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Cité U
Taleb-Abderrahmane de Ben Aknoun
La mixité de la
discorde
La décision de
faire de la résidence universitaire garçons, Taleb- Abderrahmane de
Ben Aknoun, une cité mixte ne semble pas être du goût de tout le
monde.
Décidée à la hâte,
semble-t-il, pour sortir les étudiantes des cités universitaires
éloignées de la capitale, de leur isolement, notamment celles de
Ouled Fayet, cette décision a provoqué de grands remous. D’ailleurs,
le pire est à craindre à l’occasion de la rentrée universitaire
prochaine. Du côté des étudiants, des organisations estudiantines et
des travailleurs, on a accueilli la nouvelle par un un
mécontentement et une désapprobation. «Depuis que cette décision est
tombée, tel un couperet, d’on ne sait où, la cité a connu une
dégradation sans nom, tout est laissé pèle-mêle et rien ne semble
marcher comme avant», a indiqué un résident de cette cité. En fait,
si le scepticisme quant à la réussite et la mise en pratique de
cette décision a gagné les travailleurs et les étudiants, cela est
dû, explique-t-on, à la non prédisposition de cette cité, l’une des
plus grandes à l’échelle nationale, à recevoir, dans les quelques
jours à venir, un flux supplémentaire d’étudiants. Une crainte que
nos interlocuteurs argumentent par les retards enregistrés dans la
réalisation du projet de la nouvelle cité universitaire composée de
5 pavillons au sein même de cette résidence. «Les initiateurs de
cette décision de mixité ont beaucoup compté sur cette nouvelle cité
pour combler le manque en lits que causera le transfert des six
pavillons garçons au profit des étudiantes», a précisé un autre
étudiant. Mais, force est de relever que ces calculs sont faussés en
raison notamment du retard enregistré dans la réception de ladite
cité. «On attend la fin du mois de ramadhan pour voir plus clair et
où en sont arrivés les travaux», a souligné un résident de cette
cité. Celui-ci qui ne veut pas oublier le cauchemar qu’il a enduré à
la veille des examens de rattrapage en ne trouvant pas ou s’abriter,
n’hésite pas à brandir la menace de recourir à la grève au cas où sa
situation, ainsi que celle de ses camarades, n’est pas réglée d’ici
là. «La veille des examens de rattrapage, aux environs de 23
heures, j’étais à l’extérieur cherchant une chambre pour y passer
la nuit», a témoigné cet étudiant qui s’est retrouvé sans chambre
après le transfert du pavillon garçons pour les filles. Si les
responsables de cette cité ont, de leur côté, affiché une grande
sérénité quant à la possibilité de reloger tous les étudiants avant
même le début des cours ; il suffit toutefois de jeter un coup d’œil
du côté des nouveaux pavillons en plein chantier pour remettre en
cause toutes les assurances exprimées jusque-là. Pour les
travailleurs de la cité Taleb Abderrahmane, c’est le nouveau
découpage qui pose problème. En fait, dorénavant, celle-ci sera
divisée en trois mini-cités. «On complique les choses inutilement»,
lance un employé de cette résidence universitaire. De leur part, les
étudiants affiliés aux organisations estudiantines, notamment l’UGEL,
indignés par cette décision qui ne fera qu’empirer encore plus la
situation qui prévaut dans cette cité au lieu de l’améliorer, se
disent choqués par cette décision. Ces organisations dénoncent le
favoritisme pratiqué dans la gestion de la cité habitée par les
filles. «Au moment où la partie réservée aux étudiantes bénéficie de
travaux de réfection, de réhabilitation ainsi que de son équipement
en nouveaux matelas et lits, les deux cités pour étudiants se
trouvent toujours dans des conditions d’hébergement des plus
catastrophiques», a expliqué un membre de comité des étudiants. Il
est également souligné les désagréments auxquels peuvent s’exposer
les résidentes de cette cité, à cause de la proximité de celle-ci
avec les deux autres cités de garçons.
Aomar Fekrache
Haut
Ramadhan à Alger
Ces traditions
qui se perdent
Le mois sacré de
ramadhan n’est plus ce qu’il était. Mois d’abstinence, de piété et
de compassion, cet anniversaire religieux est devenu une période de
grande bouffe, une occasion mise à profit par les commerçants de
produits alimentaires, tout particulièrement, d’augmenter
considérablement leurs marges bénéficiaires. Pour ces raisons, les
personnes possédant un modeste revenu ou celles sans activité, ce
mois est vécu comme un intervalle de pénitence forcée.
Sensé être la
période où le citoyen doit faire plus d’efforts et de sacrifices sur
les lieux de son travail, ramadhan semble, au contraire, être
l’occasion d’un ralentissement généralisé de l’ensemble des
activités, particulièrement dans les organismes publics. Le pays,
tout entier, semble comme plongé dans un état d’engourdissement
généralisé que rien ne parvient à secouer.
