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Circuits Banques-Douanes de l’import

Des milliards transférés illégalement

Révélations sur l’affaire Digimex

Des trous financiers à Khalifa Bank

Abdelaziz Bouteflika à Batna

Que dira le Président ?

Terrorisme

Le Gspc s’internationalise

Mouvement marocain

Le procès de la «Salafia jihadia» ajourné

P-DG par intérim de AT depuis août

Kheiredine Slimane confirmé à son poste

Chakib Khelil à propos de la loi sur les hydrocarbures

Une fiscalité pétrolière attractive

Une journée de grève sera tenue demain dans la capitale

La crise persiste au lycée Saïd Hamdine

«Disparition» du fils d’Ali Benhadj

Deux personnes arrêtées près d’une mosquée

12 agences agréées pour l’opération hadj 2007

Barrer la route aux escrocs

CNES

«Seul le ministre est notre vis-à-vis»

Elie Jouan(*) au Jour d’Algérie

«Les enseignants ne font jamais grève par plaisir»

 

 09/10/06

 

Circuits Banques-Douanes de l’import

Des milliards transférés illégalement

Certains importateurs indélicats  donnent de fausses valeurs de la marchandise aux services concernés.

Après avoir réalisé un diagnostic et constaté la multiplication du nombre de pratiques frauduleuses concernant notamment les fausses déclarations de marchandises, de leur valeur et le transfert illégal de capitaux par milliards de dinars, les services des douanes ont décidé de renforcer la coopération avec les différents organismes concernés par le commerce extérieur, en vue d’améliorer l’accès à l’information et l’obtenir dans les meilleurs délais possibles. «Il est indispensable de connaître les personnes qui ont accès au commerce extérieur pour instaurer la transparence dans les opérations et assurer la traçabilité des produits», a estimé M. Bouderbala, directeur général des douanes, intervenant lors de la rencontre ayant réuni hier les douanes et les représentants des banques,. L’échange d’informations entre les différentes institutions, notamment pour identifier les importateurs, le type et l’origine des produits intervient dans le cadre de la lutte contre le blanchiment d’argent et la fraude fiscale. La connexion informatisée entre les services douaniers et les différentes institutions comme le Centre national du registre de commerce (CNRC), l’Algex et les banques permettra de déceler les faux des vrais documents, notamment pour ce qui est du registre de commerce, relève Bouderbala, qui annonce l’installation de groupes de travail en vue d’approfondir les aspects techniques liés à l’amélioration de la collaboration entre les différentes parties. Certains importateurs indélicats donnent de fausses valeurs de la marchandise aux services concernés. Ils présentent des factures proforma aux banques comprenant d’importants montants alors qu’ils présentent aux services des douanes d’autres déclarations dans lesquelles un autre montant est mentionné. «D’importants écarts entre les deux déclarations sont constatés», a mentionné Bouderbala qui cite le cas d’une opération où la déclaration de la valeur de machines a porté sur un montant de 115 000 dollars alors que le prix réel ne dépassait pas les 1 115 dollars au moment où les documents présentés aux douanes ont été également scannés. Une grande fuite de capitaux est enregistrée annuellement, selon M. Regue, directeur des Douanes d’Alger-extérieur. Il a parlé aussi de 2 000 conteneurs en souffrance au niveau du port d’Alger pour lesquels «aucun dépôt de déclaration n’a été effectué» alors que le transfert illégal de capitaux par milliards a été effectué. L’augmentation du volume des importations qui passe à une moyenne annuelle de 21 milliards de dollars, ainsi que le nombre des importateurs qui est actuellement de 22 000  a nécessité le développement de la coopération, a insisté Bouderbala. Pour sa part, M. Houri, directeur général du Cnis, a parlé des problèmes rencontrés en ce qui concerne le numéro de domiciliation bancaire. En souhaitant avoir des clés de domiciliation,  il a mis l’accent sur la mauvaise coordination, en terme d’échange de documents douaniers entre  les services de douane et les agences bancaires. Selon le directeur des changes à la Banque D’Algérie, M. Brahiti, la création de clés de domiciliation n’est pas facile puisque 700 000 opérations de domiciliation ont été effectuées pour la seule année 2005. Il a plaidé, par contre, pour l’instauration de moyens pour faciliter l’accès des agences bancaires à la base de données des douanes, vu les lenteurs enregistrées dans le transfert des documents. L’identification des importateurs honnêtes, ajoute Bouderbala, permettra de les faire accéder par «le couloir d’air» pour fluidifier le traitement des opérations d’importation. «200 déclarations sont effectuées par jour au port d’Alger et 350 autres dans les ports secs», a-t-il avancé. Mais pour bénéficier de ce système, il faut répondre à certains critères afin d’avoir moins de risques pour les services de douane. De son coté, M. Dif, directeur général du CNRC, a parlé de la disponibilité de ses services pour transmettre les informations aux différentes institutions. Il a mentionné, à cette occasion, que le nombre de dossiers traités par ses services s’élève à cinq millions, depuis l’indépendance. Le CNRC lancera, à partir de juin 2006, un nouveau système télématique, qui permet d’accéder à distance aux données du CNRC. D’un coût de 100 millions de dinars, ce système payant pour les opérateurs économiques nécessite, en revanche, que le système de paiement soit opérationnel. A travers ce système, il sera possible de vérifier en temps réel les informations relatives au registre de commerce d’un opérateur précis.        

