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Circuits Banques-Douanes de l’import
Des milliards
transférés illégalement
Certains
importateurs indélicats donnent de fausses valeurs de la
marchandise aux services concernés.
Après avoir
réalisé un diagnostic et constaté la multiplication du nombre de
pratiques frauduleuses concernant notamment les fausses déclarations
de marchandises, de leur valeur et le transfert illégal de capitaux
par milliards de dinars, les services des douanes ont décidé de
renforcer la coopération avec les différents organismes concernés
par le commerce extérieur, en vue d’améliorer l’accès à
l’information et l’obtenir dans les meilleurs délais possibles. «Il
est indispensable de connaître les personnes qui ont accès au
commerce extérieur pour instaurer la transparence dans les
opérations et assurer la traçabilité des produits», a estimé M.
Bouderbala, directeur général des douanes, intervenant lors de la
rencontre ayant réuni hier les douanes et les représentants des
banques,. L’échange d’informations entre les différentes
institutions, notamment pour identifier les importateurs, le type et
l’origine des produits intervient dans le cadre de la lutte contre
le blanchiment d’argent et la fraude fiscale. La connexion
informatisée entre les services douaniers et les différentes
institutions comme le Centre national du registre de commerce (CNRC),
l’Algex et les banques permettra de déceler les faux des vrais
documents, notamment pour ce qui est du registre de commerce, relève
Bouderbala, qui annonce l’installation de groupes de travail en vue
d’approfondir les aspects techniques liés à l’amélioration de la
collaboration entre les différentes parties. Certains importateurs
indélicats donnent de fausses valeurs de la marchandise aux services
concernés. Ils présentent des factures proforma aux banques
comprenant d’importants montants alors qu’ils présentent aux
services des douanes d’autres déclarations dans lesquelles un autre
montant est mentionné. «D’importants écarts entre les deux
déclarations sont constatés», a mentionné Bouderbala qui cite le cas
d’une opération où la déclaration de la valeur de machines a porté
sur un montant de 115 000 dollars alors que le prix réel ne
dépassait pas les 1 115 dollars au moment où les documents présentés
aux douanes ont été également scannés. Une grande fuite de capitaux
est enregistrée annuellement, selon M. Regue, directeur des Douanes
d’Alger-extérieur. Il a parlé aussi de 2 000 conteneurs en
souffrance au niveau du port d’Alger pour lesquels «aucun dépôt de
déclaration n’a été effectué» alors que le transfert illégal de
capitaux par milliards a été effectué. L’augmentation du volume des
importations qui passe à une moyenne annuelle de 21 milliards de
dollars, ainsi que le nombre des importateurs qui est actuellement
de 22 000 a nécessité le développement de la coopération, a insisté
Bouderbala. Pour sa part, M. Houri, directeur général du Cnis, a
parlé des problèmes rencontrés en ce qui concerne le numéro de
domiciliation bancaire. En souhaitant avoir des clés de
domiciliation, il a mis l’accent sur la mauvaise coordination, en
terme d’échange de documents douaniers entre les services de douane
et les agences bancaires. Selon le directeur des changes à la Banque
D’Algérie, M. Brahiti, la création de clés de domiciliation n’est
pas facile puisque 700 000 opérations de domiciliation ont été
effectuées pour la seule année 2005. Il a plaidé, par contre, pour
l’instauration de moyens pour faciliter l’accès des agences
bancaires à la base de données des douanes, vu les lenteurs
enregistrées dans le transfert des documents. L’identification des
importateurs honnêtes, ajoute Bouderbala, permettra de les faire
accéder par «le couloir d’air» pour fluidifier le traitement des
opérations d’importation. «200 déclarations sont effectuées par jour
au port d’Alger et 350 autres dans les ports secs», a-t-il avancé.
Mais pour bénéficier de ce système, il faut répondre à certains
critères afin d’avoir moins de risques pour les services de douane.
De son coté, M. Dif, directeur général du CNRC, a parlé de la
disponibilité de ses services pour transmettre les informations aux
différentes institutions. Il a mentionné, à cette occasion, que le
nombre de dossiers traités par ses services s’élève à cinq millions,
depuis l’indépendance. Le CNRC lancera, à partir de juin 2006, un
nouveau système télématique, qui permet d’accéder à distance aux
données du CNRC. D’un coût de 100 millions de dinars, ce système
payant pour les opérateurs économiques nécessite, en revanche, que
le système de paiement soit opérationnel. A travers ce système, il
sera possible de vérifier en temps réel les informations relatives
au registre de commerce d’un opérateur précis.
Karima Sebai
Haut
Révélations sur l’affaire Digimex
Des trous
financiers à Khalifa Bank
Le groupe Digimex
qui est au milieu du scandale relatif à la dilapidation de 1 100
milliards de centimes de l’agence BADR de Birkhadem, se voit cité
également dans l’affaire de la caisse principale de Khalifa Bank.
