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La majorité au Sénat mise en jeu
Le RND joue à
quitte ou double
En réponse à la
question de savoir comment la formation de l’ancien Chef du
gouvernement appréhende les prochaines joutes électorales, Ahmed
Ouyhia avait répondu «chacun se prépare comme il l’entend».
C’était le 23
septembre 2006 à l’issue de la dernière session du conseil national
du RND. Pour le SG, c’était aussi une manière de dire que «le RND
est également en phase avec les grands rendez-vous électoraux» et
«on se prépare activement». Si les membres du collège du
Rassemblement national démocratique n’ont pas attendu les signaux de
starter d’en haut pour amorcer leur campagne, entamée faut-il le
souligner, très tôt à l’instar des prétendants d’autres formations,
il est utile de savoir comment perçoit M. Ouyahia ce premier test
des primaires du 12 décembre. Un test révélateur sur la bonne santé
de sa formation. Sachant aussi que c’est le premier pour un SG
affranchi des engagements gouvernementaux. Consacré entièrement au
devenir de sa formation secouée, il faut le dire par des agitations,
Ahmed Ouyahia s’est trouvé contre son gré sur une ligne de
démarcation. Car depuis sa prise en main des affaires du parti,
reléguée à ses proches collaborateurs, avant fin juin, le patron du
siège des Asphodèles se doit de redorer le blason d’un parti
terrassé par les élections de 2002. Surtout que le SG est interpellé
par les anciens militants exclus du congrès de février 2002, qui
font paradoxalement une campagne de déstabilisation, pour «redresser
la situation» jugée désastreuse. La responsabilité de cette
situation lui est directement imputée puisqu’il est accusé d’être
l’architecte des listes des élections locales et législatives de
2002. Le RND qui a senti le goût de la défaite en 2002 n’a
remarquablement pas «su» saisir l’opportunité des partielles en
Kabylie de novembre 2005. Le RND a, pour rappel, essuyé un autre
affront face à l’alliance tacite FFS-FLN, aidant au passage un
retour fracassant du RCD qui était en déclin et laissant ainsi
passer l’occasion de remporter les quelques sièges sur les six de la
Kabylie mis à rude concurrence, dominé par un FLN plus ambitieux et
qui en a remporté 4 sur les 6. Le RND qui compte vraisemblablement
aborder ces sénatoriales avec moins d’enthousiasme, compte tenu
peut-être de la logique des sénatoriales qui est la résultante du
volume de collège de chaque parti. La référence aussi retenue par
les architectes du RND reste l’année-phare du renouvellement des
partielles de 2003 où la formation drivée alors par l’actuel SG,
tablait sur 7 à 8 sièges avant de «scorer» par 18 strapontins qui
l’ont propulsée à la majorité avec 53 sénateurs, suivie du FLN avec
38. Aujourd’hui, le bureau national espère remporter le maximum de
sièges. En fait, 10 sièges suffiraient au RND pour maintenir sa
majorité actuelle. Mais peut-on se contenter de dix places pour
espérer garder ses ambitions dans une compétition réputée pour ses
jeux de coulisses de haute voltige ? Ce n’est tout de même pas
garanti par ces temps des va-et-vient des élus qui font leur «mue
politique»,
oserions-nous
dire. Pour preuve, en 1997, le RND totalisait 8 000 élus locaux,
alors qu’en 2002 il n’a pas dépassé le cap de 2 800 avant d’être
rejoint par 700 élus «travestis» d’autres formations. C’est
assurément pour cette raison que le RND aborde timidement l’examen
des primaires préférant pencher sur «le véritable enjeu des
générales d’octobre 2007». Par ailleurs, le RND, à en croire son SG,
continue évidemment à faire fi des listes communes, pour réaliser
des «scores nets et purs». Le RND se réserve donc pour les
générales de 2007 pour lesquelles il compte mettre le paquet. «Une
manière de reculer pour mieux sauter». Mais la crainte d’un échec
est vivace. C’est pourquoi la question qui se pose
aujourd’hui est de
savoir où va le RND, jadis offensif, avec sa stratégie à reculons ?
Conscient que la prochaine compétition est décisive pour l’avenir
des partis politiques qui appréhendent une reconfiguration fatale,
«le RND, appelé à prouver ses ambitions, détient, laisse-t-on
entendre, des atouts pour déloger ses rivaux». Rappelons que le RND
détenait la majorité des assemblées élues depuis 1997 avec à la
carte 155 députés et 68 sénateurs. Aujourd’hui, il ne compte plus
que 53 sénateurs et 56 députés. Autres temps, autres goûts.
Désormais quelle place réservent les RNDistes au RND ?
