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Nucléaire
civil
L’Iran ne
transige pas
C’est aujourd’hui
qu’entamera officiellement la République islamique d’Iran ses
activités d’enrichissement de l’uranium à 20%. C’est ce qu’a déclaré
Hossein Abdi Abyanah, ambassadeur d’Iran à Alger, lors d’une
conférence de presse organisée hier dans sa résidence à l’occasion
de la célébration du 31e anniversaire de la Révolution iranienne.
Une nouvelle
stratégie iranienne qui intervient, dira l’ambassadeur, «suite à
l’échec des discussions avec le groupe des Six, chargés d’examiner
le dossier nucléaire iranien, à savoir les Etats-Unis, la Russie, la
Chine, la France, la Grande-Bretagne et l’Allemagne». Ajoutant sur
la même lignée que si les pays fournisseurs en uranium à 20% se
décidaient à nous en délivrer, nous arrêterons immédiatement cette
opération. Faute de quoi, poursuivra Hossein Abdi Abyanah, «nous
serons obligés de continuer à en produire afin de sauver la vie d’un
million de malades iraniens». Il rappellera à ce sujet que l’accès à
cette énergie est «un droit absolu» pour son pays et auquel «les
peuples en développement doivent accéder» ; il ne peut en aucun cas
être réservé «à quelques Etats puissants qui veulent politiser ce
droit». L’ambassadeur rappellera à ce propos la volonté de l’Iran
d’utiliser ce métal à des fins civiles et pacifiques.
En outre, Hossein
Abdi Abyanah répondra aux accusations relatives à un programme
nucléaire secret pour la production de l’arme atomique, considérant
que «la bombe atomique est un prestige pour les forces occidentales
et une carte de pouvoir pour l’oppression des peuples qui ne
pourrait être considérée comme un réel pouvoir». Soulignant au
passage que la force de l’Iran réside dans son peuple, notamment
dans les
5 000 savants
qu’il considère «plus importants que la bombe atomique et qui chaque
jour font progresser le pays». A ce titre, il relèvera que «l’armée
iranienne a présenté avant-hier un nouveau missile à double ogive
aux extrémités de l’arme». D’autant plus, enchaînera l’ambassadeur,
que «l’Iran ne pourrait aller au-delà des principes de l’islam qui
interdisent les massacres des êtres humains». En outre,
l’ambassadeur indiquera que le recours à l’utilisation de cette arme
se limitera à une riposte de légitime défense, tributaire d’une
éventuelle mise en danger du pays. A ce moment-là, dira
l’ambassadeur, «nous allons donner à l’ennemi une leçon
inoubliable».
Ainsi, en réponse
à l’appel de Robert Gates, secrétaire d’Etat à la défense
américaine, fait à partir de Rome pour constituer un front unique
contre l’Iran à travers d’éventuelles sanctions et le soutien de
l’opposition iranienne, Hossein Abdi Abyanah affirmera que «le
système de défense de l’Iran est plus fort. Les Occidentaux sont en
mesure de nous attaquer en premier, mais les résultats seront contre
eux».
Les pays
arabo-musulmans nous soutiennent pour bénéficier de l’énergie
atomique
A propos de
l’appel aux manifestations prévues en Iran le 11 février en cours,
l’ambassadeur affirmera qu’«elles seront une bonne réponse du peuple
iranien aux Occidentaux». Poursuivant que son pays n’accepte
l’opposition au pouvoir que lorsqu’elle œuvre pour l’intérêt de son
développement et de sa prospérité, mais nullement lorsqu’elle est
orchestrée par l’Occident. A ce moment-là, «ils ne sont pour nous
que des mercenaires de l’Occident». «Chose que nous n’accepterons
jamais», soutiendra l’ambassadeur iranien. S’agissant de la
relation algéro-iranienne, Hossein Abdi Abyanah dira qu’elles sont
de «haut niveau tant sur le plan économique que diplomatique»,
citant, à ce sujet, les sociétés iraniennes qui participent à la
réalisation de plusieurs projets algériens à l’instar de celles
œuvrant à Tamanrasset et Hassi Messaoud. Il poursuivra que
nombreuses sont celles qui actuellement participent aux avis d’appel
d’offres algériens. Annonçant dans ce contexte la tenue à Téhéran,
au courant de l’année 2010, de la 2e réunion de la commission mixte
sous la présidence des Premiers ministres des deux Etats. Interrogé
sur la réaction de son pays à propos de la rupture diplomatique avec
le Maroc, Hossein Abdi Abyanah affirmera que «nous ne sommes pas
contents que le Maroc ait coupé ses relations avec l’Iran.
