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Entretien de l’historien Sadek Sellam

L’échec de Goliath israélien face au David sud libanais

 

 08/10/06

 

Artifice

Pour les Américains, l’ingérence dans les affaires politiques des autres pays est devenue une quasi politique d’Etat. Rares sont les conflits à travers la planète dans lesquels la grande Amérique ne vienne fourrer son nez pour distiller, avec un air entendu et supérieur, son savoir en matière de démocratie et de droits de l’homme. En Afrique, en Asie, en Amérique Latine, au Proche-Orient et même en Europe, les Américains trouvent le moyen de venir asséner des conseils qu’ils pensent essentiels pour que les pays pauvres, auxquels ils veulent venir en aide, atteignent enfin leur niveau d’évolution. Condoleezza Rice, secrétaire d’Etat américaine, vient de terminer une énième tournée au Proche-Orient – contrée ô combien nécessiteuse de la sagesse américaine –, durant laquelle elle n’a cessé de sermonner tous ceux qu’elle a pu approcher, de près ou de loin. Mais l’on peut tenter de comprendre ce besoin de partage que ressentent les Etats-Unis, première démocratie du monde moderne et porte-drapeau de la vision d’un monde d’ouverture et de liberté. Toutefois, l’on pourrait se demander si les Etats-Unis eux-mêmes ressemblent un tant soit peu à l’image idyllique que tente d’exporter les VRP américains de la démocratie et de la liberté. Chaque jour, aux Etats-Unis, les libertés sont bafouées au nom d’une sécurité que les Américains semblent avoir tout le mal du monde à assurer. La liberté d’expression prouve chaque jour ses limites et l’administration Bush gère bien souvent plus le pays comme une dictature que comme un pays démocratique.

Fouzia Mahmoudi

 

Entretien de l’historien Sadek Sellam

L’échec de Goliath israélien face au David sud libanais

Parmi les animateurs, il y avait un certain Amir Petretz, l’actuel ministre de la Défense-qui devrait être appelé ministre de la Guerre. Les échecs du processus d’Oslo sont dus en grande partie à la disparition progressive de ce mouvement dont les dirigeants israéliens tenaient compte, car Israël reste une vraie  démocratie uniquement quand il s’agit des relations judéo- israéliennes. Mais dans ses rapports avec les Arabes, cette démocratie centripète peut aller jusqu’à ce que Israël Shahak, l’ancien président de la Ligue israélienne des droits de l’homme, a appelé le «judéo nazisme».

Sadek Sellam, historien et fin observateur de cette agression du Liban, répond aux questions de notre quotidien.

 

De Paris : Samir M.

 

Le Jour d’Algérie : En quoi le processus de paix est-il définitivement compromis ?

 

S. Sellam : La paix n’est pas seulement le résultat d’accords bilatéraux ou internationaux. L’application effective de ces accords dépend de l’état d’esprit  des dirigeants et de la population. Le gouvernement Y. Olmert est revenu aux méthodes du sionisme conquérant et destructeur qui a rasé plusieurs villages de Galilée en 1948. Celle de Deir Yassine est la plus connue de ces localités martyrisées parce que ses habitants ont été exterminés par des armes soviétiques et les Trotskystes, y compris israéliennes, se sont fait un malin plaisir de médiatiser ce forfait plus pour régler leurs comptes avec «la bureaucratie stalinienne» que par compassion pour les victimes. Les massacres de civils, dont un grand nombre d’enfants à Cana et à Qa’a, qui ont fait suite aux premiers échecs de l’opération «coup de poing» contre les bastions supposés de la Résistance islamique, ont montré qu’Israël renoue avec le sionisme agressif parce que craintif. La dangereuse doctrine de la guerre préventive est toujours en vigueur. Elle consiste à déclencher des opérations meurtrières en fonction d’une appréciation très subjective du danger. Or, quand on prend ses craintes pour des réalités, cela peut conduire à une situation de paranoïa où l’on s’attaque à des dangers qui n’existent pas.

L’échec du Goliath israélien face au David sud libanais favorise les enquêtes sur les «mahdallim» (erreurs d’appréciation en hébreu) qui risquent de précipiter le retour de Benyamin Netanyahu, qui est resté attaché à cette doctrine des guerres préventives.

 

Quelle est la part de responsabilité des Américains ?

