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Le procureur général de la cour d’Oran au Jour d’Algérie

«Il n’y a pas d’affaire Zendjabil»

Révision de la Constitution

Reportée ou annulée ?

Forum Chine-Afrique

Bouteflika en invité de marque

Parti des travailleurs

Hanoune réfute les chiffres de Ould Abbès

Affaire des 1 100 milliards détournés à LA BADR

6 à 10 ans de prison requis

Kidnappings à Bordj Menaïel

Deux commerçants, guetteurs du GSPC

Erreurs de diagnostic et accidents opératoires

Impunité assurée pour des praticiens

Mouhafadha de Béjaïa

Un redresseur, favori de Belkhadem

Tizi Ouzou

Encore un faux barrage

Belrekeia Saïd, président de l’association des immigrés d’Endaloussia

 «Les passeurs des harraga sont une mafia organisée»

Dans un livre sur «la légalité de la pratique politique»

Djaballah répond aux salafistes

Violence contre les femmes

Des chiffres qui font peur

 

 04/11/06

 

Le procureur général de la cour d’Oran au Jour d’Algérie

«Il n’y a pas d’affaire Zendjabil»

Rencontré, lundi dernier, à la cour d’Oran, le procureur général près cette cour nous dira que «pour nous, l’affaire Zendjabil n’existe pas». «Nous n’avons aucun dossier sur cette affaire, absolument aucun», ajoute-t-il.

 

De notre envoyé spécial à Oran : M. Abi

 

Par contre, «l’instruction judiciaire sur l’affaire du trafic dans le foncier agricole, dans la wilaya d’Oran, avance bien», nous dit-il, manière à lui de laisser entendre que les vrais scandales ne sont peut-être pas ceux que l’on croit. Le procureur général étant catégorique dans sa réponse, il est difficile de croire qu’une affaire d’une telle ampleur puisse exister sans qu’un dossier judiciaire ne soit ouvert au niveau de cette cour, territorialement compétente pour, du moins, participer à une éventuelle instruction judiciaire sur les accusations dont Kada Hezil est l’auteur. Ceci dit, il faut noter que ces accusations ne constituent pas une «nouveauté» puisque cet ex-DAS de la wilaya d’Oran avait déjà comparu devant la justice, en 2002, pour ces mêmes accusations et qu’il a été condamné pour «diffamation». A la veille du procès en appel de l’affaire de Bachir Frik, ex-wali d’Oran, une certaine «effervescence» s’empare, depuis quelque temps, de la scène politique locale de la wilaya d’Oran, sur fond de «révélations» sur l’affaire Zendjabil, «baron de la drogue». Rencontré à Oran, mardi dernier, Kada Hezil, l’auteur des «révélations» sur les «ramifications du trafic de drogue» dans cette wilaya,  maintient ses accusations contenues dans des correspondances adressées à des hauts responsables, dont le président de la République. «Pourquoi être revenu à la charge, quatre années plus tard» ? Telle était notre question à Kada Hezil. «Je n’ai jamais cessé de prononcer ces propos, même de ma cellule où j’ai passé quatre années, d’où j’adressais des correspondances à de hauts responsables, dont le président de la République», nous répond-il. «Vous êtes sorti de prison à quelle date» ?, l’avons-nous interrogé. «En 2005», nous dit-il. L’information selon laquelle Zendjabil se serait rendu à la première Région militaire, il y a quelques mois, pour bénéficier des dispositions de la charte pour la paix et la réconciliation nationale aurait-elle «motivé» cet ex-DAS pour relancer ces accusations ? «Non», nous dit-il, ajoutant que «je n’ai jamais cessé d’attirer l’attention des pouvoirs publics sur les ramifications de ce réseau de trafic de drogue».

Hezil : «Je n’ai pas de preuves …»

«Bachir Frik est victime du cartel de la drogue à Oran. Il avait été accusé des chefs d’inculpation retenus contre lui, parce que le cartel dirigé par d’anciens hauts responsables dans la wilaya d’Oran considéraient qu’il me soutenait dans mes dénonciations», nous dit-il. Cet ex-directeur de l’action sociale (DAS) à Oran nous a remis des copies desdites correspondances (reprises par la presse), en nous disant que «le cartel que j’ai dénoncé constitue un véritable lobby qui a réussi à obtenir le limogeage de deux hauts responsables avec lesquels j’enquêtais sur le trafic de la drogue venant du Maroc et acheminée vers des wilayas de l’ouest et de l’est du pays, ainsi que vers l’Espagne, la France et l’Italie». Et d’ajouter, «Bachir Frik a été incarcéré le 15/01/2002, il a été une victime dans le sillage de mon affaire. Sans ma dénonciation du dossier de la drogue, il n’aurait jamais été inquiété, ils l’ont soupçonné d’être de connivence avec moi dans la formalisation de l’affaire du réseau de trafic international de drogue. Alors qu’il n’a rien à voir avec moi. Je ne l’ai plus revu depuis sa mutation à Annaba en juillet 1997», écrit Kada Hezil dans une correspondance adréssée, comme pour défendre cet ex-wali condamné, poursuivi en justice, mais qui est à la veille de son procès en appel. La défense de l’ex-wali d’Oran par cette ex-DAS de cette wilaya est plus manifeste lorsqu’il écrit concernant Bachir Frik, : «Peut-être qu’il a gêné le lobby de la drogue durant son passage à Oran (1994/1997)». A l’époque je ne m’intéressais pas à cette question».

Le retour de Bachir Frik

Kada Hezil écrira dans ses correspondances : «Je respecte beaucoup ce haut fonctionnaire de l’Etat qui a fait beaucoup de réalisations pour Oran, entre autres : 6 000 logements, 17 lycées, 16 CEM et 1100 classes». Pourquoi citer ces réalisations dans une affaire de dénonciation de «trafic de drogue». Vérité ? Tentative de blanchir cet ex-wali à la veille du procès en appel de ce dernier ? Nous avons posé la question à Kada Hezil pour savoir si ces accusations sont basées sur des preuves concrètes, des rapports des services de sécurité ou de documents de la justice. «Je me base sur un travail d’investigations que j’ai mené personnellement», nous répond-il. Autrement dit, aucune preuve concrète. Kada Hezil nous remet, toutefois, une copie d’un télex, daté du 12 mai 2001, adressé par l’inspecteur principal des brigades des douanes d’Oran au chef de l’inspection divisionnaire des douanes d’Oran dans lequel il est fait état de la découverte, par un scanner anti-drogue, de «traces de la présence de «cocaïne» sur différents points d’une remorque frigorifique. Cependant, la visite effectuée n’a pas permis la constatation physique des produits ci-dessus énumérés» mais «le mis en cause a été remis au service de police (du) port d’Oran contre décharge».

