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Bab El-Oued
Au marché noir
des portables
Les rapports des
services de sécurité ont indiqué dernièrement que plus de 15 mille
téléphones portables qui sont volés chaque année sont aussitôt
vendus aux marchés parallèles.
Ces appareils sont
souvent vendus comme neufs et à des prix dérisoires. D’après la
rumeur, le marché à la brocante de Bab El-Oued est l’un des lieux où
se vendent ces petites merveilles, malhonnêtement acquises. Cette
place supplante celle qui est réservée pour le marché couvert de
cette commune. Elle est enclavée de tous les côtés par les marchants
ambulants et les colporteurs de toutes catégories sociales : des
jeunes, des moins jeunes, de vieilles personnes et même des enfants
en bas âge. Ces derniers s’y installent de bonne heure.
Sur les lieux, une
grande débandade y règne, une ambiance accompagnée de brouhaha vous
donne le tournis. Ça avance difficilement dans la foule, au milieu
de cette cacophonie à vous donner la migraine. Les gens se gênent,
se bousculent, se piétinent et essayent tant bien que mal de se
frayer un chemin dans cette grande marée humaine. Attention à vos
poches ! Il y a ceux qui en profitent ! Ce genre de milieu est d’une
grande promiscuité puisque c’est un lieu de prédilection des
pickpocquets qui l’écument. Ces énergumènes profitent de cette
énorme confusion pour vous délester de vos objets de valeurs
(portables, portefeuilles, porte-monnaies, bijoux etc.). Avec une
dextérité digne des prestidigitateurs, ils vous vident les poches
sans que vous ayiez même le temps de réagir, ni même de vous en
apercevoir. Ici tout se vend : des vêtements de tous genres, des
appareils de tous acabits, des pièces détachées de toutes sortes.
Bref, pour ne pas faire de digression, nous fermons la parenthèse
pour revenir à notre sujet principal, qui concerne en l’occurrence
la commercialisation des mobiles dérobés.
Un boulot à
plein temps
«Nous sommes en
train de bricoler, nous essayons de gagner notre vie» martèle un
jeune vendeur de téléphones portables rencontré sur les lieux. Ce
revendeur, au tempérament vif, nous confie par la suite qu’il exerce
ce métier depuis plus d’une année déjà. Il nous avoue également que
c’est sa seule source de revenu. Répondant à une question de savoir
si cette activité est rentable, il ne manquera pas de souligner
qu’il y a des jours avec et d’autres sans. «Cependant, c’est mieux
que de se rouler les pouces», s’exclama-t-il. A quelques mètres de
là, se tient un autre jeune, adossé au mur avec une langueur
monotone, un éventail d’appareils mobiles entre les mains ainsi
qu’une paire de lunettes. Aussitôt abordé par un groupe de clients,
ce dernier semble tiré de sa léthargie pour leur proposer sa
marchandise. Ce colporteur est aussi rapace que diplomate, il s’est
mis tout de suite à faire l’éloge de ses articles. Il sait sur
quelle corde jouer pour vous faire soutirer de l’argent, il profite
de la vanité de certains, hausse le ton avec les timides et flatte
les plus bardés. Quant nous l’avons approché, il nous a tout de
suite prêté attention. «Tenez monsieur, ils viennent de me proposer
1 400 DA pour celui-ci, rajoutez-moi un peu et il sera à vous».
Grande fut sa déception lorsque nous lui avons expliqué que nous
sommes journalistes et que nous désirions lui poser quelques
questions. «Ecoute mon frère ! Tout ce que je peux te dire c’est te
demander de publier mon numéro de file dans votre journal, comme ça
si jamais il y a quelqu’un qui souhaite vendre ou acheter des
portables, il saura me contacter. Tu nous rendras un grand
service !», a-t-il ironisé.
«Nous ne
mangeons pas de ce pain !»
Parmi les
accoutumés de cette placette que nous avons interrogés, lors de
notre passage, deux jeunes associés sont installés à proximité d’une
petite table de fortune arborant une dizaine de portables. Ces
appareils de toutes marques (Nokia, Motorola, Samsung, Sony
Ericsson) sont pratiquement neufs et cédés à des prix très
abordables, un Nokia 1100 en bon état est vendu à 2000 DA alors
qu’il fait pas moins de 3500 DA dans les vitrines, un autre du label
Motorola fait 800 DA seulement.
Quand nous avons
essayé d’avoir des informations sur la provenance de cette
marchandise, nos interlocuteurs nous ont précisé que celle-ci est
achetée chez des particuliers qui viennent la leur proposer sur
place. «Nous sommes des revendeurs, pas des voleurs», renchérit
l’un d’eux. Il convient de rappeler dans cette optique que 50% des
téléphones, c’est-à-dire 9 millions d’appareilssont débités sur le
marché algérien – licite ou illicite- par la contrebande. Chose qui
a aculé les quatre sociétés qui importent ces petits gadgets à
bouder le marché algérien.
