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Pour faire face à la pression des services de
sécurité
Les
narcotrafiquants utilisent des armes de guerre
Les
narcotrafiquants concentrent leur présence dans le sud
du pays après la saturation des axes maritimes et celui
du Nord devenus inaccessibles.
Les
narcotrafiquants se montrent de plus en plus agressifs
sur l’axe sud du pays et n’hésitent pas à utiliser des
armes de guerre contre les éléments de la Gendarmerie
nationale. Par le passé, les marchands de drogues
évitent de tomber face à face avec les services de
sécurité, mais actuellement ils ont opté pour la
confrontation. Selon le chef de la division de la police
judiciaire de la Gendarmerie nationale, Zeghida Djamel,
«les narcotrafiquants concentrent leur présence dans le
sud du pays après la saturation des axes maritimes et
celui du Nord devenus inaccessibles». Durant les six
premiers mois de l’année en cours, 42 tonnes de
stupéfiants ont été saisies dont 22 dans la seule
wilaya de Béchar. Ce qui constitue un coup dur aux
narcotrafiquants qui évitent désormais de s’aventurer
avec leurs marchandises dans le nord du pays. Pour
atteindre l’Europe où est écoulé l’essentiel de leurs
marchandises, les trafiquants de drogue empruntent la
région du Sahel et passent par le Moyen-Orient avant
d’accéder au Vieux continent. Faute de choix, ils ont
recours à cet itinéraire difficile et utilisent des
armes de guerre pour le sauvegarder. Durant ce premier
semestre, 69% des saisies ont été effectuées sur l’axe
sud, 20% au nord et 11% des prises ont été opérées en
mer. Près de 5 tonnes de kif ont été rejetées par la mer
depuis le début de l’année. «C’est ce qui confirme le
désarroi des narcotrafiquants qui optent pour la voie
maritime pour acheminer leurs drogues. Au risque de
tomber dans les mailles des garde-côtes espagnoles, ils
courent aussi le danger des aléas climatiques» explique
M. Zeghida. Malgré le grand danger que présentent les
trafiquants, l’orateur affirme que tous les moyens ont
été mis en place pour les acculer et réduire leur
activité dans le sud du pays. S’exprimant hier lors
d’une conférence de presse, M. Zeghida précisera que
l’Algérie demeure toujours un pays de transit. Selon
lui, malgré le nombre important d’affaires traitées et
de saisies effectuées, les quantités destinées à la
consommation locale ne sont pas vraiment importantes.
Quant à la criminalité générale, les chiffres de la
Gendarmerie nationale dénotent une baisse de 5% en
matière d’affaires et de 9% concernant le nombre de
personnes arrêtées avec respectivement 25 529 affaires
traitées et 33 145 personnes arrêtées. Le crime organisé
a enregistré durant cette même période une baisse de 6%
avec 6 015 affaires recensées. Au chapitre relatif à
l’immigration irrégulière, le chef de la division de la
police judiciaire de la Gendarmerie nationale, dira que
de plus en plus d’immigrés clandestins sont impliqués
dans des affaires de crime organisé. Selon lui, malgré
la stagnation que connaît ce phénomène, grâce aux
efforts des services de sécurité, les «immigrés
clandestins continuent de constituer une menace pour le
pays». Ils sont notamment impliqués dans des
contrebandes, trafic de stupéfiants, vols et faux
documents. Durant les six premiers mois de l’année en
cours, 950 affaires ont été enregistrées, 789 immigrés
clandestins ont été écroués et 2 669 personnes
refoulées.
Par
Aomar Fekrache
Pour tentative de harga
157
personnes arrêtées durant les six premiers mois
157
personnes ont été arrêtées par la Gendarmerie nationale
durant les six premiers mois de l’année en cours pour
tentative d’émigration irrégulière. Ce qui constitue une
baisse par rapport à la même période de l’année écoulée
où 222 harraga ont été appréhendés. Quant aux affaires
traitées, la Gendarmerie nationale a enregistré 28
affaires alors que ce nombre n’était que de 22 en 2007,
avec une augmentation de 27%. L’activité de la
Gendarmerie nationale ne se limite pas à ce stade et
tend à dissuader et démanteler les réseaux de passeurs
qui font de ce drame un fonds de commerce. Par ailleurs,
ces chiffres sont loin de cerner le nombre exact de cas
enregistrés depuis le début de l’année puisque les
éléments des garde-côtes sont les mieux placés pour
faire face à ce phénomène et détiennent les chiffres
exacts. Egalement, force est de relever qu’il ne s’agit
que de cas de tentatives d’émigration. Autrement dit,
les harraga ayant réussi leurs aventures ou ceux ayant
échoué et donc décédés par noyade en pleine mer ne
figurent pas dans ce bilan.
A.F.
