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Bourde

   

Entretien

S.E Sérgio França Danese, ambassadeur du Brésil

«Nous sommes résolus à nous rapprocher de l’Algérie»

 

 06/12/06

 

Bourde

Tous ceux qui attendaient un faux pas de Ségolène Royal pour pouvoir lui fondre dessus peuvent aujourd’hui se dire satisfaits. Lors de son voyage initiatique au Proche-Orient, la présidente de la région Poitou-Charentes et surtout la candidate officielle du parti socialiste français aurait commis une bourde inadmissible en ne quittant pas une salle de conférence durant son séjour au Liban lorsqu’un député du Hezbollah qui avait la parole s’est permis de comparer l’attitude d’Israël envers le Liban au nazisme. Ségolène Royal pour expliquer son silence face à cette incrimination libanaise a simplement affirmé qu’elle n’avait pas entendu les propos subversifs du député libanais, sans quoi elle n’aurait évidemment pas manqué de quitter la salle. Aujourd’hui, c’est toute la classe politique française, hormis le PS, et quasiment l’ensemble des médias qui l’accablent pour ce faux pas. La droite s’en donne à cœur joie et à la suite de cette «bourde» personne ne se gêne pour la remettre vertement à sa place. Douste-Blazy, ministre des Affaires étrangères de jaques Chirac et Sarkozyste convaincu n’a pas épargné la candidate de gauche en l’accusant d’être allée fausser l’image de la France au Proche-Orient et d’être allée se mêler d’affaires dont elle ne comprend ni les tenants ni les aboutissants. Il y a quelques jours, c’est Nicolas Sarkozy qui se mêle de l’affaire et qui se permet de faire la morale à Ségolène Royal comme un instituteur à un élève en faute en l’invitant à «penser à l’intérêt de la France» et «à  agir avec beaucoup de mesures et de prudence».

Mais cette polémique ne devrait pas au final trop nuire à la candidature de Ségolène Royal car, même si en effet elle a montré certaines faiblesses dans la politique internationale et plus précisément dans celle du Proche-Orient en ligne de mire depuis plusieurs mois, ainsi que dans la gestion de son image, elle a surtout montré qu’elle savait faire front aux critiques les plus acerbes, les écouter, les digérer et finalement les surmonter.

Fouzia Mahmoudi

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Entretien

S.E Sérgio França Danese, ambassadeur du Brésil

«Nous sommes résolus à nous rapprocher de l’Algérie»

Après la récente réélection du président brésilien et les échanges de plus en plus importants entre le Brésil et l’Algérie, que ce soit sur le plan diplomatique ou économique, son excellence Sérgio França Danese, ambassadeur du Brésil en Algérie, fait le point dans cet entretien qu’il nous a accordé sur les différents aspects liés à l’actualité de son pays et à la coopération bilatérale.

 

Entretien réalisé par :

Fouzia Mahmoudi et Irane Belkhedim

 

Le Jour d’Algérie : Le président brésilien, Luiz Inacio Lula de Silva, a été réélu il y a quelques semaines pour un second mandat de quatre ans avec une marge qui semblait pourtant peu probable à l’issue de premier tour. Quelles sont les raisons fondamentales de la victoire de M. Lula ?

 

Sérgio França Danese : Le président a été réélu avec une marge très importante des voix, 60,63% et cela le plébiscite pour un nouveau mandat. Le fait que l’élection se soit décidée dans le deuxième tour prouve, d’un côté, la vitalité de notre processus démocratique ; cela prouve aussi qu’il y a eu un choix très clair en faveur du président, qui a été réélu. Je pense qu’il avait de son côté toutes les conditions pour briguer un deuxième mandat, avec la force politique dont il a besoin, pour poursuivre son projet et donner ainsi une forme à tout ce qu’il s’est engagé à produire. Je suis très satisfait que tout ce soit très bien passé. Ce sont des élections nationales qui ont mobilisé tout le pays.

On a renouvelé la totalité de la Chambre des députés, un tiers du Sénat et tout le gouvernement des Etats (nous sommes une fédération).

