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Affaire des magistrats faussaires

Le dossier Mellouk bientôt à l’ONU

Nouvelles mesures de sécurité dans les aéroports

Les passagers très coopératifs

Boumerdès

La gendarmerie fait son bilan

Bouteflika à Pékin pour une visite d’Etat

Intérêt pour la technologie chinoise 

Autoroute Est-Ouest

Bouteflika insiste sur les délais

«Des chantiers pour l’avenir»

Un spécial Algérie publié par le mensuel «Arabies»

Pour «exiguïté» de la salle d’audience

Le procès de l’affaire BCIA reporté

Objet de la visite de Peter Rodman

Deuxième dialogue militaire algéro-américain

Diabète, HTA et obésité

Les médecins tirent la sonnette d’alarme

Colloque Houari Boumediene

La diplomatie algérienne à l’honneur

Logement APC/CNEP de Gué de Constantine

Les bénéficiaires attendent toujours

Oracle Algérie

La solution informatique des entreprises

Le politologue Etienne Bruno à Alger

«Les Américains ont lâché l’Afrique»

Fruit de la coopération algéro-française

L’Organisme algérien d’accréditation créé

Campagne contre l’islamophobie

L’apport des musulmans britanniques

Ils parlent de l’Université

Le blues des étudiants

Victime de pratiques parasitaires et bureaucratiques

L’agriculture tarde à prendre son essor

Filière lait

Extrême faiblesse des subventions

 

 07/11/06

 

 Affaire des magistrats faussaires

Le dossier Mellouk bientôt à l’ONU

L’objectif de cette sortie médiatique étant de rendre publics les résultats de l’édition 2006 de l’indice de perception de la corruption (IPC).

Le dossier des magistrats faussaires dénoncés par Benyoucef Mellouk, un des «grands scandales de corruption et des faux moudjahiddines qui a coûté un crime économique à l’Etat», sera transmis sous peu aux mains des représentants des Nations Unies par un des représentants d’une ONG présent à l’occasion du colloque organisé à Alger sur la lutte contre la corruption. C’est ce que nous avons appris en marge de la conférence de presse donnée hier par Djilali Hadjadj, porte-parole de l’Association algérienne de lutte contre la corruption (AACC), à la Maison de la presse Tahar Djaout, à Alger. L’objectif de cette sortie médiatique étant de rendre publics les résultats de l’édition 2006 de l’indice de perception de la corruption (IPC). Ainsi, 163 pays figurent dans l’édition de cette année, dont l’Algérie (159 pays en 2005). Dans cet IPC, qui existe depuis 1995, l’Algérie n’a commencé à

y figurer que depuis 2003. Cette année, l’Algérie a obtenu la note de 3,1 sur 10 et occupe la 84e place. Illustrant par des chiffres le classement des scores de l’Algérie en ce qui concerne le fléau de la corruption trois années auparavant, l’on indique qu’en 2005 le score était de 2,8 et occupait ainsi la 97e place sur 159 pays. En 2004, c’était de 2,7 et à la 97e place sur 164 pays, alors qu’en 2003 c’était de 2,6 et la 88e place sur 133 pays. L’analyse fait ressortir que si l’Algérie a amélioré son score et son classement de 2005 et 2006, ses résultats confirment l’existence d’un très haut niveau de corruption, et les 3/10e de points gagnés ne sont pas significatifs d’une amélioration dans la lutte contre la corruption, encore moins d’une volonté politique effective sur le terrain. Selon les auteurs de l’édition 2006 de l’IPC, ce gain traduirait plutôt l’engagement de l’Algérie en matière de ratification des conventions des Nations Unies et de l’Union africaine contre la corruption, engagement qui aurait du se traduite par une transposition en droit interne conforme à ces conventions, ce qui est loin d’être le cas à la lecture de la loi du 20 février 2006 de prévention et de lutte contre la corruption. C’est loin d’être le cas lorsque l’on s’aperçoit que le volume des échanges commerciaux de l’Algérie avec les 10 pays les moins corrompus est dérisoire. Interrogée par la presse sur les secteurs qui sont les plus touchés par la corruption en Algérie, le conférencier indiquera que c’est surtout les secteurs de la construction, de l’eau et du transport. Evoquant le secteur de la Santé qui peine encore à s’améliorer, qualifié par Djilali Hadjadj de «catastrophique». Celui-ci estime que la gestion dans ce secteur fait grandement défaut. Le cas édifiant est l’importation des médicaments atteignant 1,1 milliard de dollars en 2005 alors que l’OMS estime que 350 millions de dollars suffisent largement pour couvrir les besoins de la population. Enfin, le porte parole de l’AACC exhorte vivement la société civile, les secteurs économiques, public et privé, et les pouvoirs publics, acquis à la modernité, au progrès social et à la bonne gouvernance, à ne plus perdre du temps et unifier leurs efforts afin de commencer à faire reculer ce fléau qu’est la corruption.     

Kahina Benarab

 

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Nouvelles mesures de sécurité dans les aéroports

Les passagers très coopératifs

L’aéroport international d’Alger connaissait un mouvement des plus normaux, hier, premier jour de l’application des mesures complémentaires de sécurité décrétées par l’Union Européenne. Celles-ci stipulent que tous les voyageurs en provenance ou à destination des pays de l’espace Schengen, de la Suisse, de l’Islande et de la Norvège sont tenus, à partir d’hier, de mettre les produits liquides qu’ils envisagent de transporter, dans les soutes de bagages. Les produits liquides ne sont plus tolérés en cabine. Seulement une quantité de 100 millilitres est tolérée. Tous les liquides, crèmes et autres matières doivent être disposées dans un seul sac plastique de 20 x 20 cm que les compagnies aériennes fournissent pour le moment et qui seront disponibles sur le marché prochainement. On nous a expliqué hier, à l’aéroport international d’Alger que le lait pour nourrissons et les médicaments indispensables durant le vol sont toutefois permis dans la cabine, mais les passagers sont tenus de le signaler avant embarquement. Si un malade doit porter avec lui un médicament liquide et dont la prise est indispensable durant le vol, une ordonnance doit être alors présentée. Les mêmes consignes sont applicables sur les produits achetés en zones sous-douane. Cette mesure vient en effet compléter la liste datant de 2001 des objets prohibés dans les bagages à mains des passagers. Une mesure justifiée par les tentatives d’attentats en Angleterre de juillet dernier. Au premier jour de l’application de ces mesures, aucune réticence n’a été enregistrée à l’aéroport international d’Alger. Dans la zone de contrôle de la compagnie française Air France, tous les passagers semblaient être au courant de ces mesures. «Nous l’avons appris par la télé, sur les chaînes françaises. D’habitude, je transporte avec moi des bouteilles d’huile d’olive que je ne peux mettre dans la soute à bagages, mais cette fois ci, je suis obligé de s’abstenir», explique une dame venue de Kabylie et qui attend d’embarquer à destination de Paris. A souligner que l’huile est interdite à bord, même en soute à bagages, à l’exception des huiles transportés dans des flacons conformes aux règles. Selon des responsables de la sécurité, l’huile qui est un produit inflammable peut causer également l’endommagement des bagages, ce qui nécessite son transport dans des flacons résistants et bien hermétiques. Air France n’a pas manqué d’afficher devant ses guichets ces nouvelles mesures. Selon M. Yves Recent, responsable à la compagnie française, «aucune anomalie n’a été signalée durant la journée d’hier. Les voyageurs se montrent plutôt compréhensifs puisqu’il s’agit de leur sécurité avant tout». Aucun passager n’était en possession de liquide dans ses bagages à mains, à part le cas d’une personne malade qui devait prendre son médicament à bord, nous a-t-il expliqué. Selon ce même responsable, Air France continuera à fournir les sacs en plastiques exigés jusqu’à ce qu’ils soient disponibles sur le marché algérien.       

Fatima Arab

 

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Boumerdès

La gendarmerie fait son bilan

58 accidents de la circulation ont fait 9 morts et 94 blessés, tel est le bilan enregistré durant la période de ramadan allant du 24 septembre au 24 octobre 2006. C’est ce qui est annoncé dans un communiqué du groupement de la Gendarmerie nationale de Boumerdès.

Ainsi, les activités des unités de la police routière ont enregistré 9 218 interventions, 1 934 délits et 549 contreventions. D’autres délits ont été constatés et sont relatifs au code de la route, ce qui a contraint les services de sécurité, notamment celui de la circulation routière, à procéder au retrait de 145 permis de conduire. Quant aux actions liées à la drogue et la délinquance ; 228,5 grammes de cocaïne traitée d’une valeur de

9 500 DA ont été saisis. Parmi les interpellés, 3 personnes ont été arrêtées et 5 autres libérés après enquête et constitution d’un dossier judiciaire.