Conseillère de presse à l’ambassade de France
Visite de Loan Forgeron au Jour d’Algérie
La
nouvelle conseillère de presse à l’ambassade de France,
Loan Forgeron, a rendu une visite de courtoisie à notre
journal. Accueillie par le directeur de publication,
elle a ensuite discuté avec les membres de l’équipe
rédactionnelle, dans une atmosphère très conviviale.
L’échange a porté sur sa propre expérience, notamment en
Afrique et lui a permis d’avoir un premier aperçu sur le
travail et les motivations des journalistes, notamment
la frange juvénile de la corporation.
Lieux médisants
Pour une solution anthropologique de la culture
L’anthropologie a été mise à l’honneur à l’occasion de
la seconde édition du Festival culturel panafricain
d’Alger. Le Panaf 2009 y a même aménagé une place à un
colloque des anthropologues africains, lequel a duré 3
jours et ce, sous la houlette du Centre national de
recherches préhistoriques, anthropologiques et
historiques (CNRPAH). Mais l’anthropologie est une
discipline scientifique sur laquelle longtemps a pesé la
suspicion et plus grave l’exclusive. Les pouvoirs qui se
sont succédé, de Ben Bella jusqu’à Chadli ont tous
exercé un contrôle des plus stricts sur une science, qui
même si elle traîne les casseroles d’une tradition
colonialiste avec laquelle en réalité elle n’a rien à
voir, ne s’inscrivait pas moins en porte-à-faux avec les
desseins de ceux qui nous gouvernent. L’homme qui a subi
le fardeau de l’interdit n’est autre que Mouloud
Mammeri, le premier des intellectuels algériens à s’être
justement frotté à l’anthropologie (appliquée au domaine
algérien, en particulier et maghrébin en général,
s’entend). C’est cet homme-là et ses pairs
anthropologues de l’Afrique noire (Jomo Kenyatta, Amadou
Hampaté Ba et Cheikh Anta Diop), auxquels le Panaf a
solennellement rendu hommage, c’est dire que peut-être
jamais écrivain n’a connu une telle réhabilitation. Cela
dit, ayant débuté sous le nom d’ethnologie, la
discipline se sentait dans l’obligation – sous
l’impulsion d’une nouvelle génération de scientifiques
indigènes – de changer d’appellation afin de quitter les
territoires qui l’ont vu naître : les domaines
coloniaux. La colonisation française en Algérie a usé de
l’ethnologie pour justifier l’occupation du pays. Il
suffisait alors de montrer le morcellement sociétal. Le
fait que l’Algérie n’est qu’une mosaïque de tribus
disparates, un assemblage de cultures arriérées et
sauvages. La mission civilisatrice de la France peut
donc se faire sans retenue. L’ethnologie était là pour
instruire le pouvoir colonial sur la façon dont celui-ci
peut procéder pour neutraliser toute résistance à son
encontre. Mais une fois l’indépendance acquise, et la
remarque vaut aussi pour l’ensemble de l’Afrique, on va
assister à un retournement de situation à peine
croyable. C’est que les pouvoirs en place ont
intériorisé les schèmes de domination coloniaux de sorte
qu’ils ne pouvaient pas ne pas voir en l’anthropologie
une science susceptible de remettre sérieusement en
cause leur pouvoir. Des pouvoirs souvent bâtis sur des
idéologies de bric et de broc qui faisaient l’économie
des réalités locales. Le travail de Mammeri a consisté
en une reconstitution de l’identité à partir de données
scientifiques et surtout dans le sens anthropologique du
terme, c’est-à-dire dans le sens de la libération de
l’homme algérien. L’entreprise spéléologique à laquelle
s’est adonné Mammeri a permis par exemple le
dé-enfouissement d’un monde tribal qu’on n’aurait du mal
à imaginer. Il a pu ainsi remonter le temps jusqu’au
XVIe siècle en allant sur les pas de la poésie de
Youssef Ou Kaci restituant ainsi par-delà les vers, et
la culture et la philosophie d’un monde aux antipodes de
celui qu’a voulu fabriquer la colonisation. L’auteur de
La Colline oubliée s’est évertué tout au long de sa
carrière à sortir de l’oubli cette culture orale que le
monde moderne a voué à la mort. En tant qu’appartenant à
une société sans Etat, sans écriture, en un mot sans
histoire, la culture algérienne, d’expression populaire
qu’elle soit arabophone ou berbérophone devait, nous dit
la science occidentale, – la tribu de l’Occident – comme
dirait Mammeri, disparaître. C’est Mammeri qui déterre
Cheikh Mohand, personnage religieux en restituant par
l’écrit sa parole et ses dits et c’est lui qui fera
revivre Si Mohand Ou Mhand, barde kabyle, qui fut témoin
des premiers moments de l’occupation française en
Algérie. Cela étant dit, si un travail remarquable a été
fait au niveau de la sphère berbériste, il est
souhaitable que la sphère arabophone s’en inspire pour
une solution anthropologique à la culture nationale.
Par
Larbi Graïne
larbigra@hotmail.com
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