Il y a eu même des deuxièmes tours au scrutin des gouvernements des Etats. Vous avez parlé d’une surprise au deuxième tour ; et bien je pense que c’est cela la démocratie : c’est la surprise ! Tant que les urnes n’ont pas parlé, l’on ne peut rien dire. Ce deuxième tour a établi clairement qui était le vainqueur de cette élection et c’est cela le plus important. Les problèmes qui peuvent apparaître quelquefois font partie de notre processus de raffermissement des institutions et de la démocratie.

Il est normal que dans une démocratie qui fonctionne de pleine force, des problèmes apparaissent et soient examinés et que les responsables soient poursuivis en justice s’ils sont coupables et qu’ils soient condamnés. C’est cela le jeu démocratique, nous y sommes déjà depuis 22 ans et notre pays est une démocratie qui se consolide. Après l’Inde et les Etats-Unis, nous sommes certainement la plus grande démocratie au monde. Sur une population de 180 millions d’habitants, 120 millions font partie du collège électoral.

 

Votre pays et le notre sont tous deux des nations très importantes au sein de l’Organisation des non-alignés. Mais aujourd’hui, des réformes de fond doivent y être pratiquées. Quelle est la vision de votre pays à ce sujet ?

Il faut savoir que le Brésil n’est pas membre des non-alignés et n’est qu’un observateur. C’est une décision qui a été prise par notre pays il y a très longtemps, le Brésil n’a pas changé cette politique au cours des années au gré des changements de gouvernement.

Notre position va rester telle qu’elle est et nous suivons avec beaucoup d’attention ce qui se passe au sein du mouvement mais nous n’avons pas a prendre position quant au développement des non-alignés.

 

Nous voudrions revenir sur les élections et vous demander si le Brésil a de nouvelles priorités politiques, notamment après les visites du président Lula au Moyen-Orient. Cela signifie-t-il des changements dans votre politique ?

Non, depuis le début, le gouvernement Lula a choisi comme l’une des forces de sa politique extérieure le renforcement de certains liens que le Brésil avait déjà avec des pays du monde entier. Nos rapports avec les pays arabes sont traditionnels, nous avons une forte communauté d’origine arabe, d’ailleurs la communauté libanaise au Brésil est la plus importante au monde. Plus de 6 millions de Brésiliens réclament aujourd’hui une certaine appartenance à la communauté d’origine libanaise ou syrienne. Pour l’Afrique, c’est pareil, le Brésil y est présent depuis longtemps, nous avons actuellement 27 ambassades. Durant la présidence de Lula, 12 nouvelles ambassades ont été ouvertes. La présence brésilienne en Afrique était en premier ou alors en second, derrière la Chine ou l’Inde, qui elles aussi ont une grande communauté dans ces pays. Le Brésil s’est engagé avec beaucoup d’enthousiasme dans la réalisation du premier sommet pays arabes-Amérique du Sud qui s’est déroulé à Brasilia en 2005. Et là, je voudrais insister, car cela est important sur le concept de l’Amérique du Sud. C’est une partie de l’Amérique latine, c’est le continent sud-américain qui suit un processus un peu spécial d’intégration et de dialogue régionaux. On peut même voir sur une carte que, géographiquement, l’Amérique du Sud et l’Afrique se ressemblent beaucoup. C’est un exercice de dialogue entre l’Amérique du Sud et l’Afrique.

 

Il question depuis quelques années d’une réforme de l’ONU et plus précisément du Conseil de sécurité. Quel est le point de vue du Brésil sur cette question ?

