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Si loin de la littérature
Le cas Yasmina
Khadra
Tout comme la
vérité n'a besoin de personne pour la défendre, qu'un livre devrait
se suffire à lui-même, un écrivain peut se limiter à n'être tout
simplement qu'un écrivain.
Ecrire, être
publié et réussir à s’imposer sur la scène littéraire n’engage pas à
être également un intellectuel, encore moins un intellectuel engagé.
Dans le cas de Yasmina Khadra qui semble avoir trouvé le moyen
d’irriter quelques confrères à l’occasion du salon de livre
d’Alger, la confusion des genres est quasi-totale et on ne sait
apparemment pas encore à qui revient véritablement la faute.
Certes, Mohamed
Moulessehoul a été officier de l’armée algérienne au moment où cette
même armée subissait une campagne médiatique sciemment entretenue
sur la responsabilité dans la crise politique et sécuritaire de
l’Algérie. Il en est qui ont décelé dans ses écrits un versant de
réponse au «qui-tue-qui ?». Est-ce suffisant pour faire intervenir
Yasmina Khadra sur ce genre de thèmes, même après son départ de
l’armée et à l’étranger ? Oui et non, tout le monde est libre. Mais
sachons par avance que le faire, cela engage aussi celui qui pose la
question et qui fait de l’interviewé, par voie de conséquence, un
intervenant autorisé à cette qualité par les parties qui sont
chargées soit de provoquer, soit d’animer ce débat. Demander à
Yasmina Khadra ce qu’il pense de l’intégrisme ou du 11-septembre,
par exemple, c’est décider qu’il a son mot à dire sur ces questions.
Or, l’écrivain est
censé avoir tout dit à travers ses romans. S’il se prête à
l’exercice obligatoire de rencontrer son public et de faire la
promotion du livre sur lequel son éditeur a misé, c’est, entre
autres, pour remplir sa part du contrat.
C’est en même
temps une occasion pour ses lecteurs de savoir «comment il
travaille» et mieux comprendre non pas ce qu’il veut dire, mais ce
qui le motive, cette part d’humain cachée derrière l’œuvre, étant
donné, comme le disent les spécialistes, qu’il n’y a rien de moins
naturel que l’écriture.
Aujourd’hui, avec
Yasmina Khadra, comme avec d’autres, la presse ouvre ses colonnes,
convaincue qu’il faut encourager vaille que vaille le peu de
création qui se fait ici, et s’interdire de décourager davantage les
compétences qui ont choisi l’exil. De bons principes, en somme, mais
ce faisant, on s’autorise rapidement à déborder, même sans le
vouloir, dans les débats idéologiques et politiques, pour s’éloigner
de plus en plus de l’œuvre et se focaliser sur les convictions
personnelles de l’artiste. Depuis ce salon, c’est à un autre stade
que l’on est passé, celui du débat, non pas sur le contenu et sa
trame, mais exclusivement sur la personne elle-même, pour la jauger
et malheureusement aussi pour la juger.
Question : quand
on pose une question à la mauvaise personne et qu’on reçoit une
mauvaise réponse, à qui faut-il en vouloir ?
Nabil Benali
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Salon international du livre
L’ANEP marie
qualité, nouveauté et prix
Si vous vous
perdez entre les nombreux stands du salon international du livre,
pensez à faire un tour à l’espace de l’Entreprise nationale de
communication, édition et publicité (ANEP), vous ne serez pas déçu !
