Points chauds 

Par Fouzia Mahmoudi

 

Oubli

Qui pourrait croire en voyant aujourd’hui les résultats de l’élection présidentielle en Ukraine que la Révolution orange a réellement eu lieu. En effet, il y a plus de cinq ans à l’occasion du dernier scrutin présidentiel une partie des Ukrainiens avaient décidé de s’élever contre le pouvoir en place et contester les premiers résultats des élections qui donnaient vainqueur Viktor Ianoukovytch, candidat du pouvoir et du parti pro-russe, qui dirigeait alors le pays. Or, c’est ce même candidat qui vient tout juste de remporter l’actuelle présidentielle. En 2004, la contestation populaire plus communément désignée sous le nom de Révolution orange était née après qu’un fort soupçon de fraude eut pesé sur les résultats des présidentielles d’alors qui donnaient la victoire au candidat pro-russe. Or, des milliers d’Ukrainiens avaient investi les rues et exigé un recompte des résultats du scrutin étant persuadés que le véritable vainqueur était le candidat pro-occidental Viktor Iouchtchenko. Ce dernier qui était accusé par la Russie d’être instrumentalisé et manipulé par les Américains représentait il y a cinq ans l’espoir d’un renouveau de leur pays pour des millions d’Ukrainiens. Un espoir qui s’est rapidement effacé au vu de la gestion catastrophique du pays par Iouchtchenko et son équipe. Les querelles internes ne cessent d’affaiblir la présidence de Iouchtchenko dont les talents en tant que chef de l’Etat sont très vite remis en cause par la population ukrainienne. C’est ainsi que lors des deux élections législatives de 2006 et  2007, le pro-russe Viktor Ianoukovytch se retrouve en tête des scrutins. Il devient ainsi Premier ministre en 2006 avant d’être évincé par le président ukrainien en 2007, malgré la victoire de son parti, Viktor Ianoukovytch venant trop tard, il avait déjà réussi à  démontrer, s’il le fallait encore, la déliquescence du mouvement engagé par Iouchtchenko. La Révolution orange ne veut dès lors plus rien signifier du tout et de nombreux sondages mettent en exergue l’envie d’une majorité des ukrainiens de se tourner vers le parti pro-russe. Un parti qui n’est plus désormais diabolisé comme il le fut longtemps par les instigateurs de la Révolution orange. Une révolution que de plus en plus d’Ukrainiens pensent avoir été déclenchée d’une façon ou d’une autre par les Etats-Unis qui souhaitaient porter un grand coup à Moscou. Mais la Russie n’a aujourd’hui plus de souci à se faire, car ce sont ses alliés qui retrouvent le chemin du pouvoir et cela risque de fortement compromettre les ambitions occidentales dans la région, au grand dam des Américains.     

F. M.

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Nucléaire civil

L’Iran ne transige pas

Iran

La genèse du conflit occidento-iranien

Résistance sahraouie contre la torture et la répression

Images d’atrocités marocaines

Rencontre

El Ghalia Djimi, militante sahraouie en territoires occupés

Violation des droits de l'homme au Sahara occidental

Les inquiétudes de la communauté internationale

Dérive

Quand Tahar Ben Jelloun s’égare

Parole de Sahraouis

Pourquoi le Maroc parle de régionalisation ?

 

 09/02/10

 Nucléaire civil

L’Iran ne transige pas

C’est aujourd’hui qu’entamera officiellement la République islamique d’Iran ses activités d’enrichissement de l’uranium à 20%. C’est ce qu’a déclaré Hossein Abdi Abyanah, ambassadeur d’Iran à Alger, lors d’une conférence de presse organisée hier dans sa  résidence à l’occasion de la célébration du 31e anniversaire de la Révolution iranienne.

