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EGT Tipasa
Le syndicat
accuse, la direction imperturbable
Des déclarations
dans lesquelles nos interlocuteurs ont repris au détail près les
accusations qu'ils ont portées contre la direction générale de l'EGT.
Le feu couve-t-il
sous les cendres à l’Entreprise de gestion touristique de Tipasa ?
Tout porte à le croire si l’on se fie aux déclarations qui nous ont
été faites par les présidents du conseil syndical et du comité de
participation (CP) de ladite entreprise, Rekid Djamel et Abed
Mohamed, le premier nommé étant également membre du CP. Des
déclarations dans lesquelles nos interlocuteurs ont repris au détail
près les accusations qu’ils ont portées contre la direction générale
de l’EGT Tipasa dans le rapport qu’ils ont présenté au conseil
d’administration de cette entreprise – dont ils sont membres de
droit, il faut le souligner – lors de la réunion tenue le 20
septembre dernier. Aussi bien dans le rapport en question que dans
les propos qu’ils ont tenus, les deux représentants des travailleurs
au sein du conseil d’administration de l’EGT Tipasa ne sont pas
allés avec le dos de la cuillère. Ils ont également accusé ce qu’ils
ont appelé «l’équipe dirigeante de l’entreprise» entendre par là,
comme ils nous l’ont précisé, le DG Chiah Rabah et les directeurs de
l’Equipement et de l’Exploitation, Hallouane Mohamed et Allouni
Abdelkader de «mauvaise gestion» et «incompétence».
«Une mauvaise
gestion et une incompétence» qui sont, nous ont-ils affirmé, à
l’origine de la difficile situation que connaît leur entreprise
depuis mars 2003, date à laquelle l’actuel DG a été installé à son
poste. Outre les habituelles accusations de mauvais rapports avec
les travailleurs et de manœuvres pour les diviser, de jouissance, de
privilèges immérités et de comportements «seigneuriaux», nos
interlocuteurs ont étayé leurs accusations par les mauvais résultats
financiers réalisés par l’EGT durant les exercices 2003, 2004 et
2005.
Des résultats,
nous ont-ils dit, qui ont amené le CA à rejeter à chaque fois le
bilan d’activité que la direction générale de l’EGT de Tipasa lui a
présenté et ce, pour cause de déficit : 40 968 850,44 DA en 2003,
26 652760,60 en 2004 et 48 210 391,05 en 2005. Quant à
«l’incompétence» de l’équipe dirigeante, elle est, pour les
représentants des travailleurs manifeste, du fait que «malgré les
orientations de la SGP et les résolutions des AGO, aucune stratégie
de développement n’a vu le jour». «Ni plan de redressement, ni
objectifs, ni orientations organisationnelles» n’ont été établis,
tracés ou donnés, ont-ils expliqué dans leur rapport susmentionné.
Et à ce propos,
ils nous ont déclaré qu’à la suite de la présentation de ce dernier,
lors de la réunion du CA du 20 septembre 2006, le président de cette
instance avait pris la décision d’organiser une semaine après l’Aïd
El-Fitr, une rencontre à laquelle il devait participer et qui devait
regrouper la direction générale de l’EGT de Tipasa et le comité de
participation.
Une rencontre,
nous ont-ils dit, dont ils attendent toujours la tenue. Comme
celle-ci a tardé à avoir lieu, nos interlocuteurs nous ont informés
de la décision prise conjointement par le conseil syndical et le
comité de participation de l’entreprise de convoquer pour les tout
prochains jours, une assemblée générale des travailleurs dans
laquelle sera discutée la situation prévalant à l’EGT de Tipasa et à
l’issue de laquelle devait être prise la décision de déclencher une
grève illimitée pour exiger le départ de l’actuelle «équipe
dirigeante». Cette revendication extrême s’explique, toujours selon
nos interlocuteurs, par le danger que celle-ci constitue pour le
devenir de leur entreprise : «le staff actuel, nous ont-ils
explicitement déclaré, a pour objectif la déstructuration de l’EGT
Tipasa». Une accusation formulée avec plus de précision dans le
rapport (de dénonciation) précité quand, reprochant à la direction
générale le quasi abandon des trois unités – CET, Matarès et la
Corne d’or – composant l’EGT Tipasa, ils l’accusent d’avoir mis «en
place une stratégie (…) en prévision d’une dégradation totale de
«leur entreprise».
