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Conférence
Afrique-Europe des sociétés
Bouteflika plaide la cause du continent
n«En
Afrique, des populations entières sont en situation
d’insécurité alimentaire et paient chaque jour un lourd
tribut à la pauvreté et au sous-développement».
La
cause du continent africain a été une nouvelle fois
plaidée par Abdelaziz Bouteflika à l’occasion de la
tenue à Alger de la première conférence Afrique-Europe
des sociétés civiles organisées. «En Afrique, des
populations entières sont en situation d’insécurité
alimentaire et paient chaque jour un lourd tribut à la
pauvreté et au sous-développement», rappellera le
Président algérien. Il ajoutera devant les participants
à cette rencontre que «les statistiques africaines
concernant le développement humain, sous ses différentes
spécifications d’espérance de vie, de mortalité
infantile, d’éducation, de santé, de nutrition et de
revenus, illustrent les méfaits de la pauvreté sur notre
continent». Dans son message lu par Boughazi, le chef de
l’Etat fera remarquer que même «la détermination de la
communauté internationale à venir à bout de la pauvreté
extrême» se heurte à certaines contraintes dont, en
particulier, «l’insuffisance des ressources pour le
financement du développement», car, a-t-il expliqué, «il
ne s’agit plus de continuer à appliquer, par doses
homéopathiques, des thérapies qui, tout compte fait,
favorisent plutôt la prolifération du mal». Pis encore,
déplore-t-il, «la solidarité européenne vis-à-vis de
l’Afrique» a été plutôt décevante au plan des pratiques
partenariales et des moyens alloués. Bouteflika
soulignera en outre :
«En
voie de marginalisation croissante, l’Afrique n’offre
que peu de perspectives sérieuses, par rapport aux
règles du jeu de la globalisation».
Or, de
son avis, une mondialisation multipolaire, inclusive,
humaine, et équitable «nécessite une approche solidaire
des contraintes des pays et des populations les plus
vulnérables de la planète, au Nord comme au Sud».
Sur un
autre registre, le chef de l’Etat relèvera que
«l’expérience de développement et d’élargissement
communautaire de l’Union européenne et les progrès
spectaculaires enregistrés dans la construction de
l’Europe depuis le Traité de Rome, constituent pour
l’Afrique, autant de références instructives et
intéressantes». Il dira que les Africains ont beaucoup
à apprendre de la construction européenne, notamment les
valeurs de paix, de solidarité et de co-existence
pacifique, nécessaires pour assurer un développement,
qui sera collectif ou ne sera pas. Toutefois se désolera
Bouteflika, l’Afrique qui «s’est dotée de mécanismes de
concertation propres à faire converger ses systèmes de
gouvernance et à garantir l’accroissement de ces
capacités institutionnelles autour de programmes de
développement étendus aux différentes échelles,
nationale, régionale et continentale, et associant
toutes les parties prenantes ainsi que la communauté des
partenaires au développement», n’arrive pas à tirer
profit de ces efforts, car souligne-t-il, «les atavismes
étroitement nationaux inhibent fortement les
comportements et empêchent la solidarité de s’exprimer
pleinement» .
Nadia K.
Crash
du C 130 d’Air Algérie
Les
dépouilles des victimes rapatriées
Hier,
une tristesse inexprimable régnait à l’aéroport
international Houari Boumediene qui devait accueillir,
dans la douleur et la dignité, les corps des trois
pilotes de la compagnie aérienne Air Algérie mort il y a
près d’un mois en Italie. L’emblème national était en
berne. Ce qui a ajouté une note de tristesse au paysage,
déjà morne de cette fin de semaine. L’arrivée des
dépouilles mortelles des trois pilotes algériens, Kadid
Mustapha, Taïb Bedrina et Mohamed Abdou, décédés lors du
crash du C 130 d’Air Algérie à Piacenza, en Italie, a
mis en émoi tous ceux qui sont venus pour saluer leur
courage. Outre les familles des trois défunts, des
pilotes à la retraite et en exercice, le ministre des
Transports, M. Meghlaoui, et le personnel d’Air Algérie,
des citoyens anonymes ont tenu à rendre hommage, comme
il se doit, aux trois héros, qui, au dernier moment de
leur vie, ont évité une mort certaine aux villageois de
Piacenza. 10h50 minutes, des collègues des victimes ont
fait sortir de l’avion à bord duquel les trois pilotes
ont été rapatriés, les cercueils. Ceux-ci furent
acheminés vers le salon d’honneur de l’aéroport où
devait être lue la prière de l’absent. A cet instant
précis, la tristesse a atteint son paroxysme. La foule
était en émoi. Des youyous stridents, mêlés à des cris
contrits et à déchirer le cœur fusèrent de partout. L’on
ne pouvait pas retenir ses larmes car le spectacle était
des plus navrant et les disparus étaient très chers. Une
fois la fatiha lue à leur mémoire, les trois victimes
furent transportées chacun vers son domicile familial.
Il est à souligner que l’inhumation de Kadid Mustapha a
eu lieu à Oran, celui de Taïb Bedrina à Gariddi. Quant à
celui de Mohamed Abdou, il a eu lieu à son village natal
à Dellys. Pour rappel, juste après l’écrasement de
l’avion, les investigateurs italiens furent nommés par
le parquet de Piacenza pour faire la lumière sur les
circonstances exactes qui ont provoqué l’accident aérien
survenu au sud de Milan. Le maire de Piacenza et ses
habitants ont exprimé à leur manière leur reconnaissance
aux trois pilotes morts qui ont tout fait pour éviter de
faire des victimes parmi la population.
