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L’immigration clandestine à Ghazaouet

Le phénomène prend une ampleur sans précédent

 

 07/11/06

 

 L’immigration clandestine à Ghazaouet

Le phénomène prend une ampleur sans précédent

Des centaines de jeunes «harraga» risquent chaque jour leur vie à bord de petites embarcations,   ou de canots pneumatiques (Zodiac).

Si certains d’entre eux réussissent dans leur folle équipée et téléphonent à leur famille une fois arrivés sur les côtes espagnoles, d’autres, par contre, n’arrivent jamais à destination et sont considérés comme disparus. Les 13 jeunes candidats à l’immigration clandestine, qui viennent d’être interceptés au large de Ghazaouet en cette fin de week-end, par les garde-côtes, n’ont certes pas vu leur rêve se réaliser mais ont la chance d’être toujours en vie et en bonne santé. Ces «harraga», dont la plupart sont originaires de la ville portuaire de Ghazaouet et sa région, ont pris le départ à partir de la plage de Sidna Youchaâ. Après leur interpellation, ils ont été reconduits jusqu’au port de Ghazaouet où ils ont été remis aux services de la Sûreté de daïra. On a appris également que les éléments de la brigade de gendarmerie de Ghazaouet qui ont reçu des renforts pour la circonstance et qui agissaient sur la base de renseignements, ont fait avorter une autre tentative d’immigration clandestine, toujours à partir de Sidna Youchaâ, au cours de la semaine dernière. On n’a pas d’autres précisions, si ce n’est que les candidats à la «hedda» étaient au nombre de 27. Le littoral de la daïra de Ghazaouet, distant des côtes espagnoles de seulement 120 kilomètres, est devenu un lieu de tentation qui aveugle les candidats à  l’immigration clandestine qui y converge de presque toutes les régions d’Algérie. Déboursant pour le voyage généralement plus de

100 000 DA par personne, ils tentent ainsi leur chance, à partir des nombreuses plages et criques de la région, presque chaque jour, dans des embarcations «bourrées» de jeunes dont l’âge varie entre 18 et 32 ans, voire un peu plus. Les plages de Sidna Youchaâ, Ziatène, Aânina (Fontanita), Oued Abdellah, Aïn El Guessab ou Bekhata enregistrent ainsi de nombreux départs vers un ailleurs qu’ils espèrent meilleur. Bien souvent cependant, ils disparaissent au fond de cette Méditerranée aux tempêtes violentes et souvent imprévisibles. Jusqu’à présent, aucun sociologue ne s’est penché sur le phénomène de la «hedda» qui fait de  plus en plus d’émules parmi les jeunes et moins jeunes. Tous veulent l’aventure, de l’adolescent à peine pubère au père de famille d’un certain âge. On a même parlé, récemment dans les rues de Ghazaouet, d’un père et de son fils qui ont essayé de rejoindre ensemble les côtes espagnoles. Dans ce cas précis, on ne sait pas qui du père ou du fils a accompagné l’autre ? Ceci dit, les services de sécurité, tous corps confondus, commencent à se spécialiser dans ce phénomène nouveau, d’où l’échec de nombreuses tentatives. La ruée des «harraga» vers les côtes de Ghazaouet serait due, aux dires de la vox populi, à la réussite de nombreuses traversées vers la péninsule ibérique, d’une part, et à l’expérience des guides, ou passeurs qui proposent leurs «services» et qui sont pour la plupart des connaisseurs de la mer, d’autre part. Moyennant d’importantes sommes d’argent, des individus organisent ainsi la traversée du golfe de Ghazaouet jusqu’en Espagne, souvent en suivant discrètement, du moins durant les premières miles, le navire espagnol de voyageurs faisant la navette entre Ghazaouet et Alméria, à bord d’embarcations avec lesquelles ils retournent vers leur point de départ si, bien entendu, ils ne décident pas de rester, eux aussi, en Espagne. Dans la région de Ghazaouet, les passeurs sont cependant peu nombreux et opèrent plutôt du côté de Oued Bennayed et Beider. Ceci dit, les candidats à l’émigration préfèrent ceux en qui ils ont confiance puisqu’ils prennent la mer avec eux à ceux qui se sont spécialisés dans l’escroquerie.

Lebbad Youcef

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