Selon lui, ce télex a été un des points de départ des «investigations» qu’il a menées par Kada Hezil. Le reste sont des «recoupements», nous dit-il. Des recoupements qui, toutefois, portent de graves accusations contre d’anciens hauts responsables de cette wilaya qui seraient, selon lui, les «parrains» de Zendjabil qui ne serait, ajoute Kada Hezil, qu’un «exécutant».

M. A.

 

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Révision de la Constitution

Reportée ou annulée ?

A la faveur des déclarations du Chef du gouvernement et du ministre de l’Intérieur et des Collectivités locales une question s’impose : celle de savoir si le projet de la révision constitutionnelle est simplement reporté ou définitivement compromis ? Certes pour l’heure la première hypothèse semble plus plausible.

Du moins si l’on fait une lecture à un premier degré des déclarations des deux hommes. Dans leurs propos il est juste question de report. Ainsi Abdelaziz Belkhadem, l’un des plus fervents partisans de l’amendement de la loi fondamentale du pays et l’un aussi des plus pressés de le voir aboutir, au point où il a mis en place une commission interne chargée de plancher sur le sujet et de présenter une mouture à Abdelaziz Bouteflika, a laissé entendre que la non-concrétisation du projet peut s’expliquer par le fait que cette révision n’est peut-être pas la priorité de l’heure du Président. Et au Chef du gouvernement de préciser «qu’il (le Président) a peut-être des priorités telles que l’audition des ministres (…).» L’explication, faut-il le souligner pour aussi rassurante qu’elle le veut quant à la non-remise en cause du projet, est toutefois peu convaincante. Tout comme l’est le justificatif avancé par Yazid Zerhouni quant à la non-organisation du référendum avant la date du 31 décembre 2006. Le ministre a expliqué ce report par le fait «qu’il y a des délais concernant la convocation du corps électoral qui doit se faire 45 jours avant». Or, si l’on se fie aux assurances fournies par des sources au fait de l’organisation de consultations électorales, il est possible de tenir le référendum dans les délais avancés et ce, en l’organisant les 21 ou 28 décembre prochains. Certes cela signifierait qu’il faut laisser de côté l’idée d’instaurer un débat sur les amendements apportés mais il n’en demeure pas moins, est-il indiqué, que ces deux dates auraient permis à Bouteflika d’être au rendez-vous pris le 4 juillet dernier. D’autant, est-il affirmé, qu’au plan de la logistique ce délai est suffisant. «L’organisation d’un référendum est une opération des plus faciles pour les responsables au niveau des collectivités locales», affirmera un chef de daïra. C’est dire donc que la raison invoquée par Zerhouni quant à la double difficulté, temporelle «de situer une date, compte tenu des échéances des législatives et des locales» et matérielle «parce qu’il y a des délais concernant la convocation du corps électoral qui doit se faire 45 jours avant» est discutable. Du reste lui-même l’admettra en affirmant lors de sa déclaration faite à l’APS en marge de la cérémonie de présentation les vœux du 1er Novembre «mais bon ! On verra bien». C’est donc que si l’on avait ardemment voulu que la révision de la loi fondamentale se fasse avant la fin de cette année, elle aurait eu lieu. Mais, force est de croire que cette volonté bruyamment manifestée par le FLN et principalement son SG qui n’a eu de cesse pour justifier cette révision de trouver des failles au système politique en place et de vanter les avantages que le pays et les principales institutions ciblées par ces amendements tireraient au lendemain de l’entrée en vigueur de la nouvelle Constitution, n’est pas partagée par tous les cercles influents au sein du pouvoir. Cercles qui, du reste, ont fait entendre leurs voix.

Une question de priorités

Mais cette opposition à une démarche, à l’origine présidentielle, puisque faut-il le rappeler, Abdelaziz Bouteflika avait dès son premier mandat fait part de son insatisfaction de la loi fondamentale du pays en démontrant les chevauchements qu’elle véhicule entre les différents pouvoirs, et qui sera reprise lors de son second entamé en 2004 par le nouveau parti majoritaire au sein des assemblées élues, le FLN en l’occurrence, n’est pas un caprice. Ses tenants ont expliqué le pourquoi de cette opposition dans la conjoncture actuelle, sans pour autant exclure à jamais cette éventualité. Car outre le fait que le RND et le MSP, pour ne citer que ces deux formations, alliées au sein de l’alliance présidentielle du FLN, voient d’un mauvais œil le fait que l’initiative du changement provienne d’une formation – voulant certainement par cette précision pousser le Président à assumer pleinement sa volonté de procéder à l’amendement de la Constitution en vigueur depuis novembre 1996 – il faut surtout souligner que c’est la crainte de retombées politiques négatives qui découleront de ce projet qui a fait réagir les parties récalcitrantes à cette révision. Pour rappel, le ministre de l’Intérieur Yazid Zerhouni avait publiquement fait part de son point de vue opposé à l’idée de l’amendement en déclarant après le référendum sur la charte que la révision n’est pas prioritaire. En fait c’est sous cet aspect de hiérarchisation des priorités du pays qu’il faut pour l’heure lire les propos tenus. Que cela ne soit pas du goût de Belkhadem qui, sans nul doute, aura été contrarié de ne pas pouvoir mener à terme un projet dans lequel lui et son parti se sont investis, on peut le comprendre. Le «mais bon ! On verra bien» lâché par Zerhouni reflète la compréhension de cette contrariété qui a découlé du report de la tenue du référendum. Mais à bien le méditer, il dénote d’une certaine fermeté et d’une prise de conscience sur ce qui est actuellement prioritaire pour la bonne marche du pays.   

Nadia Kerraz

 

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Forum Chine-Afrique

Bouteflika en invité de marque

Le président Bouteflika est arrivé hier à Beijing pour participer aux travaux de la troisième conférence ministérielle du Forum Chine-Afrique prévue aujourd’hui et demain.

