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LA QUESTION DU JOUR Par  Mohamed Habili 09/01/2016


Trois guerres secondaires pour en éviter une grande
DIraniens et Saoudiens se font depuis quelque temps trois guerres par procuration, ce à quoi il faut ajouter la rupture diplomatique, survenue tout récemment, à l'initiative des seconds et comme à l'étonnement des premiers. Mais quand on leur demande si, à ce compte, ils ne courent pas le risque de se trouver un jour, et peut-être malgré eux, engagés dans un affrontement direct, les deux sont d'accord pour écarter cette éventualité. Encore qu'il faille préciser que sur ce point aussi, ce sont les Saoudiens qui se montrent le plus sûrs de leur affaire. A croire qu'ils savent par avance que si guerre il y a un jour, ce ne pourra être que parce qu'ils l'auront déclarée, d'une façon ou d'une autre, directement ou indirectement. Ce qui, le cas échéant, serait cohérent avec l'attitude actuelle différente de chacun d'eux. Pour autant, en effet, que la guerre directe ne puisse advenir que sur leur initiative, alors, ils sont tranquilles, elle n'aura pas lieu aussi longtemps qu'ils la garderont à distance. Un peu comme si elle était un vassal obéissant. Interrogé à ce propos par les journalistes, un prince saoudien a été on ne peut plus catégorique, il s'est dit douter fort de la santé mentale de qui considère qu'une guerre directe entre les deux pays soit seulement de l'ordre du possible. Voilà le monde rassuré. Il le serait davantage, cependant, si les Saoudiens se contrôlaient mieux, au moins autant que les Iraniens se montrent maîtres d'eux-mêmes.

Et si en général la guerre n'était pas quelque chose dont personne au départ ne veut mais qui, néanmoins, finit par éclater. Celle dont il s'agit, qui certes est encore une vague possibilité, a tout de même déjà donné lieu à trois guerres indirectes, qui de surcroît ne se sont pas suivies, qui se déroulent en même temps, si même elles ont commencé en des temps et sur des causes différents. Peut-être que si les Saoudiens sont aussi sûrs de ne pas se laisser entraîner dans une guerre avec l'Iran, c'est justement parce qu'il faut déjà beaucoup de temps pour mettre fin à une guerre, à une seule. Alors ne parlons pas de trois guerres, qui se développent simultanément, et non sans que le déroulement de l'une détienne sur celui de l'autre, et d'abord en l'entretenant, en la prolongeant. A vrai dire, ce concours de circonstances, en soi, peut tout aussi bien agir en sens inverse : au lieu de suspendre indéfiniment la vraie guerre, en hâter l'avènement au contraire. Comme du reste tend à le montrer la rupture des relations diplomatiques, intervenue à un moment où personne ne s'y attendait, et sur un motif imprévisible, car, à première vue tout au moins, sans lien évident avec les trois exutoires que sont les trois guerres en cours, en Syrie, en Irak et au Yémen. Ainsi donc, tout se passe comme si ces dernières, par le fait même qu'elles se poursuivent, empêchaient celle qui les sous-tend d'éclater. Mais qu'arriverait-il si l'une ou l'autre, ou si toutes les trois se terminaient ? Et si dans le même temps aucune autre de même nature ne venait les remplacer ? Ni au Liban, ni au Bahreïn, ni dans aucun autre maillon faible dans la région ? Ne verrait-on pas alors la guerre directe entre l'Arabie saoudite et l'Iran prendre place enfin ? Oui, sans doute, mais toutefois à la condition que les superpuissances ne s'en mêlent pas, qu'elles laissent faire. Elles qui tout de même ont préféré un accord à une guerre avec l'Iran, alors même que son programme nucléaire leur fournissait un bon prétexte de briser son élan. Elles ne vont pas laisser le Golfe s'embraser du fait de puissances de troisième zone, et courir du même coup le risque de mettre le doigt dans l'engrenage des alliances, par quoi arrivent les conflagrations.

 


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