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Un phénomène tout
à fait nouveau vient de faire son apparition au Proche-Orient : les
femmes d’activistes du Hamas se sont constituées en bouclier humain
pour protéger leurs époux. C’est même grâce au courage et à la
détermination farouche de ces femmes que plusieurs dizaines de ces
activistes, retenus enfermés dans une mosquée à Beit Hanoun, ont pu
s’échapper vendredi. Mais l’armée israélienne ne s’est pas pour
autant laissée déborder par cette action inattendue. Tsahal a en
effet tiré à plusieurs reprises sur des femmes, non armées, tuant
deux d’entre elles. Deux victimes, qui seront par ailleurs
certainement et largement vengées dans les jours à venir par les
Palestiniennes. Mais la mort de ces deux femmes n’est certainement
pas pour améliorer l’image d’Israël aux yeux de la communauté
internationale. En effet, ces jours derniers, Israël connaît
quelques difficultés avec la Finul qui n’accepte pas le survol
continu par l’aviation israélienne du territoire libanais. La
direction de la FINUL a même, il y a quelques jours, menacé à mots
couverts l’armée israélienne de tirer sur ses avions s’il continuent
à enfreindre la résolution 1751. Aujourd’hui, l’on peut dire, sans
trop se tromper, que l’armée israélienne et l’Etat d’Israël en
général,
a largement perdu
la guerre des images et de la communication. De plus en plus l’idée
d’un Etat d’Israël brutal et cœrcitif fait son chemin dans les
opinions publiques du monde entier même dans celles de pays
historiquement alliés à l’Etat hébreu.
Et si Israël fait
mine de n’en avoir cure pour ses soutiens tels les Etats-Unis et la
Grande-Bretagne, eux ne peuvent se permettre de soutenir un pays qui
commence à apparaître comme un vrai terroriste. Mais la reculade est
désormais impossible pour Israël qui semblerait ainsi plier face aux
Palestiniens et au Hezbollah.
Fouzia Mahmoudi
Haut
Irak
Saddam risque
la peine de mort
nL’ancien homme
fort de Bagdad connaîtra aujourd’hui le verdict du tribunal pour
l’exécution de 148 villageois chiites d’un village au nord de Bagdad
dans les années 1980, pour laquelle il risque la peine de mort, un
jugement très attendu en Irak et dans le monde.
Pour prévenir un
éventuel regain de violence, le ministère irakien de la Défense a
placé vendredi l’armée en état d’alerte et annulé toutes les
permissions.
Saddam Hussein, 69
ans, et ses sept co-accusés ont été jugés du 19 octobre 2005 au 27
juillet 2006 devant le Haut tribunal pénal irakien, installé dans le
quartier fortifié de la zone verte à Bagdad. Ils sont poursuivis
pour l’exécution de villageois chiites du village de Doujaïl, en
représailles au mitraillage du convoi de l’ancien président, alors
qu’il visitait Doujaïl en 1982. Au total, le tribunal a tenu 40
audiences et entendu 130 témoignages. Le 19 juin, le procureur
général, Jaâfar al-Moussaoui, a requis la peine de mort contre
l’ex-président, son demi-frère, Barzan al-Tikriti, ancien patron des
renseignements au moment des faits, et l’ancien vice-président Taha
Yassine Ramadan.
Cinq autres
accusés parmi lesquels Awad Ahmed al-Bandar, un ancien juge qui a
présidé le tribunal révolutionnaire dans l’affaire de Doujaïl sont
jugés dans cette affaire. Saddam Hussein, premier chef d’Etat arabe
à être jugé dans son pays pour des crimes commis contre son peuple,
a rejeté dès le départ la légitimité du tribunal et refusé de
plaider coupable ou non coupable à l’issue du procès. En cas de
condamnation à mort ou à une peine d’emprisonnement à vie, les
statuts du tribunal prévoient une procédure automatique d’appel, qui
sera examinée par la Chambre d’appel du Haut tribunal pénal,
composée de neuf juges. Celle-ci peut estimer que l’appel est fondé
si elle découvre une erreur de procédure ou un non-respect du droit.
Dans ce cas, un nouveau procès doit avoir lieu. En cas de
ratification de la décision prise en première instance, la sentence
doit être appliquée dans les 30 jours. Mais Saddam est aussi jugé
depuis le 21 août pour avoir ordonné au Kurdistan en 1988, une
offensive, appelée Anfal, qui a fait plus de 180.000 morts, selon
l’accusation. «Concernant les autres procès, le tribunal jugera les
prévenus encore vivants», a indiqué le procuré général Jaafar
al-Moussaoui.
«La condamnation à
mort mettra l’Irak à feu et à sang et mènera la région vers
l’inconnu», a averti dimanche dernier le chef du comité de défense
de Saddam Hussein, Khalil al-Doulaïmi, dans une lettre adressée au
président américain George W. Bush. Selon l’avocat, «la seule
solution pour sauver l’Irak, la région et le monde est de libérer
Saddam Hussein».
Par ailleurs, les
forces spéciales de l’armée irakienne et leurs conseillers
américains ont lancé samedi matin un raid contre les membres
supposés d’un escadron de la mort dans le bastion chiite de Sadr
city à Bagdad, arrêtant trois suspects. Les soldats ont été la cible
de tirs d’armes légères et de roquettes, qui n’ont pas fait de
blessés. Cette opération tend à démontrer que le bastion du chef
radical chiite Moqtada Sadr, fermement opposé à l’occupation
américaine et soupçonné d’abriter de nombreux escadrons de la mort,
n’est pas un refuge sûr.
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