Karima Sebai

 

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Révélations sur l’affaire Digimex

Des trous financiers à Khalifa Bank

Le groupe Digimex qui est au milieu du scandale relatif à la dilapidation de 1 100 milliards de centimes de l’agence BADR de Birkhadem, se voit cité également dans l’affaire de la caisse principale de Khalifa Bank.

Auditionné, en date du 24 juillet 2005, par les deux juges d’instruction près le tribunal de Chéraga, chargés des auditions dans le cadre de l’instruction judiciaire ouverte sur l’affaire de la caisse principale de Khalifa Bank, le liquidateur de Khalifa s’est exprimé sur les relations ayant existé entre le groupe de Khalifa Abdelmoumen et Digimex. Ce liquidateur a annoncé aux magistrats avoir effectivement reçu des traites des Minoteries Sidi Medjeber et de Digimex. Il explique qu’il a levé la saisine sur le compte bancaire de ces minoteries qui restent endettées envers Khalifa Bank de 198 millions dinars et qu’il n’a pas déposé plainte «malgré la manipulation par K.B. des comptes de cette société auprès de l’agence Khalifa Bank de Blida». Ce liquidateur qui avait été auditionné à la demande du procureur de la République prés le tribunal de Chéraga, formulée en date du 5 juin 2005, a, concernant Digimex, ajouté que ce groupe lui a remis des traites et qu’il n’a pas déposé plainte. Le liquidateur a ajouté que Digimex reste endetté envers Khalifa Bank de plusieurs montants du fait qu’elle possède plusieurs filiales.

Auditionné en date du 11 décembre 2005, en tant que témoin et en sa qualité d’inspecteur général de Khalifa Bank, Y.Y. a annoncé au tribunal de Chéraga que «plusieurs clients, dont Digimex, bénéficiaient de privilèges illégaux à l’agence Khalifa Bank de Blida». Il annonce aux magistrats qui l’auditionnaient, qu’il avait déposé plainte contre K.B., directeur de cette agence Khalifa Bank et qu’«aucune mesure n’avait été prise à son encontre». Après la liquidation de Khalifa Bank, ce même K.B. a rejoint Digimex, selon les magistrats en charge des auditions dans l’affaire. Ce dernier a été finalement accusé par le tribunal de Chéraga de faux en écritures bancaires commises dans l’agence Khalifa Bank de Blida au bénéfice de plusieurs clients de cette agence de banque, dont Digimex, bien sûr. Le patron de Digimex est en détention préventive, après avoir été impliqué dans l’affaire de dilapidation de 1 100 milliards de centimes de l’agence BADR de Birkhadem. Egalement importateur, le patron de Digimex est accusé d’avoir créé des sociétés-écran et bénéficié, de façon illégale, de crédits bancaires auprès de cette agence de banque, plusieurs années durant. Il prétexta, selon l’accusation, des importations fictives pour justifier ses demandes de crédits bancaires. Lors de l’audience qui a eu lieu, le mois dernier, au tribunal correctionnel de Bir Mourad Raïs, les avocats des personnes accusées dans cette affaire avaient annoncé à la présidente de ce tribunal que «des contacts ont eu lieu entre les responsables de Digimex et la direction générale de la BADR pour trouver une solution à l’amiable». Le procès a été renvoyé au 2 novembre prochain pour que soient convoqués et entendus, en tant que témoins, l’inspecteur général de la BADR et l’expert ayant fait des évaluations sur les sommes dilapidées par Digimex à l’agence BADR de Birkhadem. Environ une vingtaine de personnes sont accusées dans cette affaire. Certains de ces accusés, dont le patron de Digimex, ont été mis en détention préventive et d’autres, dont un ex-P-dg de la BADR, mis sous contrôle judiciaire.       

M. Abi

 

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Abdelaziz Bouteflika à Batna

Que dira le Président ?

Première du genre depuis sa maladie, la visite du président de la République, Abdelaziz Bouteflika, à Batna, aujourd’hui, revêtira un cachet particulier.

