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Si loin de la littérature

Le cas Yasmina Khadra

Salon international du livre

L’ANEP marie qualité, nouveauté et prix

Café littéraire du XIe Sila

Quarante œuvres algériennes traduites en italien

 

 06/11/06

 

 Si loin de la littérature

Le cas Yasmina Khadra

Tout comme la vérité n'a besoin de personne pour la défendre, qu'un livre devrait se suffire à lui-même, un écrivain  peut se limiter à n'être tout simplement qu'un écrivain.

Ecrire, être publié et réussir à s’imposer sur la scène littéraire n’engage pas à être également un intellectuel, encore moins un intellectuel engagé. Dans le cas de Yasmina Khadra qui semble avoir trouvé le moyen d’irriter quelques confrères à l’occasion du salon de livre d’Alger, la confusion des genres est quasi-totale et on ne sait apparemment pas encore à qui revient véritablement la faute.

Certes, Mohamed Moulessehoul a été officier de l’armée algérienne au moment où cette même armée subissait une campagne médiatique sciemment entretenue sur la responsabilité dans la crise politique et sécuritaire de l’Algérie. Il en est qui ont décelé dans ses écrits un versant de réponse au «qui-tue-qui ?». Est-ce suffisant pour faire intervenir Yasmina Khadra sur ce genre de thèmes, même après son départ de l’armée et à l’étranger ? Oui et non, tout le monde est libre. Mais sachons par avance que le faire, cela engage aussi celui qui pose la question et qui fait de l’interviewé, par voie de conséquence, un intervenant autorisé à cette qualité par les parties qui sont chargées soit de provoquer, soit d’animer ce débat. Demander à Yasmina Khadra ce qu’il pense de l’intégrisme ou du 11-septembre, par exemple, c’est décider qu’il a son mot à dire sur ces questions.

Or, l’écrivain est censé avoir tout dit à travers ses romans. S’il se prête à l’exercice obligatoire de rencontrer son public et de faire la promotion du livre sur lequel son éditeur a misé, c’est, entre autres, pour remplir sa part du contrat.

C’est en même temps une occasion pour ses lecteurs de savoir «comment il travaille» et mieux comprendre non pas ce qu’il veut dire, mais ce qui le motive, cette part d’humain cachée derrière l’œuvre, étant donné, comme le disent les spécialistes, qu’il n’y a rien de moins naturel que l’écriture.

Aujourd’hui, avec Yasmina Khadra, comme avec d’autres, la presse ouvre ses colonnes, convaincue qu’il faut encourager vaille que vaille le peu de création qui se fait ici, et s’interdire de décourager davantage les compétences qui ont choisi l’exil. De bons principes, en somme, mais ce faisant, on s’autorise rapidement à déborder, même sans le vouloir, dans les débats idéologiques et politiques, pour s’éloigner de plus en plus de l’œuvre et se focaliser sur les convictions personnelles de l’artiste. Depuis ce salon, c’est à un autre stade que l’on est passé, celui du débat, non pas sur le contenu et sa trame, mais exclusivement sur la personne elle-même, pour la jauger et malheureusement aussi pour la juger.

Question : quand on pose une question à la mauvaise personne et qu’on reçoit une mauvaise réponse, à qui faut-il en vouloir ?

Nabil Benali

 

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Salon international du livre