Une nouvelle stratégie iranienne qui intervient, dira l’ambassadeur, «suite à l’échec des discussions avec le groupe des Six, chargés d’examiner le dossier nucléaire iranien, à savoir les Etats-Unis, la Russie, la Chine, la France, la Grande-Bretagne et l’Allemagne». Ajoutant  sur la même lignée que si les pays fournisseurs en uranium à 20% se décidaient à nous en délivrer, nous arrêterons immédiatement cette opération. Faute de quoi, poursuivra Hossein Abdi Abyanah, «nous serons obligés de continuer à en produire afin de sauver la vie d’un million de malades iraniens». Il rappellera à ce sujet que l’accès à cette énergie est «un droit absolu» pour son pays et auquel «les peuples en développement doivent accéder» ; il ne peut en aucun cas être réservé «à quelques Etats puissants qui veulent politiser ce droit». L’ambassadeur rappellera à ce propos la volonté de l’Iran d’utiliser ce métal à des fins civiles et pacifiques.

En outre, Hossein Abdi Abyanah répondra aux accusations relatives à un programme nucléaire secret pour la production de l’arme atomique, considérant que «la bombe atomique est un prestige pour les forces occidentales et une carte de pouvoir pour l’oppression des peuples qui ne pourrait être considérée comme un réel pouvoir». Soulignant au passage que la force de l’Iran réside dans son peuple, notamment dans les

5 000 savants qu’il considère «plus importants que la bombe atomique et qui chaque jour font progresser le pays». A ce titre, il relèvera que «l’armée iranienne a présenté avant-hier un nouveau missile à double ogive aux extrémités de l’arme». D’autant plus, enchaînera l’ambassadeur, que «l’Iran ne pourrait aller au-delà des principes de l’islam qui interdisent les massacres des êtres humains». En outre, l’ambassadeur indiquera que le recours à l’utilisation de cette arme se limitera à une riposte de légitime défense, tributaire d’une éventuelle mise en danger du pays. A ce moment-là, dira l’ambassadeur, «nous allons donner à l’ennemi une leçon inoubliable». 

Ainsi, en réponse à l’appel de Robert Gates, secrétaire d’Etat à la défense américaine,  fait à partir de Rome pour constituer un front unique contre l’Iran à travers d’éventuelles sanctions et le soutien de l’opposition iranienne, Hossein Abdi Abyanah affirmera que «le système de défense de l’Iran est plus fort. Les Occidentaux sont en mesure de nous attaquer en premier, mais les résultats seront contre eux».

Les pays arabo-musulmans nous soutiennent pour bénéficier de l’énergie atomique                

A propos de l’appel aux manifestations prévues en Iran le 11 février en cours, l’ambassadeur affirmera qu’«elles seront une bonne réponse du peuple iranien aux Occidentaux». Poursuivant que son pays n’accepte l’opposition au pouvoir que lorsqu’elle œuvre pour l’intérêt de son  développement et de sa prospérité, mais nullement lorsqu’elle est orchestrée par l’Occident. A ce moment-là,  «ils ne sont pour nous que des mercenaires de l’Occident». «Chose que nous n’accepterons jamais», soutiendra l’ambassadeur iranien.   S’agissant de la relation algéro-iranienne, Hossein Abdi Abyanah dira qu’elles sont de  «haut niveau tant sur le plan économique que diplomatique», citant, à ce sujet, les sociétés iraniennes qui participent à la réalisation de plusieurs projets algériens à l’instar de celles œuvrant à Tamanrasset et Hassi Messaoud. Il poursuivra que nombreuses sont celles qui actuellement participent aux avis d’appel d’offres algériens. Annonçant dans ce contexte la tenue à Téhéran, au courant de l’année 2010, de la 2e réunion de la commission mixte sous la présidence des Premiers ministres des deux Etats. Interrogé sur la réaction de son pays à propos de la rupture diplomatique avec le Maroc, Hossein Abdi Abyanah affirmera que «nous ne sommes pas contents que le Maroc ait coupé ses relations avec l’Iran. Cependant, nous continuons à respecter le peuple marocain au même titre que tous les peuples musulmans car l’unité islamique nous importe plus que tout  autre chose». Aussi, exprimera-t-il son souhait «de voir l’exécution des résolutions de l’ONU en faveur du peuple sahraoui».