Il est certain que la cosmogonie simpliste des néo-conservateurs américains apporte de l’eau au moulin des militaristes israéliens. Les anciens militants de Shalom  Arshav sont devenus des faucons en prenant prétexte de la montée en puissance des formations «islamistes» comme le Hamas, le Djihad islamique et le Hezbollah. En accusant ces mouvements de terrorisme, l’administration Bush conforte ces ex-pacifistes dans leur radicalisation. L’ex-mouvement pacifiste israélien pensait pouvoir faire la paix avec les mouvements nationalistes plus ou moins laïcisants convertis au réalisme en reconnaissant Israël. Or, ces nouveaux «réalistes» arabes ont été ridiculisés aux yeux de leur opinion qui leur reproche d’avoir abattu leur principale carte en reconnaissant Israël sans que celui-ci reconnaisse en échange un Etat palestinien. Les opinions arabes se sont tournées vers ceux qui leur paraissent capables d’obtenir des concessions plus substantielles d’Israël qu’ils refusent de reconnaître tant qu’il n’a pas donné des gages montrant un réel désir de paix supposant une rupture totale avec le sionisme expansionniste et destructeur. Les Américains cherchent à justifier leur politique messianique en invoquant le prétexte de la lutte antiterroriste et soutiennent inconditionnellement les faucons israéliens qui assimilent allègrement tout acte de résistance à du terrorisme. Pour avoir repris à son compte ce point de vue contestable, Lionel Jospin a reçu une averse de cailloux sur la tête à Ramallah. L’ancien premier ministre socialiste a moins d’excuses car, il a lu la conférence de presse dans laquelle le général De Gaulle a introduit, le 27 novembre 1967 un distinguo définitif entre la résistance légitime et le terrorisme répréhensible.

 

Quelles sont les conséquences de cette guerre dans le monde arabe ?

Cette agression et la manière dont elle a été mise en échec par la Résistance islamique a éloigné encore plus de leurs peuples les régimes arabes qui ont renoncé à l’option militaire. Les régimes sadatisés sont d’autant plus disqualifiés aux yeux de leurs peuples qu’Israël semble se réjouir de les avoir mis hors de combat sans coup férir. Le premier à avoir été sadatisé est le pouvoir égyptien. Il a pourtant les meilleurs diplomates du monde, mais il est pratiquement mis hors course depuis qu’Israël et les Etats-Unis ont de moins en moins recours à ses bons offices. Car, du fait de leur politique de force, ces deux pays ont tendance à mépriser ceux qui ont renoncé à l’option militaire.

Le dissentiment populaire est déjà sérieux dans les pays arabes qui ont reconnu officiellement Israël. Il l’est aussi dans les pays qui cherchent à entretenir des relations informelles avec l’Etat hébreu sans doute pour faciliter les transactions avec ses relais en Occident, avec lesquels ils traitent dans le cadre de leur politique délibérée d’importation à outrance. Ces choix économiques simplistes qui renoncent au développement local profitent à des nomenklaturas qui ont un pied en Europe et aux Etats-Unis. Au fond, ces politiques ne sont pas tellement différentes du programme irakien «pétrole contre nourriture».

L’impopularité de ces régimes s’aggrave quand ils «kouchnérisent» et s’empressent de participer financièrement à la reconstruction du Sud-Liban que la Luftwaffe israélienne a réduit à un champ de ruines, en détruisant des infrastructures très peu utilisées par le Hezbollah. Le courage minimal (Ad’âaffou al iman) aurait consisté à exiger d’Israël des réparations au peuple libanais. Au lieu de cela, ,les pétromonarchies encouragent implicitement Israël à commettre d’autres forfaits avec la certitude que les Arabes riches atténueront les colères provoquées par cette agressivité en finançant la reconstruction de ce que cet enfant gâté, capricieux et belliqueux aura détruit. Cette «générosité» n’est pas tellement désintéressée puisque ces bailleurs de fonds disent vouloir empêcher l’Iran d’être présent dans la région. Mais après les massacres et les destructions perpétrés par Tsahal, le bon sens populaire (des Sunnites, des Chiites, des Druzes et des Maronites réunis) n’a rien contre la présence iranienne qui peut avoir un effet dissuasif sur les va-t-en guerre israéliens. En fait, les Arabes, qui ont substitué l’affairisme au patriotisme croient beaucoup trop à la «mondialisation» par le seul business et cherchent surtout à avoir la paix avec l’administration Bush, qui parle pourtant de «démocratie» dans le  «Nouveau Moyen-Orient». Or, la vraie démocratie implique l’ajustement de la politique suivie aux idées et aux sentiments du peuple.

Il faut croire que Bush et les néo-conservateurs qui l’entourent en ont une conception totalement différente, qui peut aller jusqu’à dénier aux peuples musulmans le droit à la démocratisation, comme le suppose le turcologue Bernard Lewis.

 

Que faut-il penser des «fetwas» wahhabites hostiles au Hezbollah ?