Grand et vaste, l’endroit est une véritable invitation à la
découverte de la littérature nationale, des auteurs algériens et des
riches coutumes et de l’histoire du pays. Une multitude d’ouvrages,
dont les thèmes sont pertinents et variés, y est présentée. Les prix
y sont raisonnables comparés à ceux proposés par d’autres maisons
d’édition. L’on peut découvrir : «Villes d’Algérie au XIXe siècle»,
d’Assia Djebbar «Lettres au président Wilson», de l’émir Khaled,
«L´Algérie belle et rebelle, de Jugurtha à Novembre» de Boualem
Bessaieh ou encore, «L´avenir de l´Islam et autres écrits» de Si
M’hamed Benrahal. Littérature, histoire, témoignage sur la guerre
d’Algérie, essais et écrits philosophiques, livres sur les
institutions, les art et le patrimoine, bande dessinée, science et
technologie, sport … Les ouvrages de l’ANEP touchent à tous les
domaines, ce qui indique que cette entreprise étatique a fait de
grands pas depuis sa création, il y a quarante ans, puisque ses
éditions se sont développées et se sont diversifiées. Aujourd’hui,
elle investit dans des domaines peu abordés par les éditeurs privés,
notamment dans les créneaux de l’information économique et du sport,
où l’on peu retrouver les livres de Abderrahmane Zani, «Les
associations sportives d’Algérie, 1857-1952», de Ahmed Bessol
Lahouari «Les 100 étoiles du foot algérien» ou de Rabah Saâdallah
«Boxe : Les gloires du passé», des parutions qui viennent enrichir
le marché algérien et rivaliser avec les autres productions; les
amateurs de sport n’ont pas été oubliés ! Les livres scolaires,
scientifiques et techniques sont également l’une de ses spécialités,
les titres sont innombrables, la bande dessinée s’impose également
et l’on peut proposer aux enfants la lecture des trois albums de
Bouslah Mohamed «Pour que vive l´Algérie», «Quand résonnent les
tam-tam» et
«La ballade du
proscrit». Par ailleurs, l’on peut
retrouver sur les
étals, des guides très intéressants, notamment le «guide économique
et social de l’Algérie», le guide «Nerges», l’«annuaire des
entreprises algériennes», l’Almanach sportif» et la revue «Sport
magazine»… L’ANEP est parmi les premiers éditeurs présents sur le
marché algérien. Ainsi, en l’espace de quatre années, elle a édité
250 titres, en arabe et en français. Des performances qui lui ont
permis de prendre part aux foires internationales du livre où elle
expose une production qualitative et riche. Rappelons que depuis
trois ans, c’est l’ANEP qui organise régulièrement le Salon du livre
d’Alger (Sila).
Irane Belkhedim
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Café littéraire du XIe Sila
Quarante œuvres
algériennes traduites en italien
Plusieurs romans
algériens d’expression française ont fait l’objet d’une traduction
en italien, a affirmé l’universitaire italienne Jolanda Guardi, lors
d’un café littéraire animé avant-hier en marge du XIe Sila.
La traduction des
romans d’auteurs algérien de l’arabe vers l’italien a été évoquée
par l’universitaire italienne Jolanda Guardi, initiatrice de cette
opération, lors d’un café littéraire organisé dans le cadre du
programme italien consacré au XIe Salon international du livre
d’Alger (Sila). «J’ai décidé de m’atteler à la traduction de la
littérature algérienne d’expression arabe après avoir découvert
l’œuvre de l’écrivain Abdelhamid Benhedouga», a indiqué la
traductrice italienne mettant en exergue la richesse de la culture
algérienne. «J’essaye de faire connaître en Italie la littérature
algérienne», a souligné l’universitaire, ajoutant que «la production
littéraire maghrébine, contrairement à celle du Proche-Orient, reste
insuffisamment connue en Italie». L’intervenante a indiqué qu’une
quarantaine de romans algériens d’expression française ont déjà été
traduits en italien et seulement trois en langue arabe, à savoir:
«L’île aux oiseaux» de Djilali Khellas, «Mémoire du corps» de Ahlem
Mosteghanemi et «Demain, un nouveau jour» de Abdelhamid Benheddouga.
«J’ai commencé la traduction avec des contes parce que je voulais
que les livres qui sont traduits soient lus», a affirmé Jolanda
Guardi, ajoutant que «pour garder à une oeuvre son âme», elle
s’imprègne d’abord des écrits de l’écrivain bien avant de commencer
le travail de traduction. «Je tiens toujours compte de la langue
d’origine du livre durant tout le processus de traduction. Je
cherche par exemple à maintenir la ponctuation pour maintenir le
rythme des mots dans le texte ainsi que l’harmonie de la phrase», a
expliqué l’universitaire qui, lors de la traduction, «trouve de
nouvelles possibilités dans la langue italienne même».
Les techniques de
traduction, le coût élevé de cette opération ainsi que le critère du
choix des œuvres à traduire, ont par ailleurs été longuement
évoqués lors de cette table ronde. Rappelons que demain après-midi,
le stand italien du XIe Sila accueillera le célèbre écrivain italien
Massimo Carlotto qui racontera son étonnante expérience humaine et
son activité d’écrivain. En présence de l’écrivain algérien Amara
Lakhous et de l’éditeur Alessandro Ferri, il animera une conférence
intitulée «Emancipation du polar».
Synthèse H. K.
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Le Jour d'Algérie. Conception
M.Merkouche
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