Auditionné, en
date du 24 juillet 2005, par les deux juges d’instruction près le
tribunal de Chéraga, chargés des auditions dans le cadre de
l’instruction judiciaire ouverte sur l’affaire de la caisse
principale de Khalifa Bank, le liquidateur de Khalifa s’est exprimé
sur les relations ayant existé entre le groupe de Khalifa
Abdelmoumen et Digimex. Ce liquidateur a annoncé aux magistrats
avoir effectivement reçu des traites des Minoteries Sidi Medjeber et
de Digimex. Il explique qu’il a levé la saisine sur le compte
bancaire de ces minoteries qui restent endettées envers Khalifa Bank
de 198 millions dinars et qu’il n’a pas déposé plainte «malgré la
manipulation par K.B. des comptes de cette société auprès de
l’agence Khalifa Bank de Blida». Ce liquidateur qui avait été
auditionné à la demande du procureur de la République prés le
tribunal de Chéraga, formulée en date du 5 juin 2005, a, concernant
Digimex, ajouté que ce groupe lui a remis des traites et qu’il n’a
pas déposé plainte. Le liquidateur a ajouté que Digimex reste
endetté envers Khalifa Bank de plusieurs montants du fait qu’elle
possède plusieurs filiales.
Auditionné en date
du 11 décembre 2005, en tant que témoin et en sa qualité
d’inspecteur général de Khalifa Bank, Y.Y. a annoncé au tribunal de
Chéraga que «plusieurs clients, dont Digimex, bénéficiaient de
privilèges illégaux à l’agence Khalifa Bank de Blida». Il annonce
aux magistrats qui l’auditionnaient, qu’il avait déposé plainte
contre K.B., directeur de cette agence Khalifa Bank et qu’«aucune
mesure n’avait été prise à son encontre». Après la liquidation de
Khalifa Bank, ce même K.B. a rejoint Digimex, selon les magistrats
en charge des auditions dans l’affaire. Ce dernier a été finalement
accusé par le tribunal de Chéraga de faux en écritures bancaires
commises dans l’agence Khalifa Bank de Blida au bénéfice de
plusieurs clients de cette agence de banque, dont Digimex, bien sûr.
Le patron de Digimex est en détention préventive, après avoir été
impliqué dans l’affaire de dilapidation de 1 100 milliards de
centimes de l’agence BADR de Birkhadem. Egalement importateur, le
patron de Digimex est accusé d’avoir créé des sociétés-écran et
bénéficié, de façon illégale, de crédits bancaires auprès de cette
agence de banque, plusieurs années durant. Il prétexta, selon
l’accusation, des importations fictives pour justifier ses demandes
de crédits bancaires. Lors de l’audience qui a eu lieu, le mois
dernier, au tribunal correctionnel de Bir Mourad Raïs, les avocats
des personnes accusées dans cette affaire avaient annoncé à la
présidente de ce tribunal que «des contacts ont eu lieu entre les
responsables de Digimex et la direction générale de la BADR pour
trouver une solution à l’amiable». Le procès a été renvoyé au 2
novembre prochain pour que soient convoqués et entendus, en tant que
témoins, l’inspecteur général de la BADR et l’expert ayant fait des
évaluations sur les sommes dilapidées par Digimex à l’agence BADR de
Birkhadem. Environ une vingtaine de personnes sont accusées dans
cette affaire. Certains de ces accusés, dont le patron de Digimex,
ont été mis en détention préventive et d’autres, dont un ex-P-dg de
la BADR, mis sous contrôle judiciaire.
M. Abi
Haut
Abdelaziz Bouteflika à Batna
Que dira le
Président ?
Première du genre
depuis sa maladie, la visite du président de la République,
Abdelaziz Bouteflika, à Batna, aujourd’hui, revêtira un cachet
particulier.
Et pour cause. Si
officiellement le premier magistrat du pays se rendra dans la
capitale des Aurès pour l’ouverture de l’année universitaire
2006/07, il n’en demeure pas moins que plusieurs sujets seront
abordés à l’occasion. Si l’on se limite uniquement à l’année
universitaire que M. Bouteflika ouvrira aujourd’hui, le contexte
dans lequel se trouve actuellement l’université algérienne, il est
fort à parier que le Président risque d’annoncer beaucoup de choses.
Pour apaiser la situation qui prévaut à l’université, M. Bouteflika,
aura à rassurer les enseignants du supérieur qui demandent depuis
une décade la revalorisation des salaires, le problème du logement
ainsi que le statut particulier de l’enseignant universitaire. La
question de la fuite des cerveaux sera probablement évoquée au cours
de cette visite présidentielle. Lors du forum des chefs
d’entreprises, organisé récemment, il a été avancé un nombre
effarent d’universitaires algériens ayant quitté l’Algérie vers
d’autres pays leur accordant de meilleures conditions
d’épanouissement. Le nombre est estimé à 40 000 chercheurs, toutes
spécialités confondues. Cette véritable saignée ne laissera
certainement pas de marbre Abdelaziz Bouteflika qui annoncera, à
n’en pas douter, des mesures à même d’inciter ces derniers à
prodiguer leurs connaissance en Algérie. Considéré comme fief
historique du Front de libération nationale, Abdelaziz Bouteflika
rendra certainement un grand hommage aux militants de la région de
Batna. C’est dans ce cadre qu’il est possible qu’il rende visite à
Liamine Zeroual, ex-président de la République, le genre même de
visites dont il a fait le symbole de la continuité et de la
stabilité. L’autre point nodal de la visite présidentielle à Batna,
c’est le projet de la charte pour la paix et la réconciliation
nationale. S’exprimera-t-il ce sur ce sujet qui alimente depuis des
mois des supputations parmi la classe politique, divisée entre
approbateurs et désapprobateurs ? Les observateurs attendent, en
effet, que le premier magistrat du pays en souffle un mot, une
allusion. En attendant, l’on sait que plusieurs inaugurations auront
lieu à l’occasion. Le président lancera les travaux de la nouvelle
université de Fesdis, distante de 10 km du chef lieu de wilaya. Ce
projet comporte un nombre de 22 000 places pédagogiques. Il s’étend
sur une superficie de 187 hectares. L’établissement universitaire
sera composé d’un ensemble d’instituts, dont 6 cités universitaire
comptant 2 000 lits. L’autre projet d’envergure est celui de la
construction d’une cité administrative qui regroupe plusieurs
directions représentant plusieurs secteurs d’activité.
