Événement

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Mosquées, mausolées et cimetières

Un Aïd sous surveillance

Tribunal d’Alger

Un père de famille condamné pour avoir volé de la nourriture

Accusé dans une grosse affaire de fuite de devises

Un vétéran de la Banque d’Algérie arrêté

Le Ramadhan s’achève

L’action du gouvernement reste timide

Audition de Harraoubia

L’université s’apprête à accueillir 1,2 million d’étudiants

Après un statu quo d’un mois

Les dossiers qui fâchent 

Benbouzid estime que leurs revendications sont illégitimes

Les intendants poursuivent leur grève

Développement local

Une enveloppe de 420 milliards DA pour Béjaia

Jeûneurs violents et criminels

Ramadhan, nervosité  et  couteaux

Suspendues pendant le mois de ramadhan

Les fêtes de mariage reprennent après l’Aïd

Gestion irrationnelle des hôpitaux

73 000 équipements médicaux non utilisés

Ouvrages d’art, infrastructures et équipements publics

Retour aux vertus des bureaux d’études

Regard

La matraque dans la tête

 

 09/09/10

Mosquées, mausolées et cimetières

Un Aïd sous surveillance

Les cimetières, les mosquées et les mausolées seront  investis par la police durant les deux jours de l’Aïd.

En prévision de l’Aïd El-Fitr, les services de sécurité ont mis au point un certain nombre de mesures afin de sécuriser les villes du pays en général, et en particulier la capitale. Les mosquées, mausolées et les cimentières seront totalement sécurisés durant l’Aïd, selon le colonel. Larbi Abdelkader, commandant du groupement de la Gendarmerie nationale de la wilaya de Bordj Bou Arréridj ajoute que la GN a mobilisé plusieurs de ses éléments afin de mieux sécuriser les lieux de culte. Pour sa part la DGSN a mobilisé plusieurs centaines de policiers à travers ces mêmes  lieux. Les mausolées sont également concernés par ce plan sécuritaire spécial Aïd. Selon le commissaire de la police judiciaire de la wilaya d’Alger, B. Bellaâssal, les cimetières, les mosquées et les mausolées seront investis par la police durant les deux jours de l’Aïd. Si la menace terroriste est sérieusement prise en compte dans le dispositif, il n’en reste pas moins que la recrudescence de la criminalité sous toutes ses formes contraint aujourd’hui les services de sécurité, police et gendarmerie à renforcer les moyens de lutte contre ce phénomène. Le  groupement de la gendarmerie de la wilaya d’Alger a décidé de prolonger son plan «Delphine» après l’Aïd, cela pour meilleure couverture sécuritaire. Il s’agira ainsi d’assurer le maximum de sécurité pour les milliers de familles qui se déplaceront en masse dans les cimetières et les mosquées durant l’Aïd. Le plan «Delphine» concerne près de 20 wilayas côtières. En vigueur depuis juin dernier, ce plan a déjà prouvé son efficacité. Quelque 500 gendarmes supplémentaires issus des groupements des wilayas viendront renforcer le dispositif mis en place dans la capitale, spécialement pour l’Aïd. Par ailleurs, les services de sécurité renforceront la surveillance des mosquées pendant l’accomplissement par les fidèles de la prière de l’Aïd El-Fitr et même les autres prières de la journée. Les terroristes salafistes qui continuent d’infiltrer les lieux de culte, malgré les dispositifs mis en place par les services de sécurité, saisiront certainement l’occasion de la fête de l’Aïd pour tenter de commettre un attentat d’envergure. Surtout que cette année la fête de l’Aïd coïncide avec le 11 septembre, date symbolique pour les djihadistes d’Al Qaïda. C’est dans l’objectif de contrecarrer cette nouvelle offensive des salafistes que les lieux de culte connaîtront un contrôle particulier afin d’éviter tout débordement. Il faut préciser également que les lieux publics, tels que les marchés, les salons de thé et les cafés, feront également objet de surveillance. Des instructions ont été données aux services de sécurité afin d’interpeller toute personne suspecte et procéder à la fouille des véhicules suspects afin de mettre en échec toute tentative d’attentat terroriste. Le niveau de vigilance sera à son maximum au cours de cette période que les narcotrafiquants exploitent pour écouler leur drogue sur le marché qui connaît, paradoxalement, une augmentation de la consommation durant le Ramadhan.

Par Sofiane Abi

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Tribunal d’Alger

Un père de famille condamné pour avoir volé de la nourriture

Certaines affaires traitées ces derniers jours du mois de ramadhan sont dignes des mi-sérables tels qu’ils ont été immortalisés par le grand romancier français Victor Hugo. L’accusé qui a comparu devant le tribunal pénal près la cour d’Alger rappelle les circonstances suite auxquelles le personnage principal du roman, Jean Valjean, a été condamné. Il s’est retrouvé au bagne pour une dizaine d’année de travaux forcés pour avoir volé un morceau de pain afin de tromper sa faim. L’accusé qui a été jugé au tribunal d’Alger a été arrêté il y a quelques jours au niveau du marché des Trois horloges à Bab El Oued. Il avait été surpris en flagrant délit de vol de denrées alimentaires pour pouvoir nourrir les membres de sa famille en ce mois de ramadhan. N’ayant pas assez d’argent pour subvenir à leurs besoins, le mis en cause n’a pas hésité à remplir quand même son couffin de poisson, tomates et quelques pots de yaourt qu’il avait pris dans les étals du marché. Surpris par un marchand, le mis en cause a été remis aux forces de l’ordre qui ont établi un PV et le quinquagénaire père de famille de se re-trouver en prison pour vol à l’étalage. Ce dernier a été présenté devant le tribunal pénal de Bab El Oued en première instance pour répondre des faits qui lui sont reprochés. Le juge a prononcé la sentence d’une année de prison ferme à son encontre. L’avocat de l’accusé a introduit un pourvoi en cassation, estimant le verdict trop sévère. L’affaire a donc été transmise  au tribunal pénal près la cour d’Alger pour être traitée une deuxième fois en cour d’assises. Le verdict sera rendu la semaine prochaine au niveau du même tribunal. L’autre affaire, qui n’a pas manqué de soulever l’émoi et qui a heurté la sensibilité de l’assistance, a été traitée hier par le tribunal pénal de Sidi M’hamed à Alger. Il s’agit d’une mère de famille. Elle a été incarcérée puis présentée devant le tribunal pénal près la cour d’Alger pour vol à l’étalage. Celle-ci a reconnu en larmes les faits retenus contre elle, avant d’implorer en sanglots le pardon du tribunal. Les faits de cette affaire remontent à quelques jours lorsque la mère de famille, qui n’avait pas d’argent pour acheter des vêtements à ses enfants, avait pris une petite chemise pour habiller son jeune fils. Prise en flagrant délit par le marchand, la mère de famille a été présentée aux forces de l’ordre. Incarcérée puis présentée  hier devant le juge, la prévenue a été condamnée à la prison avec sursis.   