Ce week-end, une quarantaine de dirigeants africains ont fait le déplacement pour prendre part aux travaux du sommet qui reflète l’influence économique de plus en plus croissante de la Chine dans la majorité des pays du continent Noir en raison des nombreux avantages et de la souplesse des conditions que ce pays offre.

Ce sommet, d’une importance majeure selon le chef d’Etat, Hu Jintao, a été précédé par des préparations intensives en vue de réussir ce rendez-vous pour lequel a été tracé un programme très riche. Après l’ouverture officielle des travaux, les dirigeants chinois et africains ainsi que les représentants du monde des affaires seront appelés à entamer un dialogue de haut niveau avant d’assister à la cérémonie d’ouverture de la deuxième conférence des entrepreneurs chinois et africains. Les travaux de la première séance de la table ronde du sommet de Pékin sont programmés demain. Les participants assisteront ensuite à la clôture des travaux de la conférence des entrepreneurs avant d’entamer la seconde séance de la table ronde du sommet en fin de matinée. Les travaux de ce sommet seront sanctionnés par une déclaration finale qui sera lue dans l’après- midi. Les chefs de la diplomatie de Chine, d’Ethiopie et du pays qui va abriter la quatrième conférence ministérielle, prévue dans trois ans, vont animer une conférence de presse à l’issue des travaux. 

L’axe Alger-Pékin

Profitant de sa présence à Pékin, le chef de l’Etat effectuera, à l’issue des travaux de ce sommet, une visite dans la République populaire de Chine sur l’invitation du chef de l’Etat chinois, Hu Jintao. Cette deuxième visite qui s’étalera sur deux jours s’inscrit dans le cadre du renforcement de partenariat entre les deux pays. «Cette visite d’Etat traduit l’intensification de la concertation politique algéro-chinoise en vue de la concrétisation d’un partenariat stratégique entre l’Algérie et la Chine s’étendant à tous les domaines de coopération» rapporte l’APS citant une source officielle. Ces dernières années, la coopération entre les deux pays a connu un renforcement dont les résultats sont très plausibles. Cette coopération a concerné plusieurs secteurs, notamment les hydrocarbures, le nucléaire, les télécommunications, le bâtiment et les travaux publics.

En terme de chiffres, les investissements chinois en Algérie, selon l’ambassade de la Chine en Algérie, ont atteint 600 milliards de dollars en 2005.  L’Algérie occupe le cinquième rang des partenaires commerciaux de Pékin en Afrique, derrière l’Afrique du Sud, l’Angola, le Soudan et l’Egypte. L’année 2005 a été très fructueuse dans le domaine des échanges commerciaux entre les deux pays puisqu’elles ont atteint 1,7 milliard de dollars, ce qui représente une augmentation de 40% par rapport à l’année 2004. Les exportations de la Chine vers l’Algérie ont atteint 1,4 milliard de dollars.

Nouria B.

 

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Parti des travailleurs

Hanoune réfute les chiffres de Ould Abbès

La secrétaire générale du Parti des travailleurs (PT), Mme Louiza Hanoune s’est prononcée hier en faveur du projet de la révision  de la Constitution. Elle a considéré lors d’une conférence de presse organisée à l’issue des travaux du conseil national de son parti, ouverts jeudi dernier à Alger que cette initiative «viendra couronner le retour à la paix et la stabilité nationales». Toutefois, la conférencière  qui  précisera  «méconnaître» les raisons du probable report de l’échéance référendaire, indiquera que l’élaboration de la prochaine Constitution doit être basée sur «une concertation sociale».   Par ailleurs, Mme Hanoune a réitéré son salut à l’égard de la récente augmentation des salaires. «Nous saluons, même si elle est minime, la récente augmentation des salaires des travailleurs algériens, qui constitue un nouvel acquis pour le mouvement syndical et social national», a-t-elle indiqué. Interrogée sur la position du Fonds monétaire international (FMI) qui considère cette augmentation comme «un véritable choc» pour l’économie nationale,

Mme Hanoune a souligné que celui-ci est une «organisation qui ne préconise que des thérapies meurtrières tablées notamment sur la privatisation», ajoutant que «l’augmentation des salaires constitue également une rupture avec sa (FMI) politique».  Sur le plan économique et social, Mme Hanoune démentant implicitement tous les chiffres et  statistiques fournis par le département de Ould Abbès   estimera que les dernières données statistiques fournies sur le taux de pauvreté et de l’emploi en Algérie «ne reflètent pas la réalité nationale», réitérant la position de son parti, qui reste contre la privatisation du secteur public et pour «la renationalisation» des richesses naturelles du pays.

 D’autre part, la secrétaire générale du PT a déclaré que les travaux du conseil national ont permis de discuter de la situation et de l’organisation du parti au niveau des wilayas et des communes, ainsi que de son bilan moral et financier.

A cet effet, ajoute Mme Hanoune, il a été décidé la poursuite de la campagne nationale lancée par le Parti des travailleurs ayant pour objectif «la collecte d’un million de signatures en faveur de la renationalisation des hydrocarbures et contre la privatisation du secteur public». Mme Hanoune a indiqué que cette rencontre a également constitué une occasion pour «booster» les préparatifs de son parti pour les élections législatives de 2007, qui espère, qu’elles seront «honnêtes et transparentes» afin de «promouvoir davantage l’action de  l’APN».

La rencontre a abordé, en outre, la  préparation de la tenue en décembre prochain à Alger, d’une conférence internationale des femmes palestiniennes, précisant que «l’idée d’organiser cette rencontre, qui verra la participation d’une cinquantaine de pays, émane de notre volonté de soutenir et d’encourager les femmes palestiniennes de Naciriya».

Selma M.

