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L’affaire Khalifa devant la Cour suprême
Soltani et Sidi
Saïd risquent l’inculpation
La Cour suprême
s'intéresserait au placement de 1 000 milliards de centimes par
trois banques publiques dans Khalifa Bank.
Comme rapporté
dans notre édition du 26 septembre dernier, la Cour suprême a statué
sur les pourvois en cassation introduits par les avocats des
inculpés dans l’affaire de la caisse principale de Khalifa Bank. En
sus, elle a ordonné de compléter la liste des 104 prévenus et
l’ouverture d’un second volet qui touchera, cette fois-ci, des
personnalités et notamment des responsables d’entreprises et banques
publiques dont les multiples et faramineux placements effectués à la
banque de Khalifa Abdelmoumen lorsque cette banque privée battait de
l’aile ! Des placements qui seraient considérés par certains
observateurs au fait de ce dossier, en flagrante contradiction
vis-à-vis de la réglementation interne à ces institutions étatiques
et vis-à-vis de la réglementation régissant le marché monétaire. La
Cour suprême s’intéresserait au placement de 1000 milliards de
centimes par trois banques publiques dans Khalifa Bank. L’une de ces
banques n’est autre que la BDL qui a placé 460 milliards de centimes
dans la banque privée de Abdelmoumène Khalifa. Cet argent a été
déposé auprès de cette banque privée en quatre placements dont trois
représentaient la plus grande partie des fonds perdus effectués
après le retrait d’agrément à Khalifa Bank puisque ces placements
ont été effectués en décembre 2002 et février 2003, soit après le 27
novembre 2002, date de retrait de l’agrément à Khalifa Bank en
matière d’opérations de commerce extérieur. La BNA avait placé 340
milliards de centimes et la Badr 200 milliards de centimes dans
cette banque privée.
Le tribunal de
Chéraga, dont le nouveau président a pris ses fonctions, hier, en
remplacement de l’ancien président de ce tribunal désigné, il y a
quelques jours, au poste de président du tribunal de Koléa, est
plongé, de nouveau, dans l’ambiance des auditions, cette fois,
concernant les swifts et les placements d’argent dans Khalifa Bank.
Plusieurs anciens et actuels ministres ainsi que le secrétaire
général de l’UGTA seront auditionnés par ce parquet dans le cadre de
l’instruction sur ces deux affaires, avant que leur dossier ne soit
transféré vers la Cour suprême qui décidera de la suite à donner à
cette instruction, selon une source proche du dossier Khalifa. La
Cour suprême étudiera les dossiers de P-DG de banques publiques
ayant déposé de l’argent dans la banque privée de Abdelmoumène
Khalifa. En fait, il s’agit d’un complément dans ces auditions
puisque ces ministres et autres personnalités ont été déjà
auditionnés par ce parquet dans l’instruction de l’affaire de la
caisse principale de Khalifa Bank. Sidi Saïd, secrétaire général de
l’UGTA a été auditionné pour le placement de 2 000 milliards de
centimes de la Cnas dans Khalifa Bank. Aboudjerra Soltani a été
auditionné en tant que ministre du Travail et de la Protection
sociale à l’époque. Leurs dossiers, au même titre que ceux d’autres
ministres et personnalités seront transférés vers la Cour suprême vu
leur statut, selon une source proche de ce dossier. Lors de son
audition, en date du 28 novembre 2004, par le tribunal de Chéraga,
en sa qualité de président du Conseil d’administration de la Cnas du
21 avril 2001 au 26 septembre 2002, Sidi Saïd a soutenu que cette
caisse a placé son argent dans cette banque privée après
délibération du Conseil administratif et qu’une copie de cette
décision avait été adressée pourtant au ministère de tutelle. Sidi
Saïd a nié devant les juges du tribunal de Chéraga avoir bénéficié
d’un quelconque privilège de la part de Khalifa, de même qu’il a nié
avoir bénéficié d’une carte de crédit Mastercard «bien que son nom
figure dans la liste des bénéficiaires de ces Mastercard», selon le
dossier de l’instruction. La Cour suprême devra statuer, par
ailleurs, sur les dossiers d’autres personnalités, des ministres en
poste ou en majorité ayant quitté le gouvernement.