Djamel Oukali
Réforme
de la Ligue arabe
Alger veut de l’audace
La
réforme de la Ligue arabe a été évoquée par le ministre
des Affaires étrangères, dans l’entretien accordé au
Quotidien d’Oran. «Il importe aujourd’hui d’adapter ses
structures à la nouvelle donne internationale», a
indiqué Bedjaoui qui soulignera par ailleurs qu’il faut
«travailler posément» dans la voie d’une refonte afin
qu’elle soit «en mesure de jouer le rôle qui lui
incombe». «Nous devons nous convaincre d’aller de
l’avant de la façon la plus audacieuse dans la voie de
la réforme de cette institution qui doit absolument
s’adapter à un monde devenu très difficile et très
complexe», dira-t-il. Car précisera le ministre,
l’important aujourd’hui est d’adapter ses structures à
la nouvelle donne in
ternationale.
Pour
ce qui est de la situation qui prévaut dans le monde
arabe, caractérisée par de grandes difficultés et
d’immenses défis auxquels il fait face, Bedjaoui affirme
que l’Algérie «souhaite que la souveraineté et
l’indépendance des pays arabes ne soient entravées par
aucune opposition interne ou externe». Le diplomate
indiquera que l’Algérie qui «mobilise toutes ses
énergies pour aller de l’avant dans cette voie, voudrait
que tous les pays arabes en fassent autant». D’où
l’importance de la réunion de la Ligue arabe qui se
tient «dans un contexte régional et international des
plus préoccupants». En fait pour Bedjaoui cette session
est qualifiée de «session majeure». C’est pourquoi la
nécessité d’un examen «extrêmement poussé de tout ce qui
peut être fait» dans le souci d’aboutir à des
«recommandations précises afin de les exécuter dans
l’intérêt du monde arabe» est souhaité. Il indiquera que
l’Algérie, «tend à tout mettre en œuvre pour la
constitution d’un consensus arabe» autour de l’ensemble
des «dossiers chauds» qui secouent la région, tels que
la Palestine occupée, le blocus israélien au Liban, la
situation qui prévaut en Irak, et le Soudan qui se
trouve, a-t-il dit, «au bord d’une confrontation avec le
Conseil de sécurité de l’ONU». Plus explicite, il dira
qu’il s’agit d’«un consensus concret qui ne se contente
pas uniquement de quelques paroles de compassion à
l’égard des peuples arabes opprimés par toutes sortes
d’agressions», ajoutant que les pays arabes ont les
moyens pour pouvoir «relever tous ces défis et aller
vers la paix et la prospérité, tant souhaitées par les
peuples arabes». Pour l’avenir de ces derniers, «dont le
besoin de considération et de développement est clair»,
M. Bedjaoui a souligné que «chaque Etat, chaque
gouvernement a le devoir de se mettre à l’écoute de son
peuple». Selon lui, «l’Algérie est certaine que lorsque
l’on donne la voix au peuple, lorsqu’on lui permet de
s’exprimer véritablement, il est pour la paix et la
modernité». Il a également appelé les pays arabes à
mobiliser «tous les moyens dans un souci de paix et de
sécurité des peuples», considérant que le «monde arabe
n’est pas dépourvu de moyens et que la marge de manœuvre
des pays arabes n’est pas aussi faible qu’on le dit».
Concernant la résolution 1701, adoptée par le Conseil de
sécurité de l’ONU, il précisera que cette résolution
était tardive, et qu’«elle n’a pas répondu aux vœux du
monde
arabe».
Selma M.
Migration
africaine vers l’Europe
Messahel refuse de minimiser le phénomène
Le
ministre a révélé que l’Algérie entend déployer les
efforts nécessaires pour une prise en charge collective
de ce sujet, sachant qu’elle est un pays de transit,
comptant 42 nationalités.
Le
ministre délégué chargé des Affaires maghrébines et
africaines, Abdelkader Messahel, a indiqué mercredi à
Alger que la question de la migration est «une question
d’une extrême importance». Intervenant lors des travaux
de l’Assemblée générale ordinaire de l’Union des
Conseils économiques et sociaux et institutions
similaires d’Afrique (UCESA), organisée sous le thème
«La migration et le développement» et qui ont pris fin
mercredi soir à Alger, M. Messahel a estimé qu’il
s’agit là d’une «question d’une extrême importance», et
évoqué longuement «les causes de cette migration ainsi
que les solutions à même de juguler ce phénomène». Le
ministre a ajouté que les causes de cette migration sont
dues, notamment «à la pauvreté, la mauvaise gouvernance,
le chômage, l’instabilité politique et les conflits
armés», relevant que «c’est un terrain juteux pour les
réseaux maffieux». M. Messahel a, par ailleurs, indiqué,
que «l’on dénombrait 67 millions de migrants en 1965,
contre 180 millions actuellement et que 17 millions
d’Africains migrent d’un pays à un autre, du continent»,
ajoutant qu’à titre indicatif et se basant sur des
statistiques espagnoles, «les migrants africains dans ce
pays représentent 1%, contre 75% venant des pays
d’Amérique latine et 9% des pays de l’est de
l’Europe».Tout en affirmant que «les efforts fournis
dans le cadre du Nepad commencent à donner leurs
fruits», le ministre a indiqué
qu’«une réflexion commune entre les pays d’Afrique
planche sur un plan d’actions afin de faire en sorte que
les législations soient communes pour combatte les
réseaux maffieux».
M.
Messahel a annoncé dans ce contexte que le phénomène de
migration globale sera traité les 14 et 15 septembre par
les Nations-unies, affirmant que «l’Algérie entend
déployer les efforts nécessaires pour une prise en
charge collective de ce sujet», sachant qu’ «elle est un
pays de transit, comptant 42 nationalités», a-t-il dit.
Redouane A.
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