S. Harirèche

 

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Accusé dans une grosse affaire de fuite de devises

Un vétéran de la Banque d’Algérie arrêté

La Gendarmerie nationale vient de réaliser un grand coup en élucidant une  importante affaire de fuite de devises vers l’étranger. C’est dans la wilaya de Bordj Bou Arréridj que cette affaire a été découverte en 24 février dernier par les éléments de la GN de cette wilaya. Une dangereuse personne spécialisée dans le transfert de devises vers l’étranger a été arrêtée, il y a quelque temps, grâce au minutieux travail mené par les éléments de la GN de Bordj Bou Arréridj. Une enquête très approfondie avait été menée depuis des mois par les gendarmes. «Des informations sont parvenues de sources sûres à la compagnie de la Gendarmerie nationale de Bordj Bou Arréridj, qu’un service de change agréé près la Banque d’Algérie, appartenant au dénommé B.K., âgé de 46 ans, résidant à Bordj Bou Arréridj, procédait au change de sommes considérables de devises (euro et dollar), en contrepartie de dinars à des personnes suspectes, pour la fuite de cet argent en devises hors du territoire national», a annoncé le colonel Abdelkader El Arabi, commandant de ce groupement. Des attestions de change illégal sont rendues par B.K aux profits de ces «clients», cela pour les présenter aux postes frontières justifiant la fuite de devises vers l’étranger. Les éléments de la Gendarmerie nationale ont pu se procurer deux de ces attestations, la première d’une valeur financière de près de 4 000 dollars, remise en échange de 342 000 D.A, et la seconde d’une valeur financière de 7 600 euros, délivrée en contrepartie de 912 000 DA.  Après vérification des deux attestations, les enquêteurs de la GN ont découvert qu’il s’agissait bel et bien de documents illégaux, utilisés dans le but de sortir du pays illégalement des sommes colossales en devises. Au terme de la perquisition du domicile et du bureau de B.K., situés dans la wilaya de Bordj Bou Arréridj et dans lequel il exerçait ses activités de change, utilisant son expérience professionnelle acquise auprès la Banque d’Algérie où il exerçait, les éléments de la GN ont découvert des devises prêtes à échanger pour des clients très spéciaux. B.K. a ouvert dans son propre domicile une agence de change agréée, mais sans respecter le cahier des charges et les clauses concernant la gestion et les transactions avec les clients, selon le commandant du groupement de la wilaya de Bordj Bou Arréridj de la Gendarmerie nationale. C’est à partir de ce bureau que B.K achetait des devises aux émigrés, puis verser ces devises dans un compte spécial au niveau des banques, et obtenait un bénéfice estimé à 1%. L’accusé est un dangereux escroc, selon les gendarmes. Ce dernier promettait des visas pour l’Europe pour ses dizaines de clients et utilisait même les passeports pour acheter et vendre des devises. A ce titre, les clients ne manquaient pas. Ils lui remettaient leurs dossiers complets presque quotidiennement, dont un un passeport, une carte de résidence, une fiche de paye et autres documents nécessaires. Cet ex-fonctionnaire de la Banque d’Algérie  il exigeait de ses «clients» de disposer d’un compte bancaire en devises, son  but était d’utiliser leurs passeports et les présenter aux banques pour l’obtention des sommes fixées légalement pour le change, avant de vendre cet argent à des commerçants, dans son bureau, nous informe le commandant du groupement de la wilaya de Bordj Bou Arréridj de la Gendarmerie nationale.

S. Abi

 

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Le Ramadhan s’achève

L’action du gouvernement reste timide

C’est le 8 août dernier que le staff du gouvernement Ouyahia a repris le  chemin du «travail», une reprise intervenue à la veille du Ramadhan. Voilà que ce mois sacré arrive à sa fin sans qu’il y ait eu une «action gouvernementale importante».

Même certains ministres ont disparu et il aura fallu attendre  la cérémonie de l’ouverture de la session d’automne du Parlement, jeudi dernier, pour les voir. D’autres se sont contentés de préparer les rapports à présenter au Président Bouteflika dans le cadre des auditions devenues une tradition durant le Ramadhan. Mais quel bilan peut-on tirer de l’action du gouvernement depuis maintenant plus d’un mois de sa rentrée de congé ?

Si on essaye d’énumérer «les actions», du moins celles médiatisés de quelques membres du gouvernement, le bilan reste vraiment «très maigre». Parfois d’ailleurs, il ne s’agit même pas d’actions mais juste «de sorties médiatiques», par exemple visiter un marché et voir les prix de produits de large consommation flamber sans pouvoir réagir alors que tout un plan de régulation a été annoncé. Ou bien visiter un hôpital et insister sur le respect des normes alors que ce problème ne date pas d’aujourd’hui et les réformes engagées peinent à aboutir à une nouvelle culture de prise en charge des patients dans les hôpitaux algériens.  D’autre part, la pénurie de médicaments destinés aux maladies chroniques et même quelques vaccins n’a pas été réglée, malgré l’annonce de leur importation. Sans oublier le dossier de la protestation qui se prépare par les syndicats de la Santé, sachant que jusqu’à présent aucune solution n’a été annoncée pour prendre en charge les préoccupations des médecins et le personnel de la santé.

Pour ne pas citer que la Santé, la Solidarité s’est limitée à distribuer des couffins et le ministre a participé au «Iftar» devant les caméras de télévision, alors que le dossier des démunis, disparus et autres  dans notre pays reste des plus complexes. En tout cas, la protestation menée par les familles des disparus témoignent de la nécessité d’un traitement plus approfondi de cette question.

En outre, l’Education nationale qui a battu le record en matière des grèves menées par les syndicats du secteur, son ministre n’a trouvé que la «menace» comme solution pour répondre à la protestation sociale annoncée par quelques syndicats  à la veille de la rentrée scolaire. Ainsi, la répétition du scénario  de mener une grève en début d’année scolaire n’est pas écartée. Le bras de fer entre un ministre qui dirige le secteur depuis plus de dix ans et des syndicats des enseignants et d’autres personnels de l’Education est toujours d’actualité. D’autre part, cette rentrée qui interviendra au troisième jour de l’Aïd  semble être une nouvelle grande charge pour les parents qui doivent assurer de nouvelles dépenses dans un temps record avec l’achat de la longue liste des affaires scolaires et autres.