Précision de
taille, il faut noter que le mouvement partiel qui a touché, il y a
quelques jours, plusieurs juridictions, n’a pas concerné le
procureur de la République près le tribunal de Chéraga et ce, pour
sa maîtrise du dossier Khalifa. Ce tribunal procédera aux auditions
de personnes accusées dans d’autres affaires liées au groupe
Khalifa, à l’image des filiales du groupe ou ses activités à
l’extérieur. La Cour suprême se chargera, encore une fois donc, de
l’étude des dossiers de ministres cités dans ces affaires. Le
tribunal de Chéraga s’intéressera, dans la prochaine étape, au
dossier relatif aux swifts, dont, notamment, les opérations
financières ayant bénéficié à Abdelmoumène Khalifa pour faire sortir
des sommes en devises vers l’étranger pour, soi-disant, l’achat
d’une station de dessalement que le golden-boy disait vouloir
généreusement offrir à l’Algérie.
M. A.
Haut
30 milliards détournés à Sidi Moussa
Le maire aux
160 projets fictifs
Si c’était un
conte pour les nuits du ramadan, on aurait pu l’intituler, «Le maire
et les quarante entrepreneurs», mais c’est une affaire tout à fait
vraie qui est entre les mains de la justice. Le tribunal de Boufarik
vient de demander une expertise financière par un expert agréé par
la justice dans le cadre de l’affaire de l’APC de Sidi Moussa. Le
but de cette expertise est d’évaluer les préjudices financiers
causés dans cette affaire au Trésor public après que les avocats
eurent rejeté l’expertise réalisée par un autre expert. Cet expert
s’était déplacé sur les sites où seraient réalisés 160 projets dans
cette commune, mais a eu la surprise de constater, sur les lieux,
que ces projets facturés à des milliards de centimes étaient
fictifs. Le P/APC de Sidi Moussa ainsi qu’un autre élu local de
cette commune et d’autres personnes accusées dans cette affaire
avaient été mis en détention préventive. Une source proche de cette
affaire nous informe que 35 entrepreneurs sont mis sous contrôle
judiciaire dans cette affaire.
Le P/APC de Sidi
Moussa est accusé d’avoir utilisé des faux sceaux, du wali sortant
de la wilaya d’Alger, M. Nourani, de la SUCH et de la DUCH dans
cette affaire. Il est également accusé d’avoir utilisé des factures
de travaux de peintures et autres ayant eu lieu au début des années
1990 pour les «réactualiser», faisant croire que ces travaux sont
récents et demandant, ainsi, le payement des factures falsifiées.
L’une des erreurs que ce P/APC aurait commise serait, selon une
source proche de ce procès, d’avoir falsifié des factures
d’entrepreneurs décédés. «Comment un entrepreneur décédé, il y a
quelques années, peut-il signer une facture soi-disant établie il y
a quelques jours ?», ironise cette source. En tout, ce sont, selon
cette source, près de trente milliards de centimes ainsi détournés
par des facturations de projets fictifs. Parmi les accusés, quelques
employés des impôts sont impliqués dans cette affaire, selon cette
source.
Le tribunal jugera
cette affaire une fois l’expertise effectuée et adressée à la
justice.
M. A.
Haut
Le parti veut reprendre sa place
Le RND lance
son premier sondage politique
L’opération
interviendra après l'Aïd, dès que le SG donnera son feu vert.