 

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Affaire des 1 100 milliards détournés à LA BADR

6 à 10 ans de prison requis

Après trois reports successifs, les principaux accusés dans l’affaire de détournement de la Badr inculpés de détournement de plus de 1100 milliards de centimes de la Banque de l’agriculture et de développement rural (Badr) agence Birkhadem ont été entendus jeudi passé au tribunal de Bir Mourad Raïs. Le procès  ouvert à 11 h du matin s’est terminé tard dans la soirée pour se poursuivre hier toute la journée. Les prévenus ont été interrogés puis entendus un par un par Mme la juge et le procureur général, ils ont nié toutes les accusations prononcées contre eux en expliquant que toutes les procédures d’octroi de crédit ont été établies légalement. Rappelons que les faits remontent à cinq ans, entre 2002 et 2005, années où 12 560 milliards de dinars ont été détournés suite à des opérations financières illégales au profit du groupe Digimex qui compte plusieurs entreprises spécialisées dans les matériaux de construction. L’opération a été découverte suite à une enquête effectuée par une commission chargée par l’administration de la banque de vérifier des informations qui lui sont parvenues faisant état de manœuvres frauduleuses, 25 personnes sont impliquées dans cette affaire, la majorité des cadres de la Badr, dont son P-DG, 9 d’entre elles sont en détention préventive, 14 sous contrôle judiciaire et les deux autres en fuite. Dans son réquisitoire, lu hier, le procureur général a requis des peines de 6, 8 et 10 ans pour les 25 accusés et une somme de 1 million de dinars que doit payer chacun d’entre eux comme dommage. La partie civile a exigé pour sa part le remboursement intégral de la somme dilapidée avec des intérêts, la saisie et la vente des biens de Digimax au profit de la Badr et un milliard de dinars comme dommage et intérêt.  La défense a par ailleurs évoqué deux rapports «officiels» établis par l’inspection des finances en faveur des accusés et qui ne révèlent aucune «défaillance ou anomalie» dans l’octroi de ces crédits et s’est demandée qui a intérêt à les cacher. A l’heure où nous mettons sous presse, le procès se poursuit encore.

Irane Belkhedim

 

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Kidnappings à Bordj Menaïel

Deux commerçants, guetteurs du GSPC

Deux commerçants de Bordj Ménaïel ont été arrêtés par les services de sécurité pour

«appartenance à un réseau de soutien à un groupe terroriste». Leurs dossiers se trouvent, actuellement, au tribunal de Rouiba, de même source. Ces deux commerçants sont accusés de fournir des informations au GSPC sur les entrées d’argent enregistrés par des commerçants, avant que des terroristes de l’organisation d’Abou Mossaâb Abdelouadoud, «émir» national du groupe salafiste pour la prédication et le combat n’enlèvent les enfants de ces commerçants pour demande de rançon, ajoute cette source. Plusieurs autres personnes ont été arrêtées dans le cadre de cette affaire. Ils feraient, selon l’accusation, partie d’un réseau de soutien à un groupe du GSPC qui aurait réussi à faire sortir plusieurs terroristes hors du territoire national vers l’Espagne avec de faux documents sur lesquels sont apposés de faux sceaux de la police de l’air et des frontières (PAF), d’un Consulat algérien en Espagne et de faux visas. Le démantèlement de ce réseau par les services de sécurité algériens avait motivé, entre autres, la visite du juge espagnol José Garcon, en Algérie, il y a quelque temps. Les informations fournies par les membres de ce réseau ont été exploitées par l’ANP qui a organisé, à l’époque, un ratissage dans un maquis de Bordj Ménaïel à la recherche de terroristes du GSPC armés de Kalachnikovs. A l’arrivée des militaires sur les lieux, les terroristes s’étaient déjà enfuis.

M. Abi

 

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Erreurs de diagnostic et accidents opératoires

Impunité assurée pour des praticiens

Se plaignant de violentes douleurs, à l'abdomen, une malade se présente, le 28 septembre, durant le mois de ramadan, au service des urgences médicales de l'hôpital de Bab El-Oued.  

Les erreurs de diagnostic et les accidents opératoires sont assez fréquents. Se faire opérer pour le moindre bobo dans un établissement hospitalier, en Algérie c’est,  parfois, courir le risque de passer de vie à trépas sinon d’en réchapper avec de sérieuses séquelles physiques et psychologiques. Une malade vient, récemment, de l’apprendre à ses dépens.

Se plaignant de violentes douleurs, à l’abdomen, celle-ci se présente, le 28 septembre, durant le mois de ramadan, au service des urgences médicales de l’hôpital de Bab El-Oued. Le médecin qui l’ausculte se croit obligé d’y aller d’un commentaire acerbe : «Tu as trop mangé et maintenant tu viens ici pour crier ta souffrance». Il prend, quand même, le soin de demander une échographie. Dans le service chargé de cet examen, la patiente est, une fois encore, prise à partie par le préposé chargé de cette opération exploratoire :

«Maintenant que tu es arrivée dans ce service, tu cherches à faire croire que tu souffres de plusieurs choses à la

fois.»

Retour au service des consultations. La malade s’entend dire qu’elle souffre d’un mal bénin : «Un petit problème de colon». On lui administre un calmant, on lui prescrit un traitement à base d’antispasmodiques et on la renvoie chez elle.

Le 29 septembre, au matin, constatant que leur fille continue de se plaindre de violents maux au ventre, les parents décident, cette fois, de la transporter vers l’hôpital de Birtraria sur les hauteurs d’Alger. Le médecin demande une nouvelle échographie. Après analyse de cette dernière, il déclare à la malade et à ses parents, qu’à part un petit problème d’ordre gynécologique, il n’y a rien de bien grave. Il rédige une lettre de recommandation et conseille de faire examiner la jeune fille par les médecins de la clinique de Durando à Bab El-Oued.

La malade, toujours accompagnée de ses proches, se présente le 30 septembre, dans la matinée, à cette dernière structure hospitalière. Une troisième échographie est réalisée. Elle fait ressortir que la patiente est en train de développer une appendicite aiguë avec abcès risquant, à tout moment de crever et nécessitant, de ce fait, une opération chirurgicale urgente.

Quand les médecins prennent leur temps

Vers 12 heures, l’infortunée, aux parents desquels les médecins prennent le soin de remettre  un dossier médical complet, est transportée vers l’hôpital de Bab El-Oued, situé à moins de 200 mètres de là. Au service des urgences de cette structure, les médecins demandent une énième échographie qui confirme le diagnostic de leurs collègues gynécologues. Depuis son arrivée sur les lieux, jusqu’à 16 heures, la malade continuant de souffrir de douleurs insupportables n’est, toujours, pas prise en charge. Quand, finalement, on daigne s’intéresser à son sort, on fait savoir à ses parents qu’il n’y a pas de lit vacant pour pouvoir l’hospitaliser. Sur la lancée, on leur propose de leur remettre une recommandation afin qu’ils puissent la faire admettre dans tout autre établissement de leur convenance. Le frère de la malade décide, à ce moment de la faire ramener vers l’hôpital de Birtraria où, pense-t-il, il a le maximum de chances de la faire admettre. Arrivés sur les lieux, les parents se voient reprocher pourquoi la personne souffrante ne leur a pas été adressée par ambulance. A son frère, on remet une fiche vierge, d’évacuation médicale qu’on lui demande d’aller faire remplir et signer par le service des urgences du secteur hospitalier de Bab El-Oued, faute de quoi, il ne leur sera pas possible de la garder.

