|
Constantine
Splendeur et
délabrement
Cirta, cité
millénaire… nid d’aigle perché au sommet d’une masse rocheuse
impressionnante. Forteresse naturellement protégée par un large et
profond abîme au pied duquel serpente Oued R’mel.
Sept ponts relient
les deux rives de la ville dont le centre est la réplique d’un
quartier d’une agglomération du sud de la France. Construction
coloniale conçue au-dessus des ruines de plusieurs civilisations qui
racontent cinq mille ans de l’histoire de l’humanité. Cirta était
assurément l’une des plus belles villes du monde grâce à son
incomparable socle rocheux d’une hauteur vertigineuse qui vous donne
la sensation que les oiseaux voltigent sous vos pieds.
Du pont Sidi
Rached, votre regard embrasse l’enchevêtrement en forme de pyramide
du vieux quartier qui conserve de beaux restes des vestiges romains,
puniques, arabes et ottomans. Souika, en ruine… Quartier aux cent
palais dont peu de gens soupçonnent l’existence à cause de l’aspect
extérieur très quelconque des bâtisses. Souika victime de la
cupidité des «élus» et de l’inculture de ses habitants implantés
suite à l’exode rural provoqué par la création en 1958 des zones
interdites qui devaient permettre à l’armée française d’isoler la
résistance algérienne… Souika livrée aux démolisseurs, c’est un
tableau de désolation. On serait tenté de penser que l’aviation
américaine a transité par là avant de raser l’Irak, le Liban et
l’Afghanistan. De l’avenue de Roumanie au pont Sidi M’cid la
promenade était un ravissement. Des chemins et des escaliers
descendent le long de la falaise jusqu’au bord de l’oued, à quelques
pas des chutes d’eau fascinantes pendant les fortes crues de
l’hiver. L’abandonce du gibier attirait chasseurs et braconniers,
mais les touristes préféraient le safari photos. Si vous empruntez
le boulevard de l’abîme (1) en direction de l’hôpital vous avez un
magnifique panorama qui englobe les monts de Chettaba, la vallée de
B’kira, les plaines du Hamma. Avant, c’était les vergers et les
potagers qui alimentaient Constantine.
Aujourd’hui, c’est
du béton, du béton et du béton… Des bidonvilles en béton conçus dans
un désordre inouï sans le moindre souci esthétique. Constantine fut
assurément belle. Elle a perdu son âme et son charme depuis des
lustres. Malek Haddad affirmait que nulle part ailleurs le ciel
n’est plus bleu qu’à Constantine.
C’est toujours
vrai
Sans doute parce
que la bêtise des «élus» n’est en mesure d’influer en aucun cas sur
la couleur du ciel.
Quant à la
ville ? La pauvre !
Il lui est arrivé
ce qui arrive à une très belle fille mariée de force successivement
à des hommes frustrés, négligents, égoïstes, bêtes, méchants,
insensibles à la beauté, ne sachant pas apprécier les besoins d’une
plante fragile qui exige des soins constants pour conserver son
charme. Constantine, rien ne m’est plus pénible que d’en parler. Je
suis incapable de prendre le recul de la neutralité. Car j’ai du mal
à comprendre et à admettre le niveau de délabrement qu’elle a
atteint en trente cinq ans. Ceux qui l’ont connue dans les années
soixante et la revoient maintenant sauront certainement mesurer
l’ampleur des dégradations qui l’ont défigurée.
Ils en seront
révoltés
D’autant plus que
presque tous les «élus» qui se sont succédé à l’APC et à l’APW
appartiennent au corps de l’enseignement (comme l’UGTA) ou bien sont
des universitaires (médecins, architectes, ingénieurs, urbanistes,
économistes, gestionnaires d’entreprises publiques). Toutes
obédiences confondues : FLN, RND, MSP, FIS, PT et autres.
Que dire ? Que
penser ?
Aujourd’hui,
Constantine est un gros bourg où s’épanouissent tous les fléaux.
Ses beaux quartiers se lézardent de partout, ses nouvelles
constructions l’enlaidissent, ses sites historiques sont à
l’abandon. Elle a été réduite à la sinistre image des hommes qui ont
pris la responsabilité de la gérer depuis les premières années de
l’Indépendance… Des hommes qui n’ont jamais quitté la mentalité du
douar. Malgré des études supérieures et de longs séjours en milieu
urbain ils ont été incapables de moderniser une cité au passé
prestigieux.
Tout ce qui était
précieux sur le plan culturel et historique a été négligé, livré à
la prédation, bradé, pillé. La vieille ville fut partiellement rasée
avec l’arrière-pensée de rétrocéder les terrains constructibles
récupérés aux requins de la finance mafieuse.
Pourtant elle
était classée patrimoine national et attendait des expertises de
l’Unesco pour une inscription sur le registre du patrimoine
universel.
Raser Souika la
millénaire et construire à la place des ensembles de haut standing.