Cependant, nous continuons à respecter le peuple marocain au même
titre que tous les peuples musulmans car l’unité islamique nous
importe plus que tout autre chose». Aussi, exprimera-t-il son
souhait «de voir l’exécution des résolutions de l’ONU en faveur du
peuple sahraoui».
Quant à la
position des pays arabes par rapport à l’Iran, l’ambassadeur
indiquera que «les pays arabo-musulmans ont soutenu l’Iran pour
bénéficier de l’énergie atomique vu que l’énergie pétrolière est
appelée à périr», rappelant à ce sujet, le refus de certains pays du
Golfe persique de servir de base militaire américaine contre
l’Iran.
Par Lynda
N.Bourebrab
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Iran
La genèse du
conflit occidento-iranien
Depuis des années,
le conflit entre l’Iran et l’Occident ne fait que prendre de
l’ampleur et grossit au même rythme que les soupçons de l’Europe et
des Etats-Unis concernant les prétendues ambitions nucléaires de
Téhéran. Des soupçons qui pèsent tant sur les relations longtemps
rompues d’ailleurs entre l’Iran et l’Occident qu’une guerre est
crainte par de nombreux observateurs. Toutefois, l’arrivée de Barack
Obama à la Maison-Blanche et la main qu’il a tendue vers Téhéran
semble avoir, pour quelque temps du moins, calmé un petit peu la
situation. Une situation qui dure tout de même depuis presque une
décennie aujourd’hui. «L’Iran dit le contraire de ce qu’il pense et
fait le contraire de ce qu’il dit, ce qui ne veut pas nécessairement
dire qu’il fait le contraire de ce qu’il pense». Derrière cette
formule très alambiquée d’un diplomate occidental en poste à Téhéran
se cache bien le problème que pose l’Iran à l’ensemble de l’Occident
; la Chine et la Russie présentes sur le dossier en qualité de
membres du Conseil de sécurité se tenant à l’écart des accusateurs
européens et américains. Avant 1979, l’Iran et les Etats-Unis
avaient toujours entretenu des relations politiques depuis que le
Shah de Perse Nasreddine Shah Qajar avait officiellement envoyé son
premier ambassadeur à Washington D.C. à la fin du XIXe siècle. Mais
avec la présidence de Jimmy Carter, les relations vont
considérablement se tendre entre les deux pays. Ce qui sera
fortement propice à la survenance d’une révolution islamique en
1979. Face à la prise du pouvoir par l’ayatollah Khomeyni,
l’Administration américaine refuse alors d’offrir son soutien au
Shah Mohammed Reza Pahlavi et ne manifeste pas d’intérêt particulier
à le voir revenir au pouvoir. Pourtant, le Shah, détenteur du
pouvoir depuis 1941, n’avait jamais masqué son fort penchant
pro-occidental. Mais Carter a refusé d’aider le Shah du fait que
celui-ci dirigeait un régime autoritaire qui bafouait sans cesse les
Droits de l’homme. Ce positionnement va avoir de très lourdes
répercussions sur la scène internationale. De fait, «l’effondrement
de l’Iran en tant que ‘’gendarme régional’’ est accompli». A partir
de cet évènement, les relations de l’Iran avec les Etats-Unis, et
plus largement l’ensemble de la communauté internationale, n’ont
jamais réussi à retrouver une réelle stabilité. La prise en otage du
personnel de l’ambassade américaine à Téhéran les 4 et 5 novembre
1979 ne va représenter que les prémices des rapports houleux que la
théocratie iranienne va entretenir avec les Nations unies . Le 1er
août 2005 sera un tournant pour l’histoire actuelle du pays, le
maire de Téhéran, Mahmoud Ahmadinejad, est investi président. Le
dossier nucléaire, ancien pourtant, va dès lors prendre «un relief
particulier avec la très forte poussée des faucons sur la scène
politique iranienne». Ceci va déclencher une crise avec l’ensemble
de la communauté internationale du fait que l’Iran cherche à se
doter de l’arme nucléaire alors qu’il est signataire du Traité de
non-prolifération (TNP). Dès lors, il est légitime de se poser la
question de savoir comment va évoluer le dossier nucléaire iranien,
à la vue des multiples implications stratégiques qu’il engendre.