Ce n’est qu’après la réception de ce document que la jeune fille, qui n’en finissait pas  de se contorsionner de douleurs est, finalement, dirigée vers 21 heures vers le bloc opératoire où elle restera près de quatre heures. Ses parents apprendront, par la suite, qu’au moment où les chirurgiens se mirent à inciser la partie de la peau sous laquelle est situé l’appendice, celui-ci creva et commença à répandre un liquide purulent à l’intérieur de l’abdomen. Face à cette situation les médecins se sont vu contraints de procéder à une autre ouverture sur une partie du ventre de la patiente afin de pouvoir procéder à un nettoyage de l’intérieur de l’abdomen. Ils diront un peu plus tard, aux proches, que leur fille a échappé, de justesse, à la mort.

Il faut préciser, (à la décharge ?), des praticiens du secteur public, que cette malade, avant de leur être confiée, avait été auscultée, quelques jours auparavant, par des médecins privés. Un généraliste avait cru déceler un mal bénin à l’estomac qu’une gynécologue, consultée peu après avait, elle aussi, confirmé.

Un esprit corporatiste étroit

Après son opération et près d’une semaine d’hospitalisation, cette malade a dû, pendant plus d’un mois, suivre des soins destinés à combattre l’infection provoquée par son mal. A la suite de ses malheureuses péripéties, elle a pu en réchapper. Mais qui dira, jamais, le nombre de celles et de ceux qui n’ont pas eu cette chance ?

Un tel exemple, venant s’ajouter à de nombreux autres, rapportés ici et là, confirment à l’évidence, que le secteur de la santé est, encore, loin de répon-dre aux besoins de santé et de sécurité des Algériens. Les erreurs de diagnostic et les accidents opératoires sont devenus, tellement, nombreux que beaucoup de personnes en viennent à craindre qu’en se faisant opérer, pour le moindre bobo, dans un établissement hospitalier national, ils  prennent le risque de passer de vie à trépas. C’est, d’ailleurs, cette raison qui expliquerait que beaucoup d’Algériens, quand ils ont les possibilités financières, préfèrent se rendre à l’étranger pour se faire soigner. En agissant de la sorte, ils ne font, en fait, que suivre l’exemple de ces nombreuses personnalités qui vont se faire traiter à l’étranger et confirment le peu de cas qu’ils font de l’appareil médical national, de la qualité et de l’efficience duquel ils sont, pourtant, comptables.

En tout état de cause, si l’on n’est pas fortuné ou que l’on n’a pas la chance de pouvoir bénéficier d’une prise en charge pour aller se faire soigner ailleurs, il est, fortement, conseillé de prendre la précaution de régler ses affaires en ce bas-monde et de s’en remettre à la providence divine, avant de se décider à monter sur une table d’opération.

Ce qui est navrant à constater, d’autre part, c’est que quand une personne décède après une intervention chirurgicale ou parce qu’elle n’a pas été, correctement, assistée médicalement, ses proches prennent, rarement, le soin de s’inquiéter des raisons qui ont entraîné sa mort. Ils le font d’autant moins que leur entourage immédiat, baignant dans un esprit fataliste pesant, manque, rarement, de leur rappeler que Dieu ou le destin, en ont décidé autrement. Cette manière d’appréhender les choses arrange, quelque peu, certains praticiens qui ne sont que, très rarement, poursuivis lorsqu’ils sont à l’origine de complications médicales qui auraient pu être évitées. Il faut dire qu’ils sont sûrs de pouvoir compter sur des collègues qui, par esprit corporatiste, étroit, sont prêts à se solidariser avec eux lorsque, par hasard, ils se voient poursuivis en justice.

Ahmed Mahieddine

 

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Mouhafadha de Béjaïa

Un redresseur, favori de Belkhadem

Amar Saâdani, membre de la commission exécutoire du FLN, a présidé, jeudi dernier, l’assemblée élective de la Mouhafadha de Béjaïa. En effet, treize membres dont deux femmes, en l’occurrence Mme Baouche directrice du COUS et Mme Ben Ali fonctionnaire à l’APC de Thala Hamza. L’élection des membres de la mouhafadha a été faite à bulletin secret en fonction des anciens quotas et la répartition traditionnelle.

En effet, sur les 42 candidats, 11 ont été choisis parmi les 5 anciennes daïras (circonscriptions) Akbou, Sidi Aïch, Amizour, Kherrata avec 2 représentants chacune et Béjaïa par 3 représentants. Selon des militants présents à l’assemblée élective, l’élection du bureau de la mouhafadha s’est déroulée dans le calme en dépit de quelques réticences et mécontentements tout à fait attendus.

Selon nos interlocuteurs, «Saâdoui a installé une commission de candidature qui a accueilli les noms des postulants sur lesquels s’est prononcée l’assemblée générale composée de délégués des 52 communes de la wilaya dont quelques- unes étaient représentées par des noyaux de militants». Parmi les membres du bureau de la nouvelle instance, plusieurs anciens proches de Benflis ont été reconduits, notamment Abdelmalek Hamadou et l’ancien mouhafadh, Hocine Mouzaoui.

Cependant, le mouhafadh sera désigné par le secétaire général de l’instance exécutive, en l’occurrence,

M. Abdelaziz Belkhadem et d’ores et déjà, on donne favori à la tête de la mouhafadha le représentant de la kasma d’Akbou, M. Rabah Mahfi connu pour être un ancien redresseur et un rassembleur mais reste à savoir si le responsable du parti optera pour celui-ci ou choisira encore un autre membre du bureau qui est aussi redresseur, en l’occurrence Mohand Akli Bouroui où encore Me Djahnine Madjid qui n’est pas rompu à la pratique politique devant les deux premiers et de surcroît devant Rabah Mahfi qui fait apparemment le consensus autour de lui.

