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Théâtre
indépendant franco-algérien
Ziani-Chérif Ayad
présente El Machina
Le metteur en scène
algérien Ziani Chérif Ayad, farouche défenseur de son indépendance,
présentera le 9 novembre au théâtre national de la Criée (Marseille)
sa nouvelle création, «El Machina», première œuvre de son théâtre
franco-algérien.
Après Marseille où la
pièce sera jouée en français puis en arabe au théâtre Massilia, les
comédiens se produiront en Algérie au premier trimestre 2007, dans
le cadre d’ «Alger capitale culturelle du monde arabe». «Nous
travaillons sur ce projet depuis trois ans, il y a eu des hauts et
des bas, spécialement de l’autre côté de la Méditerranée, à Alger
mais ça y est, nous allons jouer», s’est réjoui Ziani Chérif Ayad
lors d’une conférence de presse à la Friche de la Belle de Mai,
«pied marseillais» de son théâtre El Gosto. Présentée dans le cadre
des rencontres méditerranéennes d’Averroès, «El Machina» raconte le
voyage de Zenouba, une fillette de douze ans «aux yeux couleur
cannelle» qui prend le train (El machina en arabe dialectal
d’Algérie) pour aller en vacances chez son oncle Djillali. «La
sensibilité et l’intelligence de cette petite fille, atteinte d’une
maladie incurable, va aider les gens du compartiment à raconter leur
histoire», explique
M. Chérif Ayad. «El
Machina» est une adaptation de «Zenouba, la fille de Bouziane le
veilleur de nuit». Si l’auteur de cette pièce, Abdelkader Alloula,
assassiné en 1994 par les islamistes, avait situé l’histoire dans
les années 1980, Ziani Chérif Ayad l’a transposée dans les années
1990, période noire de l’Algérie où les violences firent plus de
150 000 morts. «Je suis
curieux de voir comment la pièce sera reçue en Algérie. Nous sommes
dans une période de réconciliation et c’est important que les gens
se réconcilient. En même temps, il ne faut pas que cela s’apparente
à de l’amnésie», explique
M. Chérif Ayad. Né en
1948 à Tlemcen (ouest de l’Algérie), Ziani Chérif Ayad a eu un coup
de foudre pour le théâtre dès l’adolescence. «Au début, on nous
présentait uniquement des pièces françaises, Molière, Marivaux,
j’avais l’impression que le théâtre ne se faisait qu’en français»,
raconte-t-il. Puis, il voit une pièce en arabe d’Ould Abderrahmane
Kaki. «J’ai découvert que nous avions un théâtre qui parlait de
nous, avec nos mots». Emballé, il rejoint l’Institut des arts
dramatiques d’Alger, joue au Théâtre national algérien et fonde sa
compagnie indépendante El Qalaâ (la Citadelle). En 1994, c’est
l’exil pour la France après les assassinats d’artistes. Ziani
revient dans son pays dans le cadre de l’année de l’Algérie en
France où il est commissaire pour le spectacle vivant. Nommé
directeur du Théâtre national d’Alger, il est démis en 2003.
Aujourd’hui, le metteur en scène peut de nouveau travailler dans son
pays et le ministère de la Culture algérien va soutenir la tournée.
Mettre un pied en France permet au théâtre El Gosto - à la fois
compagnie et producteur - d’être soutenu dans le montage des
spectacles et d’y faire découvrir auteurs et comédiens algériens.
«Notre soutien est de la solidarité intéressée puisque nous voulons
montrer du théâtre arabe contemporain» en Provence-Alpes-Côte
d’Azur, région également partenaire de cette expérience, souligne
Philippe Foulquié, directeur de la Friche de la Belle de Mai, lieu
de production artistique sur des friches industrielles
marseillaises. D’ici trois ans, El Gosto veut monter trois pièces,
de deux auteurs algériens contemporains et d’un Syrien.
Synthèse H. K.
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Copyright 2003
Le Jour d'Algérie. Conception
M.Merkouche
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