A. Mahieddine/D.
Oukali
Haut
Terrorisme
Le Gspc
s’internationalise
C’est au moment où
on l’a annoncé moribond, voire complètement agonisant sous les coups
de boutoir des forces de sécurité, que le GSPC fait montre de toute
sa «puissance» et s’emploie à mettre en pratique toutes ses forces
au point qu’il est parvenu à se placer dans les devants de la scène…
internationale et s’attirer la curiosité de la presse américaine. Si
en effet, le groupe terroriste, intra-muros, essuie échec sur échec,
même si, intempestivement, il parvient à commettre des attentats ici
et là, c’est sur le plan régional que se situent désormais les
objectifs de ses responsables. Aussitôt donc coopté, on ne sait
comment d’ailleurs, par Al Qaïda, avec pour mission d’élargir les
tentacules de celle-ci en Afrique et du Nord avec le «précieux»
concours des activistes qui écument les pays du Sahel. La presse
nationale a rendu compte, hier d’un article paru dans le Washington
Post, et qui révèle la nouvelle stratégie d’Al Qaïda et, surtout, le
rôle crucial échu au GSPC. Un rôle qui se résumerait à réunir, sous
la coupe d’une seule organisation, tous les groupes terroristes qui
activent dans les pays du Maghreb. Confortés par une telle
«envergure» et plus redoutés sans doute par le label Ben Laden, les
dirigeants du GSPC se voient portés, peut-être sans le vouloir, dans
un autre terrain, plus large celui-ci et qui dépasse de loin le
cadre des frontières. La France aura été, dans ce contexte, le
premier pays à prendre au sérieux les menaces du GSPC et de là donc
mesurer sa capacité de nuisance au point où Jacques Chirac a réuni
autour de ce seul sujet toutes les troupes chargées de la sécurité
du pays. Et le renforcement du plan Vigipirate n’a été que le
résultat de la crainte de la France face à cette nouvelle menace.
Comme par un réflexe pavlovien, les autres pays européens ont,
évidemment, emboîté le pas au gouvernement français même s’ils se
sont par contre fait plus discrets. Toute l’Europe a depuis quelques
temps les yeux rivés sur «Al Qaïda» du Maghreb et cette pression
s’est accentuée ces derniers jours après le démantèlement la
semaine précédente par les services de sécurité italiens d’une
cellule soupçonnée d’appartenir à l’organisation salafiste.
L’information a fait l’effet d’une douche froide dans un pays qu’on
a annoncé à plusieurs reprises comme cible imminente d’Al Qaïda. Une
semaine après mais cette fois-ci à Zurich en Suisse, un activiste
algérien soupçonné d’appartenir au groupe de Milan a été arrêté par
la police helvétique. Les trois hommes ont été accusés d’association
de malfaiteurs dans un but de terrorisme international par le
parquet de Milan, qui conduit l’enquête depuis décembre 2003 et a
délivré trois autres mandats d’arrêt pour le même chef d’accusation.
Si en peu de temps, le GSPC qu’on croyait voué à l’effritement, est
arrivé à faire trembler, comme c’est le cas justement du Vieux
continent et de faire parler de lui dans le monde entier, son
ascension c’est Al Qaïda qu’il l’a fabriquée de ses propres mains.
On n’oublie jamais la sortie fracassante d’El Zawahiri, annonçant,
avec triomphe, le ralliement du GSPC à l’organisation terroriste la
plus redoutée dans le monde. Dès lors, les menaces proférées par les
responsables du GSPC sont prises avec une attention particulière.
Cela dit, face au parcours pour le moins étrange du GSPC sur la
scène régionale, comment a été l’attitude du gouvernement algérien
face à ce développement inquiétant à plus d’un titre ?
Amine G.
Haut
Mouvement marocain
Le procès de la
«Salafia jihadia» ajourné
Le procès des 19
membres de la «Salafia jihadia» de Salé, dont 7 prévenus mineurs, a
été reporté, vendredi, au 24 novembre prochain. La Chambre
criminelle (1er degré) de l’annexe de la Cour d’appel à Salé, a
décidé de reporter les audiences, suite à une requête de la défense
qui a demandé un délai supplémentaire pour préparer ses plaidoiries.