La «fetwa» saoudienne destinée à excommunier les chiites pour mieux diaboliser le Hezbollah a été édictée par un théologien de service qui croyait pouvoir accompagner théologiquement l’activisme de la diplomatie de son pays en vue d’obtenir le désarmement du Hezbollah, que les pro-américains persistent à présenter comme une «milice». Cela n’a rien d’étonnant si l’on se souvient des nombreux précédents de l’utilisation politique de l’Islam officiel : la visite de Sadate à Jérusalem en novembre 1977 avait été préparée psychologiquement par le cheikh d’El Azhar qui a commenté plusieurs vendredis de suite le verset : «Idha djanahou li silmi fa adjnah laha» (s’ils se mettent sous l’aile protectrice de la paix, fais-en autant); l’intervention américaine contre l’Irak à partir de la base saoudienne de Dhahran a été également approuvée canoniquement par le cheikh wahhabite Bel Baz, qui aurait eu une récompense évaluée à plusieurs millions de dollars; au Maghreb et à la mosquée de Paris, il y a eu des velléités de condamner religieusement les opérations suicides que les mouvements islamiques de résistance conçoivent comme un acte de djihad…

Mais ces tentatives pèsent de peu de poids et ont des effets infinitésimaux sur des opinions musulmanes pour qui le clivage Chiites-Sunnites a infiniment moins d’importance que l’opposition à leurs yeux essentielle entre les capitulards affairistes d’un côté et, de l’autre, ceux qui veulent continuer à résister en modernisant leurs méthodes de guérilla et en se retrempant dans la foi religieuse, que les millions d’«humiliés» et d’«offensés» dans le monde musulman persistent à considérer encore comme une source irremplaçable d’énergie. Pour ceux-là, aucun «zaïmillon», comme dirait Malek Bennabi, ne peut rivaliser avec Syed Hassan Nasrallah en matière de prestige et de légitimité.

 

Comment cette guerre a été vécue parmi les musulmans en France ?

Les chaînes satellitaires arabes ont permis de voir, beaucoup mieux que dans le passé, la rapidité avec laquelle certains médias français ont renoncé à leur devoir d’objectivité pour se mettre au service de l’action psychologique israélienne. Il sufit de se souvenir de l’empressement avec lequel le monde s’est contenté de reproduire, en Une, un communiqué mensonger annonçant l’entrée de Tsahal à Bint Djbil, sans parler de l’évocation dans la même feuille, par l’incorrigible Bernard –Henri Lévy, des «Brigades internationales» qui auraient aidé les ex-pacifistes israéliens à massacrer des dizaines d’enfants libanais ! Alors que Saint Paul recommande plutôt de «pleurer avec ceux qui pleurent». Il est vrai que ses épîtres ne sont pas la lecture préférée de BHL, ni même du directeur du Monde qui se réclame, quand cela l’arrange, du «christianisme social».

Par ailleurs, il y a une grande différence d’attitude avec celle des conflits passés, comme celui des Balkans. A partir de 1992, il y a eu un nombre important de volontaires, parmi lesquels des Français convertis à l’Islam, partis combattre aux côtés des Bosniaques victimes du nettoyage ethnique. Il s’agissait pour eux de témoigner pour sauver l’honneur de la France, dont les dirigeants de l’époque faisaient preuve de passivité, voire de complicité avec les milices serbes, dont le désarmement n’a pas été réclamé, ni par Mitterrand ni par Jospin. Aujourd’hui, s’il n’y a pas de départs de volontaires français musulmans au Sud Liban, c’est en grande partie en raison de l’attitude du président Chirac et de la diplomatie française en faveur de la paix et de la sécurité au Liban. C’est parce qu’il n’y a aucun risque d’activisme pouvant menacer la sécurité intérieure, que le président Chirac n’a pas convoqué le ministre de l’Intérieur avec les autres membres du gouvernement réunis à Toulon. C’est la même politique de paix suivie par le président Chirac depuis son opposition historique à l’agression américaine contre l’Irak, malgré les pressions de l’aile atlantiste de l’UMP, qui met la France à l’abri du terrorisme international, qui a ensanglanté les pays alliés des Etats-Unis contre l’Irak.

 

Quelle a été l’attitude des ténors habituels de l’Islam en France ?

Cette guerre a eu pour conséquence d’accentuer la désaffection pour le CFCM dont les membres, habituellement si loquaces et si demandeurs de médiatisation, se sont signalés par leur absence et leur silence.

Cela a fourni une occasion de rappeler, dans les nombreuses manifestations de solidarité avec les Libanais, le voyage à Auschwitz où la mosquée de Paris a été représentée par Djelloul Seddiki et l’UOIF par TAriq Oubrou. Le premier semble utiliser ce genre d’initiatives pour sortir du placard où il a été mis après l’échec historique de sa tentative de prélèvement de la taxe halal au profit de la seule mosquée de Paris. Le second est présenté comme un «réformateur» de l’Islam en France pour avoir diffusé la réponse qu’il croit utile d’opposer  aux jeunes musulmans en chômage qui réclament la part de la zakat qui devrait leur être affectée : «Ici c’est moi qui commande; si tu n’es pas content, j’appelle la police !!!»