Quant à la position des pays arabes par rapport à l’Iran, l’ambassadeur indiquera que «les pays arabo-musulmans ont soutenu l’Iran pour bénéficier de l’énergie atomique vu que l’énergie pétrolière est appelée à périr», rappelant à ce sujet, le refus de certains pays du Golfe persique de servir de base militaire américaine contre l’Iran.   

Par Lynda N.Bourebrab

 

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Iran

La genèse du conflit occidento-iranien

Depuis des années, le conflit entre l’Iran et l’Occident ne fait que prendre de l’ampleur et grossit au même rythme que les soupçons de l’Europe et des Etats-Unis concernant  les prétendues ambitions nucléaires de Téhéran. Des soupçons qui pèsent tant sur les relations longtemps rompues d’ailleurs entre l’Iran et l’Occident qu’une guerre est crainte par de nombreux observateurs. Toutefois, l’arrivée de Barack Obama à la Maison-Blanche et la main qu’il a tendue vers Téhéran semble avoir, pour quelque temps du moins, calmé un petit peu la situation. Une situation qui dure tout de même depuis presque une décennie aujourd’hui. «L’Iran dit le contraire de ce qu’il pense et fait le contraire de ce qu’il dit, ce qui ne veut pas nécessairement dire qu’il fait le contraire de ce qu’il pense». Derrière cette formule très alambiquée d’un diplomate occidental en poste à Téhéran se cache bien le problème que pose l’Iran à l’ensemble de l’Occident ; la Chine et la Russie présentes sur le dossier en qualité de membres du Conseil de sécurité se tenant à l’écart des accusateurs européens et américains. Avant 1979, l’Iran et les Etats-Unis avaient toujours entretenu des relations politiques depuis que le Shah de Perse Nasreddine Shah Qajar avait officiellement envoyé son premier ambassadeur à Washington D.C. à la fin du XIXe siècle. Mais avec la présidence de Jimmy Carter, les relations vont considérablement se tendre entre les deux pays. Ce qui sera fortement propice à la survenance d’une révolution islamique en 1979. Face à la prise du pouvoir par l’ayatollah Khomeyni, l’Administration américaine refuse alors d’offrir son soutien au Shah Mohammed Reza Pahlavi et ne manifeste pas d’intérêt particulier à le voir revenir au pouvoir. Pourtant, le Shah, détenteur du pouvoir depuis 1941, n’avait jamais masqué son fort penchant pro-occidental. Mais Carter a refusé d’aider le Shah du fait que celui-ci dirigeait un régime autoritaire qui bafouait sans cesse les Droits de l’homme. Ce positionnement va avoir de très lourdes répercussions sur la scène internationale. De fait, «l’effondrement de l’Iran en tant que ‘’gendarme régional’’ est accompli». A partir de cet évènement, les relations de l’Iran avec les Etats-Unis, et plus largement l’ensemble de la communauté internationale, n’ont jamais réussi à retrouver une réelle stabilité. La prise en otage du personnel de l’ambassade américaine à Téhéran les 4 et 5 novembre 1979 ne va représenter que les prémices des rapports houleux que la théocratie iranienne va entretenir avec les Nations unies . Le 1er août 2005 sera un tournant pour l’histoire actuelle du pays, le maire de Téhéran, Mahmoud Ahmadinejad, est investi président. Le dossier nucléaire, ancien pourtant, va dès lors prendre «un relief particulier avec la très forte poussée des faucons sur la scène politique iranienne». Ceci va déclencher une crise avec l’ensemble de la communauté internationale du fait que l’Iran cherche à se doter de l’arme nucléaire alors qu’il est signataire du Traité de non-prolifération (TNP). Dès lors, il est légitime de se poser la question de savoir comment va évoluer le dossier nucléaire iranien, à la vue des multiples implications stratégiques qu’il engendre. Ahmadinedjad, pour sa part, semble tout faire pour provoquer les Occidentaux et faire monter sans cesse la tension entre son pays et notamment les Américains et les Israéliens qui représentent pour lui la lie de l’humanité provoquant l’acharnement de George W. Bush. Ce dernier s’est fait un point d‘honneur à prouver au monde entier la «malhonnêteté» de l’Iran et surtout de son dirigeant Ahmadinedjad.

