Points chauds 

Par Fouzia Mahmoudi

Xénophobie

Israël est-il un État raciste ? La même question récurrente revient régulièrement interpeller ceux qui soutiennent l'État hébreu contre vents et marées alors que la population palestinienne subit les vexations et brutalités de l'armée israélienne. Mais les dirigeants hébreux ont toujours réussi à convaincre leurs alliés que leur comportement n'était dû qu'à la violence des activistes palestiniens qui les obligeaient à prendre des mesures draconiennes, c'est le moins que l'on puisse dire, pour éviter les attaques et les attentats. Mais aujourd'hui, une autre population subit les vexations israéliennes mettant encore une fois Israël face à ses contradictions. En effet, l'État hébreu qui se plaint constamment d'antisémitisme prétendu de tous les contradicteurs est encore une fois mis à l'index par la population noire résidant en son sein. Ce sont plus de 30 000 migrants africains clandestins qui ont manifesté dimanche, pour dénoncer le racisme de l'État d'Israël, constituant ainsi le plus grand rassemblement de ce type dans le pays. Ce mouvement de protestation, lancé après l'adoption d'une loi autorisant le placement en rétention des immigrés clandestins sans procès jusqu'à un an, a pris rapidement de l'ampleur. De 200 participants le 16 décembre, la mobilisation est passée à plusieurs milliers le 28 décembre, pour atteindre dimanche plusieurs dizaines de milliers. Massés sur la place Yitzhak-Rabin, «dans le calme», selon la police, les manifestants ont dénoncé le refus des autorités israéliennes d'examiner leurs demandes d'obtention du statut de réfugié. «Nous avons fui des persécutions, des dictatures, des guerres civiles, des génocides. Le gouvernement israélien doit étudier nos demandes d'asile et nous traiter comme des êtres humains», déclarait ainsi Daoud, un Erythréen entré clandestinement en Israël il y a quatre ans. «Nous sommes tous des réfugiés ! Oui à la liberté, non à la prison !», ont scandé en anglais les manifestants, qui dénoncent le placement en rétention de centaines d'entre eux. Soutenus par des militants israéliens, ces migrants ont également décrété une grève de trois jours sur leurs lieux de travail, en particulier dans la restauration et l'hôtellerie. Ne se laissant visiblement pas déstabiliser et n'hésitant pas à se faire provocant, le député et ex-ministre de l'intérieu,r Elie Yishaï, du parti religieux ultra-orthodoxe Shass, a affirmé que «cette manifestation était un signal d'alarme pour agir contre les clandestins», ajoutant que Tel-Aviv était devenue selon lui une «ville africaine». «L'État d'Israël et les autorités judiciaires et policières doivent utiliser tous les moyens à leur disposition pour renvoyer les clandestins dans leur pays», a-t-il prôné. Ainsi, il semblerait qu'en Israël un nouveau front de protestation se soit formé, remettant en cause l'image de victime que cherche à donner l'État hébreu, et mettant au contraire en lumière son manque d'humanité et sa xénophobie.

F.M.

 

Monde

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 07/01/14

 

Proche-Orient

Kerry s’en va sans avoir rallié Israël et les Palestiniens

Le secrétaire d'État américain John Kerry a quitté hier le Proche-Orient après quatre jours de discussions intensives, mais sans avoir réussi à convaincre Israël et les Palestiniens de se rallier à son plan de paix.

Les diplomates américains avaient averti qu'il ne fallait pas s'attendre à une percée lors de cet 10e voyage dans la région de M. Kerry, qui s'est heurté aux positions jusqu'à présent irréconciliables des deux camps. Au cours de sa visite, le secrétaire d'État a proposé un projet d'«accord-cadre» traçant les grandes lignes d'un règlement définitif sur les frontières, la sécurité, le statut de Jérusalem et le sort des réfugiés palestiniens. Selon le quotidien israélien Maariv, il aurait fait pression sur le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu pour qu'il accepte une formule autorisant le retour en Israël d'un nombre limité de réfugiés chassés en 1948, auquel s'opposent catégoriquement les dirigeants israéliens. De leur côté, les négociateurs israéliens souhaitent prolonger jusqu'en janvier 2015 ce cycle de pourparlers censé prendre fin le 29 avril, affirme Maariv. En échange, ils accepteraient de suspendre les procédures de planification et de construction dans certaines colonies de Cisjordanie. Avant son départ, M. Kerry a rencontré l'émissaire du Quartette pour le Proche-Orient (États-Unis, Russie, Union européenne, ONU) Tony Blair et le nouveau chef de l'opposition israélienne Yitzhak Herzog. Mais il doit revenir dans la région en début de semaine prochaine pour poursuivre son forcing, rapporte la presse israélienne. Le secrétaire d'État américain a effectué dimanche une mission éclair en Jordanie et en Arabie saoudite, se prévalant du soutien du roi saoudien Abdallah à ses efforts pour élaborer une solution «juste et équilibrée» au conflit israélo-palestinien. Artisan de la reprise, en juillet 2013, des négociations de paix interrompues depuis près de trois ans, M. Kerry avait reconnu dimanche qu'il était impossible de dire quand «les dernières pièces du puzzle pourraient se mettre en place ou tomber par terre, et laisser le puzzle inachevé». Le secrétaire d'État a fait état de «progrès» pendant ses entretiens marathon avec M. Netanyahu (13 heures au total) et le président palestinien Mahmoud Abbas. Mais les divergences restent très profondes : M. Netanyahu a reproché à la direction palestinienne de manifester son «opposition à la reconnaissance d'Israël comme État juif», l'accusant de nier ainsi «notre droit (des Juifs, NDLR) à être ici». Israël rejette aussi les propositions américaines de contrôle de la frontière entre un futur État palestinien et la Jordanie, dans la vallée du Jourdain, qui s'appuient sur un éventuel déploiement de systèmes de surveillance sophistiqués. Un dirigeant palestinien, Yasser Abed Rabbo, a relevé des «discussions sérieuses sur la manière d'avancer», mais prévenu qu'il ne fallait pas s'attendre «à voir quelque chose d'écrit bientôt», faute de «progrès réel» sur les questions les plus épineuses. Précédée par une recrudescence des violences à Ghaza et en Cisjordanie, la visite de M. Kerry s'est déroulée dans un climat de récriminations et de pessimisme tant côté israélien que palestinien. Elle a aussi eu pour toile de fond la dégradation de l'état de santé d'Ariel Sharon, ancien Premier ministre et ex-homme fort de la droite israélienne, dans le coma depuis huit ans. L'opinion publique israélienne et palestinienne, plus sceptique que jamais après 20 ans de processus de paix, semble se désintéresser des efforts de John Kerry. Le quotidien palestinien Al-Quds dénonce dans un éditorial hier l'état de confusion de l'opinion publique créée par les fuites multiples et contradictoires sur le contenu des discussions, «bien que le président Mahmoud Abbas ait affirmé à maintes reprises les constantes et les lignes rouges palestiniennes». «Le peuple palestinien dans la patrie et la diaspora a le droit de savoir quelle est la nature des propositions américaines et des positions israéliennes», estime le journal, s'inquiétant d'une perpétuation de «l'occupation et de l'hégémonie que veulent vendre Israël et Washington sous l'étiquette de la paix».         

Par Ali O.

 

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