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Virée dans les stands du XIe Sila
Des prix hors
de portée
80 000 titres
occupent les trois pavillons de la Safex consacrés au XIe Sila. Bien
que la manifestation ait drainé le grand public, une bonne partie de
celui-ci s’est déplacé pour arpenter davantage les couloirs des
stands des 688 éditeurs de 23 pays présents que de dénicher les
nouveautés livresques. Constat.
Difficile de
prendre le pouls de l’ensemble des visiteurs tant les avis sont
partagés en matière de disponibilité et de prix des livres proposés
lors de ce XIe Sila. Si certains voient que le Salon du livre
d’Alger est une aubaine, d’autres en revanche ont tendance à rester
rivés à la politique des tarifs pratiquée dans les années
quatre-vingt lorsque les containers d’ouvrages arrivaient par
bateaux pour achalander les librairies qui les proposaient à des
prix défiant toute concurrence et cela grâce à une subvention
«démesurée» consentie par l’Etat et à la faveur de la parité du
dinar soutenu «artificiellement» par rapport à la devise forte. Bien
que l’on n’en disconvienne pas que les prix restent hors de bourse
pour une certaine catégorie, il n’en demeure pas moins qu’ils
restent collés à la réalité du marché. Certains imputent la cherté
des livres à l’absence d’une politique tarifaire douanière favorable
dans une telle manifestation, alors que d’autres trouvent le prix
pratiqué sensé, dans la mesure où la valeur du produit,
estiment-ils, est soumise à la vérité des prix. «Je reviendrai les
derniers jours pour espérer profiter de la baisse des prix comme
lors des éditions précédentes», nous dit un étudiant, visiblement
venu jauger l’atmosphère des lieux. Tout compte fait, beaucoup de
gens sont retournés bredouilles, du moins avec un ou deux ouvrages
sous la main, surtout les étudiants, en quête d’opportunités en
matière de qualité et de prix. «Nous sommes loin de l’embarras du
choix», nous lance une étudiante en agronomie, soulignant que «non
seulement les tarifs sont hors de ma bourse, mais je ne trouve pas
ce que je cherche». Le nombre des titres proposés dans les filières
des sciences médicales et sociales reste timide, selon des
universitaires rencontrés dans les lieux. Ils abondent eux aussi,
dans le même sens. «Les éditeurs belges proposent des pavés à 4 000
DA, un prix qui reste hors de notre portée». Les prix sont
affichés aussi en euros, probablement pour les étrangers qui
souhaitent venir s’approvisionner. Les classiques sont cédés entre
200 à 650 DA. Le visiteur palpe et feuillette le livre, hésitant à
se l’offrir. Les stands des éditeurs mastodontes tels que les
éditions Anep, Dar El Gharb, Editions du Tell, Barzakh, Editions
Chihab et Casbah Editions plus spacieux offrent les dernières
parutions avec une collection de romans et d’ouvrages dans les
catégories «Actualité», «Générale» «Lettres», «Patrimoine»,
«Collection pratique», «Beaux livres» ou «Histoire, mémoire et
chronique», invitant certains de leurs auteurs à des séances de
vente dédicace pour le public. Les éditeurs qui tiennent à se frayer
une place parmi les maisons d’édition connues sur la scène,
proposent des titres inédits. Les éditeurs El Hibre et Samar
Editions exposent une série d’ouvrages sur des personnalités
historiques et des figures intellectuelles comme la compilation des
mémoires sur le penseur Malek Bennabi, intitulée «Mémoire d’un
témoin du siècle» comportant une série d’observations et de
réflexions. Le parascolaire et le livre pratique destiné à la
ménagère provoquent plus ou moins le rush, au même titre que le
livre de poche qui est proposé dans une fourchette de prix variant
d’une maison d’édition à une autre. Le livre religieux, comme les
années précédentes se taille la part du lion avec la flopée des
maisons d’édition d’Arabie saoudite, d’Egypte, du Liban, de la Syrie
et la Jordanie particulièrement. Ces derniers représentent
pratiquement les deux tiers des éditeurs présents au Salon. Ils sont
littéralement pris d’assaut par des revendeurs libraires venus en
force pour s’arracher par cartons des encyclopédies ayant trait à
l’Islam et la médecine outre la série des auteurs de jurisprudence
de l’Islam. L’éditeur égyptien Dar Ecchourouk est présent, à lui
seul, avec plus de 300 titres. Un stand bien étoffé qui ne désemplit
pas, proposant des séries de livres dont les prix atteignent les 8
000 DA. Les supports audiovisuels meublent également l’espace des
maison d’édition égyptiennes, saoudiennes dont certaines usent d’un
marketing, à travers des émissions sonores cacophoniques à tout
rompre. Flanqués de leur marmaille, des parents préfèrent faire une
virée dans les stands d’éditeurs qui proposent le livre didactique.
Si certains affluent juste pour «assouvir» leur curiosité, d’autres
viennent pour s’approprier quelque outil pédagogique pour leurs
enfants. «Là, la bourse doit être déliée si on veut satisfaire le
besoin ou le caprice de nos enfants», nous confie une mère qui
n’hésite pas à débourser 3 000 DA pour l’achat de dictionnaires et
quelques contes.
Hacène K.
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