Les membres de cette cellule, dont un mis en cause est en liberté
provisoire, sont poursuivis, chacun en ce qui le concerne, pour
«atteinte à la sécurité des personnes, vols, extorsion de fonds,
détention illégale d’armes, constitution de bande criminelle dans le
but de préparer et de commettre des actes terroristes dans le cadre
d’un projet collectif visant à troubler l’ordre public, exercice
d’activités au sein d’une association non reconnue et réunions
publiques sans autorisation». Les autorités algériennes avaient
remis à leurs homologues marocaines six Marocains, membres de cette
cellule, poursuivis dans cette affaire.Ces prévenus avaient rejoint
clandestinement le territoire algérien pour rallier le Groupe
salafiste pour la prédication et le combat (GSPC) afin de suivre des
entraînements militaires. Les premières investigations ont abouti à
la découverte d’une cellule de la «Salafia jihadia» à Salé formée
par le dénommé Mostapha El Khairi.
R. N.
Haut
P-DG par intérim de AT depuis août
Kheiredine
Slimane confirmé à son poste
M. Slimane
Kheireddine, a été installé officiellement hier, à Alger par le
ministre de la Poste et des Technologies de l’information et de la
communication, Boudjemaâ Haïchour dans ses fonctions de
président-directeur général du groupe Algérie Télécom. Assurant
l’intérim à la tête du groupe depuis août 2005, le nouveau P-dg
assurait avant, le poste de chef de division développement du réseau
des télécommunications d’Algérie Télécom. Ingénieur en
télécommunications de formation, M Kheireddine a assumé plusieurs
postes de responsabilité dans le secteur, à travers de nombreuses
wilayas. Il est appelé aujourd’hui à relever ce grand défi, celui
lié au processus de l’ouverture du capital d’Algérie télécom. Parmi
les objectifs déjà mis en route, il y a lieu de citer l’opération
«emprunt obligataire» avec le projet de lever plus de 20 milliards
de dinars, et le lancement officiel de la filiale. Les deux
opérations ont eu lieu en septembre 2006. Dans ses précédentes
déclarations à la presse nationale, alors qu’il venait d’être
désigné au poste de P-dg par intérim, M kheiredine s’est déclaré
confinant quant à l’avenir de l’entreprise qui se porte bien, malgré
le scandale qui la secoue. Algérie Télécom, avait-il déclaré,
projette «cette année de réaliser un chiffre d’affaires de 140
milliards de dinars, soit une hausse de 15% environ, par rapport à
l’année dernière». Le nouveau
P-dg, s’est dit
favorable au dialogue avec ses différents partenaires et
concurrents. Rappelons, que Slimane Kheiredine a replacé à la tête
d’AT, l’ancien P-dg, Ouaret Brahim, qui a été mis en cause en
juillet dernier dans une affaires de mauvaise gestion et de
dilapidation de deniers publics. Une affaire qui a vu aussi
l’implication de nombreux cadres de AT et d’entrepreneurs avec la
mise sous mandat de dépôt de plusieurs d’entre eux et à leur tête M
Ouaret.
Habiba Ghrib
Haut
Chakib Khelil à propos de la loi sur les hydrocarbures
Une fiscalité
pétrolière attractive
Les amendements
ont bel et bien été adoptés par le Conseil d’Etat.
Les amendements
portés sur la loi des hydrocarbures ainsi que la conjoncture
actuelle du marché mondial de pétrole et ses répercussions sur le
plan national ont été les principaux points sur lesquels le ministre
de l’Energie et des Mines, Chakib Khelil, s’est longuement étalé
lors de son passage, hier, au Forum du quotidien El Moudjahid. Au
cours de son exposé «exhaustif», le ministre fait savoir que les
récents amendements de la loi sur les hydrocarbures ont été décidés
afin d’«élargir et de renforcer le contrôle de l’Etat sur les
ressources en hydrocarbures et de mieux garantir leur exploitation
rationnelle». «C’est une loi de l’Etat pas celle du secteur de
l’énergie», précise le conférencier en soulignant que les
amendements ont bel et bien été adoptés par le Conseil d’Etat. En
clair, il soutient que la finalité de ces mesures est la
préservation des ressources pour les générations futures. Plus
explicite, Chakib Khelil ajoute que les nouvelles mesures
introduites par ces amendements prévoient une participation
majoritaire systématique de l’entreprise nationale Sonatrach dans
les activités de recherche, d’exploitation et de transport par
canalisation des hydrocarbures ainsi que dans l’activité de
raffinage. De plus, une autre mesure importante est également
introduite par cet amendement. Il s’agit, selon le ministre, de
l’instauration d’une taxe non déductible sur les profits
exceptionnels, applicable aux contrats d’association conclus dans le
cadre de la loi 86-14. «Cette mesure est motivée par le souci de
récupérer une part des importantes plus values réalisées par les
associés étrangers de Sonatrach, en cas de prix élevés du pétrole».
Par ailleurs, en ce qui concerne l’éventuelle désertion des
compagnies étrangères après les amendements de la loi, cette
dernière demeure, souligne M. Khelil, attractive pour les sociétés
étrangères puisqu’elle leur offre une rentabilité adéquate. En
revanche, en qualifiant le système de gestion économique du pays
d’«inadéquat», le ministre dira que «les 40 milliards de dollars du
fonds de stabilisation doivent être gérés d’une manière rationnelle
pour le bien des futures générations». Dans un autre registre,
évoquant le marché mondial du pétrole, le chef du département de
l’énergie et des mines indique que les prix ont connu durant ces
dernières semaines une forte baisse de près de 17 dollars par
rapport au niveau enregistré l’été dernier. Deux principales raisons
sont, explique l’invité du Forum, derrière ce repli. Il s’agit de
l’atténuation des tensions géopolitiques et sociales ainsi qu’à des
conditions météorologiques plus clémentes.