L’un et l’autre ont renoncé à visiter les charniers des Bosniaques massacrés par les milices serbes, comme l’ont demandé d’autres musulmans sollicités pour le voyage à Auschwitz. Ils étaient encouragés par la visite de Ghaleb Benchikh en Israël où il est entré sans visa, après l’intervention en sa faveur du ministre israélien de l’Intérieur ravi d’avoir neutralisé le fils de l’ancien directeur du bureau de la Ligue arabe pour le boycottage d’Israël. Ghaleb, habituellement si prompt à signer des pétitions, y compris celle rédigée par Finkielkraut pour dénoncer le «racisme anti-blancs», a été aux abonnés absents et n’a pas émis une seule réprobation quand des dizaines d’enfants libanais ont été déchiquetés par les roquettes israéliennes. On sait que Fouad Aloui, le secrétaire général de l’UOIF, avait accepté de ne pas parler de la Palestine dans ses rencontres avec le CRIF, instance politique qu’il préfère au Consistoire, organisme religieux avec lequel il pourrait pourtant avoir un utile dialogue religieux. Alaoui confirme que le CFCM ne tient pas à devenir une autorité religieuse et il a tenu ses engagements au-delà de ce que réclame le CRIF, puisqu’il s’abstient de tout commentaire sur le Proche-Orient aussi bien à l’intérieur des locaux du CRIf qu’à l’extérieur. L’UOIF a poussé le zèle jusqu’à censurer sur son site Internet les passages des déclarations du cheikh Qaradhaoui sur la Palestine. Ce qui lui valut la rupture de plusieurs mosquées de province.

Quant à la mosquée de Paris, lors de la prière de l’absent organisée l’autre dimanche, l’imam a été obligé de s’en tenir à la formule rituelle regrettant les «affrontements entre les populations civiles du Moyen-Orient». Cette phrase date de l’époque où Hamza Boubakeur refusait de se prononcer sur le conflit israélo-palestinien pour les besoins de ses relations avec les milieux politico-religieux français qui le soutenaient malgré la condamnation par le Conseil d’Etat de sa nomination illégale par la gauche coloniale désireuse d’intensifier la lutte contre le FLN en  France. Il a même été question d’une indemnisation au profit de la seule famille Boubakeur des Habous maghrébins de Jérusalem confisqués par Israël en 1948. Les prudences de Si Hamza semblaient destinées à ménager les chances de bénéficier de ces indemnisations qui concernent pourtant une demi-douzaine de confréries maghrébines.

Les Libanais qui ont remarqué l’usage récurrent de cette phrase incolore, inodore et indolore rappellent avec un certain bon sens qu’il ne s’agit pas d’affrontements entre les populations civiles, mais de massacres d’enfants par une armée régulière qui devrait être nommée. A cause de ce mécontentement, ils ont refusé de confier à la mosquée de Paris les dons destinés à venir en aide aux populations du Sud-Liban.

Béchari a eu des attitudes courageuses, notamment quand il a posé comme condition le passage par les chantiers de Bosnie au retour d’Auschwit. Mais à présent il est aussi absent et silencieux, du moins dans les médias français. Sans doute parce qu’il évite soigneusement de contrarier les Etats arabes sadatisés avec lesquels il tient à maintenir des relations.

Ces silences ne font qu’aggraver le sérieux déficit de légitimité du CFCM dont l’image s’est détériorée dans une communauté qui a connu une mobilisation presque sans précédent pour condamner l’agression israélienne et exprimer  une solidarité agissante avec les Libanais, toutes confessions confondues. Les nombreux musulmans présents à la messe du 15 août, célébrée à Notre Dame du Liban ont montré que les clivages confessionnels pèsent de peu de poids quand il s’agit de réprouver une folie guerrière et de soutenir tout un peuple meurtri. Dans cette atmosphère œcuménique, un article dans lequel Antoine Sfeir se retourne vers l’ethnographie coloniale pour appeler de ses vœux la partition du Liban sonne une offre de service à Israël. Ce journaliste s’efforce d’occuper le créneau de la rentabilisation de la peur de «l’islamisme» depuis que l’annonce du déclin définitif de l’islamisme par «l’islamo-futurologie» de Kepel a été démentie par le retrait imposé à Israël par le Hezbollah en 2000. Mais la «futurologie» de Sfeir, qui en dit long sur l’égarement de certains esprits et l’irresponsabilité enrobés dans un jargon géopolitique prenant les désirs américains (plus qu’Israéliens) pour des réalistes, a reçu des démentis aussi cinglants infligés par le même Hezbollah dont le plus fervent soutien au Liban s’appelle Michel Aoun que Sfeir a bien connu.

Samir .M

 

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