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En hommage à Mostefa Ben Debbagh

L’art de la petite facture

 

 09/09/06

 

En hommage à Mostefa Ben Debbagh

L’art de la petite facture

A l’occasion du centenaire de la naissance de l’artiste Mostefa ben Debbagh, le Musée national des beaux-arts a organisé, mercredi dernier,  le vernissage d’une exposition plastique réunissant une soixantaine de tableaux de miniature, enluminure et pièces.

L’art appliqué est depuis mercredi dernier mis en valeur grâce au niveau du musée national des beaux-arts.  Jusqu’à la fin du mois en cours, le public pourra découvrir une collection réunissant une soixantaine d’œuvres (miniatures, enluminures et pièces d’ornement) réalisées par le plasticien, le regretté Mostefa Ben Debbagh et ses disciples, Zakaria Morceli, Ali Kerbouhe, Abderrezak Mezouane, Dokhmane ainsi que le peintre nonagénaire Abderrahmane Sahouli et le calligraphe Abdelhamid Skander qui ont tenu à rendre hommage à l’artiste et pédagogue qui nous a quittée le 22 janvier dernier, à l’âge de 99 ans et 9 mois.

Le nom de cet artiste émérite restera gravé à l’Ecole supérieure des beaux-arts où il enseignait jusqu’à la fin des années quatre-vingt. Ses élèves retiendront pour toujours sa large contribution et sa persévérance dans la perpétuation de l’art arabo-musulman que résume principalement l’enluminure, la miniature et la décoration obéissant à des principes d’un programme ornemental aussi stylisé que raffiné. Ce natif de la Casbah dont le père était ciseleur, entra à l’école Sarrouy avant d’émigrer pour un temps avec ses parents en Tunisie. De retour à Alger, le grand maître Abderrahmane Dalachi le prend à l’essai avant de découvrir ses aptitudes artistiques. Mostefa Ben Debbagh poursuit sa formation à l’Ecole des beaux-arts située, alors, au quartier de la Marine. Les professeurs Soupireau et Langlois lui apprirent la fabrication de la céramique et le style persan duquel il puisait plus tard sa philosophie. A 20 ans, il s’installa dans un atelier (à la rue Danfreville) et put s’attirer une clientèle inestimable, à l’image d’ailleurs des artisans Omar Racim, Cherrad dit Sefti, Mohamed Kechkoul qui enseignèrent plus tard à l’école des beaux arts, respectivement la calligraphie, la reliure et l’art de la décoration. Les oeuvres de Mostefa Ben Debbagh regroupent dans leurs formes et leur contexte une philosophie basée sur le symbolisme. Cela signifie que l’artiste ne se limite pas à décliner dans ses œuvres les éléments abstraits dans le seul but esthétique, sinon de leur conférer une acception tels le sens de la flore, la faune en sus du choix des couleurs qui servaient d’aplat aux entrelacs floraux et autres inscriptions épigraphiques. Une liberté imaginative qui nourrissait ses thèmes et ce, à travers le travail de décoration sur des supports comme le bois et le verre, particulièrement. Lors d’une de nos rencontres avec Ammi Mustapha, l’artiste tenait à nous égrener des bribes de souvenance et les conditions de travail dans lesquelles il évoluait. «Nous étions accrochés  à cette activité artisanale par besoin mais, au fil du temps, nous cultivions la passion et l’amour pour cet art». De maîtres artisans, ils étaient passés artistes peintres au même titre d’ailleurs que Mohamed Kechkoul, Omar Benghemad, Ahmed Hamimoumna, Mohamed Bouakkaz dit Sfaksi et bien d’autres qui s’illustraient dans l’art de la petite facture : la miniature. A l’époque, dans les années vingt, les artisans foisonnaient dans l’ancienne médina, mais l’administration coloniale tenait à se débarrasser de cette corporation d’artisans disposés en enfilade à travers le dédale de la Casbah. Refusant de baisser les bras, il conjugua ses efforts à ceux des Ben Jelloul et Tamzali et Hadj Zouaoui, Mostefa Ben Debbagh dans le but de créer dans les années trente, l’Association nord-africaine des arts artisanaux, dénomination que l’administration remplaça plus tard, par l’Association des artisans musulmans algériens. Cet engouement pour l’art musulman que l’administration coloniale affublait d’art indigène constituait une forme d’expression culturelle et identitaire plus proche des Algériens. Outre les expositions internationales auxquelles il prit part dans les années vingt, trente, quarante, cinquante et soixante notamment à Marseille, Chicago, New Castle, Budapest, Mostefa Ben Debbagh fut nommé officier à l’académie française. Membre de l’Association des artistes algériens et orientalistes, Ammi Mostafa ne s’arrêta pas là. Il donna un souffle nouveau aux activités artisanales qui tendaient à disparaître. Plus, il réussit à ouvrir des ateliers destinés aux métiers manuels pour femmes. Après la Seconde Guerre mondiale, l’artiste acharné continua à perpétuer ce legs ancestral des arts appliqués, dans l’école des Beaux-arts, assurant ainsi la relève pour la génération des Fateh Chergou, Adjaout, Ali Kerbouche, Saïd Bouarour, Abderrezak Mezouane, Khaled Sadi pour ne citer que ceux-là. Une carrière bien remplie pour l’artiste, un des maillons fort des arts appliqués en Algérie. La directrice du Musée,

Mme Dalila Orfali, a tenu à souligner que le musée se redéploie. A cet effet, elle envisage de consacrer un espace destiné à accueillir les arts appliqués.

H. K.

 

 

 

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