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Procès de l’ancien président Irakien

Saddam : Peine de mort par pendaison

Réactions au verdict qui secoue l’Irak

Les chiites saluent, les Occidentaux partagés

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Le Sheriff a dit

Invasion de l’Irak

Bush «arrogant et stupide» ?

 

 06/11/06

 

 Procès de l’ancien président Irakien

Saddam : Peine de mort par pendaison

Saddam Hussein, reconnu coupable de crimes contre l’humanité par le haut tribunal irakien, a été condamné hier à la peine de mort par pendaison. Au moment du verdict, Saddam Hussein a d’abord refusé de se lever, comme le lui avait ordonné le président du tribunal. Deux huissiers l’ont alors levé et il est resté debout pendant tout l’énoncé.

A l’énoncé de ce verdict, l’ancien président s’est écrié «Allahou Akbar !» (Dieu est le plus grand!) et «Vive la nation ! ». Saddam Hussein a ensuite clairement fait savoir qu’il souhaitait faire face à un peloton d’exécution plutôt que d’être pendu.

Aouad Ahmed al Bandar, juge de l’ancien tribunal révolutionnaire et Barzan Ibrahim al Tiktiti, demi-frère du président déchu qui dirigeait les services secrets, ont également été condamnés à la peine capitale, tandis que l’ancien vice-président Taha Yassine Ramadan s’est vu infliger la prison à perpétuité. Trois autres membres du défunt parti Baas écopent de 15 ans de réclusion et un quatrième a été acquitté. Tous étaient jugés pour le massacre de 148 chiites à Doudjaïl, après une tentative d’assassinat contre Saddam Hussein, en 1982. Ce procès, le premier de l’ancien raïs, s’était ouvert le 19 octobre 2005. Les cinq juges ont rendu leur verdict à la majorité simple. Hier, au début de l’audience, l’un des avocats de Saddam Hussein, l’ancien ministre de la Justice américain Ramsey Clark, avait remis au président du tribunal Raouf Adbul-Rahman une note dénonçant le procès de son client comme une parodie de justice. Le juge l’avait alors expulsé de la salle en lui disant en anglais : «Sortez !». Après cette condamnation, l’appel est automatique. L’affaire doit maintenant être examinée par un panel de neuf juges. Si la peine de mort est confirmée, elle devra être appliquée dans les 30 jours.

Hors les murs du tribunal, la sécurité avait été renforcée à Bagdad en prévision de l’annonce de ce verdict, avec notamment un couvre-feu qui concernait aussi bien les piétons que les véhicules. Cependant, après l’audience, des affrontements ont éclaté dans le quartier majoritairement sunnite d’Azamiyah, dans le nord de la capitale. Les policiers devaient répondre à des tirs de mitrailleuses. 

L’armée irakienne était déjà en état d’alerte samedi, à la veille du verdict. Le ministère de la Défense a annulé, dès vendredi, toutes les permissions dans l’attente du verdict. Selon la chaîne de télévision d’Etat Irakiya, un couvre-feu a été maintenu à Bagdad et dans deux provinces «sensibles». Mais une source proche du cabinet du Premier ministre a dit que sa durée n’était pas encore déterminée. Alors que le couvre-feu entrait en vigueur à Bagdad, des tirs au mortier ont fait sept morts et 20 blessés dans la soirée dans le quartier d’Adhamiya, à l’ouest, a-t-on appris de source proche du ministère de l’Intérieur. Dans le cadre des mesures de sécurité, l’aéroport de Bagdad a été fermé. Le porte-parole du tribunal, Raed Djouhi, a laissé planer le doute sur la date de l’énoncé du verdict en déclarant à la Télévision nationale : «Le procès est bouclé, mais si les juges trouvent une raison de reporter, alors ce sera reporté», avait-il déjà annoncé. Le Premier ministre Nouri al Maliki, qui a dit espérer que Saddam recevra le châtiment qu’«il mérite», a lancé un appel au calme et a exhorté les Irakiens «à manifester leur joie d’une façon qui ne mette pas en cause la sécurité». «Nous appelons le peuple irakien au calme et à la discipline, a-t-il ajouté. Le principal avocat de Saddam, Khalil al Doulaïmi, avait demandé un report du verdict, qui viendra selon lui à point nommé pour conforter le Président américain George Bush avant les élections de mi-mandat aux Etats-Unis, demain. L’avocat a également mis en garde contre un bain de sang si l’ancien président était condamné à la peine capitale. En attendant, Saddam sera à nouveau au tribunal demain, pour la reprise d’un autre procès, concernant le génocide de Kurdes dans les années 1980. Il pourrait aussi être poursuivi dans une dizaine d’autres affaires. Ce premier procès de Saddam Hussein a débuté il y a un an devant un tribunal irakien auquel les Etats-Unis n’ont pas ménagé leur «aide». En jugeant l’ancien président, accusé d’avoir tué et torturé pour se maintenir son pouvoir, les autorités espéraient unir les communautés disparates d’Irak.

