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Théâtre indépendant franco-algérien

Ziani-Chérif Ayad présente El Machina

 

 07/11/06

 

 Théâtre indépendant franco-algérien

Ziani-Chérif Ayad présente El Machina

Le metteur en scène algérien Ziani Chérif Ayad, farouche défenseur de son indépendance, présentera le 9 novembre au théâtre national de la Criée (Marseille) sa nouvelle création, «El Machina», première œuvre de son théâtre franco-algérien.

Après Marseille où la pièce sera jouée en français puis en arabe au théâtre Massilia, les comédiens se produiront en Algérie au premier trimestre 2007, dans le cadre d’ «Alger capitale culturelle du monde arabe».  «Nous travaillons sur ce projet depuis trois ans, il y a eu des hauts et des bas, spécialement de l’autre côté de la Méditerranée, à Alger mais ça y est, nous allons jouer», s’est réjoui Ziani Chérif Ayad lors d’une conférence de presse à la Friche de la Belle de Mai, «pied marseillais» de son théâtre El Gosto. Présentée dans le cadre des rencontres méditerranéennes d’Averroès, «El Machina» raconte le voyage de Zenouba, une fillette de douze ans «aux yeux couleur cannelle» qui prend le train (El machina en arabe dialectal d’Algérie) pour aller en vacances chez son oncle Djillali.  «La sensibilité et l’intelligence de cette petite fille, atteinte d’une maladie incurable, va aider les gens du compartiment à raconter leur histoire», explique

M. Chérif Ayad.  «El Machina» est une adaptation de «Zenouba, la fille de Bouziane le veilleur de nuit». Si l’auteur de cette pièce, Abdelkader Alloula, assassiné en 1994 par les islamistes, avait situé l’histoire dans les années 1980, Ziani Chérif Ayad l’a transposée dans les années 1990, période noire de l’Algérie où les violences firent plus de

150 000 morts. «Je suis curieux de voir comment la pièce sera reçue en Algérie. Nous sommes dans une période de réconciliation et c’est important que les gens se réconcilient. En même temps, il ne faut pas que cela s’apparente à de l’amnésie», explique

M. Chérif Ayad. Né en 1948 à Tlemcen (ouest de l’Algérie), Ziani Chérif Ayad a eu un coup de foudre pour le théâtre dès l’adolescence. «Au début, on nous présentait uniquement des pièces françaises, Molière, Marivaux, j’avais l’impression que le théâtre ne se faisait qu’en français», raconte-t-il. Puis, il voit une pièce en arabe d’Ould Abderrahmane Kaki. «J’ai découvert que nous avions un théâtre qui parlait de nous, avec nos mots».  Emballé, il rejoint l’Institut des arts dramatiques d’Alger, joue au Théâtre national algérien et fonde sa compagnie indépendante El Qalaâ (la Citadelle). En 1994, c’est l’exil pour la France après les assassinats d’artistes. Ziani revient dans son pays dans le cadre de l’année de l’Algérie en France où il est commissaire pour le spectacle vivant. Nommé directeur du Théâtre national d’Alger, il est démis en 2003.  Aujourd’hui, le metteur en scène peut de nouveau travailler dans son pays et le ministère de la Culture algérien va soutenir la tournée.  Mettre un pied en France permet au théâtre El Gosto - à la fois compagnie et producteur - d’être soutenu dans le montage des spectacles et d’y faire découvrir auteurs et comédiens algériens.  «Notre soutien est de la solidarité intéressée puisque nous voulons montrer du théâtre arabe contemporain» en Provence-Alpes-Côte d’Azur, région également partenaire de cette expérience, souligne Philippe Foulquié, directeur de la Friche de la Belle de Mai, lieu de production artistique sur des friches industrielles marseillaises. D’ici trois ans, El Gosto veut monter trois pièces, de deux auteurs algériens contemporains et d’un Syrien.

Synthèse H. K.

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