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Affaire
des magistrats faussaires
Le dossier Mellouk
bientôt à l’ONU
L’objectif de cette
sortie médiatique étant de rendre publics les résultats de l’édition
2006 de l’indice de perception de la corruption (IPC).
Le dossier des
magistrats faussaires dénoncés par Benyoucef Mellouk, un des «grands
scandales de corruption et des faux moudjahiddines qui a coûté un
crime économique à l’Etat», sera transmis sous peu aux mains des
représentants des Nations Unies par un des représentants d’une ONG
présent à l’occasion du colloque organisé à Alger sur la lutte
contre la corruption. C’est ce que nous avons appris en marge de la
conférence de presse donnée hier par Djilali Hadjadj, porte-parole
de l’Association algérienne de lutte contre la corruption (AACC), à
la Maison de la presse Tahar Djaout, à Alger. L’objectif de cette
sortie médiatique étant de rendre publics les résultats de l’édition
2006 de l’indice de perception de la corruption (IPC). Ainsi, 163
pays figurent dans l’édition de cette année, dont l’Algérie (159
pays en 2005). Dans cet IPC, qui existe depuis 1995, l’Algérie n’a
commencé à
y figurer que depuis
2003. Cette année, l’Algérie a obtenu la note de 3,1 sur 10 et
occupe la 84e place. Illustrant par des chiffres le classement des
scores de l’Algérie en ce qui concerne le fléau de la corruption
trois années auparavant, l’on indique qu’en 2005 le score était de
2,8 et occupait ainsi la 97e place sur 159 pays. En 2004, c’était de
2,7 et à la 97e place sur 164 pays, alors qu’en 2003 c’était de 2,6
et la 88e place sur 133 pays. L’analyse fait ressortir que si
l’Algérie a amélioré son score et son classement de 2005 et 2006,
ses résultats confirment l’existence d’un très haut niveau de
corruption, et les 3/10e de points gagnés ne sont pas significatifs
d’une amélioration dans la lutte contre la corruption, encore moins
d’une volonté politique effective sur le terrain. Selon les auteurs
de l’édition 2006 de l’IPC, ce gain traduirait plutôt l’engagement
de l’Algérie en matière de ratification des conventions des Nations
Unies et de l’Union africaine contre la corruption, engagement qui
aurait du se traduite par une transposition en droit interne
conforme à ces conventions, ce qui est loin d’être le cas à la
lecture de la loi du 20 février 2006 de prévention et de lutte
contre la corruption. C’est loin d’être le cas lorsque l’on
s’aperçoit que le volume des échanges commerciaux de l’Algérie avec
les 10 pays les moins corrompus est dérisoire. Interrogée par la
presse sur les secteurs qui sont les plus touchés par la corruption
en Algérie, le conférencier indiquera que c’est surtout les secteurs
de la construction, de l’eau et du transport. Evoquant le secteur de
la Santé qui peine encore à s’améliorer, qualifié par Djilali
Hadjadj de «catastrophique». Celui-ci estime que la gestion dans ce
secteur fait grandement défaut. Le cas édifiant est l’importation
des médicaments atteignant 1,1 milliard de dollars en 2005 alors que
l’OMS estime que 350 millions de dollars suffisent largement pour
couvrir les besoins de la population. Enfin, le porte parole de l’AACC
exhorte vivement la société civile, les secteurs économiques, public
et privé, et les pouvoirs publics, acquis à la modernité, au progrès
social et à la bonne gouvernance, à ne plus perdre du temps et
unifier leurs efforts afin de commencer à faire reculer ce fléau
qu’est la corruption.
Kahina Benarab
Haut
Nouvelles mesures de sécurité dans les aéroports
Les passagers très
coopératifs
L’aéroport international
d’Alger connaissait un mouvement des plus normaux, hier, premier
jour de l’application des mesures complémentaires de sécurité
décrétées par l’Union Européenne. Celles-ci stipulent que tous les
voyageurs en provenance ou à destination des pays de l’espace
Schengen, de la Suisse, de l’Islande et de la Norvège sont tenus, à
partir d’hier, de mettre les produits liquides qu’ils envisagent de
transporter, dans les soutes de bagages. Les produits liquides ne
sont plus tolérés en cabine. Seulement une quantité de 100
millilitres est tolérée. Tous les liquides, crèmes et autres
matières doivent être disposées dans un seul sac plastique de 20 x
20 cm que les compagnies aériennes fournissent pour le moment et qui
seront disponibles sur le marché prochainement. On nous a expliqué
hier, à l’aéroport international d’Alger que le lait pour
nourrissons et les médicaments indispensables durant le vol sont
toutefois permis dans la cabine, mais les passagers sont tenus de le
signaler avant embarquement. Si un malade doit porter avec lui un
médicament liquide et dont la prise est indispensable durant le vol,
une ordonnance doit être alors présentée. Les mêmes consignes sont
applicables sur les produits achetés en zones sous-douane. Cette
mesure vient en effet compléter la liste datant de 2001 des objets
prohibés dans les bagages à mains des passagers. Une mesure
justifiée par les tentatives d’attentats en Angleterre de juillet
dernier. Au premier jour de l’application de ces mesures, aucune
réticence n’a été enregistrée à l’aéroport international d’Alger.
Dans la zone de contrôle de la compagnie française Air France, tous
les passagers semblaient être au courant de ces mesures. «Nous
l’avons appris par la télé, sur les chaînes françaises. D’habitude,
je transporte avec moi des bouteilles d’huile d’olive que je ne peux
mettre dans la soute à bagages, mais cette fois ci, je suis obligé
de s’abstenir», explique une dame venue de Kabylie et qui attend
d’embarquer à destination de Paris. A souligner que l’huile est
interdite à bord, même en soute à bagages, à l’exception des huiles
transportés dans des flacons conformes aux règles. Selon des
responsables de la sécurité, l’huile qui est un produit inflammable
peut causer également l’endommagement des bagages, ce qui nécessite
son transport dans des flacons résistants et bien hermétiques. Air
France n’a pas manqué d’afficher devant ses guichets ces nouvelles
mesures. Selon M. Yves Recent, responsable à la compagnie française,
«aucune anomalie n’a été signalée durant la journée d’hier. Les
voyageurs se montrent plutôt compréhensifs puisqu’il s’agit de leur
sécurité avant tout». Aucun passager n’était en possession de
liquide dans ses bagages à mains, à part le cas d’une personne
malade qui devait prendre son médicament à bord, nous a-t-il
expliqué. Selon ce même responsable, Air France continuera à fournir
les sacs en plastiques exigés jusqu’à ce qu’ils soient disponibles
sur le marché algérien.
Fatima Arab
Haut
Boumerdès
La gendarmerie fait
son bilan
58 accidents de la
circulation ont fait 9 morts et 94 blessés, tel est le bilan
enregistré durant la période de ramadan allant du 24 septembre au 24
octobre 2006. C’est ce qui est annoncé dans un communiqué du
groupement de la Gendarmerie nationale de Boumerdès.
Ainsi, les activités des
unités de la police routière ont enregistré 9 218 interventions, 1
934 délits et 549 contreventions. D’autres délits ont été constatés
et sont relatifs au code de la route, ce qui a contraint les
services de sécurité, notamment celui de la circulation routière, à
procéder au retrait de 145 permis de conduire. Quant aux actions
liées à la drogue et la délinquance ; 228,5 grammes de cocaïne
traitée d’une valeur de
9 500 DA ont été saisis.
Parmi les interpellés, 3 personnes ont été arrêtées et 5 autres
libérés après enquête et constitution d’un dossier judiciaire.
18 affaires entrant dans
le cadre des activités de la police générale sont traitées,
notamment celles liées aux vols, coups et blessures volontaires,
falsification, aides et dons aux groupes terroristes armés pour
lesquelles 30 personnes ont été interpellées, dont 13 présentées au
parquet et 17 autres libérées. De nombreux objets et produits ont
été saisis : 2 couteaux, 1 téléphone portable, 2 postes radio, une
série de clés ainsi que des faux billets de banque et des cachets
humides, tel est le lot saisi en cette période du mois de ramadan
par la Gendarmerie nationale. Dans le cadre des opérations de
contrôle inopinées, les unités ont procédé à l’interpellation et à
l’identification de 583 citoyens, 320 contrôles de voitures et
d’autres infractions ayant trait à la circulation routière.
Additivement aux affaires suscitées, 2 940 unités électriques ont
été saisies. «La gendarmerie au service du peuple» n’est pas un vain
slogan, nous a-t-on affirmé, car ce corps noble de la gendarmerie
nationale, en ce mois chaud de ramadan, a déployé tous les efforts
pour sécuriser les citoyens.
