Alger

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Cité U Taleb-Abderrahmane de Ben Aknoun 

La mixité de la discorde

Ramadhan à Alger

Ces traditions qui se perdent

Gestion des comptes chèques postaux

Arrêtez le massacre !

Bologhine

Construction prochaine d’un marché couvert

Nuits ramadanesques à Alger

L’ambiance d’antan revient

 

 08/10/06

 

Cité U Taleb-Abderrahmane de Ben Aknoun 

La mixité de la discorde

La décision de faire de la résidence universitaire garçons, Taleb- Abderrahmane de Ben Aknoun, une cité mixte ne semble pas être du goût de tout le monde.

Décidée à la hâte, semble-t-il, pour sortir les étudiantes des cités universitaires éloignées de la capitale, de leur isolement, notamment celles de Ouled Fayet, cette décision a provoqué de grands remous. D’ailleurs, le pire est à craindre à l’occasion de la rentrée universitaire prochaine. Du côté des étudiants, des organisations estudiantines et des travailleurs, on a accueilli  la  nouvelle par un un mécontentement et une désapprobation. «Depuis que cette décision est tombée, tel un couperet, d’on ne sait où, la cité a connu une dégradation sans nom, tout est laissé pèle-mêle et rien ne semble marcher comme avant», a indiqué un résident de cette cité. En fait, si le scepticisme quant à la réussite et la mise en pratique de cette décision a gagné les travailleurs et les  étudiants, cela est dû, explique-t-on, à la non prédisposition de cette cité, l’une des plus grandes à l’échelle nationale, à recevoir, dans les quelques jours à venir, un flux supplémentaire d’étudiants. Une crainte que nos interlocuteurs argumentent par les retards enregistrés dans la réalisation du projet de la nouvelle cité universitaire composée de 5 pavillons au sein même de cette résidence. «Les initiateurs de cette décision de mixité ont beaucoup compté sur cette nouvelle cité pour combler le manque en lits que causera le transfert des six pavillons garçons au profit des étudiantes», a précisé un autre étudiant. Mais, force est de relever que ces calculs sont faussés en raison notamment du retard enregistré dans la réception de ladite cité. «On attend la fin du mois de ramadhan pour voir plus clair et où en sont arrivés les travaux», a souligné un résident de cette cité. Celui-ci qui ne veut pas oublier le cauchemar qu’il a enduré à la veille des examens de rattrapage en ne trouvant pas ou s’abriter, n’hésite pas à brandir la menace de recourir à la grève au cas où sa situation, ainsi que celle de ses camarades, n’est pas réglée d’ici là. «La veille des examens de  rattrapage, aux environs de 23 heures, j’étais à  l’extérieur cherchant une chambre pour y passer la nuit», a témoigné cet étudiant qui s’est retrouvé sans chambre après le transfert du pavillon garçons pour les filles. Si les responsables de cette cité ont, de leur côté, affiché une grande sérénité quant à la possibilité de reloger tous les étudiants avant même le début des cours ; il suffit toutefois de jeter un coup d’œil du côté des nouveaux pavillons en plein chantier pour  remettre en cause toutes les assurances exprimées jusque-là. Pour les travailleurs de la cité Taleb Abderrahmane,  c’est le nouveau découpage qui pose problème. En fait, dorénavant, celle-ci sera divisée en trois mini-cités. «On complique les choses inutilement», lance un employé de cette résidence universitaire. De leur part, les étudiants affiliés aux organisations estudiantines, notamment l’UGEL, indignés par cette  décision qui ne fera qu’empirer encore plus la situation qui prévaut dans cette cité au lieu de l’améliorer, se disent choqués par cette décision. Ces organisations dénoncent le favoritisme pratiqué dans la gestion de la cité habitée par les filles. «Au moment où la partie réservée aux étudiantes bénéficie de travaux de réfection, de réhabilitation ainsi que de son équipement en nouveaux matelas et lits, les deux cités pour étudiants se trouvent toujours dans des conditions d’hébergement des plus catastrophiques», a expliqué un membre de comité des étudiants. Il est également souligné les désagréments auxquels peuvent s’exposer les résidentes de cette cité, à cause de la proximité de celle-ci avec les deux autres cités de garçons.

Aomar Fekrache

 

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Ramadhan à Alger

Ces traditions qui se perdent

Le mois sacré de ramadhan n’est plus ce qu’il était. Mois d’abstinence, de piété et de compassion, cet anniversaire religieux est devenu une période de grande bouffe, une occasion mise à profit par les commerçants de produits alimentaires, tout particulièrement, d’augmenter considérablement leurs marges bénéficiaires. Pour ces raisons, les personnes possédant un modeste revenu ou celles sans activité, ce mois est vécu comme un intervalle de pénitence forcée.