Hocine Cherfa

 

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Tizi Ouzou

Encore un faux barrage

Un autre faux barrage a eu lieu dans la nuit de jeudi à vendredi et s’est soldé par le vol d’un véhicule. Selon des sources généralement bien informées, un groupe composé de 3 individus armés et portant des cagoules a dressé un faux barrage au niveau de l’intersection entre Tala Amara (Tizi Rached) et oued Aïssi (Tizi Ouzou).

Un citoyen qui était à bord d’une Laguna a été délesté de son véhicule et de son téléphone portable. Les vols de véhicules ont pris un rythme inquiétant dans la wilaya de Tizi Ouzou.

Zahra H.

 

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Belrekeia Saïd, président de l’association des immigrés d’Endaloussia

 «Les passeurs des harraga sont une mafia organisée»

Il est clair que les candidats à l’immigration clandestine, où les «harraga», ont trouvé ces derniers temps un autre moyen de quitter le pays et de tenter leur chance en Europe. Ils s’embarquent alors dans une aventure des plus périlleuses, en remettant leurs projets, leurs destins et surtout leurs vies entre les mains de passeurs. Lesquels leur offrent, moyennant une dizaine de millions de centimes, une traversée de la méditerranée à bord de vieilles embarcations, qui ont souvent du mal à tenir le cap en haute mer. Dans cet entretien, Belrekeia Saïd, président de l’association des immigrés d’Endaloussia, en Espagne, dénonce tout «la mafia» qui s’installe sur la côte Ouest du pays.

 

Entretien réalisé par

Habiba Ghrib

 

Le jour d’Algérie : En tant que président d’une association d’immigrés en Espagne, vous êtes aussi amené à s’occuper des cas d’immigrants algériens clandestins, et il se trouve qu’ils sont de plus en plus nombreux à recourir au service des passeurs et des embarcations de fortune. Où en est-on aujourd’hui en matière d’immigration clandestine ?

 

Belrekaia Saïd : Il s’agit d’un problème international. Le manque de visas et la difficulté d’en obtenir a ouvert une porte suicidaire aux Algériens. Cette nouvelle formule de l’utilisation des embarcations est un virus qui s’est propagé en Algérie à partir du Maroc. Je ne peux pas dire s’il a été introduit sciemment, de façon volontaire, ni par qui, mais je peux avancer qu’il s’agit d’une véritable mafia qui commence à gagner du terrain sur la côte Ouest, de sorte que pas moins d’une dizaine d’Algériens arrivent chaque jour à atteindre et à débarquer sur les côtes espagnoles. Cela en ne comptant pas bien sûr les trop nombreuses disparitions en pleine mer.

 

Vous venez d’avancer récemment que pas moins de 10 Algériens réussissent quotidiennement à atteindre les côtes espagnoles. Quel est leur devenir alors ?

Le plus souvent et la plupart des «resquilleurs» et après une rude et dangereuse traversée, sont interceptés par les autorités espagnoles et atterrissent dans les centres d’accueil pour immigrants clandestins, comme celui de Almeria. Lors de la dernière visite de notre association à ce centre, nous avons remarqué la présence de beaucoup d’Algériens et parmi eux huit mineurs.

 

Peut-on avoir des chiffres plus explicites ?

Il faut savoir qu’en une seule nuit, au mois de septembre dernier, 170 personnes ont pu atteindre les côtes espagnoles et pour finir au centre d’accueil d’Almeria. Il y avait entre 30 et 40 Marocains, alors que le reste, plus de 120 personnes étaient des Algériens. Toujours en septembre, nous avons eu vent que 8 à 10 embarcations avaient quitté les côtes marocaines et algériennes.

 

Quel type d’embarcations utilise ces passeurs ? A combien sont les prix et comment s’établit le contact entre eux et les «harraga» ? Bref, comment opèrent-ils ?

Il s’agit malheureusement de vieux chalutiers et de petits bateaux de pêche qui ont 20 ans d’âge et plus ou moins de canots pneumatiques dotés de moteur. Les passeurs demandent entre 7 à 10 millions de centimes à chaque voyageur. Nous avons appris qu’ils vont proposer leurs services dans les cafés et ne se limitent plus aux villes côtières, mais s’aventurent même à l’intérieur du pays, au centre et à l’est.

 

Vous citez l’exemple de la mafia marocaine, qui semble bien maîtriser ce dangereux business. De quelle façon opère-t-elle ?

Il s’agit d’une mafia bien organisée qui active depuis des années. Les passeurs marocains encaissent pas moins de 5 000 euros pour chaque voyageur clandestin. Nous assistons depuis une année à l’apparition d’une autre branche de cette mafia. Ces groupes interceptent les «resquilleurs» et les séquestrent à leur niveau. Ils entrent en contact avec leur famille au Maroc et leur demandent 1 000 euros supplémentaires, en les justifiant par le fait qu’ils les ont sauvés des mains des garde-côtes espagnols. Malheureusement, les autorités marocaines utilisent ce phénomène des clandestins et de la mafia qui gère ce trafic, pour exercer des pressions politiques sur les pays européens avec pour objectif de recevoir des aides matérielles. Et elles en reçoivent depuis des années déjà, soit en espèces, soit en équipements destinés à lutter contre l’immigration clandestine.

 

Quels sont, selon vous, les moyens et les mesures que doivent prendre les autorités algériennes pour lutter contre cette «mafia» ?

Nous demandons en tant qu’association aux autorités algériennes de prendre en charge et en urgence ce grave problème. Les autorités et les garde-côtes doivent renforcer leur surveillance pour déjouer le trafic de cette mafia. Il est aujourd’hui question de vie ou de mort. Il est temps que les associations locales, les services de la DAS, entreprennent des actions de sensibilisation au profit des jeunes pour leur expliquer qu’à travers un tel projet, ils mettent tout simplement leur vie en danger. Et un message est aussi adressé aux familles et aux parents de ces jeunes qui pensent qu’en envoyant leurs enfants et en finançant leur traversée, investir pour leur avenir.

Ce n’est jamais vrai car ils les envoient à leur mort. Mais avant toute chose, il faut que les autorités algériennes interviennent auprès des services consulaires des pays européens et du groupe Schengen en particulier pour qu’ils facilitent l’octroi des visas à nos concitoyens. Si l’Algérien arrive à sortir à l’étranger avec un vrai visa et avoir alors la possibilité  de voir que rien n’est facile là-bas et de pouvoir retourner chez lui, il y aurait de fortes chances de briser le mythe de l’Eldorado.