A une autre
question, cette fois de savoir si ces appareils sont éventuellement
fournis par des voleurs à la tire, le même interlocuteur répond sur
le champ d’un ton catégorique : «Nous ne mangeons pas de ce pain-là,
camarade ! ...manekhedmouhomch !». «Nous, nous sommes des gens de
bonne famille ! …hna Oulad Famillia !» a-t-il plaidé
catégoriquement. «Vous vous imaginez si quelqu’un vient et reconnaît
son appareil sur notre étal ? Si jamais la police fait une descente
et procède à la vérification des numéros de série des appareils et
qu’elle se rende compte que nous vulgarisons une marchandise volée ?
Je ne vais pas prendre le risque de me retrouver en tôle pour la
minable somme de 2000 ou de 3000 DA quand même !», a-t-il argué.
Dans le même ordre d’idées, nous avons posé la question de savoir
comment font-ils alors pour reconnaître ses vendeurs d’articles
malhonnêtement acquis, l’un des deux partenaires nous réplique :
«Ces gens- là sont renommés dans les parages». Avant de poursuivre :
«Moi je suis de ce quartier – ana oulide Elhouma - et même si nous
ne les connaissons pas, figurez-vous que ces gens-là ont leurs
traits particuliers, il sont souvent sous l’emprise des stupéfiants,
leurs visages souvent défigurés par des cicatrices et puis ils font
souvent du trop bon marché». A peine a-t-il eu le temps de terminer
sa phrase qu’un individu s’amène pour lui proposer des…
psychotropes. «..Non ! Non ! Merci chriki ! Je n’en prends plus»
a-t-il répondu en ricanant. Quelques instants plus tard, une jeune
fille accompagnée d’un homme est venue tâter ces téléphones,
balbutiant des propos comme : «Ce n’est pas celui -là, bien qu’il
lui ressemble tellement». No comment.
Salah Harirèche
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Terres agricoles
L’APW adopte la
défalcation de terres agricoles
Les travaux de la
session ordinaire de l’APW d’Alger ont pris fin, avant-hier, tard
dans la soirée et ce, après une session marathon qui a duré sept
jours. Trois points ont été inscrits à l’ordre du jour, à savoir
l’étude et l’adoption du dossier de défalcation des terres agricoles
appartenant aux domaines, le remplacement du défunt Kaddache Mahfoud
ainsi que l’étude et l’adoption du projet de budget supplémentaire
BS pour l’année 2006. L’étude et l’adoption de ce dernier point se
sont donc poursuivies lors des travaux de cette dernière journée, et
les 77 millions de dinars restés en suspens ont été finalement
transférés vers les EPIC Netcom, Edeval et Asrout. Il est à préciser
que ce dernier point – le budget supplémentaire- a fait émouvoir la
salle des conférences de l’APW durant les sept jours qu’ont pris les
travaux, cela suite à des clivages apparus des le premier jour entre
la commission des finances, les élus du parti majoritaire (FLN) et
l’opposition constituée des autres partis politiques siégeant à l’APW
d’Alger. Ainsi, le BS a pris la part du lion de ses travaux, ce qui
n’est pas passé sans susciter, d’ailleurs, l’ire des élus qui ont
estimé qu’on n’a pas accordé assez de temps et de considération à
l’autre point brûlant qui est la défalcation des terres agricoles.
«Ce n’est pas raisonnable de soumettre un dossier aussi important
que celui des terres agricoles à l’adoption sans le décortiquer et
l’étudier point par point» dira M. Farah, élu FFS. En fait, il est
question de 63 opérations de défalcation proposées à l’adoption par
la commission de l’agriculture en charge de ce dossier. Quoique
passé comme une lettre à la poste, les élus de l’opposition se sont
indignés de la façon dont l’opération de vote s’est déroulée. «Des
irrégularités ont émaillé ce dossier. Il est vrai que
l’administration a fait son travail en étudiant les dossiers au cas
par cas, mais il est à préciser qu’on n’a pas le droit de dépasser
un mois après le dépôt des dossiers par le wali au niveau de cette
dernière. Compte tenu du retard qu’on a pris pour tenir cette
session, il est à noter que ce dossier est frappé du sceau de
l’illégalité» a expliqué M. Farah. «Et puis ce n’est pas normal de
présenter ce dossier lourd de quelque 63 opérations de défalcation
dans une seule feuille sans en mentionner les détails et les
précisions nécessaires», a poursuivi ce dernier. De son côté, le Dr
Laouche, élu FLN, a beaucoup apprécié la décision des élus d’adopter
ce dossier très épineux. «Il n’est plus question, dans l’avenir, de
transférer illégalement des terres agricoles pour éprouver toutes
les difficultés à les récupérer par la suite. Si l’APW a pu
recouvrer ses terres, c’est pour la simple raison que cela est son
droit le plus absolu» a-t-il souligné. En terminant avec ce deuxième
point, l’Assemblée populaire de la wilaya d’Alger a procédé au
remplacement du défunt Kaddache Mahfoud, élu FFS, par M. Lamdani.
Aomar Fekrache
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