«Que pense
l’opinion publique du RND ? Et quelle place occupe-t-il sur
l’échiquier politique ?» ce sont là des questions sur lesquelles le
parti voudrait sonder les Algériens pour apporter des réponses
précises sur
«sa santé
populaire». L’objet de cette initiative est de connaître, dit-on, la
place et la vraie dimension de la formation d’Ahmed Ouyahia à
l’échelle nationale. Il y a lieu de souligner qu’à travers cette
action, le RND lance le premier sondage politique du genre
concernant un parti en Algérie. L’opération interviendra après
l’Aïd, dès que le SG donnera son feu vert. D’autre part, cette
initiative s’inscrit, on ne peut mieux, dans le cadre des
préparatifs du parti
d’Ahmed Ouyahia
aux prochaines échéances électorales. L’idée agréée par le SG est en
voie de réalisation. «Tout est fin prêt», apprend-on pour le
lancement de l’opération, au niveau national, qui touchera aussi
bien le grand public que les universitaires. Elle vient ainsi
conforter la ligne épousée par cette formation qui a investi son
SG, après son départ de la chefferie, de la mission de renforcer le
parti laminé par une léthargie due essentiellement aux engagements
gouvernementaux dont il avait la charge, en raison de son poste de
Chef du gouvernement. Par cette démarche, le RND semble imiter la
méthode préférée chez les partis anglo-saxons qui utilisent les
sondages pour s’enquérir de l’aura du parti auprès du large public,
ira-t-il, comme cela se fait ailleurs jusqu’à inviter les
sympathisants et ceux qui ont une opinion positive de rejoindre le
Rassemblement ? Les sponsors (proches du parti) et la logistique
pour ce faire sont d’ores et déjà mobilisés. L’installation des
sections regroupant 4-5 militants et/ou étudiants issus de l’Union
générale des étudiants algériens (UGEA), sont en voie d’installation
au niveau des grandes daïras et les villes universitaires. Selon la
dernière mise au point, pas moins de 38 wilayas sont prêtes à
«manœuvrer» la démarche. La cellule de coordination qui siègera à
Alger statuera, à en croire nos sources sur les délais et les
populations à cibler parmi les citoyens. Le RND qui ne revendique
plus le rang de première force politique nationale, perdue aux
élections de 2002, ambitionne de se la réapproprier à l’occasion
des joutes à venir. Le SG qui élude à chaque sortie publique la
question des préparatifs de sa formation à ces rendez-vous n’a pas
manqué, par contre, de rappeler à chaque fois qu’il est interpellé
que «le parti s’y prépare sérieusement».
«Je vous mentirai
si je vous dis que le RND relègue à un second plan des rendez-vous
importants appréhendés par tous les partis politiques», a-t-il lancé
lors de la conférence de presse donnée à l’issue du septième conseil
national, tenu les 21 et 22 septembre dernier. «On s’y prépare
sereinement, peut-être lentement, mais sûrement», a-t-il déclaré,
réfutant de «faire dans la politique spectacle». La démarche du
sondage en est une première preuve que le parti qui tente de se
restructurer au sein de la communauté algérienne à l’étranger est en
phase de bouillonnement en attendant le bilan des bureaux de wilayas
et la conférence des cadres prévue pour début de l’année 2007. Une
manière de prouver aussi à ses alliés que «le RND n’est pas en perte
de vitesse» comme l’a affirmé Ahmed Ouyahia au moment de sa reprise
en main des affaires de son parti. Une feuille de route qu’il suit
de près dans son application.
Salah Bey
Haut
Le front social est en ébullition
Le pacte
économique et social n’a rien apporté
L’objectif assigné
à la signature du pacte économique et social, (entre les trois
parties, UGTA, gouvernement et patronat) ce 1er octobre, était
celui de répondre à une grande finalité : celui de hisser l’économie
nationale à un niveau de compétitivité international, consolider la
paix sociale et lutter contre le chômage. Ces points ont constitué
ainsi le substrat du dialogue social. Les mouvements de grève et
protestation devraient
observer quatre
ans de répit. Cependant, il se trouve, et en l’espace de quelques
jours seulement, que la signature de ce pacte de grande envergure
qualifié de non-événement par les organisations syndicales
autonomes notamment, et certaines sections affiliées à l’UGTA qui y
voient de la poudre aux yeux. Des mouvements de grève, des
débrayages et des rassemblements en signe de colère sont annoncés.
Aucune considération n’est accordée à cet événement national. Si
l’on peut accorder aux syndicats autonomes cette liberté car, non
concernés par le pacte dont ils ne sont pas signataires, il reste
qu’il en est autrement des syndicats affiliées à l’UGTA et qui sont
donc concernés par le respect des dispositions du pacte. Mais ces
derniers, à l’instar de la Fédération nationale des travailleurs
retraités FNTR, affiliée à l’UGTA refusent d’en tenir compte. La
FNTR explique son action par son souci de mettre fin «aux dénis» de
droit des travailleurs retraités qui tarde encore à voir son
épilogue. Une journée de protestation nationale est programmée ainsi
pour le mercredi prochain (le 11 du mois courant). Décision prise,
en effet, à l’issue de la réunion du secrétariat fédéral tenue
lundi, dont l’objectif d’examiner l’évolution de la situation «née
de l’application anarchique des décisions du Président de la
République en faveur des retraités» qui perçoivent une pension de
retraite inférieure à 10 000 DA. Un état de fait qui met en
ébullition cette frange de société. Idem pour les agents de
sécurité de la BEA. Ces derniers se sont vu licenciés sous
prétexte de la compression. En colère, ces agents ont observé un
sit-in la semaine passée devant la direction générale à Alger pour
dénoncer «l’injustice» dont ils sont victimes. Le Syndicat national
des praticiens spécialistes de la santé publique compte organiser,
de son côté, une grève pour exprimer son mécontentement quant au
marasme qui prévaut au sein de cette profession. Toutefois, aucune
date n’a été fixée. Ces exemples confortent la crainte exprimée au
lendemain de l’annonce des résultas de la tripartie et qui pour de
nombreux observateurs de la scène sociale sont insuffisants pour
endiguer le mécontentement des travailleurs.