K. A.
Haut
Bouteflika à Pékin pour une visite d’Etat
Intérêt pour la
technologie chinoise
Le Président Abdelaziz
Bouteflika a entamé hier une visite d’Etat de trois jours en Chine.
La première journée de
cette visite effectuée en compagnie de neuf ministres algériens
s’est soldée par la signature de plusieurs accords de coopération
dans divers domaines élaborés conjointement par les deux pays. Selon
Mohammed Bedjaoui, ministre d’Etat, ministre des Affaires
étrangères, le programme de cette visite est très chargé et très
dense, plusieurs entretiens avec de hauts responsables sont
également prévus. M. Béjaoui a ajouté qu’il y a possibilité d’avoir
un partenariat stratégique et une coopération qui sera bénéfique
pour les deux parties. S’étalant sur l’importance et la
concrétisation de ces projets, M. Bejaoui dira que «les deux chefs
d’Etat vont prendre chacun des secteurs et les examinerons à la
loupe pour savoir s’il y a ou non une place pour une stratégie
d’ensemble»
a-t-il précisé.
Le ministre estime que
la Chine s’intéresse à notre pays qu’elle considère à la porte des
pays émergents. «Il est évident que nous allons accélérer le rythme
de nos réalisations grâce à cette coopération stratégique dans
laquelle les deux pays seront gagnants»,
précisera-t-il.
A noter enfin que cette
visite d’Etat, la deuxième du genre du Président Bouteflika en
Chine, traduit l’intensification de la concertation politique
algéro-chinoise, en vue de la concrétisation d’un partenariat
stratégique entre les deux pays. Elle intervient également au moment
où la coopération entre l’Algérie et la Chine connaît une dynamique
accélérée, particulièrement dans les domaines du commerce, de
l’industrie, de la santé, de l’habitat, des ressources en eau et du
tourisme. Alger et Pékin ont affiché, à maintes occasions, leur
volonté de hisser leurs relations à un niveau qualitatif qui
dépassera les simples échanges commerciaux à même de jeter les ponts
d’un véritable partenariat stratégique.
Une déclaration
historique
Le Président Bouteflika
et son homologue chinois, M. Hu Jintao, ont signé hier une
déclaration sur le développement des relations de coopération
stratégique. Sept autres accords de coopération bilatérale ont été
également signés entre les deux parties. Ces accords portent sur
l’extradition judiciaire, l’entraide judiciaire en matière pénale et
sur un protocole de coopération économique et technique. Il s’agit
également d’une convention sur la non-double imposition, la
prévention contre l’invasion fiscale, d’un protocole d’entente en
matière de contrôle de qualité des produits industriels, un
protocole similaire sur le contrôle des denrées alimentaires et d’un
accord sur le transport civil.
Le chef de l’Etat a eu
des entretiens élargis avec le Président Jintao, le Premier
ministre, Wen Jiabao et le président de l’Assemblée populaire de
Chine, Wu Bangguo où il a exprimé la volonté de l’Algérie de lier
des relations stratégiques basées sur la confiance mutuelle et
l’intérêt commun. «Je crois que nous avons, aujourd’hui, jeté les
bases d’une coopération stratégique à laquelle nous voulons donner
un contenu de plus en plus substantiel»,
a-t-il indiqué. Le
Président Hu Jintao a exprimé sa reconnaissance au Président
Bouteflika pour sa contribution effective dans le succès du Sommet
sino-africain. Très impressionné par le développement atteint en
matière des nouvelles technologies de l’information et de la
communication, Bouteflika n’a pas manqué d’exhorter les sociétés
chinoises à venir investir en Algérie. «L’Algérie a besoin du
transfert des technologies, de l’expérience et du savoir-faire
chinois pour se développer et s’épanouir»,
a-t-il fait remarquer.
Le partenariat qui lie les deux pays doit, selon Bouteflika,
atteindre la formation des cadres et l’implantation d’usines de
fabrication d’équipements. Dans ce contexte, il a mis l’accent sur
la nécessité d’accélérer le processus de concrétisation du
partenariat algéro-chinois dans le domaine des
télécommunications.
Nouria B.
Haut
Autoroute Est-Ouest
Bouteflika insiste
sur les délais
Le président Bouteflika
a exhorté le P-DG du groupe CITIC chinois, chargé de la réalisation
de l’autoroute Est-Ouest, en Algérie, à respecter les délais de
livraison de cet ouvrage. «Je voudrais vous dire que nous avons payé
très cher le coût de ce projet et j’insiste auprès de vous sur le
respect des délais de réalisation et sur la qualité de l’ouvrage qui
doit être mondialement reconnu», a martelé le chef de l’Etat à
l’occasion de sa visite au chantier de réalisation du stade d’Etat à
Pékin. «Cela y va de la réputation de votre groupe mais aussi et
surtout de votre pays», a-t-il ajouté. Insistant sur la qualité de
la réalisation du projet, Bouteflika dira que «jamais l’Algérie n’a
eu l’honneur d’initier un projet d’une telle envergure et, en aucune
manière, je n’accepterai que vous fassiez un travail moins bon que
celui que vous êtes en train de faire dans votre pays», a-t-il
souligné.
N. B.
Haut
«Des
chantiers pour l’avenir»
Un spécial Algérie
publié par le mensuel «Arabies»
«Des chantiers pour
l’avenir», c’est sous ce thème que le mensuel Arabies de novembre
publie un «Spécial Algérie» qui met en évidence les différents
volets du développement socio-économique que connaît le pays depuis
ces dernières années. «Si elle a engagé des partenariats d’envergure
avec la Chine, la Russie ou les Etats-Unis, l’Algérie reste
néanmoins ouverte aux entreprises d’autres pays, notamment
européennes», écrit le mensuel paraissant à Paris, qui évoque une
«coopération multiforme». Mettant en lumière ces nombreux projets
d’envergure engagés depuis ces dernières années et jusqu’à l’horizon
2009, Arabies rapporte que «les projets de développement foisonnent
en Algérie». Du programme de soutien à la relance économique (PRSE)
lancé pour la période de 2001-2004, au programme complémentaire de
soutien à la croissance (PCSC) s’étalant sur cinq ans (2005-2009),
le mensuel décrit les différents et nombreux projets engagés à la
faveur de ces deux importants plans qui s’inscrivent dans le cadre
du développement socio-économique du pays. «Plus ambitieux», le PCSC
vise comme perspective «de consolider les projets socio-économiques
engagés dans le cadre du PRSE et d’en initier d’autres», relève
Arabies. Il rappelle que ce programme s’articule autour de six
grandes priorités : l’amélioration des conditions de vie de la
population, le développement des infrastructures, le développement
des régions du Sud et des Hauts Plateaux, le soutien au
développement économique, le développement et la modernisation du
service public, ainsi que le développement des nouvelles
technologies de communication. «L’approche sectorielle de ce
programme donne la priorité aux grands projets d’infrastructures
dans les transports, les travaux publics et le logement»,
ajoute-t-il, en précisant que «par son aspect stratégique et
l’enveloppe financière engagée pour sa réalisation, l’autoroute
Est-Ouest est en quelque sorte le projet-phare du PCSC». Le mensuel
s’intéresse également au dialogue social, en mettant en exergue
notamment l’impact de la revalorisation des salaires décidée à
l’issue de la 12e tripartite (Gouvernement-UGTA-Patronat). «Le
dialogue social permet de trouver des solutions efficaces à des
millions de salariés», écrit-il en soulignant, à ce titre, que «la
forte croissance que connaît le pays et les prévisions positives
pour l’avenir laissent présager de revenus moyens en augmentation et
d’une évolution graduelle du pouvoir d’achat». «Une démarche
fructueuse», titre par ailleurs Arabies en évoquant, à travers ce
«Spécial Algérie» d’une quinzaine de pages, les retombées de la
charte pour la paix et la réconciliation nationale.
R. N.
Haut
Pour
«exiguïté» de la salle d’audience
Le procès de
l’affaire BCIA reporté
L’événement-phare, hier
à Oran, en matière de justice, était incontestablement le jugement
de l’affaire BCIA qui a défrayé la chronique il y a trois ans de
cela, en continuant de tenir les curieux en haleine depuis octobre
2003, et qui était très attendue par les observateurs, comme en
témoigne le monde fou qui s’est agglutiné devant la cour d’Oran pour
suivre le procès. Leur faim n’a finalement pas été apaisée. Et pour
cause, le procès de cette affaire –dite des traites avalisées par la
BCIA et escomptées par la BEA– a dû finalement être reporté. La
salle d’audience du tribunal criminel de la cour d’Oran ne pouvait
pas contenir les 57 personnes présumées responsables de la
dilapidation de 1 320 milliards de centimes, accompagnés d’une
centaine d’avocats, en plus de 61 témoins et de nombreux
journalistes venus couvrir l’événement. Etaient également présents
les familles des mis en causes. Le juge a suggéré que ne rentrent en
salle que les avocats représentant le mandant demandé à la barre, ce
que la défense a refusé, sachant qu’il s’agit d’une affaire où tout
s’imbrique et que, par conséquent, la défense se doit d’écouter
toutes les interventions. Il faut dire que même les avocats de la
partie civile ont abondé dans ce sens, ce qui a amené le juge à
décider de reporter l’affaire. Histoire de décontracter
l’atmosphère, un des avocats de la défense, Me Mokrane Aït Larbi, a
lancé: «Il va peut-être falloir juger l’affaire au palais des
sports!»