Ce n’est pas un avis mais une politique officielle du gouvernement brésilien. C’est une politique d’Etat que nous suivons depuis longtemps, ce n’est pas quelque chose de récent, ce n’est pas non plus quelque chose qui a été lancée par ce gouvernement ou le gouvernement précédent. Le Brésil est membre fondateur des Nations unies ; il a été l’un des pays alliés durant la Seconde Guerre mondiale. Il a toujours eu une participation très active aux Nations unies et n’a jamais cessé d’avertir ou de signaler le fait que le Conseil de sécurité avait un gap, un hiatus de répétitivité. Au cours des années, nous avons perfectionné cette analyse et nous sommes arrivés à la conclusion que l’un des problèmes des Nations unies c’est que le Conseil de sécurité qui est un organe absolument central du système aurait besoin d’un peu plus de légitimité et de représentativité pour assurer son efficacité. Donc, nous avons toujours dis que le Brésil était toujours disposé à assumer ce rôle si la communauté internationale en décidait ainsi. Nous croyons avoir les conditions, l’autorité et les éléments qui seraient désirables pour que nous puissions avoir un rôle constructif au sein du Conseil de sécurité, tout comme d’autres pays qui apparaissent comme des candidats, disons naturels à ce poste. Ceci dit, c’est une cause que nous avons toujours défendue, c’est quelques chose pour laquelle nous travaillons, nous sommes prêts à assumer ce rôle et nous travaillons pour cela sans pour autant en faire une question qui puisse nous opposer à d’autres pays. C’est à la communauté internationale de décider et nous pensons que ce serait bien qu’elle décide de réformer le Conseil de sécurité dans ce sens pour assurer une présence plus représentative des pays en développement et qu’à partir de cette présence, on puisse prendre des décisions plus légitimes et donc plus efficaces.

 

Evidemment, vous savez que les Etats-Unis sont totalement opposés à une quelconque réforme du Conseil de sécurité.

Non je ne dirais pas ça. Il ne faut jamais prendre ou voir des positions monolithiques dans les relations internationales. Les relations internationales sont très dynamiques. Les Américains sont les mieux placés pour parler des positions prises par leurs dirigeants. Nous, ce qu’on essaye de faire, c’est travailler pour une réforme. Le fait qu’il y ait des résistances ou qu’il y ait des positions contraires aux nôtres ne doit pas nous empêcher de travailler pour ce que nous croyons être juste. Que certains pays soient opposés à cette réforme ne doit pas nous empêcher de travailler dans ce sens.

Il faut croire qu’il est possible de changer ; si l’on ne croit pas au changement, on ne fait plus rien. Le Brésil a toujours eu l’idée que le système international peut et doit être changé. Nous y croyons avec fermeté et nous travaillons dans ce sens. Il n’y a pas de résignation.

 

Depuis quelques années, le Brésil semble s’intéresser de plus en plus au marché algérien. Avez-vous quelques nouvelles à nous donner concernant la coopération entre nos deux pays ?

Nous avons finalement pu voir l’Algérie telle qu’elle est après quelques années difficiles. L’Algérie est notre deuxième partenaire en Afrique et notre premier partenaire dans le monde arabe. Nous avons eu l’année dernière un commerce bilatéral de 3,2 milliards de dollars. Cette année, il va chuter un petit peu. Nous faisons de gros achats de pétrole à l’Algérie, c’est un marché qui change un peu, donc, cette année nous atteindrons 2,3 milliards de dollars, ce qui est important. Nous avons beaucoup de choses à offrir à l’Algérie et l’Algérie a beaucoup de choses à nous offrir. Nous travaillons dans ce sens et nos deux Présidents s’y sont engagés. Il y a eu, d’ailleurs, l’année dernière, les visites respectives de nos deux présidents, dans nos deux pays. Ces visites ont été suivies par un nombre important de rencontres diplomatiques. Et nous travaillons pour raffermir les relations entre l’Algérie et le Brésil. Le Brésil est un pays assez éloigné, géographiquement parlant, et n’était donc pas dans «le radar» de l’Algérie pour les échanges économiques, mais cela commence à changer. Nous percevons ici une image très favorable du Brésil mais nous souhaitons également que cette image descende un peu de la surface pour voir ce qu’est vraiment le Brésil. C’est un pays qui a beaucoup changé, il a changé dans tous les sens et aujourd’hui, c’est un partenaire de choix pour l’Algérie. Cela est le résultat d’un travail de nos deux gouvernements avec une participation croissante d’hommes d’affaires brésiliens qui cherchent des partenaires et commencent à travailler dans ce sens aussi. Cela est aussi valable en ce qui concerne les hommes d’affaires algériens au Brésil. Nous essayons de travailler sur ce point. Evidemment, nous pourrions faire plus. Mais si vous prenez la définition des pays en voie de développement, ce que nous sommes tous les deux, vous verrez que nous n’avons pas tous les pouvoirs et nous faisons ce que nous pouvons. Mais je pense que l’on peut se réjouir de ce que nous avons fait depuis quelques temps.