18 affaires entrant dans le cadre des activités de la police générale sont traitées, notamment celles liées aux vols, coups et blessures volontaires, falsification, aides et dons aux groupes terroristes armés pour lesquelles 30 personnes ont été interpellées, dont 13 présentées au parquet et 17 autres libérées. De nombreux objets et produits ont été saisis : 2 couteaux, 1 téléphone portable, 2 postes radio, une série de clés ainsi que des faux billets de banque et des cachets humides, tel est le lot saisi en cette période du mois de ramadan par la Gendarmerie nationale. Dans le cadre des opérations de contrôle inopinées, les unités ont procédé à l’interpellation et à l’identification de 583 citoyens, 320 contrôles de voitures et d’autres infractions ayant trait à la circulation routière. Additivement aux affaires suscitées, 2 940 unités électriques ont été saisies. «La gendarmerie au service du peuple» n’est pas un vain slogan, nous a-t-on affirmé, car ce corps noble de la gendarmerie nationale, en ce mois chaud de ramadan, a déployé tous les efforts pour sécuriser les citoyens.

K. A.

 

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Bouteflika à Pékin pour une visite d’Etat

Intérêt pour la technologie chinoise 

Le Président Abdelaziz Bouteflika a entamé hier une visite d’Etat de trois jours en Chine.

La première journée de cette visite effectuée en compagnie de neuf ministres algériens s’est soldée par la signature de plusieurs accords de coopération dans divers domaines élaborés conjointement par les deux pays. Selon Mohammed Bedjaoui, ministre d’Etat, ministre des Affaires étrangères, le programme de cette visite est très chargé et très dense, plusieurs entretiens avec de hauts responsables sont également prévus. M. Béjaoui a ajouté qu’il y a possibilité d’avoir un partenariat stratégique et une coopération qui sera bénéfique pour les deux parties. S’étalant sur l’importance et la concrétisation de ces projets, M. Bejaoui dira que «les deux chefs d’Etat vont prendre chacun des secteurs et les examinerons à la loupe pour savoir s’il y a ou non une place pour une stratégie d’ensemble»

a-t-il précisé.

Le ministre estime que la Chine s’intéresse à notre pays qu’elle considère à la porte des pays émergents. «Il est évident que nous allons accélérer le rythme de nos réalisations grâce à cette coopération stratégique dans laquelle les deux pays seront gagnants»,

précisera-t-il.

A noter enfin que cette visite d’Etat, la deuxième du genre du Président Bouteflika en Chine, traduit l’intensification de la concertation politique algéro-chinoise, en vue de la concrétisation d’un partenariat stratégique entre les deux pays. Elle intervient également au moment où la coopération entre l’Algérie et la Chine connaît une dynamique accélérée, particulièrement dans les domaines du commerce, de l’industrie, de la santé, de l’habitat, des ressources en eau et du tourisme. Alger et Pékin ont affiché, à maintes occasions, leur volonté de hisser leurs relations à un niveau qualitatif qui dépassera les simples échanges commerciaux à même de jeter les ponts d’un véritable partenariat stratégique.

Une déclaration historique

Le Président Bouteflika et son homologue chinois, M. Hu Jintao, ont signé hier une déclaration sur le développement des relations de coopération stratégique. Sept autres accords de coopération bilatérale ont été également signés entre les deux parties. Ces accords portent sur l’extradition judiciaire, l’entraide judiciaire en matière pénale et sur un protocole de coopération économique et technique. Il s’agit également d’une convention sur la non-double imposition, la prévention contre l’invasion fiscale, d’un protocole d’entente en matière de contrôle de qualité des produits industriels, un protocole similaire sur le contrôle des denrées alimentaires et d’un accord sur le transport civil.

Le chef de l’Etat a eu des entretiens élargis avec le Président Jintao, le Premier ministre, Wen Jiabao et le président de l’Assemblée populaire de Chine, Wu Bangguo où il a exprimé la volonté de l’Algérie de lier des relations stratégiques basées sur la confiance mutuelle et l’intérêt commun. «Je crois que nous avons, aujourd’hui, jeté les bases d’une coopération stratégique à laquelle nous voulons donner un contenu de plus en plus substantiel»,

a-t-il indiqué. Le Président Hu Jintao a exprimé sa reconnaissance au Président Bouteflika pour sa contribution effective dans le succès du Sommet sino-africain. Très impressionné par le développement atteint en matière des nouvelles technologies de l’information et de la communication, Bouteflika n’a pas manqué d’exhorter les sociétés chinoises à venir investir en Algérie. «L’Algérie a besoin du transfert des technologies, de l’expérience et du savoir-faire chinois pour se développer et s’épanouir»,

a-t-il fait remarquer. Le partenariat qui lie les deux pays doit, selon Bouteflika, atteindre la formation des cadres et l’implantation d’usines de fabrication d’équipements. Dans ce contexte, il a mis l’accent sur la nécessité d’accélérer le processus de concrétisation du partenariat algéro-chinois dans le domaine des télécommunications.    

Nouria B.

 

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Autoroute Est-Ouest

Bouteflika insiste sur les délais

Le président Bouteflika a exhorté le P-DG du groupe CITIC chinois, chargé de la réalisation de l’autoroute Est-Ouest, en Algérie, à respecter les délais de livraison de cet ouvrage. «Je voudrais vous dire que nous avons payé très cher le coût de ce projet et j’insiste auprès de vous sur le respect des délais de réalisation et sur la qualité de l’ouvrage qui doit être mondialement reconnu», a martelé le chef de l’Etat à l’occasion de sa visite au chantier de réalisation du stade d’Etat à Pékin.  «Cela y va de la réputation de votre groupe mais aussi et surtout de votre pays», a-t-il ajouté. Insistant sur la qualité de la réalisation du projet, Bouteflika dira que «jamais l’Algérie n’a eu l’honneur d’initier un projet d’une telle envergure et, en aucune manière, je n’accepterai que vous fassiez un travail moins bon que celui que vous êtes en train de faire dans votre pays», a-t-il souligné.  

N. B.

 

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«Des chantiers pour l’avenir»

Un spécial Algérie publié par le mensuel «Arabies»

«Des chantiers pour l’avenir», c’est sous ce thème que le mensuel Arabies de novembre publie un «Spécial Algérie» qui met en évidence les différents volets du développement socio-économique que connaît le pays depuis ces dernières années. «Si elle a engagé des partenariats d’envergure avec la Chine, la Russie ou les Etats-Unis, l’Algérie reste néanmoins ouverte aux entreprises d’autres pays, notamment européennes», écrit le mensuel paraissant à Paris, qui évoque une «coopération multiforme». Mettant en lumière ces nombreux projets d’envergure engagés depuis ces dernières années et jusqu’à l’horizon 2009, Arabies rapporte que «les projets de développement foisonnent en Algérie». Du programme de soutien à la relance économique (PRSE) lancé pour la période de 2001-2004, au programme complémentaire de soutien à la croissance (PCSC) s’étalant sur cinq ans (2005-2009), le mensuel décrit les différents et nombreux projets engagés à la faveur de ces deux importants plans qui s’inscrivent dans le cadre du développement socio-économique du pays. «Plus ambitieux», le PCSC vise comme perspective «de consolider les projets socio-économiques engagés dans le cadre du PRSE et d’en initier d’autres», relève Arabies. Il rappelle que ce programme s’articule autour de six grandes priorités : l’amélioration des conditions de vie de la population, le développement des infrastructures, le développement des régions du Sud et des Hauts Plateaux, le soutien au développement économique, le développement et la modernisation du service public, ainsi que le développement des nouvelles technologies de communication. «L’approche sectorielle de ce programme donne la priorité aux grands projets d’infrastructures dans les transports, les travaux publics et le logement», ajoute-t-il, en précisant que «par son aspect stratégique et l’enveloppe financière engagée pour sa réalisation, l’autoroute Est-Ouest est en quelque sorte le projet-phare du PCSC». Le mensuel s’intéresse également au dialogue social, en mettant en exergue notamment l’impact de la revalorisation des salaires décidée à l’issue de la 12e tripartite (Gouvernement-UGTA-Patronat). «Le dialogue social permet de trouver des solutions efficaces à des millions de salariés», écrit-il en soulignant, à ce titre, que «la forte croissance que connaît le pays et les prévisions positives pour l’avenir laissent présager de revenus moyens en augmentation et d’une évolution graduelle du pouvoir d’achat». «Une démarche fructueuse», titre par ailleurs Arabies en évoquant, à travers ce «Spécial Algérie» d’une quinzaine de pages, les retombées de la charte pour la paix et la réconciliation nationale.