Kahina Benarab
Haut
Année universitaire 2006/2007
L’ombre du Cnes
L’année
universitaire 2006/2007 sera officiellement inaugurée demain par le
président de la République, à partir de la capitale des Aurès,
Batna. Pour cette année, le ministère de l’Enseignement supérieur et
de la Recherche scientifique a mobilisé des moyens colossaux en vue
de faire réussir la rentrée. 25 nouvelles résidences universitaires,
15 bibliothèques et 90 000 nouvelles places pédagogiques sont, en
effet, les principaux chiffres inhérents à la rentrée 2006/2007,
annoncés par le ministère. Par ailleurs, du côté des organisations
estudiantines, la rentrée universitaire en cours est marquée par
plusieurs manquements. Les étudiants résidents dans les différentes
cités crient leur ras-le-bol quant à la dégradation des conditions
de vie qui, selon eux, sont dans un état de déliquescence. Ils
évoquent, entre autres, la mauvaise gestion des cités universitaires
et l’omission dans la prise en considération de leurs problèmes
socio-éducatifs. Ainsi, quelques organisations estudiantines ont,
faut-il le signaler, adressé des lettres au ministre de
l’Enseignement supérieur et une autre au DG de l’Office national des
œuvres universitaires (Onou) dans lesquelles ils dénoncent la
détérioration des cités universitaires. Pour ce qui est du volet
pédagogique, le secteur de l’Enseignement supérieur et de la
Recherche scientifique est marqué depuis le 13 mai dernier, par un
mouvement de protestation sans pareil. Le Conseil national des
enseignants du supérieur (Cnes) reproche à la tutelle le fait de
poursuivre les grévistes en justice au lieu d’ouvrir un débat
fructueux susceptible de trouver une issue à la crise qui secoue
l’institution universitaire. C’est pourquoi d’ailleurs, la
coordination a demandé au Chef du gouvernement d’intervenir pour
débloquer la situation de l’université et d’éviter une aggravation
de la crise qui perdure jusqu’à présent, puisque bon nombre
d’instituts observent toujours la grève, pour ne citer que ceux
relevant du centre et de l’ouest du pays. Le Cnes, rappelle-t-on,
revendique la levée totale de toutes les poursuites judiciaires à
l’encontre de trois de ses membres. Les coordinateurs Cnes de
l’ouest et du centre de l’Algérie, en l’occurrence MM. Mechab et
Cherbal, ont certes tous deux bénéficié d’une levée du contrôle
judiciaire, mais ces dispositions sont jugées insuffisantes par le
Cnes, du moment que les poursuites judiciaires sont toujours de
mise. Le mouvement de protestation enclenché par le Cnes a pénalisé
quelque 240 000 étudiants. Le bras de fer opposant le ministère au
Cnes risque de compromettre sérieusement le lancement de la nouvelle
année universitaire, déjà mise à mal par les retards accumulés
depuis l’année dernière. Notons enfin que cette rentrée
universitaire 2006/2007 verra l’afflux de près de
220 000 nouveaux
étudiants qui rejoindront, pour la première fois, les amphithéâtres.
M. Kechad
Haut
Boumerdès
Attentat
terroriste à Chaâbet El Ameur, bilan 4 morts et 2 blessés
Un attentat
terroriste a eu lieu hier en fin de matinée dans la localité de
Chaâbet El Ameur au lieu-dit carrefour de Tizi El Bir, où 3
militaires en civil et 1 citoyen ont trouvé la mort ainsi que deux
blessés dont un militaire. Les victimes ont été abattues à leur
descente d’un fourgon de transport ralliant les Issers à Chaâbet El
Ameur. Un acte terroriste a déjà été perpétré, dans cette région
chaude de la Kabylie, au début de ce mois sacré de ramadan, où deux
gardes communaux ont été assassinés.
