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En tournée promotionnelle de son nouvel album «Tawriqt tacebhant» (Feuille blanche)

Lounis Aït Menguellet reprend son bâton de pèlerin

 09/09/10

En tournée promotionnelle de son nouvel album «Tawriqt tacebhant» (Feuille blanche)

Lounis Aït Menguellet reprend son bâton de pèlerin

Cette tournée qui l’a mené dans la capitale de l’Est (Constantine) était une occasion pour le ciseleur du verbe de promouvoir et interpréter des titres de son denier album intitulé «Tawriqt tacebhant» (Feuille blanche)  riche de 7 chansons et sorti récemment dans les bacs.

Après Tizi Ouzou, où Aït Menguellet a chanté en duo avec le King du rai, cheb Khaled, ensuite Alger, où il a animé le 31 août dernier un concert grandiose à la salle Atlas de Bab El Oued, le chanteur  poète a repris son bâton de pèlerin.

Ainsi, l’artiste et poète Lounis Aït Menguellet s’est produit avant-hier à Constantine devant un public très accueillant  où de nombreuses constantinoises n’ont été avares ni de costumes kabyles ni de danses, encore moins de youyous, chantant en chœur les morceaux d’un répertoire pourtant bien garni, et revisitant avec une émotion intense les vieux succès d’il y a plus de 37 ans. Confiant dans son art et grisé par une passion incommensurable pour le verbe, le jeune kabyle qui s’accommoda, le temps de son service national (1971-1973), d’une guitare pour tromper l’ennui, était loin de savoir que le destin qui l’a fait séjourner dans un «fendek», lieu sacré des «hchaïchia» (amateurs de vers et de musique), et qui représente dans la mémoire populaire de Constantine le temple traditionnel des mordus de chant et de musique, allait le placer à la croisée des chemins. «J’ignorais que c’était un lieu de retrouvailles d’artistes», confessa-t-il lors de la conférence de presse qui a précédé le gala. Entouré de ses vieux «potes» de vocation, qui formaient son orchestre d’antan, Laâchi Amer (percussion) et les guitaristes Amaouz Hussein et Bousaâd Beriane, en compagnie de Ahmed Ben Zahi (violon), venus à l’occasion le retrouver, Aït Menguellet, avec son retour dans la cité des ponts suspendus, a créé l’événement en ce lundi pluvieux qui vit l’artiste se promener dans les venelles sinueuses de ses souvenirs. Ecrite sous le signe des «retrouvailles», l’histoire de Aït Menguellet avec Constantine, comme le présage ce premier retour depuis 1971, semble faite pour vaincre le syndrome de «la feuille blanche» (titre de son dernier album), intitulé en tamazight, «Tawriqt tacebhant». Car ses fans à Constantine attendaient d’inscrire le nom de cet enfant du Djurdjura sur les parois du vieux Rocher depuis bien longtemps. Un vœu auquel l’artiste a répondu présent dès qu’une «offre sérieuse et professionnelle s’est présentée», a-t-il assuré. Epaulé par ses deux fils et un orchestre qui a fait vibrer la grande salle du palais de la culture Malek- Haddad, pourtant trop exiguë pour accueillir un public «embrasé» faisant fi d’une climatisation en panne et qui continuait a affluer pour se contenter, souvent, de rester dans le hall du palais, l’invité de Constantine, dignement fêté et enivré par tant d’ardeur, a rallongé son programme au grand plaisir de ses hôtes.  Présentant son nouvel album «Tawriqt tacebhant», riche de 7 chansons, et reprenant en chœur avec le public constitué majoritairement de familles dont des mémés dansant sous les youyous avec des jeunes filles, des jeunes et des moins jeunes, de grands succès comme «Iylem»(Allez-y), «JSK», «Sangua Anrouh» (pour partir). Le public qui était au rendez-vous avec l’amour, l’espoir, l’attente passionnée et même la trahison dans «Tedjey Wahdi», épris par la beauté des textes, sous la houlette du poète ou du philosophe, en redemandait encore. Une marque d’amour manifeste qui a conduit les organisateurs à se montrer «désolés de ne pas avoir organisé le gala dans un espace plus aéré», pensant même que le stade «Hamlaoui» (ex-17 juin), n’aurait pas désempli.

Les files qui s’allongeaient encore après 1 heure du matin en attendant de faire dédicacer les albums et le livre de l’auteur de «Ketchini Rouh», ont largement témoigné du bonheur de la ville de Constantine de recevoir un tel invité de marque dont le concert aura été, de l’avis de nombreux spectateurs, un franc succès.

Synthèse de Yazid M

 

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