H. G.

 

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Dans un livre sur «la légalité de la pratique politique»

Djaballah répond aux salafistes

Se disant pour la pratique claire de la politique dans le cadre des lois de la dawla algérienne démocratique et populaire, cheikh Abadallah Djaballah vient d’ouvrir, à la faveur de son argumentaire, un front contre le courant de la salafia pure et dure en expansion en Algérie. L’ouvrage dédicacé  hier au Stand Dar El Maârifa au 11e Sila, se veut, selon son auteur et néanmoins président du parti Islah, une réponse à ce courant farouchement opposé à l’islam politique. La salafia djihadiste, différente de la salafia scientifique, abolit dans ses préceptes la pratique politique par le courant islamiste et prône tout changement par la force et ne croit pas à l’entrisme ou l’alternance au pouvoir. Elle (la salafia) s’érige en commandeur absolu de la nation et l’application de la chariaâ telle qu’elle est énoncée dans le Coran et la Sunna du prophète (QSSSL) dans le cadre de la dawla islamia, selon le schéma de califat ou de l’imamat imposé jadis par la moubayaâ. Djaballah confirme par ce bouquin son obédience à la démocratie comme appendice pour accéder ou participer au pouvoir.

Il mène, par ailleurs, une bataille juridique contre les dissidents autoproclamés en juin 2004 redresseurs au sein du MRN. Réhabilité dans son statut de président de la mouvance par la Cour suprême, il ne cesse de marquer des points à l’endroit de ses détracteurs qui ont réussi, quelque temps avant à le destituer via la juridiction de Sidi M’hamed qui a gelé les avoirs du parti, objet de la discorde avec d’anciens fidèles. Très confiant en sa base et en la justice, cette dernière l’a rétabli dans son droit sans pour autant trancher le différend avec ses opposants, en contentieux jusqu’alors. Djaballah avance quand même dans la préparation du 1er congrès du parti, compromis par la crise. Le président du MRN qui a pu tenir son université d’été alors qu’il était en difficulté, continue de faire le tour du pays en organisant des meetings pour la promotion de la réconciliation nationale, afficher ses positions par rapport à la révision constitutionnelle. Il se permet même le luxe de recevoir au siège de son parti sis à Bir Mourad Raïs, mardi passé, l’ambassadeur de France en Algérie. Une discussion  de deux heures a eu lieu autour des questions nationales et internationales. M. Djaballah avait été le lendemain reçu, au même titre que toutes les personnalités politqiues nationales,  à l’occasion de la cérémonie des vœux pour le 1er Novembre, par le président de la République. Une invitation que les opposants de Djaballah ne manqueront pas de comptabiliser en sa faveur et se voient dans l’obligation de réviser à la baisse leurs calculs. Côté Djaballah, on ne ratera certainement pas l’évènement pour l’investir dans un proche avenir. Le congrès, tributaire du règlement définitif du conflit l’opposant à ses redresseurs, est annoncé pour fin décembre.

S. B.

 

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Violence contre les femmes

Des chiffres qui font peur

Impossible de connaître encore le nombre exact de femmes qui subissent la violence dans tous ses aspects car, les instances et les associations approchées à cet effet ne peuvent pas nous en fournir.

Mais les différents exemples vivants que nous avons rencontrés témoignent de l’ampleur de ce phénomène. De multiples cas ont été enregistrés, en effet au centre SOS femme en détresse, à Alger, auquel nous avons rendu visite. Nous pouvons citer entre autres, le cas de N., 29 ans, qui vit dans ce centre depuis une année et 5 mois. Elle a été victime d’un abandon très tôt par sa mère, à sa naissance, à l’hôpital; elle vivra des années dans des circonstances dramatiques, avant de trouver un mari qui, au lieu d’être son soutien, sera un ennemi. C’est un fantôme de sa vie, dit-elle, et qui la hante encore. Ce cas a été raconté par sa propre voix qui cherche la moindre issue afin de dévoiler ce qu’elle à vécu, une enfance terrible, sa lumière commence à s’éteindre, et son frère à qui il est arrivé de la tabasser souvent n’est pas pour arranger les choses dans sa vie. Son destin a voulu qu’à chaque fois, elle vit une histoire pire que celle qu’elle a vécue déjà. Quand elle a décidé, par exemple, de fuir l’enfer, en acceptant de se marier sans connaître le moindre détail sur sa belle famille et son mari en particulier, sa vie devint un cauchemar car son époux est un toxicomane, et plus grave encore, la harcèle de menaces afin de travailler avec son groupe de trafiquants de drogue. Après deux mois de mariage, la jeune fille demande à son mari un extrait de l’acte de mariage, son droit le plus légitime. Sa belle-mère est catégorique : «Je n’accepterai jamais que mon fils fasse un acte avec une fille abandonnée». C’est à ce moment que N. a pris la décision de quitter son monde de mensonges, et décida de se rendre au centre d’écoute de Batna qui la transférera à Alger. Elle n’est qu’un «cas» parmi les autres. H. 35 ans, mariée à un jeune; cette femme a voulu fonder un foyer et vivre dans un minimum de bonnes conditions, bref, tout ce que beaucoup de femmes souhaitent, mais la réalité n’est pas toujours comme on en rêve, car sa belle-mère lui rend sa vie insupportable, ce qui fait que son mari sous pression a quitté la maison, et c’est la goutte qui a fait déborder le vase, surtout qu’elle était enceinte d’un bébé qui devrait normalement égayer le foyer. Le pire pour cette femme c’est qu’elle sera rejetée par les deux familles. Aujourd’hui, il n’y a encore aucune solution pour H. qui s’est retrouvée d’un jour à l’autre à la rue où elle a été agressée et violée. Alertée par des citoyens, la police est intervenue et l’a orientée enfin vers l’association SOS femmes en détresse. Elle y a trouvé de l’aide pour elle et pour son enfant qui a tout de suite été pris en charge par le village africain de Draria. Un autre drame, celui de A. 21 ans, et F. 18 ans, des jeunes filles qui ont été victimes toutes deux de «violence familiale» qu’elles se gardent de qualifier. Maintenant, ces deux femmes n’ont souhaité qu’une famille qui leur procure de l’amour et surtout de la protection. Les deux adolescentes rencontrées au centre de SOS femmes en détresse ont dévoilé très pudiquement leurs souffrances et leurs ambitions aussi : «On veut vivre une vie sereine, certes sans famille, mais sans violence au moins», déclare A. avec le ton

