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Bourde
Tous ceux qui
attendaient un faux pas de Ségolène Royal pour pouvoir lui fondre
dessus peuvent aujourd’hui se dire satisfaits. Lors de son voyage
initiatique au Proche-Orient, la présidente de la région
Poitou-Charentes et surtout la candidate officielle du parti
socialiste français aurait commis une bourde inadmissible en ne
quittant pas une salle de conférence durant son séjour au Liban
lorsqu’un député du Hezbollah qui avait la parole s’est permis de
comparer l’attitude d’Israël envers le Liban au nazisme. Ségolène
Royal pour expliquer son silence face à cette incrimination
libanaise a simplement affirmé qu’elle n’avait pas entendu les
propos subversifs du député libanais, sans quoi elle n’aurait
évidemment pas manqué de quitter la salle. Aujourd’hui, c’est toute
la classe politique française, hormis le PS, et quasiment l’ensemble
des médias qui l’accablent pour ce faux pas. La droite s’en donne à
cœur joie et à la suite de cette «bourde» personne ne se gêne pour
la remettre vertement à sa place. Douste-Blazy, ministre des
Affaires étrangères de jaques Chirac et Sarkozyste convaincu n’a pas
épargné la candidate de gauche en l’accusant d’être allée fausser
l’image de la France au Proche-Orient et d’être allée se mêler
d’affaires dont elle ne comprend ni les tenants ni les aboutissants.
Il y a quelques jours, c’est Nicolas Sarkozy qui se mêle de
l’affaire et qui se permet de faire la morale à Ségolène Royal comme
un instituteur à un élève en faute en l’invitant à «penser à
l’intérêt de la France» et «à agir avec beaucoup de mesures et de
prudence».
Mais cette
polémique ne devrait pas au final trop nuire à la candidature de
Ségolène Royal car, même si en effet elle a montré certaines
faiblesses dans la politique internationale et plus précisément dans
celle du Proche-Orient en ligne de mire depuis plusieurs mois, ainsi
que dans la gestion de son image, elle a surtout montré qu’elle
savait faire front aux critiques les plus acerbes, les écouter, les
digérer et finalement les surmonter.
Fouzia Mahmoudi
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Entretien
S.E Sérgio
França Danese, ambassadeur du Brésil
«Nous sommes
résolus à nous rapprocher de l’Algérie»
Après la récente
réélection du président brésilien et les échanges de plus en plus
importants entre le Brésil et l’Algérie, que ce soit sur le plan
diplomatique ou économique, son excellence Sérgio França Danese,
ambassadeur du Brésil en Algérie, fait le point dans cet entretien
qu’il nous a accordé sur les différents aspects liés à l’actualité
de son pays et à la coopération bilatérale.
Entretien
réalisé par :
Fouzia Mahmoudi
et Irane Belkhedim
Le Jour
d’Algérie : Le président brésilien, Luiz Inacio Lula de Silva, a été
réélu il y a quelques semaines pour un second mandat de quatre ans
avec une marge qui semblait pourtant peu probable à l’issue de
premier tour. Quelles sont les raisons fondamentales de la victoire
de M. Lula ?
Sérgio França
Danese : Le président a été
réélu avec une marge très importante des voix, 60,63% et cela le
plébiscite pour un nouveau mandat. Le fait que l’élection se soit
décidée dans le deuxième tour prouve, d’un côté, la vitalité de
notre processus démocratique ; cela prouve aussi qu’il y a eu un
choix très clair en faveur du président, qui a été réélu. Je pense
qu’il avait de son côté toutes les conditions pour briguer un
deuxième mandat, avec la force politique dont il a besoin, pour
poursuivre son projet et donner ainsi une forme à tout ce qu’il
s’est engagé à produire. Je suis très satisfait que tout ce soit
très bien passé. Ce sont des élections nationales qui ont mobilisé
tout le pays.
On a renouvelé la
totalité de la Chambre des députés, un tiers du Sénat et tout le
gouvernement des Etats (nous sommes une fédération).
Il y a eu même des
deuxièmes tours au scrutin des gouvernements des Etats. Vous avez
parlé d’une surprise au deuxième tour ; et bien je pense que c’est
cela la démocratie : c’est la surprise ! Tant que les urnes n’ont
pas parlé, l’on ne peut rien dire. Ce deuxième tour a établi
clairement qui était le vainqueur de cette élection et c’est cela le
plus important. Les problèmes qui peuvent apparaître quelquefois
font partie de notre processus de raffermissement des institutions
et de la démocratie.