Et pour cause. Si officiellement le premier magistrat du pays se rendra dans la capitale des Aurès pour l’ouverture de l’année universitaire 2006/07, il n’en demeure pas moins que plusieurs sujets seront abordés à l’occasion. Si l’on se limite uniquement à l’année universitaire que M. Bouteflika ouvrira aujourd’hui, le contexte dans lequel se trouve actuellement l’université algérienne, il est fort à parier que le Président risque d’annoncer beaucoup de choses. Pour apaiser la situation qui prévaut à l’université, M. Bouteflika, aura à rassurer les enseignants du supérieur qui demandent depuis une décade la revalorisation des salaires, le problème du logement ainsi que le statut particulier de l’enseignant universitaire. La question de la fuite des cerveaux sera probablement évoquée au cours de cette visite présidentielle. Lors du forum des chefs d’entreprises, organisé récemment, il a été avancé un nombre effarent d’universitaires algériens ayant quitté l’Algérie vers d’autres pays leur accordant de meilleures conditions d’épanouissement. Le nombre est estimé à 40 000 chercheurs, toutes spécialités confondues. Cette véritable saignée ne laissera certainement pas de marbre Abdelaziz Bouteflika qui annoncera, à n’en pas douter, des mesures à même d’inciter ces derniers à prodiguer leurs connaissance en Algérie. Considéré comme fief historique du Front de libération nationale, Abdelaziz Bouteflika rendra certainement un grand hommage aux militants de la région de Batna. C’est dans ce cadre qu’il est possible qu’il rende visite à Liamine Zeroual, ex-président de la République, le genre même de visites dont il a fait le symbole de la continuité et de la stabilité. L’autre point nodal de la visite présidentielle à Batna, c’est le projet de la charte pour la paix et la réconciliation nationale. S’exprimera-t-il ce sur ce sujet qui alimente depuis des mois des supputations parmi la classe politique, divisée entre approbateurs et désapprobateurs ? Les observateurs attendent, en effet, que le premier magistrat du pays en souffle un mot, une allusion. En attendant, l’on sait que plusieurs inaugurations auront lieu à l’occasion. Le président lancera les travaux de la nouvelle université de Fesdis, distante de 10 km du chef lieu de wilaya. Ce projet comporte un nombre de 22 000 places pédagogiques. Il s’étend sur une superficie de 187 hectares. L’établissement universitaire sera composé d’un ensemble d’instituts, dont 6 cités universitaire comptant 2 000 lits. L’autre projet d’envergure est celui de la construction d’une cité administrative qui regroupe plusieurs directions représentant plusieurs secteurs d’activité.

A. Mahieddine/D. Oukali

 

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Terrorisme

Le Gspc s’internationalise

C’est au moment où on l’a annoncé moribond, voire complètement agonisant sous les coups de boutoir des forces de sécurité, que le GSPC fait montre de toute sa «puissance» et s’emploie à mettre en pratique toutes ses forces au point qu’il est parvenu à se placer dans les devants de la scène… internationale et s’attirer la curiosité de la presse américaine. Si en effet, le groupe terroriste, intra-muros, essuie échec sur échec, même si, intempestivement, il parvient à commettre des attentats ici et là, c’est sur le plan régional que se situent désormais les objectifs de ses responsables. Aussitôt donc coopté, on ne sait comment d’ailleurs, par Al Qaïda, avec pour mission d’élargir les tentacules de celle-ci en Afrique et du Nord avec le «précieux» concours des activistes qui écument les pays du Sahel. La presse nationale a rendu compte, hier d’un article paru dans le Washington Post, et qui révèle la nouvelle stratégie d’Al Qaïda et, surtout, le rôle crucial échu au GSPC. Un rôle qui se résumerait à réunir, sous la coupe d’une seule organisation, tous les groupes terroristes qui activent dans les pays du Maghreb. Confortés par une telle «envergure» et plus redoutés sans doute par le label Ben Laden, les dirigeants du GSPC se voient portés, peut-être sans le vouloir, dans un autre terrain, plus large celui-ci et qui dépasse de loin le cadre des frontières. La France aura été, dans ce contexte, le premier pays à prendre au sérieux les menaces du GSPC et de là donc mesurer sa capacité de nuisance au point où Jacques Chirac a réuni autour de ce seul sujet toutes les troupes chargées de la sécurité du pays. Et le renforcement du plan Vigipirate n’a été que le résultat de la crainte de la France face à cette nouvelle menace. Comme par un réflexe pavlovien, les autres pays européens ont, évidemment, emboîté le pas au gouvernement français même s’ils se sont par contre fait plus discrets. Toute l’Europe a depuis quelques temps les yeux rivés sur «Al Qaïda» du Maghreb et cette pression  s’est accentuée ces derniers jours après le démantèlement  la semaine précédente par les services de sécurité italiens d’une cellule soupçonnée d’appartenir à l’organisation salafiste. L’information a fait l’effet d’une douche froide dans un pays qu’on a annoncé à plusieurs reprises comme cible imminente d’Al Qaïda. Une semaine après mais cette fois-ci à Zurich en Suisse, un activiste algérien soupçonné d’appartenir au groupe de Milan a été arrêté par la police helvétique. Les trois hommes ont été accusés d’association de malfaiteurs dans un but de terrorisme international par le parquet de Milan, qui conduit l’enquête depuis décembre 2003 et a délivré trois autres mandats d’arrêt pour le même chef d’accusation. Si en peu de temps, le GSPC qu’on croyait voué à l’effritement, est arrivé à faire trembler, comme c’est le cas justement du Vieux continent et de faire parler de lui dans le monde entier, son ascension c’est Al Qaïda qu’il l’a fabriquée de ses propres mains. On n’oublie jamais la sortie fracassante  d’El Zawahiri, annonçant, avec triomphe, le ralliement du GSPC à l’organisation terroriste la plus redoutée dans le monde. Dès lors, les menaces proférées par les responsables du  GSPC sont prises avec une attention particulière. Cela dit, face au  parcours pour le moins étrange du GSPC sur la scène régionale, comment a été l’attitude du gouvernement algérien face à ce développement inquiétant à plus d’un titre ?      

Amine G.