En 2008, l’Iran affirme ne pas avoir d’armes de destruction massive et a signé des traités pour interdire leur possession, dont la convention des armes biologiques, la convention des armes chimiques et le traité de non-prolifération nucléaire (TNP).

Certains gouvernements, dont celui de la France, des Etats-Unis, du Royaume-Uni, d’Allemagne et de Russie, pensent que l’Iran a l’intention cachée de développer et utiliser l’arme nucléaire suite, entre autres, à son programme en cours de développement de missiles balistiques. La question est pendante devant le Conseil de sécurité des Nations unies qui a adopté notamment les résolutions 1696 du 31 juillet 2006, 1737 du 23 décembre 2006, 1747 du 24 mars 2007 et 1803 du 3 mars 2008 sur le sujet et impose des sanctions économiques et commerciales depuis décembre 2006. L’Iran a ratifié la Convention sur l’interdiction des armes biologiques le 22 août 1973 et a des programmes avancés de recherche en génie génétique et biologique qui profitent à une industrie produisant des vaccins de classe mondiale à usage domestique et tourné aussi vers l’export. La nature duale de cet usage et de ces installations font que l’Iran, comme tout pays ayant des programmes de recherche biologique avancés, pourrait facilement produire des agents biologiques à des fins militaires.

L’Iran a signé la Convention sur l’interdiction des armes chimiques le 13 janvier 1993 et l’a ratifiée le 3 novembre 1997. C’est l’un des rares pays au monde ayant subi des attaques chimiques sur champs de bataille occasionnant des dizaines de milliers de morts civils et militaires durant la guerre Iran-Irak (1980-1988). Aussi, l’Iran a fait connaître publiquement son opposition à l’emploi d’armes chimiques, faisant de nombreux commentaires «au vitriol» dans de nombreux forums internationaux contre l’emploi par l’Irak de telles armes. Mais quoi qu’il en soit, au jour d’aujourd’hui, la situation iranienne sur le sujet est loin, très loin d’être réglée. Même si pour le moment la possibilité d’une intervention militaire n’est plus d’actualité, cela reste néanmoins une possibilité pour le futur, si aucune solution diplomatique n’est trouvée pour apaiser les appréhension des Occidentaux.

F. Mahmoudi

 

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Résistance sahraouie contre la torture et la répression

Images d’atrocités marocaines

Enfants, femmes et hommes sont touchés par la violence et l’inhumanité des autorités marocaines. Du sang, de la fatigue et de la faiblesse se lisent sur les différents visages.

Des centaines de citoyens sahraouis subissent quotidiennement  et depuis de longues années  la torture et la répression du régime marocain. Une centaine de photos circulent sur le net montrant des images de détenus et de prisonniers politiques  ainsi que des images des tortures subies par différentes tranches de la population sahraouie. Des détenus et prisonniers sahraouis dans les prisons marocaines, parmi lesquels figure  Mohamed Yahya Elhafad, l’un des principaux prisonniers politiques sahraouis. Il est montré des scènes cruelles de tortures que subissent les sahraouis de la part des autorités marocaines pour avoir milité pour la paix et la liberté de leur pays. Enfants, femmes et hommes sont touchés par la violence et l’inhumanité des autorités marocaines. Du sang, de la fatigue et de la faiblesse se lisent sur les différentes figures des images qui représentent la misère d’un peuple qui ne dé-sespère pas de s’en sortir. La politique de répression  du Maroc contre les Sahraouis des territoires occupés  empoisonne la vie de la population sahraouie à travers les actes de tortures, d’arrestations et d’emprisonnements ….Un scandale malgré une condamnation internationale unanime à soutenir la cause sahraouie et le droit de son peuple à la paix et à la liberté. La torture du régime marocain demeure l’une des plus sauvages qui continue à mobiliser sa police pour torturer et  porter atteinte aux droits du peuple sahraoui. Les dépassements et les atteintes aux droits du peuple sahraoui sont à ce jour gênés et contrariés par la résistance de ce peuple, par des grèves de la faim et le combat contre les actes criminels de la police marocaine qui ne cesse de torturer les citoyens sahraouis.      