Cette baisse dont
les prémisses avaient été perçues par l’OPEP avaient amené
l’organisation à réaffirmer sa détermination à veiller à ce que les
prix se maintiennent à un niveau acceptable pour les pays membres et
de pren-dre note de leur promptitude à réagir à tout développement
qui pourrait nuire à leur intérêts. «Même si les facteurs non
fondamentaux devraient continuer à peser et à atténuer toute baisse
de prix, l’Opep reste vigilante et suit de très près l’évolution du
marché», dira-t-il. A ce propos, le ministre indique que les pays
relevant de l’Organisation tiendront le 18 octobre courant, à Vienne
(Autriche), une réunion pour débattre de la conjoncture actuelle du
marché mondial du pétrole. «Un consensus d’aller vers une réduction
de la production de l’Organisation est d’ores et déjà conclu par les
pays membres. La baisse de la production sera officiellement décidée
lors de la prochaine réunion de l’Opep», a-t-il enchaîné. D’après
les prévisions du ministre, la demande mondiale de pétrole devrait
continuer à croître l’année prochaine, avec une hausse estimée à 1,5
mb/j. Or, les besoins de cette croissance seront assurés, poursuit
le ministre, par les pays hors Opep.
M. Kechad
Haut
Une journée de grève sera tenue demain dans la capitale
La crise
persiste au lycée Saïd Hamdine
Le conflit qui
oppose le personnel du lycée Saïd Hamdine à Hydra (Alger) n’est pas
près de connaître un dénouement. La crise persiste depuis qua-tre
semaines dans ces lycées. Les enseignants du CLA et du Cnapest ont
décidé d’observer demain une journée de protestation dans les 113
lycées que compte la capitale pour «interpeller les autorités aux
dérapages que connaît ce lycée» et la réintégration de leurs
collègues mutés «arbitrairement» dans leur poste. En effet, après le
départ de la directrice de cet établissement, 7 enseignants, deux
secrétaires, deux adjoints de l’éducation et une chargée de
l’orientation ont été mutés vers d’au-tres lycées, sans que la
commission paritaire chargée de statuer sur le problème ne soit
consultée, tel que le stipule la loi. Pour rappel, le personnel, les
enseignants notamment, reprochaient à la directrice en question sa
façon de se comporter avec eux et le fait qu’elle considérait
l’établissement comme «son royaume personnel». «Nous considérons ces
mutations déguisées sous la formule de nécessité de service, comme
étant un précédent grave», estime M. Osmane du Conseil des lycées
d’Alger, majoritaire dans la commission paritaire. De son coté, M.
Lemdani, du Cnapest, est revenu sur la décision «revancharde» de la
direction de l’éducation d’Alger-Ouest. En soulignant le
comportement excessif de la directrice du lycée, le porte-parole du
Cnapest s’est longuement étalé sur «l’humiliation que subissaient
les enseignants». La direction de l’éducation, estime notre
interlocuteur, se cache derrière «la nécessité de service» pour
faire payer aux syndicalistes leur «engagement dans la lutte
syndicale». Pour le syndicaliste «la mobilisation est de mise pour
faire valoir le droit des enseignants à rester dans leur
environnement».
Fatima Arab
Haut
«Disparition» du fils d’Ali Benhadj
Deux personnes
arrêtées près d’une mosquée
Deux personnes
fréquentant une mosquée du quartier de Lapreval, dans
l’arrondissement urbain de Kouba, avaient été arrêtées près de ce
lieu de culte, peu de temps avant la «disparition» du fils d’Ali
Benhadj, apprenons-nous de source crédible. Ce serait, d’ailleurs,
et selon cette source, ces arrestations qui auraient obligé le fils
du numéro deux de l’ex-FIS de «disparaître», de crainte d’être
arrêté à son tour par les services de sécurité, dans le cadre d’une
enquête sur un réseau de soutien au groupe salafiste pour la
prédication et le combat (GSPC), activant à Alger. En effet, ces
deux personnes ont été arrêtées dans le cadre d’une enquête
minutieusement menée par les services de sécurité, sur la tentative
d’infiltration d’un groupe de terroristes du GSPC, au cours du mois
de ramadan, en perspective, notamment, de recruter des éléments
parmi les repentis. Ce qui explique la fuite du fils d’Ali Benhadj
après ces deux arrestations. Il aurait, selon des sources
concordantes, rejoint les maquis. Le numéro deux du FIS-dissous
semblait être informé de l’appartenance de son fils à ce réseau du
GSPC puisqu’il avait annoncé, précédemment, que son fils était
«triste» par ce que subit son père, ajoutant qu’il incombe sa
«disparition» aux services de sécurité. En clair, Ali Benhadj veut
pour responsables les services de sécurité pour le fait que son fils
a rejoint les maquis de l’«émir» national du GSPC, Abou Mossàab
Abdelouadoud, qui, d’ailleurs, vient d’annoncer que Hassan Hattab
vient de rallier à nouveau cette organisation terroriste. Ce qui
signifié que même en accusant les services de sécurité d’être
derrière la «disparition» de son fils, tout en reconnaissant,
implicitement, que son fils a rejoint les maquis du GSPC.