Ahmadinedjad, pour sa part, semble tout faire pour provoquer les
Occidentaux et faire monter sans cesse la tension entre son pays et
notamment les Américains et les Israéliens qui représentent pour lui
la lie de l’humanité provoquant l’acharnement de George W. Bush. Ce
dernier s’est fait un point d‘honneur à prouver au monde entier la
«malhonnêteté» de l’Iran et surtout de son dirigeant Ahmadinedjad.
En 2008, l’Iran
affirme ne pas avoir d’armes de destruction massive et a signé des
traités pour interdire leur possession, dont la convention des armes
biologiques, la convention des armes chimiques et le traité de
non-prolifération nucléaire (TNP).
Certains
gouvernements, dont celui de la France, des Etats-Unis, du
Royaume-Uni, d’Allemagne et de Russie, pensent que l’Iran a
l’intention cachée de développer et utiliser l’arme nucléaire suite,
entre autres, à son programme en cours de développement de missiles
balistiques. La question est pendante devant le Conseil de sécurité
des Nations unies qui a adopté notamment les résolutions 1696 du 31
juillet 2006, 1737 du 23 décembre 2006, 1747 du 24 mars 2007 et 1803
du 3 mars 2008 sur le sujet et impose des sanctions économiques et
commerciales depuis décembre 2006. L’Iran a ratifié la Convention
sur l’interdiction des armes biologiques le 22 août 1973 et a des
programmes avancés de recherche en génie génétique et biologique qui
profitent à une industrie produisant des vaccins de classe mondiale
à usage domestique et tourné aussi vers l’export. La nature duale de
cet usage et de ces installations font que l’Iran, comme tout pays
ayant des programmes de recherche biologique avancés, pourrait
facilement produire des agents biologiques à des fins militaires.
L’Iran a signé la
Convention sur l’interdiction des armes chimiques le 13 janvier 1993
et l’a ratifiée le 3 novembre 1997. C’est l’un des rares pays au
monde ayant subi des attaques chimiques sur champs de bataille
occasionnant des dizaines de milliers de morts civils et militaires
durant la guerre Iran-Irak (1980-1988). Aussi, l’Iran a fait
connaître publiquement son opposition à l’emploi d’armes chimiques,
faisant de nombreux commentaires «au vitriol» dans de nombreux
forums internationaux contre l’emploi par l’Irak de telles armes.
Mais quoi qu’il en soit, au jour d’aujourd’hui, la situation
iranienne sur le sujet est loin, très loin d’être réglée. Même si
pour le moment la possibilité d’une intervention militaire n’est
plus d’actualité, cela reste néanmoins une possibilité pour le
futur, si aucune solution diplomatique n’est trouvée pour apaiser
les appréhension des Occidentaux.
F. Mahmoudi
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Résistance sahraouie contre la torture et la répression
Images
d’atrocités marocaines
Enfants, femmes et
hommes sont touchés par la violence et l’inhumanité des autorités
marocaines. Du sang, de la fatigue et de la faiblesse se lisent sur
les différents visages.
Des centaines de
citoyens sahraouis subissent quotidiennement et depuis de longues
années la torture et la répression du régime marocain. Une centaine
de photos circulent sur le net montrant des images de détenus et de
prisonniers politiques ainsi que des images des tortures subies par
différentes tranches de la population sahraouie. Des détenus et
prisonniers sahraouis dans les prisons marocaines, parmi lesquels
figure Mohamed Yahya Elhafad, l’un des principaux prisonniers
politiques sahraouis. Il est montré des scènes cruelles de tortures
que subissent les sahraouis de la part des autorités marocaines pour
avoir milité pour la paix et la liberté de leur pays. Enfants,
femmes et hommes sont touchés par la violence et l’inhumanité des
autorités marocaines. Du sang, de la fatigue et de la faiblesse se
lisent sur les différentes figures des images qui représentent la
misère d’un peuple qui ne dé-sespère pas de s’en sortir. La
politique de répression du Maroc contre les Sahraouis des
territoires occupés empoisonne la vie de la population sahraouie à
travers les actes de tortures, d’arrestations et d’emprisonnements
….Un scandale malgré une condamnation internationale unanime à
soutenir la cause sahraouie et le droit de son peuple à la paix et à
la liberté. La torture du régime marocain demeure l’une des plus
sauvages qui continue à mobiliser sa police pour torturer et porter
atteinte aux droits du peuple sahraoui. Les dépassements et les
atteintes aux droits du peuple sahraoui sont à ce jour gênés et
contrariés par la résistance de ce peuple, par des grèves de la faim
et le combat contre les actes criminels de la police marocaine qui
ne cesse de torturer les citoyens sahraouis.
