Points chauds 

Par Fouzia Mahmoudi

Défense

Qui eut cru qu’après que le scandale Woerth-Bettencourt ait pris autant d’ampleur, les membres du gouvernement continueraient à prendre le risque de défendre contre vents et marées leur collègue, le ministre du Travail. Certes, son premier défenseur n’est nul autre que le président Sarkozy lui-même, mais on aurait pu s’attendre à plus de réserve de la part des ministres de la République. Car s’il est louable pour la droite de continuer à défendre l’honneur de l’un des leurs, l’on est tout de même surpris qu’ils le fassent avec autant de véhémence après les multiples révélations, toujours plus compromettantes, publiées dans les médias ces derniers jours. Il est vrai que pour le moment, aucune preuve formelle contre Eric Woerth n’a pu être apportée pour le confronter, mais de nouveaux témoins, plus ou moins directs de transactions illégales entre la milliardaire et le ministre, apparaissent chaque jour. Las, le ministre ne se laisse visiblement pas abattre et se défend lui-même avec vigueur et assure que toute cette histoire le concernant est une calomnie. «Je suis rarement en colère, mais là je suis scandalisé. C'est pour moi insupportable. Tous les jours, depuis trois semaines, j'ai une accusation supplémentaire. Je ne savais pas qu'il y avait autant de haine dans ce pays». La haine qu’il vise est certainement celle de ceux qui l’accusent, selon lui, à tort, d’être impliqué dans des affaires pas très nettes, mais également celle du PS à son égard qui est soulignée depuis quelques jours par le reste de la droite. Ceci peut-être dans le but de faire diversion, bien qu’il soit difficile au vu de l’actualité de détourner l’attention du cas Woerth. Le PS, pour sa part, demande à cor et à cri des éclaircissements précis sur cette affaire qui met en difficulté l’image même de leur pays à l’étranger. Certains membres du parti socialiste, à l’instar de Ségolène Royal, demandent clairement quant à eux la démission du ministre du Travail qui occupe également le poste de trésorier de l’UMP. Une double casquette qui lui est fortement reprochée depuis le début du scandale, car c’est sa double position au gouvernement et au sein du parti majoritaire qui aurait favorisé les supposés versements d’argent illégaux dans lesquels il serait impliqué. Ce qui est attendu aujourd’hui c’est qu’une preuve concrète soit enfin apportée pour accréditer les accusations dont fait l’objet Eric Woerth. Du côté de la droite, l’on doit espérer que cela n’arrive jamais, sous peine de porter un grand coup au gouvernement, à leur parti, mais également et surtout à Nicolas Sarkozy qui pourrait bien se retrouver sur la touche pour 2012, si son ami et ministre Woerth était réellement un des acteurs de l’affaire Bettencourt. Affaire à suivre.

F.M.

Monde

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Rencontre israélo-palestinienne

Net réchauffement des relations mais l’impasse persiste

 08/07/10

 

Rencontre israélo-palestinienne

Net réchauffement des relations mais l’impasse persiste

Israël se félicitait hier de la chaleur inédite affichée entre le Président américain Barack Obama et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, mais les commentateurs soulignaient que le rapprochement des positions restait à démontrer.

Le ministre israélien de la Défense Ehud Barak a qualifié la rencontre mardi de «succès». «Nous sentons qu'il y a une bonne chance que nous soyons tout près de discussions directes entre nous et les Palestiniens sur tous les sujets», a-t-il déclaré à des journalistes.

La presse insistait sur le contraste entre les sourires des deux hommes à la Maison-Blanche et l'atmosphère glaciale des précédents entretiens en mars après l'annonce par Israël de la construction de 1 600 logements dans un quartier de colonisation à Jérusalem-Est annexée.

«Six semaines seulement après l'affaire de la flottille qui a provoqué l'annulation de leur rencontre prévue et huit mois après leur tristement célèbre et fraîche rencontre, les sourires étaient de retour dans le bureau ovale et sur la pelouse de la Maison-Blanche», note le quotidien Yediot Aharano.

M. Netanyahu avait dû reporter in extremis sa visite à Washington pour rentrer en Israël faire face au tollé international provoqué par l'arraisonnement israélien le 31 mai d'une flottille humanitaire internationale pour Ghaza, dans laquelle neuf Turcs ont péri.

«Un couple mal assorti, Obama et Netanyahu», raille le journal Maariv. «Hier soir, ils ont fait de gros efforts pour apparaître comme de bons amis, les muscles de leur visage tendus dans une expression si rare lors de leurs précédentes rencontres : un sourire».

Les médias israéliens relevaient le caractère circonstanciel du réchauffement, répondant à l'intérêt commun des deux hommes : l'impossibilité pour un Premier ministre israélien de se permettre une crise durable avec l'allié américain, et l'approche des élections cruciales de mi-mandat pour Barack Obama en novembre.

Pour une partie de la presse, l'éclaircie s'explique aussi par le fait que les sujets de désaccord ont été évités.

«Le sommet Obama-Netanyahu : des lettres personnelles, des bouquets de fleurs et pas un mot sur les colonies», titre le quotidien de gauche Haaretz.

La question de la prolongation du moratoire sur la construction dans les colonies israéliennes de Cisjordanie, décrété par M. Netanyahu sous pression américaine et expirant le 26 septembre, n'a ainsi pas été abordée en public.

M. Obama a même paru appuyer la demande de M. Netanyahu d'un passage des actuelles négociations indirectes israélo-palestiniennes à des pourparlers directs.

«Mon espoir est qu'une fois que des discussions directes auront commencé, bien avant l'expiration du moratoire, cela créera un climat dans lequel chacun se sentira plus impliqué dans le succès», a-t-il indiqué, minimisant de facto l'importance d'une décision sur le moratoire.

Mais le président palestinien Mahmoud Abbas a réaffirmé que l'intérêt de négociations directes dépendait de réponses d'Israël, qu'il dit ne pas avoir obtenues.

«La direction palestinienne attend des réponses sur les frontières et la sécurité pour savoir si elle doit engager des négociations directes», a dit son porte-parole Nabil Abou Roudeina.

Pour les commentateurs israéliens, l'embellie avec Washington risque donc de s'évaporer.

«Ce serait une grossière erreur de considérer qu'un nouveau chapitre s'est ouvert dans le bureau ovale», écrit Alon Pinkas, ex-consul israélien à New York, dans le Maariv.

«Quand la douceur factice se dissipera, il sera demandé à Netanyahu de présenter un plan de paix et des cartes», prédit-il, «et nous parlerons de nouveau de crise dans les relations».

 

 

 

 

 

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