Mais, depuis, le pays a plongé dans la guerre civile et, loin de servir de catharsis, le procès a plutôt exacerbé les rancœurs entre communautés. Trois avocats de la défense ont été tués et un juge d’origine kurde a démissionné en dénonçant des ingérences politiques. Samedi, les forces spéciales irakiennes, soutenues par des conseillers américains, ont effectué une nouvelle incursion dans le vaste quartier chiite de Sadr City, dans l’est de la capitale, où de précédentes opérations ont donné lieu à de vives tensions entre Bagdad et Washington.

Trois suspects ont été arrêtés au cours de cette opération qui visait «une cellule coupable d’enlèvements et de meurtres au sein d’un mouvement armé illégal», précise l’état-major américain dans un communiqué. «Les forces irakiennes ont essuyé des tirs d’armes légères et de roquettes antichars en provenance d’éléments hostiles lorsqu’elles ont quitté l’objectif. Les forces irakiennes ont riposté en direction de cibles clairement identifiées pour neutraliser la menace avant de reprendre leur chemin vers leur base», ajoute-t-il.

Les Etats-Unis pressent le Premier ministre irakien Nouri al Maliki de démanteler l’armée du Mahdi, milice soupçonnée d’entretenir des «escadrons de la mort» fidèle à l’imam chiite radical Moktada Sadr, qui contrôle Sadr City. Or, le mouvement de Sadr est l’un des piliers parlementaires de la coalition au pouvoir. Soucieux de manifester son indépendance au terme d’une semaine de frictions avec Washington, le Chef du gouvernement a sommé l’armée américaine de lever les barrages qui paralysaient Sadr City depuis la disparition du soldat américain d’origine irakienne, enlevé le 23 octobre dans le centre de la capitale. A Bagdad encore, un journaliste de la télévision privée irakienne al-Sharqiya, Ahmed Rachid, a été tué samedi alors qu’il circulait dans un quartier de Bagdad. Il s’agit du 128e professionnel des médias à trouver la mort en Irak depuis le début du conflit, en mars 2003, selon un décompte de l’AFP basé sur les chiffres de Reporters sans frontières (RSF). Face à la violence qui ensanglante quotidiennement leur pays, de plus en plus d’Irakiens fuient à l’étranger, selon le Haut-Commissariat aux réfugiés (HCR), qui estime qu’actuellement quelque 2 000 Irakiens arrivent chaque jour en Syrie et un millier en Jordanie. Le HCR estime que près de 1,6 million d’Irakiens ont été déplacés à l’intérieur de leur pays et que plus de 1,8 million sont réfugiés hors de leur pays.

Redouane A.

 

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Réactions au verdict qui secoue l’Irak

Les chiites saluent, les Occidentaux partagés

Alors que les Etats-Unis font semblant de ne pas trop afficher leur satisfaction, l’ONU, Amnesty International et la France ont réitéré leur opposition à la peine de mort. Washington s’attend, en tous cas, à des semaines difficiles en Irak dans le proche avenir.