Sensé être la période où le citoyen doit faire plus d’efforts et de sacrifices sur les lieux de son travail, ramadhan semble, au contraire, être l’occasion d’un ralentissement généralisé de l’ensemble des activités, particulièrement dans les organismes publics. Le pays, tout entier, semble comme plongé dans un état d’engourdissement généralisé que rien ne parvient à secouer.

Le comportement de beaucoup de personnes change de fond en comble. Les nerfs sont à fleur de peau, on s’emporte, les disputes verbales sont nombreuses. On en vient parfois aux mains. Le manque de cigarette et du petit noir qui l’accompagne, habituellement, expliquerait, sans les justifier, de pareils dépassements. Par le passé, le mois de ramadhan était vécu dans une profonde ferveur religieuse, doublée d’une ambiance festive particulière. C’était le temps ou l’esprit de tolérance était observé scrupuleusement. Il y avait ceux qui, après la rupture du jeûne, se rendaient à la mosquée, décorée, pour l’occasion, de feux multicolores, pour y accomplir les longues prières organisées, traditionnellement, durant ce mois. D’un autre côté, il y avait les personnes qui échangeaient des visites ou bien sortaient en famille pour aller assister aux galas musicaux, nombreux, organisés durant cette période. Les salles de théâtre et de cinéma étaient parmi les plus fréquentées.

A un moment où la télévision n’existait pas encore. Afin de pouvoir attirer le maximum de  consommateurs, beaucoup de propriétaires de cafés avaient pour habitude d’inviter des orchestres de musique chaâbi à venir se produire dans leurs établissements. Cela contribuait à donner une ambiance particulière à certains cafés, laquelle gagnait toutes les ruelles environnantes.

Les femmes qui restaient à la maison trouvaient, elles aussi, des moyens de se distraire. Elles se réunissaient entre voisines autour de thé, de café et de plats, diversifiés, de pâtisseries au miel pour écouter des histoires ou chanter et danser aux sons de la derbouka dont il était possible d’entendre les sourds battements provenant de beaucoup de maisons. 

Durant le ramadhan du passé, on n’organisait pas de soupes populaires. Chaque personne démunie par le sort ou l’étranger de passage pouvait, en frappant à la porte de n’importe quelle maisonnée, se faire servir des parts des mets confectionnés traditionnellement pour célébrer l’évènement. La solidarité n’était pas un vain mot et une personne venant solliciter une aumône était, alors, considérée comme un don de Dieu.

Aujourd’hui, que reste-t-il des sentiments divers qui imprégnaient cet anniversaire marquant de la religion musulmane. Pas grand-chose, à dire vrai. On jeûne par habitude ou pour faire comme tout le monde. Le sens de cette fête a été dévoyé. D’aucuns voient venir ramadhan avec quelque inquiétudes sachant, par avance que, comme pour les périodes précédentes, les prix vont se remettre à flamber et qu’il va être malaisé d’emplir le couffin de victuailles. Pour les commerçants, le plus souvent reconvertis, c’est le moment de faire, à nouveau, de supers profits sans courir le risque d’être inquiété. Oui, il faut bien le regretter, ramadhan n’est plus ce qu’il était. 

Ahmed Mahieddine

 

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Gestion des comptes chèques postaux

Arrêtez le massacre !

Disposer d’un compte courant postal, sauf si c’est par ce biais que l’on a pour habitude de percevoir ses rémunérations ou le montant de sa pension, c’est, assurément, prendre le risque de repartir, souvent, bredouille après s’être présenté au guichet pour y retirer son argent. En effet, les équipements de gestion informatisée des comptes courants s’arrêtent, constamment, de fonctionner, au grand dam des usagers. Selon de nombreux agents d’Algérie Poste, ces pannes sont quotidiennes et peuvent survenir de multiples fois dans la journée. A diverses reprises, la direction d’Algérie Poste a tenté d’expliquer ces interruptions de services, intermittentes, par les nombreuses demandes de retrait de pension, intervenant toutes au même moment, à une période particulière du mois. Elle faisait référence, sans les nommer, aux afflux des nombreux retraités qui ont pris l’habitude de se présenter, le 23 de chaque mois, aux différents guichets des CCP, pour y percevoir le montant de leur pension. Il arrive, à ce moment, que les personnes venant retirer quelques numéraires, soient contraintes d’attendre des heures durant avant que le système ne se remette à fonctionner. La vérité oblige à dire que les affirmations d’Algérie Poste, sont dénuées de fondement. Les usagers qui ont, souvent, l’occasion de constater à leurs dépens les multiples pannes de l’outil de gestion des comptes courants en savent quelque chose. C’est, d’ailleurs, l’une des raisons qui incitent nombre d’entre eux, à retirer, en une seule fois, la presque totalité de leur avoir. Il ne sert à  rien d’annoncer, par ailleurs, que les services des postes se font un point d’honneur d’acquérir les technologies les plus pointues afin de faire en sorte que leurs prestations au service de la clientèle soient plus rapides si, d’un autre côté, la maîtrise de ces dernières persiste à poser problème.                  