Ainsi donc, le
bilan s’est alourdi avec 6 morts et de nombreux blessés.
Dans le maquis de
Ammal et Beni Amrane, l’ «émir» Boudib Djamel, plus connu dans son
entourage sous le nom de «émir Abderrahmane Djerrah», âgé de 30 ans,
originaire de la localité de Beni Amrane, qui a pris le maquis en
1995, a été abattu ce week-end par les forces combinées de sécurité
avec son acolyte non encore identifié.
K. A.
Haut
Les «harragas», otages des circuits clandestins
Le rêve à 8
millions de centimes
Ils sont de plus
en plus nombreux à tenter la traversée aventureuse, à partir des
plages de l’Oranie.
Au risque de
laisser leur vie, pour un paradis cousu à la mesure de leurs rêves
juvéniles. Ils savent pourtant que, de l’autre côté des eaux, c’est
peut-être l’enfer qui les attend. Qu’importe! Rien ne les arrête
tant ils croient intensément à ces sirènes de l’eldorado qui les
appellent continuellement. Le plus troublant dans l’histoire, c’est
que les jeunes intéressés par «el-hedda» ont généralement une
situation toute respectueuse, une situation qui leur permet tout de
même de ce pays le… voyage incertain.
Arrivés en
Espagne, les «harragas» se font cueillir et sont refoulés vers leurs
pays d’origine, parfois après un séjour dans un camp. En effet, le 4
août dernier, dix-sept jeunes, originaires des wilayas d’Oran,
Tiaret et Tlemcen étaient renvoyés d’Alicante à bord d’El-Djazaïr-2,
à destination d’Oran. Parmi les refoulés, le groupe qui a vu son
aventure échouer à Malaga six jours seulement auparavant. Un mois
auparavant, ce sont neuf «harragas», âgés entre 22 et 28 ans, que
l’Espagne renvoyait à Oran. Remis aux mains de la Sûreté de wilaya,
ils raconteront leurs aventures. Cinq d’entre eux avaient été
appréhendés circulant sans papiers à travers les villes de la
péninsule ibérique alors que les quatre restants étaient parqués
dans un camp pendant près d’un mois. Les premiers avoueront avoir
passé une année noire, à se cacher des hommes en uniforme, vivant
constamment dans l’angoisse de se faire prendre à n’importe quel
moment. Leur rêve s’est donc écroulé. Ne pouvant régulariser leur
situation, ils comprenaient qu’ils n’avaient aucune chance de
trouver un job, se faire de l’argent et revenir un jour au pays à
bord d’une belle voiture pour frimer devant les voisins, et avec
plein de cadeaux pour la famille…
Les tentatives
se multiplient
Ainsi, et alors
que les «harragas» commencent à se faire régulièrement refouler vers
l’Algérie et d’autres mourir lamentablement, parfois sans que leurs
corps soient jamais retrouvés, il en est encore qui sont à tenter,
au péril de leur vie, la traversée en partant essentiellement des
côtes d’Oran, d’Aïn Témouchent ou de Tlemcen. Des sources du
groupement de la gendarmerie d’Oran font justement état d’une
centaine de de ces jeunes, arrêtés depuis le début de l’année, dont
deux femmes.
Pas plus tard que
mercredi dernier, une tentative a été avortée par les éléments de la
Gendarmerie nationale de Canastel à Cap Rousseau, à proximité de la
plage de Aïn Franine. Les gendarmes ont investi les lieux vers 2
heures du matin après que des informations leur sont parvenues
concernant la présence d’un groupe de jeunes se préparant à quitter
le pays à bord d’une embarcation. Deux jeunes, âgés de 16 et 29 ans,
étaient ainsi arrêtés alors que les autres ont réussi à prendre la
fuite.
Le même jour, une
barque échouait sur la plage des Andalouses avec, à son bord, neuf
jeunes gens, heureusement tous en vie. Ceux-là étaient partis de la
plage de Sidi Youchaâ à Ghazaouet et deux jours auparavant le groupe
avait été vu dans un café en compagnie d’un passeur répondant aux
initiales S.R., alias «El-harrag». Ils devaient avouer aux éléments
de la Gendarmerie nationale qui les recueillaient que cette
tentative leur a coûté 60 millions de centimes, une partie ayant
servi à l’acquisition de l’embarcation et surtout deux moteurs, dont
l’un de secours.