Y. A.
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Rencontre
El Ghalia Djimi,
militante sahraouie en territoires occupés
Rencontre avec El
Ghalia Djimi, vice- présidente de l’ASVDH, (Association Sahraouie
des Victimes des Violations Graves des Droits Humains), à Laayoune.
Le teint brun, les yeux pétillants, cette femme de 47 ans n’a rien
perdu de ses capacités d’indignation, malgré des tentatives
d’intimidation radicales. Elle naît en 1961 à Agadir, au Maroc, où
elle passe son enfance. Ses parents ayant fui le pays, elle est
élevée par sa grand-mère, Fatimatou, qui lui transmet sa culture
sahraouie et son dialecte traditionnel, le Hassania. A cette époque,
le Sahara occidental, au sud du royaume marocain, est encore entre
les mains de l’Espagne. C’est en novembre 1975 que tout bascule. Le
Maroc envahit le territoire, et pousse les indépendantistes
sahraouis à l’exil, dans le sud algérien, après des représailles
sanglantes. Du haut de ses 14 ans, El Ghalia observe les
évènements ; sa fibre militante s’éveille. Mais c’est la disparition
de sa grand-mère, en 1984, qui la propulsera au cœur de la bataille.
Elle rejoint sa terre d’origine et intègre alors des mouvements de
résistance sahraouis. Ils lui banderont les yeux trois années durant
en 1987
El Ghalia se joint
à un groupe de militants qui s’apprête à dénoncer la répression
marocaine auprès d’une commission de l’ONU, à Laayoune. L’arrivée de
la commission est repoussée,et les militants, identifiés. Le 20
novembre, El Ghalia est dans son bureau, à la direction provinciale
de l’agriculture, quand des «agents de la sûreté nationale» lui
ordonnent de les suivre. «Je leur ai demandé d’attendre, pour aller
chercher mon sac à main. Ils m’ont dit que ça ne durerait pas
longtemps...» Elle grimpe dans une Land Rover ; ils lui banderont
les yeux trois années durant. Elle passera ses années de captivité
et de torture dans une geôle secrète au milieu du désert. «A mon
arrivée, ils m’ont allongée sur un banc pieds et mains liés, et
m’ont versée des détergents dans la gorge. Ils m’ont battue... J’ai
été victime d’abus sexuels... Ils m’ont électrocutée». Près de vingt
femmes sont entassées dans une pièce. Dans les cellules voisines,
des hommes ont également été capturés. Parmi eux : son futur mari,
Dafa. Aujourd’hui, tous deux portent encore les stigmates de leur
détention. Sous son foulard aux couleurs vives, El Ghalia n’a plus
de cheveux à cause des produits chimiques. Elle garde aussi,
imprimées sur sa peau, des traces de morsures de chiens. «J’ai été
libérée avec quelques camarades, grâce aux pressions
internationales... mais finalement, ce que j’ai subi, ce n’est rien
comparé à d’autres, enfermés parfois plus de dix ans». Au sortir de
ces trois années d’enfer, elle donne enfin un nom à son combat,
c’est celui des droits de l’Homme. Elle ne parle ni d’indépendance,
ni d’autonomie, ni de territoire. Elle veut la paix, et la
reconnaissance des violences subies par son peuple. Dès 1991, elle
épouse Dafa. Depuis, ils vivent auprès de leurs cinq enfants, à
Laayoune et s’évertuent encore à dénoncer le sort des prisonniers
politiques, à travers l‘ASVDH. «Et je continuerai, insiste El Ghalia,
jusqu’à ce que justice soit faite...»