Il est normal que
dans une démocratie qui fonctionne de pleine force, des problèmes
apparaissent et soient examinés et que les responsables soient
poursuivis en justice s’ils sont coupables et qu’ils soient
condamnés. C’est cela le jeu démocratique, nous y sommes déjà depuis
22 ans et notre pays est une démocratie qui se consolide. Après
l’Inde et les Etats-Unis, nous sommes certainement la plus grande
démocratie au monde. Sur une population de 180 millions d’habitants,
120 millions font partie du collège électoral.
Votre pays et
le notre sont tous deux des nations très importantes au sein de
l’Organisation des non-alignés. Mais aujourd’hui, des réformes de
fond doivent y être pratiquées. Quelle est la vision de votre pays à
ce sujet ?
Il faut savoir que
le Brésil n’est pas membre des non-alignés et n’est qu’un
observateur. C’est une décision qui a été prise par notre pays il y
a très longtemps, le Brésil n’a pas changé cette politique au cours
des années au gré des changements de gouvernement.
Notre position va
rester telle qu’elle est et nous suivons avec beaucoup d’attention
ce qui se passe au sein du mouvement mais nous n’avons pas a prendre
position quant au développement des non-alignés.
Nous voudrions
revenir sur les élections et vous demander si le Brésil a de
nouvelles priorités politiques, notamment après les visites du
président Lula au Moyen-Orient. Cela signifie-t-il des changements
dans votre politique ?
Non, depuis le
début, le gouvernement Lula a choisi comme l’une des forces de sa
politique extérieure le renforcement de certains liens que le Brésil
avait déjà avec des pays du monde entier. Nos rapports avec les pays
arabes sont traditionnels, nous avons une forte communauté d’origine
arabe, d’ailleurs la communauté libanaise au Brésil est la plus
importante au monde. Plus de 6 millions de Brésiliens réclament
aujourd’hui une certaine appartenance à la communauté d’origine
libanaise ou syrienne. Pour l’Afrique, c’est pareil, le Brésil y est
présent depuis longtemps, nous avons actuellement 27 ambassades.
Durant la présidence de Lula, 12 nouvelles ambassades ont été
ouvertes. La présence brésilienne en Afrique était en premier ou
alors en second, derrière la Chine ou l’Inde, qui elles aussi ont
une grande communauté dans ces pays. Le Brésil s’est engagé avec
beaucoup d’enthousiasme dans la réalisation du premier sommet pays
arabes-Amérique du Sud qui s’est déroulé à Brasilia en 2005. Et là,
je voudrais insister, car cela est important sur le concept de
l’Amérique du Sud. C’est une partie de l’Amérique latine, c’est le
continent sud-américain qui suit un processus un peu spécial
d’intégration et de dialogue régionaux. On peut même voir sur une
carte que, géographiquement, l’Amérique du Sud et l’Afrique se
ressemblent beaucoup. C’est un exercice de dialogue entre l’Amérique
du Sud et l’Afrique.
Il question
depuis quelques années d’une réforme de l’ONU et plus précisément du
Conseil de sécurité. Quel est le point de vue du Brésil sur cette
question ?
Ce n’est pas un
avis mais une politique officielle du gouvernement brésilien. C’est
une politique d’Etat que nous suivons depuis longtemps, ce n’est pas
quelque chose de récent, ce n’est pas non plus quelque chose qui a
été lancée par ce gouvernement ou le gouvernement précédent. Le
Brésil est membre fondateur des Nations unies ; il a été l’un des
pays alliés durant la Seconde Guerre mondiale. Il a toujours eu une
participation très active aux Nations unies et n’a jamais cessé
d’avertir ou de signaler le fait que le Conseil de sécurité avait un
gap, un hiatus de répétitivité. Au cours des années, nous avons
perfectionné cette analyse et nous sommes arrivés à la conclusion
que l’un des problèmes des Nations unies c’est que le Conseil de
sécurité qui est un organe absolument central du système aurait
besoin d’un peu plus de légitimité et de représentativité pour
assurer son efficacité. Donc, nous avons toujours dis que le Brésil
était toujours disposé à assumer ce rôle si la communauté
internationale en décidait ainsi. Nous croyons avoir les conditions,
l’autorité et les éléments qui seraient désirables pour que nous
puissions avoir un rôle constructif au sein du Conseil de sécurité,
tout comme d’autres pays qui apparaissent comme des candidats,
disons naturels à ce poste. Ceci dit, c’est une cause que nous avons
toujours défendue, c’est quelques chose pour laquelle nous
travaillons, nous sommes prêts à assumer ce rôle et nous travaillons
pour cela sans pour autant en faire une question qui puisse nous
opposer à d’autres pays. C’est à la communauté internationale de
décider et nous pensons que ce serait bien qu’elle décide de
réformer le Conseil de sécurité dans ce sens pour assurer une
présence plus représentative des pays en développement et qu’à
partir de cette présence, on puisse prendre des décisions plus
légitimes et donc plus efficaces.
