|
L’Alliance et le report de la révision constitutionnelle
Un nouvel
écueil
En fait la remise
en cause du projet de révision de la Constitution risque d’être un
coup dur pour l’alliance.
L’alliance
présidentielle qui tente par tous les moyens de maintenir l’illusion
d’une entité homogène et solidaire portant à bras le corps le
programme présidentiel aura peut-être quelques difficultés à
surmonter le dernier écueil qui vient de se dresser sur son chemin.
En effet, après l’annonce par le Chef du gouvernement, Belkhadem,
d’un «léger report» de la révision constitutionnelle et la
confirmation de cette déclaration, vingt quatre heures plus tard,
par le ministre de l’Intérieur et des Collectivités locales, force
est d’indiquer que les trois dirigeants de l’alliance auront du mal
à faire encore avaler la pilule sur une prétendue «bonne santé» de
cette entité. Ils auront beau arborer officiellement les signes
d’une entente parfaite. En fait, la remise en cause du projet de
révision de la Constitution risque d’être un coup dur pour
l’alliance. Le coup fatal ? Au regard des intérêts politiques des
uns et des autres, et à l’interdépendance des trois partis réunis au
sein de l’alliance, il est certain que leurs responsables
respectifs feront en sorte d’atténuer l’onde de choc du report de la
révision de la loi fondamentale. Et pourtant, il est certain qu’à
l’intérieur de cette entité, on se regardera
désormais
autrement puisque la domination que semblait exercer le FLN est
implicitement remise en cause. Ouvertement contesté par ses deux
alliés qui lui reprochaient de verser dans une gestion unilatérale
des questions politiques, à l’image de celle portant révision de la
Constitution, le FLN avait peu cure de la contestation à peine
voilée du RND et du MSP. Le coma dans lequel a sombré l’alliance est
de l’avis de tous les observateurs un signe extérieur de cette
contestation. L’alliance donnait ainsi l’impression d’être maintenue
en vie artificiellement. Belkhadem pensant avoir le vent en poupe
estimait ne pas avoir de compte à rendre à ses partenaires mis dans
la situation de suivistes à leur corps défendant. Cette impression
sera nettement visible s’agissant de la révision constitutionnelle.
Ainsi, le RND, après avoir laissé entendre qu’il s’opposait au
projet, arguments politiques à l’appui, se repositionnera sur la
question en affirmant qu’il souscrivait à l’idée de la révision. Les
réserves avaient trait tout simplement au fait que l’initiative et
la mouture émanent d’une formation politique. Un bras de fer qui n’a
pas voulu dire son nom avait été engagé. Le patron du RND, soucieux
comme il aime à le dire dans l’intérêt du pays, s’est astreint à une
ligne de conduite qui se voulait sans aucune ambiguïté. Le RND,
précisait-on à chaque opportunité, soutient le président de la
République et souscrit à toute initiative prise par lui. La
précision ne souffrait aucune nuance : le FLN est considéré comme un
parti politique au même titre que les autres partis. Il est vrai
aussi que Belkhadem et les siens avaient en toute logique le droit
de croire au contraire. Majoritaire aux assemblées élues,
majoritaire au gouvernement avec en prime un Chef du gouvernement
issu de ses rangs, le FLN est en position de croire que sa
supériorité n’est pas seulement numérique. Il est devenu le
principal animateur de la scène politique et médiatique. De l’autre
côté, l’affaiblissement du RND, pour ne citer que ce frère ennemi,
semblait de plus en plus visible avec notamment la résurrection des
redresseurs qui avaient fait leur apparition au lendemain des
élections de 2002. Le RND n’avait plus de poids sur la scène, a-t-on
laissé croire. Et pourtant les observateurs affirment aujourd’hui,
après le report de la révision, que la vitalité du parti d’Ouyahia
est prouvée. Oui peut-on le dire, à condition toutefois de
considérer qu’un bras de fer avait été engagé entre lui et Belkhadem
au sujet de la révision de la Constitution.
Nadia Kerraz
Haut
La classe politique perplexe
La désormais
confusion qui s’installe autour de la question de la révision ou pas
de la Constitution, prévue initialement pour la fin de l’année en
cours, vient, sans doute aucun, de confirmer la léthargie pour ne
point dire l’agonie dont laquelle est plongée, depuis bien longtemps
d’ailleurs, la classe politique nationale. Cependant, il ne faut pas
être clerc pour deviner, via leurs réactions sur cette question
précise, que les partis politiques sont, pour le moins qu’on puisse
dire, perplexes. A dire vrai, bon nombre d’entre eux sombrent encore
dans des conflits internes qui menacent leur existence même. Et, par
conséquent, se sont penchés, au détriment des prises de positions
tangibles quant aux dossiers ô combien sensibles et décisifs sur le
devenir de la nation, à régler des problèmes liés aux
restructurations organiques, voire aux divergences et autres luttes
intestines. Luttes qui tardent souvent à voir leurs épilogues. Les
conjonctures actuelles des formations du MDS, El Islah, PT, FLN et,
à un degré moindre, le FFS, pour ne citer que celles-ci, sont des
exemples éloquents qui attestent le constat. Alors, loin d’être des
forces de proposition dignes de ce nom, quelques partis ont exprimé,
par voix de leurs porte-paroles, des positions «ambiguës» sur la
question de la révision du premier référentiel de la nation. Voyons
de près quelques réactions de partis, qui ont pour objectif
primordial de dissimuler leurs conflits intérieurs que d’éclaircir
l’opinion publique sur la question. Le Front des forces socialistes
(FFS), sans pour autant proposer, jusqu’ici, quoi que ce soit sur
le dossier estime que «la révision de la Constitution n’est pas
une solution». Comme pour réitérer la vision «toujours opposante» du
parti, le chargé de la communication au FFS, a qualifié
d’«aberrante» la déclaration de M. Belkhadem sur la révision de la
Constitution. Selon lui, «la déclaration de M. Belkhadem est la plus
grande aberration de l’histoire». «Pour un parti qui est
majoritaire, dire qu’il faut réviser la Constitution pour clarifier
la nature du régime, c’est absurde. S’il veut savoir qu’elle est la
nature du régime, je peux lui rappeler qu’il s’agit d’un pouvoir
autoritaire et militaire», a-t-il encore confié à un confrère.
