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Surexposition
La France a un
Premier ministre mais peu sont ceux qui le connaissent ou encore
(pire) qui lui accordent le moindre crédit. Seul Nicolas Sarkozy a,
aux yeux de l’opinion publique, un poids dans l’exercice du pouvoir.
C’est lui que l’on voit dans tous les dossiers que traite le
gouvernement, c’est lui qui apporte des solutions que l’on
attendrait de François Fillon, Premier ministre français. Au
lendemain de l’élection présidentielle et de la victoire
incontestable de Sarkozy, le PS, par la voix de son premier
secrétaire, avait mis en garde contre les méthodes de Nicolas
Sarkozy. Il avait jugé la propension du futur président propice à
une omniprésence de ce dernier dans tous les rouages de l’Etat. En
effet, Nicolas Sarkozy semble aimer faire tout lui-même et être
présent à chaque échelon du pouvoir. Son Premier ministre, lui, fait
office de porte-parole de l’Elysée et ne fait bien souvent que
commenter ou annoncer les agissements du chef de l’Etat au lieu de
prendre lui-même des initiatives. Jamais Jacques Chirac, Valérie
Giscard d’Estaing ou encore Mitterrand ne s’étaient tant ingérés
dans le rôle du Premier ministre. Ce dernier n’est même plus au
centre des attentions des partenaires sociaux qui font aujourd’hui
la queue devant l’Elysée au lieu de Matignon comme ils le faisaient
durant les mandats présidentiels précédents. Les collaborateurs du
président donnent des interviews et sont même plus visibles dans les
médias que certains ministres qui ne semblent être là que pour faire
tapisserie. Mais cette façon de faire peut causer beaucoup de tort à
la longue à la présidence de Sarkozy, car un homme seul ne peut pas
tout gérer. Aucun de ces ministres n’arrive à se distinguer du lot,
sauf peut-être et que très légèrement Rachida Dati, ministre de la
Justice. Mais Sarkozy pourra-t-il encore diriger longtemps le pays
seul, sans le concours important et non plus seulement décoratif
d’un véritable Premier ministre ? La question reste posée, seul le
temps le dira.
Fouzia Mahmoudi
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