Le 1er du mois en
cours, les garde-côtes d’Oran sauvaient 13 jeunes qui s’étaient
trouvés en difficulté au large de Kristel, après que le moteur de
leur embarcation soit tombé en panne. La veille, c’était encore onze
autres, âgés entre 19 et 27 ans, tous originaires de Tiaret, qui
étaient repêchés également au large de Kristel,
à 7 miles du
rivage. Il faut dire qu’ils ont eu une sacrée chance d’échapper
ainsi à une mort certaine après que le moteur de leur barque a pris
feu. Deux d’entre eux ont même dû être gardés en observation à
l’hôpital d’El-Mohgoun : le premier pour des brûlures et le second
pour hypothermie.
On peut également
citer cette tentative avortée le 24 août dernier par la gendarmerie
de Canastel, au niveau de la plage d’Aïn Franine où 12 jeunes ont
été arrêtés avant qu’ils n’aient pu embarquer, dont… quatre mineurs.
Deux parmi ces derniers, âgés de 14 et 16 ans, étaient même
accompagnés de leur père. C’est pour dire que le phénomène touche
tous les âges.
Des hors-bord
dernier cri
Lorsque ce groupe
a été arrêté, les gendarmes ont constaté que les jeunes ne portaient
aucune pièce d’identité, à l’exception d’un seul qui avait sur lui
son passeport enveloppé dans un sac en plastique. Ils avait
également découvert huit nourrices de carburant dissimulés derrière
des rochers, de la nourriture et deux moteurs, l’un d’une puissance
de 35 CV et l’autre de 90 CV et, évidemment, un zodiac qui était
enfoui à un mètre de profondeur dans le sable et un glisseur ainsi
que des gilets de sauvetage.
En fait, pour
«gagner» sa place à bord de l’une de ces embarcations de la mort, le
candidat doit débourser entre huit et douze millions de centimes,
selon le nombre des éléments constituant le groupe. Mais l’argent
est remis à des passeurs qui connaissent tous les circuits. C’est
eux qui se chargent de l’acquisition de l’embarcation et des moteurs
nécessaires ainsi que des nourrices de fuel. Certains vont jusqu’à
penser que des embarcations attribuées dans le cadre de l’emploi des
jeunes pour promouvoir le secteur de la pêche auraient disparu.
Pour revenir au
prix à payer pour entreprendre la traversée, on peut se référer aux
aveux des treize personnes sauvées lundi dernier par les garde-côtes
d’Oran au large de Kristel. Ils soutiendront avoir déboursé 80 000
dinars, dont la moitié a été versée à l’avance à celui qui était
chargé de l’acquisition de l’embarcation et des moteurs, «l’un de
115 chevaux et l’autre, de secours, de 99 chevaux». «Le reste de la
somme a été remis le jour même du départ à partir de Aïn Defla, une
plage située dans la commune de Kristel», témoigne l’un des rescapés
qui expliquera qu’il était aussi dans le contrat d’alerter par
téléphone, en cas de problèmes, le contact resté sur la plage qui
devait à son tour aviser les garde-côtes pour une intervention
rapide. C’est le procédé utilisé par les candidats à l’émigration.
E. Ikram
Haut
Contrefaçon
90 litiges sur
les marques devant la justice
La directrice
générale de l’Institut national algérien de la propriété
industrielle (INAPI), Melle Nabila Kadri, a appelé à la création
d’un comité national de lutte contre la contrefaçon constitué de
représentants de plusieurs secteurs économiques ainsi que des
représentants des consommateurs. Il s’agirait, d’«un moyen
supplémentaire pour traiter le phénomène des produits contrefaits
présents sur le marché national», a-t- elle déclaré à l’APS. Un tel
comité servirait aussi à «étudier davantage l’origine de ce fléau
économique» (contrefaçon), qui présente «un danger majeur, tant pour
la santé que la sécurité du consommateur». Cette structure sera à
même de «contribuer à décider des nouvelles dispositions à prendre
sur le plan juridique, ainsi que des mécanismes à mettre en œuvre
pour abolir la propagation des produits contrefaits, notamment au
niveau des frontières du pays», a-t-elle souligné. Cette situation
est liée, entre autres, au fait qu’en Algérie, la protection de la
propriété industrielle demeure encore «faible et timide» , auprès
des commerçants, a déploré Melle Kadri, qui a appelé les opérateurs
économiques, les importateurs et les commerçants, à prendre
davantage conscience des mécanismes de protection de leurs produits.