R. N.

 

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Pour «exiguïté» de la salle d’audience

Le procès de l’affaire BCIA reporté

L’événement-phare, hier à Oran, en matière de justice, était incontestablement le jugement de l’affaire BCIA qui a défrayé la chronique il y a trois ans de cela, en continuant de tenir les curieux en haleine depuis octobre 2003, et qui était très attendue par les observateurs, comme en témoigne le monde fou qui s’est agglutiné devant la cour d’Oran pour suivre le procès. Leur faim n’a finalement pas été apaisée. Et pour cause, le procès de cette affaire –dite des traites avalisées par la BCIA et escomptées par la BEA– a dû finalement être reporté. La salle d’audience du tribunal criminel de la cour d’Oran ne pouvait pas contenir les 57 personnes présumées responsables de la dilapidation de 1 320 milliards de centimes, accompagnés d’une centaine d’avocats, en plus de 61 témoins et de nombreux journalistes venus couvrir l’événement. Etaient également présents les familles des mis en causes. Le juge a suggéré que ne rentrent en salle que les avocats représentant le mandant demandé à la barre, ce que la défense a refusé, sachant qu’il s’agit d’une affaire où tout s’imbrique et que, par conséquent, la défense se doit d’écouter toutes les interventions. Il faut dire que même les avocats de la partie civile ont abondé dans ce sens, ce qui a amené le juge à décider de reporter l’affaire. Histoire de décontracter l’atmosphère, un des avocats de la défense, Me Mokrane Aït Larbi, a lancé: «Il va peut-être falloir juger l’affaire au palais des sports!»

Pour rappel, il y a trois ans, l’agrément était retiré à la banque privée BCIA et sa mise en liquidation était décidée. Il faut dire dans ce contexte que, la veille déjà,  l’on parlait d’un possible renvoi du procès à une date ultérieure, des avocats de la défense s’étant donné le mot «d’attaquer l’arrêt de renvoi prononcé par la chambre d’accusation et la décision d’enrôlement pour la session criminelle en cours prise par le parquet général». L’on s’attendait en effet à une véritable offensive du collectif de défense, mais les robes noires n’avaient ainsi nul besoin d’aller jusqu’à remettre en cause le traitement judiciaire pour voir le procès reporté. Cela dit, dans une conférence de presse organisée la veille, le procureur général près la cour d’Oran, M. Zaghmati, a tenu à souligner que «l’affaire a été menée conformément à la loi», pour préciser qu’il n’y a eu aucune atteinte aux droits de la défense. C’était là sa réponse à la lettre du conseil du P-DG de l’ex-BCIA dans laquelle celui-ci a émis des réserves quant au traitement du dossier par les autorités judiciaires.

E. Ikram

 

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Objet de la visite de Peter Rodman

Deuxième dialogue militaire algéro-américain

Le deuxième dialogue militaire (JMD) entre l’Algérie et les

Etats-Unis, se terminera aujourd’hui, après avoir été entamé à Alger dimanche dernier.  Ce dialogue est co-présidé par le général major Ahmed Senhadji et le secrétaire adjoint à la Défense pour la sécurité internationale,  Peter W. Rodman, selon un communiqué de l’ambassade américaine à Alger.  «Le JMD a été conçu pour entretenir le dialogue et les relations entre les deux pays et pour promouvoir et renforcer leurs liens bilatéraux dans le domaine militaire», ajoute la même source.

«L’Algérie et les Etats-Unis cherchent à développer une relation dans le domaine sécuritaire qui servirait l’intérêt des deux pays, et qui protégerait leurs citoyens contre la menace terroriste», est-il précisé. Le communiqué indique que «la coopération militaire

algéro-américaine, sous forme de visites de bateaux militaires, de programmes de formation et d’études, a aidé à créer une meilleure compréhension mutuelle et une meilleure habilité à travailler ensemble». L’Algérie et les

Etats-Unis ont aussi participé ensemble à des activités de l’OTAN dans le cadre de  l’initiative du dialogue méditerranéen pour renforcer la sécurité dans l’ouest méditerranéen, rappelle-t-on. Le dialogue militaire algéro-américain se tient chaque année. Le premier dialogue a eu lieu à Washington en avril 2005.

Amine B.

 

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Diabète, HTA et obésité

Les médecins tirent la sonnette d’alarme

Le diabète, l’hypertension artérielle (HTA) et l’obésité sont à l’origine d’une «surmortalité», ont révélé hier les résultats préliminaires du dépistage du diabète de type 2, de l’obésité et de l’hypertension artérielle, lancé en avril dernier dans 12 wilayas du pays et répercuté par l’APS.

 «Les maladies cardiovasculaires en rapport avec les facteurs de risque que sont l’obésité, l’hypertension artérielle (HTA) et le diabète de type 2, sont en nette augmentation croissante en Algérie», a affirmé le Pr. Mansour Brouri, lors de la présentation des résultats de ce dépistage devant le 7e Forum national de formation continue ouvert à Alger. L’opération de dépistage de l’obésité, de l’HTA et du diabète a porté sur 12 wilayas du centre et du sud-est du pays, d’Alger à Tamanrasset, avec comme objectif d’examiner 121 959 adultes âgés de 35 ans et plus sur une population ciblée de 3 187 776 personnes. La population concernée par le dépistage est de 141 539, soit 116% de l’objectif fixé. Les résultats préliminaires, «à interpréter avec beaucoup de réserve, car non définitifs», a-t-il dit, montrent que 155 692 personnes ont une glycémie capillaire pathologique, soit 11% de l’effectif inclus. Par ailleurs, une hyperglycémie modérée à jeun, une catégorie à très haut risque de devenir diabétique dans les années à venir, est retrouvée dans 19,2% des cas, a déclaré le Pr. Brouri, qui a piloté ce dépistage. Pour ce qui est de l’HTA, 19,2% des personnes examinées ont une tension artérielle égale ou supérieure à 140/90 mmHg. Et 23.6% des sujets examinés ont une tension artérielle de 130/80 mmHg.

Enfin, concernant l’obésité, le BMI (Body Mass Index) est supérieur ou égal à 25 dans 49.8% des cas et l’obésité abdominale, facteur à haut risque cardiovasculaire, définie par un périmètre abdominal supérieur ou égal à 49 cm chez l’homme et 80 cm chez la femme, est retrouvée dans 54,5% des cas, selon le professeur. Ce dernier a qualifié cette situation d’«alarmante». Selon lui, elle est d’autant «plus préoccupante» que l’obésité, l’HTA et le diabète de type2. Ces derniers, a-t-il ajouté, sont les «principaux facteurs de risque, les plus grands pourvoyeurs de maladies cardiovasculaires, souvent graves et responsables de la plupart des décès, près de 50% des décès par maladie chronique». Pour le professeur, «si rien n’est entrepris pour arrêter cette véritable explosion +épidémique+, il faudrait s’attendre à supporter un fardeau socio-économique encore plus lourd». A l’horizon 2025, a-t-il averti, «on risque d’avoir 1 000 000 de rétinopathies, 500 000 insuffisances rénales, 500 000 cardiopathies ischémiques, 500 000 artériopathies des membres inférieurs et 150 000 accidents vasculaires cérébraux dont la prise en charge exigera des moyens financiers et humains colossaux».

Amine B.

 

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Colloque Houari Boumediene

La diplomatie algérienne à l’honneur

Avancé de deux jours, le colloque Houari Boumediene annuellement organisé les 27, 28 et 29 décembre aura lieu à Mostaganem, apprend-on de la bouche du SG de l’UNJA. Mohamed Madani qui réunira son bureau national demain autour de six points à l’ordre du jour dont la préparation dudit colloque qui aura pour thème «La diplomatie algérienne : des libertés à la mondialisation». Selon le SG, le colloque ouvrira une des pages glorieuses de la diplomatie algérienne à l’ère de Boumediene en ce sens qu’elle était le fer de lance de la politique étrangère du défunt président. Le département des affaires étrangères était alors drivé par le plus jeune minis-tre des AE au monde durant 13 ans, en la personne de Abdelaziz Bouteflika. L’Algérie avait présidé, pour rappel, la 29e AG des Nations unies sous l’égide du SG, Kurt Valdhaim. Et c’était sous la houlette de la représentation algérienne que la délégation de Pick Botha, président du régime d’apartheid en Afrique du Sud a été exclue des Nations unies. Yasser Arafat, patron de l’OLP, jadis qualifiée d’«organisation terroriste» a pu fouler des pieds la salle de l’AG et discourir devant la plénière de l’ONU pour lancer son offre de paix qui changea depuis le cours de l’histoire. C’est aussi par ces temps d’apogée diplomatique que l’affaire du Sahara occidental fut inscrite dans l’agenda onusien pour la première fois sous l’impulsion de la diplomatie du régime Boumediene alors que la communauté internationale ignorait l’existence de ce petit peuple qui criait son indépendance derrière les dunes oubliées de ce qui fait aujourd’hui la RASD. Le palmarès de notre diplomatie est long si l’on tient compte des actions de médiations de l’Algérie dont celle entre l’Irak et l’Iran, rongés par des hostilités séculaires, entre factions libanaises ravagées par la guerre civile ou entre Africains qui croulaient sous l’occupation ou noyés dans des guerres frontalières ou tribales.

