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Virée dans les stands du XIe Sila

Des prix hors de portée

 

 08/11/06

 

 Virée dans les stands du XIe Sila

Des prix hors de portée

80 000 titres occupent les trois pavillons de la Safex consacrés au XIe Sila. Bien que la manifestation ait drainé le grand public, une bonne partie de celui-ci s’est déplacé pour arpenter davantage les couloirs des stands des 688 éditeurs de 23 pays présents que de dénicher les nouveautés livresques. Constat.

Difficile de prendre le pouls de l’ensemble des visiteurs tant les avis sont partagés en matière de disponibilité et de prix des livres proposés lors de ce XIe Sila. Si certains voient que le Salon du livre d’Alger est une aubaine, d’autres en revanche ont tendance à rester rivés à la politique des tarifs pratiquée dans les années quatre-vingt lorsque les containers d’ouvrages arrivaient par bateaux pour achalander les librairies qui les proposaient à des prix défiant toute concurrence et cela grâce à une subvention «démesurée» consentie par l’Etat et à la faveur de la parité du dinar soutenu «artificiellement» par rapport à la devise forte. Bien que l’on n’en disconvienne pas que les prix restent hors de bourse pour une certaine catégorie, il n’en demeure pas moins qu’ils restent collés à la réalité du marché. Certains imputent la cherté des livres à l’absence d’une politique tarifaire douanière favorable dans une telle manifestation, alors que d’autres trouvent le prix pratiqué sensé, dans la mesure où la valeur du produit, estiment-ils, est soumise à la vérité des prix. «Je reviendrai les derniers jours pour espérer profiter de la baisse des prix comme lors des éditions précédentes», nous dit un étudiant, visiblement venu jauger l’atmosphère des lieux. Tout compte fait, beaucoup de gens sont retournés bredouilles, du moins avec un ou deux ouvrages sous la main, surtout les étudiants, en quête d’opportunités en matière de qualité et de prix. «Nous sommes loin de l’embarras du choix», nous lance une étudiante en agronomie, soulignant que «non seulement les tarifs sont hors de ma bourse, mais je ne trouve pas ce que je cherche». Le nombre des titres proposés dans les filières des sciences médicales et sociales reste timide, selon des universitaires rencontrés dans les lieux. Ils abondent eux aussi, dans le même sens. «Les éditeurs belges proposent des pavés à 4 000 DA, un prix  qui reste hors de notre portée».  Les prix sont affichés aussi en euros, probablement pour les étrangers qui souhaitent venir s’approvisionner. Les classiques sont cédés  entre 200 à 650 DA. Le visiteur  palpe et feuillette le livre, hésitant à se l’offrir. Les stands des éditeurs mastodontes tels que les éditions Anep, Dar El Gharb, Editions du Tell, Barzakh, Editions Chihab et Casbah Editions plus spacieux offrent les dernières parutions avec une collection de romans et d’ouvrages dans les catégories «Actualité»,  «Générale» «Lettres», «Patrimoine», «Collection pratique», «Beaux livres» ou «Histoire, mémoire et chronique», invitant certains de leurs auteurs à des séances de vente dédicace pour le public. Les éditeurs qui tiennent à se frayer une place parmi les maisons d’édition connues sur la scène, proposent des titres inédits. Les éditeurs El Hibre et Samar Editions exposent une série d’ouvrages sur des personnalités historiques et des figures intellectuelles comme la compilation des mémoires sur le penseur Malek Bennabi, intitulée «Mémoire d’un témoin du siècle» comportant une série d’observations et de  réflexions. Le parascolaire et le livre pratique destiné à la ménagère provoquent plus ou moins le rush, au même titre que le livre de poche qui est proposé dans une fourchette de prix variant d’une maison d’édition à une autre. Le livre religieux, comme les années précédentes se taille la part du lion avec la flopée des maisons d’édition d’Arabie saoudite, d’Egypte, du Liban, de la Syrie et la Jordanie particulièrement. Ces derniers représentent pratiquement les deux tiers des éditeurs présents au Salon. Ils sont littéralement pris d’assaut par des revendeurs libraires venus en force pour s’arracher par cartons des encyclopédies ayant trait à l’Islam et la médecine outre la série des auteurs de jurisprudence de l’Islam. L’éditeur égyptien Dar Ecchourouk est présent, à lui seul, avec plus de 300 titres. Un stand bien étoffé qui ne désemplit pas, proposant des séries de livres dont les prix atteignent  les 8 000 DA. Les supports audiovisuels meublent également l’espace des maison d’édition égyptiennes, saoudiennes dont certaines usent d’un marketing, à travers des émissions sonores cacophoniques à tout rompre. Flanqués de leur marmaille, des parents préfèrent faire une virée dans les stands d’éditeurs qui proposent le livre didactique. Si certains affluent juste pour «assouvir» leur curiosité, d’autres viennent pour s’approprier quelque outil pédagogique pour leurs enfants. «Là, la bourse doit être déliée si on veut satisfaire le besoin ou le caprice de nos enfants», nous confie une mère qui n’hésite pas à débourser 3 000 DA pour l’achat de dictionnaires et quelques contes.      

Hacène K.

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