Pour rappel, il y a
trois ans, l’agrément était retiré à la banque privée BCIA et sa
mise en liquidation était décidée. Il faut dire dans ce contexte
que, la veille déjà, l’on parlait d’un possible renvoi du procès à
une date ultérieure, des avocats de la défense s’étant donné le mot
«d’attaquer l’arrêt de renvoi prononcé par la chambre d’accusation
et la décision d’enrôlement pour la session criminelle en cours
prise par le parquet général». L’on s’attendait en effet à une
véritable offensive du collectif de défense, mais les robes noires
n’avaient ainsi nul besoin d’aller jusqu’à remettre en cause le
traitement judiciaire pour voir le procès reporté. Cela dit, dans
une conférence de presse organisée la veille, le procureur général
près la cour d’Oran, M. Zaghmati, a tenu à souligner que «l’affaire
a été menée conformément à la loi», pour préciser qu’il n’y a eu
aucune atteinte aux droits de la défense. C’était là sa réponse à la
lettre du conseil du P-DG de l’ex-BCIA dans laquelle celui-ci a émis
des réserves quant au traitement du dossier par les autorités
judiciaires.
E. Ikram
Haut
Objet
de la visite de Peter Rodman
Deuxième dialogue
militaire algéro-américain
Le deuxième dialogue
militaire (JMD) entre l’Algérie et les
Etats-Unis, se terminera
aujourd’hui, après avoir été entamé à Alger dimanche dernier. Ce
dialogue est co-présidé par le général major Ahmed Senhadji et le
secrétaire adjoint à la Défense pour la sécurité internationale,
Peter W. Rodman, selon un communiqué de l’ambassade américaine à
Alger. «Le JMD a été conçu pour entretenir le dialogue et les
relations entre les deux pays et pour promouvoir et renforcer leurs
liens bilatéraux dans le domaine militaire», ajoute la même source.
«L’Algérie et les
Etats-Unis cherchent à développer une relation dans le domaine
sécuritaire qui servirait l’intérêt des deux pays, et qui
protégerait leurs citoyens contre la menace terroriste», est-il
précisé. Le communiqué indique que «la coopération militaire
algéro-américaine, sous
forme de visites de bateaux militaires, de programmes de formation
et d’études, a aidé à créer une meilleure compréhension mutuelle et
une meilleure habilité à travailler ensemble». L’Algérie et les
Etats-Unis ont aussi
participé ensemble à des activités de l’OTAN dans le cadre de
l’initiative du dialogue méditerranéen pour renforcer la sécurité
dans l’ouest méditerranéen, rappelle-t-on. Le dialogue militaire
algéro-américain se tient chaque année. Le premier dialogue a eu
lieu à Washington en avril 2005.
Amine B.
Haut
Diabète, HTA et obésité
Les médecins tirent
la sonnette d’alarme
Le diabète,
l’hypertension artérielle (HTA) et l’obésité sont à l’origine d’une
«surmortalité», ont révélé hier les résultats préliminaires du
dépistage du diabète de type 2, de l’obésité et de l’hypertension
artérielle, lancé en avril dernier dans 12 wilayas du pays et
répercuté par l’APS.
«Les maladies
cardiovasculaires en rapport avec les facteurs de risque que sont
l’obésité, l’hypertension artérielle (HTA) et le diabète de type 2,
sont en nette augmentation croissante en Algérie», a affirmé le Pr.
Mansour Brouri, lors de la présentation des résultats de ce
dépistage devant le 7e Forum national de formation continue ouvert à
Alger. L’opération de dépistage de l’obésité, de l’HTA et du diabète
a porté sur 12 wilayas du centre et du sud-est du pays, d’Alger à
Tamanrasset, avec comme objectif d’examiner 121 959 adultes âgés de
35 ans et plus sur une population ciblée de 3 187 776 personnes. La
population concernée par le dépistage est de 141 539, soit 116% de
l’objectif fixé. Les résultats préliminaires, «à interpréter avec
beaucoup de réserve, car non définitifs», a-t-il dit, montrent que
155 692 personnes ont une glycémie capillaire pathologique, soit 11%
de l’effectif inclus. Par ailleurs, une hyperglycémie modérée à
jeun, une catégorie à très haut risque de devenir diabétique dans
les années à venir, est retrouvée dans 19,2% des cas, a déclaré le
Pr. Brouri, qui a piloté ce dépistage. Pour ce qui est de l’HTA,
19,2% des personnes examinées ont une tension artérielle égale ou
supérieure à 140/90 mmHg. Et 23.6% des sujets examinés ont une
tension artérielle de 130/80 mmHg.
Enfin, concernant
l’obésité, le BMI (Body Mass Index) est supérieur ou égal à 25 dans
49.8% des cas et l’obésité abdominale, facteur à haut risque
cardiovasculaire, définie par un périmètre abdominal supérieur ou
égal à 49 cm chez l’homme et 80 cm chez la femme, est retrouvée dans
54,5% des cas, selon le professeur. Ce dernier a qualifié cette
situation d’«alarmante». Selon lui, elle est d’autant «plus
préoccupante» que l’obésité, l’HTA et le diabète de type2. Ces
derniers, a-t-il ajouté, sont les «principaux facteurs de risque,
les plus grands pourvoyeurs de maladies cardiovasculaires, souvent
graves et responsables de la plupart des décès, près de 50% des
décès par maladie chronique». Pour le professeur, «si rien n’est
entrepris pour arrêter cette véritable explosion +épidémique+, il
faudrait s’attendre à supporter un fardeau socio-économique encore
plus lourd». A l’horizon 2025, a-t-il averti, «on risque d’avoir 1
000 000 de rétinopathies, 500 000 insuffisances rénales, 500 000
cardiopathies ischémiques, 500 000 artériopathies des membres
inférieurs et 150 000 accidents vasculaires cérébraux dont la prise
en charge exigera des moyens financiers et humains colossaux».
Amine B.
Haut
Colloque Houari Boumediene
La diplomatie
algérienne à l’honneur
Avancé de deux jours, le
colloque Houari Boumediene annuellement organisé les 27, 28 et 29
décembre aura lieu à Mostaganem, apprend-on de la bouche du SG de l’UNJA.
Mohamed Madani qui réunira son bureau national demain autour de six
points à l’ordre du jour dont la préparation dudit colloque qui aura
pour thème «La diplomatie algérienne : des libertés à la
mondialisation». Selon le SG, le colloque ouvrira une des pages
glorieuses de la diplomatie algérienne à l’ère de Boumediene en ce
sens qu’elle était le fer de lance de la politique étrangère du
défunt président. Le département des affaires étrangères était alors
drivé par le plus jeune minis-tre des AE au monde durant 13 ans, en
la personne de Abdelaziz Bouteflika. L’Algérie avait présidé, pour
rappel, la 29e AG des Nations unies sous l’égide du SG, Kurt
Valdhaim. Et c’était sous la houlette de la représentation
algérienne que la délégation de Pick Botha, président du régime
d’apartheid en Afrique du Sud a été exclue des Nations unies. Yasser
Arafat, patron de l’OLP, jadis qualifiée d’«organisation terroriste»
a pu fouler des pieds la salle de l’AG et discourir devant la
plénière de l’ONU pour lancer son offre de paix qui changea depuis
le cours de l’histoire. C’est aussi par ces temps d’apogée
diplomatique que l’affaire du Sahara occidental fut inscrite dans
l’agenda onusien pour la première fois sous l’impulsion de la
diplomatie du régime Boumediene alors que la communauté
internationale ignorait l’existence de ce petit peuple qui criait
son indépendance derrière les dunes oubliées de ce qui fait
aujourd’hui la RASD. Le palmarès de notre diplomatie est long si
l’on tient compte des actions de médiations de l’Algérie dont celle
entre l’Irak et l’Iran, rongés par des hostilités séculaires, entre
factions libanaises ravagées par la guerre civile ou entre Africains
qui croulaient sous l’occupation ou noyés dans des guerres
frontalières ou tribales.
