu’alors. Djaballah
avance quand même dans la préparation du 1er congrès du parti,
compromis par la crise. Le président du MRN qui a pu tenir son
université d’été alors qu’il était en difficulté, continue de faire
le tour du pays en organisant des meetings pour la promotion de la
réconciliation nationale, afficher ses positions par rapport à la
révision constitutionnelle. Il se permet même le luxe de recevoir au
siège de son parti sis à Bir Mourad Raïs, mardi passé, l’ambassadeur
de France en Algérie. Une discussion de deux heures a eu lieu
autour des questions nationales et internationales. M. Djaballah
avait été le lendemain reçu, au même titre que toutes les
personnalités politqiues nationales, à l’occasion de la cérémonie
des vœux pour le 1er Novembre, par le président de la République.
Une invitation que les opposants de Djaballah ne manqueront pas de
comptabiliser en sa faveur et se voient dans l’obligation de réviser
à la baisse leurs calculs. Côté Djaballah, on ne ratera certainement
pas l’évènement pour l’investir dans un proche avenir. Le congrès,
tributaire du règlement définitif du conflit l’opposant à ses
redresseurs, est annoncé pour fin décembre.
S. B.
Haut
Violence contre les femmes
Des chiffres
qui font peur
Impossible de
connaître encore le nombre exact de femmes qui subissent la violence
dans tous ses aspects car, les instances et les associations
approchées à cet effet ne peuvent pas nous en fournir.
Mais les
différents exemples vivants que nous avons rencontrés témoignent de
l’ampleur de ce phénomène. De multiples cas ont été enregistrés, en
effet au centre SOS femme en détresse, à Alger, auquel nous avons
rendu visite. Nous pouvons citer entre autres, le cas de N., 29 ans,
qui vit dans ce centre depuis une année et 5 mois. Elle a été
victime d’un abandon très tôt par sa mère, à sa naissance, à
l’hôpital; elle vivra des années dans des circonstances dramatiques,
avant de trouver un mari qui, au lieu d’être son soutien, sera un
ennemi. C’est un fantôme de sa vie, dit-elle, et qui la hante
encore. Ce cas a été raconté par sa propre voix qui cherche la
moindre issue afin de dévoiler ce qu’elle à vécu, une enfance
terrible, sa lumière commence à s’éteindre, et son frère à qui il
est arrivé de la tabasser souvent n’est pas pour arranger les choses
dans sa vie. Son destin a voulu qu’à chaque fois, elle vit une
histoire pire que celle qu’elle a vécue déjà. Quand elle a décidé,
par exemple, de fuir l’enfer, en acceptant de se marier sans
connaître le moindre détail sur sa belle famille et son mari en
particulier, sa vie devint un cauchemar car son époux est un
toxicomane, et plus grave encore, la harcèle de menaces afin de
travailler avec son groupe de trafiquants de drogue. Après deux mois
de mariage, la jeune fille demande à son mari un extrait de l’acte
de mariage, son droit le plus légitime. Sa belle-mère est
catégorique : «Je n’accepterai jamais que mon fils fasse un acte
avec une fille abandonnée». C’est à ce moment que N. a pris la
décision de quitter son monde de mensonges, et décida de se rendre
au centre d’écoute de Batna qui la transférera à Alger. Elle n’est
qu’un «cas» parmi les autres. H. 35 ans, mariée à un jeune; cette
femme a voulu fonder un foyer et vivre dans un minimum de bonnes
conditions, bref, tout ce que beaucoup de femmes souhaitent, mais la
réalité n’est pas toujours comme on en rêve, car sa belle-mère lui
rend sa vie insupportable, ce qui fait que son mari sous pression a
quitté la maison, et c’est la goutte qui a fait déborder le vase,
surtout qu’elle était enceinte d’un bébé qui devrait normalement
égayer le foyer. Le pire pour cette femme c’est qu’elle sera rejetée
par les deux familles. Aujourd’hui, il n’y a encore aucune solution
pour H. qui s’est retrouvée d’un jour à l’autre à la rue où elle a
été agressée et violée. Alertée par des citoyens, la police est
intervenue et l’a orientée enfin vers l’association SOS femmes en
détresse. Elle y a trouvé de l’aide pour elle et pour son enfant qui
a tout de suite été pris en charge par le village africain de Draria.
Un autre drame, celui de A. 21 ans, et F. 18 ans, des jeunes filles
qui ont été victimes toutes deux de «violence familiale» qu’elles se
gardent de qualifier. Maintenant, ces deux femmes n’ont souhaité
qu’une famille qui leur procure de l’amour et surtout de la
protection. Les deux adolescentes rencontrées au centre de SOS
femmes en détresse ont dévoilé très pudiquement leurs souffrances et
leurs ambitions aussi : «On veut vivre une vie sereine, certes sans
famille, mais sans violence au moins», déclare A. avec le ton
triste des gens
qui combattent le désespoir. Présente lors de notre visite, une
autre femme, la trentaine entamée, témoigne durement : «De quelle
vie voulez- vous que je vous parle ? Mon mari rentre pour me
tabasser, et il sort pas avant de faire la même chose. Est-ce que
c’est ça une
vie ?». Voilà pour
le «social», «l’émotionnel», le «crève-cœur», autant de témoignages
qu’on croit fait pour parler d’une minorité. Faux ! La violence
contre les femmes n’a absolument rien de marginal. Et c’est ce que
nous montrent les chiffres alarmants et les statistiques
terrifiantes d’ailleurs, plusieurs enquêtes et recherches ont été
élaborées sur le sujet, comme celle de l’Institut national de santé
publique (INSP), publiée en 2005. Selon l’enquête, les époux sont en
tête de ces agressions et représentent 13% de coupables sur
l’ensemble des cas enregistrés alors que les femmes mariées
représentent environ la moitié des victimes.