Des cris de joie à l’annonce de la condamnation à mort de Saddam Hussein. Nous sommes dans le quartier de Sadr City, bastion des chiites à Bagdad, la capitale irakienne et fief de Moqtada Sadr. «La foule, elle n’a pas oublié le massacre de 148 villageois chiites à Doujaïl en 1982. Une manifestation d’opposant au raïs irakien a également eu lieu à Nadjaf, la capitale spirituelle des chiites en Irak», souligne une agence occidentale. Le Premier ministre irakien Nouri al-Maliki a estimé hier que la condamnation à mort de Saddam Hussein marquait la fin d’«une période noire». «Le verdict d’aujourd’hui rend justice aux familles de Doujaïl et à toutes celles qui ont subi l’injustice du dictateur», a affirmé M. Maliki dans une déclaration à la télévision publique Iraqia. A partir de Genève, le haut-commissaire de l’ONU chargée des droits de l’homme, Louise Arbour, a appelé hier le  gouvernement irakien à observer un moratoire de l’exécution du l’ancien président Saddam Hussein et des autres co-accusés condamnés à mort à Bagadad.

Dans une déclaration publiée à Genève, Mme Arbour indique que «ceux qui ont été condamnés aujourd’hui doivent avoir la possibilité d’épuiser toutes les voies de recours, et quelle que soit l’issue de l’appel, j’espère que le gouvernement (irakien) va prononcer un moratoire des exécutions». Mme Arbour a demandé aux autorités irakiennes que «soit pleinement respecté le droit de recours des personnes accusées et condamnées aujourd’hui par le Haut Tribunal pénal». Pour sa part, l’ambassadeur américain en Irak, Zalmay Khalizad, a qualifié les condamnations prononcées hier d’«importante étape» pour le peuple irakien même s’il va devoir faire face à «des jours difficiles dans les semaines à venir». «Ce jour est une étape importante pour l’Irak, qui vient de franchir un nouveau pas vers la construction d’une société libre fondée sur le respect de la loi», a estimé M. Zalmay Khalilzad dans un communiqué. «Un ancien dictateur craint par des millions de personnes, qui a fait massacrer ses propres compatriotes sans pitié ni souci de justice, qui les a entraînés en guerre contre les pays voisins, a été traduit en justice dans son propre pays»,

a-t-il souligné. Cependant, M. Khalilzad a prévu que les Irakiens allaient faire face à des temps difficiles dans les prochaines semaines. La condamnation à mort de l’ancien président irakien Saddam Hussein a été immédiatement saluée hier par Londres et Washington, tandis que l’organisation de défense des droits de l’Homme Amnesty International mettait en doute l’impartialité du procès. En Europe, seule la Suède avait également réagi hier matin, se disant satisfaite que l’ancien dictateur irakien ait eu à répondre de ses crimes tout en regrettant la peine de mort. Londres a été la première capitale à réagir. «Je salue le fait que Saddam Hussein et les autres accusés ont été présentés devant la justice et ont eu à rendre compte de leurs crimes», a déclaré la ministre britannique Margaret Beckett quelques minutes après l’énoncé du verdict à Bagdad.

En revanche, l’Organisation de défense des droits de l’Homme Amnesty International a déploré cette condamnation, et jugé que le procès avait été «une affaire glauque, marquée par de graves failles qui remettent en question la capacité du tribunal, tel qu’il est établi actuellement, à administrer une justice juste, en conformité avec les standards internationaux». Selon Malcolm Stuart, directeur du programme pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord, «ce procès aurait dû être une contribution majeure à l’établissement de la justice et de l’autorité de la loi en Irak, et à assurer la vérité et la responsabilité des immenses violations des droits de l’Homme perpétrées par le régime de Saddam Hussein».

