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A 72 heures du rendez-vous angolais

Les rues d’Alger en vert, blanc et rouge

Lynda B., une femme SDF dans les rues d’Alger

Une portraitiste qui défie les difficultés de la vie

Avis sur le vif

«Mon rêve est d’avoir un local»

 

 07/01/10

 

A 72 heures du rendez-vous angolais

Les rues d’Alger en vert, blanc et rouge

Fidèles aux couleurs de la nation et à leur équipe nationale, les supporters algériens ont déjà commencé à installer plusieurs drapeaux dans les rues de la capitale, à quelques jours du coup d’envoi du plus grand rendez-vous sportif du continent africain, la CAN 2010.

A Alger-Centre, les préparatifs battent leur plein. Des drapeaux aux couleurs de l’Algérie flottent dans les quartiers. A la rue Pichon, une petite ruelle en plein centre de la capitale, un groupe de jeunes de ce quartier fétiche d’Alger ont placardé plusieurs photos des joueurs de l’équipe nationale algérienne. Ziani Karim, Matmour, Belhadj, Yebda ou encore Antar Yahia, toutes les stars des Verts sont là. Les passants ont apprécié ce décor, surtout les petits enfants et les filles qui portent un grand amour aux joueurs algériens. Des drapeaux, banderoles, fanions et des chapeaux aux couleurs des Verts sont proposés aux passants à l’occasion de la Coupe d’Afrique qui sera jouée en Angola. Ici, tous les produits sont proposés à des prix abordables, nous font savoir les vendeurs. De 150 DA pour le drapeau, 350 DA pour un chapeau et jusqu’à 600 à

1 200 DA pour le maillot des Verts, les prix varient et les clients achètent pour l’amour de l’Algérie. Questionnés sur l’engouement des citoyens sur ces produits, ces jeunes vendeurs nous ont surpris par leur réponse. «Nous avons déjà tout vendu, les produits que vous voyez ici font partie d’un second stock. Depuis que nous sommes installés à la rue Pichon, les gens s’intéressent à tous ce qui se rattaché aux Verts».  Les clients sont généralement âgés entre 14 et 45 ans, ajoute l’un des vendeurs rencontrés. A quelques dizaines de mètres de cette ruelle, un autre groupe de jeunes propose à son tour des tee-shirts de l’équipe nationale voire même le nouveau maillot des Fennecs récemment exhibé par la FAF. Cédé à 1 200 DA, les maillots sont, malgré le prix assez cher, vendus comme des petits pains, nous confient ces vendeurs.

A la rue Hassiba Benbouali, les habitants du quartier préparent déjà la coupe d’Afrique. D’ailleurs, un drapeau géant est installé au cœur même de ce grand quartier. Pour les passants, c’est une occasion de rêver encore une fois, de vivre d’agréables moments de joie et de bonheur comme ceux vécus après la victoire historique au Soudan. «On ne peut qu’apprécier ces moments car ils font partie de notre histoire. Je souhaite un parcours plein de succès à notre équipe en Angola et vive l’Algérie», a dit une jeune femme accompagnée de son amie. Au vieux quartier de Belouizdad, les jeunes vendeurs ont occupé les rues étroites  et installé tous genres de produits. Des drapeaux portants les couleurs de l’Algérie, mais également des produits du pays organisateur de la 27e Coupe d’Afrique des nations, l’Angola. Belouizdad, quartier populaire par excellence, est en vert, rouge et blanc ; des dizaines de drapeaux sont installés sur les balcons. Leurs voisins Koubéens, toujours fidèles aux Fennecs, se préparent également à cet événement africain.Tout est  prévu, rassurent les jeunes koubéens, d’ailleurs un gigantesque drapeau algérien portant la photo de Ziani sera installé ce week-end, promettent-ils. «Si le onze algérien remporte le premier match, nous défilerons jusqu’au matin», déclarent les El-Biérois. La commune d’El-Biar vibre depuis plus de deux semaines aux couleurs de l’équipe nationale. A Saint-Raphaël, Scala, Malika Gaïd et Bouguara, on ne parle que de ce rendez-vous africain. On fonde de grands espoirs sur l’équipe algérienne pour aller très loin dans la compétition. «Et pourquoi pas la finale ? On mérite le trophée car on a l’une des grandes équipes d’Afrique, voire la meilleure», dira un jeune cadre de la Sonatrach. L’ambiance est déjà festive dans certains quartiers d’Alger, les supporters croisent déjà les doigts pour un autre parcours jalonné de succès et de bonheur pour les «guerriers du désert» et pour tout le peuple algérien. «J’ai le sentiment que notre équipe nationale créera la surprise en arrachant le prestigieux trophée africain, car on a de très grands joueurs de classe mondiale, alors pourquoi nous priver d’un tel espoir ?» dira un supporter d’Hussein Dey. Des propos logiques, alors croisons les doigts pour les Verts et rendez-vous en Angola pour un autre sacre.      