Selon le SG de l’UNJA, plusieurs personnalités de marque ayant vécu l’époque sont conviées à ce colloque qui prend, depuis peu, la dimension internationale. Un grand hommage sera rendu, à en croire Mohamed Madani, d’anciens diplomates de l’ombre avec à leur tête le chef de l’Etat qui sera l’invité vedette et M. Lakhdar Ibrahimi. On cite entre autres diplomates MM. Abdelkader Bouselhem, Abdelkader Messahel, Lamine Khane, Mahyeddine Amimour, et MM. Benyahia, Saâd Dahleb et Mohamed Demagh El Atrous à titre posthume. L’édition du colloque de cette année se veut également un retour aux sources de la diplomatie algérienne pour permettre aux conférenciers et autres acteurs choisis parmi d’illustres témoins, pour relater les zones d’ombre de toute une histoire aux quelques

1 500 jeunes invités à cette occasion. Ce colloque coïncide avec l’hommage rendu par l’Europe à la diplomatie algérienne via le ministre d’Etat ministre des Affaires étrangères, Ahmed Bedjaoui, primé récemment à Rome pour ses efforts déployés dans le cadre du dialogue des cultures et le rapprochement entre les peuples.

Salah Bey

 

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Logement APC/CNEP de Gué de Constantine

Les bénéficiaires attendent toujours

Dix-sept ans. L’attente est longue pour les bénéficiaires des 750 logements de Gué de Constantine qui broient toujours du noir. Après avoir frappé à toutes les portes, ces derniers se sont constitués en une association dans l’espoir d’avoir enfin un toit. Un représentant de cette association nous a fait part de l’inquiétude des familles concernées. «Nous voulons le respect du statut du programme APC/CNEP de Gué de Canstantine, datant de 1989, et de l’application des articles 106, 113 et 124 du code de la république». C’est en ces termes que s’est exprimé un représentant de l’association des bénéficiaires légaux et légitimes des 750 logements du programme APC/CNEP, dont 216 sont squattés, qui s’est rendu à notre rédaction. Ce dernier, représentant les familles des bénéficiaires, nous a expliqué que «la justice a prononcé l’expulsion des squatteurs desdits logement sans pour autant que ces indus occupants ne quittent les lieux.» Ne voyant pas de suite effective, les acquéreurs légaux de ces logements ont fait une sorte de mémorandum dont ils ont envoyé plusieurs copies aux groupes parlementaires des partis politiques siégeant à l’APN, au wali d’Alger, au ministre de l’Habitat, au Chef du gouvernement ainsi qu’au président de la République. Les responsables en charge de la construction des logements en question, nous a affirmé notre interlocuteur, «ont porté atteinte aux intérêts moraux et matériels des bénéficiaires». Programmée pour 6 mois, la réalisation du projet des 750 logements n’est pas achevée. Vieux de 17 ans, ce problème qui continue d’empoisonner la vie quotidienne des bénéficiaires, est loin de connaître son épilogue, d’autant plus qu’aucune solution ne pointe à l’horizon. Le programme de construction de 750 APC/CNEP de Gué de Constantine, datant de 1989, dont 216 logements sont squattés par des indus occupants, selon les bénéficiaires légaux, qui parlent de «mauvaise gouvernance». Ils demandent «l’intervention personnelle du premier magistrat du pays afin que le statut du programme de nos logements soit respecté.»            

Djamel Oukali

 

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Oracle Algérie

La solution informatique des entreprises

Présent sur le marché algérien depuis les années 1980 mais représenté par un bureau depuis juin 2004, Oracle corporation, premier éditeur mondial des logiciels d’entreprise ne compte pas se contenter de sa situation actuelle quand bien même elle n’est pas déplaisante. Hier, lors d’une conférence de presse animée à l’hôtel Sofitel, ses responsables ont fait le point sur les acquisitions stratégiques et sur l’évolution des produits d’Oracle.

A travers le monde, Oracle est-il indiqué compte plus de 275 000 clients dans plus de 145 pays.

Elle compte aussi parmi ses clients 98 des entreprises du classement fortune 100. Son responsable Algérie expliquera que le souci de son entreprise n’est pas tant de gagner de l’argent mais de pouvoir offrir un accompagnement aux entreprises.

Or, est-il souligné, les entreprises qui exercent en Algérie n’ont rien de différent de celles qui exercent ailleurs dans le monde.

Mieux, Oracle Corporation présente en Algérie à travers Oracle Fusion Middleware entend exploiter son expérience accumulée ailleurs et la mettre au service des entreprises locales avec l’assurance d’avoir un logiciel qui répond à tous leurs besoins informatiques.

En réalité, soulignera Nadji Sid, l’Algérie a une opportunité pour développer une richesse qui tournerait autour de l’industrie informatique. Ayant sérié les besoins de ses clients algériens qui tournent autour de la gouvernance d’entreprise, des normes internationales, de l’optimisation des coûts et de la compétitivité accrue, Oracle Algérie est en partenariat avec entre autres Sonatrach CPE, RTI Algérie et BIG informatique. En un mot, Oracle prend l’engagement de contribuer au développement du marché algérien.

Nadia K.

 

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Le politologue Etienne Bruno à Alger

«Les Américains ont lâché l’Afrique»

 «Les Américains ont lâché l’Afrique, ce continent n’est plus un enjeu pour eux car le centre du monde s’est déplacé. C’est aujourd’hui la Chine, l’Inde et le Japon.

«La hantise américaine c’est une éventuelle alliance avec la Chine et la jonction avec l’Islam asiatique», lance d’emblée l’éminent politologue français Etienne Bruno lors d’une rencontre qu’il a animée dimanche au centre culturel français d’Alger et dont le thème était «Clash des civilisations», ajoutant que l’actuelle visite du Président algérien en Chine  est un tournant incontournable dans l’histoire du pays. «J’ai été en Chine, ce voyage a marqué ma vie et depuis j’ai eu une autre vision du monde. En Chine, on dit que les Arabes sont des Occidentaux !», lâche-t-il ajoutant que la culture arabe et occidentale se ressemble puisqu’elle puise de la pensée grecque tandis que l’Inde, la Chine et le Japon sont des problématiques complètement différentes du monde. «En Chine, on prend les Arabes pour des Occidentaux ! Lorsque des amis chercheurs me parlent de l’Islam chinois je leur dis que ce n’est pas de l’Islam mais du bricolage !». Ce professeur agrégé de sciences politiques et membre de l’Institut universitaire de France, qui enseigne à l’Institut d’études politiques d’Aix-en-Provence et dirige l’Observatoire du religieux, déclare que «la realpolitik ce sont les contrats» et que tout se joue autour de cela. Dans ce sens, il prédit que le nouvel allié des Américains ne sera autre que l’Iran car l’Arabie saoudite n’est plus un allié «fiable»! «L’histoire du nucléaire iranien n’est qu’une propagande qui nous cache la vérité : Les États-Unis sont en train de négocier avec l’Iran l’acheminement des pipes de pétrole des puits du Tadjikistan et autres ex-Républiques soviétiques, dîtes oui et nous laisserons tomber ces accusations ! Au départ, ce projet était prévu avec Poutine mais ce dernier n’a pas pu apaiser la situation en Tchétchénie pour permettre l’acheminement du pétrole sur ses terres». Bouleversant ! Pour Bruno Etienne, quand on nous parle d’intérêt général, national ou mondial, il faut comprendre intérêts économiques, personnels et énergétiques qu’impose l’idéologie du libre marché et non la fausse guerre des religions car aujourd’hui on assiste à une lutte de redéfinition géostratégique qui concerne le contrôle du Proche-Orient (purement énergétique) et qui est légitimé des deux côtés par des références culturelles et religieuses qui masquent les véritables enjeux. «Le danger qui menace les USA n’est pas l’Islam comme on nous le fait croire mais ce sont les immigrés hispaniques, c’est l’Amérique latine !», avoue-t-il précisant qu’il récuse la théorie des chocs des civilisations qui n’a aucun sens. «Le slogan ‘Occident contre Islam’ fonctionne à condition que personne ne sache ce qu’est Occident et ce qu’est Islam ! On fonctionne ainsi sur la méconnaissance réciproque. Je peux sans problème vous dire comment les fantasmes définissent l’Islam car ce qui est important ce n’est pas ce qui est vrai mais c’est ce que les gens croient». Une situation entretenue par l’effet de la mondialisation ou la «westernisation» comme il préfère la nommer et qui n’est qu’un outil «efficace» de propagande et de conditionnement qui joue sur «l’évènementiel», à l’instar des images de la télévision. L’invité du CCF augure de la prochaine adhésion de la Turquie à l’Union européenne puisqu’elle détient les ressources de l’eau alors que l’Arabie saoudite tomberait sous les coups de butoir d’ Al Qaïda puisque Ben Laden n’a comme projet que de renverser les Beni Saoud. Il souligne également que l’Europe est divisée en deux, l’Est qui tend vers les USA et le Sud qui penche vers la Méditerranée. Pareil pour les pays arabes qui sont minés par la même vision. «Nous n’avons pas pu unir l’Europe et vous avez échoué à vous unir, voilà ce qui a facilité la tâche aux Américains qui profitent de cette faiblesse et font ce qu’ils veulent. Nous leur avons laissé le champs libre!» 