 

Mis à part le pétrole que vous avez évoqué, y a-t-il d’autres domaines qui intéressent le Brésil en Algérie ?

Evidemment, le commerce se fait à partir de ce que les pays ont à offrir aux autres. Le commerce extérieur algérien est très marqué par le pétrole et le gaz. Mais ce que nous pouvons offrir, ce n’est pas seulement une coopération pour développer les rapports commerciaux. Evidemment, nous voulons que les Algériens sachent que nous avons beaucoup de choses à offrir, mais il y a aussi des expériences que nous avons dans plusieurs domaines que nous pouvons partagé avec vous. Nous avons en effet une grande tradition de recherche dans le domaine agricole et il y a des expériences qui se sont développées au Brésil qui seraient très intéressantes pour l’Algérie. C’est ainsi nous avons offert une coopération dans ce domaine. Nous pouvons également aider l’Algérie dans le domaine des micro-entreprises comme nous pouvons aider dans un grand nombre d’autres domaines. L’idée, c’est que pour développer cela il faut que les Algériens voient aussi dans le Brésil un partenaire et qu’ils se demandent si un pays qui est parti de si bas a réalisé de si grands progrès et dans plusieurs domaines, même s’il a encore des problèmes, n’a pas des expériences à offrir et certaines de ces expériences ont déjà été ciblées par la commission mixte, par exemple, et par différents organismes gouvernementaux. Il faut développer cette coopération et voir ce qu’elle peut donner. Il y a par exemple beaucoup d’entreprises brésiliennes (pas des multinationales mais de véritables entreprise brésiliennes) telles que celles qui sont dans le domaine de la construction ; ce sont des entreprises qui ont développé leurs propres technologies, leurs propres méthodes de travail et elles sont disposées à offrir plus en utilisant par exemple de la main-d’œuvre locale et former ainsi des ouvriers. Les entreprises qui se sont installées récemment en Algérie dans le domaine de la construction sont Andrade Gutierrez et Odebrecht. Le Brésil s’est beaucoup diversifié, car le gouvernement brésilien ne voulait pas rester dépendant d’autres pays mais voulait développer ses propres technologies. Par exemple, dans le domaine de la recherche agricole, il y a l’entreprise nationale Embrapa qui à lancé dans notre pays la culture du soja et qui a réussi à faire de notre pays une puissance dans domaine du soja alors que les hauts plateaux, où cette plante est cultivée, ne disposent pas de beaucoup d’eau.

 

L’Algérie et le Brésil ont échangé des visites au plus haut sommet des Etats, sans que les relations entre les deux pays soient suivies ou plus poussées, pourquoi ?

Depuis quelques années, la relation s’est renforcée entre nos pays. Une commission mixte algéro-brésilienne se réunit depuis 1987. Nous y travaillons sérieusement. Deux entreprises brésiliennes sont installées en Algérie pour développer un partenariat. Cependant, ces mouvements ne seront pas aussi denses qu’avec les pays européens voisins de l’Algérie et qui sont plus proches, ce qui est tout à fait normal. Pour nous, l’Algérie est une priorité car elle a l’avantage d’appartenir à deux axes importants : l’Afrique et le Monde arabe. C’est aussi un pays qui a retrouvé sa place dans le concert des nations.

 

Quant on dit Brésil on a toujours l’image du football et du café…

Vous savez ça c’est une image très superficielle qui est véhiculée sur le Brésil. Lorsque l’on dit que l’on est Brésilien, les gens peuvent citer tous les joueurs de l’équipe nationale de foot ou alors ils nous parlent des feuilletons télévisés des années 90 ; ils nous parlent du carnaval ou encore du café, mais tous cela est très éloigné de la réalité du Brésil. Par exemple, le café si il y a 40 ou 50 ans représentait 50% des exportations brésiliennes ; aujourd’hui c’est descendu à près de 3%. Pour revenir à votre question, elle est néanmoins une image très sympathique et je ne veux pas la changer,  je veux simplement l’enrichir. Il faut que l’on sache que nous fabriquons des avions de haute technologie qui sont vendus dans le monde entier, notamment à certaines grandes puissances ; nous avons notre propre système de radarisation ; que nous construisons des sous-marins, des frégates ; que nous avons nos propres entreprises industrielles ; que nous avons réussi à développer dans une zone qui est absolument aride et pauvre, une culture du soja qui fait de nous les premiers producteurs de soja au monde avec une productivité qui est beaucoup plus élevée que dans d’autres régions du monde. Je ne veux pas changer l’image que l’on a généralement du Brésil, car c’est une très bonne image, mais j’insiste sur le faut qu’il faut l’enrichir et l’approfondir.