Il est à souligner qu’on n’entend plus parler de certains ministres qui sommeillent toujours. Il faut peut-être attendre quelques semaines  pour en savoir plus et voir «une vraie» activité au niveau des ministères de la Prospective, l’Industrie, la Pêche, le Tourisme et autres.

Par ailleurs, on se demande pourquoi les statuts particuliers figurent parmi les revendications des travailleurs de plusieurs secteurs vu leur relation avec le versement des indemnités dans le cadre du l’application du nouveau régime indemnitaire ? Et pourquoi il n’y a que trois textes de loi qui ont été soumis au bureau de l’Assemblée populaires nationale (APN) ? Ainsi, en dehors de la validation de plusieurs points importants traités dans le cadre du dernier Conseil des ministres portant sur les décisions prises dans le cadre de la loi des finances complémentaires de 2010, notamment la lutte contre la fraude et la corruption, beaucoup de dossiers restent à la traîne.    

Par Nacera Chenafi

 

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Audition de Harraoubia

L’université s’apprête à accueillir 1,2 million d’étudiants

Prévue dans un mois, la nouvelle rentrée universitaire 2010-2011 accueillera un effectif global prévisionnel de 1 230 000 étudiants, tous cycles confondus. Ce chiffre ressort de la communication présentée par le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Rachid Harraoubia, à l’occasion de l’audition de Ramadhan qui a été consacrée la semaine passée à son secteur, et dirigée par le président de la République. En fait, le secteur accueillera pour cette rentrée 237 543 nouveaux bacheliers et la sortie estimée, au terme des sessions de juin et septembre 2010, de 186 000 diplômés. Quant aux capacités d’accueil globales, elles atteindront, selon le compte rendu de la réunion restreinte établi par la Présidence de la République, 1 302 000 places pédagogiques et près de 558 000 lits d’hébergement, dont 118 000 places et 86 000 lits qui seront réceptionnés à la prochaine rentrée universitaire.

En outre, le réseau universitaire sera enrichi par la création de 2 centres universitaires, 5 écoles préparatoires ainsi que la création de 55 nouvelles résidences universitaires, a-t-on ajouté dans le communiqué officiel rapporté par l’APS. Abondant dans le sens des réalisations de l’année universitaire écoulée, Harraoubia a fait savoir que dans son secteur le système de téléenseignement a connu un développement notable, par l’extension du réseau de visioconférence et des plates-formes de e-Learning. Toujours au sujet de l’utilisation des nouvelles technologies, le ministre a mis en exergue le développement des ressources électroniques, lesquelles ont permis, par la numérisation des contenus, d’étendre le réseau inter bibliothèques universitaires, est-il également mentionné dans son bilan pour 2010-2011. 

Pour ce qui est des perspectives au niveau du département de l’Enseignement supérieur, il est question du parachèvement de l’«effort» par la réalisation du Réseau national de recherche et d’enseignement, actuellement en phase d’études, lit-on dans la rapport rendu public par la Présidence. 

En termes d’encadrement des étudiants, le rapport renseigne que le taux d’encadrement actuel est de l’ordre de 1 enseignant pour 28 étudiants. Les efforts de l’Etat ont également été orientés vers l’octroi de bourses à l’étranger au profit des enseignants. Ainsi, le programme de formation à l’étranger a permis de faire bénéficier 520 maîtres assistants d’une bourse d’étude pour la finalisation de thèse, 89 professeurs et maîtres de conférences d’un séjour scientifique d’une année et 100 étudiants majors de promotion d’une préparation d’un doctorat.

Les sujets abordés lors de l’audition ont également tourné autour du plan quinquennal 2010-2014. Il est donc prévu, selon le ministre, la réalisation et l’équipement de 322 000 places pédagogiques, 161 500 lits d’hébergement et 22 restaurants centraux ainsi que des équipements didactiques, scientifiques et informatiques.

Ceci dit, il n’a été à aucun moment signalé que l’audition a évoqué l’épineux problème des grèves des enseignants universitaires et les retards habituels dans l’achèvement des programmes. Le sujet de la reconnaissance des diplômes algériens à l’étranger n’a pas été non plus abordé.

Synthèse : Hafid M.

 

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Après un statu quo d’un mois

Les dossiers qui fâchent 

Beaucoup de promesses ont été faites et leur concrétisation devait intervenir juste au retour de cette fête religieuse qui boucle un mois de jeûne et de dépenses.

La reprise, après l’Aïd, sera des plus dures. Pas seulement pour les petites bourses mais aussi pour les responsables appelés à faire face à des situations extrêmes et compliquées. Des dossiers en suspens mettent devant un vrai test de vérité les gouverneurs et risquent d’influer sur la situation socioprofessionnelle des simples travailleurs. Beaucoup de promesses ont été faites et leur concrétisation devait intervenir juste au retour de cette fête religieuse qui boucle un mois de jeûne et de dépenses. Il faut dire que le début de la descente aux enfers a été  déjà entamé avec la grève des intendants. Et le risque de voir d’autres syndicats recourir à la protestation n’est pas à écarter, notamment dans le secteur de l’Education qui, à l’accoutumée, se trouve au centre de toutes les tensions. « Menaces et promesses non tenues », c’est en cela que se résume l’idée que les travailleurs se sont faits de leur tutelle. Quant à leurs revendications socioprofessionnelles, ils attendent le retour de l’Aid pour voir encore plus clair. Le constat n’est pas meilleur dans le secteur de la Santé. Bien que rien de positif ne se dégage encore des pourparlers ouverts par le ministère avec les syndicats, il est toutefois à craindre que les négociations ne débouchent sur un cul de sac. En fait, aux insuffisances que connaît le secteur et qui se répercute négativement sur la prise en charge des malades, s’ajoute le spectre de la grève. Suite aux conséquences de la grève de trois mois observé l’année passée, par les praticiens de la santé publique, il est à dire que l’objectif premier qui incombe au premier responsable du secteur et de veiller sur la disponibilité des médicaments, la continuité du service, mais aussi à satisfaire les revendications des travailleurs. Cependant, il n’y a pas que la fonction publique qui croule sous le poids des problèmes. Le secteur privé et la problématique de l’application des augmentations de salaires décidées, lors de la dernière tripartite, continue de constituer un vrai casse tête. Une tripartite, Gouvernement, patronat et Centrale syndicale est prévue, avant la fin de l’année en cours. Des milliers de travailleurs en parlent et l’attendent, d’ores et déjà. Outre le front social, il est à relever également, que de plus en plus de citoyens s’intéressent, curieusement, à la réponse qui sera apportée par le bureau de l’APN à la proposition de loi incriminant le colonialisme français. La session d’automne du parlement a été ouverte, la semaine dernière, et l’on s’attend toujours à une réaction des députés signataires de cette proposition. Ces questions et bien d’autres ont été occultées par le mois de Ramadhan, un mois durant lequel l’attention des citoyens s’est portée plutôt sur la cherté des prix et l’attentes de l’Iftar. Le lancement du plan quinquennal, les scandales et la lutte contre la corruption accrocheront également l’opinion publique et feront le cauchemar des officiels. Sur le plan partisan, ce sera le début de la course et de la mobilisation en prévision des échéances électorales de 2012. Aussi, faut-il s’attendre, à encore plus de polémique sur la mosquée d’Aghrib et la mort du Colonel Amirouche. A davantage d’appréhension de la recrudescence des attentats terroristes mais surtout suite au recours systématique des occidentaux au paiement des rançons en contre partie de la libération de leur otages détenus par l’AQMI. Ce sont, entre autre, les sujets qui meubleront l’actualité nationale durant les prochains mois.      