Invité à se prononcer sur la question «inéluctable?» du report de
la révision de la Constitution, l’orateur considère que la crise est
éminemment politique qui nécessite une solution politique. A ce
propos, au lieu d’être avec la conjoncture actuelle, il renvoie le
journaliste et bien entendu, l’opinion publique, aux premières
années de l’indépendance en estimant que «toutes les Constitutions
n’ont pas empêché qu’il y ait des coups d’Etat ni en 1965, ni
l’installation du colonel Chadli Bendjedid après la mort de
Boumediene et encore moins d’empêcher le coup d’Etat dont Bendjedid
a fait l’objet, ni empêcher le départ de Zeroual». La réaction du
Mouvement démocratique et social (MDS), semble, elle aussi, passée à
côté. Pour cette formation politique qui, faut-t-il le dire, plongée
dans la totale divergence depuis le décès de son fondateur, il y a
plus d’une année, la révision de la Constitution ne constitue point
une priorité. Pendant que le projet est bel et bien appuyé par les
hautes instances du pays, le MDS trouve que
«le projet de la
révision de la Constitution par voie référendaire n’a aucune raison
d’être puisque le projet est concocté en solo», nous dira, hier, au
téléphone, Ahmed Meliani, secrétaire général par intérim du
Mouvement. Alors que la scène politique s’attendait à l’annonce de
la date de la tenue du référendum sur la révision constitutionnelle,
le MDS plaide pour une nouvelle Constitution soumise au débat avec
tous les partis politiques. Le parti du défunt El Hachemi Chérif
semble concentré, ces jours-ci, beaucoup plus sur la tenue de son
congrès national que sur les développements de la scène politique.
Par ailleurs, le parti du Rassemblement national démocratique (RND)
qui a préféré la position du wait and see a indiqué qu’ «il est
prématuré de commenter la décision de report du référendum sur la
révision de la Constitution, tant que les préparatifs d’un tel
rendez-vous sont toujours en cours». Au final, le porte- parole de
la formation politique de l’ex- Chef de gouvernement, Ahmed Ouyahia,
ajoute que «nous attendons la finalisation des préparatifs et la
promulgation du projet pour nous prononcer».
M. Kechad
Haut
Report de la révision de la constitution
Les dits et
non-dits
Ainsi donc, pour
expliquer les raisons qui ont conduit le chef de l’Etat à reporter
sine die le référendum sur la nouvelle Constitution, on n’a pas vu
mieux que de dépêcher le Chef du gouvernement, dont le parti est
pour l’heure le seul auteur connu à avoir élaboré une mouture. Mais
tout compte fait, il ne dira rien qui puisse convaincre une
opinion publique indifférente à la question. Belkhadem a déroulé des
arguments qui sont, à plus d’un titre, difficile à «avaler» sinon
comment expliquer qu’un projet politique sur lequel le chef de
l’Etat a jeté tout son dévolu lors du premier mandat, notamment au
point d’en faire l’un de ses sujets préférés lors de toutes les
interviews accordées et en mobilisant, durant son second mandat les
partis de l’alliance, notamment le FLN, soit soudainement relégué
dans la catégorie des besoins secondaires de la nation. Croire à de
pareilles vétilles, c’est méconnaître tout de la politique
algérienne. Pourtant là, le Chef du gouvernement n’a pas été le seul
à enfiler les habits du pompier. Fort de sa stature, de «l’homme du
président», le ministre de l’Intérieur a tenté lui aussi quelques
acrobaties oratoires mais qui se sont révélées autant peu
convaincantes que celles de Belkhadem. En marge de la cérémonie de
la célébration du 52e anniversaire de la Révolution, Yazid Zerhouni
a laissé dire que le temps-court- ne pouvait permettre
l’organisation de la consultation populaire. Mais le ministre semble
omettre que le délai butoir de la convocation du corps électoral qui
devrait en théorie se faire avant 45 jours n’a pas encore expiré et
du coup l’argumentaire de Zerhouni n’a plus aucun sens. Ou presque.
D’autant plus que l’Algérie, et là ce sont des responsables de
l’administration qui le soutiennent, s’est fait, par la force des
choses, une spécialité des consultations populaires. Autrement dit,
l’administration est bien huilée pour organiser un référendum de cet
acabit. Il suffit de le demander, se laissera à reconnaître un
responsable de l’administration locale. Les vraies raisons, en
fait, sont à chercher ailleurs…
Amine Goutali
Haut
Après le report du référendum
Le FLN peu
rassuré
Le Président
avait, dans un premier temps, souhaité un référendum avant la fin de
l’année.
Au moment où le PT
s’est dit, par la voix de son porte-parole, satisfait du report de
la révision constitutionnelle, le RND semble, à en croire sa
réaction, peu inquiété et le MSP désemparé, le FLN premier promoteur
du projet de révision et auteur d’une mouture remise au président de
la République s’est précipité pour tenter d’expliquer un léger
report de l’évènement qui a constitué son cheval de bataille des
mois durant.
M. Belkhadem
avait, pour rappel, évoqué le premier, l’idée du report lors de son
passage à une émission radiophonique de la Chaîne I en le justifiant
par «une hiérarchisation des priorités présidentielles».
Le Président
avait, dans un premier temps, souhaité un référendum avant la fin de
l’année. Un vœu exprimé le 4 juillet passé devant l’état-major de l’ANP.