 

Pensez-vous un jour, comme d’autres ambassades en Algérie, organiser une manifestation culturelle consacrée au Brésil ?

Nous avons commencé petit à petit à le faire, mais ici nous n’avons pour l’instant qu’une petite ambassade, mais nous faisons ce que nous pouvons. Bientôt, nous aurons sur une chaîne de radio un programme de musique brésilienne. Nous avons participé récemment au Festival du film ibéro-américain. Il faut y aller doucement, la main dans la main, pour ne pas rester dans l’image assez superficielle que l’on se fait du Brésil. En Amérique du Sud et aux Etats-Unis, ce n’est plus l’image que l’on a de notre pays. Cette image est la vision que le monde développé souhaite nous coller car on leur fait concurrence... (sourire).

 

A la limite, l’image exotique que l’on a de votre pays est tout de même positive, mais il y a aussi l’image de la pauvreté extrême...

Certes, la pauvreté est extrême au Brésil mais comme elle l’est dans d’autres régions du monde. Les Brésiliens ont une caractéristique d’être les premiers à montrer la réalité de leur pays, à être critiques envers leur gouvernement et leurs institutions jusqu’à adapter des romans, en faire des séries télévisées ou des films. Est-ce que d’autres pays n’auraient pas une image semblable, mais ne le montrent pas ? C’est une façon d’être, il faut le prendre ainsi, même si cela va contre nos intérêts. Cependant, c’est triste de n’insister que sur cette image sans essayer de voir les autres aspects positifs du Brésil et qui complètent ce regard. Le Brésil n’est pas que le pays du carnaval ou de l’extrême pauvreté, c’est également un pays de grandes réalisations, de l’engagement social et environnemental des entreprises, des exploits réalisés dans plusieurs domaines, notamment  celui de la recherche scientifique et de l’éducation… Un pays à connaître avec un sens de justice. D’ailleurs, la réélection du président Lula renforce la politique des gouvernements précédents avec énormément de succès. Des programmes ambitieux ont été lancés dans ce sens. A titre d’exemple, nous avons la Bourse famille, une allocation offerte aux familles et en contrepartie, celles-ci s’engagent à assurer la scolarité des enfants… Des programmes ciblés et qui ont porté leurs fruits.

 

Saviez-vous que beaucoup d’Algériens lisent l’écrivain brésilien Paulo Coehlo ?

C’est normal puisque c’est un écrivain lu partout dans le monde et qui touche un public incroyablement bigarré mais il n’est pas l’écrivain typiquement brésilien.

 

Le mouvement des évangélistes est très présent au Brésil. A quoi cela est-il dû ?

Les évangélistes représentent 10% sur une population estimée à 180 millions de personnes ; ce qui est énorme, mais il faut savoir que notre pays fait de la liberté du culte une pierre angulaire de son identité. Les Brésiliens ont une intolérance absolue contre l’intolérance, c’est ce qui a permis à notre pays de se construire. C’est un pays où toutes les dénominations religieuses que l’on puisse imaginer et qui existent sur terre vivent en parfaite harmonie. Les catholiques, les protestants, les musulmans, les juifs, les bouddhistes et toutes les religions afro-brésiliennes y cohabitent. Il est tout à fait normal de retrouver des gens qui ont plus de deux croyances. Nous n’avons jamais eu de problème, au contraire, les groupes religieux ont su valoriser le travail et le sentiment communautaire. Cela est important.

F.M. / I. B.