Salah Bey
Haut
Liquidations physiques, dénonciations…
Guerre des
gangs à l’ouest du pays
La guerre des
gangs spécialisés dans le trafic d’importantes quantités de drogue
acheminées à partir du Maroc vers l’Algérie bat son plein,
actuellement, dans plusieurs wilayas de l’ouest du pays. Ce sont
également des réseaux internationaux de trafic de stupéfiants qui se
livrent une guerre sans merci sur le sol algérien. Les informations
faisant état de ces guerres nous ont été données par des sources
sécuritaires locales qui n’écartent pas que des liquidations
physiques ont déjà eu lieu entre éléments de ces gangs. «Il est
toutefois difficile de prouver que telle personne avait été
assassinée par tel gang et qu’il s’agit d’une liquidation physique»,
nous dit un officier des services de sécurité exerçant dans la
wilaya de Aïn Témouchent. La concurrence entre ces réseaux de trafic
de drogue est rude et des gangs n’hésitent pas à «vendre» un autre
gang, informant, par des appels téléphoniques anonymes, parfois, du
passage d’un camion bourré de résine de cannabis, par exemple,
disent des sources sécuritaires.
Evoquant l’affaire
de la découverte il y a quelques semaines d’un yacht dont les cales
contenaient 1 500 kg de résine de cannabis, a large des côtes de
Béni Saf, on nous informe au groupement de la Gendarmerie nationale
de Aïn-Témouchent, que ce yacht retrouvé renversé, appartient à un
Espagnol et que les acheminements de drogue, par voie maritime, à
partir du Maroc, se font à travers les eaux internationales.
«Cependant, les plus grandes quantités de drogue acheminées du Maroc
sont transportées par route (routes nationales, chemins de
wilaya…)», ajoute-t-on de même source. «La wilaya de Aïn Témouchent
est géographiquement proche des frontières avec le Maroc. Les
réseaux de trafic de stupéfiants transforment cette wilaya en zone
de passage pour de la drogue destinée à être transportée vers le
centre, l’ouest et l’est du pays», explique-t-on au groupement de la
Gendarmerie nationale. «En mars 2005, nous avons découvert dans un
barrage 500 kg de résine de cannabis dissimulés dans des sacs de 25
kg sous forme de savonnettes de 250 grammes chacune», nous dit-on.
«Les réseaux de trafic de drogue innovent, à chaque fois, pour
tenter de tromper notre vigilance», dit-on de même source.
Les services de
sécurité trouvent parfois des difficultés pour remonter les filières
lors de saisies de quantités de drogue. «Les gangs ont ce qu’on
appelle un ‘code d’honneur’ et tout élément de ces gangs est
liquidé physiquement s’il vend ses acolytes», apprenons-nous auprès
de services de sécurité de la wilaya de Aïn Témouchent. Les
responsables des services de sécurité que nous avons rencontrés
attirent l’attention sur l’utilisation, par ces réseaux, de puces
non identifiées dans leurs communications. Ces réseaux sont
organisés en «agents de renseignements», «éléments de
reconnaissance» et «éléments d’alerte», ajoutent ces sources qui
expliquent que «ces réseaux sont organisés de façon à ce que ceux
qui acheminent la drogue ne connaissent pas les parrains de ces
gangs».
M. Abi
Haut
Bouteflika regagne Alger
Une visite
chinoise fructueuse
Le Président
Bouteflika a exprimé lors des entretiens élargis avec son homologue
chinois ainsi qu’avec le Premier ministre, Wen Jiabao, et le
président de l’Assemblée populaire de Chine, Wu Bangguo, la volonté
de l’Algérie de lier des relations stratégiques basées sur la
«confiance mutuelle et l’intérêt commun»
Après
l’accélération, à partir de 2000, de la croissance du volume des
importations en provenance de la Chine, qui s’est hissée à la
quatrième place de la liste des principaux fournisseurs de l’Algérie
en exportant pour près de 1,3 milliard de dollars, l’Algérie
souhaite à présent une plus importante présence des entreprises
chinoises. Au terme de sa visite d’Etat en Chine et au lendemain de
la 2e Conférence des entrepreneurs chinois et africains, tenue du 6
au 8 novembre en Chine, le président de la République Abdelaziz
Bouteflika, a souhaité «ouvrir un champ de coopération nouveau et
plus large en dehors du domaine des ressources minérales et des
hydrocarbures». Dans une interview accordée à l’APS, il a affirmé
que les échanges commerciaux entre l’Algérie et la Chine ont atteint
1,7 milliard de dollars en 2005 et dépasseront largement le cap de
deux milliards en 2006, indiquant que les relations de coopération
entre l’Algérie et la Chine ont connu, ces dernières années, une
évolution «tout à fait positive dont on ne peut que se réjouir».