Elle a relevé, dans ce contexte, que «la culture de protection de la
propriété industrielle n’est pas encore instaurée chez certains
commerçants et opérateurs économiques algériens» et déploré
également la présence de concurrence déloyale entre certains
importateurs. Selon elle, le seul souci de ces derniers, est de
«liquider leurs marchandises et inonder les marchés en proposant aux
consommateurs des produits contrefaits, dangereux pour leur santé et
leur sécurité», tels que les produits alimentaires et certains
appareils électroménagers. C’est une situation, ajoute-t-elle, qui
constitue «un problème qui doit être sérieusement pris en charge par
tous les acteurs de l’économie nationale, publics et privés, ainsi
que par le consommateur», dont elle déplore une sorte de «complicité
et d’entente tacites» avec les marchands informels. Par ailleurs et
sur les dépôts de protection de marques à l’INAPI, certains
commerçants éprouvent des difficultés à remplir les formulaires de
demandes de dépôts, malgré leur simplicité, a indiqué
Melle Kadri,
précisant que certains omettent de désigner les différents produits
que couvre leur marque, et soulignant que «les formalités, les
modalités et procédures de dépôt sont bien définies par la loi».
Fatima A.
Haut
26 ans après le séisme d’El Asnam
La fin de la
reconstruction confiée à la CNEP
La dernière phase
du processus de reconstruction de la wilaya de Chlef est désormais
entamée avec la signature récemment d’une convention portant octroi
de prêt bonifié aux propriétaires de logements en préfabriqué.
La convention,
signée par le wali de Chlef et le P-dg de la Caisse nationale
d’épargne et de prévoyance (CNEP), constitue le couronnement d’un
long processus entamé au lendemain du séisme de 1980, indique-t-on.
Destinée
exclusivement aux propriétaires de logements en préfabriqué, cette
convention, dont les contours ont été tracés à la faveur de la
rencontre, à Chlef, en 2005, des ministres de l’Intérieur et des
Collectivités locales, des Finances, et de l’Habitat et de
l’Urbanisme, sonne le glas pour le préfabriqué, dans la mesure où il
concerne le plus gros du parc immobilier de la wilaya. En effet,
selon des données chiffrées de la wilaya, pas moins de 12 000
propriétaires sont ciblés par cette opération. Ces derniers, tel que
le stipule la convention, pourront bénéficier d’un prêt bonifié à
2%, remboursable sur une durée de trente ans. La différence du taux
d’intérêt, estimée à 1,7 million de DA pour un prêt plafonné à 2
millions de DA est supportée par le trésor public, selon les termes
de la dite convention. «La prise en charge, par l’Etat, de la
différence des intérêts, est accordée sous forme d’aide indirecte
aux propriétaires de logements préfabriqués», a indiqué le P-dg de
la CNEP lors de la cérémonie de signature, ajoutant que des mesures
destinées à faciliter les procédures d’accès au prêt seront mises en
œuvre par la CNEP, telle la mise en place d’un guichet unique et le
traitement sur place des dossiers dans un délai ne dépassant pas
sept jours.
Outre les
propriétaires, les locataires ne sont pas en reste des efforts
consentis par l’Etat pour le remplacement des constructions en
préfabriqué par des logements en dur. Dans ce cadre, un programme de
6 300 logements en dur sera réalisé dans la wilaya, soit
l’équivalent du nombre de logements préfabriqués donnés en location
à travers la wilaya, note-t-on.
Ce programme, dont
l’étude est en cours de réalisation, sera implanté au niveau de
trois sites, à savoir Hay Bensouna et Chorfa dans la commune de
Chlef et Chettia, au nord du chef-lieu de wilaya. Parallèlement aux
programmes de logements, l’opération de remplacement en dur des
établissements scolaires connaît déjà un début d’exécution. Au total
203 établissements scolaires sont concernés par cette opération qui
a vu la réception de 5 lycées, 10 CEM et 18 écoles primaires. Le
reste du programme est en cours de réalisation ou en voie de
lancement, indique-t-on à la wilaya.
Amine B.
Haut
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