 

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Mouvement marocain

Le procès de la «Salafia jihadia» ajourné

Le procès des 19 membres de la «Salafia jihadia» de Salé, dont 7 prévenus mineurs, a été reporté, vendredi, au 24 novembre prochain. La Chambre criminelle (1er degré) de l’annexe de la Cour d’appel à Salé, a décidé de reporter les audiences, suite à une requête de la défense qui a demandé un délai supplémentaire pour préparer ses plaidoiries. Les membres de cette cellule, dont un mis en cause est en liberté provisoire, sont poursuivis, chacun en ce qui le concerne, pour «atteinte à la sécurité des personnes, vols, extorsion de fonds, détention illégale d’armes, constitution de bande criminelle dans le but de préparer et de commettre des actes terroristes dans le cadre d’un projet collectif visant à troubler l’ordre public, exercice d’activités au sein d’une association non reconnue et réunions publiques sans autorisation». Les autorités algériennes avaient remis à leurs homologues marocaines six Marocains, membres de cette cellule, poursuivis dans cette affaire.Ces prévenus avaient rejoint clandestinement le territoire algérien pour rallier le Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC) afin de suivre des entraînements militaires. Les premières investigations ont abouti à la découverte d’une cellule de la «Salafia jihadia» à Salé formée par le dénommé Mostapha El Khairi.       

R. N.

 

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P-DG par intérim de AT depuis août

Kheiredine Slimane confirmé à son poste

M. Slimane Kheireddine, a été installé officiellement hier, à Alger par le ministre de la Poste et des Technologies de l’information et de la communication, Boudjemaâ Haïchour dans ses fonctions de président-directeur général du groupe Algérie Télécom. Assurant l’intérim à la tête du groupe depuis août 2005, le nouveau P-dg assurait avant, le poste de chef de division développement du réseau des télécommunications d’Algérie Télécom. Ingénieur en télécommunications de formation, M Kheireddine a assumé plusieurs postes de responsabilité dans le secteur, à travers de nombreuses wilayas. Il est appelé aujourd’hui à relever ce grand défi, celui lié au processus de l’ouverture du capital d’Algérie télécom. Parmi les objectifs déjà mis en route, il y a lieu de citer l’opération «emprunt obligataire» avec le projet de lever plus de 20 milliards de dinars, et le lancement officiel de la filiale. Les deux opérations ont eu lieu en septembre 2006. Dans ses précédentes déclarations à la presse nationale, alors qu’il venait d’être désigné au poste de P-dg par intérim, M kheiredine s’est déclaré confinant quant à l’avenir de l’entreprise qui se porte bien, malgré le scandale qui la secoue. Algérie Télécom, avait-il déclaré, projette «cette année de réaliser un chiffre d’affaires de 140 milliards de dinars, soit une hausse de 15% environ, par rapport à l’année dernière». Le nouveau

P-dg, s’est dit favorable au dialogue avec ses différents partenaires et concurrents. Rappelons, que Slimane Kheiredine a replacé à la tête d’AT, l’ancien P-dg, Ouaret Brahim, qui a été mis en cause en juillet dernier dans une affaires de mauvaise gestion et de dilapidation de deniers publics. Une affaire qui a vu aussi l’implication de nombreux cadres de AT et d’entrepreneurs avec la mise sous mandat de dépôt de plusieurs d’entre eux et à leur tête M Ouaret.

Habiba Ghrib

 

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Chakib Khelil à propos de la loi sur les hydrocarbures

Une fiscalité pétrolière attractive

Les amendements ont bel et bien été adoptés par le Conseil d’Etat.

Les amendements portés sur la loi des hydrocarbures ainsi que la conjoncture actuelle du marché mondial de pétrole et ses répercussions sur le plan national ont été les principaux points sur lesquels le ministre de l’Energie et des Mines, Chakib Khelil, s’est longuement étalé lors de son passage, hier, au Forum du quotidien El Moudjahid. Au cours de son exposé «exhaustif», le ministre fait savoir que les récents amendements de la loi sur les hydrocarbures ont été décidés afin d’«élargir et de renforcer le contrôle de l’Etat sur les ressources en hydrocarbures et de mieux garantir leur exploitation rationnelle». «C’est une loi de l’Etat pas celle du secteur de l’énergie», précise le conférencier en soulignant que les amendements ont bel et bien été adoptés par le Conseil d’Etat. En clair, il soutient que la finalité de ces mesures est la préservation des ressources pour les générations futures. Plus explicite, Chakib Khelil ajoute que les nouvelles mesures introduites par ces amendements prévoient une participation majoritaire systématique de l’entreprise nationale Sonatrach dans les activités de recherche, d’exploitation et de transport par canalisation des hydrocarbures ainsi que dans l’activité de raffinage. De plus, une autre mesure importante est également introduite par cet amendement. Il s’agit, selon le ministre, de l’instauration d’une taxe non déductible sur les profits exceptionnels, applicable aux contrats d’association conclus dans le cadre de la loi 86-14. «Cette mesure est motivée par le souci de récupérer une part des importantes plus values réalisées par les associés étrangers de Sonatrach, en cas de prix élevés du pétrole». Par ailleurs, en ce qui concerne l’éventuelle désertion des compagnies étrangères après les amendements de la loi, cette dernière demeure, souligne M. Khelil, attractive pour les sociétés étrangères puisqu’elle leur offre une rentabilité adéquate. En revanche, en qualifiant le système de gestion économique du pays d’«inadéquat», le ministre dira que «les 40 milliards de dollars du fonds de stabilisation doivent être gérés d’une manière rationnelle pour le bien des futures générations». Dans un autre registre, évoquant le marché mondial du pétrole, le chef du département de l’énergie et des mines indique que les prix ont connu durant ces dernières semaines une forte baisse de près de 17 dollars par rapport au niveau enregistré l’été dernier. Deux principales raisons sont, explique l’invité du Forum, derrière ce repli. Il s’agit de l’atténuation des tensions géopolitiques et sociales ainsi qu’à des conditions météorologiques plus clémentes.