Par Sofiane Abi

 

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Lynda B., une femme SDF dans les rues d’Alger

Une portraitiste qui défie les difficultés de la vie

Une portraitiste qui défie les difficultés de la vie «Je dessine pour gagner ma vie quoique parfois ce n’est pas vraiment rentable. De toutes les façons, je suis là pour gagner mon pain».

Douée d’un talent et d’un goût prononcé pour les portraits, Lynda B., jeune artiste autodidacte, a toujours été animée par la passion du dessin au crayon et plus particulièrement pour les portraits. Accroupie au coin d’une rue à l’entrée d’un immeuble en plein cœur de la capitale, l’air accablé, cette jeune fille nous fait part de son engouement pour ce métier passionnant. «J’ai toujours aimé dessiner et pris autant de plaisir à contempler les dessins des autres. Avec la pratique du dessin, j’ai acquis le sens de l’observation, de l’écoute ainsi que la rigueur et le dépassement de soi au quotidien. Avec ça, j’oublie la dureté de la vie et cela m’a donné le goût du travail acharné». Elle dessine depuis l’enfance et une grande douceur ressort de ses portraits. Lynda estime aussi que «le dessin est une passion agréablement dévorante qui se nourrit de ce que nous sommes, de ce que nous vivons et quelquefois du hasard». Entourée d’une belle série de portraits, Lynda nous explique sa technique au crayon. «Cette technique permet de bien faire ressortir le volume du visage, en dessinant une mine blanche sur le papier blanc, en frottant avec du papier les extrémités du dessin». En effet, cette jeune artiste aux multiples talents qui a défié sa vie devant les difficultés quotidiennes dans une société qu’elle estime «impitoyable» garde toutefois beaucoup d’espoir même si l’avenir est sombre. «Je dessine pour gagner ma vie quoique parfois ce n’est pas vraiment rentable. De toutes les façons, je suis là pour gagner mon pain malgré les difficultés que je rencontre tous les jours avec les gens comme avec les intempéries». Parfois souriante et accueillante avec les clients, qu’elle reçoit quotidiennement  et qui l’estiment bien. «Lynda est une brave et courageuse fille. Elle a du talent. Ses portraits sont éblouissants. Comme je suis son client, je viens à chaque fois chez elle pour me faire des portraits de ma famille. C’est une femme très courageuse ; elle est toujours présente et à la disposition de ses clients. C’est une femme qui a cassé tous les tabous par son courage», nous dit un client. Dévorée par son travail, Lynda nous confie son amour pour le dessin dont elle en a fait son métier.     

Par Mehdi Isikioune

 

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Avis sur le vif

«Mon rêve est d’avoir un local»

Le jour d’Algérie : Depuis quand pratiquez-vous ce métier ?

J’ai commencé à faire des portraits à l’âge de 7 ans et c’est aujourd’hui une passion. Un métier que j’aime et qui m’a demandé beaucoup de patience et de courage, car j’ai beaucoup souffert pour le garder surtout que je dois me déplacer souvent.

 

Selon vous, est-ce que les gens s’intéressent à ce genre de métier ?

Bien sûr que oui. La preuve en est que chaque jour je reçois des clients qui viennent faire leurs portraits munis de photos personnelles ou de leurs familles. Ces personnes là apprécient beaucoup mon travail qui nécessite simplement un crayon noir, une gomme et du papier blanc. Quoiqu’il m’arrive de chômer, il y a des jours avec et des jours sans.

 

Quelles sont les difficultés que vous rencontrez quotidiennement ?

Comme vous savez, une jeune fille dans notre société rencontre beaucoup de problèmes et il est mal vu qu’une fille se déplace dans les rues, surtout que je suis obligée de me réveiller à 4 heures du matin pour m’installer ici. Certaines gens estiment que c’est incompatible avec nos traditions, et me demandent pourquoi je suis là. Par contre, il y en a d’autres qui comprennent ma situation et apprécient mon travail. Je dirai que partout il y a du bon et du mauvais.

 

Quel est votre souhait ?

Je souhaite avoir un local pour pouvoir continuer et conserver mon travail, mais surtout être protégée du regard des gens.

M. I.

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