Tout était fin prêt ou presque. La campagne de révision des listes
électorales ouverte début octobre écoulé, battait alors son plein.
Les 48 walis auraient même été instruits pour préparer la logistique
nécessaire pour faire de la journée du 21 décembre jour de
référendum. Et voilà que le ministre de l’Intérieur a profité d’un
aparté avec des journalistes à l’occasion de la cérémonie organisée
le 1er novembre, pour prendre tout le monde de court et «glisser» le
renvoi du projet de révision constitutionnelle à une
date…indéterminée. Et ni Yazid Zerhouni, ni M. Belkhadem n’ont donné
de détails concernant un échéancier pour l’organisation du
référendum alors que la classe politique l’estimait faisable dans
des délais raisonnables pour le reste de l’année 2006. Cela dit,
hormis le RND, aucun autre responsable ne s’est manifesté pour
éclairer un tant soit peu une opinion publique frappée d’opacité sur
«ce rééchelonnement politique» des priorités du président de la
République. Dans son laconique communiqué rendu public hier, le RND
s’est passé de commenter le report tout en assurant que «les
préparatifs relatifs au projet de révision de la Constitution sont
encore en cours» et qu’il attend «avec intérêt la fin de ces
préparatifs et la publication du projet». Cette sortie, pour le
moins inattendue de la part de la formation de Ouyahia en nette
contraste, dans un passé récent, par rapport à ses deux alliés que
sont le FLN et le MSP concernant la révision de la loi fondamentale
du pays renseigne on ne peut mieux sur l’absence de consensus autour
du projet, en haut lieu. Ou tout simplement l’absence d’une mouture
mature sur le bureau du chef de l’Etat, à la hauteur de ses
aspirations. Abdelaziz Bouteflika ambitionnait, depuis sa prise de
pouvoir en 1999, de procéder à une entière refonte de la Ve
Constitution du pays. Même si côté officiel, l’on avance que les
auditions des membres de l’exécutif entamées en plein ramadan
captent l’intérêt du Président, celles-ci semblent aussi inspirer le
premier magistrat du pays pour apporter des améliorations au fur et
à mesure, d’où le souci de gagner plus de temps à même de chevaucher
son agenda. Et en tous cas, le FLN qui s’est offert le luxe de
rafler la vedette des mois durant en faisant la promotion de son
initiative commandée, se confine, actuellement, dans un silence
religieux sur la question pour éviter d’expliquer les vrais motifs
d’un report bien intriguant.
S. B.
Haut
Ali Miliani lors d’une conférence de presse
«Le retour de
l’islamisme est dû aux reculades»
«Tournant le dos
aux exigences de la société et de la nation algérienne, le pouvoir
poursuit le renforcement de son alliance avec l’islamisme politique
en passant à un niveau supérieur de compromission et de trahison en
permettant, y compris contre ses propres lois, notamment celles
interdisant l’expression aux ex-dirigeants du FIS dissous, à des
figures de proue de l’assassinat et de la destruction de l’Algérie,
d’engager en concertation avec le Chef du gouvernement et nombre de
ses élus et chefs de partis croupion la reconstruction d’une force
politique conquérante.» C’est par ces mots, pour le moins virulents,
que s’est exprimé, hier, lors d’une conférence de presse tenue en
son siège, le secrétaire général du Mouvement démocratique et social
(MDS), Ali Miliani. Préparant le congrès national de cette formation
politique qui aura lieu les 21 et 22 décembre de l’année en cours,
le conférencier a affirmé que «le retour de l’islamisme est dû aux
nouvelles reculades de l’Etat algérien patrimonialisé par ce système
et, surtout, la baisse de vigilance théorique et politique des
démocrates.» C’est pourquoi, estime le conférencier, il est
primordial qu’il y ait une «négociation entre toutes les forces
patriotiques et démocratiques afin de construire une alternative
démocratique à même de faire sortir le pays de la crise.» Et de
s’interroger : «Pourquoi on nous interdit l’organisation d’une
conférence dans une salle de cinéma à Oran alors que Rabah Kebir le
fait sans crainte?» Pour lui, les attentats perpétrés un peu
partout prouvent que la réconciliation nationale est un total échec
pour ses concepteurs. Evoquant la révision constitutionnelle, sujet
qui polarise l’actualité politique nationale, le SG du MDS fera
savoir qu’«au moment où la crise de l’Etat se manifeste sous des
formes paroxystiques (crises économique, sociale identitaire et
morale profondes) le pouvoir, coupé de la société réelle et de ses
aspirations, s’atèle à réguler ses modes de fonctionnement internes
par une révision constitutionnelle qui ne peut qu’occulter le combat
historique mené par le peuple et ses forces républicaines et
démocratiques contre l’intégrisme et la séparation du politique et
du religieux.» Parlant de la situation économique de notre pays, le
conférencier dira qu’il est inquiétant qu’au moment où l’on annonce
une réserve de change jamais égalée, «aucun investisseur ne pointe à
l’horizon et que la pauvreté touche des pans entiers de la société.»
A cela, s’ajoutent les scandales financiers impliquant de hauts
cadres de la nation. Selon Ali Miliani, qui affirme que le pouvoir
est coupé de la réalité, le fossé est profond qui sépare la société
du pouvoir. Interrogé sur la participation de son parti aux
élections prochaines, Ali Miliani s’est contenté de dire que « ce
n’est pas encore l’heure d’en parler». S’agissant des dissidents,
qui compteraient organiser leur congrès, le secrétaire général du
Mouvement démocratique et social dira que «cette page est tournée,
que les copains ont droit d’exprimer leur opinion et qu’ils sont
invités à participer au congrès.»
Djamel Oukali
Haut
Situation sociale du pays
Le PT dresse un
tableau noir
La situation
sociale du pays a occupé le gros des travaux du Comité central et du
Conseil national du parti des travailleurs (PT), qui se sont réunis
récemment à Alger.