Cette baisse dont les prémisses avaient été perçues par l’OPEP avaient amené l’organisation à réaffirmer sa détermination à veiller à ce que les prix se maintiennent à un niveau acceptable pour les pays membres et de pren-dre note de leur promptitude à réagir à tout développement qui pourrait nuire à leur intérêts. «Même si les facteurs non fondamentaux devraient continuer à peser et à atténuer toute baisse de prix, l’Opep reste vigilante et suit de très près l’évolution du marché», dira-t-il. A ce propos, le ministre  indique que les pays relevant de l’Organisation tiendront le 18 octobre courant, à Vienne (Autriche), une réunion pour débattre de la conjoncture actuelle du marché mondial du pétrole. «Un consensus d’aller vers une réduction de la production de l’Organisation est d’ores et déjà conclu par les pays membres. La baisse de la production sera officiellement décidée lors de la prochaine réunion de l’Opep», a-t-il enchaîné. D’après les prévisions du ministre, la demande mondiale de pétrole devrait continuer à croître l’année prochaine, avec une hausse estimée à 1,5 mb/j. Or, les besoins de cette croissance seront assurés, poursuit le ministre, par les pays hors Opep.         

M. Kechad

 

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Une journée de grève sera tenue demain dans la capitale

La crise persiste au lycée Saïd Hamdine

Le conflit qui oppose le personnel du lycée Saïd Hamdine à Hydra (Alger) n’est pas près de connaître un dénouement. La crise persiste depuis qua-tre semaines dans ces lycées. Les enseignants du CLA et du Cnapest ont décidé d’observer demain une journée de protestation dans les 113 lycées que compte la capitale pour «interpeller les autorités aux dérapages que connaît ce lycée» et la réintégration de leurs collègues mutés «arbitrairement» dans leur poste. En effet, après le départ de la directrice de cet établissement, 7 enseignants, deux secrétaires, deux adjoints de l’éducation et une chargée de l’orientation ont été mutés vers d’au-tres lycées, sans que la commission paritaire chargée de statuer sur le problème ne soit consultée, tel que le stipule la loi. Pour rappel, le personnel, les enseignants notamment, reprochaient à la directrice en question sa façon de se comporter avec eux et le fait qu’elle considérait l’établissement comme «son royaume personnel». «Nous considérons ces mutations déguisées sous la formule de nécessité de service, comme étant un précédent grave», estime M. Osmane du Conseil des lycées d’Alger, majoritaire dans la commission paritaire. De son coté, M. Lemdani, du Cnapest, est revenu sur la décision «revancharde» de la direction de l’éducation d’Alger-Ouest. En soulignant le comportement excessif de la directrice du lycée, le porte-parole du Cnapest s’est longuement étalé sur «l’humiliation que subissaient les enseignants». La direction de l’éducation, estime notre interlocuteur, se cache derrière «la nécessité de service» pour faire payer aux syndicalistes leur «engagement dans la lutte syndicale». Pour le syndicaliste «la mobilisation est de mise pour faire valoir le droit des enseignants à rester dans leur environnement».

Fatima Arab

 

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«Disparition» du fils d’Ali Benhadj

Deux personnes arrêtées près d’une mosquée

Deux personnes fréquentant une mosquée du quartier de Lapreval, dans l’arrondissement urbain de Kouba, avaient été arrêtées près de ce lieu de culte, peu de temps avant la «disparition» du fils d’Ali Benhadj, apprenons-nous de source crédible. Ce serait, d’ailleurs, et selon cette source, ces arrestations qui auraient obligé le fils du numéro deux de l’ex-FIS de «disparaître», de crainte d’être arrêté à son tour par les services de sécurité, dans le cadre d’une enquête sur un réseau de soutien au groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC), activant à Alger. En effet, ces deux personnes ont été arrêtées dans le cadre d’une enquête minutieusement menée par les services de sécurité, sur la tentative d’infiltration d’un groupe de terroristes du GSPC, au cours du mois de ramadan, en perspective, notamment, de recruter des éléments parmi les repentis. Ce qui explique la fuite du fils d’Ali Benhadj après ces deux arrestations. Il aurait, selon des sources concordantes, rejoint les maquis. Le numéro deux du FIS-dissous semblait être informé de l’appartenance de son fils à ce réseau du GSPC puisqu’il avait annoncé, précédemment, que son fils était «triste» par ce que subit son père, ajoutant qu’il incombe sa «disparition» aux services de sécurité. En clair, Ali Benhadj veut pour responsables les services de sécurité pour le fait que son fils a rejoint les maquis de l’«émir» national du GSPC, Abou Mossàab Abdelouadoud, qui, d’ailleurs, vient d’annoncer que Hassan Hattab vient de rallier à nouveau cette organisation terroriste. Ce qui signifié que même en accusant les services de sécurité d’être derrière la «disparition» de son fils, tout en reconnaissant, implicitement, que son fils a rejoint les maquis du GSPC.

