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Waciny Laredj lors d’un Café littéraire du XIe Sila

«La langue utilisée dans un roman n’est qu’un moyen d’expression»

Projeté hier devant la presse

Le film Barakat n’a pas tenu toutes ses promesses

 

 09/11/06

 

 Waciny Laredj lors d’un Café littéraire du XIe Sila

«La langue utilisée dans un roman n’est qu’un moyen d’expression»

«Le roman arabe : état des lieux», a été le thème de l’espace culturel «café littéraire», animé avant-hier en marge du Salon international du livre d’Alger (Sila), par des participants qui ont passé en revue des œuvres d’auteurs des pays du Golfe,  du Moyen-Orient et du Maghreb.

Parmi les auteurs d’expression française, les conférenciers s’accordent à dire que les œuvres des écrivains arabes appartiennent au roman arabe et non au roman français. Prenant la parole, l’écrivain Waciny Laredj a indiqué que «la littérature algérienne utilise la langue française, mais à l’intérieur de l’objet linguistique, on ressent une certaine algérianité, à l’image des œuvres de Mouloud Feraoun ou celles de Mohamed Dib qui, explique-t-il, a intégré, à travers sa trilogie et ses autres romans, des formules que seuls des Algériens ont la capacité de comprendre, et cela peut être démontré lorsque ses œuvres sont traduites vers la langue arabe, où les lecteurs constatent que certaines expressions sont typiques au dialecte tlemcénien».

Relevant une sorte

d’«interpénétration linguistique» dans le français de la majorité des auteurs algériens d’expression française, l’orateur estime que le classement des romans ne «doit pas s’appuyer uniquement sur des bases linguistiques», ajoutant que la langue «n’est pas un critère suffisant» pour pouvoir classer une œuvre dans une catégorie de romans.

Pour sa part, l’écrivain irakien d’expression italienne, M. Younis Tawfik a, également, souligné que la langue d’écriture d’un écrivain, qu’il soit arabe ou étranger, «n’est qu’un moyen d’expression et non un critère de classement», citant comme exemple l’œuvre d’Assia Djebar qui, a-t-il dit, «traite des sujets relatifs à l’Algérie avec une langue étrangère, sans pour autant classer ses œuvres dans le roman français».

Evoquant son cas personnel, M. Tawfik  a classé ses œuvres dans le «roman arabe», «même si elles sont écrites en langue italienne, à partir du moment qu’elles s’inspirent de la pensée et de la situation arabes».

Il a ajouté que la langue italienne représente pour lui un moyen visant à «imposer» sa culture aux lecteurs italiens et relever le défi de «démontrer sa capacité d’écriture dans une langue étrangère». Par ailleurs, les participants à cette rencontre ont évoqué le parcours du roman arabe, à travers les différentes étapes de l’histoire, passant par l’époque ottomane, les deux guerres mondiales pour arriver aux guerres du Golfe et au conflit israélo-palestinien.

Ils ont tenu a signaler que «le roman arabe existe depuis la nuit des temps» et qu’il  a «traité une multitude de sujets dont certains constituaient des tabous, pas uniquement à partir de l’année 1914, date de l’apparition du roman égyptien «Zeineb» de Mohamed Hassanaïne Haïkal. Les participants ont indiqué aussi que les systèmes de gouvernance de l’époque, par leur «caractère dictateur et monopolisateur» ont causé l’étouffement de plusieurs oeuvres», à l’instar de «Tabaii el istibdad» d’El Kaouakibi et «Erraoud el Atter» du Cheikh Ennefzaoui. Les intervenants ont conclu que la naissance du roman arabe a «bien démarré mais vécu une cassure en milieu du chemin, due essentiellement à la censure».

Synthèse H. K.

 

Projeté hier devant la presse

Le film Barakat n’a pas tenu toutes ses promesses

Projeté hier à la salle El Mouggar devant la presse, le film Barakat de la réalisatrice Djamila Sahraoui n’a pas tenu toutes ses promesses sur le plan fond. Absentes lors de cette séance de projection,  les scénaristes Djamila Sahraoui et  Cécile Vargaftig ont confié l’animation débat au co-producteur Lotfi Bouchouchi qui a tenté, tant bien que mal, de convaincre les journalistes présents de la qualité et de la justesse du produit franco-algérien sorti, faut-il souligner, dans les salles de cinéma en France, il y a quelques mois. D’une durée de 94 mn, le film est tourné dans certaines localités de la wilaya de Tipasa (Aïn Sbaâ, Chenoua). Si sur le plan technique (prises de vue, son, éclairage, musique), l’œuvre se révèle une réussite, le «cinéspectateur» algérien ne se retrouve que peu dans la trame du film qui traite sur fond de terrorisme des années quatre vingt-dix, le conflit de générations, l’indifférence, le machisme tout en mettant en relief le courage de la femme, selon M. Lotfi Bouchouchi. Présentée avec un sous-titrage (pour les passages en arabe), l’œuvre fait appel à des comédiens protagonistes, en l’occurrence Rachida Brakni et Fettouma Bouamari pour camper des personnages dont le dialogue est débité à  80 % en langue française. C’est ce qui explique en partie le financement du film dont 75% ont été assurés par le producteur français, laissera entendre M. Lotfi Bouchouchi, rappelant le coût de l’œuvre, évalué à 1,2 million d’euros. Quant à l’histoire du film dont nombre de séquences «flirtent» avec le surréalisme, la trame a pour cadre la période des années 1990 où, Amel, médecin urgentiste, constate la disparition de son mari journaliste. Elle décide de partir à sa recherche avec Khadidja, infirmière énergique et gouailleuse qui, dans sa jeunesse, s’est illustrée dans les combats  pour l’Indépendance. Au fil d’un périple incertain et périlleux, les deux femmes vont se découvrir l’une l’autre. Elles prennent le risque d’affronter le maquis. Le hic est que le fil conducteur de l’histoire n’est guère perceptible dans l’œuvre, l’aspect dramaturgique et émotionnel est absent et le décalage par rapport à la réalité est criant parfois. Ce qui n’est pas sans galvauder peu ou prou l’histoire, à travers des scènes censées constituer un témoignage pour la postérité. Même si le cas d’espèce, présenté dans le film, «épouse mal la réalité de la douleur vécue», il n’en demeure pas moins, selon le conférencier qu’il existe une lecture à partir «d’un événement historique permettant de mettre en relief  l’ambivalence, les contraintes et les contrariétés qui prévalent au sein d’une société». Soumis à un feu nourri de questions,

M. Bouchouchi défend le produit, en concédant toutefois que certaines séquences sont exagérées, soit dans le parler, certains faits invraisemblables ou encore le choix des effets vestimentaires.

 Hacène K.

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