Pour sa part, la France a rappelé hier son opposition à la peine de mort et annonce qu’elle consultera ses partenaires européens pour faire connaître cette position au gouvernement irakien. «En ce qui concerne la peine de mort, la France et, au-delà, l’Union européenne, ont une position constante en faveur de son abolition universelle», dit un communiqué du ministre des Affaires étrangères Philippe Douste-Blazy. Le Quai d’Orsay ne condamne pas explicitement la sentence irakienne mais dit en «prendre acte». «Cette décision appartient au peuple irakien», écrit le ministre. «J’espère que cette décision n’entraînera pas de nouvelles tensions et que les Irakiens, quelle que soit leur appartenance communautaire, sauront faire preuve de retenue», conclut-il. Au Nigeria, la plus haute institution islamique a elle aussi mis en doute l’impartialité du tribunal. Quant à l’actuel président irakien, Jalal Talabani, il s’est refusé à tout commentaire, qui selon lui «pourrait être vu comme une ingérence dans les affaires de la cour», puisque les condamnés peuvent encore faire appel. La Chine s’est également refusée à tout commentaire dans une affaire intérieure à l’Irak.        

R. I.

 

Les condamnations

 

Voici les peines infligées par le Haut tribunal pénal irakien aux huit accusés qui comparaissaient à Bagdad pour le massacre de 148 chiites à Doujaïl en 1982.

 

Saddam Hussein, ancien président de l’Irak, condamné à la mort par pendaison.

Barzan Ibrahim, demi-frère de Saddam Hussein et chef des services de renseignement irakiens à l’époque du massacre, condamné à la mort par pendaison.

Awad Hamed al-Bandar, ancien chef du tribunal révolutionnaire irakien, condamné à la mort par pendaison.

Taha Yassin Ramadan, ancien vice-président irakien, condamné à l’emprisonnement à perpétuité.

Abdullah Kazim Ruwayyid, ancien responsable du parti Baas, condamné à 15 ans d’emprisonnement.

Mizhar Abdullah Ruwayyid, ancien responsable du parti Baas, condamné à 15 ans d’emprisonnement.

Ali Dayih Ali, ancien responsable du parti Baas, condamné à 15 ans d’emprisonnement.

Mohammed Azawi Ali, ancien responsable du parti Baas, reconnu non-coupable et relâché.

 

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Le Sheriff a dit

Il fallait s’y attendre depuis que les Américains ont décidé de confier le procès aux Irakiens eux-mêmes : Saddam Hussein doit mourir et servir d’exemple inoubliable aux yeux de ses compatriotes, des Arabes et du monde entier. La décision est d’autant plus facile à prendre qu’elle émane du vainqueur qui occupe militairement le pays après avoir renversé le régime Saddam, ce dernier ayant été, après tout, un chef d’Etat dont la brutalité et l’autorité ne font l’ombre d’aucun doute; ce qui fait de lui un dictateur indéfendable pour avoir soumis son peuple à la terreur et réduit ses capacités humaines et matérielles.

Le reste du monde regarde, donc, sans rien pouvoir faire ou dire sur ce procès. Mais même si les formes sont mises et les précautions prises, ce sont pourtant les Etats-Unis qui ont fait juger et condamner Saddam.

La constance des Etats-Unis se confirme ainsi, après que l’opération de l’arrestation de l’ancien président irakien eut été orchestrée de la manière la plus humiliante et la plus dégradante pour lui. Mais derrière cela, il y a une logique bien plus machiavélique qui anime Washington et elle est assurément inspirée de la rue américaine, elle-même, en grande majorité hostile à cette guerre qui a replongé le pays dans les horreurs et les incertitudes de la guerre du Viêt-Nam. Car l’ordre du jour principal pour la Maison-Blanche est le retrait de ses troupes. On le sait inéluctable. On peut même dire qu’il est urgent, si l’on y greffe les enjeux électoraux aux Etats-Unis et l’escalade au Moyen-Orient que provoque le maintien de l’armée US en Irak. Après l’élimination d’Abou Moussab Zarqaoui, l’organisation fort contestable des élections, la formation d’un gouvernement fantoche et l’adoption d’une nouvelle Constitution, la suite de cette course contre la montre ne pouvait être que la condamnation de Saddam. Mais en le condamnant à la mort, Washington risque de mettre le feu aux poudres, si bien que son retrait effectif n’en sera qu’ajourné. Est-ce vraiment une erreur tactique ?