Quant à lui, Hassan Hattab annonce son retour au GSPC, par la voix de son successeur à la tête de certte organisation terroriste, Abou Mossaâb Abdelouadoud, après avoir échoué à imposer ses diktats pour adhérer à la charte nationale pour la paix et la réconciliation nationale.     

M. Abi

 

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12 agences agréées pour l’opération hadj 2007

Barrer la route aux escrocs

Plusieurs Hadjis sont tombés dans le filet de certaines agences de voyages qui n’ont aucun scrupule lorsqu’il s’agit de soutirer de l’argent même à de vieilles personnes. Les candidats au hadj ont en fait la triste expérience. Plusieurs d’entre eux sont tombés dans leurs mailles.  Il y a ceux qui ont payé deux fois plus  cher le prix qu’il fallait  débourser pour se rendre aux Lieux saints de l’Islam. Il en existe d’autres qui ont payé et qui n’ont jamais  obtenu leur visa. Devant ces situations dénoncées par les victimes de pareils agissements et dans  le souci de mettre fin à ces escroquerie, le département ministériel de Bouabdoulah Ghlamallah a décidé  cette année de procéder autrement. Une première opération du genre est lancée pour ce  Hadj de l’année hégire 1427/2007. C’est ainsi qu’il a été décidé  la sélection de 12 agences agréées desquelles les hadjis peuvent se rapprocher sans crainte d’être escroqués.  Cette opération touchera ainsi les candidats libres possédant déjà un passeport international.. Ces agences s’occuperont, essentiellement, de l’inscription des hadjis, de l’octroi du visa, du transfert ainsi que l’hébergement et ce, sous l’égide de la commission nationale de Hadj mais aussi de la délégation algérienne du Hadj. Il s’agit entre autres, des agences Djamila Safar, sise à Sétif, Kefaf àTlemcen et El Nahdha Assfar (BEO) d’Alger et Rezak Halla à El Oued. Le ministère signale, par ailleurs, dans ce communiqué, que ces agences doivent remplir une série de conditions. Il est question notamment de l’engagement de ces agences à verser 25 millions de centimes comme montant de référence, billet d’avion inclus. Les agences doivent aussi s’engager à conclure un accord dont le hadj doit se munir tout le long de son séjour à La Mecque. En cas de dysfonctionnement ou de problèmes deux numéros sont mis à la disposition  des hadjis : 021 65 84 39/021 65 78 62. Le département de Ghlamallah note, en outre, que le nombre des hadjis lauréats de la tombola du hadj est de 32 000. A ce contingent il  sera délivré par le ministère de l’Intérieur un passeport spécial hadj.  22 000 d’entre eux  seront pris en charge par le ministère des Affaires religieuses .Les 10 000  restants  seront répartis entre  deux agences étatiques,  à savoir le Touring club d’Algérie  et l’Office national algérien du tourisme.

Kahina Benarab

 

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CNES

«Seul le ministre est notre vis-à-vis»

En réaction aux propos tenus par le chargé de la  communication et conseiller du ministre de  l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, justifiant le non-payement des salaires des enseignants protestataires par l’application de la loi en vigueur, la coordination du Cnes de l’Université de Bab Ezzouar estime que «notre seul vis-à-vis est le ministre et non son conseiller».

Et de rappeler que la rétention des notes est une mesure adoptée

suite au non-paiement de salaires des enseignants issus des établissements touchés par le mouvement de protestation.

A souligner également que, contrairement à ce qu’avait annoncé M.Harraoubia, les poursuites judiciaires contre les délégués du Cnes sont toujours en vigueur.

F. A.

 

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Elie Jouan(*) au Jour d’Algérie

«Les enseignants ne font jamais grève par plaisir»

Elie Jouan a préféré fêter en Algérie le 40e anniversaire des recommandations adoptées par la conférence intergouvernementale spéciale sur la condition du personnel enseignant tenue à Paris en 1966. Invité par le syndicat autonome Unpef pour prendre part à la première conférence débat sur le statut de l’enseignant, il semble très au fait des réformes du système éducatif en Algérie et il a bien voulu livrer ses impressions à l’occasion de la Journée mondiale de l’enseignant qui a coïncidé avec le 5 octobre.

 

Interview réalisée par

Salah Bey

 

Le Jour d’Algérie : Quel poids et rôle a aujourd’hui l’internationale de l’éducation (IE) dans le monde à travers les entités qui lui sont affiliées, treize ans après sa création ?

