|
En tournée promotionnelle
de son nouvel album «Tawriqt tacebhant» (Feuille blanche)
Lounis Aït Menguellet
reprend son bâton de pèlerin
Cette tournée qui l’a mené
dans la capitale de l’Est (Constantine) était une occasion pour le ciseleur du
verbe de promouvoir et interpréter des titres de son denier album intitulé «Tawriqt
tacebhant» (Feuille blanche) riche de 7 chansons et sorti récemment dans les
bacs.
Après Tizi Ouzou, où Aït
Menguellet a chanté en duo avec le King du rai, cheb Khaled, ensuite Alger, où
il a animé le 31 août dernier un concert grandiose à la salle Atlas de Bab El
Oued, le chanteur poète a repris son bâton de pèlerin.
Ainsi, l’artiste et poète
Lounis Aït Menguellet s’est produit avant-hier à Constantine devant un public
très accueillant où de nombreuses constantinoises n’ont été avares ni de
costumes kabyles ni de danses, encore moins de youyous, chantant en chœur les
morceaux d’un répertoire pourtant bien garni, et revisitant avec une émotion
intense les vieux succès d’il y a plus de 37 ans. Confiant dans son art et grisé
par une passion incommensurable pour le verbe, le jeune kabyle qui s’accommoda,
le temps de son service national (1971-1973), d’une guitare pour tromper
l’ennui, était loin de savoir que le destin qui l’a fait séjourner dans un «fendek»,
lieu sacré des «hchaïchia» (amateurs de vers et de musique), et qui représente
dans la mémoire populaire de Constantine le temple traditionnel des mordus de
chant et de musique, allait le placer à la croisée des chemins. «J’ignorais que
c’était un lieu de retrouvailles d’artistes», confessa-t-il lors de la
conférence de presse qui a précédé le gala. Entouré de ses vieux «potes» de
vocation, qui formaient son orchestre d’antan, Laâchi Amer (percussion) et les
guitaristes Amaouz Hussein et Bousaâd Beriane, en compagnie de Ahmed Ben Zahi
(violon), venus à l’occasion le retrouver, Aït Menguellet, avec son retour dans
la cité des ponts suspendus, a créé l’événement en ce lundi pluvieux qui vit
l’artiste se promener dans les venelles sinueuses de ses souvenirs. Ecrite sous
le signe des «retrouvailles», l’histoire de Aït Menguellet avec Constantine,
comme le présage ce premier retour depuis 1971, semble faite pour vaincre le
syndrome de «la feuille blanche» (titre de son dernier album), intitulé en
tamazight, «Tawriqt tacebhant». Car ses fans à Constantine attendaient
d’inscrire le nom de cet enfant du Djurdjura sur les parois du vieux Rocher
depuis bien longtemps. Un vœu auquel l’artiste a répondu présent dès qu’une
«offre sérieuse et professionnelle s’est présentée», a-t-il assuré. Epaulé par
ses deux fils et un orchestre qui a fait vibrer la grande salle du palais de la
culture Malek- Haddad, pourtant trop exiguë pour accueillir un public «embrasé»
faisant fi d’une climatisation en panne et qui continuait a affluer pour se
contenter, souvent, de rester dans le hall du palais, l’invité de Constantine,
dignement fêté et enivré par tant d’ardeur, a rallongé son programme au grand
plaisir de ses hôtes. Présentant son nouvel album «Tawriqt tacebhant», riche de
7 chansons, et reprenant en chœur avec le public constitué majoritairement de
familles dont des mémés dansant sous les youyous avec des jeunes filles, des
jeunes et des moins jeunes, de grands succès comme «Iylem»(Allez-y), «JSK», «Sangua
Anrouh» (pour partir). Le public qui était au rendez-vous avec l’amour,
l’espoir, l’attente passionnée et même la trahison dans «Tedjey Wahdi», épris
par la beauté des textes, sous la houlette du poète ou du philosophe, en
redemandait encore. Une marque d’amour manifeste qui a conduit les organisateurs
à se montrer «désolés de ne pas avoir organisé le gala dans un espace plus
aéré», pensant même que le stade «Hamlaoui» (ex-17 juin), n’aurait pas désempli.
Les files qui s’allongeaient
encore après 1 heure du matin en attendant de faire dédicacer les albums et le
livre de l’auteur de «Ketchini Rouh», ont largement témoigné du bonheur de la
ville de Constantine de recevoir un tel invité de marque dont le concert aura
été, de l’avis de nombreux spectateurs, un franc succès.
Synthèse de Yazid M
Haut
Copyright 2003 Le Jour d'Algérie. Conception
M.Merkouche
|