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09/09/09

 

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Au Soudan, le pantalon dérange

Loubna, femme courage 

L’article 152 du code pénal soudanais promulgué en 1991, deux ans après l’arrivée au pouvoir du président actuel Omar El-Béchir,  prévoit une peine maximale de 40 coups de fouet pour quiconque commet un acte indécent, un acte qui viole la moralité publique ou porte des vêtements indécents.

Au Soudan, ce n’est pas le hidjab qui pose problème mais le pantalon. Mme Loubna Ahmed Al-Hussein, journaliste soudanaise et employée dans un organisme de l’ONU, a été jetée en prison pour le port d’un pantalon «indécent». La sentence est tombée après que la jeune femme eut refusé de payer une amende de 500 livres soudanaises (150 euros). La sentence a été rendue lundi par un tribunal de Khartoum, lequel a dû certainement tenir compte du combat de cette militante féministe pour l’abolition de l’article 152 du code pénal soudanais promulgué en 1991, deux ans après l’arrivée au pouvoir du président actuel Omar El-Béchir.  L’article prévoit une peine maximale de 40 coups de fouet pour quiconque «commet un acte indécent, un acte qui viole la moralité publique ou porte des vêtements indécents». Loubna Ahmed Al-Hussein a donc choisi d’aller purger un mois de prison que de payer l’amende qui lui permet d’échapper à la flagellation. Ses avocats ont tenté en vain de la convaincre de se plier au verdict du tribunal. Loubna avait été arrêtée par la police début juillet lors d’une réception dans un restaurant de la capitale soudanaise en même temps que 12 autres femmes habillées «indécemment», soit d’un pantalon large et d’une longue blouse. Dix de ces femmes ont obéi à la police qui les a convoquées pour recevoir chacune 10 coups de fouet. Loubna Ahmed Al-Hussein a échappé à ce sort parce qu’elle avait contesté les charges et entamé une campagne publique pour l’abolition de cette loi. Les journalistes venus assister à la séance du tribunal n’ont pu avoir accès à la salle d’audience. Ce sont des témoins qui les ont renseignés sur le déroulement du procès. Loubna était arrivée en fin de matinée vêtue de la «tarha» foulard traditionnel soudanais recouvrant la tête et les épaules. Suite à son refus de payer l’amende, Loubna a été emmenée directement à la prison pour femmes d’Omdurman, la ville jumelle de Khartoum, au confluent des deux Nil. Une centaine de personnes environ, la majorité des femmes, se sont massées devant le tribunal de Khartoum, en signe de soutien à la jeune femme. Les manifestants brandissaient des pancartes et scandaient des slogans favorables à la libération de Loubna et à l’abolition de la flagellation. Les photographes et les caméramen ont été empêchés par les forces de l’ordre déployés devant le tribunal de filmer la manifestation. Des islamistes ont infiltré aux cris d’«Allah Akbar» le rassemblement avant de s’en prendre aux supporters de Loubna. Les policiers sont intervenus, ont dispersé la foule et asséné des coups de bâton à des manifestants. 48 femmes ont été arrêtées puis relâchées. Selon des témoins, certaines d’entre elles ont été blessées. Au moment de son arrestation, Loubna écrivait des chroniques pour le journal Al-Sahafa (La Presse) et travaillait à la section médias de la mission des Nations unies au Soudan (Unmis). Elle a quitté ce poste pour ne pas bénéficier de l’immunité diplomatique. Cette affaire a fait réagir la communauté internationale mais les médias soudanais n’en ont pipé mot. Tous ont passé sous silence le fait que Loubna milite contre la flagellation des femmes instaurée en vertu de la charia islamique en vigueur dans le nord du Soudan. Un rédacteur en chef d’un important journal, dont l’identité n’a pas été révélée, a déclaré à l’AFP que les médias ne sont pas autorisés à mentionner le nom de Loubna tout en indiquant que le dossier «embêtait» les autorités. Loubna n’est pas allée jusqu’à rejeter la charia mais elle soutient que l’article incriminé viole la Constitution soudanaise. L’organisation de défense des droits de l’Homme, Amnesty International, a exhorté ce week-end les autorités soudanaises à abroger la loi. Selon cette organisation, telle qu’elle est rédigée «il est impossible de savoir ce qui est décent ou indécent», ce qui laisse place à l’arbitraire des policiers, ajoute l’organisation, qualifiant cette loi de «discriminatoire».            

Par Larbi Graïne et agences

 

Dernière minute

La journaliste soudanaise Loubna Ahmed al-Hussein, incarcérée pour avoir porté un pantalon jugé «indécent», a été libérée hier, a annoncé  le président de l’Union des journalistes soudanais.

R.N.

 

La question du jour

Des fièvres pour une rentrée

Finalement, comme on pouvait s’y attendre, le craindre ou l’espérer, la rentrée sera chaude. Fiévreuse même. Mais elle ne le sera pas parce que la conjonction des dépenses liées à la rentrée scolaire et celles dues à l’Aïd est un mélange particulièrement explosif, qui ne manquerait pas, croit-on savoir, de produire tous ses effets. Elle ne le sera pas non plus parce que Saïd Sadi compte y apporter son grain de sel en publiant un livre comportant des révélations terribles sur le passé de harkis de certains gros bonnets, ce qui à lui seul est de nature à mettre le feu aux poudres. A eux trois ces éléments constituent un cocktail Molotov particulièrement inflammable en effet, qui, en d’autres circonstances, aurait pu embraser la scène. Mais c’était compter sans une autre fièvre, qui n’entend pas selon toute apparence se laisser ravir la vedette : la grippe «porcine».