Par Aomar F  

 

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Benbouzid estime que leurs revendications sont illégitimes

Les intendants poursuivent leur grève

Les intendants de l’éducation nationale défient Benbouzid. Initiée par la Coordination nationale du personnel d’intendance de l’éducation (CNPIE), la grève des employés des services économiques du secteur de l’éducation se poursuit pour le cinquième jour consécutif, et ce en dépit des menaces du département de Benbouzid. Ce dernier a souligné avant-hier que les revendications des intendants sont « sans fondement ». Réagissant à ces déclarations, la CNPIE a décidé de riposter à la tutelle par le maintien du mouvement de débrayage. Contacté, Hamzaoui Rachid, membre de la CNPIE affirme que les accusations du ministre « ne font pas reculer les intendants qui sont déterminés à poursuivre leur protesta jusqu’à l’aboutissement de leurs revendications socioprofessionnelles ». « Le ministre, par ses déclaration, envisage de redorer le blason de son secteur à la veille de la rentrée scolaire. Ce n’est qu’un discours politique, puisque la réalité est amer », estime ce syndicaliste. Contrairement aux affirmations du ministère qui a souligné que « la prime de documentation est versée uniquement aux enseignants », notre interlocuteur précise que les intendants ont aussi le droit à cette indemnité conformément à la loi. M.Hamzaoui, rappelle dans ce sens, le décret exécutif 10-78 du 24 février 2010 qui institue l’indemnité d’expérience professionnelle (IEP) et l’indemnité de la documentation pédagogique (IDP) au profit des « économes ». Pis encore, le représentant de la CNPIE s’interroge sur le fait que « les adjoint d’éducation, malgré leur statut d’administrateurs, ont bénéficiés des deux indemnités », ce que notre interlocuteur considère « d’exclusion et de marginalisation ». «Après la promulgation du décret exécutif 10-78 notre corps a été marginalisé et exclu du bénéfice des indemnités d’expérience et de documentation pédagogiques», déplore M. Hamzaoui qui appelle la tutelle «réparer cette injustice ». « Il ne s’agit pas d’une omission parce que les deux indemnités ne sont pas accordées, mais plutôt d’une exclusion volontaire de la tutelle à l’égard des économes», soutient-t-il encore. S’agissant des augmentations salariales que le ministre de la tutelle a déclaré qu’elles sont à l’ordre de 9 000 DA, notre interlocuteur contredit les propos de Benbouzid affirmant que les récentes augmentations accordées aux intendants « ne dépassent pas les 800 DA ». « Le ministre a comptabilisé la prime de rendement et l’augmentation sur salaire pour tirer ce chiffre. En réalité l’augmentation est insignifiante par rapport à celle accordée aux enseignants », explique M. Hamzaoui. Pour maintenir la pression sur la tutelle, les intendants qui représentent de 6% (soit 20 000 fonctionnaires) du personnel exerçant dans le secteur de l’Education nationale comptent aller jusqu’au bout dans leur mouvement de protestation. «Les économes sont déterminés à arracher leurs droits et à l’aboutissement de leur revendication notamment la reconnaissance du statut de l’éducateur», soutient ce syndicaliste soulignant que l’impact financier des deux primes est estimé à 12 milliards de centimes, soit 0.87% du budget du ministère de l’Education. A rappeler que Benbouzid a signifié « aux économes »,  lors de l’ouverture des travaux de la conférence nationale des directeurs de l’éducation que « les intendants demandent des choses impossibles à satisfaire ». Le ministre a expliqué également que cette situation ne dépend pas du ministère, mais relève, plutôt, de la réglementation nationale. Ces déclarations ont provoqué l’ire des employés des services économiques des établissements scolaires, en annonçant le maintien de leur débrayage. Une réunion de la commission de suivi relevant de la CNPIE aurait été tenue hier pour statuer sur l’avenir de ce mouvement de protestation. Au moment où nous mettons sous presse, aucune décision n’a filtré de cette rencontre. 

H.L.

 

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Développement local

Une enveloppe de 420 milliards DA pour Béjaia

La wilaya de Bejaia a bénéficié d’une enveloppe financière estimée à 419 milliards de DA dans le cadre du programme quinquennal 2010 – 2014 » a-t-on indiqué dans un communiqué de presse qui nous  a été adressé par la cellule de communication de la wilaya. Et c’est le secteur des travaux public qui a eu « la part du lion »  avec 288,5 milliards DA (soit 62% de l’enveloppe). En effet, la réalisation de la pénétrante autoroutière, est l’un des grands projets qui coûtera chère à l’Etat et qui va consommer une grande partie du budget réservé au secteur sans oublier  la modernisation de 256 KM de routes et de divers travaux maritimes et autres trémie et tunnels. Le secteur de l’habitat, qui reste un pan important dans la mesure le logement constitue l’une des demandes les plus forte de la population a accrédité une enveloppe financière de 59,5 milliards DA pour un programme 31500 logements. Ce programme est réparti sur 16000 logements ruraux, 9500 logements sociaux et 6000 logements participatifs. « Le programme de logements sera renforcé progressivement en fonction de l’avancement des travaux et du dégagement des assiettes foncières » précise-t-on puisque 2000 logements sociaux sont affectés déjà. S’agissant du secteur de l’énergie,  le communiqué indique qu’un programme de gaz de ville est tracé dans le plan quinquennal et 50 000 foyers vont être raccordées. Comme ça la wilaya aura un taux de raccordement dépassant les 60% en 2014 alors qu’il est à 26% ou un plus actuellement. Le programme prévoir aussi le raccordement de 3410 foyers en électricité. Au total, une enveloppe de 9,5 milliards de dinars y est accréditée. Par ailleurs, le secteur de la jeunesse et des sports a bénéficié de 03 milliards de dinars pour la réalisation de 02 salles omnisports de 500 places, 11 maisons de jeunes, 07 complexes sportifs de proximités, 08 salles polyvalentes, 04 auberge de jeunes, 16 aires de jeux, 05 piscines, 02 terrains de football et 02 camps de jeunes. Un programme ambitieux de nature à prendre en charge non jeune sportif et les activités de loisir récréatif et autres de nos jeunes. « La première année du plan quinquennal à savoir l’année 2010 est déjà entrée dans une phase active puisque la wilaya a reçu au tire 2010 une enveloppe financière estimée à 23,3milliards de DA et que la plupart des projets inscrits se trouvent soit en phase d’étude, soit en phase des procédures administratives, soit en cours de réalisation » souligne-t-on dans le même communiqué.