 

Culture

6e Salon national du livre

Entre désaffection et ambition

Moins de soixante éditeurs participent au 6e Salon national du livre qui se déroule  à la Bibliothèque nationale et ce, jusqu’au 8 du mois en cours. Hormis le premier jour, les visiteurs ne se bousculent pas dans l’espace. L’une des raisons principales invoquées par les participants est la date inappropriée de la manifestation, organisée juste après le XIe Sila.

Quand bien même le nombre des exposants est supérieur à celui de l’édition précédente, les stands de la soixantaine d’éditeurs ne drainent pas la grande foule. La plupart des exposants au 6e Salon national du livre ont tenu à souligner la faible affluence enregistrée à cette manifestation culturelle, à son cinquième jour, déplorant également la faiblesse des ventes, en dépit des réductions oscillant entre 20 et 30 %. Une virée dans les lieux de la manifestation dans son 5e jour, nous édifie sur la relative déception dont font part les participants. Plusieurs maisons d’édition n’ont pas jugé utile de prendre part à cette manifestation. Sur 130 exposants nationaux qui ont été présents lors du XIe Sila (Salon international du livre d’Alger), moins de la moitié des éditeurs meuble l’espace de la Bibliothèque nationale. Si certains éditeurs de l’intérieur du pays, ont brillé par leur absence ou ont préféré être représentés par d’autres confrères, les maisons Casbah éditions, Editions Chihab, éditions Barzakh, Enag, pour ne citer que ces «grosses pointures» n’ont pas hésité à bouder l’événement. L’une des raisons principales de cette désaffection qu’invoquent les «mastodontes» est le rapprochement des dates de la tenue des deux manifestations que sont le XIe Sila et le 6e Salon national du livre dans un espace temps de moins d’un mois. Seuls les éditeurs «lilliputiens» ont daigné pren-dre part pour  se faire connaître, à travers une gamme de produits livresques dont les prix restent plus ou moins abordables. Alors que certains éditeurs sont spécialisés dans le livre d’importation, les éditeurs du Tell, Chèvrefeuille étoilé, Dalimen sont représentés, eux, par le stand des éditions Apic dont le décorum est moins attrayant. Toutefois, ces «petits» éditeurs présents déplorent le manque de médiatisation et de publicité autour de la manifestation, contrairement au soutien médiatique dont a bénéficié le dernier Sila. «Les gens ont acheté ce qu’ils voulaient lors du XIe Sila, ce qui explique la timide fréquentation des lieux», souligne Mlle Laïb Malika, responsable commercial des éditions Alpha, ajoutant qu’ «il aurait été plus opportun d’organiser le salon pendant les vacances». Créée il y a, à peine  neuf mois, la maison d’Editions Alpha a réussi le pari de faire paraître une palette de 36 titres entre le roman, l’histoire et le livre pratique. Une performance qui, au demeurant, renseigne sur son ambition à se faire une place parmi les grosses «cylindrées», d’autant qu’elle publie trois revues mensuelles qui ont la cote sur le marché de l’édition : Bien-être, El Djazair Football et Barbie  (une revue pédagogique pour enfants).  Le quidam peut se faire une idée sur l’affluence qui est loin d’atteindre 10 000 visiteurs/jour, comme cela a été annoncé avant l’ouverture du Salon. Les amoureux du livre ne se bousculent pas aussi au niveau des maisons présentes dont le rayonnage est relativement bien achalandé. Dar El Gharb, Dar El Mouassara, Dar El Hikma, Dar El Khaldounia, Dar El Oumma, Kheir Djaliss, Dar El Kitab el Arabi, Editions Mimouni proposent un éventail d’ouvrages plus ou moins varié dans les volets littérature, parascolaire, scientifique, droit, pratique, pédagogique, éducation. Certains d’entre eux tentent de booster la vente par la formule qui se résume dans la présentation de l’auteur avec dédicace, alors que d’autres optent pour la recherche de nouveaux auteurs et de projets qui peuvent faire l’objet d’une publication, à l’image de Dar El Gharb qui cible le lectorat estudiantin et la frange des chercheurs qui désirent, selon le chargé de communication, d’approfondir leurs connaissances dans un créneau particulier des sciences et du patrimoine.  Il est à signaler que jeudi prochain, à la veille de la clôture, une rencontre sera animée par les éditeurs avec la presse autour de l’enjeu de l’édition du livre.                                         

H. K.

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