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EGT Tipasa

Le syndicat accuse, la direction imperturbable

Issers

Fermeture de l’usine Socothyd

 

 05/12/06

 

 EGT Tipasa

Le syndicat accuse, la direction imperturbable

Des déclarations dans lesquelles nos interlocuteurs ont repris au détail près les accusations qu'ils ont portées contre la direction générale de l'EGT.

Le feu couve-t-il sous les cendres à l’Entreprise de gestion touristique de Tipasa ? Tout porte à le croire si l’on se fie aux déclarations qui nous ont été faites par les présidents du conseil syndical et du comité de participation (CP) de ladite entreprise, Rekid Djamel et Abed Mohamed, le premier nommé étant également membre du CP. Des déclarations dans lesquelles nos interlocuteurs ont repris au détail près les accusations qu’ils ont portées contre la direction générale de l’EGT Tipasa dans le rapport qu’ils ont présenté  au conseil d’administration de cette entreprise – dont ils sont membres de droit, il faut le souligner – lors de la réunion tenue le 20 septembre dernier. Aussi bien dans le rapport en question que dans les propos qu’ils ont tenus, les deux représentants des travailleurs au sein du conseil d’administration de l’EGT Tipasa ne sont pas allés avec le dos de la cuillère. Ils ont également accusé ce qu’ils ont appelé «l’équipe dirigeante de l’entreprise» entendre par là, comme ils nous l’ont précisé, le DG Chiah Rabah et les directeurs de l’Equipement et de l’Exploitation,  Hallouane Mohamed et Allouni Abdelkader de «mauvaise gestion» et «incompétence».

«Une mauvaise gestion et une incompétence» qui sont, nous ont-ils affirmé, à l’origine de la difficile situation que connaît leur entreprise depuis mars 2003, date à laquelle l’actuel DG a été installé à son poste. Outre les habituelles accusations de mauvais rapports avec les travailleurs et de manœuvres pour les diviser, de jouissance, de privilèges immérités et de comportements «seigneuriaux», nos interlocuteurs ont étayé leurs accusations par les mauvais résultats financiers réalisés par l’EGT durant les exercices 2003, 2004 et 2005.

Des résultats, nous ont-ils dit, qui ont amené le CA à rejeter à chaque fois le bilan d’activité que la direction générale de l’EGT de Tipasa lui a présenté et ce, pour cause de déficit : 40 968 850,44  DA en 2003, 26 652760,60 en 2004 et 48 210 391,05 en 2005. Quant à «l’incompétence» de l’équipe dirigeante, elle est, pour les représentants des travailleurs manifeste, du fait que «malgré les orientations de la SGP et les résolutions des AGO, aucune stratégie de développement n’a vu le jour». «Ni plan de redressement, ni objectifs, ni orientations organisationnelles» n’ont été établis, tracés ou donnés, ont-ils expliqué dans leur rapport susmentionné.

Et à ce propos, ils nous ont déclaré qu’à la suite de la présentation de ce dernier, lors de la réunion du CA du 20 septembre 2006, le président de cette instance avait pris la décision d’organiser une semaine après l’Aïd El-Fitr, une rencontre à laquelle il devait participer et qui devait regrouper la direction générale de l’EGT de Tipasa et le comité de participation.

Une rencontre, nous ont-ils dit, dont ils attendent toujours la tenue. Comme celle-ci a tardé à avoir lieu, nos interlocuteurs nous ont informés de la décision prise conjointement par le conseil syndical et le comité de participation de l’entreprise  de convoquer pour les tout prochains jours, une assemblée générale des travailleurs dans laquelle sera discutée la situation prévalant à l’EGT de Tipasa et à l’issue de laquelle devait être prise la décision de déclencher une grève illimitée pour exiger le départ de l’actuelle «équipe dirigeante». Cette revendication extrême s’explique, toujours selon nos interlocuteurs, par le danger que celle-ci constitue pour le devenir de leur entreprise : «le staff actuel, nous ont-ils explicitement déclaré, a pour objectif la déstructuration de l’EGT Tipasa». Une accusation formulée avec plus de précision dans le rapport (de dénonciation) précité quand, reprochant à la direction générale le quasi abandon des trois unités – CET, Matarès et la Corne d’or – composant l’EGT Tipasa, ils l’accusent d’avoir mis «en place une stratégie (…) en prévision d’une dégradation totale de «leur entreprise».