triste des gens qui combattent le désespoir. Présente lors de notre visite, une autre femme, la trentaine entamée, témoigne durement : «De quelle vie voulez- vous que je vous parle ? Mon mari rentre pour me tabasser, et il sort pas avant de faire la même chose. Est-ce que c’est ça une

vie ?». Voilà pour le «social», «l’émotionnel», le «crève-cœur», autant de témoignages qu’on croit fait pour parler d’une minorité. Faux ! La violence contre les femmes n’a absolument rien de marginal. Et c’est ce que nous montrent les chiffres alarmants et les statistiques terrifiantes d’ailleurs, plusieurs enquêtes et recherches ont été élaborées sur le sujet, comme celle de l’Institut national de santé publique (INSP), publiée en 2005. Selon l’enquête, les époux sont en tête de ces agressions et représentent 13% de coupables sur l’ensemble des cas enregistrés alors que les femmes mariées représentent environ la moitié des victimes.

Globalement, l’enquête révèle que le lieu principal de l’agression est le domicile : environ les deux tiers des violences y sont commises, soit un taux plus de 50%, alors qu’il est censé être un lieu de… sécurité. A l’instar des agressions conjugales, la femme fait l’objet d’autres agressions. En dehors de son foyer, elle n’est pas à l’abri.

Celle-ci est également menacée et harcelée dans son milieu de travail. Le plus étonnant est de constater que parmi le nombre total des agressions signalées

(9 033), 158 cas sont liés au harcèlement sexuel. Cela démontre malheureusement que le climat de travail dans le milieu professionnel est assez dégradé, sachant l’hésitation des femmes à en parler. Il y a également les agressions dans la rue qui représentent 74% des cas. Ces agressions ont été signalées dans les grandes villes d’Algérie. La capitale, vient en tête de liste avec 533 femmes victimes, suivie de Annaba avec 358 cas et d’Oran. En gros, retenons près de 55% des femmes sont violentées au sein de la famille et 5% le sont violentées par leurs… propres enfants. Les structures qui ont reçu le plus grand nombre de victimes sont, par ordre décroissant, les structures de santé, les commissariats, les tribunaux et les centres d’écoute. Globalement, le maximum de victimes a été enregistré dans les grandes villes : la capitale avec 10,4%, puis Constantine avec 5,0% et Oran avec 4,0%. Selon les chiffres de l’INSP, plus du tiers des femmes agressées en Algérie sont célibataires. Et la question qui doit se poser et de savoir qui protége la femme en Algérie ? A qui est imputable la responsabilité de prévenir ces actes réprimés par la loi ? Pour juguler le phénomène, des associations défenses des droits de la femme et des organisations généralistes des défenses des droits de l’Homme sont mobilisées activement pour défendre les intérêts de la femme. Citons comme exemple SOS femme en détresse, l’association Rachda (darna) et le centre d’information et de documentation des droits de l’enfant et de la femme (Ciddef). Me Meriem Koudir, responsable de la gestion du centre SOS femme en détresse, nous révèle qu’«il n’y a pas plus difficile que d’être en face d’une personne qui a besoin de notre aide et de ne pas être sûr d’avoir tout fait, même si nous faisons de notre mieux»

Et c’est pour cela que l’état des femmes souffrantes est pris en pleine considération. Avec beaucoup de «psychologie et de tact», aussi. Après avoir donné un temps de relaxation et de calme, une psychologue est mise à la disposition de la victime et des procédures sont entamées en vue de trouver des solutions à ses difficultés.

Mais les gens sur le terrain qui assurent ce genre de prises en charge sont unanimes quant à l’évaluation des dispositifs de réponse, comme constaté lors d’une journée d’étude organisée le jeudi 5 octobre dernier où les intervenantes ont mis l’accent sur la nécessité de créer un centre national pour la prise en charge des femmes et d’enfants victimes de violence. Ce centre et ses relais locaux doivent avoir pour mission d’accompagner des personnes en difficulté en vue de trouver des solutions à leurs problèmes et également d’accorder un soutien moral aux personnes  concernées en les aidant à trouver une issue à leur situation sociale et psychologique. En effet, une représentante de la commission nationale des femmes actives à l’Union générale des travailleurs algériens (UGTA), avait axé son intervention sur le rôle de la commission qui doit «sensibiliser sur les dangers du harcèlement sexuel en milieu professionnel».

Concrètement, ces associations de la société civile activent pour lutter contre le phénomène de la violence contre les femmes, mais malheureusement elles ne représentent pas une force capable d’influer de manière réelle sur les choses. Aujourd’hui, elles n’ont pas une capacité de négociation susceptible de changer la situation et elle n’influence pas vraiment les processus de décision qui les concerne. Et le doigt est mis, d’ailleurs, sur l’obstacle juridique contenu dans plusieurs textes en vigueur. L’exemple le plus probant est celui du code de la famille car la vie de la femme est tributaire de ce dernier, lequel est, de l’avis des associations rencontrées, «toujours aussi discriminatoire», car les femmes ne sont pas libres de consentir seules au mariage, quel que soit leur âge (obligation de la présence du tuteur), elle ne peut divorcer que dans des conditions très restrictives et même si elles sont protégées en théorie contre la polygamie, elles n’en sont pas vraiment à l’abri. On nous apprend ainsi que cette situation n’est assurément pas la cause de la violence, mais les époux malveillants abusent de la situation de domination qui se dégage ainsi à leur faveur.

En tout état de cause, les cas de violences domestiques sont nombreux et on le constate avec la sortie des femmes de leur foyer et malgré les modifications apportées sur le code de la famille, comme la suppression de la tutelle matrimoniale et la polygamie, il reste toujours évident que la femme n’a pas tous ses droits civiques. A ce propos,

Me Koudir considère que le nouveau code de la famille n’est que «du noir sur blanc». Et

d’ajouter : «ça ne veut pas dire qu’une loi qui existe que celle-ci est appliquée et ce, même si elle est à modifier»

Le fait est que les droits de la femme demeurent un processus et une question pour laquelle il faudrait répondre. Pour ce faire, de grands efforts devront être consentis par la société civile.

Fariza Bouzidi

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