Nabil Benali

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Invasion de l’Irak

Bush «arrogant et stupide» ?

Il a provoqué la fitna entre les chiites et les sunnites pour justifier la prolongation de la présence de l’armée américaine, c’est une erreur.

M. Alberto Fernandez, l’une des pièces maîtresses du département d’Etat aux Affaires du Moyen-Orient, était parmi les «faucons» qui clamaient partout avec des convictions inébranlables que l’invasion de l’Irak ferait du Moyen-Orient un modèle de société libérale, tolérante, prospère. Quand des intellectuels arabes, et parmi eux des pro-occidentaux lui opposaient la noire réalité du terrain, il souriait et leur rétorquait avec un regard pointu et d’un ton hautain : «Oui, nous commettons beaucoup d’erreurs en Irak. L’important sera le résultat final, patientez un peu».

Bush a favorisé la partition de l’Irak, c’est une erreur. Il a autorisé les agents du Mossad de liquider physiquement les scientifiques irakens, c’est une erreur. Il a provoqué la fitna entre les chiites et les sunnites pour justifier la prolongation de la présence de l’armée américaine, c’est une erreur. Six cents cinquante mille à sept cent mille civils assassins gratuitement en trois ans, c’est une erreur. Et, soudainement, sans que rien la laissait prévoir, voici le même Alberto Fernandez qui prend un virage en tête d’épingle. Virage mortel, s’il en est. Une sortie surprenante qui exprime un désaveu catégorique de l’invasion de Bagdad et sa destruction.

-«Dans l’affaire de l’Irak, les Américains ont été arrogants et stupides».

Entendez par «Américains» Bush, Rumsfeild, Cheney, Rice, Perle et toute l’armée de conseillers de la Maison-Blanche, tous de la Maison-Blanche, tous les mem-bres du congrès… tous ceux qui ont planifié, exécuté et soutenu l’occupation de l’Irak qui était en projet sous le règne de Bush père, juste après la guerre Irak-Iran où Saddam était un soldat américain adulé par la presse occidentale à gros tirage qui le considérait comme le dirigeant le plus démocrate du monde arabe (ne riez pas SVP). Franchement, si nous attendions une espèce de méa-culpa de quelques membres de l’entourage immédiat de Bush, ce n’était pas de Fernandez Alberto dont nous avons suivi le considérable travail médiatique en vue de vendre la vision de Bush sur le futur «florissant» de l’Irak, malgré la guerre civile et les crimes inadmissibles des mercenaires américains contre les populations civiles. Sur les plateaux TV, le Fernandez se distinguait par son assurance, son arrogance et ses réponses stupides aux questions des journalistes et des écrivains arabes de gauche et de droite qui critiquaient l’occupation de l’Irak et le projet de partition. Aucune profondeur dans ses analyses. Seulement des accusations contre les pourfendeurs des méthodes buschéiennes qui ont dépassé de très loin celles d’Hitler en Pologne. Qu’est-il donc arrivé pour qu’un tel faucon qu’on croyait du groupe des plus irréductibles prenne un virage mortel à 90° ? D’aucuns mettent ce brusque revirement sur le compte de l’agression du Liban pilotée par Bush et Rice.

Expliquons-nous :Avant le déclenchement du bombardement aveugle de Beyrouth, Rice avait négocié le soutien des monarques arabes, Moubarek, Fouad Siniora et le patriarche Nasrallah Safaïre le maronite. Rice, très confiante en la puissance de Tsahal, était certaine qu’en moins d’une semaine, la branche armée de Hezbollah ne serait plus qu’un mauvais souvenir. C’est sur la base de cette prévision que les monarques arabes, Moubarek, Siniora et Safaïre s’étaient engagés de couvrir politiquement l’invasion du Liban , Tsahal étant habitué d’occuper les pays de la région en deux jours tout au plus. La neutralisation du Hamas palestinien et du Hezbollah libanais était voulue autant par l’axe américano-sioniste que par les monarchies pétrolières et l’Egypte. La fin du conflit au Moyen-Orient selon les termes et les conditions imposés par la Maison- Blanche à la communauté internationale ne saurait être envisagée qu’à ce prix.