Y. A.

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Rencontre

El Ghalia Djimi, militante sahraouie en territoires occupés

Rencontre avec El Ghalia Djimi, vice- présidente de l’ASVDH, (Association Sahraouie des Victimes des Violations Graves des Droits Humains), à Laayoune. Le teint brun, les yeux pétillants, cette femme de 47 ans n’a rien perdu de ses capacités d’indignation, malgré des tentatives d’intimidation radicales. Elle naît en 1961 à Agadir, au Maroc, où elle passe son enfance. Ses parents ayant fui le pays, elle est élevée par sa grand-mère, Fatimatou, qui lui transmet sa culture sahraouie et son dialecte traditionnel, le Hassania. A cette époque, le Sahara occidental, au sud du royaume marocain, est encore entre les mains de l’Espagne. C’est en novembre 1975 que tout bascule. Le Maroc envahit le territoire, et pousse les indépendantistes sahraouis à l’exil, dans le sud algérien, après des représailles sanglantes. Du haut de ses 14 ans, El Ghalia observe les évènements ; sa fibre militante s’éveille. Mais c’est la disparition de sa grand-mère, en 1984, qui la propulsera au cœur de la bataille. Elle rejoint sa terre d’origine et intègre alors des mouvements de résistance sahraouis. Ils lui banderont les yeux trois années durant en 1987

El Ghalia se joint à un groupe de militants qui s’apprête à dénoncer la répression marocaine auprès d’une commission de l’ONU, à Laayoune. L’arrivée de la commission est repoussée,et les militants, identifiés. Le 20 novembre, El Ghalia est dans son bureau, à la direction provinciale de l’agriculture, quand des «agents de la sûreté nationale» lui ordonnent de les suivre. «Je leur ai demandé d’attendre, pour aller chercher mon sac à main. Ils m’ont dit que ça ne durerait pas longtemps...» Elle grimpe dans une Land Rover ; ils lui banderont les yeux trois années durant. Elle passera ses années de captivité et de torture dans une geôle secrète au milieu du désert. «A mon arrivée, ils m’ont allongée sur un banc pieds et mains liés, et m’ont versée des détergents dans la gorge. Ils m’ont battue... J’ai été victime d’abus sexuels... Ils m’ont électrocutée». Près de vingt femmes sont entassées dans une pièce. Dans les cellules voisines, des hommes ont également été capturés. Parmi eux : son futur mari, Dafa. Aujourd’hui, tous deux portent encore les stigmates de leur détention. Sous son foulard aux couleurs vives, El Ghalia n’a plus de cheveux à cause des produits chimiques. Elle garde aussi, imprimées sur sa peau, des traces de morsures de chiens. «J’ai été libérée avec quelques camarades, grâce aux pressions internationales... mais finalement, ce que j’ai subi, ce n’est rien comparé à d’autres, enfermés parfois plus de dix ans». Au sortir de ces trois années d’enfer, elle donne enfin un nom à son combat, c’est celui des droits de l’Homme. Elle ne parle ni d’indépendance, ni d’autonomie, ni de territoire. Elle veut la paix, et la reconnaissance des violences subies par son peuple. Dès 1991, elle épouse Dafa. Depuis, ils vivent auprès de leurs cinq enfants, à Laayoune et s’évertuent encore à dénoncer le sort des prisonniers politiques, à travers l‘ASVDH. «Et je continuerai, insiste El Ghalia, jusqu’à ce que justice soit faite...»

 

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Violation des droits de l'homme au Sahara occidental

Les inquiétudes de la communauté internationale

Amnesty International a dressé un bilan annuel accablant sur la question des droits de l’homme dans les territoiress occupés du Sahara occidental.