Quant à lui,
Hassan Hattab annonce son retour au GSPC, par la voix de son
successeur à la tête de certte organisation terroriste, Abou Mossaâb
Abdelouadoud, après avoir échoué à imposer ses diktats pour adhérer
à la charte nationale pour la paix et la réconciliation
nationale.
M. Abi
Haut
12 agences agréées pour l’opération hadj 2007
Barrer la route
aux escrocs
Plusieurs Hadjis
sont tombés dans le filet de certaines agences de voyages qui n’ont
aucun scrupule lorsqu’il s’agit de soutirer de l’argent même à de
vieilles personnes. Les candidats au hadj ont en fait la triste
expérience. Plusieurs d’entre eux sont tombés dans leurs mailles.
Il y a ceux qui ont payé deux fois plus cher le prix qu’il fallait
débourser pour se rendre aux Lieux saints de l’Islam. Il en existe
d’autres qui ont payé et qui n’ont jamais obtenu leur visa. Devant
ces situations dénoncées par les victimes de pareils agissements et
dans le souci de mettre fin à ces escroquerie, le département
ministériel de Bouabdoulah Ghlamallah a décidé cette année de
procéder autrement. Une première opération du genre est lancée pour
ce Hadj de l’année hégire 1427/2007. C’est ainsi qu’il a été
décidé la sélection de 12 agences agréées desquelles les hadjis
peuvent se rapprocher sans crainte d’être escroqués. Cette
opération touchera ainsi les candidats libres possédant déjà un
passeport international.. Ces agences s’occuperont, essentiellement,
de l’inscription des hadjis, de l’octroi du visa, du transfert ainsi
que l’hébergement et ce, sous l’égide de la commission nationale de
Hadj mais aussi de la délégation algérienne du Hadj. Il s’agit entre
autres, des agences Djamila Safar, sise à Sétif, Kefaf àTlemcen et
El Nahdha Assfar (BEO) d’Alger et Rezak Halla à El Oued. Le
ministère signale, par ailleurs, dans ce communiqué, que ces agences
doivent remplir une série de conditions. Il est question notamment
de l’engagement de ces agences à verser 25 millions de centimes
comme montant de référence, billet d’avion inclus. Les agences
doivent aussi s’engager à conclure un accord dont le hadj doit se
munir tout le long de son séjour à La Mecque. En cas de
dysfonctionnement ou de problèmes deux numéros sont mis à la
disposition des hadjis : 021 65 84 39/021 65 78 62. Le département
de Ghlamallah note, en outre, que le nombre des hadjis lauréats de
la tombola du hadj est de 32 000. A ce contingent il sera délivré
par le ministère de l’Intérieur un passeport spécial hadj. 22 000
d’entre eux seront pris en charge par le ministère des Affaires
religieuses .Les 10 000 restants seront répartis entre deux
agences étatiques, à savoir le Touring club d’Algérie et l’Office
national algérien du tourisme.
Kahina Benarab
Haut
CNES
«Seul le
ministre est notre vis-à-vis»
En réaction aux
propos tenus par le chargé de la communication et conseiller du
ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche
scientifique, justifiant le non-payement des salaires des
enseignants protestataires par l’application de la loi en vigueur,
la coordination du Cnes de l’Université de Bab Ezzouar estime que
«notre seul vis-à-vis est le ministre et non son conseiller».
Et de rappeler que
la rétention des notes est une mesure adoptée
suite au
non-paiement de salaires des enseignants issus des établissements
touchés par le mouvement de protestation.
A souligner
également que, contrairement à ce qu’avait annoncé M.Harraoubia, les
poursuites judiciaires contre les délégués du Cnes sont toujours en
vigueur.
F. A.
Haut
Elie Jouan(*) au Jour d’Algérie
«Les
enseignants ne font jamais grève par plaisir»
Elie Jouan a
préféré fêter en Algérie le 40e anniversaire des recommandations
adoptées par la conférence intergouvernementale spéciale sur la
condition du personnel enseignant tenue à Paris en 1966. Invité par
le syndicat autonome Unpef pour prendre part à la première
conférence débat sur le statut de l’enseignant, il semble très au
fait des réformes du système éducatif en Algérie et il a bien voulu
livrer ses impressions à l’occasion de la Journée mondiale de
l’enseignant qui a coïncidé avec le 5 octobre.
Interview
réalisée par
Salah Bey
Le Jour
d’Algérie : Quel poids et rôle a aujourd’hui l’internationale de
l’éducation (IE) dans le monde à travers les entités qui lui sont
affiliées, treize ans après sa création ?
Elie Jouan :
L’IE comme vous le savez, est un regroupement de 30 millions
d’enseignants et personnels de l’éducation. C’est un agglomérat de
173 pays. Cela constitue une force syndicale reconnue au niveau des
instances internationales. Nous avons des statuts consultatifs et
nous participons dans des rencontres régulières avec l’Unesco, l’OIT
et l’OMS dans le domaine de lutte contre le Sida et avec la Banque
Mondiale. Conformément à ce statut, nous participons dans certaines
rencontres et exprimons la voix des syndicats et personnels de
l’éducation. Nous avons aussi des relais régionaux à travers des
structures dans les cinq continents. Un des grands dossiers sur
lequel nous travaillons avec d’autres partenaires c’est le problème
de «l’éducation pour tous». Nous avons constitué une alliance avec
des organisations de la société civile, appelée «Campagne mondiale
pour l’éducation», dont je suis le président du comité exécutif.