L’ANEP marie qualité, nouveauté et prix

Si vous vous perdez entre les nombreux stands du salon international du livre, pensez à faire un tour à l’espace de l’Entreprise nationale de communication, édition et publicité (ANEP), vous ne serez pas déçu ! Grand et vaste, l’endroit est une véritable invitation à la découverte de la littérature nationale, des auteurs algériens et des riches coutumes et de l’histoire du pays. Une multitude d’ouvrages, dont les thèmes sont pertinents et variés, y est présentée. Les prix y sont raisonnables comparés à ceux proposés par d’autres maisons d’édition. L’on peut découvrir : «Villes d’Algérie au XIXe siècle», d’Assia Djebbar «Lettres au président Wilson», de l’émir Khaled, «L´Algérie belle et rebelle, de Jugurtha à Novembre» de Boualem Bessaieh ou encore, «L´avenir de l´Islam et autres écrits» de Si M’hamed Benrahal. Littérature, histoire, témoignage sur la guerre d’Algérie, essais et écrits philosophiques, livres sur les institutions, les art et le patrimoine, bande dessinée, science et technologie, sport … Les ouvrages de l’ANEP touchent à tous les domaines, ce qui indique que cette entreprise étatique a fait de grands pas depuis sa création, il y a quarante ans, puisque ses éditions se sont développées et se sont diversifiées. Aujourd’hui, elle investit dans des domaines peu abordés par les éditeurs privés, notamment dans les créneaux de l’information économique et du sport, où l’on peu retrouver les livres de Abderrahmane Zani, «Les associations sportives d’Algérie, 1857-1952», de Ahmed Bessol Lahouari «Les 100 étoiles du foot algérien» ou de Rabah Saâdallah «Boxe : Les gloires du passé», des parutions qui viennent enrichir le marché algérien et rivaliser avec les autres productions; les amateurs de sport n’ont pas été oubliés ! Les livres scolaires, scientifiques et techniques sont également l’une de ses spécialités, les titres sont innombrables, la bande dessinée s’impose également et l’on peut proposer aux enfants la lecture des trois albums de Bouslah Mohamed «Pour que vive l´Algérie», «Quand résonnent les tam-tam» et

«La ballade du proscrit». Par ailleurs, l’on peut

retrouver sur les étals, des guides très intéressants, notamment le «guide économique et social de l’Algérie», le guide «Nerges», l’«annuaire des entreprises algériennes», l’Almanach sportif» et la revue «Sport magazine»… L’ANEP est parmi les premiers éditeurs présents sur le marché algérien. Ainsi, en l’espace de quatre années, elle a édité 250 titres, en arabe et en français. Des performances qui lui ont permis de prendre part aux foires internationales du livre où elle expose une production qualitative et riche. Rappelons que depuis trois ans, c’est l’ANEP qui organise régulièrement le Salon du livre d’Alger (Sila).

Irane Belkhedim

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Café littéraire du XIe Sila

Quarante œuvres algériennes traduites en italien

Plusieurs romans algériens d’expression française ont fait l’objet d’une traduction en italien, a affirmé l’universitaire italienne Jolanda Guardi, lors d’un café littéraire animé avant-hier en marge du XIe Sila.

La traduction des romans d’auteurs algérien de l’arabe vers l’italien a été évoquée par l’universitaire italienne Jolanda Guardi, initiatrice de cette opération, lors d’un café littéraire organisé dans le cadre du programme italien consacré au XIe Salon international du livre d’Alger (Sila). «J’ai décidé de m’atteler à la traduction de la littérature algérienne d’expression arabe après avoir découvert l’œuvre de l’écrivain Abdelhamid Benhedouga», a indiqué la traductrice italienne mettant en exergue la richesse de la culture algérienne. «J’essaye de faire connaître en Italie la littérature algérienne», a souligné l’universitaire, ajoutant que «la production littéraire maghrébine, contrairement à celle du Proche-Orient, reste insuffisamment connue en Italie». L’intervenante a indiqué qu’une quarantaine de romans algériens d’expression française ont déjà été traduits en italien et seulement trois en langue arabe, à savoir: «L’île aux oiseaux» de Djilali Khellas, «Mémoire du corps» de Ahlem Mosteghanemi et «Demain, un nouveau jour» de Abdelhamid Benheddouga. «J’ai commencé la traduction avec des contes parce que je voulais que les livres qui sont traduits soient lus», a affirmé Jolanda Guardi, ajoutant que «pour garder à une oeuvre son âme», elle s’imprègne d’abord des écrits de l’écrivain bien avant de commencer le travail de traduction. «Je tiens toujours compte de la langue d’origine du livre durant tout le processus de traduction. Je cherche par exemple à maintenir la ponctuation pour maintenir le rythme des mots dans le texte ainsi que l’harmonie de la phrase», a expliqué l’universitaire qui, lors de la traduction, «trouve de nouvelles possibilités dans la langue italienne même».

Les techniques de traduction, le coût élevé de cette opération ainsi que le critère du choix des œuvres à traduire, ont  par ailleurs été longuement évoqués lors de cette table ronde. Rappelons que demain après-midi, le stand italien du XIe Sila accueillera le célèbre écrivain italien Massimo Carlotto qui racontera son étonnante expérience humaine et son activité d’écrivain. En présence de l’écrivain algérien  Amara Lakhous et de l’éditeur Alessandro Ferri, il animera une conférence intitulée «Emancipation du polar».

Synthèse H. K.

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