Ce plan fut cautionné par des «élus» sur commande dont l’un d’entre
eux siège au Sénat.
La Syrie,
l’Italie, le Maroc, la Grèce, l’Egypte, l’Espagne ont intelligemment
intégré leurs quartiers historiques à l’extension moderne des villes
et ont en fait des sources de revenus plus sûres que l’agriculture
et le pétrole. Chez nous on rase aveuglement. Chez nous on déchire
sans état d’âme des pages entières de notre riche histoire qui reste
encore tabou. Car des hommes ont décidé que l’Algérie n’existait pas
avant la «venue» des Arabes. Ils ont essayé par tous les moyens
d’effacer de notre mémoire les siècles antéislamiques comme s’ils
ont honte que l’Algérienne ne fusse pas musulmane avant la naissance
du Prophète Mohammed (QSSSL).
Si vous désirez
mesurer les crimes et les méfaits de la mauvaise gestion de
Constantine, essayez de répondre à quelques questions qui,
normalement n’ont pas lieu d’être :
Quelle est la
ville au monde dont les jardins publics sont des buvettes et des
mahchachates à ciel ouvert ? Le commerce et la consommation des
psychotropes et de l’alcool ont fait fuir de ces espaces de détente
les honnêtes citoyens.
Quelle est au
monde l’autorité municipale qui ferme le plus beau jardin public du
centre-ville parce qu’elle est incapable d’entretenir les parterres
de fleurs et d’assurer la sécurité ? Des vendeurs de n’importe quoi
le squatte.
Quelle est au
monde l’autorité municipale qui ferme les yeux quand des
constructions illicites poussent comme de la mauvaise herbe sur des
espaces communaux incessibles comme les trottoirs, les dépendances
des écoles, les placettes publiques ?
C’est à partir de
là que vous pouvez vous faire une idée sur les outrages qu’a subis
l’antique cité numide… Cirta qui fut certainement un centre de
rayonnement culturel et cultuel en une période où les hommes
avaient le sens du devoir car guidés par un idéal de bâtisseurs et
de solidarité humaine.
Ce n’est hélas
plus le cas
La cupidité et la
bêtise ont saccagé des joyaux de l’architecture universelle.
Quant à l’esprit
des «élus» il est résumé dans une brève déclaration de l’un d’entre
eux devant un parterre d’artistes en ouverture d’une cérémonie en
leur honneur en 2005. «Nous rendons grâce à Dieu de nous avoir
envoyé un wali (un préfet) qui veut travailler pour la ville».
Et les «élus» à
quoi servent-ils ?
A mal gérer en
attendant que Dieu daigne placer au-dessus de leurs têtes un honnête
fonctionnaire qui les contraindra de faire leur travail en
brandissant la menace de les destituer ou de les traîner en justice
?
Haddad Malek
affirmait que nulle part ailleurs, qu’à Constantine le ciel n’est
aussi bleu. Qu’il me permette de dire que nulle part ailleurs qu’à
Constantine la bêtise humaine et la cupidité n’ont commis autant de
ravages. Impunément.
Par Mehdi H.
(1)
Actuellement boulevard Zighout Youcef
Haut
Bouharoun
Un cadavre dans
un chalutier
Une autre victime
de l’Eldorado européen, semble-t-il, a été repêchée jeudi 2
novembre, au large de Bouharoun, une localité portuaire de la wilaya
de Tipasa. Et de quelle manière ! Les membres d’équipage d’un
chalutier de la flottille de pêche du port susmentionné ont, en
effet, été fortement secoués en apercevant au milieu des poissons
remontés par le chalutier, le cadavre d’un homme. Un cadavre dont
l’état, quelque peu décomposé, nous a-t-on dit, laisse supposer que
la noyade remonte à quelques jours déjà. L’enquête ouverte par la
brigade de Gendarmerie nationale de Bouharoun allait cependant
rapidement évoluer dans le sens de l’identification du malheureux
qui serait âgé d’une vingtaine d’années. Une identification qui a
été rendue possible, selon nos sources, grâce au téléphone portable
découvert dans sa poche. Grâce à un traitement approprié effectué
par une équipe spécialisée du groupement de la Gendarmerie nationale
de Tipasa, il a été possible, pour les enquêteurs, de récupérer tous
les numéros sauvegardés dans la mémoire de l’appareil.
Ce qui leur a
permis, après de multiplies essais, de retrouver la famille du noyé
et de l’identifier. Celui-ci était, toujours selon nos sources,
originaire de la wilaya de Tlemcen qu’il avait quittée, il y a
quelques jours, pour tenter de rejoindre par la mer et
clandestinement, l’Espagne. Une tentative qui s’est malheureusement
terminée par la mort. Un sort qu’avaient déjà connu d’autres avant
lui, parmi lesquels les neuf «harraga», dont les corps ont été
repêchés dernièrement au large d’Oran.
A ce propos, nos
sources n’écartent par la possibilité que le malheureux repêché au
large de Bouharoun, faisait partie de ce groupe et que son corps a
été emporté loin du lieu du drame par de forts courants marins.