Nous essayons d’être une structure de pression pour que les
problèmes de l’éducation pour tous, notamment sur le continent
africain, soient pris à bras-le-corps, mais c’est vrai que nous
sommes également une organisation qui est en contact direct avec nos
organisations nationales.
Quel est
justement l’apport concret de l’IE à ces organisations nationales
qui vous sont affiliées ?
Nous développons
des programmes de formation de militants, de recyclage des
enseignants, des réflexions sur les réformes des programmes de
l’éducation, sur des questions de problèmes de société. La
participation à la célébration de la Journée mondiale de l’éducation
et de l’enseignant (le 5 octobre) en Algérie entre dans le cadre des
relations que nous avons avec les organisations auxquelles nous
assurons assistance. Nous sommes donc une organisation qui formule
des conseils et des suggestions à des syndicats qui sont parfois en
difficulté dans leur pays ou qui ont des interrogations sur les
meilleures stratégies à mettre en œuvre. En tous les cas, nous ne
nous immisçons pas dans les politiques internes des pays. Il revient
aux syndicats de ces pays de le faire. Nous sommes là pour les
aider.
Vos suggestions
et vos recommandations sont-elles admises et prises en considération
auprès des organisations internationales, comme l’Unesco ? Etes-vous
écoutés ?
Nous sommes ce que
l’on peut appeler une force morale au niveau mondial. Bon, puisque
vous faites allusion à l’Unesco, cet organisme a dépêché, il n’y a
pas longtemps une délégation à notre siège à Bruxelles pour une
rencontre sur la problématique de la formation de qualité des
enseignants en particulier dans les pays où un effort est déployé
pour développer l’accès à l’éducation pour tous. Vous avez là une
preuve que les institutions internationales nous écoutent, mais il
ne faut jamais oublier que ces institutions sont gouvernées par les
pays membres. Elle a (l’Unesco, ndlr) un directeur général mais
c’est le conseil exécutif qui est la structure de décision où siège
un très grand nombre de pays de différents continents. Donc, là
encore on se retrouve un peu dans la même situation des syndicats
nationaux face à leurs gouvernements. Les instances internationales
ne sont que l’addition de gouvernements, qui, parfois, sont ouverts
au dialogue et à l’échange. Par contre, d’autres sont plus fermés.
Donc, nous connaissons les mêmes problèmes.
L’Unesco
prévoit un déficit de 18 millions d’enseignants pour la prochaine
décennie. Comment appréhende l’IE cette mention, surtout que vous
militez pour l’accès à l’éducation pour tous ?
Sachant aussi que
ces prévisions concernent en majorité les peuples du Sud. En effet,
l’Unesco affiche d’ici l’an 2015 un déficit de 18 millions
enseignants si les programmes d’accès à l’éducation pour tous sont
réalisés. Nous partageons effectivement cette analyse de l’Institut
des statistiques de l’Unesco. Cela prouve tout simplement qu’il y a
un grand besoin d’enseignants nouveaux en particulier dans les pays
en voie de développement. Disons qu’il y a aussi un déficit d’accès
à l’éducation pour tous un peu partout où la scolarisation n’est que
très partielle. C’est une valable dans le cas où le programme
d’accès à l’éducation pour tous est réalisé.
C’est dire que
l’état des lieux serait plus tragique dans le cas contraire.
N’est-ce pas ?
Absolument ! Le
besoin de 18 millions de nouveaux enseignants est significatif et
qui tient aussi compte du taux de renouvellement des enseignants en
Europe où beaucoup d’enseignants vont partir en retraite. Ce chiffre
représente en fait l’effort à fournir en matière de recrutement et
en matière de planification et d’attraction. Encore faut-il
souligner, que le métier d’enseignant devient de plus en plus
difficile, que les vocations ne sont pas toujours là et qu’il faudra
trouver des mesures incitatives pour favoriser le recrutement.
Il est certain que
les conditions de vie et de travail, l’image et la considération que
doivent avoir les enseignants sont des éléments importants dans une
politique active de recrutement. Si le métier n’est pas attractif,
il est incontestable que nous aurons des difficultés à procéder à
des recrutements de nouveaux enseignants. C’est la raison pour
laquelle nous parlons aujourd’hui, depuis Alger, de l’importance de
travailler sur un statut de l’enseignant qui donnera à cette
profession une image, une crédibilité et une reconnaissance
favorable à la politique de recrutement.
Est-il possible
de pallier un tant soit peu à ce déficit par une démarche comme
«Enseignants sans frontières» similaire à «Médecins sans frontières»
ou «Greenpeace» pour la défense de l’environnement ?
C’est vrai qu’il y
a des pays où le besoin est important et où on n’est pas certain de
trouver les diplômés appropriés dans tel ou tel pays. Par principe
nous ne sommes pas opposés à ce que des enseignants de nationalité
A, par exemple, travaillent dans un pays B.
Il convient à dire
que les problèmes qu’on se pose soient examinés avec les
organisations syndicales et avec les ministères de l’Education, mais
sur le principe, nous sommes favorables. Par contre, ce que nous
refusons et rejetons c’est que ces enseignants soient recrutés en
tant que volontaires.