Tarek .B.S.

 

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Jeûneurs violents et criminels

Ramadhan, nervosité  et  couteaux

Incontestablement, Ramadhan tape sur les nerfs et les Algériens sont, par nature, peu adaptés à la gestion de stress et du climat  électrique de ce mois. Tels sont quelques ingrédients qui nourrissent dramatiquement les scènes  de violence et la criminalité durant le mois sacré. 

Ramadhan, ce mois de piété et de recueillement aurait-il un rapport avec les rixes, insultes, injures, coups de gueule, de couteaux ? Il serait absurde  de lui coller des actes de violences, de non-respect et de crime qu’il n’a pas commis et dont la responsabilité concerne  les jeûneurs seuls. Ce n’est pas une nouveauté. C’est plutôt une coutume ancrée dans le comportement d’une bonne partie de jeûneurs qui renouent avec la violence à chaque occasion du mois de carême. C’est le mois où les gens n’ont même pas le courage d’intervenir pour calmer les tensions entre les bagarreurs puisqu’ils finissent, soit à l’hôpital, au commissariat ou même à la prison. Il ne se passe pas un jour sans qu’on assiste à plus d’une bagarre au bus, au quartier, à la maison et n’importe quel autre endroit où se trouvent des jeûneurs vaincus par le carême. La résistance aux lois de la privation n’est pas sans effet sur le comportement des pratiquants. Les moins solides à ces lois n’hésitent pas à faire de la moindre petite bête toute une histoire qui leur permettra de faire éclater leur nerf sur des personnes qui sont pour rien.  Depuis longtemps, la violence verbale, les agressions par armes blanches, les vols créaient, petit à petit, l’image envahissante du quotidien des jeûneurs. Cependant, ce qui est malheureux ce ne sont pas les scènes d’affrontements et de rixes qui se dégénèrent dans un espace limité de temps mais plutôt les nombreux cas de criminalité qui s’enregistrent à chaque mois du ramadhan. Il n’ y a pas plus horrible qu’un fils tue son père ou sa mère  de ses propres mains. Durant l’unique dernière semaine de ce mois, un homme et une femme ont été liquidés  par leur fils. Il s’agit de Fatiha A, âgée de 52 ans, qui a rendu

l’âme le vendredi passé après avoir reçu, affreusement, un coup de couteau en plein cœur  de son …fils. Le crime a eu lieu au domicile de la victime sis à Saint Rémy (Oran). Les voisins  ont témoigné que le drame s’est produit suite à une dispute habituelle de la victime et son fils. A Mascara, c’est le nommé B. Abdelkader, 63 ans, père de 4 enfants qui aura le même sort un jour après. Vers les coups de 16 h  de samedi dernier, Sofiane, son fils adolescent de 16 ans, lui transmet quelques phrases insultantes pour ne pas avoir satisfait sa demande relative à l’achat des vêtements de l’Aïd El Fitr. Pour qu’ensuite, le mal entendu entre père et fils se tourne en drame mettant fin à la vie du père qui reçoit plusieurs coups de couteaux au thorax. Les régions de l’Est ne sont pas en reste en matière de crimes qui surviennent à chaque mois du ramadhan. La ville d’Annaba est réputée pour ses bilans spécifiques en termes d’agressions et de criminalité. Pour le mois sacré en cours, cette ville ne déroge pas à la règle. Durant cette dernière semaine du mois sacré, le quartier de Sidi Salem (Annaba) s’est transformé en théâtre de délinquance quand un jeune de 28 ans, père de deux enfants, attaque un jeune de 18 ans  avec un couteau qui arrête définitivement le souffle de la victime. Un jour après, le  quartier Marzouk Ammar de la commune Sidi Ammar connaîtra  une autre scène de drame, il s’agit cette fois d’une bagarre entre deux jeunes voisins qui a eu lieu une demi-heure avant l’heure de la rupture. La bagarre s’achève avec la mort par des coups de couteaux  d’un jeune de 25 ans par son voisin âgé de 21 ans. Ce  ne sont que quelques exemples de la criminalité ramadhanesque, puisque le vrai bilan serait plus inquiétant d’autant plus que beaucoup de familles restent, pour des considérations sociales, discrètes dans ce genre d’affaires.  

Par Yasmine Ayadi

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Suspendues pendant le mois de ramadhan

Les fêtes de mariage reprennent après l’Aïd

Après avoir observé un temps d’arrêt pendant le mois de ramadhan, les fêtes de mariage reprendront de plus belle à l’issue de l’Aïd El Fitr. Synonyme de vacances et de détente; mais  aussi une occasion pour les retrouvailles de la grande famille, l’été est d’ordinaire la saison la plus indiquée pour les célébrations des cérémonies de mariage. Mais comme le mois sacré est intervenu cette année en plein mois d’août, certaines familles ont préféré repousser la date de la fête pour l’après ramadhan.

Révision du calendrier oblige, les salles des fêtes ont à leur tour été contraintes d’adapter leur agenda en fonction des demandes de leurs clientèles. Afin d’avoir une idée plus précise sur cette dynamique au lendemain de l’Aïd, nous avons pris attache avec Nabil, un gérant d’une salle des Fêtes à Kouba (Alger). Ce dernier nous a appris que les réservations de la salle pour célébrer les fêtes de mariage ont commencé avant l’été même. Selon lui «les personnes intéressées par cette échéance d’après l’Aïd avaient préalablement fait leur calcul et ont fait leur réservation bien avant». En revanche, explique notre interlocuteur, d’autres clients ont dû revoir leurs copies «à quelques semaines, voire à quelques jours du début de Ramadhan». Car en voyant que le temps presse et qu’ils ne s’étaient pas totalement préparés, ils ont opté pour repousser la date de mariage et dans ce cas-là l’après Aïd est la plus appropriée. Par contre, notre interlocuteur a affirmé que même s’ils n’étaient pas nombreux, certains ont organisé leurs mariages pendant Ramadhan. 