 Il semble bien que ce soit elle qui polarisera l’attention de l’opinion, refoulant à l’arrière-scène tous les autres motifs de laisser éclater les mécontentements habituels ou  saisonniers. Et pour cause, ce sont les enfants qu’elle menace en tout premier lieu. Si elle était appelée à se transformer en épidémie, c’est par leur biais qu’elle passerait. Or, qu’elle s’apprête à attaquer, personne n’en doute. Elle commence déjà, en France notamment où elle a provoqué des fermetures de classes, à faire des siennes.

 Le cas est sans précédent dans l’histoire par la mobilisation qu’il suscite. Le monde entier est sur le pied de guerre pour circonscrire une épidémie déclarée voilà des semaines, et dont on savait qu’elle allait frapper à nouveau, et en grand, dès que les écoles rouvriraient leurs portes.

En Occident, on ne compte plus les cas, parce que la grippe s’étant déjà répandue, cela n’est plus possible.  Néanmoins, la parade est fin prête, les accessoires aussi, l’on n’attend plus que le moment idoine pour lancer les grandes opérations. C’est une guerre, d’un genre spécial, que l’on va mener. Comme dans toute guerre, il y aura des morts : en particulier des enfants et les plus fragiles d’entre les adultes, ces deux catégories constituant les cibles de prédilection de l’ennemi à réduire.

 Nous n’en sommes pas au même point ici. L’on continue en Algérie, comme dans toute la région, du moins à ce qu’il semble, à compter les personnes atteintes individuellement. Ce qui n’est pas pour étonner, étant donné d’une part, que la grippe a pris un certain temps avant de s’y déclarer, et de l’autre que, par manque de visas notamment, les populations de cette région ont moins d’opportunités de voyager  à l’étranger. Les autorités sanitaires, à ma connaissance, n’ont pas encore parlé de foyer local de propagation, mais il va de soi que c’est déjà le cas. Et le pays n’a encore enregistré aucun décès. Toutefois, le ministre de l’Education a déjà fait savoir que la fermeture des écoles est une option envisageable.

 Le scénario le plus probable, c’est celui de la pandémie se répandant comme un feu de brousse, entraînant les désordres, les pa-niques, et les inconvénients qu’on imagine. La fermeture des écoles semble difficilement évitable.

 Dans des circonstances aussi exceptionnelles, la rentrée la plus explosive peut très bien se révéler la plus paisible, socialement et politiquement parlant. Les brûlots eux-mêmes courent le risque de ne pas produire les effets qu’on en escompte. Néanmoins, s’ils tiennent leurs promesses, ce ne sera pour eux que partie remise. La grippe ne va pas tenir l’affiche éternellement après tout. Il arrivera bien un moment où elle commencera à refluer, à plier bagage. Pour laisser place à d’autres fièvres, qui ne s’en prennent pas aux enfants quant à elles.

 Bien entendu, on peut toujours penser que les choses se passent différemment, que bien loin de neutraliser ces autres fièvres, la grippe «porcine» s’y ajoute au contraire, comme l’huile sur le feu, comme le petit chouia qui fera que la mayonnaise non seulement ne rate pas, mais prenne au contraire à un degré inespéré, magnifiquement, prodigieusement. Cette tournure des événements n’est pas à écarter, en particulier si la grippe provoque plus de décès qu’il n’est raisonnable. Sait-on jamais ? N’a-t-on pas déjà mis en garde le gouvernement contre toute incurie de sa part, que certains considèrent d’ores et déjà comme inéluctable.         

Par Mohamed Habili 

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L'Edito Du Jour

Par

Nadjib Stambouli

Menaces ou ballons sondes

A écouter les syndicats autonomes de l’Education, le Cnapest emboîtant le pas au CLA, on envelopperait la rentrée scolaire dans une nuée d’angoisse et d’inquiétude. Grèves, boycotts, menaces brandies y compris par les adjoints de l’Education, il n’y a assurément pas de quoi placer cette rentrée scolaire sous les augures les plus optimistes. Déjà que le niveau des potaches, tous paliers confondus, n’est pas des plus reluisants, une économie de ce genre de perturbations ne lui ferait pas trop de mal. Avec tout le respect dû à la gent enseignante et à ses revendications, globalement légitimes, ce genre de menaces n’est pas pour redorer le blason de cette corporation. L’accusation d’être responsable du niveau catastrophique des élèves n’est pas une injustice, hormis les exceptions d’instituteurs et de professeurs dévoués à leur noble vocation de dispense du savoir. Les actions menées pour satisfaire leurs revendications, sous forme de grèves qui tirent en longueur, ne sont pas pour tempérer cette accusation. Par contre, tous les concernés par le secteur de l’Education, c’est-à-dire les parents d’élèves, donc la société entière, comprendrait et même soutiendrait fermement ce type d’actions si elles étaient l’aboutissement de démarches (non satisfaites) et de tentatives de dialogue (sans écho) avec la tutelle, ce qui est apparemment loin d’être le cas. La formule «d’élèves pris en otages» n’est pas une invention vide de sens et l’on risque fort de s’y retrouver en cette orée de saison scolaire.

N. S.

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