La multitude de formes de violations des droits de l’homme dans les territoires sahraouis perpétrées par le Maroc alimente ces derniers années les rapports annuels des organisations internationales de défense des droits de l’homme et suscite de vives réactions de la part de la communauté internationale. Cette année, Amnesty International a dressé un bilan annuel accablant sur la question des droits de l’homme dans les territoires occupés du Sahara occidental. Cette association a exprimé dans son rapport annuel «sa profonde inquiétude», face à la dégradation de la situation des droits de l’homme dans les territoires occupés du Sahara occidental. Cette ONG a précisé que ces violations visaient à entraver l’action des défenseurs sahraouis des droits de l’homme et à les priver de leur liberté d’expression et de réunion pour soutenir le droit du peuple sahraoui à l’autodétermination. Des partisans de l’autodétermination pour le Sahara occidental ont été harcelés et inculpés, souligne le rapport. Lequel rapport relève également «une intensification des pratiques de répression», dans les territoires occupés, notamment à l’issue de la visite effectuée, en septembre 2009, par sept militants sahraouis des droits de l’homme dans les camps des réfugiés sahraouis. L’Organisation a exprimé ses craintes quant au recours à la torture, pour arracher des aveux et à l’inexistence d’enquêtes indépendantes sur la pratique de la torture à l’encontre de Sahraouis. Les restrictions des droits sont particulièrement strictes dans la région contestée du Sahara occidental, sur laquelle le Maroc revendique la souveraineté et qu’il administre comme si elle faisait partie de son territoire national, a révélé le dernier rapport de l’organisation non gouvernemental Humans Rights Watch, rendu public le mois de janvier dernier. Cette ONG a indiqué également que de nombreux Sahraouis ont été inculpés ou emprisonnés à cause de leurs revendications pacifiques en faveur de l’autodétermination pour le Sahara occidental. Les restrictions pour raisons politiques du droit de voyager se sont multipliées.

Par Hocine L.

 

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Dérive

Quand Tahar Ben Jelloun s’égare

Peut-on être un bon écrivain, membre de l’Académie Goncourt, et débiter des clichés sur un pays tiers ? Tahar Ben Djelloun, romancier marocain établi en France, nous confirme que oui. Dans un entretien accordé à La vanguardia, un journal espagnol, et rapporté par l’agence officielle marocaine, il affirme que dès qu’une solution à la question du Sahara occidental est proche «Alger intervient et crée des obstacles» pour entraver le processus des négociations. Et il ajoute : «Chaque fois que le Maroc propose une solution, on est sûr que l’Algérie s’y opposera. Ce scénario simpliste est malheureusement vrai. Alger cherche par tous les moyens à isoler le Maroc». Pour cet auteur, ce qui est en jeu dans l’affaire du Sahara «n’est ni l’autodétermination du peuple sahraoui qui vit sous la pression algérienne sous des tentes à Tindouf, ni le respect des principes et valeurs démocratiques, mais le rejet systématique de ce qu’est le Maroc, un voisin qui a l’avantage d’être un pays pacifique qui ne cherche pas la bagarre avec ses voisins». Cette obsession dont parle Ben Jelloun, elle n’est constatée nulle part ici. C’est même du contraire qu’il s’agirait, une espèce d’indifférence. Non pour le sort du peuple sahraoui, dont un grand nombre vit chez nous, mais pour tout ce qui concerne les prétentions de ce voisin à user de la force. Oui, le Maroc laisse indifférent, il ne fait pas peur, pas plus qu’il n’est admiré ou jalousé – sauf peut être pour y passer des vacances. Ouvrons les frontières, et des millions d’Algériens iraient se prélasser dans ses plages, ses hôtels et ses souks. Si le Maroc est une obsession pour l’Algérien, il ne peut l’être que sur ce plan touristique, chaque mois de juin de l’année.