C’est surtout dire qu’Alger ne compte pas se contenter du niveau
actuel de ses échanges avec Pékin. La visite d’Etat couronnée par la
signature d’une Déclaration sur le développement des relations de
coopération stratégique en est la preuve. Elle ouvre la voie à un
nouveau type de partenariat entre les deux pays. Partenariat dont le
président de la République a laissé entrevoir quelques aspects.
Avant cette déclaration, lorsque le Président s’est exprimé devant
le Forum algéro-chinois sur la coopération économique, et auquel ont
participé des entreprises chinoises, il s’est dit intéressé par
l’expérience acquise par la Chine dans le domaine économique. «Son
savoir-faire technologique, son organisation et la mobilisation des
capacités humaines constituent pour nous des sources d’inspiration»,
a affirmé Bouteflika. Il exposera la contrepartie en rappelant les
atouts de l’Algérie qui ont trait aux importantes potentialités, ses
perspectives de
développement à court et à moyen terme. «L’Algérie s’est résolument
engagée dans un long processus de transformation pour l’édification
d’une économie plus efficiente et plus performante», sera-t-il
indiqué. Son engagement en vue de mobiliser les nouveaux capitaux et
rechercher un management moderne pour les entreprises algériennes
sera dans ce contexte souligné. Les entreprises chinoises sont
invitées à accompagner l’Algérie dans ce processus. «La
construction de l’économie sur des bases nouvelles va bien au-delà
du simple rétablissement des équilibres fondamentaux de l’économie
nationale», a-t-il mentionné. La mobilisation de ressources, 100
milliards de dollars, devra permettre à l’Algérie de susciter
l’intérêt des entreprises étrangères. En parallèle, l’Etat s’engage
à mener à terme les réformes du système économique. «Le système
financier et bancaire, le marché des capitaux, la mise à niveau des
entreprises, le processus d’ouverture du secteur public, constituent
les éléments-clés de ces réformes d’appui aux entreprises», sont
autant de chantiers que le président souhaite voir parachevés en
vue d’attirer les investisseurs étrangers. «La coopération
algéro-chinoise devra se concentrer pour le bénéfice de notre pays
et des entreprises chinoises», en vue d’aller ensemble à la conquête
de marchés extérieurs, notamment le marché européen, sur lequel les
entreprises algériennes sont appelées à opérer librement et sans
entraves douanières, estime Bouteflika. Plusieurs secteurs
susceptibles de donner un sens à ces engagements sont identifiés
tels que la pétrochimie, les engrais, les résines synthétiques, les
médicaments, la transformation des minéraux non ferreux,
l’électronique de masse, l’agroalimentaire, les nouvelles
technologies de l’information, les constructions métalliques et,
enfin, la fabrication des camions. Tout en promettant la
mobilisation du gouvernement algérien de tous les moyens
nécessaires et en parlant des garanties et protections assurées aux
investisseurs, le président a exhorté les entreprises chinoises à
s’intéresser aux différentes formes de coopération directe,
notamment devant l’indispensabilité d’accéder et de maîtriser la
technologie. Il souligne, à cette occasion, l’engagement de
plusieurs investisseurs chinois dans des investissements en Algérie,
qui «ont réalisé leurs projets dans des conditions satisfaisantes, à
l’exemple de la raffinerie de pétrole d’Adrar, dans le sud du pays,
fruit d’un partenariat efficace avec l’Entreprise nationale des
hydrocarbures Sonatrach, pour un montant de plus de 200 millions de
dollars».
K. S.
Une déclaration
et sept accords signés
La visite d’Etat
du président de la République du 6 au 8 novembre en Chine, a été
couronnée par la signature d’une Déclaration sur le développement
des relations de coopération stratégique, ouvrant ainsi la voie à un
nouveau type de partenariat entre les deux pays. La Déclaration a
été signée par le chef d’Etat et son homologue chinois, Hu Jintao en
présence des membres des deux délégations. Sept autres accords de
coopération bilatérale ont été également signés entre les deux
parties. Il s’agit notamment d’un protocole de coopération
économique et technique, d’un protocole d’entente en matière de
contrôle de qualité des produits industriels, d’un protocole
d’entente de contrôle des denrées alimentaires et d’un accord sur
le transport civil.