Evidemment, vous
savez que les Etats-Unis sont totalement opposés à une quelconque
réforme du Conseil de sécurité.
Non je ne dirais
pas ça. Il ne faut jamais prendre ou voir des positions
monolithiques dans les relations internationales. Les relations
internationales sont très dynamiques. Les Américains sont les mieux
placés pour parler des positions prises par leurs dirigeants. Nous,
ce qu’on essaye de faire, c’est travailler pour une réforme. Le fait
qu’il y ait des résistances ou qu’il y ait des positions contraires
aux nôtres ne doit pas nous empêcher de travailler pour ce que nous
croyons être juste. Que certains pays soient opposés à cette réforme
ne doit pas nous empêcher de travailler dans ce sens.
Il faut croire
qu’il est possible de changer ; si l’on ne croit pas au changement,
on ne fait plus rien. Le Brésil a toujours eu l’idée que le système
international peut et doit être changé. Nous y croyons avec fermeté
et nous travaillons dans ce sens. Il n’y a pas de résignation.
Depuis quelques
années, le Brésil semble s’intéresser de plus en plus au marché
algérien. Avez-vous quelques nouvelles à nous donner concernant la
coopération entre nos deux pays ?
Nous avons
finalement pu voir l’Algérie telle qu’elle est après quelques années
difficiles. L’Algérie est notre deuxième partenaire en Afrique et
notre premier partenaire dans le monde arabe. Nous avons eu l’année
dernière un commerce bilatéral de 3,2 milliards de dollars. Cette
année, il va chuter un petit peu. Nous faisons de gros achats de
pétrole à l’Algérie, c’est un marché qui change un peu, donc, cette
année nous atteindrons 2,3 milliards de dollars, ce qui est
important. Nous avons beaucoup de choses à offrir à l’Algérie et
l’Algérie a beaucoup de choses à nous offrir. Nous travaillons dans
ce sens et nos deux Présidents s’y sont engagés. Il y a eu,
d’ailleurs, l’année dernière, les visites respectives de nos deux
présidents, dans nos deux pays. Ces visites ont été suivies par un
nombre important de rencontres diplomatiques. Et nous travaillons
pour raffermir les relations entre l’Algérie et le Brésil. Le Brésil
est un pays assez éloigné, géographiquement parlant, et n’était donc
pas dans «le radar» de l’Algérie pour les échanges économiques, mais
cela commence à changer. Nous percevons ici une image très favorable
du Brésil mais nous souhaitons également que cette image descende un
peu de la surface pour voir ce qu’est vraiment le Brésil. C’est un
pays qui a beaucoup changé, il a changé dans tous les sens et
aujourd’hui, c’est un partenaire de choix pour l’Algérie. Cela est
le résultat d’un travail de nos deux gouvernements avec une
participation croissante d’hommes d’affaires brésiliens qui
cherchent des partenaires et commencent à travailler dans ce sens
aussi. Cela est aussi valable en ce qui concerne les hommes
d’affaires algériens au Brésil. Nous essayons de travailler sur ce
point. Evidemment, nous pourrions faire plus. Mais si vous prenez la
définition des pays en voie de développement, ce que nous sommes
tous les deux, vous verrez que nous n’avons pas tous les pouvoirs et
nous faisons ce que nous pouvons. Mais je pense que l’on peut se
réjouir de ce que nous avons fait depuis quelques temps.
