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A 72 heures du
rendez-vous angolais
Les rues
d’Alger en vert, blanc et rouge
Fidèles aux
couleurs de la nation et à leur équipe nationale, les supporters
algériens ont déjà commencé à installer plusieurs drapeaux dans les
rues de la capitale, à quelques jours du coup d’envoi du plus grand
rendez-vous sportif du continent africain, la CAN 2010.
A Alger-Centre,
les préparatifs battent leur plein. Des drapeaux aux couleurs de
l’Algérie flottent dans les quartiers. A la rue Pichon, une petite
ruelle en plein centre de la capitale, un groupe de jeunes de ce
quartier fétiche d’Alger ont placardé plusieurs photos des joueurs
de l’équipe nationale algérienne. Ziani Karim, Matmour, Belhadj,
Yebda ou encore Antar Yahia, toutes les stars des Verts sont là. Les
passants ont apprécié ce décor, surtout les petits enfants et les
filles qui portent un grand amour aux joueurs algériens. Des
drapeaux, banderoles, fanions et des chapeaux aux couleurs des Verts
sont proposés aux passants à l’occasion de la Coupe d’Afrique qui
sera jouée en Angola. Ici, tous les produits sont proposés à des
prix abordables, nous font savoir les vendeurs. De 150 DA pour le
drapeau, 350 DA pour un chapeau et jusqu’à 600 à
1 200 DA pour le
maillot des Verts, les prix varient et les clients achètent pour
l’amour de l’Algérie. Questionnés sur l’engouement des citoyens sur
ces produits, ces jeunes vendeurs nous ont surpris par leur réponse.
«Nous avons déjà tout vendu, les produits que vous voyez ici font
partie d’un second stock. Depuis que nous sommes installés à la rue
Pichon, les gens s’intéressent à tous ce qui se rattaché aux
Verts». Les clients sont généralement âgés entre 14 et 45 ans,
ajoute l’un des vendeurs rencontrés. A quelques dizaines de mètres
de cette ruelle, un autre groupe de jeunes propose à son tour des
tee-shirts de l’équipe nationale voire même le nouveau maillot des
Fennecs récemment exhibé par la FAF. Cédé à 1 200 DA, les maillots
sont, malgré le prix assez cher, vendus comme des petits pains, nous
confient ces vendeurs.
A la rue Hassiba
Benbouali, les habitants du quartier préparent déjà la coupe
d’Afrique. D’ailleurs, un drapeau géant est installé au cœur même de
ce grand quartier. Pour les passants, c’est une occasion de rêver
encore une fois, de vivre d’agréables moments de joie et de bonheur
comme ceux vécus après la victoire historique au Soudan. «On ne peut
qu’apprécier ces moments car ils font partie de notre histoire. Je
souhaite un parcours plein de succès à notre équipe en Angola et
vive l’Algérie», a dit une jeune femme accompagnée de son amie. Au
vieux quartier de Belouizdad, les jeunes vendeurs ont occupé les
rues étroites et installé tous genres de produits. Des drapeaux
portants les couleurs de l’Algérie, mais également des produits du
pays organisateur de la 27e Coupe d’Afrique des nations, l’Angola.
Belouizdad, quartier populaire par excellence, est en vert, rouge et
blanc ; des dizaines de drapeaux sont installés sur les balcons.
Leurs voisins Koubéens, toujours fidèles aux Fennecs, se préparent
également à cet événement africain.Tout est prévu, rassurent les
jeunes koubéens, d’ailleurs un gigantesque drapeau algérien portant
la photo de Ziani sera installé ce week-end, promettent-ils. «Si le
onze algérien remporte le premier match, nous défilerons jusqu’au
matin», déclarent les El-Biérois. La commune d’El-Biar vibre depuis
plus de deux semaines aux couleurs de l’équipe nationale. A
Saint-Raphaël, Scala, Malika Gaïd et Bouguara, on ne parle que de ce
rendez-vous africain. On fonde de grands espoirs sur l’équipe
algérienne pour aller très loin dans la compétition. «Et pourquoi
pas la finale ? On mérite le trophée car on a l’une des grandes
équipes d’Afrique, voire la meilleure», dira un jeune cadre de la
Sonatrach. L’ambiance est déjà festive dans certains quartiers
d’Alger, les supporters croisent déjà les doigts pour un autre
parcours jalonné de succès et de bonheur pour les «guerriers du
désert» et pour tout le peuple algérien. «J’ai le sentiment que
notre équipe nationale créera la surprise en arrachant le
prestigieux trophée africain, car on a de très grands joueurs de
classe mondiale, alors pourquoi nous priver d’un tel espoir ?» dira
un supporter d’Hussein Dey. Des propos logiques, alors croisons les
doigts pour les Verts et rendez-vous en Angola pour un autre
sacre.