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Violation des droits de l'homme au Sahara occidental
Les inquiétudes
de la communauté internationale
Amnesty
International a dressé un bilan annuel accablant sur la question des
droits de l’homme dans les territoiress occupés du Sahara
occidental.
La multitude de
formes de violations des droits de l’homme dans les territoires
sahraouis perpétrées par le Maroc alimente ces derniers années les
rapports annuels des organisations internationales de défense des
droits de l’homme et suscite de vives réactions de la part de la
communauté internationale. Cette année, Amnesty International a
dressé un bilan annuel accablant sur la question des droits de
l’homme dans les territoires occupés du Sahara occidental. Cette
association a exprimé dans son rapport annuel «sa profonde
inquiétude», face à la dégradation de la situation des droits de
l’homme dans les territoires occupés du Sahara occidental. Cette ONG
a précisé que ces violations visaient à entraver l’action des
défenseurs sahraouis des droits de l’homme et à les priver de leur
liberté d’expression et de réunion pour soutenir le droit du peuple
sahraoui à l’autodétermination. Des partisans de l’autodétermination
pour le Sahara occidental ont été harcelés et inculpés, souligne le
rapport. Lequel rapport relève également «une intensification des
pratiques de répression», dans les territoires occupés, notamment à
l’issue de la visite effectuée, en septembre 2009, par sept
militants sahraouis des droits de l’homme dans les camps des
réfugiés sahraouis. L’Organisation a exprimé ses craintes quant au
recours à la torture, pour arracher des aveux et à l’inexistence
d’enquêtes indépendantes sur la pratique de la torture à l’encontre
de Sahraouis. Les restrictions des droits sont particulièrement
strictes dans la région contestée du Sahara occidental, sur laquelle
le Maroc revendique la souveraineté et qu’il administre comme si
elle faisait partie de son territoire national, a révélé le dernier
rapport de l’organisation non gouvernemental Humans Rights Watch,
rendu public le mois de janvier dernier. Cette ONG a indiqué
également que de nombreux Sahraouis ont été inculpés ou emprisonnés
à cause de leurs revendications pacifiques en faveur de
l’autodétermination pour le Sahara occidental. Les restrictions pour
raisons politiques du droit de voyager se sont multipliées.
Par Hocine L.
Haut
Dérive
Quand Tahar Ben
Jelloun s’égare
Peut-on être un
bon écrivain, membre de l’Académie Goncourt, et débiter des clichés
sur un pays tiers ? Tahar Ben Djelloun, romancier marocain établi en
France, nous confirme que oui. Dans un entretien accordé à La
vanguardia, un journal espagnol, et rapporté par l’agence officielle
marocaine, il affirme que dès qu’une solution à la question du
Sahara occidental est proche «Alger intervient et crée des
obstacles» pour entraver le processus des négociations. Et il
ajoute : «Chaque fois que le Maroc propose une solution, on est sûr
que l’Algérie s’y opposera. Ce scénario simpliste est
malheureusement vrai. Alger cherche par tous les moyens à isoler le
Maroc». Pour cet auteur, ce qui est en jeu dans l’affaire du Sahara
«n’est ni l’autodétermination du peuple sahraoui qui vit sous la
pression algérienne sous des tentes à Tindouf, ni le respect des
principes et valeurs démocratiques, mais le rejet systématique de ce
qu’est le Maroc, un voisin qui a l’avantage d’être un pays pacifique
qui ne cherche pas la bagarre avec ses voisins». Cette obsession
dont parle Ben Jelloun, elle n’est constatée nulle part ici. C’est
même du contraire qu’il s’agirait, une espèce d’indifférence. Non
pour le sort du peuple sahraoui, dont un grand nombre vit chez nous,
mais pour tout ce qui concerne les prétentions de ce voisin à user
de la force. Oui, le Maroc laisse indifférent, il ne fait pas peur,
pas plus qu’il n’est admiré ou jalousé – sauf peut être pour y
passer des vacances. Ouvrons les frontières, et des millions
d’Algériens iraient se prélasser dans ses plages, ses hôtels et ses
souks. Si le Maroc est une obsession pour l’Algérien, il ne peut
l’être que sur ce plan touristique, chaque mois de juin de l’année.