C’est ce qu’a
indiqué un communiqué émanant du PT, parvenu, hier, à notre
rédaction.
Du point de vue de
la formation politique de Louisa Hanoune, rien ne va plus sur le
volet social des Algériens puisque «le Comité central et le Conseil
national ont présenté des rapports établissant le caractère explosif
de la situation sociale, la décomposition sociale rampante
effrayante, la détresse de la jeunesse à l’origine du drame des
harraga, du banditisme et de la violence urbaine, celle des
travailleurs soumis à l’arbitraire et aux menaces de licenciement en
conséquence de la privatisation», écrit le Parti des travailleurs
dans son communiqué. Se basant sur ces faits, le PT estime que «la
politique en cours est non seulement contradictoire avec la
renationalisation des hydrocarbures et la décision d’utiliser le
fonds de régulation des recettes pour financer les besoins
économiques et sociaux, mais elle est porteuse de désordre et de
chaos».
La même formation
politique trouve contradictoire, aussi, la décision d’ouvrir le
capital du CPA, de la BDL, puisque cette décision confisque,
ajoute-on, la souveraineté de l’Etat algérien. A ce propos, le PT
appelle à la
«suspension des
décisions de privatisation et à l’ouverture d’un débat national pour
définir une stratégie industrielle conforme aux besoins de la nation
et préserver le pays du pillage».
Les membres du
Comité central et du Conseil national considèrent que les
gouvernements qui ont pris des mesures hardies de rupture avec les
politiques de pillage étranger se sont appuyés, souligne-t-on, sur
la mobilisation populaire. Par ailleurs, ils trouvent que le
règlement de ces problèmes ouvrant la voie à l’amélioration
effective des conditions de vie, est la condition pour
l’assainissement du climat politique et social afin que les
prochaines élections se déroulent dans la sérénité et consacrent la
démocratie politique. Dans un autre chapitre, le secrétariat
politique du PT a défini, poursuit-on, les démarches et initiatives
pour organiser la défense du quotidien arabophone Echourouk El
Youmi, «en défense de la souveraineté et de l’intégrité nationale»,
conclut le communiqué du PT.
M. K.
Haut
Pour dire non à la violence
Le FFS organise
une marche jeudi à Tizi Ouzou
La vague de
violence et d’assassinats qu’a connue notre pays ces derniers mois
n’a pas laissé de marbre le plus vieux parti de l’opposition
démocratique, le Font des forces socialistes en l’occurrence qui
vient de perdre un de ses militants, Rabah Aïssat, P/APW de Tizi
Ouzou, lâchement assassiné dans son village au cours du mois de
ramadan. Pour dénoncer justement «la spirale infernale des
violences, des assassinats et des tueries, pour déminer le terrain
et les esprits dans notre pays afin de faire échec au chaos
programmé», le parti de Hocine Aït Ahmed «appelle l’ensemble des
femmes et des hommes libres, les citoyennes et les citoyens à une
marche populaire suivie d’une prise de parole jeudi prochain à Tizi
Ouzou à 10 heures». Cette marche sera organisée sous le slogan
suivant : «Non à l’impunité, non à l’amnésie et pour un avenir de
démocratie, d’égalité et de solidarité, fédérons nos espoirs sans
peur, sans violence et sans haine.»
D. O.
Haut
Affaire BRC
La Banque
mondiale mécontente
Des sources
proches de ce dossier disent que Brown Root & Condor compte moins
d’une centaine d’employés, en Algérie.
Selon une source
généralement bien informée, le ministre de l’Energie ne semble pas
avoir, actuellement, les faveurs de la Banque mondiale, son ancien
employeur, pour avoir enfreint l’une des dispositions d’un accord
liant cette banque au gouvernement algérien. Des dispositions
relatives à l’octroi de marchés à caractère d’«urgence». Celles-ci
sont reprises par le département ministériel de Chakib Khelil sous
la forme de la disposition A/408 à l’usage de la passation des
marchés publics. Dans un avis d’appels d’offres de Sonatrach, publié
dans le Baosem, on peut lire, par exemple, qu’il est stipulé que
dans tout octroi de marché, même d’urgence, il est conseillé de
passer par un avis d’appel d’offres ouvert. «Dans le cadre de la
mise à niveau de Sonatrach aux normes universelles de fonctionnement
des entreprises, Chakib Khelil, ministre de l’Energie et des Mines,
président directeur général de Sonatrach par intérim, pour assurer
la transparence et la concurrence les plus larges dans l’attribution
des marchés à Sonatrach, a, le 11 février 2002, édicté la décision A
408 (R14) portant passation des marchés à Sonatrach», lit-on sur
cette revue. En ce qui concerne la disposition A 408 (R15), «portant
directive de passation des marchés de fournitures, de travaux de
fournitures et montages d’installations et de services physiquement
quantifiables», celle-ci «consacre la procédure d’acquisition de
fournitures, de réalisation de travaux, de fourniture et
d’installations et de services physiquement quantifiables par voie
d’appel d’offres ouvert». Des directives inspirées par la Banque
mondiale à la Sonatrach et que cette dernière a fait siennes ont
donc été piétinées dans les passations de marchés au bénéfice de
BRC, même si l’Algérie ne soit pas obligée de se conformer à cette
disposition de la Banque mondiale, cette banque ne semble pas avoir
apprécié le fait que BRC eut obtenu des marchés colossaux sans
recours à des avis d’appels d’offres. Des marchés se chiffrant à des
milliards de dinars et ne présentant pas de caractère d’urgence.
