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Bruno Etienne au CCF
Conférence
autour du refus du clash des civilisations
Bruno Etienne,
chercheur et universitaire, professeur à l’Institut d’études
politique d’Aix-en-Provence et spécialiste du Maghreb et du monde
arabe, donnera cet après-midi (14h 30) au CCF une conférence
intitulée «Le refus du clash des civilisations».
Une réflexion qui
fait dans un autre discours, que celle dont fait sienne Samuel
Huntington, à travers sa théorie qu’il livre dans son ouvrage «le
Choc des civilisations». Dans son pavé de 400 pages, S. Huntington
part du constat que les données de la géopolitique ont changé avec
la fin de la guerre froide. Samuel Huntington part du constat que
les distinctions essentielles entre les individus ne sont pas de
nature idéologique, politique ou économique mais culturelle, car le
monde est en butte à une crise générale d’identité. Il en déduit que
les peuples s’identifient à des groupes culturels qui reposent sur
la religion, c’est-à-dire un système de pensée. Pour se déterminer
et pour savoir qui il est, l’homme cherche au premier chef à définir
qui il n’est pas. La reconnaissance identitaire ne s’effectue pas
par une accumulation de traits communs, mais par une opposition aux
autres : «Je suis occidental parce que je ne suis pas musulman,
confucéen, hindou, etc.», écrit-il. Pour Bruno Etienne, la culture
et la civilisation arabo-musulmanes issues de la Bible, constituent
la révélation monothéiste et y intègrent la philosophie grecque,
alors que l’Inde, la Chine et le Japon sont dans des problématiques
complètement différentes. On assiste, note Bruno Etienne à une lutte
de redéfinition géostratégique qui concerne le contrôle du
Proche-Orient (énergétique) et qui est légitimé des deux côtés par
des références culturelles, voire religieuses qui masquent les
véritables enjeux comme la question : «Qui a intérêt à développer
l’idée de l’Islam versus Occident ?» L’idéologie, comme la religion,
traduit le monde en idées. «Nous sommes donc victimes de l’illusion
quand nous voyons le monde par le seul truchement de nos idées et
quand nous croyons voir dans nos idées le monde.
Dès lors, nous
croyons que nos idées sont le réel, ce qui nous rend méfiants à
l’égard de toute donnée ou expérience qui contredit nos idées :
c’est le réel qui a tort quand il contredit mon idée ou ma foi»,
relève-t-il. Bruno Etienne est l’auteur de nombreux ouvrages dont
«La France et l’Islam» (1989), «Abdelkader le magnanime» (1994), et
les «Amants de l’apocalypse : clés pour comprendre le 11 septembre»
(Ed. de l’Aube, 2002). Il aborde en 2002 la question des sectes en
France avec les outils méthodologiques de la sociologie. Dans son
ouvrage «Abdelkader le magnanime», l’auteur dépeint l’Emir
(1808-1883) comme un héros de la résistance à la colonisation
française, le bâtisseur d’un Etat moderne. Dans un texte inédit,
«les Combattants suicidaires», Bruno Étienne étudie le «terrorisme»,
l’imaginaire islamique qui se constitue, le statut de la mort dans
la culture monothéiste et dans l’islam, le statut du suicide et du
sacrifice patriotique et/ou religieux, confronté avec ce que la
psychanalyse nous enseigne sur la pulsion de mort et le gouvernement
de la mort dans une société. Dans un second texte, «les Amants de
l’Apocalypse», l’auteur revient, à la suite des attentats du 11
septembre 2001, sur l’échec de l’islamisme radical qui a provoqué un
dépassement du projet État islamique vers la perversion de
l’eschatologie : détruire le monde pour extirper le mal puisque
l’Apocalypse précède la venue du royaume. Dans «Islam, les questions
qui fâchent», cet expert de l’Islam répond avec méthode et clarté à
une série de questions du grand public, dont celles polémiques et
non moins problématiques.
Synthèse H.K.
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Festival national du théâtre comique à Médéa
Huit troupes en
compétition pour la «Grappe d’or»
Huit pièces
théâtrales seront en compétition pour la «Grappe d’or» du festival
national du théâtre comique, qui se déroulera à Médéa du 11 au 16
novembre prochain. Cette nouvelle version du festival Hassan El
Hassani du théâtre, organisée cette année en hommage à deux grandes
personnalités artistiques nationales, en l’occurrence les regrettés
Abdelkader Ferrah et Sirat Boumediène, mettra en compétition de
nouvelles productions théâtrales réalisées par des troupes issues
des wilayas de Sétif, Batna, Constantine, Alger, M’sila et
Mostaganem. Parmi les pièces sélectionnées par le jury du festival,
il y a lieu de citer «El Djifa», une adaptation de la pièce «Cadavre
sur le trottoir» de Saâdallah Wanous, mise en scène de
Abdel El Malek
Boussahel et interprétée par la coopérative du théâtre de Sétif, «le
Retour de Holago», écrite par Soltane Ben Mohamed, et produite par
l’association «Affak» des arts dramatiques de Batna, «Slalet El
Mhabel», une production de la troupe Belliri de Constantine, adaptée
par Khaled Belhadj, «la Demande d’un mari»,
d’ Antoine Tchékov,
«El Khataba», de l’association «Qaous Qouzah» des arts et spectacles
d’Alger, écrite par Malek El Aggoune et mise en scène par Saïdi
Merzouk.
D’ autres pièces
figurent également au programme de ce festival dont, «El Djourra»,
pièce théâtrale composée par Omar Zekar et produite par Mehouas
Ahmed pour le compte de la troupe «El Kalima» de M’sila, «Point
d’interrogation», de l’association M’hamed Yazid d’Alger, une
réalisation de Hamadi d’après un texte de Imad El Djazaïri et enfin
en clôture du festival la pièce «El-Aroui Akkacha», une adaptation
du regretté Ould Abderahmane Kaki, d’après la célèbre œuvre de
Molière «George Dandin», produite par l’association des arts
dramatiques de Stidia, dans la wilaya de Mostaganem.
La séance
d’ouverture du festival sera marquée par la présentation, hors
compétition, de la pièce théâtrale «Aïssa Tsunami», de Azzedine
Mihoubi, mise en scène par Mohamed Tayeb Dehimi et interprétée par
le théâtre régional de Constantine.
R. C.
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