Selon le SG de l’UNJA,
plusieurs personnalités de marque ayant vécu l’époque sont conviées
à ce colloque qui prend, depuis peu, la dimension internationale. Un
grand hommage sera rendu, à en croire Mohamed Madani, d’anciens
diplomates de l’ombre avec à leur tête le chef de l’Etat qui sera
l’invité vedette et M. Lakhdar Ibrahimi. On cite entre autres
diplomates MM. Abdelkader Bouselhem, Abdelkader Messahel, Lamine
Khane, Mahyeddine Amimour, et MM. Benyahia, Saâd Dahleb et Mohamed
Demagh El Atrous à titre posthume. L’édition du colloque de cette
année se veut également un retour aux sources de la diplomatie
algérienne pour permettre aux conférenciers et autres acteurs
choisis parmi d’illustres témoins, pour relater les zones d’ombre de
toute une histoire aux quelques
1 500 jeunes invités à
cette occasion. Ce colloque coïncide avec l’hommage rendu par
l’Europe à la diplomatie algérienne via le ministre d’Etat ministre
des Affaires étrangères, Ahmed Bedjaoui, primé récemment à Rome pour
ses efforts déployés dans le cadre du dialogue des cultures et le
rapprochement entre les peuples.
Salah Bey
Haut
Logement APC/CNEP de Gué de Constantine
Les bénéficiaires
attendent toujours
Dix-sept ans. L’attente
est longue pour les bénéficiaires des 750 logements de Gué de
Constantine qui broient toujours du noir. Après avoir frappé à
toutes les portes, ces derniers se sont constitués en une
association dans l’espoir d’avoir enfin un toit. Un représentant de
cette association nous a fait part de l’inquiétude des familles
concernées. «Nous voulons le respect du statut du programme APC/CNEP
de Gué de Canstantine, datant de 1989, et de l’application des
articles 106, 113 et 124 du code de la république». C’est en ces
termes que s’est exprimé un représentant de l’association des
bénéficiaires légaux et légitimes des 750 logements du programme APC/CNEP,
dont 216 sont squattés, qui s’est rendu à notre rédaction. Ce
dernier, représentant les familles des bénéficiaires, nous a
expliqué que «la justice a prononcé l’expulsion des squatteurs
desdits logement sans pour autant que ces indus occupants ne
quittent les lieux.» Ne voyant pas de suite effective, les
acquéreurs légaux de ces logements ont fait une sorte de mémorandum
dont ils ont envoyé plusieurs copies aux groupes parlementaires des
partis politiques siégeant à l’APN, au wali d’Alger, au ministre de
l’Habitat, au Chef du gouvernement ainsi qu’au président de la
République. Les responsables en charge de la construction des
logements en question, nous a affirmé notre interlocuteur, «ont
porté atteinte aux intérêts moraux et matériels des bénéficiaires».
Programmée pour 6 mois, la réalisation du projet des 750 logements
n’est pas achevée. Vieux de 17 ans, ce problème qui continue
d’empoisonner la vie quotidienne des bénéficiaires, est loin de
connaître son épilogue, d’autant plus qu’aucune solution ne pointe à
l’horizon. Le programme de construction de 750 APC/CNEP de Gué de
Constantine, datant de 1989, dont 216 logements sont squattés par
des indus occupants, selon les bénéficiaires légaux, qui parlent de
«mauvaise gouvernance». Ils demandent «l’intervention personnelle du
premier magistrat du pays afin que le statut du programme de nos
logements soit respecté.»
Djamel Oukali
Haut
Oracle Algérie
La solution
informatique des entreprises
Présent sur le marché
algérien depuis les années 1980 mais représenté par un bureau depuis
juin 2004, Oracle corporation, premier éditeur mondial des logiciels
d’entreprise ne compte pas se contenter de sa situation actuelle
quand bien même elle n’est pas déplaisante. Hier, lors d’une
conférence de presse animée à l’hôtel Sofitel, ses responsables ont
fait le point sur les acquisitions stratégiques et sur l’évolution
des produits d’Oracle.
A travers le monde,
Oracle est-il indiqué compte plus de 275 000 clients dans plus de
145 pays.
Elle compte aussi parmi
ses clients 98 des entreprises du classement fortune 100. Son
responsable Algérie expliquera que le souci de son entreprise n’est
pas tant de gagner de l’argent mais de pouvoir offrir un
accompagnement aux entreprises.
Or, est-il souligné, les
entreprises qui exercent en Algérie n’ont rien de différent de
celles qui exercent ailleurs dans le monde.
Mieux, Oracle
Corporation présente en Algérie à travers Oracle Fusion Middleware
entend exploiter son expérience accumulée ailleurs et la mettre au
service des entreprises locales avec l’assurance d’avoir un logiciel
qui répond à tous leurs besoins informatiques.
En réalité, soulignera
Nadji Sid, l’Algérie a une opportunité pour développer une richesse
qui tournerait autour de l’industrie informatique. Ayant sérié les
besoins de ses clients algériens qui tournent autour de la
gouvernance d’entreprise, des normes internationales, de
l’optimisation des coûts et de la compétitivité accrue, Oracle
Algérie est en partenariat avec entre autres Sonatrach CPE, RTI
Algérie et BIG informatique. En un mot, Oracle prend l’engagement de
contribuer au développement du marché algérien.
Nadia K.
Haut
Le
politologue Etienne Bruno à Alger
«Les Américains ont
lâché l’Afrique»
«Les Américains ont
lâché l’Afrique, ce continent n’est plus un enjeu pour eux car le
centre du monde s’est déplacé. C’est aujourd’hui la Chine, l’Inde et
le Japon.
«La hantise américaine
c’est une éventuelle alliance avec la Chine et la jonction avec
l’Islam asiatique», lance d’emblée l’éminent politologue français
Etienne Bruno lors d’une rencontre qu’il a animée dimanche au centre
culturel français d’Alger et dont le thème était «Clash des
civilisations», ajoutant que l’actuelle visite du Président algérien
en Chine est un tournant incontournable dans l’histoire du pays.
«J’ai été en Chine, ce voyage a marqué ma vie et depuis j’ai eu une
autre vision du monde. En Chine, on dit que les Arabes sont des
Occidentaux !», lâche-t-il ajoutant que la culture arabe et
occidentale se ressemble puisqu’elle puise de la pensée grecque
tandis que l’Inde, la Chine et le Japon sont des problématiques
complètement différentes du monde. «En Chine, on prend les Arabes
pour des Occidentaux ! Lorsque des amis chercheurs me parlent de
l’Islam chinois je leur dis que ce n’est pas de l’Islam mais du
bricolage !». Ce professeur agrégé de sciences politiques et membre
de l’Institut universitaire de France, qui enseigne à l’Institut
d’études politiques d’Aix-en-Provence et dirige l’Observatoire du
religieux, déclare que «la realpolitik ce sont les contrats» et que
tout se joue autour de cela. Dans ce sens, il prédit que le nouvel
allié des Américains ne sera autre que l’Iran car l’Arabie saoudite
n’est plus un allié «fiable»! «L’histoire du nucléaire iranien n’est
qu’une propagande qui nous cache la vérité : Les États-Unis sont en
train de négocier avec l’Iran l’acheminement des pipes de pétrole
des puits du Tadjikistan et autres ex-Républiques soviétiques, dîtes
oui et nous laisserons tomber ces accusations ! Au départ, ce projet
était prévu avec Poutine mais ce dernier n’a pas pu apaiser la
situation en Tchétchénie pour permettre l’acheminement du pétrole
sur ses terres». Bouleversant ! Pour Bruno Etienne, quand on nous
parle d’intérêt général, national ou mondial, il faut comprendre
intérêts économiques, personnels et énergétiques qu’impose
l’idéologie du libre marché et non la fausse guerre des religions
car aujourd’hui on assiste à une lutte de redéfinition
géostratégique qui concerne le contrôle du Proche-Orient (purement
énergétique) et qui est légitimé des deux côtés par des références
culturelles et religieuses qui masquent les véritables enjeux. «Le
danger qui menace les USA n’est pas l’Islam comme on nous le fait
croire mais ce sont les immigrés hispaniques, c’est l’Amérique
latine !», avoue-t-il précisant qu’il récuse la théorie des chocs
des civilisations qui n’a aucun sens. «Le slogan ‘Occident contre
Islam’ fonctionne à condition que personne ne sache ce qu’est
Occident et ce qu’est Islam ! On fonctionne ainsi sur la
méconnaissance réciproque. Je peux sans problème vous dire comment
les fantasmes définissent l’Islam car ce qui est important ce n’est
pas ce qui est vrai mais c’est ce que les gens croient». Une
situation entretenue par l’effet de la mondialisation ou la «westernisation»
comme il préfère la nommer et qui n’est qu’un outil «efficace» de
propagande et de conditionnement qui joue sur «l’évènementiel», à
l’instar des images de la télévision. L’invité du CCF augure de la
prochaine adhésion de la Turquie à l’Union européenne puisqu’elle
détient les ressources de l’eau alors que l’Arabie saoudite
tomberait sous les coups de butoir d’ Al Qaïda puisque Ben Laden n’a
comme projet que de renverser les Beni Saoud. Il souligne également
que l’Europe est divisée en deux, l’Est qui tend vers les USA et le
Sud qui penche vers la Méditerranée. Pareil pour les pays arabes qui
sont minés par la même vision. «Nous n’avons pas pu unir l’Europe et
vous avez échoué à vous unir, voilà ce qui a facilité la tâche aux
Américains qui profitent de cette faiblesse et font ce qu’ils
veulent. Nous leur avons laissé le champs libre!»