L’autre corps de métier concerné par les mariages concerne évidemment les couturières et les magasins spécialisés dans les habits pour les mariées et surtout ceux portés dans la location des robes blanches. A ce niveau, les affaires vont plutôt bien tant que les commandes n’ont pas cessé avant et pendant rama-dhan en prévision de la période qui suit l’Aïd El Fitr.

Ceci dit, même si les fêtes de mariage ont pour la majorité éé suspendues, les festivités, quant à elles, n’ont pas cessé durant les soirées de Carême. Car outre les activités artistiques qui se sont déroulées dans les maisons de culture et théâtres et qui ont permis à certaines familles algériennes de se distraire, les salles des fêtes ont également été le lieu de célébration des occasions survenues suite aux circoncisions des enfants la veille du 27e jour du jeûne.        

En fait, les files de voitures klaxonnant et formant d’interminables cortèges n’est que partie remise, puisque dès le week-end prochain, il faut s’attendre à revoir de nouveau ce spectacle gratuit et grandeur nature. Seulement, et même si les invités aux fêtes de mariages seraient moins exposés aux risques d’intoxication alimentaire du fait de la baisse relative de la température, il faudrait que les automobilistes doublent d’attention car le mois de septembre est souvent accompagné d’averses automnales, qui multiplient les causes qui provoquent les accidents de la route.

Hafid Mesbah

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Gestion irrationnelle des hôpitaux

73 000 équipements médicaux non utilisés

La rationalisation de la gestion des hôpitaux, devenue une «nécessité pour valoriser les acquis du secteur de la santé et les protéger» selon Djamel Ould Abbès, ministre de la Santé Le ministre a également indiqué que le secteur compte 73 000 équipements médicaux dont 10 000 de qualité élevée et non utilisés et plus de 5 000 équipements en panne. Déplorant cette situation qui «ne cadre pas» avec les objectifs de performance, Ould Abbes a souligné que dorénavant, l’acquisition de nouveaux équipements sera soumise à un contrôle et à un suivi rigoureux.  Par ailleurs, le ministre a annoncé, au cours d’un point de presse, que le gouvernement a pris des mesures pour faire face à la rareté de certains médicaments sensibles.  Il a indiqué, à ce propos, que l’Etat a réservé un budget important pour lutter contre la pénurie de produits pharmaceutiques.  Le ministre a précisé, dans ce même contexte, que les établissements hospitaliers publics sont «normalement approvisionnés» en produits pharmaceutiques courants, rappelant à ce propos que le ministère encourage la consommation des produits génériques.

R. T.

 

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Ouvrages d’art, infrastructures et équipements publics

Retour aux vertus des bureaux d’études

Ernest & Young, GTZ, Tecsult-canada, CENEAP, CNERU et d’autres noms ou acronymes aussi séduisants les uns que les autres sont devenus depuis au moins deux décennies les partenaires presque obligés des pouvoirs publics qui commandent des études pour des projets à réaliser.

En considérant les bureaux d’études et agences de consulting, allant des modestes boîtes assistant les agriculteurs dans les montages de projets – procédure exigée par le fonds de soutien géré par la banque de l’agriculture –, jusqu’aux grands établissements se chargeant de l’étude des grands projets d’infrastructures (autoroutes, barrages hydrauliques, grands transferts d’eau…), en passant par les boîtes d’envergure moyenne (études de lignes électriques de basse et moyenne tensions, raccordement de villages ou quartiers au gaz de ville, ouverture de chemins communaux ou vicinaux, réseau AEP, réseau d’assainissement…), l’Algérie est censée avoir une expérience suffisamment longue pour pouvoir dégager les grandes lignes de forces et les zones de faiblesses de ce qui est habituellement appelé «Etudes de projets». Ernest & Young, GTZ, Tecsult-canada, CENEAP, CNERU et d’autres noms ou acronymes aussi séduisants les uns que les autres sont devenus depuis au moins deux décennies les partenaires presque obligés des pouvoirs publics qui commandent des études pour des projets à réaliser. Pour certains projets, les mêmes bureaux qui ont effectué les études sont sollicités pour réaliser le suivi sur le terrain et assister le maître de l’ouvrage dans la procédure de réception des travaux. A la vérité, vu la multiplicité des intervenants en la matière (quelques établissements nationaux et une multitude de bureaux étrangers auxquels l’Algérie est devenue même familière) et vu aussi le contexte de leur intervention, il n’est pas toujours aisé de porter un jugement définitif sur la validité du travail qu’ils ont accompli. Cependant, des failles que l’on ne peut dissimuler sont apparues dans plusieurs études commandées par l’Etat à travers ses démembrements. Parmi les immeubles ou les quartiers qui ont cédé comme des châteaux de cartes dès les premières secousses telluriques de Aïn Témouchent et de Boumerdès, il y en eut dont la raison de l’effondrement tient justement à un déficit d’études (études géotechniques principalement). Soit qu’elles était incomplètes, soit qu’elles étaient fantaisistes, ne répondant au protocole universel connu en la matière. Depuis que l’Algérie s’est lancée dans des plans de développement à grande échelle, matérialisés par des investissements publics ciblant les infrastructures et les équipements, l’on redécou-vre peu à peu les vertus des études devant précéder tout lancement de projet sur le terrain. En effet, sur les trois quinquennats de plans d’investissements publics (1999-2014), ce sont pas moins de 600 milliards de dollars qui auront été injectés dans le développement des bases infrastructurelles du pays. Ce sont des projets structurant appelés non seulement à répondre aux attentes immédiates de la société (réseau de desserte, AEP, électrification, gaz de ville, polycliniques…), mais surtout à servir à mieux asseoir les projets d’investissements destinés à la production et à la création d’emplois (unités de transformations agroalimentaires, ateliers pour jeunes chômeurs ayant obtenu des micro-crédits, grands projets industriels [pharmacie, pétrochimie, électronique, mécanique,…] et d’autres projets issus d’un partenariat avec l’étranger).