Irane Belkhedim

 

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Fruit de la coopération algéro-française

L’Organisme algérien d’accréditation créé

L’Organisme algérien d’accréditation (Algerac), récemment créé par décret, entre dans «sa phase déterminante de pérennisation» et sera très vite doté d’une équipe opérationnelle d’auditeurs et d’experts pour l’accréditation de laboratoires et d’organismes certificateurs, a affirmé hier le ministre délégué auprès de l’ambassade de France à Alger,  Christophe Bonchard. Algerac a été créé en décembre 2005 par décret et doit exercer ses activités dans le cadre de la coopération algéro-française. Il est financé à hauteur de 1,5 million d’euros, soit 47% de son budget, par le Fonds français de solidarité prioritaire (FSP). Ce montant vient s’ajouter à l’enveloppe de 300 millions de dinars (environ 3,5 millions d’euros) accordée par l’Etat algérien sur quatre ans, période de validité du plan d’action (2006-2010) élaboré pour l’organisme. Le diplomate s’exprimait lors d’une rencontre de vulgarisation sur ce nouvel organisme de normalisation, en présence de représentants des ministères de l’Industrie et des Affaires étrangères ainsi que des organismes et institutions de normalisation et de certification. M. Bonchard a fait savoir que la contribution du gouvernement de son pays à la création d’Algerac s’inscrit dans le cadre de l’une des actions engagées par le FSP en Algérie portant sur l’appui à la structuration du dispositif national de développement de la qualité, de la normalisation et de la certification.  C’est dans le cadre de ce volet bénéficiant de la moitié du budget global du projet FSP, évalué à trois millions d’euros et dont la gestion a été confiée à l’Organisation des Nations unies pour le développement industriel (ONUDI), que les travaux préalables à la création d’Algerac ont été menés, a-t-il précisé. M. Bonchard a ajouté que ce volet a porté également sur le renforcement des institutions algériennes d’intervention dans le domaine de la certification et la normalisation notamment en direction de l’Institut algérien de normalisation (IANOR) et de l’Office national de métrologie légale (ONML). Il a souligné, en outre, «l’attachement» de la coopération algéro-française, par le biais du FSP, à contribuer à «l’accompagnement de cet organisme (Algerac) et à préparer au mieux les relais devant être pris à partir de 2008 par les programmes européens d’appui notamment en matière de qualité, d’accréditation et de normalisation».

Le directeur général d’Algerac, Noureddine Boudissa, a pour sa part présenté le cadre réglementaire et le plan d’action (2006-2010) du nouvel organisme, portant sur quatre axes. Il s’agit, en premier lieu, de renforcer les capacités d’Algerac par la mise en place d’un conseil d’administration où toutes les parties intéressées par la qualité «seront équitablement représentées», assurer la disponibilité des moyens matériels adéquats et la formation du personnel nécessaire (auditeurs, évaluateurs et experts) pour le bon fonctionnement de l’organisme. Concernant le côté formation, 20 experts ont été formés sur un besoin estimé à une centaine d’agents, indique-t-on.

M. Boudissa a souligné que cette première action permettrait de «gagner la confiance des instances internationales» vis-à-vis de la conformité du système national d’accréditation aux exigences internationales (ISO 17011). Le deuxième volet consiste à promouvoir l’accréditation d’Algerac par le biais, entre autres, de la promotion et le développement du marché de l’accréditation comme «facteur de crédibilité». Il s’agit également, ajoute la patron d’Algerac, de développer le partenariat et les relations internationales, notamment avec l’ONUDI. Et enfin de développer les processus d’accréditation des différents laboratoires et organismes et certification, de normalisation, de contrôle et d’inspection de produits et services. Ainsi, Algerac sera en mesure de délivrer des accréditations dans trois domaines distincts : l’accréditation des organismes de certification et d’accréditation des laboratoires d’essais et d’étalonnage ainsi que l’accréditation d’organismes de contrôle et d’inspection comme les stations de contrôle technique automobile.

Par le biais du projet FSP, qui arrive à son terme fin 2006, les pouvoirs publics français ont également accordé leur soutien à l’Etat algérien, dans trois autres domaines, à savoir le développement des services d’appui aux PME, le renforcement des compétences des magistrats dans le domaine du droit des affaires, enfin la structuration du dispositif national de soutien à la création de micro-entreprises.

Redouane A.

 

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Campagne contre l’islamophobie

L’apport des musulmans britanniques

Afin de mieux connaître la pratique de la religion musulmane en Algérie, une délégation de représentants de la communauté musulmane du Royaume-Uni est en visite, depuis dimanche passé, au pays. Profitant de son séjour, la délégation en question, conduite par sa présidente, Aziza Aïdi, a animé, hier, une conférence de presse au siège du quotidien El Moudjahid, en présence, faut-il le signaler, de l’ambassadeur du

Royaume-Uni en Algérie.

Ce dernier qui a procédé à l’ouverture de la conférence a indiqué que l’objectif essentiel de cette visite est d’améliorer la compréhension et les échanges, tous azimuts, entre les deux pays.

L’ambassadeur atteste d’emblée que la situation actuelle de l’Algérie n’est plus celle vécue dans les années 1990, puisque des progrès tant sécuritaires qu’économiques sont, souligne-t-il, constatés ces dernières années. «Nous avons même témoigné de ces améliorations au gouvernement du Royaume-Uni», indique l’orateur qui enchaîne qu’«un travail visant à dépasser les barrières de l’ignorance est en train de se faire entre les deux gouvernements». «L’Algérie, il ne faut l’assimiler ni au GSPC, ni au terrorisme. Nous avons des défis socio-économiques communs auxquels nous devons faire face ensemble»,

a-t-il encore soutenu.

Pour sa part, la présidente de la délégation précitée, indique que le rapprochement entre les deux communautés est plus que jamais nécessaire en vue, soutient-elle, de porter haut et soigner l’image de la confession musulmane, traitée, il n’est un secret pour personne, de religion de violence par les pourvoyeurs de ce qui est communément appelé «l’islamophobie». «Oui, je ne dis pas le contraire, le phénomène de l’islamophobie existe en Angleterre. Cependant, la communauté musulmane du Royaume-Uni n’est pas restée les bras croisés quant à ces campagnes. Nous faisons toujours des approches basées sur le respect afin de mieux faire connaître notre religion. La situation est gérée efficacement», dira la présidente de la délégation, avocate de son état.  Celle-ci avoue cependant que beaucoup reste à faire notamment en matière d’intégration des musulmans dans la société anglaise. A ce point précis, à savoir l’intégration, Mme Aziza Aïdi a fait savoir que «la communauté musulmane au Royaune-Uni est fière de sa confession et que la co-existence entre les différentes religions existe en Grande-Bretagne». Constat confirmé par d’autres membres de la délégation où figurent des Algériens établis au

Royaume-Uni depuis plusieurs années. Invitée à éclaircir la situation des musulmans en Angleterre, notamment après les attentats terroristes survenus au métro de Londres, en juillet 2005, l’avocate souligne que des extrémistes tentent de justifier leurs actes par le biais de la religion. A ce sujet, la représentante de la délégation des musulmans britanniques corrobore que «ces extrémistes sont minoritaires et qu’ils sont d’ailleurs rejetés par la communauté musulmane du Royaume-Uni».