Il y eut l’impondérable !

Qui pouvait imaginer qu’une poignée de résistants libanais tiendrait plus d’une semaine face à la logistique américaine et à la barbarie sioniste ?

Qui pouvait prévoir ou imaginer que, refusant la défaite, Bush cautionnerait la destruction sauvage de toutes les infrastructures socio-économiques du Liban, comme en Irak et en Palestine ? N’étant pas parvenu à l’élimination du Hezbollah libanais et du Hamas palestinien, il avait décidé de punir les citoyens désarmés et de les affamer pour leur soutien aux symboles du patriotisme sincère et dévoué à la cause nationale. Fouad Siniora avait pleuré en public parce que Rice l’avait ridiculisé en autorisant Olmert de raser le Liban. Par contre, le patriarche maronite Safaïre s’était déplacé aux Etats-Unis pour tenter d’obtenir l’arrêt des bombardements aveugles de son pays. Ce à quoi Dick Chenee aurait répondu froidement : «Vous nous avez demandé de vous libérer de l’armée syrienne, nous l’avons fait et nous vous avons donné un gouvernement à votre mesure. Nous vous avons demandé de désarmer Hezbollah. Vous avez promis et vous n’avez rien fait. Nous avons confié cette mission à Olmert en plus de celle d’éliminer Hamas. S’il devra raser Gaza, la Cisjordanie et le Liban, nous le couvrirons contre le monde entier. Vous n’aviez qu’à respecter vos engagements. Hezbollah et Hamas bloquent le plan de Bush pour le Moyen-Orient. Ils doivent disparaître à n’importe quel prix. Le Liban sera reconstruit mieux qu’avant. Ne nous demandez pas plus et ne comptabilisez pas vos cadavres sur notre compte.  L’opération a reçu l’aval de votre gouvernement, de votre Eglise et de Moubarek».

Peu de journaux occidentaux ont évoqué ce dialogue ahurissant entre l’homme de l’Eglise et le tueur. Sans prétendre être dans le secret des dieux US de la guerre, nous constatons que ce sont quelques jours après la rencontre du patriarche maronite avec le bras droit de Bush que M. Alberto Fernandez a ouvert les yeux sur les noirs desseins US au Moyen-Orient.

Il faut dire que la destruction totale des infrastructures de base du Liban (ami de l’Occident) a ébranlé toutes les chancelleries pro et anti-américaines, car ne s’inscrivant dans aucune stratégie lisible. Faire du mal pour le mal ? Punir la population libanaise pour ne pas avoir crié assez fort son rejet du terrorisme «islamiste» que symbolise le Hezbollah aux yeux de Bush et de ses coalisés ? Il est très important de noter que M. Fernandez, par sa déclaration imprévisible, vient de donner raison à tous les intellectuels arabes qui tiennent des discours «irréalistes et idiots» et qu’il avait ouvertement méprisés au cours des nombreux débats qu’il a eus avec eux avant la fin de l’agression de l’axe américano-sioniste contre le Liban. Prenons acte de cette évolution positive d’un ex-irréductible partisan de la Bushrie connexion en Irak et en Palestine où la liquidation du Hamas se poursuit sauvagement dans l’indifférence de l’opinion mondiale. Et surtout prenons au sérieux le Fernandez quand il nous annonce une imminente vague de règlements de comptes au sein de la confrérie bushienne. Nous croyons que lui-même payera chèrement d’avoir dit une vérité qui conforte les critiques des démocrates à quelques jours du vote. Les Américains arrogants et stupides seulement en Irak ? Pas du tout.

La Palestine, les territoires arabes occupés en 1967, l’Afghanistan, l’Iran, etc., sont des points chauds où Bush et son équipe se comportent avec arrogance et stupidité, entraînant l’UE sur la même voie, en voulant imposer une paix taillée à la mesure des nazi sionistes.

Attendons les résultats des élections !

Mehdi H.

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