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Mustapha Belahcène, interprète chaâbi

Sur les traces du Cardinal

 

 04/12/06

 

 

Mustapha Belahcène, interprète chaâbi

Sur les traces du Cardinal

Entre El Anka et lui, c’est une vieille histoire. Pourtant les deux gars ne se sont jamais connus ni croisés. Il n’était pas d’ailleurs possible puisque la venue au monde de Mustapha Belahcène n’a eu lieu que trois ans après la disparition du Cardinal. El Relizani pouvait-il s’attendre à un tel cheminement au bout de quelques années ? Un interprète qui, au fil des ans, a réussi à bousculer les «grosses pointures» dans le genre chaâbi.

N’empêche que pour définir une passion, il faut bien se garder des facteurs du temps ou de l’âge. Car si actuellement, il y a un interprète qui rappelle (hormis Mehdi Tamache) le défunt El Hadj, c’est bel et bien et sans conteste lui. Un jeune de 25 ans, né très loin d’Alger. Encore plus loin des cercles fermés d’une musique que d’aucuns veulent en faire une chasse gardée. Là où la chanson chaâbie, à vrai dire, ne s’abreuve pas dans son terreau originel : Relizane. Pas de Casbah, ni de Kahwet Malakoff, encore moins de conservatoire ! Absolument rien de tout cela. Mais en face, ou plutôt dedans de ce petit Anka brûle une passion pour le maître chaâbi de tous les temps.  Nourri dès sa prime enfance aux sources de la chanson chaâbie, et pétri dans la pâte d’une famille portée sur la musique, Mustapha ne s’attendait pas qu’il allait être propulsé si vite sur la scène artistique. Comme beaucoup d’artistes, il est issu d’une famille où la musique faisait quasiment office de religion.

Père, frère, oncle…avec à la clé quelques amis de la famille. Tous ne juraient que par la guitare, le mandole ou la derbouka. La graine plantée dans les fins fonds du jeune Mustapha, n’a pas tardé à lever. «Je suivais mon père dans les soirées qu’il animait ici et là à Relizane (…). A la maison on écoutait beaucoup et plusieurs musiques, le chaâbi, Abdelhalim Hafed (…). Si mon père a été derrière ma passion pour le chaâbi, c’était surtout avec mon oncle que j’ai appris à manier l’instrument, la guitare», nous confie l’artiste qui ne cache pas d’ailleurs, même s’il n’en fait pas tout un pataquès, ce qu’il appelle un don divin.

Les premières armes affûtées à Relizane alors qu’il n’avait que vingt ans. De fil en aiguille, il gravit vite les échelons pour porter les galons d’un véritable interprète de chaâbi. Sa renommée allait grandissant, on ne pouvait ignorer ni mettre une sourdine à celui qui sera l’un des meilleurs adeptes d’El Hadj.  Mustapha participe en 1999 à son premier festival de chaâbi que la ville des Roses, Blida, organise régulièrement au profit des jeunes talents. Là, «El  Relizani» comme on l’appelle ici à Alger, met le paquet et s’impose au fil des prestations qu’il donne à travers certaines villes notamment lors de ses haltes à Alger. Première place, premier prix et déjà les feux se braquent, massifs, sur lui. En 2001, à Koléa, il récidive et rafle la mise d’un autre festival pour revenir une année plus tard à Blida où le wali subjugué par son talent, lui offre un joli mandole qu’il garde comme un bambin, qui garde son jouet, jalousement.

Tout compte fait, les cinquante kilomètres qui séparent Blida de la capitale, n’ont pas été très distants. Les mélomanes chaâbis apprécient cette nouvelle figure qui ne tarde pas d’ailleurs, à s’affirmer, voire faire de l’ombre à certains interprètes confirmés. El Relizani pouvait-il s’attendre à un tel cheminement au bout de quatre ou cinq années de travail ? En tout cas, il a bien réussi son pari pour se ranger aux côtés des Hassan Kaouène, Mehdi Tamache, Kamel Bourdib, Kamel Fardjallah et tous ceux qui ne jurent que par le Cardinal, El Hadj M’Hamed El Anka.

Amine Goutali

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