Irane Belkhedim
Haut
Fruit de la coopération algéro-française
L’Organisme algérien
d’accréditation créé
L’Organisme algérien
d’accréditation (Algerac), récemment créé par décret, entre dans «sa
phase déterminante de pérennisation» et sera très vite doté d’une
équipe opérationnelle d’auditeurs et d’experts pour l’accréditation
de laboratoires et d’organismes certificateurs, a affirmé hier le
ministre délégué auprès de l’ambassade de France à Alger,
Christophe Bonchard. Algerac a été créé en décembre 2005 par décret
et doit exercer ses activités dans le cadre de la coopération
algéro-française. Il est financé à hauteur de 1,5 million d’euros,
soit 47% de son budget, par le Fonds français de solidarité
prioritaire (FSP). Ce montant vient s’ajouter à l’enveloppe de 300
millions de dinars (environ 3,5 millions d’euros) accordée par
l’Etat algérien sur quatre ans, période de validité du plan d’action
(2006-2010) élaboré pour l’organisme. Le diplomate s’exprimait lors
d’une rencontre de vulgarisation sur ce nouvel organisme de
normalisation, en présence de représentants des ministères de
l’Industrie et des Affaires étrangères ainsi que des organismes et
institutions de normalisation et de certification. M. Bonchard a
fait savoir que la contribution du gouvernement de son pays à la
création d’Algerac s’inscrit dans le cadre de l’une des actions
engagées par le FSP en Algérie portant sur l’appui à la
structuration du dispositif national de développement de la qualité,
de la normalisation et de la certification. C’est dans le cadre de
ce volet bénéficiant de la moitié du budget global du projet FSP,
évalué à trois millions d’euros et dont la gestion a été confiée à
l’Organisation des Nations unies pour le développement industriel
(ONUDI), que les travaux préalables à la création d’Algerac ont été
menés, a-t-il précisé. M. Bonchard a ajouté que ce volet a porté
également sur le renforcement des institutions algériennes
d’intervention dans le domaine de la certification et la
normalisation notamment en direction de l’Institut algérien de
normalisation (IANOR) et de l’Office national de métrologie légale (ONML).
Il a souligné, en outre, «l’attachement» de la coopération
algéro-française, par le biais du FSP, à contribuer à
«l’accompagnement de cet organisme (Algerac) et à préparer au mieux
les relais devant être pris à partir de 2008 par les programmes
européens d’appui notamment en matière de qualité, d’accréditation
et de normalisation».
Le directeur général d’Algerac,
Noureddine Boudissa, a pour sa part présenté le cadre réglementaire
et le plan d’action (2006-2010) du nouvel organisme, portant sur
quatre axes. Il s’agit, en premier lieu, de renforcer les capacités
d’Algerac par la mise en place d’un conseil d’administration où
toutes les parties intéressées par la qualité «seront équitablement
représentées», assurer la disponibilité des moyens matériels
adéquats et la formation du personnel nécessaire (auditeurs,
évaluateurs et experts) pour le bon fonctionnement de l’organisme.
Concernant le côté formation, 20 experts ont été formés sur un
besoin estimé à une centaine d’agents, indique-t-on.
M. Boudissa a souligné
que cette première action permettrait de «gagner la confiance des
instances internationales» vis-à-vis de la conformité du système
national d’accréditation aux exigences internationales (ISO 17011).
Le deuxième volet consiste à promouvoir l’accréditation d’Algerac
par le biais, entre autres, de la promotion et le développement du
marché de l’accréditation comme «facteur de crédibilité». Il s’agit
également, ajoute la patron d’Algerac, de développer le partenariat
et les relations internationales, notamment avec l’ONUDI. Et enfin
de développer les processus d’accréditation des différents
laboratoires et organismes et certification, de normalisation, de
contrôle et d’inspection de produits et services. Ainsi, Algerac
sera en mesure de délivrer des accréditations dans trois domaines
distincts : l’accréditation des organismes de certification et
d’accréditation des laboratoires d’essais et d’étalonnage ainsi que
l’accréditation d’organismes de contrôle et d’inspection comme les
stations de contrôle technique automobile.
Par le biais du projet
FSP, qui arrive à son terme fin 2006, les pouvoirs publics français
ont également accordé leur soutien à l’Etat algérien, dans trois
autres domaines, à savoir le développement des services d’appui aux
PME, le renforcement des compétences des magistrats dans le domaine
du droit des affaires, enfin la structuration du dispositif national
de soutien à la création de micro-entreprises.
Redouane A.
Haut
Campagne contre l’islamophobie
L’apport des
musulmans britanniques
Afin de mieux connaître
la pratique de la religion musulmane en Algérie, une délégation de
représentants de la communauté musulmane du Royaume-Uni est en
visite, depuis dimanche passé, au pays. Profitant de son séjour, la
délégation en question, conduite par sa présidente, Aziza Aïdi, a
animé, hier, une conférence de presse au siège du quotidien El
Moudjahid, en présence, faut-il le signaler, de l’ambassadeur du
Royaume-Uni en Algérie.
Ce dernier qui a procédé
à l’ouverture de la conférence a indiqué que l’objectif essentiel de
cette visite est d’améliorer la compréhension et les échanges, tous
azimuts, entre les deux pays.
L’ambassadeur atteste
d’emblée que la situation actuelle de l’Algérie n’est plus celle
vécue dans les années 1990, puisque des progrès tant sécuritaires
qu’économiques sont, souligne-t-il, constatés ces dernières années.
«Nous avons même témoigné de ces améliorations au gouvernement du
Royaume-Uni», indique l’orateur qui enchaîne qu’«un travail visant à
dépasser les barrières de l’ignorance est en train de se faire entre
les deux gouvernements». «L’Algérie, il ne faut l’assimiler ni au
GSPC, ni au terrorisme. Nous avons des défis socio-économiques
communs auxquels nous devons faire face ensemble»,
a-t-il encore soutenu.
Pour sa part, la
présidente de la délégation précitée, indique que le rapprochement
entre les deux communautés est plus que jamais nécessaire en vue,
soutient-elle, de porter haut et soigner l’image de la confession
musulmane, traitée, il n’est un secret pour personne, de religion de
violence par les pourvoyeurs de ce qui est communément appelé «l’islamophobie».
«Oui, je ne dis pas le contraire, le phénomène de l’islamophobie
existe en Angleterre. Cependant, la communauté musulmane du
Royaume-Uni n’est pas restée les bras croisés quant à ces campagnes.
Nous faisons toujours des approches basées sur le respect afin de
mieux faire connaître notre religion. La situation est gérée
efficacement», dira la présidente de la délégation, avocate de son
état. Celle-ci avoue cependant que beaucoup reste à faire notamment
en matière d’intégration des musulmans dans la société anglaise. A
ce point précis, à savoir l’intégration, Mme Aziza Aïdi a fait
savoir que «la communauté musulmane au Royaune-Uni est fière de sa
confession et que la co-existence entre les différentes religions
existe en Grande-Bretagne». Constat confirmé par d’autres membres de
la délégation où figurent des Algériens établis au
Royaume-Uni depuis
plusieurs années. Invitée à éclaircir la situation des musulmans en
Angleterre, notamment après les attentats terroristes survenus au
métro de Londres, en juillet 2005, l’avocate souligne que des
extrémistes tentent de justifier leurs actes par le biais de la
religion. A ce sujet, la représentante de la délégation des
musulmans britanniques corrobore que «ces extrémistes sont
minoritaires et qu’ils sont d’ailleurs rejetés par la communauté
musulmane du Royaume-Uni».