Par Sofiane Abi
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Lynda B., une femme SDF dans les rues d’Alger
Une
portraitiste qui défie les difficultés de la vie
Une portraitiste
qui défie les difficultés de la vie «Je dessine pour gagner ma vie
quoique parfois ce n’est pas vraiment rentable. De toutes les
façons, je suis là pour gagner mon pain».
Douée d’un talent
et d’un goût prononcé pour les portraits, Lynda B., jeune artiste
autodidacte, a toujours été animée par la passion du dessin au
crayon et plus particulièrement pour les portraits. Accroupie au
coin d’une rue à l’entrée d’un immeuble en plein cœur de la
capitale, l’air accablé, cette jeune fille nous fait part de son
engouement pour ce métier passionnant. «J’ai toujours aimé dessiner
et pris autant de plaisir à contempler les dessins des autres. Avec
la pratique du dessin, j’ai acquis le sens de l’observation, de
l’écoute ainsi que la rigueur et le dépassement de soi au quotidien.
Avec ça, j’oublie la dureté de la vie et cela m’a donné le goût du
travail acharné». Elle dessine depuis l’enfance et une grande
douceur ressort de ses portraits. Lynda estime aussi que «le dessin
est une passion agréablement dévorante qui se nourrit de ce que nous
sommes, de ce que nous vivons et quelquefois du hasard». Entourée
d’une belle série de portraits, Lynda nous explique sa technique au
crayon. «Cette technique permet de bien faire ressortir le volume du
visage, en dessinant une mine blanche sur le papier blanc, en
frottant avec du papier les extrémités du dessin». En effet, cette
jeune artiste aux multiples talents qui a défié sa vie devant les
difficultés quotidiennes dans une société qu’elle estime
«impitoyable» garde toutefois beaucoup d’espoir même si l’avenir est
sombre. «Je dessine pour gagner ma vie quoique parfois ce n’est pas
vraiment rentable. De toutes les façons, je suis là pour gagner mon
pain malgré les difficultés que je rencontre tous les jours avec les
gens comme avec les intempéries». Parfois souriante et accueillante
avec les clients, qu’elle reçoit quotidiennement et qui l’estiment
bien. «Lynda est une brave et courageuse fille. Elle a du talent.
Ses portraits sont éblouissants. Comme je suis son client, je viens
à chaque fois chez elle pour me faire des portraits de ma famille.
C’est une femme très courageuse ; elle est toujours présente et à la
disposition de ses clients. C’est une femme qui a cassé tous les
tabous par son courage», nous dit un client. Dévorée par son
travail, Lynda nous confie son amour pour le dessin dont elle en a
fait son métier.
Par Mehdi
Isikioune
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Avis sur le vif
«Mon rêve est
d’avoir un local»
Le jour
d’Algérie : Depuis quand pratiquez-vous ce métier ?
J’ai commencé à
faire des portraits à l’âge de 7 ans et c’est aujourd’hui une
passion. Un métier que j’aime et qui m’a demandé beaucoup de
patience et de courage, car j’ai beaucoup souffert pour le garder
surtout que je dois me déplacer souvent.
Selon vous,
est-ce que les gens s’intéressent à ce genre de métier ?
Bien sûr que oui.
La preuve en est que chaque jour je reçois des clients qui viennent
faire leurs portraits munis de photos personnelles ou de leurs
familles. Ces personnes là apprécient beaucoup mon travail qui
nécessite simplement un crayon noir, une gomme et du papier blanc.
Quoiqu’il m’arrive de chômer, il y a des jours avec et des jours
sans.
Quelles sont
les difficultés que vous rencontrez quotidiennement ?
Comme vous savez,
une jeune fille dans notre société rencontre beaucoup de problèmes
et il est mal vu qu’une fille se déplace dans les rues, surtout que
je suis obligée de me réveiller à 4 heures du matin pour m’installer
ici. Certaines gens estiment que c’est incompatible avec nos
traditions, et me demandent pourquoi je suis là. Par contre, il y en
a d’autres qui comprennent ma situation et apprécient mon travail.
Je dirai que partout il y a du bon et du mauvais.
Quel est votre
souhait ?
Je souhaite avoir
un local pour pouvoir continuer et conserver mon travail, mais
surtout être protégée du regard des gens.
M. I.
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Copyright 2003
Le Jour d'Algérie. Conception
M.Merkouche
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