Karima Sebai
Haut
Alger abrite le 10e Congrès des hommes d’affaires arabes
Belkhadem
rencontrera les participants
Tout est fin prêt
pour que l’Algérie abrite le 10e Congrès des hommes d’affaires
arabes du 18 au 21 du mois en cours auquel participeront en tout 500
hommes d’affaires issus de 17 pays. 200 investisseurs étrangers ont
confirmé leur participation ainsi que 200 Algériens, en attendant la
fin des inscriptions qui prévoient la confirmation de la
participation d’une centaine d’autres investisseurs. Selon Omar
Ramdane, président du Forum des chefs d’entreprise (FCE),
organisateur du congrès, c’est une tradition instaurée depuis
«l’institution de l’Union des hommes d’affaires arabes en 1997».
Lors de sa 9e
édition qui s’est déroulée à Doha (Qatar), il a été décidé de
confier l’organisation de la 10e édition à l’Algérie par le biais du
Forum des chefs d’entreprise.
La proposition de
l’Union des hommes d’affaires arabes de tenir son 10e Congrès en
2006 à Alger procède fondamentalement de l’évaluation des
opportunités jugées importantes qu’offre aujourd’hui l’économie
algérienne à l’investissement arabe, a-t-il expliqué au cours d’une
conférence de presse tenue hier à l’hôtel Hilton. Concernant
l’intérêt des hommes d’affaires algériens pour ce rendez-vous, il
est dicté par l’importance des investissements arabes en Algérie qui
dépassent les 5,7 milliards de dollars durant la période écoulée de
l’année en cours, avance M. Ramdane qui s’appuie sur des
statistiques fournies par l’Andi (Agence nationale du développement
des investissements). Des chiffres qui n’incluent pas les projets en
cours de réalisation.
Les thèmes à
aborder durant cette rencontre concerneront le développement de
l’investissement dans la région arabe «qui focalise, depuis de
longues années, l’attention et les efforts des pouvoirs publics dans
les pays arabes autant que ceux de la communauté des entrepreneurs
et des hommes d’affaires arabes».
«Les progrès
remarquables ont été accomplis pour ce qui est de l’élimination
progressive des obstacles au libre commerce entre pays arabes, dans
le cadre notamment de l’édification de la zone arabe de
libre-échange», estime le FCE. Prendront part également à ce 10e
Congrès, plusieurs associations d’hommes d’affaires de quinze pays
arabes membres de l’UHAA (Union des hommes d’affaires arabes) et des
représentants de grandes sociétés arabes et d’anciens ministres.
Omar Ramdane en cite, entre autres, l’ancien Chef du gouvernement du
Koweït, de la Jordanie, le P-DG du Fonds arabe de l’investissement.
A souligner que le secrétaire général de la Ligue arabe sera
également présent. Cette rencontre permettra aux hommes d’affaires
arabes de rencontrer le Chef du gouvernement, Abdelaziz Belkhadem
pour leur donner un aperçu sur les développements économiques
réalisés par l’Algérie et les mesures législatives prises en faveur
des investisseurs.
Le Congrès sera
rehaussé par l’organisation d’ateliers de travail sur les
opportunités d’investissement offertes notamment dans les secteurs
du tourisme, des banques, de l’agriculture, des technologies de
l’information, de l’habitat, des transports et des
télécommunications. Des visites avec les ministres algériens des
secteurs concernés sont également prévues.
Fatima Arab
Haut
Victimes du printemps noir
15 novembre
dernier délai pour les dossiers
Dans un communiqué
rendu public hier, la Coordination des aârouchs, daïras et communes
de Tizi Ouzou rappelle aux familles des victimes du Printemps noir
que le dernier délai pour le dépôt des dossiers de reconnaissance et
d’indemnisation conformément au décret présidentiel
n° 06-269 du 15
août 2006 prorogeant le délai initial de dépôt des dossiers est
fixé au 15 novembre courant. La CADC exhorte les familles des
victimes de procéder au dépôt des dossiers dans les délais fixés
afin d’éviter «tout désagrément» qui découlera d’un retard dans le
respect des délais et de la procédure fixés par le décret
présidentiel.
Selma. M.
Haut
Bilan de la GN
7 640,3 grammes
de cocaïne saisis en dix mois
Pas moins de 2 309
affaires de stupéfiants ont été traitées durant les dix premiers
mois de l’année en cours causant l’arrestation de 3 422 personnes
dont 2 667 ont été placées sous mandat de dépôt et 755 mis en
liberté provisoire. Ces chiffres ont été communiqués hier par les
services de la Gendarmerie nationale qui précisent que 3086,556 kg
de cannabis, 7640,3 grammes de cocaïne et de 30889 psychotropes en
comprimés ont été saisis durant la même période. Par ailleurs, dans
le cadre de la lutte contre le trafic illicite de stupéfiants, les
gendarmes du groupement d’Oran ont pu saisir, lors d’une
perquisition opérée avant-hier au niveau d’un domicile situé dans la
localité de Chetaibo, trois kilogrammes de kif traité. Deux kilos de
kif et 14 millions de centimes ont été également saisis dans un
autre domicile dans la même circonscription.