Dans quel objectif la direction générale de l’EGT Tipasa agit-elle de la sorte ? Nos interlocuteurs ont préféré éluder notre question. En revanche, il se sont de nouveau étalés sur la situation, catastrophique, selon eux, de l’entreprise. Cette fois-ci, en se basant sur le faible taux de fréquentation des unités de l’entreprise – particulièrement du CET et de Matarès – enregistré durant la dernière saison estivale. «Un taux, ont-ils tenu à souligner, nettement inférieur aux taux habituels» et sur les raisons qui ont amené les signataires de la convention de branches, paraphée le 30 septembre dernier, à n’accorder à l’EGT Tipasa ainsi qu’à cinq autres entreprises du genre que 5% d’augmentation salariale. Et ce, alors que le reste des entreprises du secteur a bénéficié d’un taux de 15%.

Dans la convention susmentionnée, il est en effet clairement précisé que le taux en question (de 5%) a été octroyé «aux entreprises déstructurées financièrement». Un contrat que nos interlocuteurs n’ont pas hésité à brandir comme une confirmation des accusations de mauvaise gestion qu’ils ne cessent de porter contre la direction générale de leur entreprise.

Ce que, il fallait s’y attendre, rejette en bloc Allouni Abdelkader, directeur de l’exploitation, et l’un des membres de celle-ci dont le départ est demandé par les présidents du conseil syndical et du comité de participation. M. Allouni, qui s’est exprimé comme il a tenu à nous le préciser, au nom de M. Chiah le directeur général, nous a déclaré que l’expression «déstructurée financièrement» s’applique à toute entreprise déficitaire financièrement sur plusieurs  années.

Comme c’est le cas de l’EGT Tipasa, «mais pas depuis 2003 seulement», nous a-t-il déclaré. Le déficit de l’EGT Tipasa remonte, selon notre interlocuteur, à plusieurs années déjà, non sans ajouter avec une pointe de malice: «Ce que, normalement, doit savoir Abed Mohamed, le président du CP, qui est membre du conseil d’administration (de l’EGT de Tipasa) depuis le début des années 1990…»

Et à propos de celui enregistré durant les trois derniers exercices, M. Alloun  nous a déclaré qu’il s’agit uniquement «d’un déficit comptable» que traîne l’entreprise depuis bien avant 2003. Revenant sur les montants (de ce déficit) enregistrés durant les exercices 2003, 2004 et 2005 (mentionnés plus haut), il a imputé une partie de celui de 2005, estimé à

48 210 391,05 DA, à la réquisition, pour cause de tenue du Sommet de la Ligue arabe, des trois structures de l’EGT Tipasa et ce, pendant trois mois.

Une réquisition qui a engendré, selon ce qui a été rapporté dans le rapport accusateur (susmentionné), un manque à gagner considérable évalué à 34 450 000 DA. Quant au rejet des bilans relatifs aux exercices susmentionnés, le directeur de l’exploitation nous a déclaré qu’il a eu lieu à la suite de réserves formulées par le commissaire aux comptes, des réserves, nous a-t-il dit, en passe d’être levées.

Toujours à propos des bilans en question, et dans un souci clairement affiché de détruire les accusations de mauvaise gestion portées contre  «l’équipe dirigeante» à laquelle il appartient, il a tenu à nous informer que «l’EGT Tipasa a, durant les trois exercices précédents, réalisé à plus de 90 %

les objectifs que lui a fixés le conseil d’administration». Et d’ajouter : «A la clôture de celui en cours, ceux-ci seront réalisés à presque 100 %». Quant à la faiblesse due aux fréquentations des structures de l’entreprise durant la saison estivale écoulée, M. Allouni nous a déclaré que «ceux qui s’intéressent sérieusement au secteur savent pertinemment que c’est un phénomène qui a affecté, cette année, la quasi-totalé des sites balnéaires publics du pays et pas uniquement ceux relevant de l’EGF Tipasa, les vacanciers leur ayant préféré d’autres destinations», a-t-il précisé.