Mieux, des sources proches de ce dossier disent que le BRC compte
moins d’une centaine d’employés, en Algérie. D’où les interrogations
de ces sources de savoir comment une société au nombre réduit
d’employés a-t-elle pu postuler à des marchés d’une telle importance
financière. Une autre source au fait de ce dossier dit que
«l’enquête menée par l’inspection générale des finances (IGF), n’a
concerné qu’une parti infime des marchés obtenus par BRC, une
société créée par Sonatrach, coté algérien, et Halliburton, coté
américain». Cette société qui offre des services d’ingénieering a
recouru à des sous/traitances dans la réalisation de ces marchés
avec des surfacturations. Les délais de réalisation n’ont pas été
respectés, ce qui enleve au caractère urgent que l’on a tenté de
faire valoir.
M. Abi
Haut
Ksentini le qualifie de réconciliateur modéré
«On ne peut pas
empêcher Kébir de s’exprimer»
Rabah Kébir,
ancien dirigeant du FIS dissous n’a pas discuté de l’éventualité de
la création d’un autre parti politique lors de son entrevue qu’il
eue récemment avec
Me Farouk Ksentini,
président de la commission nationale consultative de la protection
et de la promotion des droits de l’homme (CNCPPDH).c’est ce qu’a
affirmé hier le président de CNCPPDH lors de son intervention à
l’émission de la chaine III «En toute franchise». M. Kébir, a t-il
dit «a eu la délicatesse de ne pas évoquer avec nous cette
éventualité». «Il (Kébir) a parlé, par contre de réconciliation
nationale. L’entretien a été fluide et fructueux. M. Kébir s’est
montré réconciliateur et modéré. Le discours de M. Kébir était
fraternel et dégage la philosophie nationale de son auteur». C’est
en ces termes que Me Ksentini a décrit son interlocuteur qui a
précédemment rencontré plusieurs autres personnalités. «Il y a tout
lieu de se féliciter», a-t-il conclu. L’autre sujet de discussion
avec l’ex-dirigeant du FIS a porté, selon Me Ksentini sur la
démocratie dans le pays. Me Ksentini a éludé de reconnaître que les
activités de Kébir et ses discours politiques depuis plusieurs
tribunes sont une transgression des dispositions de la charte pour
la paix et la réconciliation nationale. Il s’est contenté de
rappeler que Kébir est effectivement interdit de reprendre ses
activités politiques. «Mais peut on interdire à Kébir d’émettre des
opinions ? Ce qui est un droit naturel de chacun d’entre nous»,
a-t-il soutenu. Le faire serait le réduire au silence et c’est
contraire au respect des droits de l’homme, a concédé Me Ksentini
avant de souligner : «Je suis très loin du discours des islamistes
mais je m’emploie à le comprendre». Revenant sur les difficultés
d’ordre «bureaucratique» qui entravent l’application de la charte,
le président de la CNCPPDH considère qu’il s’agit notamment de
lenteurs enregistrées dans l’opération d’indemnisation des familles
des victimes de la tragédie nationale. La réintégration des
personnes, dans le cadre de la charte, dans les postes de travail
n’est pas une tache facile, explique Me Ksentini. Par ailleurs,
l’instance de
Me Ksentini a été
saisie au sujet des personnes incarcérées, pour activités
terroristes au Sud. Elles ont été innocentées par la justice, mais
les dispositions de la charte n’évoquent pas leur situation. Ils
sont entre 15 000 et 18 000 personnes détenues administrativement.
La plupart ont perdu leur emploi. Elles ont le droit à une
réparation. C’est là que pourrait intervenir en fait le président
de la République, pour compléter les dispositions de la charte.
Concernant les personnes enterrées sous X, du matériel spécial
important pour identifier les corps a été acquis par l’Algérie,
souligne M. Ksentini. En ce qui concerne les personnes décédés suite
aux attentas terroristes perpétrées après la promulgation de la
charte, M. Ksentini indiquera qu’elles seront considérés comme des
victimes de la tragédie nationale. Il faut prendre en charge leurs
ayants droits.
Fatima Arab
Haut
Le procès BCIA s’ouvre aujourd’hui à Oran
57 personnes
devant le tribunal criminel
Cinq sept
personnes sont concernées par le procès de l’affaire BCIA (ex-Banque
commerciale et industrielle d’Algérie, dont l’agrément lui fut
retiré en 2003) et qui s’ouvre aujourd’hui devant le tribunal
criminel d’Oran, a indiqué hier lors d’une rencontre avec la presse,
le procureur général près la cour de justice d’Oran, Zeghmati
Belkacem. Au départ, 68 personnes avaient été inculpées dans le
cadre de cette affaire, a rappelé le magistrat, expliquant que 10
d’entre elles ont bénéficié d’ordonnances de non-lieu et qu’un
accusé est décédé durant sa détention provisoire. S’agissant des 57
accusés concernés par le procès d’aujourd’hui (des
ex-fonctionnaires de la BCIA et de la Banque extérieure d’Algérie
(BEA) ainsi que des commerçants), 37 sont en détention provisoire, 7
sous contrôle judiciaire, 2 en liberté provisoire et 11 en fuite, a
précisé le procureur général. Parmi les personnes en fuite, 3 sont
sous le coup d’un mandat d’arrêt international alors qu’un autre,
dénommé A.F.B. a été extradé vers l’Algérie, fera savoir le
magistrat. La dilapidation de deniers publics constitue le chef
d’accusation signifié à certains accusés, alors que les autres
seront jugés pour complicité,
a-t-il ajouté. Le
montant du préjudice déterminé par l’expertise ordonnée par le juge
d’instruction est de 13 238 953 231 DA, signalera-t-il. Une centaine
d’avocats seront présents au procès de cette affaire où la Banque
extérieure d’Algérie (BEA) est constituée partie civile, en plus de
plusieurs témoins, a indiqué le procureur général, faisant savoir
que le ministère public sera, quant à lui, représenté par un
procureur de la République, spécialiste et diplômé en la matière.