Dans quel objectif
la direction générale de l’EGT Tipasa agit-elle de la sorte ? Nos
interlocuteurs ont préféré éluder notre question. En revanche, il se
sont de nouveau étalés sur la situation, catastrophique, selon eux,
de l’entreprise. Cette fois-ci, en se basant sur le faible taux de
fréquentation des unités de l’entreprise – particulièrement du CET
et de Matarès – enregistré durant la dernière saison estivale. «Un
taux, ont-ils tenu à souligner, nettement inférieur aux taux
habituels» et sur les raisons qui ont amené les signataires de la
convention de branches, paraphée le 30 septembre dernier, à
n’accorder à l’EGT Tipasa ainsi qu’à cinq autres entreprises du
genre que 5% d’augmentation salariale. Et ce, alors que le reste des
entreprises du secteur a bénéficié d’un taux de 15%.
Dans la convention
susmentionnée, il est en effet clairement précisé que le taux en
question (de 5%) a été octroyé «aux entreprises déstructurées
financièrement». Un contrat que nos interlocuteurs n’ont pas hésité
à brandir comme une confirmation des accusations de mauvaise gestion
qu’ils ne cessent de porter contre la direction générale de leur
entreprise.
Ce que, il fallait
s’y attendre, rejette en bloc Allouni Abdelkader, directeur de
l’exploitation, et l’un des membres de celle-ci dont le départ est
demandé par les présidents du conseil syndical et du comité de
participation. M. Allouni, qui s’est exprimé comme il a tenu à nous
le préciser, au nom de M. Chiah le directeur général, nous a déclaré
que l’expression «déstructurée financièrement» s’applique à toute
entreprise déficitaire financièrement sur plusieurs années.
Comme c’est le cas
de l’EGT Tipasa, «mais pas depuis 2003 seulement», nous a-t-il
déclaré. Le déficit de l’EGT Tipasa remonte, selon notre
interlocuteur, à plusieurs années déjà, non sans ajouter avec une
pointe de malice: «Ce que, normalement, doit savoir Abed Mohamed, le
président du CP, qui est membre du conseil d’administration (de l’EGT
de Tipasa) depuis le début des années 1990…»
Et à propos de
celui enregistré durant les trois derniers exercices, M. Alloun
nous a déclaré qu’il s’agit uniquement «d’un déficit comptable» que
traîne l’entreprise depuis bien avant 2003. Revenant sur les
montants (de ce déficit) enregistrés durant les exercices 2003, 2004
et 2005 (mentionnés plus haut), il a imputé une partie de celui de
2005, estimé à
48 210 391,05 DA,
à la réquisition, pour cause de tenue du Sommet de la Ligue arabe,
des trois structures de l’EGT Tipasa et ce, pendant trois mois.
Une réquisition
qui a engendré, selon ce qui a été rapporté dans le rapport
accusateur (susmentionné), un manque à gagner considérable évalué à
34 450 000 DA. Quant au rejet des bilans relatifs aux exercices
susmentionnés, le directeur de l’exploitation nous a déclaré qu’il a
eu lieu à la suite de réserves formulées par le commissaire aux
comptes, des réserves, nous a-t-il dit, en passe d’être levées.
Toujours à propos
des bilans en question, et dans un souci clairement affiché de
détruire les accusations de mauvaise gestion portées contre
«l’équipe dirigeante» à laquelle il appartient, il a tenu à nous
informer que «l’EGT Tipasa a, durant les trois exercices précédents,
réalisé à plus de 90 %
les objectifs que
lui a fixés le conseil d’administration». Et d’ajouter : «A la
clôture de celui en cours, ceux-ci seront réalisés à presque 100 %».
Quant à la faiblesse due aux fréquentations des structures de
l’entreprise durant la saison estivale écoulée, M. Allouni nous a
déclaré que «ceux qui s’intéressent sérieusement au secteur savent
pertinemment que c’est un phénomène qui a affecté, cette année, la
quasi-totalé des sites balnéaires publics du pays et pas uniquement
ceux relevant de l’EGF Tipasa, les vacanciers leur ayant préféré
d’autres destinations», a-t-il précisé.