Il y a un
désaccord, certes, sur l’annexion marocaine du Sahara occidental, un
désaccord ancien, connu, officiel, doublé d’un autre désaccord sur
la manière de régler ce problème. Mais il n’y a pas d’obsession
anti-marocaine sur ce problème qui concerne directement le Polisario
et le royaume chérifien. Ce n’est pas en termes subjectifs qu’il
faut considérer ce problème, mais dans sa réalité politique,
juridique et morale. C’est un problème de droit et non de fixation
psychologique. D’ailleurs, si on y pense, l’obsession existe bien,
mais du côté marocain. Il serait utile à un romancier comme Ben
Jelloun de s’y intéresser. L’explication qui me vient est que les
Marocains sont enfermés dans un fantasme de rejet (le rejet d’un
corps étranger qu’ils ne savent comment assimiler, autrement dit les
Sahraouis) et dont ils voudraient imputer la responsabilité à leur
voisin algérien. Pour ce faire, il leur est nécessaire de conférer à
ce voisin un véritable pouvoir de malfaisance diabolique. C’est ce
pouvoir supposé qui est le fondement de l’obsession marocaine. En
supposant que l’Algérie en ait la volonté, comment l’imagine-t-on
capable, avec ou sans son gaz, de faire pression sur le monde
entier, juste pour gêner cette bonne et brave monarchie si soucieuse
du bien-être de son peuple – c’est-à-dire en somme, juste par
jalousie ? Pacifique, le Maroc l’est-il au point de renoncer à
l’annexion qu’il a acquise, et qu’il veut maintenir, par la force ?
Démocratique, se soucie-t-il de permettre aux Sahraouis d’exprimer,
par référendum, leur libre adhésion à ses projets d’autonomie ou
même d’intégration ? Ben Jelloun, pour donner du poids à ses propos,
décrit une Algérie en proie à la harga, bien incapable, malgré ses
richesses, de donner du travail à ses chômeurs. Quand bien même, le
Maroc est-il mieux loti ? Un paradis pour les sans-travail, où
personne, jamais, ne songe à prendre la poudre d’escampette ? On
peut critiquer l’Algérie comme on veut, on peut même critiquer
l’Amérique, qui ne soigne pas ses pauvres par exemple, ou pour tout
autre chose, mais attention à ne pas glisser des comparaisons car
alors le Maroc ne serait pas à son avantage. Les hommes de lettres,
comme Tahar Ben Jelloun, ont le devoir de se pencher sérieusement
sur leur société pour mettre à nu ses travers et contribuer à
l’apaiser par les mots nécessaires ou les interpellations
judicieuses.
Brahim Djalil
Haut
Parole de Sahraouis
Pourquoi le
Maroc parle de régionalisation ?
Peter Van Valsum,
l’ancien envoyé personnel du secrétaire général des Nations unies
avait laissé tomber l’équivalent d’une bombe nucléaire sur la
légalité internationale. Il a voulu réduire à néant le principe
sacré de l’autodétermination. Personne ne l’a remarqué à cause du
black-out médiatique sur ce conflit de 35 ans qui est en train
d’arriver à la suppuration. Même si son sentiment était clairement
en désaccord avec la Charte et la neutralité des fonctionnaires de
l’ONU, et même s’il reconnaît que la légalité se trouve du côté du
Front Polisario, sa logique de realpolitik était tout à fait
ridicule. Peu de temps avant la réunion du Conseil de sécurité du 31
avril 2008, Van Walsum, dont on suppose que la crédibilité repose
sur son impartialité, a dit qu’un Sahara occidental indépendant
n’était pas une proposition réaliste. Pas parce que le Sahara
occidental n’a pas droit à l’indépendance ou parce qu’il
constituerait un Etat non viable ou parce que le Maroc était dans
son droit. Non, Van Walsum avait une autre raison dans sa tête. Il a
simplement constaté qu’il n’y a «aucune pression sur le Maroc pour
qu’il abandonne sa revendication de souveraineté sur le
territoire». En tant qu’ancienne colonie de l’Espagne et territoire
reconnu par l’ONU non-autonome, le peuple sahraoui doit pouvoir
voter sur l’indépendance. Le Sahara occidental a été occupé depuis
1975 par le Maroc, un allié loyal de la France et des États-Unis –
on pourrait dire trop flexible, extrêmement prêt à cédér ou