M. Kechad

 

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Ils parlent de l’Université

Le blues des étudiants

Mental en berne, désenchantement, lassitude, ras-le-bol... et passons. Cette morosité générale qui s’est installée, apparemment pour durer très longtemps dans l’université algérienne, curieusement ne semble pas concerner les pouvoirs publics, particulièrement le ministère de l’Enseignement supérieur. Des étudiants blasés, blousés, parlent de la vie dans les campus.

A les écouter, franchement, il y a de quoi avoir peur.

«Mieux vaut être mendiant qu’étudiant». Les arabophones, eux, traduisent la formule en ces mots : «Atallab ahssan mina Attalib». Voilà donc une formule que les étudiants ont élevée au rang du proverbe. Mais là, ce sont des phrases que nous avons glanées des bouches d’étudiants rencontrés dans quelques facultés d’Alger. A la fac, le mental est en berne depuis belle lurette. Peu d’étudiants croient à une vie post-universitaire. Nul ne parie un sou sur l’utilité d’une licence que d’ailleurs ne servira pas à grande chose, disent-ils à l’unisson. C’est là la triste réalité dans laquelle patauge depuis bien des années l’université algérienne. Plus de quarante après l’indépendance, une kyrielle de ministres à la tête de l’Enseignement supérieur, des politiques et des systèmes d’expérimentation à la pelle… sans résultat aucun. A vrai dire, l’Université, voire dans une large mesure l’école, a été tout sauf une priorité de l’Etat. Les étudiants que nous avons rencontrés ne se font pas prier pour dire ce qui leur semble une réalité qui tombe sous le sens. Tous dénoncent le piètre niveau de l’enseignement universitaire et pointent du doigt les pouvoirs publics.

CH.S est de ceux là. Pour parler de son état d’âme, il ne faut pas trop chercher dans le dictionnaire : oisif, dégoûté, las… sont, entres autres, quelques adjectifs qui nous dessinent le portrait de ce jeune branché, adepte de la casquette et du MP3. A 24 ans, il entame sa troisième année en Sciences politiques mais sans grande conviction. «Un cursus qui mène droit au chômage.

Pourquoi ?», rage-t-il. Une formation sans avenir. Ces mots-là, où plutôt ces sentences, il les prononce avec une indifférence qui laisse de marbre. Le pire est qu’il n’est pas le seul à voir tout noir ici. «Je connais beaucoup de jeunes qui tiennent les murs, une licence en main. A quoi bon étudier si ce n’est, pour ce qui me concerne en tout cas, remplir un devoir familial ? Ni plus ni moins. Ravir un père et une mère qui croient naïvement aux miracles de la licence», pense-t-il. Ce n’est pas seulement le marasme de la fac qui nourrit son scepticisme. Il y a le marché du travail, lui aussi, qui obéit à des règles pas très orthodoxes. Et voici ce que pense notre jeune : «Contrairement à nous les hommes, les femmes ont plus de chance de trouver du boulot une fois leurs études terminées. Vous imaginez bien pourquoi». Un constat sans appel qui met réellement à nu les vicissitudes du marché de l’emploi dans lequel justement les étudiants, les hommes en tête, sont tout, sauf les bienvenus.

A la question : «Etes-vous prêts à cesser les études si vous trouvez un emploi ?» Il répond sans ciller : «Oui j’arrêterai mes études. Ce n’est un secret pour personne que des jeunes sans diplôme touchent un salaire trois fois supérieur à celui d’un licencié. Des amis à moi ont lâché prise au bout de la deuxième année. Certains ont versé dans le commerce. D’autres ont préféré s’engager dans l’armée. Alors de grâce, qu’on cesse de nous raconter des salades. En Algérie, l’étudiant n’a que le nom. Et là encore…» Pourquoi ce scepticisme ? «Le niveau de la formation est très faible. Les conditions et les moyens font défaut, notamment à l’intérieur des cités universitaires et ne sont pas favorables pour suivre des études dans les règles de l’art»

Abdaoui Bilal, 24 ans, n’en pense pas moins. «C’est sûr ! Pas de quoi être fier à l’université». Pas seulement contre la fac que cet étudiant en troisième année de journalisme est remonté mais envers le pays entier. Sa dénonciation est notamment politique. Le ton brutal contraste pourtant avec un jeune à la fleur de l’âge censé, en théorie, nourrir tous les espoirs du monde. Comme son collègue des Sciences Po, il pense tout le mal de l’Université : «Y a pas photo, on produit des étudiants médiocres. Les conditions dans lesquelles nous évoluons sont plus que déplorables. Personne ne choisit sa spécialité. On nous oblige à tout faire et, du coup, on fabrique des cadres comme ça, au hasard. Que voulez-vous que je dise de plus ?» A l’entendre, l’on serait curieux de savoir la réaction du ministre de l’Enseignement supérieur, dont il est, à la lueur de ces vociférations, très difficile de soutenir le contraire et de faire les louanges du système LMD qu’il peine d’ailleurs à mettre en œuvre. Pour Bilal, au moins une chose est sûre : «Il n y a pas de quoi être fier dans une université algérienne. Trop de problèmes. Trop de négligence. Le niveau des étudiants est très bas. Ni connaissance intellectuelle ni morale. Cela dit, si tout le monde, ici, dans la fac est voué à l’échec, il existe une minorité, vraiment infime, qui tire son épingle du jeu.» Les études, vous les terminerez quand même. «Je ne veux pas quand même gâcher trois ans de misère et de souffrance pour rien. Il me faut cette licence même si celle-ci n’a aucune valeur».

Du côté des étudiantes, l’enthousiasme au féminin n’est pas tout à fait au rendez-vous, même si, ici et là, quelque-unes tempèrent cette vague de désenchantement qui règne sur l’université. Meriem A., 22 ans, est étudiante en droit et si pour elle, la fac va mal, c’est le système éducatif qui est derrière. «Il ne faut pas se voiler la face. Nous les étudiants nous n’avons pas le niveau requis pour ces études. C’est la le résultat d’une formation scolaire truffée d’erreurs et de gabegie. L’étudiant, de nos jours, c’est réellement ça. C’est-à-dire tout le contraire d’une personne qui s’intéresse à la vie, aux préoccupations de la société, aux débats, à la science… les cours à la fac, sont comme une marchandise qu’on consomme sans trop broncher», analyse-t-elle. Le mal, cette jeune femme, elle le voit à sa façon mais se garde de tirer sur l’ambulance. Avec ceux qui voient le tout gris, tout noir, Meriem n’est pas d’accord.

Du moins avec leur scepticisme presque viscéral. «Je ne partage pas l’avis de ceux qui disent tout laisser tomber pour aller vaquer ailleurs. Ce n’est pas à mes yeux la meilleure issue pour affronter une vie professionnelle où le diplôme est une condition sine qua non», assure-t-elle.

Alors pas de panique Messieurs ! Meriem elle, en toute sérénité, possède une recette pour mieux mijoter cette fiche cartonnée qu’est le diplôme universitaire avec la vie professionnelle.

«Au contraire, il faut terminer ses études, quitte à vivre les conditions les plus dérisoires. Etre étudiant est évidemment un plus,  pour peu que l’on sache ce qu’on veut dans la vie». Concluons

vite : Melle n’a pas l’intention de stopper son cursus. «De toute évidence, je dois d’abord finir mes quatre années pour me charger du reste, le Capa et tout le reste».