Quel sentiment
avez-vous à l’IE face aux injonctions du FMI et la Banque Mondiale
qui ont porté préjudice à l’idéal de «l’accès à l’éducation pour
tous» par les ajustements structurels imposés aux pays en voie de
développement ?
Vous avez tout à
fait raison tant il est vrai que les plans d’ajustement structurel
ont été lancés par la Banque Mondiale et le FMI pour faire face à la
dette d’un certain nombre de pays ont eu des conséquences sociales
très dramatiques. C’est vrai que ces deux institutions sont des
acteurs importants dans le jeu international, mais je dois dire que
pas plus qu’au niveau national on choisit ses interlocuteurs, quoi
que le gouvernement soit ce qu’il est et les ministres sont ce
qu’ils sont. Or, à l’échelle internationale on ne choisit pas son
interlocuteur. En tenant compte du fait que la BM et le FMI sont là,
notre rôle, à nous syndicat, est de contester un certaines de leurs
politiques ou de leur stratégie. Je n’invente rien en affirmant que,
d’abord, nous sommes très fermes sur notre condamnation des
politiques d’enseignement volontaire proposée par la BM et qui vise
à recruter des personnels sans qualifications et sans garanties
sociales. Ce qui a pour finalité de mettre des enseignants
sous-qualifiés sur le marché. Notre position est claire et la BM la
connaît.
Vous insistez
sur le «dialogue social» comme moyen privilégié pour résoudre le
contentieux entre grévistes et employeurs. Que faire dans des
situations, où l’on assiste à ce qui est qualifié aussi de «dialogue
de sourds»?
Il y va de
l’intérêt général d’asseoir un dialogue direct. Mais pour être
honnête, je peux dire qu’il y a souvent un comportement syndical
négatif qui tourne selon la tendance politique des deux
interlocuteurs. Je dois dire également qu’un syndicat n’est pas
l’opposition. Il ne doit pas jouer le rôle d’un parti politique
opposé à un ministre d’un autre parti, car les syndicats n’ont pas
d’ambition d’accéder au pouvoir. Ces derniers ont des préoccupations
socioprofessionnelles. En face nous avons, dans de jeunes pays, des
ministres qui ont le sentiment de perte d’autorité devant les appels
au dialogue. Or, le dialogue est une preuve de force de conviction.
Si l’on ne veut pas dialoguer, c’est qu’on a peur des arguments des
autres.
Qu’est-ce qui
vous fait éprouver le sentiment que les réformes en Algérie sont
bloquées ?
Si l’Algérie a
fait un bond quantitatif très significatif, l’IE en est consciente.
Mais que le problème de qualité se pose avec acuité. Si les réformes
sont quelque part bloquées, cela ne veut pas dire qu’elles ont
échoué, nuance ! A mon avis, peut être par manque de vision globale
intégrée, touchant tous les maillons de la chaîne pédagogique, dont
la prise en charge des besoins du personnel enseignant. Peut-être
qu’elles ont traîné en longueur à cause des tiraillements
politiques. Il est admis que l’Algérie cumule un énorme retard
vis-à-vis de l’introduction des Ntic. Ce dont il faut avoir des
formations sur les nouvelles technologies et avoir les moyens aussi
de généraliser ce savoir-faire. La société de 2025 (c’est demain)
sera une société technologique. Cette dimension doit être prise en
charge. Il faut penser à une stratégie d’enseignement à mettre en
place en la matière. Par ailleurs, outre le fait que les réformes ne
marchent bien que si elles sont discutées, négociées, l’enseignant
doit se sentir valorisé par le pays, les parents et la tutelle.
L’enseignement est une démarche qui s’inscrit dans la confiance.
Quand on travaille dans un sentiment de malaise et
d’incompréhension, les choses ne progressent pas. Rien n’évolue en
dehors d’un dialogue social.
La stabilité de
l’école ne tolère pas les grèves, les gouvernants reprochent vite
aux enseignants grévistes justement de «prendre les élèves en
otages». Que préconisez-vous pour déjouer ce genre de piège et le
recours aux grèves ?
Oui, l’estocade
est facile à porter contre des grévistes qu’ils soient en Algérie ou
dans d’autres pays. Quand ils débrayent, on les accuse de prendre
les usagers en otages.
A mon avis, c’est
un slogan bien connu qui vise à porter le discrédit sur les
travailleurs qui ne font que défendre leurs intérêts. Je crois que
ceux qui expriment ces critiques seraient mieux inspirés de
faciliter un dialogue social avec les partenaires sociaux afin
d’éviter le recours à la grève. On ne fait jamais la grève par
plaisir.
40 ans plus
tard, quel bilan faites-vous d’une long chemin vers une meilleure
condition du personnel enseignant ?
Même s’il y a des
avancées considérables, le bilan reste mitigé, mais nous continuons
à militer pour l’application à la lettre et l’esprit de ces
recommandations paraphées par tous les pays, lors de la conférence
intergouvernementale de Paris en 1966. Rendez-vous est pris pour le
cinquième congrès mondial de l’IE pour en établir un bilan complet.
S. B.
(*) Secrétaire
général adjoint de l’Internationale de l’Education, dont il est l’un
des fondateurs en 1993. L’IE est une organisation mondiale qui
porte la voix de 30 millions de travailleurs de l’éducation à
travers 173 pays.
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