M. Kechad
Haut
Ils
parlent de l’Université
Le blues des
étudiants
Mental en berne,
désenchantement, lassitude, ras-le-bol... et passons. Cette morosité
générale qui s’est installée, apparemment pour durer très longtemps
dans l’université algérienne, curieusement ne semble pas concerner
les pouvoirs publics, particulièrement le ministère de
l’Enseignement supérieur. Des étudiants blasés, blousés, parlent de
la vie dans les campus.
A les écouter,
franchement, il y a de quoi avoir peur.
«Mieux vaut être
mendiant qu’étudiant». Les arabophones, eux, traduisent la formule
en ces mots : «Atallab ahssan mina Attalib». Voilà donc une formule
que les étudiants ont élevée au rang du proverbe. Mais là, ce sont
des phrases que nous avons glanées des bouches d’étudiants
rencontrés dans quelques facultés d’Alger. A la fac, le mental est
en berne depuis belle lurette. Peu d’étudiants croient à une vie
post-universitaire. Nul ne parie un sou sur l’utilité d’une licence
que d’ailleurs ne servira pas à grande chose, disent-ils à
l’unisson. C’est là la triste réalité dans laquelle patauge depuis
bien des années l’université algérienne. Plus de quarante après
l’indépendance, une kyrielle de ministres à la tête de
l’Enseignement supérieur, des politiques et des systèmes
d’expérimentation à la pelle… sans résultat aucun. A vrai dire,
l’Université, voire dans une large mesure l’école, a été tout sauf
une priorité de l’Etat. Les étudiants que nous avons rencontrés ne
se font pas prier pour dire ce qui leur semble une réalité qui tombe
sous le sens. Tous dénoncent le piètre niveau de l’enseignement
universitaire et pointent du doigt les pouvoirs publics.
CH.S est de ceux là.
Pour parler de son état d’âme, il ne faut pas trop chercher dans le
dictionnaire : oisif, dégoûté, las… sont, entres autres, quelques
adjectifs qui nous dessinent le portrait de ce jeune branché, adepte
de la casquette et du MP3. A 24 ans, il entame sa troisième année en
Sciences politiques mais sans grande conviction. «Un cursus qui mène
droit au chômage.
Pourquoi ?», rage-t-il.
Une formation sans avenir. Ces mots-là, où plutôt ces sentences, il
les prononce avec une indifférence qui laisse de marbre. Le pire est
qu’il n’est pas le seul à voir tout noir ici. «Je connais beaucoup
de jeunes qui tiennent les murs, une licence en main. A quoi bon
étudier si ce n’est, pour ce qui me concerne en tout cas, remplir un
devoir familial ? Ni plus ni moins. Ravir un père et une mère qui
croient naïvement aux miracles de la licence», pense-t-il. Ce n’est
pas seulement le marasme de la fac qui nourrit son scepticisme. Il y
a le marché du travail, lui aussi, qui obéit à des règles pas très
orthodoxes. Et voici ce que pense notre jeune : «Contrairement à
nous les hommes, les femmes ont plus de chance de trouver du boulot
une fois leurs études terminées. Vous imaginez bien pourquoi». Un
constat sans appel qui met réellement à nu les vicissitudes du
marché de l’emploi dans lequel justement les étudiants, les hommes
en tête, sont tout, sauf les bienvenus.
A la question :
«Etes-vous prêts à cesser les études si vous trouvez un emploi ?» Il
répond sans ciller : «Oui j’arrêterai mes études. Ce n’est un secret
pour personne que des jeunes sans diplôme touchent un salaire trois
fois supérieur à celui d’un licencié. Des amis à moi ont lâché prise
au bout de la deuxième année. Certains ont versé dans le commerce.
D’autres ont préféré s’engager dans l’armée. Alors de grâce, qu’on
cesse de nous raconter des salades. En Algérie, l’étudiant n’a que
le nom. Et là encore…» Pourquoi ce scepticisme ? «Le niveau de la
formation est très faible. Les conditions et les moyens font défaut,
notamment à l’intérieur des cités universitaires et ne sont pas
favorables pour suivre des études dans les règles de l’art»
Abdaoui Bilal, 24 ans,
n’en pense pas moins. «C’est sûr ! Pas de quoi être fier à
l’université». Pas seulement contre la fac que cet étudiant en
troisième année de journalisme est remonté mais envers le pays
entier. Sa dénonciation est notamment politique. Le ton brutal
contraste pourtant avec un jeune à la fleur de l’âge censé, en
théorie, nourrir tous les espoirs du monde. Comme son collègue des
Sciences Po, il pense tout le mal de l’Université : «Y a pas photo,
on produit des étudiants médiocres. Les conditions dans lesquelles
nous évoluons sont plus que déplorables. Personne ne choisit sa
spécialité. On nous oblige à tout faire et, du coup, on fabrique des
cadres comme ça, au hasard. Que voulez-vous que je dise de plus ?» A
l’entendre, l’on serait curieux de savoir la réaction du ministre de
l’Enseignement supérieur, dont il est, à la lueur de ces
vociférations, très difficile de soutenir le contraire et de faire
les louanges du système LMD qu’il peine d’ailleurs à mettre en
œuvre. Pour Bilal, au moins une chose est sûre : «Il n y a pas de
quoi être fier dans une université algérienne. Trop de problèmes.
Trop de négligence. Le niveau des étudiants est très bas. Ni
connaissance intellectuelle ni morale. Cela dit, si tout le monde,
ici, dans la fac est voué à l’échec, il existe une minorité,
vraiment infime, qui tire son épingle du jeu.» Les études, vous les
terminerez quand même. «Je ne veux pas quand même gâcher trois ans
de misère et de souffrance pour rien. Il me faut cette licence même
si celle-ci n’a aucune valeur».
Du côté des étudiantes,
l’enthousiasme au féminin n’est pas tout à fait au rendez-vous, même
si, ici et là, quelque-unes tempèrent cette vague de désenchantement
qui règne sur l’université. Meriem A., 22 ans, est étudiante en
droit et si pour elle, la fac va mal, c’est le système éducatif qui
est derrière. «Il ne faut pas se voiler la face. Nous les étudiants
nous n’avons pas le niveau requis pour ces études. C’est la le
résultat d’une formation scolaire truffée d’erreurs et de gabegie.
L’étudiant, de nos jours, c’est réellement ça. C’est-à-dire tout le
contraire d’une personne qui s’intéresse à la vie, aux
préoccupations de la société, aux débats, à la science… les cours à
la fac, sont comme une marchandise qu’on consomme sans trop
broncher», analyse-t-elle. Le mal, cette jeune femme, elle le voit à
sa façon mais se garde de tirer sur l’ambulance. Avec ceux qui
voient le tout gris, tout noir, Meriem n’est pas d’accord.
Du moins avec leur
scepticisme presque viscéral. «Je ne partage pas l’avis de ceux qui
disent tout laisser tomber pour aller vaquer ailleurs. Ce n’est pas
à mes yeux la meilleure issue pour affronter une vie professionnelle
où le diplôme est une condition sine qua non», assure-t-elle.
Alors pas de panique
Messieurs ! Meriem elle, en toute sérénité, possède une recette pour
mieux mijoter cette fiche cartonnée qu’est le diplôme universitaire
avec la vie professionnelle.
«Au contraire, il faut
terminer ses études, quitte à vivre les conditions les plus
dérisoires. Etre étudiant est évidemment un plus, pour peu que l’on
sache ce qu’on veut dans la vie». Concluons
vite : Melle n’a pas
l’intention de stopper son cursus. «De toute évidence, je dois
d’abord finir mes quatre années pour me charger du reste, le Capa et
tout le reste».
A cet optimisme
clairement assumé, Nawel G, quatrième année en droit, ajoute le
sien. Derrière ses lunettes fashion, elle offre un sourire qui
contraste avec la mine patibulaire des pessimistes. «Un diplôme
malgré tout». Malgré le niveau faible à la fois des étudiants et de
certains enseignants, malgré la détérioration des conditions de vie
de l’étudiant… bref en dépit de tout cela, Nawel, soutient une toute
autre logique. «Je ne dis pas qu’à l’université algérienne tout est
beau, tout est rose... dire cela, serait un grand mensonge, tant les
conditions, à la fois pédagogiques et matérielles, font cruellement
défaut. Je citerai en exemple l’encadrement des enseignants, le
diktat de plusieurs d’entre eux qui agissent comme en terrain
conquis. Ils donnent les notes qu’ils veulent. Des agissements
condamnables qui servent leurs bas intérêts»
Et donc ? «Pour autant,
jeter l’opprobre sur l’université algérienne n’est pas très loyal de
notre part, nous les étudiants. Qu’on le veuille ou non, la fac
demeure l’une des principales voies de notre avenir». Et de
s’enflammer : «Imaginez- vous, une seconde, vivre dans un pays comme
le notre où le chômage reste la seule préoccupation des jeunes ? Un
cauchemar. Une fois sur le marché du travail, le diplôme n’est pas
seulement souhaité mais obligatoire. Ce n’est là un secret pour
personne. Evidemment, il n’en est pas le moins du monde l’idée de
quitter l’université sans la fameuse licence. Quant à la fierté
d’être étudiant ou non, je dirai quand même qu’il existe une
certaine différence bien que le titre a perdu de son prestige
d’antan. Nous ne sommes pas les étudiants des années 60 et 70.