Globalement,
l’enquête révèle que le lieu principal de l’agression est le
domicile : environ les deux tiers des violences y sont commises,
soit un taux plus de 50%, alors qu’il est censé être un lieu de…
sécurité. A l’instar des agressions conjugales, la femme fait
l’objet d’autres agressions. En dehors de son foyer, elle n’est pas
à l’abri.
Celle-ci est
également menacée et harcelée dans son milieu de travail. Le plus
étonnant est de constater que parmi le nombre total des agressions
signalées
(9 033), 158 cas
sont liés au harcèlement sexuel. Cela démontre malheureusement que
le climat de travail dans le milieu professionnel est assez dégradé,
sachant l’hésitation des femmes à en parler. Il y a également les
agressions dans la rue qui représentent 74% des cas. Ces agressions
ont été signalées dans les grandes villes d’Algérie. La capitale,
vient en tête de liste avec 533 femmes victimes, suivie de Annaba
avec 358 cas et d’Oran. En gros, retenons près de 55% des femmes
sont violentées au sein de la famille et 5% le sont violentées par
leurs… propres enfants. Les structures qui ont reçu le plus grand
nombre de victimes sont, par ordre décroissant, les structures de
santé, les commissariats, les tribunaux et les centres d’écoute.
Globalement, le maximum de victimes a été enregistré dans les
grandes villes : la capitale avec 10,4%, puis Constantine avec 5,0%
et Oran avec 4,0%. Selon les chiffres de l’INSP, plus du tiers des
femmes agressées en Algérie sont célibataires. Et la question qui
doit se poser et de savoir qui protége la femme en Algérie ? A qui
est imputable la responsabilité de prévenir ces actes réprimés par
la loi ? Pour juguler le phénomène, des associations défenses des
droits de la femme et des organisations généralistes des défenses
des droits de l’Homme sont mobilisées activement pour défendre les
intérêts de la femme. Citons comme exemple SOS femme en détresse,
l’association Rachda (darna) et le centre d’information et de
documentation des droits de l’enfant et de la femme (Ciddef). Me
Meriem Koudir, responsable de la gestion du centre SOS femme en
détresse, nous révèle qu’«il n’y a pas plus difficile que d’être en
face d’une personne qui a besoin de notre aide et de ne pas être sûr
d’avoir tout fait, même si nous faisons de notre mieux»
Et c’est pour cela
que l’état des femmes souffrantes est pris en pleine considération.
Avec beaucoup de «psychologie et de tact», aussi. Après avoir donné
un temps de relaxation et de calme, une psychologue est mise à la
disposition de la victime et des procédures sont entamées en vue de
trouver des solutions à ses difficultés.
Mais les gens sur
le terrain qui assurent ce genre de prises en charge sont unanimes
quant à l’évaluation des dispositifs de réponse, comme constaté lors
d’une journée d’étude organisée le jeudi 5 octobre dernier où les
intervenantes ont mis l’accent sur la nécessité de créer un centre
national pour la prise en charge des femmes et d’enfants victimes de
violence. Ce centre et ses relais locaux doivent avoir pour mission
d’accompagner des personnes en difficulté en vue de trouver des
solutions à leurs problèmes et également d’accorder un soutien moral
aux personnes concernées en les aidant à trouver une issue à leur
situation sociale et psychologique. En effet, une représentante de
la commission nationale des femmes actives à l’Union générale des
travailleurs algériens (UGTA), avait axé son intervention sur le
rôle de la commission qui doit «sensibiliser sur les dangers du
harcèlement sexuel en milieu professionnel».
Concrètement, ces
associations de la société civile activent pour lutter contre le
phénomène de la violence contre les femmes, mais malheureusement
elles ne représentent pas une force capable d’influer de manière
réelle sur les choses. Aujourd’hui, elles n’ont pas une capacité de
négociation susceptible de changer la situation et elle n’influence
pas vraiment les processus de décision qui les concerne. Et le doigt
est mis, d’ailleurs, sur l’obstacle juridique contenu dans plusieurs
textes en vigueur. L’exemple le plus probant est celui du code de la
famille car la vie de la femme est tributaire de ce dernier, lequel
est, de l’avis des associations rencontrées, «toujours aussi
discriminatoire», car les femmes ne sont pas libres de consentir
seules au mariage, quel que soit leur âge (obligation de la présence
du tuteur), elle ne peut divorcer que dans des conditions très
restrictives et même si elles sont protégées en théorie contre la
polygamie, elles n’en sont pas vraiment à l’abri. On nous apprend
ainsi que cette situation n’est assurément pas la cause de la
violence, mais les époux malveillants abusent de la situation de
domination qui se dégage ainsi à leur faveur.
En tout état de
cause, les cas de violences domestiques sont nombreux et on le
constate avec la sortie des femmes de leur foyer et malgré les
modifications apportées sur le code de la famille, comme la
suppression de la tutelle matrimoniale et la polygamie, il reste
toujours évident que la femme n’a pas tous ses droits civiques. A ce
propos,
Me Koudir
considère que le nouveau code de la famille n’est que «du noir sur
blanc». Et
d’ajouter : «ça ne
veut pas dire qu’une loi qui existe que celle-ci est appliquée et
ce, même si elle est à modifier»
Le fait est que
les droits de la femme demeurent un processus et une question pour
laquelle il faudrait répondre. Pour ce faire, de grands efforts
devront être consentis par la société civile.
Fariza Bouzidi
Haut
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