Quant à la teneur des réquisitions à réserver à l’encontre des mis
en cause, «elles seront proportionnelles au préjudice subi», a-t-il
souligné. «Nous (le parquet, ndlr) défendrons les intérêts de la
société avec toute la rigueur de la loi», indiquera M. Zeghmati,
précisant que «les accusés encourent jusqu’à dix ans de prison
ferme». Par ailleurs, s’agissant de la possibilité de report de ce
procès eu égard au fait que 4 des mis en cause ont de nouveau
interjeté appel auprès de la Cour suprême, le magistrat a rappelé
qu’«il appartient au tribunal de se prononcer pour leur jugement ou
pour le report de leur procès». Appelée également «l’affaire des
traites avalisées», l’affaire BCIA, rappelle-t-on, porte sur des
effets de commerce telles les traites ou lettres de change avalisées
par la BCIA pour être escomptées par la BEA. L’affaire a été révélée
le 22 mai 2003 lorsqu’une plainte fut déposée par la direction
régionale de la BEA contre les responsables de la BCIA après qu’il
fut établi que cette dernière n’était plus en mesure d’honorer ses
engagements de rembourser les retraits effectués, précise-t-on, par
les titulaires de comptes à la BCIA auprès de deux agences de la
BEA. A rappeler que le procès des mis en cause avait dû être reporté
en raison du pourvoi en cassation interjeté par certains d’entre eux
auprès de la Cour suprême, après que la chambre d’accusation près la
cour de justice d’Oran eut qualifié l’affaire de crime. En juin
dernier, la Cour suprême jugeait recevables 4 des pourvois
interjetés, dont les dossiers furent réexaminés par la chambre
d’accusation qui décida de maintenir le renvoi des inculpés devant
le tribunal criminel. «Cette affaire a été enrôlée à la présente
session criminelle dans les délais fixés par les textes de la loi
régissant la programmation d’un procès après l’arrêt de renvoi»,
soutient le procureur général.
R. N.
Haut
Ali boukaroura Sg du CNES
«Pour un
Conseil unifié»
En dépit de
l’activisme constaté au niveau de quelques sections syndicales,
notamment la section de l’USTHB d’Alger, le Conseil national des
enseignants du supérieur (CNES) poursuit, de l’avis de Ali
Boukaroura, ses activités régulières et compte réunir son bureau
national la semaine prochaine pour débattre de deux points
essentiels ayant trait à l’aspect organique et aux activités
syndicales du CNES. C’est ce qu’il nous a indiqué, hier,son SG joint
au téléphone.
Ainsi, en
perspective de la rencontre qui regroupera le CNES, dans les
prochaines semaines, avec le ministre de l’Enseignement supérieur et
de la Recherche scientifique, M. Rachid Harraoubia, les
représentants du ce conseil feront le point sur ce qui a été fait où
pas encore et exposeront le bilan des précédentes entrevues avec le
ministre en ce qui concerne les engagements pris en leur faveur.
Suite à quoi, un conseil national sera convoqué, sans pour autant
qu’une date soit fixée, afin de tracer le programme de travail
qu’entreprendra cette section syndicale en vue de faire valoir ses
revendications. Il sera question, à cet effet, entre autres, de
déterminer les actions à mener au courant de l’année universitaire
2006/07.
S’agissant du plan
organique du CNES, ce dernier procédera demain à une opération
d’élection pour le renouvellement de la section CNES-Université
Ferhat Abbès de Sétif. Le SG invite l’ensemble des enseignants à
participer à cette élection du conseil syndical. Les adhérents au
nombre de 747 devront élire 25 membres sur les 41 candidats qui se
sont déjà présentés. Notre interlocuteur ne manque pas de rappeler
que lors du conseil national tenu au mois de septembre dernier, le
CNES a lancé un appel favorable à l’ensemble des collègues et
sections syndicales à faire part des rencontres et débats sur le
devenir de l’enseignant du supérieur afin «de recoller les
morceaux» et arriver à construire un «Cnes unificateur». Pour
rappel, le conseil est divisé en deux clans depuis la grève
nationale ouverte observée en mai dernier, paralysant la
quasi-totalité des campus et universités du pays. Elle s’est
arrêtée au mois de septembre dernier.
une crise qui ne
dit pas son nom et qui ne veut pas connaître son épilogue, d’autant
plus que l’un comme l’autre (CNES, grévistes et dialoguistes) ne
veulent pas dépasser leurs divergences.
Kahina Benarab
Haut
Cour des Comptes
Quatre juges
seront formés par l’ONU
La Cour des
comptes organisera, du 28 novembre au 8 décembre prochain, à l’hôtel
El Aurassi, un séminaire sur la surveillance électronique des
entreprises, apprenons-nous de source proche de cette institution.
Ce séminaire sera organisé, en partenariat avec NTOSAI, organisation
internationale de contrôle électronique, relevant de l’ONU, et dont
le siège se trouve en Norvège. Quatre experts de cette organisation
arriveront en Algérie, avant l’ouverture des travaux de ce
séminaire, pour la formation de quatre juges de la Cour des comptes
algérienne et deux juges de la Cour des comptes de chaque pays
arabe.
Ces formations et
ce séminaire ont pour but d’adapter les Cours des comptes des pays
arabes aux technologies de surveillance des données électroniques
des entreprises, dans le cadre de la lutte contre le blanchiment
d’argent, selon cette source. Des techniques devenues nécessaires à
maîtriser avec l’ouverture de ces pays à l’économie de marché et aux
investissements étrangers. Le but de ces formations et de ce
séminaire est d’adopter une démarche commune pour débusquer les
tentatives de blanchiment d’argent lorsque des circuits
internationaux de blanchiment d’argent voudront investir de l’argent
dans ces pays pour le blanchir.