Mis à part le
pétrole que vous avez évoqué, y a-t-il d’autres domaines qui
intéressent le Brésil en Algérie ?
Evidemment, le
commerce se fait à partir de ce que les pays ont à offrir aux
autres. Le commerce extérieur algérien est très marqué par le
pétrole et le gaz. Mais ce que nous pouvons offrir, ce n’est pas
seulement une coopération pour développer les rapports commerciaux.
Evidemment, nous voulons que les Algériens sachent que nous avons
beaucoup de choses à offrir, mais il y a aussi des expériences que
nous avons dans plusieurs domaines que nous pouvons partagé avec
vous. Nous avons en effet une grande tradition de recherche dans le
domaine agricole et il y a des expériences qui se sont développées
au Brésil qui seraient très intéressantes pour l’Algérie. C’est
ainsi nous avons offert une coopération dans ce domaine. Nous
pouvons également aider l’Algérie dans le domaine des
micro-entreprises comme nous pouvons aider dans un grand nombre
d’autres domaines. L’idée, c’est que pour développer cela il faut
que les Algériens voient aussi dans le Brésil un partenaire et
qu’ils se demandent si un pays qui est parti de si bas a réalisé de
si grands progrès et dans plusieurs domaines, même s’il a encore des
problèmes, n’a pas des expériences à offrir et certaines de ces
expériences ont déjà été ciblées par la commission mixte, par
exemple, et par différents organismes gouvernementaux. Il faut
développer cette coopération et voir ce qu’elle peut donner. Il y a
par exemple beaucoup d’entreprises brésiliennes (pas des
multinationales mais de véritables entreprise brésiliennes) telles
que celles qui sont dans le domaine de la construction ; ce sont des
entreprises qui ont développé leurs propres technologies, leurs
propres méthodes de travail et elles sont disposées à offrir plus en
utilisant par exemple de la main-d’œuvre locale et former ainsi des
ouvriers. Les entreprises qui se sont installées récemment en
Algérie dans le domaine de la construction sont Andrade Gutierrez et
Odebrecht. Le Brésil s’est beaucoup diversifié, car le gouvernement
brésilien ne voulait pas rester dépendant d’autres pays mais voulait
développer ses propres technologies. Par exemple, dans le domaine de
la recherche agricole, il y a l’entreprise nationale Embrapa qui à
lancé dans notre pays la culture du soja et qui a réussi à faire de
notre pays une puissance dans domaine du soja alors que les hauts
plateaux, où cette plante est cultivée, ne disposent pas de beaucoup
d’eau.
L’Algérie et le
Brésil ont échangé des visites au plus haut sommet des Etats, sans
que les relations entre les deux pays soient suivies ou plus
poussées, pourquoi ?
Depuis quelques
années, la relation s’est renforcée entre nos pays. Une commission
mixte algéro-brésilienne se réunit depuis 1987. Nous y travaillons
sérieusement. Deux entreprises brésiliennes sont installées en
Algérie pour développer un partenariat. Cependant, ces mouvements ne
seront pas aussi denses qu’avec les pays européens voisins de
l’Algérie et qui sont plus proches, ce qui est tout à fait normal.
Pour nous, l’Algérie est une priorité car elle a l’avantage
d’appartenir à deux axes importants : l’Afrique et le Monde arabe.
C’est aussi un pays qui a retrouvé sa place dans le concert des
nations.
Quant on dit
Brésil on a toujours l’image du football et du café…
Vous savez ça
c’est une image très superficielle qui est véhiculée sur le Brésil.
Lorsque l’on dit que l’on est Brésilien, les gens peuvent citer tous
les joueurs de l’équipe nationale de foot ou alors ils nous parlent
des feuilletons télévisés des années 90 ; ils nous parlent du
carnaval ou encore du café, mais tous cela est très éloigné de la
réalité du Brésil. Par exemple, le café si il y a 40 ou 50 ans
représentait 50% des exportations brésiliennes ; aujourd’hui c’est
descendu à près de 3%. Pour revenir à votre question, elle est
néanmoins une image très sympathique et je ne veux pas la changer,
je veux simplement l’enrichir. Il faut que l’on sache que nous
fabriquons des avions de haute technologie qui sont vendus dans le
monde entier, notamment à certaines grandes puissances ; nous avons
notre propre système de radarisation ; que nous construisons des
sous-marins, des frégates ; que nous avons nos propres entreprises
industrielles ; que nous avons réussi à développer dans une zone qui
est absolument aride et pauvre, une culture du soja qui fait de nous
les premiers producteurs de soja au monde avec une productivité qui
est beaucoup plus élevée que dans d’autres régions du monde. Je ne
veux pas changer l’image que l’on a généralement du Brésil, car
c’est une très bonne image, mais j’insiste sur le faut qu’il faut
l’enrichir et l’approfondir.