Dommage».
Amine Goutali
Haut
Victime de pratiques parasitaires et bureaucratiques
L’agriculture tarde à
prendre son essor
Le secteur agricole,
malgré des seuils de production remarqués, continue à être l'objet
d'activités parasitaires et d'entraves bureaucratiques risquant, à
tout moment, de le déstabiliser et de freiner son épanouissement et
son développement.
L’agriculture
algérienne, en dépit des efforts méritoires consentis par le monde
paysan qui, en dépit d’aléas de tous ordres, s’adonne, encore, au
travail de la terre, continue de souffrir de nombreux problèmes
d’ordre structurel et organisationnel qui, s’ils ne sont pas
correctement pris en charge, risqueraient, à terme, de se traduire
par des catastrophes. Des professionnels rappellent, à ce titre, que
le récent et triste épisode de la pomme de terre, sur lequel avait,
récemment, focalisé l’opinion, en est, à ce titre, la preuve
éclatante.
Un agriculteur
produisant, tout à la fois, du lait et des produits maraîchers, M.
Kerbouche, assure que ce qui vient de se passer pour ce tubercule,
dont la flambée des prix a été noyée par une multitude de raisons,
risque de se répéter, à brève échéance, pour l’oignon sec. Il est
conforté par d’autres collègues, MM. Gacem, Tlidjane et Bedjaoui qui
indiquent que ce légume, entrant dans la composition de nombreux
plats est, depuis plusieurs mois, cédé par des agriculteurs
malchanceux à vil prix. «On leur en offre 1 à 3 DA par kilogramme
alors qu’il est cédé entre 15 et 20 DA le kilogramme sur les étals
des marchés de fruits et de légumes». Tous sont d’accord pour
prédire que ce produit risque, pour ces raisons, de se faire rare
sur le marché, sinon d’atteindre des niveaux de prix jamais observés
auparavant. Un autre, parmi eux, estime qu’il pourrait en être de
même pour les viandes blanches, l’ail, le concentré de tomate des
produits, tous aussi sensibles.
Au nom de la
sacro-sainte liberté du commerce, induite par l’ouverture,
empressée, du marché, l’on a laissé dépérir des filières agricoles
pour la relance desquelles la collectivité nationale avait, il y a
quelques années, investi des efforts financiers colossaux. Pour
l’exemple, un responsable de la Chambre d’agriculture rappelle la
situation à laquelle est, actuellement, confrontée la filière de la
tomate industrielle dans le développement de laquelle s’étaient
investis des milliers d’agriculteurs de l’est du pays ainsi que de
nombreux transformateurs. «Le concentré de tomate, qui avait
commencé à être produit en quantité, jusqu’à couvrir les besoins
nationaux, est concurrencé, dit-il, par des importations massives et
incontrôlées opérées à partir de Chine populaire, de Turquie et
d’Italie. L’Algérie, en raison des coups portés à cette filière, est
en train, à nouveau, de retomber dans la dépendance vis-à-vis de
certaines productions agricoles abandonnant, au passage,
d’importantes franges d’agriculteurs à leur sort».
La liste des produits
stratégiques
Un autre intervenant
signale que les autorités politiques avaient, à un moment, élaboré
une liste de produits agricoles, considérés comme stratégiques et
parmi lesquels figuraient, outre les céréales et le lait, les
légumes secs, la pomme de terre, les dattes, l’ail et l’oignon.
«Seuls, déclarent-ils, on ne sait pourquoi, continuent à figurer sur
cette liste le lait, les céréales et leurs
dérivés». Un ancien
cadre du ministère de l’Agriculture considère que l’Etat, en se
délestant de ses fonctions de régulation et de contrôle du marché
des productions alimentaires, a laissé la porte ouverte à des
phénomènes spéculatifs dont profite, actuellement, toute une faune
d’intervenants n’ayant rien à voir avec la profession et qui, à la
longue, sont devenus les véritables tenants du marché des fruits et
légumes. Il relève que toute personne dotée d’un bon portefeuille
financier a, désormais, l’opportunité de s’autoproclamer commerçant
ou importateur et d’interférer, à son gré, dans les activités
agricoles. «Ramenant des quantités de produits concurrençant,
dangereusement, ceux cultivés localement, achetant de larges
superficies plantées en fruits et en légumes sur pied, pour faire en
sorte de réguler les cours et de fixer les prix à leur profit,
procédant à la rétention de certains autres comme ils l’ont fait, il
y a quelques semaines pour la pomme de terre, ils contribuent par
leurs activités parasitaires, à maintenir le marché à la
consommation, en déséquilibre constant».
Un représentant du
Bureau de l’Union nationale des paysans algériens, M. Lounadi,
estime, pour sa part, qu’une reprise en main de l’organisation et du
contrôle du marché des productions alimentaires, par l’Etat, est
devenue indispensable si l’on tient à mettre un terme aux activités
néfastes qui s’y sont installées et qui, tout en lésant les intérêts
des consommateurs, laissent échapper des sommes d’argent
considérables aux services fiscaux.
On cite, ici et là,
d’autres situations, tout aussi scandaleuses, auxquelles le
laisser-aller et le laisser-faire des autorités a laissé prendre des
dimensions préoccupantes. On en veut pour preuves les exportations
frauduleuses de cheptels ovins, opérées vers les pays limitrophes.
On précise qu’il en est de même pour ce qui concerne les grosses
quantités de dattes algériennes transportées de l’autre côté de la
frontière Est qui, après avoir été estampillées,
«Dattes de Tunisie» sont
proposées comme telles sur les marchés européens. Il y a, d’un autre
côté, ces intermédiaires véreux qui, pour les vendre plus cher,
prennent le soin d’étiqueter, une à une, des variétés de pommes
produites localement afin de faire croire aux détaillants et aux
clients qu’elles proviennent de l’étranger.
Infrastructures ou
«show room»
Certains des
agriculteurs présents déclarent, d’autre part, ne pas comprendre
pourquoi des hangars, des chambres froides et des locaux abritant
les ex-CAPCS, COFEL, revenant, de droit, à la profession agricole
ont été cédés, depuis, à des opérateurs n’ayant rien à voir avec
l’agriculture. «Au lieu d’être cédés à des associations
d’agriculteurs, relève l’un d’eux, certains ont, depuis, été
transformés en locaux commerciaux, en garages, en parkings ou en
show room de véhicules automobiles». En dehors de ces aspects
regrettables, l’agriculture algérienne reste confrontée à de sérieux
problèmes de financement. Des agriculteurs parmi lesquels un grand
nombre avait, cruellement, souffert de la décennie noire, ont pu
relancer leurs activités par suite des aides financières,
importantes, qui leur avaient été consenties par l’Etat, par le
biais du FNDA et du PNDRA.
Ils sont nombreux,
cependant, à regretter que les subventions accordées au titre de ces
opérations et qui, à un moment, avaient atteint des seuils de 30 à
50% pour certaines opérations de production et d’investissement
aient, depuis, été ramenées et des niveaux moindres retardant,
ainsi, la mise sur pied d’une agriculture performante. D’autres
persistent à se plaindre des longues et harassantes procédures
auxquelles ils sont astreints de la part des banques
lorsqu’ils tentent d’obtenir un moindre prêt «alors que,
ajoutent-ils, il est si facile à des personnes, peu scrupuleuses, de
délester des organismes financiers de millions sinon de milliards de
dinars». La Banque de l’agriculture et du développement rural,
(Badr), créée, au départ, pour soutenir le secteur agricole est
pointée du doigt pour avoir dévié de sa mission. M. Lounadi tient à
revenir, à cet effet, sur les vaines tentatives de la profession,
entreprises depuis 1996, pour tenter de donner corps à une banque du
crédit agricole et pouvoir, ainsi, contourner les insurmontables
problèmes de financement auxquels ils continuent d’être confrontés.
«Nous n’avons, dit-il avec amertume, jamais pu obtenir l’agrément».
Quelqu’un interviendra
pour indiquer que sans la mobilisation nationale des moyens de
production qui lui sont destinés, jamais l’agriculture algérienne
n’arrivera au seuil de développement qui en est attendu. «Si nous
continuons à importer nos semences, notre bétail et nos produits
phytosanitaires au rythme où nous le faisons, actuellement, il est
sûr que nous resterons dépendants à jamais».