Revenant aux
structures de l’EGT Tipasa, il a tenu à s’inscrire en faux contre
les affirmations alarmistes des représentants des travailleurs et
ce, en soutenant que si le taux de fréquentation a effectivement
baissé durant le mois de juillet, il a en revanche, connu une
reprise sensible durant le mois d’août. Comme pour résumer ses
propos, il nous a déclaré que «la situation de l’entreprise est loin
d’être alarmante».
Pour preuve,
a-t-il poursuivi, «la trésorerie générale est bonne, l’EGT Tipasa
est en règle avec son environnement (impôts, Cnas, fournisseurs) et
aucun retard n’est enregistré dans le paiement des salaires».
«Tout cela, nous
a-t-il dit, les présidents du CP et du conseil syndical le savent».
«En tant que membres de droit du CA, ils savent également qu’en
2006, la direction générale a réduit les charges hors masse
salariale, de
3 %».
Toujours dans le
registre des reproches qu’il a faits aux représentants des
travailleurs, membres du CA de l’EGT Tipasa,
M. Allouni n’a pas
manqué de s’interroger «sur les raisons qui les ont empêché de
poser, bien avant, tous les problèmes qu’ils soulèvent aujourd’hui».
Et de s’étonner
que ces mêmes représentants qui claironnent partout que la situation
financière de l’entreprise est des plus catastrophiques, n’aient pas
hésité à exiger de la direction générale le paiement aux
travailleurs de la PRC, ce qui a nécessité, nous
a-t-il dit, le
déblocage d’une enveloppe de plus de 600 millions de centimes.
M. Alouni, qui a
qualifié le comportement des présidents du CP et du conseil
syndical «populiste», n’en a pas moins déclaré qu’il était prêt à
débattre publiquement avec eux de la gestion de l’EGT Tipasa.
La prochaine
assemblée générale des travailleurs à laquelle compte appeler
prochainement le conseil syndical promet d’être fort intéressante.
M .A.
Haut
Issers
Fermeture de
l’usine Socothyd
Les travailleurs
de Socothyd sont en grève depuis le 30 octobre de l’année en cours.
La principale revendication parmi les grévistes est le départ du
P-DG Mustapha Achaïbou, alors que celui-ci argue que cette grève est
illégale et devrait être diligentée par la section syndicale UGTA en
non par le conseil de participation. La décision de la fermeture de
l’usine a été prise après que les travailleurs eurent refusé de
reprendre le travail par solidarité avec les éléments suspendus au
nombre de 20 à qui la direction a interdit l’accès au complexe.
Si les
travailleurs dans un premier temps ont jugé que l’entreprise est mal
gérée, le P-DG a estimé que l’entreprise jouit de toute sa
crédibilité et les bénéfices réalisés depuis des années n’est pas le
fruit du hasard si ce n’est la bonne gestion et la compétence de ses
cadres et pour clarifier les choses a-t-il dit «j’ai moi-même
réclamé un audit pour une analyse et un contrôle de la gestion et de
la comptabilité depuis l’année 2000 à 2006, mais les travailleurs
ont refusé l’accès à ladite commission». Et d’ajouter «pour ce qui
est des travailleurs suspendus, ils ne pourront en aucun cas
reprendre le travail sans passer par la commission de discipline
conformément au règlement intérieur de l’entreprise». Exigence
refusée catégoriquement par les travailleurs.
Le P-DG précise
encore : «Quant à la fermeture de l’usine, cette décision est
motivée après plusieurs tentatives de rendre à la raison les
nombreux travailleurs dont la plupart sont des pères de famille.
Même l’intervention du chef de la daïra des Issers n’a pas suffi
pour désamorcer ce conflit qui patauge depuis un certain temps».
Dans la matinée
d’hier, des travailleurs étaient regroupés devant le grand portail
principal de l’entrée de l’usine fermée suite à la décision du
conseil d’administration.
Ainsi donc,
Socothyd, fleuron de l’industrie algérienne dans les produits
para-pharmaceutiques et d’hygiène principale équipementière de tous
les hôpitaux du pays et notamment ceux du Centre, est confrontée à
un conflit qui va à l’encontre de l’économie du pays et de ses 650
travailleurs.
A cet instant
encore, aucun compromis n’a été trouvé pour permettre l’ouverture de
l’usine et la reprise du travail.
K. A.
Haut
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M.Merkouche
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