Elie Jouan : L’IE comme vous le savez, est un regroupement de 30 millions d’enseignants et personnels de l’éducation. C’est un agglomérat de 173 pays. Cela constitue une force syndicale reconnue au niveau des instances internationales. Nous avons des statuts consultatifs et nous participons dans des rencontres régulières avec l’Unesco, l’OIT et l’OMS dans le domaine de lutte contre le Sida et avec la Banque Mondiale. Conformément à ce statut, nous participons dans certaines rencontres et exprimons la voix des syndicats et personnels de l’éducation. Nous avons aussi des relais régionaux à travers des structures dans les cinq continents. Un des grands dossiers sur lequel nous travaillons avec d’autres partenaires c’est le problème de «l’éducation pour tous». Nous avons constitué une alliance avec des organisations de la société civile, appelée «Campagne mondiale pour l’éducation», dont je suis le président du comité exécutif. Nous essayons d’être une structure de pression pour que les problèmes de l’éducation pour tous, notamment sur le continent africain, soient pris à bras-le-corps, mais c’est vrai que nous sommes également une organisation qui est en contact direct avec nos organisations nationales.

 

Quel est justement l’apport concret de l’IE à ces organisations nationales qui vous sont affiliées ?

Nous développons des programmes de formation de militants, de recyclage des enseignants, des réflexions sur les réformes des programmes de l’éducation, sur des questions de problèmes de société. La participation à la célébration de la Journée mondiale de l’éducation et de l’enseignant (le 5 octobre) en Algérie entre dans le cadre des relations que nous avons avec les organisations auxquelles nous assurons assistance. Nous sommes donc une organisation qui formule des conseils et des suggestions à des syndicats qui sont parfois en difficulté dans leur pays ou qui ont des interrogations sur les meilleures stratégies à mettre en œuvre. En tous les cas, nous ne nous immisçons pas dans les politiques internes des pays. Il revient aux syndicats de ces pays de le faire. Nous sommes là pour les aider.

 

Vos suggestions et vos recommandations sont-elles admises et prises en considération auprès des organisations internationales, comme l’Unesco ? Etes-vous écoutés ?

Nous sommes ce que l’on peut appeler une force morale au niveau mondial. Bon, puisque vous faites allusion à l’Unesco, cet organisme a dépêché, il n’y a pas longtemps une délégation à notre siège à Bruxelles pour une rencontre sur la problématique de la formation de qualité des enseignants en particulier dans les pays où un effort est déployé pour développer l’accès à l’éducation pour tous. Vous avez là une preuve que les institutions internationales nous écoutent, mais il ne faut jamais oublier que ces institutions sont gouvernées par les pays membres. Elle a (l’Unesco, ndlr) un directeur général mais c’est le conseil exécutif qui est la structure de décision où siège un très grand nombre de pays de différents continents. Donc, là encore on se retrouve un peu dans la même situation des syndicats nationaux face à leurs gouvernements. Les instances internationales ne sont que l’addition de gouvernements, qui, parfois, sont ouverts au dialogue et à l’échange. Par contre, d’autres sont plus fermés. Donc, nous connaissons les mêmes problèmes.

 

L’Unesco prévoit un déficit de 18 millions d’enseignants pour la prochaine décennie. Comment appréhende l’IE cette mention, surtout que vous militez pour l’accès à l’éducation pour tous ?

Sachant aussi que ces prévisions concernent en majorité les peuples du Sud. En effet, l’Unesco affiche d’ici l’an 2015 un déficit de 18 millions enseignants si les programmes d’accès à l’éducation pour tous sont réalisés. Nous partageons effectivement cette analyse de l’Institut des statistiques de l’Unesco. Cela prouve tout simplement qu’il y a un grand besoin d’enseignants nouveaux en particulier dans les pays en voie de développement. Disons qu’il y a aussi un déficit d’accès à l’éducation pour tous un peu partout où la scolarisation n’est que très partielle. C’est une valable dans le cas où le programme d’accès à l’éducation pour tous est réalisé.

 

C’est dire que l’état des lieux serait plus tragique dans le cas contraire.

N’est-ce pas ?

Absolument ! Le besoin de 18 millions de nouveaux enseignants est significatif et qui tient aussi compte du taux de renouvellement des enseignants en Europe où beaucoup d’enseignants vont partir en retraite. Ce chiffre représente en fait l’effort à fournir en matière de recrutement et en matière de planification et d’attraction. Encore faut-il souligner, que le métier d’enseignant devient de plus en plus difficile, que les vocations ne sont pas toujours là et qu’il faudra trouver des mesures incitatives pour favoriser le recrutement.

Il est certain que les conditions de vie et de travail, l’image et la considération que doivent avoir les enseignants sont des éléments importants dans une politique active de recrutement. Si le métier n’est pas attractif, il est incontestable que nous aurons des difficultés à procéder à des recrutements de nouveaux enseignants. C’est la raison pour laquelle nous parlons aujourd’hui, depuis Alger, de l’importance de travailler sur un statut de l’enseignant qui donnera à cette profession une image, une crédibilité et une reconnaissance favorable à la politique de recrutement.

 

Est-il possible de pallier un tant soit peu à ce déficit par une démarche comme «Enseignants sans frontières» similaire à «Médecins sans frontières» ou «Greenpeace» pour la défense de l’environnement ?

C’est vrai qu’il y a des pays où le besoin est important et où on n’est pas certain de trouver les diplômés appropriés dans tel ou tel pays. Par principe nous ne sommes pas opposés à ce que des enseignants de nationalité A, par exemple, travaillent dans un pays B.

Il convient à dire que les problèmes qu’on se pose soient examinés avec les organisations syndicales et avec les ministères de l’Education, mais sur le principe, nous sommes favorables. Par contre, ce que nous refusons et rejetons c’est que ces enseignants soient recrutés en tant que volontaires.