A cet optimisme clairement assumé, Nawel G, quatrième année en droit, ajoute le sien. Derrière ses lunettes fashion, elle offre un sourire qui contraste avec la mine patibulaire des pessimistes. «Un diplôme malgré tout». Malgré le niveau faible à la fois des étudiants et de certains enseignants, malgré la détérioration des conditions de vie de l’étudiant… bref en dépit de tout cela, Nawel, soutient une toute autre logique. «Je ne dis pas qu’à l’université algérienne tout est beau, tout est rose... dire cela, serait un grand mensonge, tant les conditions, à la fois pédagogiques et matérielles, font cruellement défaut. Je citerai en exemple l’encadrement des enseignants, le diktat de plusieurs d’entre eux qui agissent comme en terrain conquis. Ils donnent les notes qu’ils veulent. Des agissements condamnables qui servent leurs bas intérêts»

Et donc ? «Pour autant, jeter l’opprobre sur l’université algérienne n’est pas très loyal de notre part, nous les étudiants. Qu’on le veuille ou non, la fac demeure l’une des principales voies de notre avenir». Et de s’enflammer : «Imaginez- vous, une seconde, vivre dans un pays comme le notre où le chômage reste la seule préoccupation des jeunes ? Un cauchemar. Une fois sur le marché du travail, le diplôme n’est pas seulement souhaité mais obligatoire. Ce n’est là un secret pour personne. Evidemment, il n’en est pas le moins du monde l’idée de quitter l’université sans la fameuse licence. Quant à la fierté d’être étudiant ou non, je dirai quand même qu’il existe une certaine différence bien que le titre a perdu de son prestige d’antan. Nous ne sommes pas les étudiants des années 60 et 70. Dommage».

Amine Goutali

 

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Victime de pratiques parasitaires et bureaucratiques

L’agriculture tarde à prendre son essor

Le secteur agricole, malgré des seuils de production remarqués, continue à être l'objet d'activités parasitaires et d'entraves bureaucratiques risquant, à tout moment, de le déstabiliser et de freiner son épanouissement et son développement.

L’agriculture algérienne, en dépit des efforts méritoires consentis par le monde paysan qui, en dépit d’aléas de tous ordres, s’adonne, encore, au travail de la terre, continue de souffrir de nombreux problèmes d’ordre structurel et organisationnel qui, s’ils ne sont pas correctement pris en charge, risqueraient, à terme, de se traduire par des catastrophes. Des professionnels rappellent, à ce titre, que le récent et triste épisode de la pomme de terre, sur lequel avait, récemment, focalisé l’opinion, en est, à ce titre, la preuve éclatante.

Un agriculteur produisant, tout à la fois, du lait et des produits maraîchers, M. Kerbouche, assure que ce qui vient de se passer pour ce tubercule, dont la flambée des prix a été noyée par une multitude de raisons, risque de se répéter, à brève échéance, pour l’oignon sec. Il est conforté par d’autres collègues, MM. Gacem, Tlidjane et Bedjaoui qui indiquent que ce légume, entrant dans la composition de nombreux plats est, depuis plusieurs mois, cédé par des agriculteurs malchanceux à vil prix. «On leur en offre 1 à 3 DA par kilogramme alors qu’il est cédé entre 15 et 20 DA le kilogramme sur les étals des marchés de fruits et de légumes». Tous sont d’accord pour prédire que ce produit risque, pour ces raisons, de se faire rare sur le marché, sinon d’atteindre des niveaux de prix jamais observés auparavant. Un autre, parmi eux, estime qu’il pourrait en être de même pour les viandes blanches, l’ail, le concentré de tomate des produits, tous aussi sensibles.

Au nom de la sacro-sainte liberté du commerce, induite par l’ouverture, empressée, du marché, l’on a laissé dépérir des filières agricoles pour la relance desquelles la collectivité nationale avait, il y a quelques années, investi des efforts financiers colossaux. Pour l’exemple, un responsable de la Chambre d’agriculture rappelle la situation à laquelle est, actuellement, confrontée la filière de la tomate industrielle dans le développement de laquelle s’étaient investis des milliers d’agriculteurs de l’est du pays ainsi que de nombreux transformateurs. «Le concentré de tomate, qui avait commencé à être produit en quantité, jusqu’à couvrir les besoins nationaux, est concurrencé, dit-il, par des importations massives et incontrôlées opérées à partir de Chine populaire, de Turquie et d’Italie. L’Algérie, en raison des coups portés à cette filière, est en train, à nouveau, de retomber dans la dépendance vis-à-vis de certaines productions agricoles abandonnant, au passage, d’importantes franges d’agriculteurs à leur sort».

La liste des produits stratégiques

Un autre intervenant signale que les autorités politiques avaient, à un moment, élaboré une liste de produits agricoles, considérés comme stratégiques et parmi lesquels figuraient, outre les céréales et le lait, les légumes secs, la pomme de terre, les dattes, l’ail et l’oignon. «Seuls, déclarent-ils, on ne sait pourquoi, continuent à figurer sur cette liste le lait, les céréales et leurs

dérivés». Un ancien cadre du ministère de l’Agriculture considère que l’Etat, en se délestant de ses fonctions de régulation et de contrôle du marché des productions alimentaires, a laissé la porte ouverte à des phénomènes spéculatifs dont profite, actuellement, toute une faune d’intervenants n’ayant rien à voir avec la profession et qui, à la longue, sont devenus les véritables tenants du marché des fruits et légumes. Il relève que toute personne dotée d’un bon portefeuille financier a, désormais, l’opportunité de s’autoproclamer commerçant ou importateur et d’interférer, à son gré, dans les activités agricoles. «Ramenant des quantités de produits concurrençant, dangereusement, ceux cultivés localement, achetant de larges superficies plantées en fruits et en légumes sur pied, pour faire en sorte de réguler les cours et de fixer les prix à leur profit, procédant à la rétention de certains autres comme ils l’ont fait, il y a quelques semaines pour la pomme de terre, ils contribuent par leurs activités parasitaires, à maintenir le marché à la consommation, en déséquilibre constant».

Un représentant du Bureau de l’Union nationale des paysans algériens, M. Lounadi, estime, pour sa part, qu’une reprise en main de l’organisation et du contrôle du marché des productions alimentaires, par l’Etat, est devenue indispensable si l’on tient à mettre un terme aux activités néfastes qui s’y sont installées et qui, tout en lésant les intérêts des consommateurs, laissent échapper des sommes d’argent considérables aux services fiscaux. 

On cite, ici et là, d’autres situations, tout aussi scandaleuses, auxquelles le laisser-aller et le laisser-faire des autorités a laissé prendre des dimensions préoccupantes. On en veut pour preuves les exportations frauduleuses de cheptels ovins, opérées vers les pays limitrophes. On précise qu’il en est de même pour ce qui concerne les grosses quantités de dattes algériennes transportées de l’autre côté de la frontière Est qui, après avoir été estampillées,

«Dattes de Tunisie» sont proposées comme telles sur les marchés européens. Il y a, d’un autre côté, ces intermédiaires véreux qui, pour les vendre plus cher, prennent le soin d’étiqueter, une à une, des variétés de pommes produites localement afin de faire croire aux détaillants et aux clients qu’elles proviennent de l’étranger.

Infrastructures ou «show room»

Certains des agriculteurs présents déclarent, d’autre part, ne pas comprendre pourquoi des hangars, des chambres froides et des locaux abritant les ex-CAPCS, COFEL, revenant, de droit, à la profession agricole ont été cédés, depuis, à des opérateurs n’ayant rien à voir avec l’agriculture. «Au lieu d’être cédés à des associations d’agriculteurs, relève l’un d’eux, certains ont, depuis, été transformés en locaux commerciaux, en garages, en parkings ou en show room de véhicules automobiles». En dehors de ces aspects regrettables, l’agriculture algérienne reste confrontée à de sérieux problèmes de financement. Des agriculteurs parmi lesquels un grand nombre avait, cruellement, souffert de la décennie noire, ont pu relancer leurs activités par suite des aides financières, importantes, qui leur avaient été consenties par l’Etat, par le biais du FNDA et du PNDRA.

Ils sont nombreux, cependant, à regretter que les subventions accordées au titre de ces opérations et qui, à un moment, avaient atteint des seuils de 30 à 50% pour certaines opérations de production et d’investissement aient, depuis, été ramenées et des niveaux moindres retardant, ainsi, la mise sur pied d’une agriculture performante. D’autres persistent à se plaindre des longues et harassantes procédures auxquelles ils sont astreints de la part des banques lorsqu’ils tentent d’obtenir un moindre prêt «alors que, ajoutent-ils, il est si facile à des personnes, peu scrupuleuses, de délester des organismes financiers de millions sinon de milliards de dinars». La Banque de l’agriculture et du développement rural, (Badr), créée, au départ, pour soutenir le secteur agricole est pointée du doigt pour avoir dévié de sa mission. M. Lounadi tient à revenir, à cet effet, sur les vaines tentatives de la profession, entreprises depuis 1996, pour tenter de donner corps à une banque du crédit agricole et pouvoir, ainsi, contourner les insurmontables problèmes de financement auxquels ils continuent d’être confrontés. «Nous n’avons, dit-il avec amertume, jamais pu obtenir l’agrément».