Des suppositions
que nous n’avons malheureusement pas pu vérifier auprès de sources
plus crédibles.
Mohamed Amine
Haut
Communes de Souk El Khemis et El Mokrani
Désenclavement
et eau potable
La commune de Souk
El Khemis, située à une quarantaine de kilomètres à l’ouest de
Bouira,
a grand besoin de
projets en matière de développement et les actions entreprises
récemment dans ce domaine par les autorités redonnent espoir aux
habitants de la région qui aspirent depuis très longtemps à une
amélioration de leur quotidien. En premier lieu, il a été procédé à
l’ouverture d’une maison cantonnière pour l’entretien des routes
relevant de la circonscription de la commune de Souk El Khemis. S’en
est suivi le lancement des travaux de construction d’un complexe
sportif de proximité (CSP) et la pose de la première pierre pour la
réalisation de 50 locaux à usage professionnel, comme il a été
constaté également l’avancée du projet de la nouvelle route qui
relie le CW 15 et le village El Ounansa, sur une distance de
3,5 km ainsi que
celui de l’alimentation en eau potable au profit des habitants des
villages de Aïn Amer et Ouled Serine. Pour ce qui est de la commune
d’El Mokrani, située à l’ouest de Bouira, il est question de
l’ouverture, depuis peu, de la route qui relie le CW 15 au village
El Houadchia et de la mise en marche du réseau d’alimentation en eau
potable pour les habitants du même village, lequel a été doté de
l’éclairage public.
Farid Haddouche
Haut
Maâtkas (Tizi Ouzou)
Encore un
commerçant enlevé
Un commerçant et
son employé, originaires de Maâtkas, ont été enlevés par des
individus armés samedi aux environs de 20 heures sur le CW 147
reliant Tizi Ouzou à Maâtkas, avons-nous appris de sources sûres. Le
commerçant âgé de 46 ans et son employé de 39 ans roulaient à bord
d’un camion et s’apprêtaient à regagner leur domicile lorsqu’ils ont
été interceptés par ces individus armés en nombre indéterminé, selon
nos sources. Le camion en question a été retrouvé non loin du lieu
de l’enlèvement, dit «Lemcha». Le commerçant exerçait au niveau de
la sortie sud-ouest de la ville de Tizi Ouzou. Jusqu’en milieu
d’après-midi d’hier, on ignore si les ravisseurs ont exigé une
rançon contre la libération des deux victimes, tous deux pères de
famille. Pour rappel, en juin dernier, un autre commerçant de
Maâtkas avait été enlevé puis libéré en contrepartie du paiement
d’une rançon, une dizaine de jours après son enlèvement.
Hamid M.
Haut
Complexe touristique le Rocher noir de Jijel
Deux nouvelles
distinctions internationales
Pour la quatrième
fois en moins d’une année, Mohamed Guenoune et son complexe
touristique, sis à Jijel, le Rocher noir, ont reçu une distinction
internationale. Il s’agit cette fois-ci de la récompense de l’Isaq
(International Star Award for quality) dont la cérémonie a eu lieu
le 30 octobre à Genève. Une récompense qui intervient après celle du
22 du même mois, où le Rocher noir a décroché le Trophée
international de la qualité, (New Millenium Award). La cérémonie de
remise de cette distinction s’est tenue à l’occasion de la 34e
édition du «New Millenium Award», avec la participation de
représentants de plus de 200 entreprises venus de 35 pays. Les deux
premières distinctions reçues par
M. Guenoune sont
le Trophée d’or du Trade leader Club qui s’est tenu le 26 janvier
Janvier 2006 à Madrid et celui de l’Étoile internationale de la
qualité, qui a eu lieu en juin 2006 à Paris.
«J’ai toujours
tenu à offrir un produit assez spécial et profiter de cet
investissement pour montrer que nous disposons de grandes
potentialités dans le domaine du tourisme et qu’il y a des
ressources naturelles à exploiter et en faire profiter les
Algériens» nous a réitéré hier,
M. Guenoune après
son retour de Genève. Mais il est malheureux de constater que tous
ces succès à l’échelle nationale, ne trouvent pas d’échos en
Algérie pour le grand dam de cet investisseur qui subit
actuellement des entraves administratives.
Situé à El Aouna à
10 km du chef-lieu de la wilaya de Jijel, le complexe le Rocher noir
est une véritable perle en matière d’investissements touristiques.
Il est à signaler par ailleurs, que le Trophée international de la
qualité a été accordé à trois autres entreprises algériennes, au
même titre que la SNC Rocher Noir (tourisme. Il s’agit de la Sarl
Olympic Ali Hadji Chlef (agroalimentaire), d’Afrique Alu (aluminium
structures) et d’Algerbros (manufacture).
Habiba Ghrib
Haut
Copyright 2003
Le Jour d'Algérie. Conception
M.Merkouche
|