 

Quel sentiment avez-vous à l’IE face aux injonctions du FMI et la Banque Mondiale qui ont porté préjudice à l’idéal de «l’accès à l’éducation pour tous» par les ajustements structurels imposés aux pays en voie de développement ?

Vous avez tout à fait raison tant il est vrai que les plans d’ajustement structurel ont été lancés par la Banque Mondiale et le FMI pour faire face à la dette d’un certain nombre de pays ont eu des conséquences sociales très dramatiques. C’est vrai que ces deux institutions sont des acteurs importants dans le jeu international, mais je dois dire que pas plus qu’au niveau national on choisit ses interlocuteurs, quoi que le gouvernement soit ce qu’il est et les ministres sont ce qu’ils sont. Or, à l’échelle internationale on ne choisit pas son interlocuteur. En tenant compte du fait que la BM et le FMI sont là, notre rôle, à nous syndicat, est de contester un certaines de leurs politiques ou de leur stratégie. Je n’invente rien en affirmant que, d’abord, nous sommes très fermes sur notre condamnation des politiques d’enseignement volontaire proposée par la BM et qui vise à recruter des personnels sans qualifications et sans garanties sociales. Ce qui a pour finalité de mettre des enseignants sous-qualifiés sur le marché. Notre position est claire et la BM la connaît.

 

Vous insistez sur le «dialogue social» comme moyen privilégié pour résoudre le contentieux entre grévistes et employeurs. Que faire dans des situations, où l’on assiste à ce qui est qualifié aussi de «dialogue de sourds»?

Il y va de l’intérêt général d’asseoir un dialogue direct. Mais pour être honnête, je peux dire qu’il y a souvent un comportement syndical négatif qui tourne selon la tendance politique des deux interlocuteurs. Je dois dire également qu’un syndicat n’est pas l’opposition. Il ne doit pas jouer le rôle d’un parti politique opposé à un ministre d’un autre parti, car les syndicats n’ont pas d’ambition d’accéder au pouvoir. Ces derniers ont des préoccupations socioprofessionnelles. En face nous avons, dans de jeunes pays, des ministres qui ont le sentiment de perte d’autorité devant les appels au dialogue. Or, le dialogue est une preuve de force de conviction. Si l’on ne veut pas dialoguer, c’est qu’on a peur des arguments des autres.

 

Qu’est-ce qui vous fait éprouver le sentiment que les réformes en Algérie sont bloquées ?

Si l’Algérie a fait un bond quantitatif très significatif, l’IE en est consciente. Mais que le problème de qualité se pose avec acuité. Si les réformes sont quelque part bloquées, cela ne veut pas dire qu’elles ont échoué, nuance ! A mon avis, peut être par manque de vision globale intégrée, touchant tous les maillons de la chaîne pédagogique, dont la prise en charge des besoins du personnel enseignant. Peut-être qu’elles ont traîné en longueur à cause des tiraillements politiques. Il est admis que l’Algérie cumule un énorme retard vis-à-vis de l’introduction des Ntic. Ce dont il faut avoir des formations sur les nouvelles technologies et avoir les moyens aussi de généraliser ce savoir-faire. La société de 2025 (c’est demain) sera une société technologique. Cette dimension doit être prise en charge. Il faut penser à une stratégie d’enseignement à mettre en place en la matière. Par ailleurs, outre le fait que les réformes ne marchent bien que si elles sont discutées, négociées, l’enseignant doit se sentir valorisé par le pays, les parents et la tutelle. L’enseignement est une démarche qui s’inscrit dans la confiance. Quand on travaille dans un sentiment de malaise et d’incompréhension, les choses ne progressent pas. Rien n’évolue en dehors d’un dialogue social.

 

La stabilité de l’école ne tolère pas les grèves, les gouvernants reprochent vite aux enseignants grévistes justement de «prendre les élèves en otages». Que préconisez-vous pour déjouer ce genre de piège et le recours aux grèves ?

Oui, l’estocade est facile à porter contre des grévistes qu’ils soient en Algérie ou dans d’autres pays. Quand ils débrayent, on les accuse de prendre les usagers en otages.

A mon avis, c’est un slogan bien connu qui vise à porter le discrédit sur les travailleurs qui ne font que défendre leurs intérêts. Je crois que ceux qui expriment ces critiques seraient mieux inspirés de faciliter un dialogue social avec les partenaires sociaux afin d’éviter le recours à la grève. On ne fait jamais la grève par plaisir.

 

40 ans plus tard, quel bilan faites-vous d’une long chemin vers une meilleure condition du personnel enseignant ?

Même s’il y a des avancées considérables, le bilan reste mitigé, mais nous continuons à militer pour l’application à la lettre et l’esprit de ces recommandations paraphées par tous les pays, lors de la conférence intergouvernementale de Paris en 1966. Rendez-vous est pris pour le cinquième congrès mondial de l’IE pour en établir un bilan complet.

S. B.

 

(*) Secrétaire général adjoint de l’Internationale de l’Education, dont il est l’un des fondateurs en 1993. L’IE  est une organisation mondiale qui porte la voix de 30 millions de travailleurs de l’éducation à travers 173 pays.

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