Quelqu’un interviendra pour indiquer que sans la mobilisation nationale des moyens de production qui lui sont destinés, jamais l’agriculture algérienne n’arrivera au seuil de développement qui en est attendu. «Si nous continuons à importer nos semences, notre bétail et nos produits phytosanitaires au rythme où nous le faisons, actuellement, il est sûr que nous resterons dépendants à jamais».

Sur un autre plan, une autre personne notera que les responsables ne sauraient continuer à parler de pérennisation du secteur de l’agriculture et de réalisation de la sécurité alimentaire nationale, fut-elle relative, quand on considère que de considérables superficies agraires continuent, chaque année, à être dévorées ou restent, potentiellement, menacées par l’avancée du béton.

La conclusion par suite de cet ensemble de réflexions incite à penser que le secteur agricole est plongé dans un malaise profond qui, faute d’être appréhendé, à temps, par les autorités politiques, risquerait de maintenir le pays dans un état de dépendance étrangère constant avec toutes les incidences qui en découlent sur le devenir de la nation.

Ahmed Mahieddine

 

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Filière lait

Extrême faiblesse des subventions

Après les céréales, dont la facture avoisine le milliard de dollars/an, les importations de lait en poudre et de produits dérivés arrivent en seconde position avec le paiement d’une moyenne annuelle de 600 millions de dollars.

Dans une perspective de limitation de la facture laitière et de création d’une solide industrie nationale du lait, le Président Bouteflika avait pris, récemment, la décision de faire procéder à l’importation, chaque année, de 50 000 vaches laitières. Des professionnels de cette filière, tout en saluant cette décision, considèrent, néanmoins, que pour pouvoir avoir l’impact qui en est attendu, mériterait d’être accompagnée par un certain nombre de mesures d’encouragement. Rencontrés au siège de la Chambre nationale d’agriculture, un groupe de producteurs laitiers de la wilaya d’Alger, dont la production totale mensuelle est estimée, globalement, à 1,5 million de litres, cite, en les expliquant, certaines des raisons qui ont empêché, jusqu’à présent, cette filière de répondre, quantitativement et qualitativement aux besoins nationaux. L’un de ces éleveurs producteurs déclare, d’emblée, que sa profession ne craint pas la concurrence étrangère à la condition, toutefois, qu’elle puisse bénéficier des mêmes avantages que ceux consentis à la même branche outre Méditerranée.

Plus explicite, il ajoute qu’au lieu de subventionner, indirectement, les producteurs étrangers exportateurs de lait vers l’Algérie, les autorités seraient, certainement, plus avisées en versant des aides financières aux intervenants dans la filière.

«Alors que les subventions peuvent atteindre jusqu’à 40% dans les pays européens, en particulier, chez nous elles sont, à peine de 6% pour chaque litre de lait produit». Un autre intervenant, M. Kerbouche, tient à relever que les gros problèmes rencontrés par les producteurs laitiers prennent racine dans les prix «exorbitants» demandés pour l’acquisition de l’aliment du bétail et d’un certain nombre de facteurs de production, «monnayés, le plus souvent, en sous- main». «Il vous faut savoir, dit-il, que nourrir une vache laitière, afin qu’elle produise convenablement, revient excessivement cher. Le quintal de maïs coûte 2 400 DA et peut atteindre les 3 000 DA, si on lui adjoint du soja. Que dire du son, (sous- produits des activités de minoterie), actuellement, difficile à se procurer et qui a atteint, ces derniers mois, des pics de 1 500 à

1 600 DA le quintal, soit plus qu’une même quantité de blé. Que dire, aussi, de la botte de fourrage dont le prix est passé à 350 DA ou de celle de la paille cédée en échange de 300 à

350 DA».

Une production réalisée en hors sol

Pour expliquer pourquoi la nourriture d’une vache laitière revient si cher et sa production faible par rapport aux normes européennes, un autre éleveur, M. Gacem, précise que l’essentiel de la production laitière nationale est réalisée en hors sol, c’est-à-dire à l’aide d’animaux maintenus dans les étables ayant, rarement, l’occasion de se nourrir de fourrage frais dans des pâturages.

Les personnes présentes à la rencontre avancent, par ailleurs, le coût nécessaire à l’acquisition d’une vache laitière, dont le prix oscille entre 140 000 et 200 000  DA et dont la production moyenne/jour se situe entre 8 à 10 litres. «C’est ce qui explique, n’était les subventions payées par l’Etat pour chaque litre de lait produit, le gros impact des frais consentis par l’éleveur pour son entretien», déclare M. Tlidjane. A ces frais, ce dernier tient à ajouter ceux payés pour les consultations et les produits vétérinaires, «dont les prix ne cessent d’augmenter».

Il y a, d’autre part, les investissements payés pour acquérir des chariots trayeurs dont le coût unitaire actuel est de 140 000 DA après qu’il eut été multiplié par trois et les systèmes de réfrigération du lait. «Tous les intervenants dans la filière, que ce soit les collecteurs, les commerçants au détail ou les transformateurs, tirent leur épingle du jeu. Pas le producteur». Pour résumer, la profession laitière considère que les subventions qui lui sont versées pour chaque quantité de lait produite (dont la constitution des dossiers pour pouvoir en bénéficier est, par ailleurs, des plus harassantes) restent insuffisantes. Le prix du litre de lait produit est, actuellement, facturé à 22 DA à la production. «C’est, presque, l’équivalent du prix d’une bouteille d’eau minérale», note avec amertume M. Bedjaoui. Cette somme grimpe à 29 DA quand on y ajoute les 7 DA payés au titre du soutien qui, si l’on se réfère aux affirmations des personnes présentes à la rencontre, ne sont pas accessibles à tous, pour les raisons citées plus haut. En tout état de cause, toutes les personnes assistant à la rencon-tre se déclarent en faveur du litre de lait payé, globalement, à

35 DA à la production. «Beaucoup de transformateurs et autres détaillants privés le payent, d’ailleurs, à ce prix», révèle M. Guellati pour abonder dans cette idée.  Concernant l’annonce relative à l’importation, annuelle de 50 000 vaches laitières, les éleveurs producteurs, tout en se félicitant de cette mesure, souhaiteraient que l’Etat fasse en sorte de leur en faciliter l’acquisition. Se référant aux aides versées aux agriculteurs, au titre du FNDRA, ils proposent un financement des bêtes enlevées par un apport personnel de 10%, l’octroi d’un crédit bancaire bonifié de 50% et le reste, (40%), restant à la charge de l’Etat. «A ces conditions, déclare l’une des personnes présentes, je suis preneur, sinon, j’hésiterai à m’aventurer».

De la production de viande

Ils sont beaucoup à dire que les subventions, (encore elles), ne leur sont pas versées, régulièrement, ou pas du tout, lorsqu’ils se mettent à entretenir des velles appelées à devenir, lorsqu’elles sont parvenues à l’âge adulte, en vaches laitières. Pour la naissance de chaque velle, parvenue à l’état de génisse pleine, chaque éleveur a droit, normalement, au versement d’une somme de

25 000 DA. «Ils sont rares ceux qui sont parvenus à toucher cette subvention», déclare

M. Guellati en raison, notamment de l’obligation qui est faite de présenter un cahier des charges chaque année. En plus de produire du lait, beaucoup d’éleveurs contribuent à alimenter le marché de viande bovine. A ce niveau, beaucoup parmi eux tiennent à rappeler les difficultés à obtenir les meilleurs prix pour les bêtes destinées à l’abattage. «Ce sont les maquignons qui sont les maîtres du marché. Tenter de les contourner, pour livrer, directement, les animaux à l’abattoir c’est pren-dre le risque d’être payé sur une période échelonné ou d’être l’objet d’une tricherie sur le poids», note M. Kerbouche. Et d’ajouter : «Il faut près de deux années pour qu’un veau, pour lequel il a fallu investir, lourdement, en matière d’alimentation et de frais vétérinaires, parvienne à maturité pour être vendu sur le marché de la viande. C’est le moment de rester sur ses gardes. Il est arrivé qu’avec la complicité de vétérinaires malhonnêtes on fait croire à des éleveurs que leurs bêtes sont malades. Craignant ce type de situation et même si c’est le cas, certains préfèrent abattre, eux-mêmes leurs animaux pour les vendre, directement, à des consommateurs. Il faut savoir, aussi, que lorsqu’un animal est malade, l’éleveur déclaré a droit, légalement, au versement d’une subvention de 2 à 2,5 millions de centimes. Il arrive que cette somme met entre une à huit années pour être perçue, non sans d’incessants déplacements et autres procédures. Auparavant, son propriétaire est tenu de le transporter, à ses frais, vers le lieu d’abattage».

A. M.

 

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