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11e édition du SILA
Gibran et Mahfoud au rendez-vous
Depuis
son ouverture, le 11e Salon international du livre
d’Alger (SILA) draine un monde fou.
Professionnels, mordus de lecture, éducateurs, libraires
et pédagogues se bousculent pour y retrouver les
dernières nouveautés et profiter surtout des remises
proposées. L’on peut remarquer d’emblée que les maisons
d’édition arabes se démarquent par leurs expositions
riches et diversifiées, particulièrement les éditeurs
égyptiens, jordaniens et libanais. De la bande dessinée,
au livre technique et scientifique, à la politique, en
passant par la sociologie et la religion et même le
journalisme, il y a de tout. L’on peut
retrouver sans aucune difficulté la série complète des
grands écrivains arabes comme Khalil Gibran et Naguib
Mahfouz ou Ihssane AbdelKoudousse, des
livres
sur la franc-maçonnerie ou les sociétés secrètes, Harry
Potter ou des BD de Disney sont en arabe, des
traductions des derniers livres de chercheurs étrangers
débordent sur les étals, «The imperials Hubris» de
l’américain Michael Scheuer est à 3 300 DA,
«l’Intellectuel et le pouvoir» de Edouard Saïd est à 1
440 DA,
«Les
interventions humanitaires dans les relations
internationales» édité par le centre de recherche
émirati est à 4 700 DA, un atlas de Disney
magnifiquement illustré est à 700 DA, des livres de
politiques à 3 000 DA, des livres de jardinage, de
bricolage chez soi sont à 700 DA. «C’est riche mais trop
cher !», confie tristement Réda. L’habituelle
problématique de l’insuffisance de la bourse d’un
fonctionnaire algérien se pose pour la plupart des
visiteurs, ce qui n’empêche pas certains de se permettre
le luxe de saisir l’opportunité qu’offre le Salon et de
prendre des livres introuvables dans les librairies
algériennes, comme Nora étudiante en littérature qui
s’est acheté toute la série de Khalil Gibran. «C’est
génial, je suis contente ! J’ai eu ma bourse avant la
fête de l’Aïd et je l’ai gardée pour la débourser
exclusivement pour le Salon».
Il
faut dire que les livres les moins coûteux sont les
bouquins religieux, «Purification des cœurs» de Amar
Moussa, islamologue de l’Arabie saoudite est à 200 DA,
l’édition existe même en français, les stands qui
proposent ces livres sont submergés, certaines maisons
offrent des remises de 10 %, d’autres comme Dar El
Basair (Arabie saoudite) propose une tombola, les
clients dont les achats dépassent les
1 000
DA peuvent y participer, les cadeaux sont alléchants
(micro portable, portable, un chèque de 25.000 DA…).
Les
maisons d’édition algériennes paraissent pauvres devant
cette multitude de production, car leurs livres se
limitent au parascolaire, à des livres témoignages sur
la révolution algérienne, de comptabilité et de droit,
des romans d’auteurs algériens, de certains auteurs
arabes et quelques importations, les livres qu’elles
affichent parfois sont plus chers que ceux des autres
éditeurs.
Belkhedim Irane
Hautement culturel
Depuis
son ouverture, le café littéraire du Salon du livre
propose des rencontres-débats dont les thèmes sont
d’actualité. Ce petit espace aménagé au
«bloc
C» a beaucoup de mal à contenir la foule de visiteurs et
d’intellectuels qui s’y bousculent pour assister à ces
conférences culturelles et prendre part aux discussions.