Le comportement de
beaucoup de personnes change de fond en comble. Les nerfs sont à
fleur de peau, on s’emporte, les disputes verbales sont nombreuses.
On en vient parfois aux mains. Le manque de cigarette et du petit
noir qui l’accompagne, habituellement, expliquerait, sans les
justifier, de pareils dépassements. Par le passé, le mois de
ramadhan était vécu dans une profonde ferveur religieuse, doublée
d’une ambiance festive particulière. C’était le temps ou l’esprit de
tolérance était observé scrupuleusement. Il y avait ceux qui, après
la rupture du jeûne, se rendaient à la mosquée, décorée, pour
l’occasion, de feux multicolores, pour y accomplir les longues
prières organisées, traditionnellement, durant ce mois. D’un autre
côté, il y avait les personnes qui échangeaient des visites ou bien
sortaient en famille pour aller assister aux galas musicaux,
nombreux, organisés durant cette période. Les salles de théâtre et
de cinéma étaient parmi les plus fréquentées.
A un moment où la
télévision n’existait pas encore. Afin de pouvoir attirer le maximum
de consommateurs, beaucoup de propriétaires de cafés avaient pour
habitude d’inviter des orchestres de musique chaâbi à venir se
produire dans leurs établissements. Cela contribuait à donner une
ambiance particulière à certains cafés, laquelle gagnait toutes les
ruelles environnantes.
Les femmes qui
restaient à la maison trouvaient, elles aussi, des moyens de se
distraire. Elles se réunissaient entre voisines autour de thé, de
café et de plats, diversifiés, de pâtisseries au miel pour écouter
des histoires ou chanter et danser aux sons de la derbouka dont il
était possible d’entendre les sourds battements provenant de
beaucoup de maisons.
Durant le ramadhan
du passé, on n’organisait pas de soupes populaires. Chaque personne
démunie par le sort ou l’étranger de passage pouvait, en frappant à
la porte de n’importe quelle maisonnée, se faire servir des parts
des mets confectionnés traditionnellement pour célébrer l’évènement.
La solidarité n’était pas un vain mot et une personne venant
solliciter une aumône était, alors, considérée comme un don de Dieu.
Aujourd’hui, que
reste-t-il des sentiments divers qui imprégnaient cet anniversaire
marquant de la religion musulmane. Pas grand-chose, à dire vrai. On
jeûne par habitude ou pour faire comme tout le monde. Le sens de
cette fête a été dévoyé. D’aucuns voient venir ramadhan avec quelque
inquiétudes sachant, par avance que, comme pour les périodes
précédentes, les prix vont se remettre à flamber et qu’il va être
malaisé d’emplir le couffin de victuailles. Pour les commerçants, le
plus souvent reconvertis, c’est le moment de faire, à nouveau, de
supers profits sans courir le risque d’être inquiété. Oui, il faut
bien le regretter, ramadhan n’est plus ce qu’il était.
Ahmed
Mahieddine
Haut
Gestion des comptes chèques postaux
Arrêtez le
massacre !
Disposer d’un
compte courant postal, sauf si c’est par ce biais que l’on a pour
habitude de percevoir ses rémunérations ou le montant de sa pension,
c’est, assurément, prendre le risque de repartir, souvent,
bredouille après s’être présenté au guichet pour y retirer son
argent. En effet, les équipements de gestion informatisée des
comptes courants s’arrêtent, constamment, de fonctionner, au grand
dam des usagers. Selon de nombreux agents d’Algérie Poste, ces
pannes sont quotidiennes et peuvent survenir de multiples fois dans
la journée. A diverses reprises, la direction d’Algérie Poste a
tenté d’expliquer ces interruptions de services, intermittentes, par
les nombreuses demandes de retrait de pension, intervenant toutes au
même moment, à une période particulière du mois. Elle faisait
référence, sans les nommer, aux afflux des nombreux retraités qui
ont pris l’habitude de se présenter, le 23 de chaque mois, aux
différents guichets des CCP, pour y percevoir le montant de leur
pension. Il arrive, à ce moment, que les personnes venant retirer
quelques numéraires, soient contraintes d’attendre des heures durant
avant que le système ne se remette à fonctionner. La vérité oblige à
dire que les affirmations d’Algérie Poste, sont dénuées de
fondement. Les usagers qui ont, souvent, l’occasion de constater à
leurs dépens les multiples pannes de l’outil de gestion des comptes
courants en savent quelque chose. C’est, d’ailleurs, l’une des
raisons qui incitent nombre d’entre eux, à retirer, en une seule
fois, la presque totalité de leur avoir. Il ne sert à rien
d’annoncer, par ailleurs, que les services des postes se font un
point d’honneur d’acquérir les technologies les plus pointues afin
de faire en sorte que leurs prestations au service de la clientèle
soient plus rapides si, d’un autre côté, la maîtrise de ces
dernières persiste à poser problème.