Sur un autre plan, une
autre personne notera que les responsables ne sauraient continuer à
parler de pérennisation du secteur de l’agriculture et de
réalisation de la sécurité alimentaire nationale, fut-elle relative,
quand on considère que de considérables superficies agraires
continuent, chaque année, à être dévorées ou restent,
potentiellement, menacées par l’avancée du béton.
La conclusion par suite
de cet ensemble de réflexions incite à penser que le secteur
agricole est plongé dans un malaise profond qui, faute d’être
appréhendé, à temps, par les autorités politiques, risquerait de
maintenir le pays dans un état de dépendance étrangère constant avec
toutes les incidences qui en découlent sur le devenir de la nation.
Ahmed Mahieddine
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Filière lait
Extrême faiblesse des
subventions
Après les céréales, dont
la facture avoisine le milliard de dollars/an, les importations de
lait en poudre et de produits dérivés arrivent en seconde position
avec le paiement d’une moyenne annuelle de 600 millions de dollars.
Dans une perspective de
limitation de la facture laitière et de création d’une solide
industrie nationale du lait, le Président Bouteflika avait pris,
récemment, la décision de faire procéder à l’importation, chaque
année, de 50 000 vaches laitières. Des professionnels de cette
filière, tout en saluant cette décision, considèrent, néanmoins, que
pour pouvoir avoir l’impact qui en est attendu, mériterait d’être
accompagnée par un certain nombre de mesures d’encouragement.
Rencontrés au siège de la Chambre nationale d’agriculture, un groupe
de producteurs laitiers de la wilaya d’Alger, dont la production
totale mensuelle est estimée, globalement, à 1,5 million de litres,
cite, en les expliquant, certaines des raisons qui ont empêché,
jusqu’à présent, cette filière de répondre, quantitativement et
qualitativement aux besoins nationaux. L’un de ces éleveurs
producteurs déclare, d’emblée, que sa profession ne craint pas la
concurrence étrangère à la condition, toutefois, qu’elle puisse
bénéficier des mêmes avantages que ceux consentis à la même branche
outre Méditerranée.
Plus explicite, il
ajoute qu’au lieu de subventionner, indirectement, les producteurs
étrangers exportateurs de lait vers l’Algérie, les autorités
seraient, certainement, plus avisées en versant des aides
financières aux intervenants dans la filière.
«Alors que les
subventions peuvent atteindre jusqu’à 40% dans les pays européens,
en particulier, chez nous elles sont, à peine de 6% pour chaque
litre de lait produit». Un autre intervenant, M. Kerbouche, tient à
relever que les gros problèmes rencontrés par les producteurs
laitiers prennent racine dans les prix «exorbitants» demandés pour
l’acquisition de l’aliment du bétail et d’un certain nombre de
facteurs de production, «monnayés, le plus souvent, en sous- main».
«Il vous faut savoir, dit-il, que nourrir une vache laitière, afin
qu’elle produise convenablement, revient excessivement cher. Le
quintal de maïs coûte 2 400 DA et peut atteindre les 3 000 DA, si on
lui adjoint du soja. Que dire du son, (sous- produits des activités
de minoterie), actuellement, difficile à se procurer et qui a
atteint, ces derniers mois, des pics de 1 500 à
1 600 DA le quintal,
soit plus qu’une même quantité de blé. Que dire, aussi, de la botte
de fourrage dont le prix est passé à 350 DA ou de celle de la paille
cédée en échange de 300 à
350 DA».
Une production
réalisée en hors sol
Pour expliquer pourquoi
la nourriture d’une vache laitière revient si cher et sa production
faible par rapport aux normes européennes, un autre éleveur, M.
Gacem, précise que l’essentiel de la production laitière nationale
est réalisée en hors sol, c’est-à-dire à l’aide d’animaux maintenus
dans les étables ayant, rarement, l’occasion de se nourrir de
fourrage frais dans des pâturages.
Les personnes présentes
à la rencontre avancent, par ailleurs, le coût nécessaire à
l’acquisition d’une vache laitière, dont le prix oscille entre 140
000 et 200 000 DA et dont la production moyenne/jour se situe entre
8 à 10 litres. «C’est ce qui explique, n’était les subventions
payées par l’Etat pour chaque litre de lait produit, le gros impact
des frais consentis par l’éleveur pour son entretien», déclare M.
Tlidjane. A ces frais, ce dernier tient à ajouter ceux payés pour
les consultations et les produits vétérinaires, «dont les prix ne
cessent d’augmenter».
Il y a, d’autre part,
les investissements payés pour acquérir des chariots trayeurs dont
le coût unitaire actuel est de 140 000 DA après qu’il eut été
multiplié par trois et les systèmes de réfrigération du lait. «Tous
les intervenants dans la filière, que ce soit les collecteurs, les
commerçants au détail ou les transformateurs, tirent leur épingle du
jeu. Pas le producteur». Pour résumer, la profession laitière
considère que les subventions qui lui sont versées pour chaque
quantité de lait produite (dont la constitution des dossiers pour
pouvoir en bénéficier est, par ailleurs, des plus harassantes)
restent insuffisantes. Le prix du litre de lait produit est,
actuellement, facturé à 22 DA à la production. «C’est, presque,
l’équivalent du prix d’une bouteille d’eau minérale», note avec
amertume M. Bedjaoui. Cette somme grimpe à 29 DA quand on y ajoute
les 7 DA payés au titre du soutien qui, si l’on se réfère aux
affirmations des personnes présentes à la rencontre, ne sont pas
accessibles à tous, pour les raisons citées plus haut. En tout état
de cause, toutes les personnes assistant à la rencon-tre se
déclarent en faveur du litre de lait payé, globalement, à
35 DA à la production.
«Beaucoup de transformateurs et autres détaillants privés le payent,
d’ailleurs, à ce prix», révèle M. Guellati pour abonder dans cette
idée. Concernant l’annonce relative à l’importation, annuelle de 50
000 vaches laitières, les éleveurs producteurs, tout en se
félicitant de cette mesure, souhaiteraient que l’Etat fasse en sorte
de leur en faciliter l’acquisition. Se référant aux aides versées
aux agriculteurs, au titre du FNDRA, ils proposent un financement
des bêtes enlevées par un apport personnel de 10%, l’octroi d’un
crédit bancaire bonifié de 50% et le reste, (40%), restant à la
charge de l’Etat. «A ces conditions, déclare l’une des personnes
présentes, je suis preneur, sinon, j’hésiterai à m’aventurer».
De la production de
viande
Ils sont beaucoup à dire
que les subventions, (encore elles), ne leur sont pas versées,
régulièrement, ou pas du tout, lorsqu’ils se mettent à entretenir
des velles appelées à devenir, lorsqu’elles sont parvenues à l’âge
adulte, en vaches laitières. Pour la naissance de chaque velle,
parvenue à l’état de génisse pleine, chaque éleveur a droit,
normalement, au versement d’une somme de
25 000 DA. «Ils sont
rares ceux qui sont parvenus à toucher cette subvention», déclare
M. Guellati en raison,
notamment de l’obligation qui est faite de présenter un cahier des
charges chaque année. En plus de produire du lait, beaucoup
d’éleveurs contribuent à alimenter le marché de viande bovine. A ce
niveau, beaucoup parmi eux tiennent à rappeler les difficultés à
obtenir les meilleurs prix pour les bêtes destinées à l’abattage.
«Ce sont les maquignons qui sont les maîtres du marché. Tenter de
les contourner, pour livrer, directement, les animaux à l’abattoir
c’est pren-dre le risque d’être payé sur une période échelonné ou
d’être l’objet d’une tricherie sur le poids», note M. Kerbouche. Et
d’ajouter : «Il faut près de deux années pour qu’un veau, pour
lequel il a fallu investir, lourdement, en matière d’alimentation et
de frais vétérinaires, parvienne à maturité pour être vendu sur le
marché de la viande. C’est le moment de rester sur ses gardes. Il
est arrivé qu’avec la complicité de vétérinaires malhonnêtes on fait
croire à des éleveurs que leurs bêtes sont malades. Craignant ce
type de situation et même si c’est le cas, certains préfèrent
abattre, eux-mêmes leurs animaux pour les vendre, directement, à des
consommateurs. Il faut savoir, aussi, que lorsqu’un animal est
malade, l’éleveur déclaré a droit, légalement, au versement d’une
subvention de 2 à 2,5 millions de centimes. Il arrive que cette
somme met entre une à huit années pour être perçue, non sans
d’incessants déplacements et autres procédures. Auparavant, son
propriétaire est tenu de le transporter, à ses frais, vers le lieu
d’abattage».
A. M.
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