Une activité qui vient renverser les habitudes
algéroises au bonheur des amateurs de la pensée ! La
semaine passée, la venue de Jacques Vergès a ameuté
historiens et citoyens, ils sont venus de loin pour
demander à l’invité du Salon des autographes, lui parler
et le voir de près, de même par la venue de Yasmina
Khadra. Cette semaine, un autre agenda, tout aussi
riche. «L’individu et le monde arabe» qui a été animée
hier par des experts algériens, notamment Malek Chebel
qui est venu spécialement de France,
«L’aventure de la langue arabe en Occident» qui sera
animée par des connaisseurs comme Bessam Barake, Mohamed
Sari et Henriette Walter (France), «Le roman arabe dans
tous ses états» avec Jolanda Guardi (Italie) et Amine
Zaoui. D’autres débats tout aussi intéressants sont
également programmés, des rendez- vous à ne pas rater si
l’on veut se rafraîchir les idées ! «Je m’intéresse à
tout ce qui touche à la culture et ces rencontres me
permettent d’approcher des gens connus et de les
écouter, ce qui n’est pas possible tous les jours»,
raconte Mohamed qui vient aussi souvent que possible
assister à ces rencontres. Il n’est pas le seul, des
enseignantes, des fonctionnaires et des étudiants sont
venus profiter des quelques jours de vacances pour
s’acheter des livres et assouvir une avidité culturelle
grandissante et qui ne peut évoluer sans de pareille
activité. Cependant, il est conseillé aux visiteurs de
se prémunir du nécessaire, c’est-à-dire de
«sandwichs maison» et de thermos de café car les prix
pratiqués par les vendeurs de la Foire sont excessifs,
des sandwichs salades à 150 DA et plus ! Une arnaque !
Il faudra alors choisir entre bien se remplir l’estomac
ou la tête!
I.
B.
32e conférence d’EUCOCO
Réaffirmer le soutien au Front Polisario
La 32e
Conférence européenne de coordination et d’appui au
peuple sahraoui (EUCOCO) s’est ouverte vendredi soir à
Vitoria (capitale du Pays basque espagnol) avec la
participation de plus de 600 délégués représentant 27
pays de tous les continents. Dans son allocution
d’ouverture, le président du gouvernement régional du
Pays basque, Juan José Ibarretxe, a exprimé le soutien
et l’engagement de la société basque ainsi que sa
solidarité avec la cause sahraouie. Cela a-t-il affirmé
«pour éviter qu’une telle cause ne tombe dans l’oubli et
pour qu’elle demeure présente dans l’agenda des Nations
unies, de l’Union européenne et de la communauté
internationale en général».
Pour
sa part, le président de la Coordination européenne de
solidarité avec le peuple sahraoui (Task Force), Pierre
Galand, a manifesté «l’appui de la Task Force au
peuple sahraoui et au mouvement de libération qui le
représente, le Front Polisario». Participant à cette
conférence, en même temps que plusieurs pays africains,
l’Algérie est représentée à travers une importante
délégation algérienne, conduite par le président du
Comité national algérien de solidarité avec le peuple
sahraoui (CNASPS), Mahrez Lamari. Intervenant lors des
travaux de la conférence, ce dernier a réitéré «le
soutien indéfectible de l’Algérie et sa solidarité à la
juste cause du peuple sahraoui. Il a par ailleurs
souligné «que la position de l’Algérie se fonde sur le
principe intangible du droit des peuples à disposer
d’eux-mêmes et sur son attachement aux nobles valeurs de
la révolution de novembre 54». Cela dit,
M.
Lamari a dénoncé la
«politique de colonisation menée par le Maroc au Sahara
occidental et l’exploitation illégale des richesses de
territoire». Un message a été adressé au nom du Comité
et de l’Algérie à «la communauté internationale, les
Nations unies et les Organisations de défense des droits
de l’homme pour mettre un terme à la situation immorale
vécue dans les territoires occupés du Sahara occidental
où les droits de l’homme sont systématiquement violés».
Se tenant sous le signe de la solidarité avec le peuple
du Sahara occidental, les travaux de la 32e Conférence
d’EUCOCO, sera l’occasion pour les participants en
l’occurrence les députés, les représentants
d’Organisations sociales et syndicales, d’ONG et de
comités de soutien pour dresser le bilan d’activité
depuis la dernière conférence tenue à Mol en Belgique en
2005 et pour définir la stratégie et les objectifs à
atteindre pour l’année prochaine.
Habiba Ghrib
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