L’administration prise de court 

Dans la frénésie de la conception des projets à inscrire dans le cadre des plans de développement, particulièrement ceux engagés sous l’intitulé du Plan de soutien à la relance économique à partir de 1999, la phase des études – considérée pourtant comme la partie la plus importante dans le processus de mise en œuvre de tout projet – a souffert de beaucoup d’aléas dus à la précipitation qui avait gagné alors plusieurs administrations. Cette domma-geable situation renvoie à deux rasions principales : l’impréparation des services concernés par les propositions de projets à réaliser et l’épuisement du potentiel national d’études suite à une ouverture anarchique de notre économie sur le marché. Les conséquences de tels déficits d’études sont nombreuses : des projets qui manquent de solidité et de performance techniques, des marchés souvent appelés à des réévaluations sous forme d’avenants et des surcoûts économiques que supporte inévitablement le Trésor public. Ces trois actes de gestion, ou plutôt de mauvaise gestion, ont en commun une dérive qui a pour nom «dilapidation des deniers publics». Ainsi, les projets d’équipement financés sur le budget de l’Etat – que la source de financement soit sectorielle ou affiliée à un fonds spécial – ont souvent souffert d’une maturation qui puisse garantir leur réussite. La maturation d’un projet commence bien entendu par sa justification sociale ou économique, ce qui renvoie normalement à une étude d’opportunité. Ensuite, vient la deuxième phase, celle de la faisabilité technique, particulièrement lorsqu’il s’agit de grands ouvrages (ponts, viaducs, chemin de fer, barrage hydraulique etc.). Dès que, techniquement, le projet est déclaré viable, il sera appelé à subir l’examen des responsables chargés de l’environnement pour évaluer les retombées de l’ouvrage (en phase de réalisation ou en phase finale) dans le domaine de l’environnement. Cette phase est appelée «étude de l’impact environnemental». C’est un critère important qui s’est imposé à l’échelle du monde à tel point que, pour une demande de financement extérieur d’un projet par exemple, le bailleur de fonds n’accepte de mobiliser son argent qu’après avoir eu accès à l’étude de l’impact environnemental.

Maîtriser les prescriptions techniques

 L’Algérie a eu à se soumettre à cette conditionnalité dès les années 1990 dans le cadre de la réalisation d’un certain nombre de projets qui n’avaient pas encore l’envergure de l’autoroute Est-Ouest ou des grands barrages hydrauliques. Des pistes agricoles ou rurales financées par la Banque mondiale ont reçu des études d’impact pour estimer par exemple les degrés de nuisances (sonores, liées à la disparition du couvert végétal ou au futur passage des véhicules) sur la faune locale. La donne environnementale est devenue, de par le monde, un paramètre incontournable dans tout processus de développement. Lorsque la nécessité s’établit de réaliser l’ouvrage en question malgré les nuisances induites, la balance devrait être rééquilibrée par ce qui est appelé les «mesures d’atténuation» susceptibles de compenser les désagréments charriés par la mise en place de l’ouvrage. C’est ce à quoi nous avons assisté dans le cas précis du passage de l’autoroute Est-Ouest par le territoire du Parc national d’El Kala sur environ 15 kilomètres. Le département des Travaux publics a pris des mesures compensatoires pour permet-tre la continuité du processus biologique dans les espaces attenants à l’autoroute, comme il a fait suivre l’ouvrage entier (1 216 km) d’un espace vert enserrant l’ouvrage sur ses deux flancs. Cette opération a requis la sollicitation des spécialistes chargés des espaces verts, des forêts et du paysagisme. La dernière phase des études avant le lancement des travaux est, bien entendu, l’étude d’exécution. Cette dernière fixe les volumes des travaux, quantifie les apports de matériaux et fournitures, établit les devis (montants des travaux, prestations et fournitures) à l’unité de mesure (mètre carré, mètre cube, mètre linéaire…), puis elle définit les modalités pratiques d’exécution des travaux à effectuer. L’ensemble de données recueillies dans le cadre des études pour la réalisation d’un projet est synthétisé dans un document appelé «cahier de prescriptions spéciales» ou «cahier de prescriptions techniques». Sur la base de l’étude d’exécution est élaboré le cahier des charges qui doit faire l’objet d’une publicité sous forme de consultation ou d’avis d’appel d’offres destinés aux entreprises soumissionnaires.  Ce processus des études qui aboutit à l’élaboration d’un cahier des charges est théoriquement bien connu en Algérie. Dans plusieurs projets, il a été mis à exécution selon le chronogramme requis. Cependant, depuis une quinzaine d’années, des questions fondamentales se posent avec acuité. D’abord, il y a la faiblesse des bureaux d’études publics algériens hérités de l’économie administrée. Cette faiblesse – en ressources humaines, équipement et nouvelles technologies- est la conséquence de la destructuration du tissu des entreprises publiques au cours de ces vingt dernières années.  Les bureaux d’études privés n’ont pas encore acquis l’envergure nécessaire pour prendre le relais.

Partenaire étranger : préjugé défavorable

C’est pourquoi,  plusieurs projets relevant des programmes d’investissements publics mis en œuvre depuis 1999 ont fait l’objet d’études réalisées par des bureaux d’études étrangers. Même les conditions fixées par les cahiers des charges qui ont fait l’objet d’appels d’offres internationaux se sont révélées quelque peu dissuasives par rapport aux capacités des bureaux d’études algériens. Cependant, le constat a été fait – y compris par le président de la République qui eut à le déplorer publiquement dans une instruction datant de décembre 2009 – que le travail effectué par les bureaux d’études étrangers n’est pas au-dessus de tout soupçon. Des erreurs, des malfaçons, des surestimations ont émaillé plusieurs de ces études qui ont trait à des projets aussi bien d’envergure nationale que ceux d’importance locale. Ce sont l’affairisme et l’arnaque dans le secteur des bureaux d’études étrangers qui ont fini par échauder les Algériens, ce qui a conduit la directive présidentielle du 13 décembre 2009 à parler d’«études virtuelles ou fictives qui font l’objet d’un commerce auprès d’opérateurs nationaux. Ces derniers, mal informés, paient le prix fort en devises pour ces études». Les préjugés défavorables qui pèsent aujourd’hui  sur un grand nombre d’études contractées avec des partenaires étrangers posent en termes crus la problématique du degré de développement du potentiel «études» de l’économie algérienne. Sous l’ère de l’économie administrée, et malgré le «volontarisme» politique qui avait tendance à évacuer la dimension technique des projets, des bureaux d’études nationaux ont fait œuvre magistrale lorsqu’ils sont sollicités pour une tâche relevant de leur domaine. Hydraulique, construction, aménagement urbain, paysagisme, architecture, travaux publics et autres secteurs d’activité ont eu leurs bureaux d’études publics. Passés sous le statut d’Epic à partir de la fin des années quatre-vingt du siècle dernier, ils firent les frais d’une politique anarchiquement libérale et ils subirent, sans doute avec plus de dommages, le sort des entreprises publiques qui en arrivèrent à manquer de plans de charges et dégraisser leurs effectifs. Aucun plan de requalification et de mise à niveau n’est venu réhabiliter et promouvoir un potentiel d’études ayant à son actif expérience et riche background. Pire, la fuite des cadres vers des horizons plus cléments (bureaux d’études privés, installation à l’étranger), phénomène renforcé par la politique irréfléchie de la retraite anticipée, a fini par dévitaliser le peu de boîtes publiques qui ont survécu jusqu’au milieu des années 1990.