Pensez-vous un
jour, comme d’autres ambassades en Algérie, organiser une
manifestation culturelle consacrée au Brésil ?
Nous avons
commencé petit à petit à le faire, mais ici nous n’avons pour
l’instant qu’une petite ambassade, mais nous faisons ce que nous
pouvons. Bientôt, nous aurons sur une chaîne de radio un programme
de musique brésilienne. Nous avons participé récemment au Festival
du film ibéro-américain. Il faut y aller doucement, la main dans la
main, pour ne pas rester dans l’image assez superficielle que l’on
se fait du Brésil. En Amérique du Sud et aux Etats-Unis, ce n’est
plus l’image que l’on a de notre pays. Cette image est la vision que
le monde développé souhaite nous coller car on leur fait
concurrence... (sourire).
A la limite,
l’image exotique que l’on a de votre pays est tout de même positive,
mais il y a aussi l’image de la pauvreté extrême...
Certes, la
pauvreté est extrême au Brésil mais comme elle l’est dans d’autres
régions du monde. Les Brésiliens ont une caractéristique d’être les
premiers à montrer la réalité de leur pays, à être critiques envers
leur gouvernement et leurs institutions jusqu’à adapter des romans,
en faire des séries télévisées ou des films. Est-ce que d’autres
pays n’auraient pas une image semblable, mais ne le montrent pas ?
C’est une façon d’être, il faut le prendre ainsi, même si cela va
contre nos intérêts. Cependant, c’est triste de n’insister que sur
cette image sans essayer de voir les autres aspects positifs du
Brésil et qui complètent ce regard. Le Brésil n’est pas que le pays
du carnaval ou de l’extrême pauvreté, c’est également un pays de
grandes réalisations, de l’engagement social et environnemental des
entreprises, des exploits réalisés dans plusieurs domaines,
notamment celui de la recherche scientifique et de l’éducation… Un
pays à connaître avec un sens de justice. D’ailleurs, la réélection
du président Lula renforce la politique des gouvernements précédents
avec énormément de succès. Des programmes ambitieux ont été lancés
dans ce sens. A titre d’exemple, nous avons la Bourse famille, une
allocation offerte aux familles et en contrepartie, celles-ci
s’engagent à assurer la scolarité des enfants… Des programmes ciblés
et qui ont porté leurs fruits.
Saviez-vous que
beaucoup d’Algériens lisent l’écrivain brésilien Paulo Coehlo ?
C’est normal
puisque c’est un écrivain lu partout dans le monde et qui touche un
public incroyablement bigarré mais il n’est pas l’écrivain
typiquement brésilien.
Le mouvement
des évangélistes est très présent au Brésil. A quoi cela est-il dû ?
Les évangélistes
représentent 10% sur une population estimée à 180 millions de
personnes ; ce qui est énorme, mais il faut savoir que notre pays
fait de la liberté du culte une pierre angulaire de son identité.
Les Brésiliens ont une intolérance absolue contre l’intolérance,
c’est ce qui a permis à notre pays de se construire. C’est un pays
où toutes les dénominations religieuses que l’on puisse imaginer et
qui existent sur terre vivent en parfaite harmonie. Les catholiques,
les protestants, les musulmans, les juifs, les bouddhistes et toutes
les religions afro-brésiliennes y cohabitent. Il est tout à fait
normal de retrouver des gens qui ont plus de deux croyances. Nous
n’avons jamais eu de problème, au contraire, les groupes religieux
ont su valoriser le travail et le sentiment communautaire. Cela est
important.
F.M. / I. B.
Culture
6e Salon
national du livre
Entre
désaffection et ambition
Moins de soixante
éditeurs participent au 6e Salon national du livre qui se déroule à
la Bibliothèque nationale et ce, jusqu’au 8 du mois en cours. Hormis
le premier jour, les visiteurs ne se bousculent pas dans l’espace.