A. M.

 

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Bologhine

Construction prochaine d’un marché couvert

Pour faire face à la prolifération inquiétante des marchés anarchiques dans la commune de Bologhine, le wali délégué de la circonscription de Bab El Oued a décidé, au cours de la semaine passée, la réalisation dans les plus brefs délais d’un marché couvert communal. En fait, l’urgence capitale que revêt cette décision n’est du tout pas fortuite. En plus des désagréments quotidiens que causent ces marchés aux habitants de Bologhine tout au long de l’année, une autre prolifération est enregistrée durant ce mois de carême. C’est celle de marchands à la sauvette qui bloquent ainsi la plupart des artères et lieux publics dans cette partie de la ville. Une décision que le wali délégué a prise après avoir constaté, indique-t-on, la transformation lamentable d’un parking public en marché illégal. Une situation qui n’est pas passée, fort heureusement, sans interpeller ce responsable. D’ailleurs, a-t-il été expliqué, c’est  l’emplacement même de ce parking qui abritera dans deux mois, d’après les instructions du wali délégué, ce nouveau marché couvert dont les travaux seront entamés avant la fin de ce mois de ramadhan. Pour ce faire, notre source a précisé qu’une enveloppe de 12 millions de dinars a été dégagée par les pouvoirs publics à cet effet. 

A. F.           

 

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Nuits ramadanesques à Alger

L’ambiance d’antan revient

Comme chaque ramadan, les Algérois se ruent quelques heures après la rupture du jeûne, vers les cafés et autres salons de thé.

Dans ces lieux, où toutes sortes d’effluves chatouillent les narines, les jeunes passent leurs soirées à jouer aux cartes ou tout juste à parler de tout et de rien, et ce, dans une ambiance bon enfant. Hier soir, toutes les cafétérias d’Alger-Centre étaient pleines comme un œuf. C’est ce que nous avons constaté. «Nous jouons tout le temps ici. Après le ftour on se rencontre dans cet endroit, on prend des cafés puis on s’adonne à des parties de dominos. Franchement, nous passons des soirées inoubliables quoique des fois l’on se sent fatigué quand on se réveille le matin pour aller travailler», nous dira, l’air plaisantin, Madjid, un habitué des lieux, entre deux gorgées de menthe. A côté de leur table, quatre vieux, barbe grisonnante, s’adonnent à une partie de cartes. Là, les discussions s’animent. Ce qui a éveillé notre curiosité. On s’approche d’eux. L’un des joueurs jure qu’il ne va pas perdre la partie. Son adversaire du moment, avec un brin de colère, jure, lui également, par tous les saints qu’il gagnerait. «J’ai un esprit de gagneur et je ne supporte pas la défaite. Mais j’ai l’esprit sportif. Ali, lui, s’énerve pour un rien», dira Kamel, la soixantaine bien entamée. Après près d’une heure de «combat» serré, Kamel et son ami ont eu raison de l’équipe adverse. Finalement, les quatre amis, tous heureux d’avoir passé d’agréables moments, se sont séparés en se donnant rendez-vous pour d’autres soirées encore prometteuses. Dans d’autres échoppes, où toutes sortes de sucreries se vendent, notamment la zlabia et kelbellouz, les gens sont plutôt enclins à satisfaire leurs goûts.

«Après chaque fin de Taraouih, je viens ici prendre un thé avec kelbellouz. ça me rappelle ma jeunesse, ya oulidi. C’est ce que je fais depuis ma tendre enfance et je ne veux aucunement oublier cette habitude», confie Da Lounès, un octogénaire bien portant. Il enchaînera, avec un pincement au cœur à peine voilé, que certaines traditions pourtant millénaires et surtout connues dans l’algérois, tendent aujourd’hui à disparaître. Il nous citera, en guise d’exemple, El kaâdet chaâbia, entre amis. A noter aussi qu’à la faveur de la météorologie, beaucoup de familles font des randonnées pédestres à Alger-Centre.

«J’aime sortir avec ma famille faire un petit tour à Alger, histoire de digérer et me dégourdir un peu les jambes. Il y a  la sécurité. Il n’y a aucun risque à courir. Et c’est une chose à encourager, car les habitudes d’antan commencent à réapparaître», fait savoir un père de famille rencontré à la rue Larbi Ben M’hidi, ex-rue d’Isly. Ces images, longtemps oubliées pour des raisons que tout le monde connaît, reprennent. Et c’est tant mieux pour les habitants de la capitale, l’une des plus belles baies au monde.           

D. O.

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