M. A.
Haut
APW de Tizi Ouzou
Le groupe FFS
risque l’éclatement
La succession à l’APW
de Tizi Ouzou au lendemain de l’assassinat de Rabah Aïssat pourrait
coûter cher au parti de Aït Ahmed à l’allure où vont les tractations
au sein du groupe FFS constitué par les 13 élus. En effet, une
guerre entre au moins deux courants au sein du même groupe s’est
déclarée depuis quelques jours, mettant aux prises la tendance
conduite par le vice-président M. Boudjemaâ à tel point que toute
désignation parmi ces deux chefs des deux files par la direction
nationale de leur parti pour succéder à feu Rabah Aïssat pourrait
provoquer un éclatement au niveau de la base du parti. Et les cadres
qui se souviennent de l’intérêt du FFS, à l’occasion de cette
nouvelle épreuve, plaident plutôt pour l’homme du consensus que
pourrait incarner M. Kecili. Mieux vaut un consensus au sein du
groupe FFS que parmi les élus des autres formations siégeant au sein
de l’APW de Tizi Ouzou d’autant plus que le FLN, par sa deuxième
position dernière le parti d’Aït Ahmed, aurait suggéré à ce dernier
de désigner leur homme pour reconduire la même alliance ayant mené
feu Aïssat à la présidence de l’APW de TiziOuzou. Mieux, le FLN ne
va même pas présenter de candidat cette fois-ci, lui ménageant une
concurrence qui pourrait bien aboutir à des surprises, à en croire
des sources proches de l’APW de Tizi Ouzou. A l’heure actuelle, le
choix est laissé pour la direction nationale du parti d’Aït Ahmed
pour désigner le successeur de Rabah Aïssat et cette succession est
toujours en phase de concertation entre les élus et les cadres
locaux du parti pour trancher la question.
Hamid Messir
Haut
Tourisme saharien
Un Conseil des
ministres arabe à Ghardaïa
La wilaya de
Ghardaïa abritera dès demain et jusqu’au 8 Novembre un forum sur le
tourisme saharien dans les pays arabes.
Cette
manifestation au caractère surtout économique, plus que de loisirs,
sera organisée conjointement par la Ligue arabe et le ministère
algérien du Tourisme. En fait, la programmation de cette rencontre
s’inscrit dans le cadre des recommandations de la 9e session du
Conseil arabe des ministres du Tourisme qui s’est tenue en juin
dernier au Caire. Outre l’échange d’expériences entre les
participants dans le domaine touristique, tout en tenant compte des
spécificités de chaque pays au plan traditionnel, économique et
culturel, la présence des experts de renommée dans ce secteur, à la
fois stratégique au plan économique et culturel, contribuera au
développement des autres secteurs tels que l’artisanat,
l’environnement, les transports, la culture et les collectivités
locales qui demeurent des partenaires indissociables. Il faut quand
même souligner que le tourisme constitue un puissant moteur de
croissance et un facteur déterminant de l’aménagement du territoire
et pour lequel les pouvoirs publics entendent optimiser la
contribution du secteur touristique à la génération de recettes hors
hydrocarbures, de l’économie de services en général. Dans cette
optique, le ministère de du Tourisme s’est fixé comme objectif une
politique touristique qui prend en ligne de compte les enjeux et les
défis que devrait affronter le secteur dans les années à venir. Dans
cette vision, le tourisme saharien tient une place particulièrement
importante, en considération des potentialités touristiques et
paratouristiques, de l’exclusivité de ses produits et de ses effets
en termes de valorisation des régions du Sud. Au regard d’une étude
confiée au Ceneap, celle-ci constitue la première déclinaison
opérationnelle de la politique touristique à l’horizon 2015. Elle
traduit la priorité accordée au tourisme saharien dans
l’ordonnancement des actions prévues. Il est reconnu que,
comparativement au tourisme balnéaire, le tourisme saharien recèle
des potentialités non négligeables et présente des avantages
compétitifs et des effets de levier qui permettent d’envisager sa
relance à court terme et le prédestinent même à jouer le rôle de
vecteur du développement national. De part la spécificité de son
produit, le tourisme saharien échappe à la standardisation et aux
méfaits du tourisme de masse. Il est également porteur de renouveau
vu qu’il est multidimensionnel, à travers son patrimoine
archéologique, sa biodiversité et sa culture locale, entre autres.
Daniel Popp, ancien cadre dirigeant d’un tour-operator, soulignait
lors d’un séminaire international organisé en 2002 à Alger : «Que
venons-nous chercher au Sahara ? Sa beauté, sa virginité, sa
solitude, uniques sur notre planète. Quand on est randonneur, comme
le sont mes anciens clients et moi-même, marcher dans le désert,
c’est comme traverser une œuvre d’art où la moindre trace de
voiture, le moindre papier, voire trop de traces de pas concentrées
au même endroit, font tâche». Il ajoute que par le passé, quand
l’Organisation du tourisme saharien se limitait à quelques
spécialistes-experts, il y avait une vraie prise de conscience de la
nécessité de respecter le désert, déjà en le laissant propre.
Rapporter ordures
et déchets au point de départ dans un sac poubelle, brûler le papier
toilette, pour faire court, laisser le moins de traces possibles de
notre passage, était une évidence sous forme de règles élémentaires
que nos voyageurs et leurs accompagnateurs, nos prestataires locaux
et leurs équipes avaient intégrées au fil des ans après bien des
efforts de communication et de pédagogie, destinés à faire prendre
conscience aux uns et aux autres que le désert dans sa pureté
absolue est un milieu organiquement, culturellement et
esthétiquement fragile. Ainsi, de l’éco-tourisme il ne faudrait
retenir, selon des spécialistes qu’une unité de valeur… à ne pas
dépasser ! Soit limiter un nombre, possible et raisonnable, de
voyageurs sur un site à un moment donné. Mais comment l’apprécier ?