pathétiquement docile –. Et puisque la France et les EU tiennent les
clés de la MINURSO et de n’importe quelle diplomatie coercitive de
l’ONU, le Maroc a eu carte blanche au Sahara occidental, pour piller
et coloniser la dernière colonie d’Afrique donnant lieu à
l’expansion territoriale la plus agressive et incontrôlée depuis
qu’Israël a pris Ghaza et la Cisjordanie en 1967. Suite au lancement
de la bombe R (réalisme) de Van Walsum, la France et
l’administration de Bush ont chargé à plein feu pour incruster une
résolution pro-marocaine dans la gorge du Conseil de sécurité. Le
point crucial de l’affaire était en effet le terme réalisme
(c’est-à-dire, la reddition à l’hégémonie américano-française
globale avant la loi) devrait s’appliquer à l’option de statut final
d’indépendance. Avec l’aide de l’Afrique du Sud, un allié crucial
des Sahraouis tenant la Présidence du Conseil, cet assaut a été un
peu repoussé et le terme réalisme a été apposé au processus de
négociations plutôt qu’effacer l’option d’indépendance. Du point de
vue marocain, l’autonomie est un compromis, un pas en arrière et
quelque chose qui n’est pas inévitable. En effet, le régime marocain
voit l’autonomie comme un risque étant donné la croissance des
revendications amazighs dans le Rif et les régions du Draa et il y a
quelques partis qui soutiennent l’autonomie au Sahara occidental
parce qu’ils espèrent que cela deviendra une fente dans le système
du Makhzen par laquelle on peut conduire une vraie réforme
politique. C’est la raison pour laquelle certaines voix au Maroc ont
demandé l’application unilatérale du projet d’autonomie. Si le Maroc
était sérieux sur l’autonomie et voulait saper le soutien du
Polisario, la meilleure chose qu’il aurait pu faire était de mettre
en œuvre le plan d’autonomie tout de suite. Mais cela s’avère
impossible à cause de plusieurs facteurs : - L’absence
d’encouragement pour Rabat pour mettre en œuvre cette autonomie à
moins que la France et les EU ne se décident à faire le mouvement
spectaculaire de reconnaître la souveraineté marocaine sur le
territoire. Ainsi, pour que le Maroc accepte, magnanimement,
d’appliquer l’autonomie, il doit recevoir une récompense importante
pour un tel compromis. Mais, apparemment, ses alliés ne sont pas
prêts à faire ce pas. Le meilleur argument que la France et les
Etats-Unis auraient donné au Maroc est qu’une autonomie imposée
n’aurait pas un consensus au sein du Conseil de sécurité, ne serait
pas bien accueilli au sein de l’ONU et ne laisserait au Polisario
comme choix que le retour à la guerre.
Le roi Mohamed VI
sait que le projet d’autonomie deviendra un choix d’organisation de
l’Etat marocain et ne concernera pas uniquement le Sahara
occidental, ce qui veut dire un consentement à l’avance d’une
limitation géante de ses pouvoirs et renforcement des rôles des
autres intervenants.
- Les militaires
marocains, l’élite, et la monarchie étaient occupés, joyeusement, à
voler les abondantes ressources du Sahara occidental pendant plus de
trente-quatre ans et ils ne sont pas disposés à abandonner leur mine
d’or. Il est tout simplement inimaginable que le gouvernement
marocain laisse tomber ce qui constitue la clé de son rêve
d’hégémonie dans la région et du statut avancé accordé par l’Union
européenne.
Ainsi, le projet
d’autonomie est mort-né. Les autorités marocaines, après avoir
constaté que Christopher Ross et la communauté internationale ne
lâchent pas la voie de l’autodétermination, ont décidé d’apporter
quelque chose au peuple marocain pour cacher leur échec dans cette
entreprise pour laquelle ils ont tout donné, même leur dignité.
Cette chose s’appelle régionalisation, mais, selon les termes
utilisés par le monarque, elle sera maroco-marocaine, ce qui veut
dire que le roi et le gouvernement central garderont leurs
prérrogatives et ne laisseront que des miettes à la gestion locale.
Haut
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