Il y a un désaccord, certes, sur l’annexion marocaine du Sahara occidental, un désaccord ancien, connu, officiel, doublé d’un autre désaccord sur la manière de régler ce problème. Mais il n’y a pas d’obsession anti-marocaine sur ce problème qui concerne directement le Polisario et le royaume chérifien. Ce n’est pas en termes subjectifs qu’il faut considérer ce problème, mais dans sa réalité politique, juridique et morale. C’est un problème de droit et non de fixation psychologique. D’ailleurs, si on y pense, l’obsession existe bien, mais du côté marocain. Il serait utile à un romancier comme Ben Jelloun de s’y intéresser. L’explication qui me vient est que les Marocains sont enfermés dans un fantasme de rejet (le rejet d’un corps étranger qu’ils ne savent comment assimiler, autrement dit les Sahraouis) et dont ils voudraient imputer la responsabilité à leur voisin algérien. Pour ce faire, il leur est nécessaire de conférer à ce voisin un véritable pouvoir de malfaisance diabolique. C’est ce pouvoir supposé qui est le fondement de l’obsession marocaine. En supposant que l’Algérie en ait la volonté, comment l’imagine-t-on capable, avec ou sans son gaz, de faire pression sur le monde entier, juste pour gêner cette bonne et brave monarchie si soucieuse du bien-être de son peuple – c’est-à-dire en somme, juste par jalousie ? Pacifique, le Maroc l’est-il au point de renoncer à l’annexion qu’il a acquise, et qu’il veut maintenir, par la force ? Démocratique, se soucie-t-il de permettre aux Sahraouis d’exprimer, par référendum, leur libre adhésion à ses projets d’autonomie ou même d’intégration ? Ben Jelloun, pour donner du poids à ses propos, décrit une Algérie en proie à la harga, bien incapable, malgré ses richesses, de donner du travail à ses chômeurs. Quand bien même, le Maroc est-il mieux loti ? Un paradis pour les sans-travail, où personne, jamais, ne songe à prendre la poudre d’escampette ? On peut critiquer l’Algérie comme on veut, on peut même critiquer l’Amérique, qui ne soigne pas ses pauvres par exemple, ou pour tout autre chose, mais attention à ne pas glisser des comparaisons car alors le Maroc ne serait pas à son avantage. Les hommes de lettres, comme Tahar Ben Jelloun, ont le devoir de se pencher sérieusement sur leur société pour mettre à nu ses travers et contribuer à l’apaiser par les mots nécessaires ou les interpellations judicieuses.

Brahim Djalil

 

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Parole de Sahraouis

Pourquoi le Maroc parle de régionalisation ?