A. M.
Haut
Bologhine
Construction
prochaine d’un marché couvert
Pour faire face à
la prolifération inquiétante des marchés anarchiques dans la commune
de Bologhine, le wali délégué de la circonscription de Bab El Oued a
décidé, au cours de la semaine passée, la réalisation dans les plus
brefs délais d’un marché couvert communal. En fait, l’urgence
capitale que revêt cette décision n’est du tout pas fortuite. En
plus des désagréments quotidiens que causent ces marchés aux
habitants de Bologhine tout au long de l’année, une autre
prolifération est enregistrée durant ce mois de carême. C’est celle
de marchands à la sauvette qui bloquent ainsi la plupart des artères
et lieux publics dans cette partie de la ville. Une décision que le
wali délégué a prise après avoir constaté, indique-t-on, la
transformation lamentable d’un parking public en marché illégal. Une
situation qui n’est pas passée, fort heureusement, sans interpeller
ce responsable. D’ailleurs, a-t-il été expliqué, c’est
l’emplacement même de ce parking qui abritera dans deux mois,
d’après les instructions du wali délégué, ce nouveau marché couvert
dont les travaux seront entamés avant la fin de ce mois de ramadhan.
Pour ce faire, notre source a précisé qu’une enveloppe de 12
millions de dinars a été dégagée par les pouvoirs publics à cet
effet.
A.
F.
Haut
Nuits ramadanesques à Alger
L’ambiance
d’antan revient
Comme chaque
ramadan, les Algérois se ruent quelques heures après la rupture du
jeûne, vers les cafés et autres salons de thé.
Dans ces lieux, où
toutes sortes d’effluves chatouillent les narines, les jeunes
passent leurs soirées à jouer aux cartes ou tout juste à parler de
tout et de rien, et ce, dans une ambiance bon enfant. Hier soir,
toutes les cafétérias d’Alger-Centre étaient pleines comme un œuf.
C’est ce que nous avons constaté. «Nous jouons tout le temps ici.
Après le ftour on se rencontre dans cet endroit, on prend des cafés
puis on s’adonne à des parties de dominos. Franchement, nous passons
des soirées inoubliables quoique des fois l’on se sent fatigué quand
on se réveille le matin pour aller travailler», nous dira, l’air
plaisantin, Madjid, un habitué des lieux, entre deux gorgées de
menthe. A côté de leur table, quatre vieux, barbe grisonnante,
s’adonnent à une partie de cartes. Là, les discussions s’animent. Ce
qui a éveillé notre curiosité. On s’approche d’eux. L’un des joueurs
jure qu’il ne va pas perdre la partie. Son adversaire du moment,
avec un brin de colère, jure, lui également, par tous les saints
qu’il gagnerait. «J’ai un esprit de gagneur et je ne supporte pas la
défaite. Mais j’ai l’esprit sportif. Ali, lui, s’énerve pour un
rien», dira Kamel, la soixantaine bien entamée. Après près d’une
heure de «combat» serré, Kamel et son ami ont eu raison de l’équipe
adverse. Finalement, les quatre amis, tous heureux d’avoir passé
d’agréables moments, se sont séparés en se donnant rendez-vous pour
d’autres soirées encore prometteuses. Dans d’autres échoppes, où
toutes sortes de sucreries se vendent, notamment la zlabia et
kelbellouz, les gens sont plutôt enclins à satisfaire leurs goûts.
«Après chaque fin
de Taraouih, je viens ici prendre un thé avec kelbellouz. ça me
rappelle ma jeunesse, ya oulidi. C’est ce que je fais depuis ma
tendre enfance et je ne veux aucunement oublier cette habitude»,
confie Da Lounès, un octogénaire bien portant. Il enchaînera, avec
un pincement au cœur à peine voilé, que certaines traditions
pourtant millénaires et surtout connues dans l’algérois, tendent
aujourd’hui à disparaître. Il nous citera, en guise d’exemple, El
kaâdet chaâbia, entre amis. A noter aussi qu’à la faveur de la
météorologie, beaucoup de familles font des randonnées pédestres à
Alger-Centre.
«J’aime sortir
avec ma famille faire un petit tour à Alger, histoire de digérer et
me dégourdir un peu les jambes. Il y a la sécurité. Il n’y a aucun
risque à courir. Et c’est une chose à encourager, car les habitudes
d’antan commencent à réapparaître», fait savoir un père de famille
rencontré à la rue Larbi Ben M’hidi, ex-rue d’Isly. Ces images,
longtemps oubliées pour des raisons que tout le monde connaît,
reprennent. Et c’est tant mieux pour les habitants de la capitale,
l’une des plus belles baies au monde.
D. O.
Haut
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