L’une des raisons principales invoquées par les participants est la
date inappropriée de la manifestation, organisée juste après le XIe
Sila.
Quand bien même le
nombre des exposants est supérieur à celui de l’édition précédente,
les stands de la soixantaine d’éditeurs ne drainent pas la grande
foule. La plupart des exposants au 6e Salon national du livre ont
tenu à souligner la faible affluence enregistrée à cette
manifestation culturelle, à son cinquième jour, déplorant également
la faiblesse des ventes, en dépit des réductions oscillant entre 20
et 30 %. Une virée dans les lieux de la manifestation dans son 5e
jour, nous édifie sur la relative déception dont font part les
participants. Plusieurs maisons d’édition n’ont pas jugé utile de
prendre part à cette manifestation. Sur 130 exposants nationaux qui
ont été présents lors du XIe Sila (Salon international du livre
d’Alger), moins de la moitié des éditeurs meuble l’espace de la
Bibliothèque nationale. Si certains éditeurs de l’intérieur du pays,
ont brillé par leur absence ou ont préféré être représentés par
d’autres confrères, les maisons Casbah éditions, Editions Chihab,
éditions Barzakh, Enag, pour ne citer que ces «grosses pointures»
n’ont pas hésité à bouder l’événement. L’une des raisons principales
de cette désaffection qu’invoquent les «mastodontes» est le
rapprochement des dates de la tenue des deux manifestations que sont
le XIe Sila et le 6e Salon national du livre dans un espace temps de
moins d’un mois. Seuls les éditeurs «lilliputiens» ont daigné
pren-dre part pour se faire connaître, à travers une gamme de
produits livresques dont les prix restent plus ou moins abordables.
Alors que certains éditeurs sont spécialisés dans le livre
d’importation, les éditeurs du Tell, Chèvrefeuille étoilé, Dalimen
sont représentés, eux, par le stand des éditions Apic dont le
décorum est moins attrayant. Toutefois, ces «petits» éditeurs
présents déplorent le manque de médiatisation et de publicité autour
de la manifestation, contrairement au soutien médiatique dont a
bénéficié le dernier Sila. «Les gens ont acheté ce qu’ils voulaient
lors du XIe Sila, ce qui explique la timide fréquentation des
lieux», souligne Mlle Laïb Malika, responsable commercial des
éditions Alpha, ajoutant qu’ «il aurait été plus opportun
d’organiser le salon pendant les vacances». Créée il y a, à peine
neuf mois, la maison d’Editions Alpha a réussi le pari de faire
paraître une palette de 36 titres entre le roman, l’histoire et le
livre pratique. Une performance qui, au demeurant, renseigne sur son
ambition à se faire une place parmi les grosses «cylindrées»,
d’autant qu’elle publie trois revues mensuelles qui ont la cote sur
le marché de l’édition : Bien-être, El Djazair Football et Barbie
(une revue pédagogique pour enfants). Le quidam peut se faire une
idée sur l’affluence qui est loin d’atteindre 10 000 visiteurs/jour,
comme cela a été annoncé avant l’ouverture du Salon. Les amoureux du
livre ne se bousculent pas aussi au niveau des maisons présentes
dont le rayonnage est relativement bien achalandé. Dar El Gharb, Dar
El Mouassara, Dar El Hikma, Dar El Khaldounia, Dar El Oumma, Kheir
Djaliss, Dar El Kitab el Arabi, Editions Mimouni proposent un
éventail d’ouvrages plus ou moins varié dans les volets littérature,
parascolaire, scientifique, droit, pratique, pédagogique, éducation.
Certains d’entre eux tentent de booster la vente par la formule qui
se résume dans la présentation de l’auteur avec dédicace, alors que
d’autres optent pour la recherche de nouveaux auteurs et de projets
qui peuvent faire l’objet d’une publication, à l’image de Dar El
Gharb qui cible le lectorat estudiantin et la frange des chercheurs
qui désirent, selon le chargé de communication, d’approfondir leurs
connaissances dans un créneau particulier des sciences et du
patrimoine. Il est à signaler que jeudi prochain, à la veille de la
clôture, une rencontre sera animée par les éditeurs avec la presse
autour de l’enjeu de l’édition du livre.
H. K.
Haut
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