Peter Van Valsum, l’ancien envoyé personnel du secrétaire général des Nations unies avait laissé tomber l’équivalent d’une bombe nucléaire sur la légalité internationale. Il a voulu réduire à néant le principe sacré de l’autodétermination. Personne ne l’a remarqué à cause du black-out médiatique sur ce conflit de 35 ans qui est en train d’arriver à la suppuration. Même si son sentiment était clairement en désaccord avec la Charte et la neutralité des fonctionnaires de l’ONU, et même s’il reconnaît que la légalité se trouve du côté du Front Polisario, sa logique de realpolitik était tout à fait ridicule. Peu de temps avant la réunion du Conseil de sécurité du 31 avril 2008, Van Walsum, dont on suppose que la crédibilité repose sur son impartialité, a dit qu’un Sahara occidental indépendant n’était pas une proposition réaliste. Pas parce que le Sahara  occidental n’a pas droit à l’indépendance ou parce qu’il constituerait un Etat non viable ou parce que le Maroc était dans son droit. Non, Van Walsum avait une autre raison dans sa tête. Il a simplement constaté qu’il n’y a «aucune pression sur le Maroc pour qu’il abandonne sa revendication de souveraineté sur le territoire». En tant qu’ancienne colonie de l’Espagne et territoire reconnu par l’ONU non-autonome,  le peuple sahraoui doit pouvoir voter  sur l’indépendance. Le Sahara occidental a été occupé depuis 1975 par le Maroc, un allié loyal de la France et des États-Unis – on pourrait dire trop flexible, extrêmement prêt à cédér ou pathétiquement docile –. Et puisque la France et les EU tiennent les clés de la MINURSO et de n’importe quelle diplomatie coercitive de l’ONU, le Maroc a eu carte blanche au Sahara occidental, pour piller et coloniser la dernière colonie d’Afrique donnant lieu à l’expansion territoriale la plus agressive et incontrôlée depuis qu’Israël a pris Ghaza et la Cisjordanie en 1967. Suite au lancement de la bombe R (réalisme) de Van Walsum, la France et l’administration de Bush ont chargé à plein feu pour incruster une résolution pro-marocaine dans la gorge du Conseil de sécurité. Le point crucial de l’affaire était en effet le terme réalisme (c’est-à-dire, la reddition à l’hégémonie américano-française globale avant la loi) devrait s’appliquer à l’option de statut final d’indépendance. Avec l’aide de l’Afrique du Sud, un allié crucial des Sahraouis tenant la Présidence du Conseil, cet assaut a été un peu repoussé et le terme réalisme a été apposé au processus de négociations plutôt qu’effacer l’option d’indépendance.  Du point de vue marocain, l’autonomie est un compromis, un pas en arrière et quelque chose qui n’est pas inévitable. En effet, le régime marocain voit l’autonomie comme un risque étant donné la croissance des revendications amazighs dans le Rif et les régions du Draa et il y a quelques partis qui soutiennent l’autonomie au Sahara occidental parce qu’ils espèrent que cela deviendra une fente dans le système du Makhzen par laquelle on peut conduire une vraie réforme politique. C’est la raison pour laquelle certaines voix au Maroc ont demandé l’application unilatérale du projet d’autonomie. Si le Maroc était sérieux sur l’autonomie et voulait saper le soutien du Polisario, la meilleure chose qu’il aurait pu faire était de mettre en œuvre le plan d’autonomie tout de suite. Mais cela s’avère impossible à cause de plusieurs facteurs : - L’absence d’encouragement pour Rabat pour mettre en œuvre cette autonomie à moins que la France et les EU ne se décident à faire le mouvement spectaculaire de reconnaître la souveraineté marocaine sur le territoire. Ainsi, pour que le Maroc accepte, magnanimement, d’appliquer l’autonomie, il doit recevoir une récompense importante pour un tel compromis. Mais, apparemment, ses alliés ne sont pas prêts à faire ce pas. Le meilleur argument que la France et les Etats-Unis auraient donné au Maroc est qu’une autonomie imposée n’aurait pas un consensus au sein du Conseil de sécurité, ne serait pas bien accueilli au sein de l’ONU et ne laisserait au Polisario comme choix que le retour à la guerre.

 Le roi Mohamed VI sait que le projet d’autonomie deviendra un choix d’organisation de l’Etat marocain et ne concernera pas uniquement le Sahara occidental, ce qui veut dire un consentement à l’avance d’une limitation géante de ses pouvoirs et renforcement des rôles des autres intervenants.

- Les militaires marocains, l’élite, et la monarchie étaient occupés, joyeusement, à voler les abondantes ressources du Sahara occidental pendant plus de trente-quatre ans et ils ne sont pas disposés à abandonner leur mine d’or. Il est tout simplement inimaginable que le gouvernement marocain laisse tomber ce qui constitue la clé de son rêve d’hégémonie dans la région et du statut avancé accordé par l’Union européenne.

Ainsi, le projet d’autonomie est mort-né. Les autorités marocaines, après avoir constaté que Christopher Ross et la communauté internationale ne lâchent pas la voie de l’autodétermination, ont décidé d’apporter quelque chose au peuple marocain pour cacher leur échec dans cette entreprise pour laquelle ils ont tout donné, même leur dignité. Cette chose s’appelle régionalisation, mais, selon les termes utilisés par le monarque, elle sera maroco-marocaine, ce qui veut dire que le roi et le gouvernement central garderont leurs prérrogatives et ne laisseront que des miettes à la gestion locale.

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