Les voyagistes, souvent en quête du prix le plus bas pour élargir la
clientèle, préfiguraient l’ère de la chartérisation du Sahara avec
souvent une prestation locale de moindre exigence, notamment en
termes d’encadrement et dont les conséquences sont souvent porteuses
de maux. Plusieurs voyagistes se disent satisfaits de la reprise du
tourisme dans le Sud algérien. Pourtant, la façon avec laquelle il a
redémarré reste un peu débridée et la pollution au niveau de
certains sites du Tassili et du Hoggar met en exergue le problème.
Cet exemple du Tassili et du Hoggar serait intéressant pour
illustrer les conséquences de ce que peut entraîner un développement
touristique non maîtrisé et irresponsable. Cette région qui reste
l’une des plus belles au Sahara, nous dira M. Popp, a été isolée des
flux touristiques pendant plusieurs années et avait donc retrouvé
une certaine virginité, comme j’ai pu le constater. Vierge ? Pas
tout à fait avec ces multiples traces d’anciens foyers de bivouacs
touristiques dont les charbons de bois forment plein de petites
tâches noires inesthétiques sur le sable immaculé. On a appris que
des voyagistes plus exigeants, travaillent sur un document plus
complet, plus précis, ébauche d’un contenu possible pour une
véritable charte pour le respect du désert. Localement à
Tamanrasset, à l’initiative de l’UNATA, une première mission de
«nettoyage» a été effectuée sur les principaux sites pollués. Les
agences prestataires prenant conscience des conséquences fâcheuses
du «trop de monde, aux mêmes endroits, à la même période» décident
de limiter l’anarchie du hors-piste et de ne plus bivouaquer sur les
«spots» les plus fragiles – Tin Akachaker, Tahaggart et à terme El
Ghessour – pour en réserver l’accès à la découverte pédestre moins
polluante. Ainsi, des signes positifs symbolisant pour la première
fois à Tamanrasset et peut-être au Sahara, une amorce de prise de
conscience collective de type écologique. Oui pour le développement…
mais pas n’importe comment. Plusieurs communications portant sur les
spécificités du tourisme saharien, le tourisme alternatif
respectueux de la culture et de l’environnement, la réhabilitation
des ksour sahariens et du produit du tourisme, sont prévues au cours
de cette rencontre. Si l’on parle du choix de Ghardaïa à abriter ce
Conseil des ministres arabes du Tourisme, on ne manquera pas de
souligner la place qu’occupe cette région du Sud en tant que «porte
du Sahara» et dont elle peut s’enorgueillir aussi d’être le lieu de
la réconciliation d’un tourisme culturel et environnemental. La
wilaya de Ghardaïa jouit d’un patrimoine historique riche et de
civilisations très variées. Historiquement, l’existence des
peuplements de cette région date de la préhistoire ou
particulièrement la vallée du M’zab a joué le rôle de centre de troc
entre les peuples du Nord et les peuples du Sud. Au plan
architectural, la wilaya est composée de cinq cités dans la vallée
du M’zab, ainsi que de ksour à Metlili et El Menea. S’agissant des
cités millénaires telles que
El Atteuf, Melika,
Bounoura, Beni Isguène ou encore Ghardaïa à qui revient le chef-
lieu de la wilaya, l’architecture qui a inspiré plusieurs
architectes de renom dont
Le Corbusier qui
en a fait une école, a épousé le site rocailleux tout en tenant
compte du climat et des concepts religieux. D’autres vestiges
historiques et touristiques font de cette wilaya un joyau et une
curiosité pour les nombreux visiteurs qui s’y rendent à longueur
d’année. On signalera dans ce contexte la palmeraie de Ghardaïa, le
système du partage des eaux, le barrage de Béni Izguen, les dunes de
sable de Mansourah, et la zone humide de Meniaâ qui sert de transit
aux différentes espèces d’oiseaux migrateurs, sans oublier la
station thermale de Zelfana qui attire régulièrement de nombreux
visiteurs mais aussi des curistes. Sans doute, les visites
auxquelles seront conviées les membres des délégations participantes
donneront plus d’intérêt aux sites.
Ahmed B.
Mohamed
Haut
Un bureau permanent a été installé
Procamex-Algérie est né
Un groupement
commercial français composé de 14 petites et moyennes entreprises
(PME), Procamex-Algérie, a installé officiellement son bureau
permanent à Alger samedi dernier, en présence de son directeur, Jean
Pierre Brun.
Ont pris part, à
l’occasion de cette ouverture, des représentants du ministère de la
PME et de l’artisanat, de la Chambre algérienne de commerce et
d’Industrie (CACI) ainsi que de nombreux hommes d’affaires.
Soulignons par là
que Procamex-Algérie est une association créée en mai 2006 par la
Chambre de Commerce et d’Industrie du pays d’Arles, qui comprend
trois régions françaises, Provence-Alpes-Côte d’Azur (PACA).
Comme il convient
de noter par ailleurs que l’association couvre de larges secteurs
d’activité comme l’agroalimentaire, la production de terreau,
l’ingénierie, les services, l’agriculture, le contrôle de la qualité
de l’air. Procamex se fixe comme objectif simple d’accompagner ces
entreprises en Algérie en vue de leur permettre de «mieux
appréhender le marché algérien, renforcer leur action, créer un
nouveau réseau et mettre en place, plus tard leur propre structure
en Algérie».
Mettant en avant
le fait que les relations commerciales algéro-françaises
progressaient «de manière très rapide depuis 2000», a tenu à
préciser M. Brun, lors d’une conférence de presse, a ajouté, dans la
foulée, que cela permettrait aux quelque 200 entreprises de la
région CAPA, qui exportent déjà vers l’Algérie, «d’y accroître leurs
parts de marché» estime-t-il enfin.
K. B.
Haut
Copyright 2003 Le Jour d'Algérie. Conception
M.Merkouche
|