Réhabiliter l’outil national d’études

Les gestionnaires de l’économie nationale semblent aujourd’hui prendre conscience de cette saignée qui a fait perdre à l’Algérie d’immenses compétences en matière de bureaux d’études.

Le constat est d’autant plus amer que les boîtes privées installées à la faveur des grands programmes d’investissement de l’Etat manquent souvent de tout, à commencer par l’essentiel : la ressource humaine. Hormis le gérant qui peut être un ingénieur, un licencié ou un architecte, les prestations qu’un contrat peut induire pour ces bureaux sont généralement confiées à des «sous-traitants». Le concept de sous-traitant est entendu ici dans le sens de «tâcheron». Topographe, technicien en travaux publics et d’autres agents indispensables sont recrutés à la hâte pour deux ou trois semaines pour faire le travail de terrain. La synthèse est censée être faite par le responsable de la boîte. Sur le plan matériel, les choses ne semblent pas être différentes. En obtenant un marché auprès d’une direction ou d’une APC, le bureau d’études sollicite son maître de l’ouvrage pour la cartographie que le bureau d’études est supposé acheter auprès de l’Institut national de cartographie. Parfois, il le sollicite même pour un bureau dans lequel il va réaliser ses travaux de dessin ou de cartographie. Dans la plupart des cas, ce genre d’insuffisances se répercute directement sur la qualité des prestations d’étude. C’est pourquoi, un effort considérable est attendu des pouvoirs publics pour assister les bureaux d’études publics dans leur mise à niveau aussi bien dans le volet technologique (acquisition du matériel numérique utilisé à travers le monde) que dans le volet de la ressource humaine (formation continue pour l’encadrement). Sur le plan de l’accès à la commande publique, ces bureaux d’études publics – de par les économies de devises qu’ils sont susceptibles de générer au Trésor – espèrent bénéficier d’une attention plus soutenue des maîtres de l’ouvrage qui lancent des programmes d’investissements publics.Une partie du problème trouvera sa solution dans les orientations du nouveau code des marchés publics adopté récemment en Conseil des ministres. Un grand nombre de bureaux d’études algériens – publics et privés – auront ainsi  l’occasion de se redéployer sur le terrain et de renforcer leurs capacités humaines et techniques pour relever le défi d’une implication plus vigoureuse dans l’acte de développement, et ce, à la faveur de la clause qui stipule expressément la préférence nationale à hauteur de 25% dans les

marchés publics d’études, de réalisation de travaux ou de fournitures.   

Par Saâd Taferka

 

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Regard

La matraque dans la tête

«On peut être libre sans être grand, mais on ne peut pas être grand sans être libre» écrivait Jebran Khalil Jebran. Cela s’applique autant aux hommes qu’aux nations et ça demande une profonde méditation, sur sa signification par rapport à ce qui arrive à notre pays.  En défense de l’Islam, nous répond-on à propos des dernières arrestations de «dé-jeûneurs», à Tébessa, à Aïn El Hammam ou à Ouzelaguen.  Dont les derniers ont été dénichés dans un lieu fermé, donc à l’abri des regards et loin de vouloir «provoquer» qui que ce soit. Ainsi, l’Islam aurait besoin d’être défendu, même dans les recoins, par la répression des quelques individus qui auraient un pouvoir démesuré et ignoré, jusque-là,  de mettre en danger une religion qui a résisté à cent trente années de colonialisme. La ficelle est trop grosse  pour passer dans le chas de l’intelligence la plus approximative. L’Islam, aux centaines de millions  d’adeptes à travers la planète, qui loin de résister, avance partout, sur des terres où il est ultra minoritaire, sans policiers, ni procureurs inquisiteurs, aurait besoin de la répression pour régner en Algérie. A New York ou à Paris, à Montréal ou à Marseille, personne n’oblige personne de prier ou de jeûner et les gens qui veulent jeûner jeûnent et ceux qui veulent prier prient. Pas parce qu’une matraque ou un jugement planent sur leurs têtes. Chez nous, à ce rythme, bientôt  des brigades spécialisées vont effectuer des contrôles à domicile  ou, dans la rue,  faire tirer la langue aux passants, pour s’assurer du respect du jeûne. C’est un fait presqu’entendu. Les millions de jeûneurs ne seraient que des suspects, car le jeûne est devenu une affaire d’obéissance à l’ordre séculier et non un acte qui procède de la foi et de la conviction personnelle. La foi, elle même, relèverait de la crainte  de la sanction. Le peuple algérien n’avait vraiment pas besoin de ça. Une  tutelle pour  sa vie intime. Minoré dans tous les domaines qui concernent sa destinée, on lui dénie le droit de croire par lui-même. On bride ses convictions  et on insinue en son sein le sentiment indicible de l’ennemi invisible, d’une colonne malfaisante qui travaille à le détruire. Une sorte d’adaptation ou de remake de l’inquisition chrétienne et de sa chasse aux hérétiques et  aux sorcières avec toutes les paranoïas qui vont avec. On sait ce qu’il en est advenu comme destruction du tissu social, de régression de la pensée et de recul économique et social.  On sait, aussi, qu’on a fini par comprendre que la méthode et ses nervis devaient être neutralisés et ramenés à une plus juste appréciation des choses. Malheureusement, après des siècles d’obscurantisme, de massacres et de souffrances. Un prix inutile, payé à la pire des tendances des sociétés humaines, le totalitarisme religieux. Et tout prédit que nous sommes en train d’y aller, doucement, l’air de rien, mais sûrement. Aujourd’hui, ce sont les «transgressions avérées», demain lorsque plus aucun signe visible de transgression ne sera possible, on viendra les chercher, avec le doute systémique et le soupçon généralisé. Pour caricaturer, on viendra encourager la délation et la surveillance de tous par tous, du voisin par le voisin, du fils par le père et du frère par la sœur. Tout le monde étant convaincu qu’il lutte contre un péril intérieur qui menace l’existence de la nation, en portant atteinte à ses valeurs. Une conséquence logique du repli underground de la différence réprimée, qui aura intériorisé sa violente et humiliante exclusion  de l’espace social, sans pour autant être convaincue de «son tort» supposé. On ne devient pas musulman, hindouiste, chrétien ou zoroastrien par la contrainte. L’Islam, le premier, l’a reconnu. Ce qui rend l’offensive policière, contre les réfractaires au ramadhan,  incongrue, tant du point musulman, que du point de la loi fondamentale du pays, la Constitution en l’occurrence, votée par le peuple, qui reconnaît explicitement et par des mots non équivoques les libertés d’opinion et de culte. On aura bien du mal à expliquer, sans cynisme dans le verbe, le délit dont se sont rendus coupables les forçats assoiffés de Aïn El Hammam et les autres.                                                            

Par Ahmed Halfaoui

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