Revenant aux structures de l’EGT Tipasa, il a tenu à s’inscrire en faux contre les affirmations alarmistes des représentants des travailleurs et ce, en soutenant que si le taux de fréquentation a effectivement baissé durant le mois de juillet, il a en revanche, connu une reprise sensible durant le mois d’août. Comme pour résumer ses propos, il nous a déclaré que «la situation de l’entreprise est loin d’être alarmante».

Pour preuve, a-t-il poursuivi, «la trésorerie générale est bonne, l’EGT Tipasa est en règle avec son environnement (impôts, Cnas, fournisseurs) et aucun retard n’est enregistré dans le paiement des salaires».

«Tout cela, nous a-t-il dit, les  présidents du CP et du conseil syndical le savent». «En tant que membres de droit du CA, ils savent également qu’en 2006, la direction générale a réduit les charges hors masse salariale, de

3 %».

Toujours dans le registre des reproches qu’il a faits aux représentants des travailleurs, membres du CA de l’EGT Tipasa,

M. Allouni n’a pas manqué de s’interroger «sur les raisons qui les ont empêché de poser, bien avant, tous les problèmes qu’ils soulèvent aujourd’hui».

Et de s’étonner que ces mêmes représentants qui claironnent partout que la situation financière de l’entreprise est des plus catastrophiques, n’aient pas hésité à exiger de la direction générale le paiement aux travailleurs de la PRC, ce qui a nécessité, nous

a-t-il dit, le déblocage d’une enveloppe de plus de 600 millions de centimes.

M. Alouni, qui a qualifié le comportement des présidents du CP et du conseil syndical  «populiste», n’en a pas moins déclaré qu’il était prêt à débattre publiquement avec eux de la gestion de l’EGT Tipasa.

La prochaine assemblée générale des travailleurs à laquelle compte appeler prochainement le conseil syndical promet d’être fort intéressante.

M .A.

 

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Issers

Fermeture de l’usine Socothyd

Les travailleurs de Socothyd sont en grève depuis le 30 octobre de l’année en cours. La principale revendication parmi les grévistes est le départ du P-DG Mustapha Achaïbou, alors que celui-ci argue que cette grève est illégale et devrait être diligentée par la section syndicale UGTA en non par le conseil de participation. La décision de la fermeture de l’usine a été prise après que les travailleurs eurent refusé de reprendre le travail par solidarité avec les éléments suspendus au nombre de 20 à qui la direction a interdit l’accès au complexe.

Si les travailleurs dans un premier temps ont jugé que l’entreprise est mal gérée, le P-DG a estimé que l’entreprise jouit de toute sa crédibilité et les bénéfices réalisés depuis des années n’est pas le fruit du hasard si ce n’est la bonne gestion et la compétence de ses cadres et pour clarifier les choses a-t-il dit «j’ai moi-même réclamé un audit pour une analyse et un contrôle de la gestion et de la comptabilité depuis l’année 2000 à 2006, mais les travailleurs ont refusé l’accès à ladite commission». Et d’ajouter «pour ce qui est des travailleurs suspendus, ils ne pourront en aucun cas reprendre le travail sans passer par la commission de discipline conformément au règlement intérieur de l’entreprise». Exigence refusée catégoriquement par les travailleurs.

Le P-DG précise encore : «Quant à la fermeture de l’usine, cette décision est motivée après plusieurs tentatives de rendre à la raison les nombreux travailleurs dont la plupart sont des pères de famille. Même l’intervention du chef de la daïra des Issers n’a pas suffi pour désamorcer ce conflit qui patauge depuis un certain temps».

Dans la matinée d’hier, des travailleurs étaient regroupés devant le grand portail principal de l’entrée de l’usine fermée suite à la décision du conseil d’administration.

Ainsi donc, Socothyd, fleuron de l’industrie algérienne dans les produits para-pharmaceutiques et d’hygiène principale équipementière de tous les hôpitaux du pays et notamment ceux du Centre, est confrontée à un conflit qui va à l’encontre de l’économie du pays et de ses 650 travailleurs.

A cet instant encore, aucun compromis n’a été trouvé pour permettre l’ouverture de l’usine et la reprise du travail.

K. A.

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