Points chauds 

Par Fouzia Mahmoudi

Sympathie

Un président peut-il se satisfaire d'être qualifié de sympathique par ses concitoyens, alors qu'il est par ailleurs jugé incompétent et incapable de diriger son pays ? C'est la question que doit se poser le président français qui vient de faire l'objet d'un énième sondage dont les résultats sont éloquents. En effet, une majorité de Français trouvent le chef de l'État sympathique, mais gardent une mauvaise opinion de lui. Sur 971 personnes interrogées les 2 et 3 janvier, 56% disent du président qu'il est sympathique, mais seulement 37% le jugent courageux, 31% compétent et 26% capable de prendre les décisions qui s'imposent. Les sondés ne sont que 24% à estimer qu'il dit la vérité aux Français et qu'il sait où il va et 15% qu'il est solide et a de l'autorité. Au total, 71% des personnes interrogées disent avoir une mauvaise opinion de François Hollande contre seulement 27% d'un avis contraire. Elles sont 72% à ne pas faire confiance au chef de l'État pour redresser la situation de l'emploi, pourtant élevée au rang de priorité numéro un par le président lors de ses vœux du 31 décembre aux Français. La même défiance est enregistrée pour la dette et les déficits publics (71%) ou les impôts (74%). Même en matière de politique étrangère, jusqu'ici secteur où François Hollande a montré le plus de détermination et d'autorité, 53% des sondés disent ne pas lui faire confiance. Pourtant, François Hollande a encore trois ans et demi de gouvernance devant lui, durant lesquels il devra tenter de répondre aux attentes des Français. Les problèmes se sont multipliés ces dernières années dans le pays et le gouvernement socialiste, tout comme celui de droite avant lui, semble incapable de redresser la barre. Les dossiers se font visiblement trop nombreux et trop complexes à régler. Que cela soit le chômage, la fiscalité, le pouvoir d'achat, l'insécurité ou encore l'immigration clandestine, les problèmes s'additionnent et créent un climat délétère contre lequel le gouvernement et François Hollande semblent totalement impuissants. Peut-être que Hollande et son équipe devraient alors choisir quelques thèmes précis et travailler dessus pour donner un début de solutions aux problèmes des Français. Mais ceux-ci semblent, au vu de nombreux sondages, déjà bien décidés à sanctionner très sévèrement les socialistes lors des scrutins des municipales et des européennes, limitant encore plus leur champ d'action.    

F.M.

 

Monde

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 06/01/14

 

Irak

Le gouvernement prépare «une attaque majeure» à Fallouja

Les forces de sécurité irakiennes préparent une «attaque majeure» pour reprendre Fallouja aux combattants liés à Al-Qaïda jugés très «dangereux» par les États-Unis, qui ont promis aux autorités de Baghdad leur soutien, mais à distance. «Les forces irakiennes préparent une attaque majeure à Fallouja», à 60 km à l'ouest de Baghdad, a annoncé à l'AFP un haut responsable gouvernemental. Les forces spéciales ont déjà mené des opérations dans la ville, et l'armée se déploie tout autour. Une fois que les habitants auront quitté la ville, les forces de sécurité vont lancer «l'attaque pour écraser les terroristes», a assuré ce responsable. Les combattants de l'État islamique en Irak et au Levant (EIIL, lié à Al-Qaïda) ont pris le contrôle de Fallouja et de quartiers de Ramadi, 50 km plus à l'ouest, à la faveur d'un retrait des forces de sécurité après des violences provoquées par une opération de répression lundi contre le mouvement de contestation sunnite. C'est la première fois que des combattants liés à Al-Qaïda prennent directement le contrôle de zones urbaines depuis l'insurrection sanglante qui avait suivi l'invasion américaine en 2003. Les deux villes avaient été des bastions insurgés et les forces américaines y avaient subi leurs plus lourdes pertes depuis la guerre du Vietnam. Mais désormais, il revient aux forces irakiennes de mener la bataille, a rappelé hier matin le secrétaire d'État américain John Kerry, lors d'un point de presse à Jérusalem. «Les États-Unis continueront d'être en contact étroit» avec les autorités de Baghdad, «nous les aiderons dans leur combat mais c'est un combat qu'elles doivent à terme gagner elles-mêmes et j'ai confiance dans le fait qu'elles peuvent y parvenir», a affirmé M. Kerry. «Nous sommes très, très préoccupés par la montée en puissance de l'EIIL en Irak», a déclaré M. Kerry. «Ce sont les acteurs les plus dangereux dans la région», a-t-il ajouté en évoquant «leur barbarie» et «leur brutalité». Armée, EIIL et tribus.  Pour autant, les derniers soldats américains ont quitté l'Irak il y a plus de deux ans et «nous n'envisageons pas de renvoyer des troupes au sol», a insisté M. Kerry. Hier matin, des combattants de l'EIIL se sont emparés du village de Boubali, près de Ramadi, après des combats intenses, a rapporté un témoin. Dans la matinée, des journalistes de l'AFP ont entendu des combats sporadiques dans Ramadi et près de Fallouja, mais il n'était pas possible de savoir dans l'immédiat qui était impliqué. Dans la province d'Al-Anbar, quatre forces sont désormais en présence : les forces de sécurité et leurs alliés tribaux, l'EIIL et les forces anti-gouvernementales du «Conseil militaire des tribus». Les violences ont éclaté lundi à Ramadi, quand les forces de sécurité ont démantelé le principal campement de protestation sunnite du pays, qualifié par les autorités de repaire d'Al-Qaïda, et se sont rapidement étendues à Fallouja. Aucun bilan général des combats n'était disponible, mais selon les autorités, ils ont fait plus de 160 morts, essentiellement des combattants de l'EIIL, pour les seules journées de vendredi et samedi. Le groupe lié à Al-Qaïda est devenu une force majeure dans le conflit syrien, tout en menant en Irak des attentats sanglants ou des assauts audacieux contre des prisons. «L'EIIL a réussi à tirer profit de ses réseaux et de ses capacités en Irak pour avoir une présence forte en Syrie, et il a utilisé sa présence en Syrie pour renforcer ses positions en Irak», a expliqué Daniel Byman, un expert au Brookings Institution's Saban Center for Middle East Policy. Le ministère irakien de la Défense a d'ailleurs récemment annoncé que des photos aériennes et des informations laissaient penser que les combattants en Irak avaient reçu de Syrie des armes et des équipements modernes, et reconstruit d'anciens camps détruits dans l'ouest d'Anbar. «Nous ne céderons pas tant que nous n'aurons pas vaincu tous les groupes terroristes et sauvé notre peuple à Anbar», a assuré samedi le Premier ministre Nouri al-Maliki, un chiite accusé d'accaparer le pouvoir et de marginaliser les sunnites.

 

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