N. B.
Haut
Boghni (Tizi Ouzou)
Démantèlement
d’un réseau terroriste
Un important
groupe de soutien aux groupes armés terroristes vient d’être
démantelé par les services de sécurité en cette fin de semaine à
Boghni dans le sud de la wilaya de
Tizi Ouzou,
avons-nous appris de sources sécuritaires. C’est au bout de longues
investigations des éléments de la BMPJ de Boghni, que ce réseau
constitué par 13 individus a été démantelé. Présentés avant-hier
devant le procureur de la République près le tribunal de Draâ El
Mizan, 4 d’entre-deux ont été placés sous mandat de dépôt alors que
les neuf autres ont été remis en liberté provisoire. Selon nos
sources, les 4 mis en cause inculpés auraient participé à l’attentat
terroriste du ramadan dernier ayant coûté la vie à un policier à la
sortie nord de la ville de Boghni. Par ailleurs, il est à rappeler
que durant la journée de mardi dernier, un terroriste avait été
capturé par les éléments de l’ANP au cours d’une opération
antiterroriste dans le massif forestier de Boumahni surplombant la
ville de Boghni.
Hamid M.
Haut
Aïn-Témouchent-Alméria
30 plages
assiégées par les «harraga»
«Tout a commencé
lorsque deux harragas d’Aïn-Témouchent ont appelé pour dire qu’ils
ont réussi dans leur tentative, faite en 2005, de joindre le petit
port d’Alméria, en Espagne, à bord d’une embarcation volée», nous
disent des jeunes de cette wilaya, entre deux pensées de quitter le
pays.
De notre envoyé
spécial à Aïn-Témouchent
M. Abi
Cette nouvelle a
encouragé beaucoup d’autres candidats à faire la même tentative,
ajoute-t-on. C’est alors que le rush a commencé sur les 80
kilomètres de littoral que compte cette wilaya. Deux autres
embarcations ont été volées. Prenant conscience de l’ampleur prise
par ce «phénomène», les autorités locales ont vite fait de prendre
des mesures pour tenter de juguler cette volonté «collective» de
join-dre l’Europe. «Des mesures préventives et répressives ont été
prises pour juguler ce phénomène», nous disent des sources
sécuritaires de la wilaya d’Aïn-Témouchent. Ces mesures consistent,
principalement, selon ces sources, à lutter contre les vols
d’embarcations et, par là, décourager les tentatives d’immigration.
Ces mesures consistent, principalement, à obliger les propriétaires
d’embarcations à signaler aux autorités concernées tout déplacement,
même d’un port vers un autre, à l’intérieur du pays, ainsi que
d’identifier ces embarcations. Les
«harraga»
achètent, également, des moteurs pour équiper les embarcations à
bord desquelles ils veulent faire l’aventure. «Nous avons pris des
mesures obligeant l’identification des moteurs afin de faire face à
cette situation qui prend de l’ampleur», poursuivent des sources
sécuritaires dont les corps auxquels elles appartiennent sont
représentés dans la commission de sécurité de la wilaya d’Aïn-Témouchent.
La commission
de sécurité en alerte
C’est l’alerte à
la commission de sécurité de la wilaya d’Aïn-Témouchent depuis le
début de la déferlante de «harraga», apprenons-nous auprès d’une
source proche de cette institution. «Depuis cette déferlante, cette
commission se réunit souvent et même en session extraordinaire»,
ajoute cette source. Présidée par le wali et composée par des
membres permanents, dont la Gendarmerie nationale, la police, la
Protection civile, la direction de la pêche et la direction des
transports, cette commission comprend, également, des membres non
permanents, dont la garde communale et les daïras et APC côtières.
«La situation actuelle est délicate et nous impose des réunions
fréquentes», selon cette source.
Les mesures prises
contre ce «phénomène» sont-elles suffisantes pour convaincre les
jeunes de cette wilaya à ne pas tenter cette aventure ? «Le problème
de fond reste le malaise social. Difficile de lutter contre ce
phénomène quand les jeunes n’ont pas de perspectives», poursuit
cette source. A la wilaya
d’Aïn-Témouchent,
les chiffres sont significatifs du malaise social vécu par la
population. Un taux de 15 % et une déperdition scolaire de 6,19 %
sont enregistrés chez cette population dont 62 % ont moins de 30
ans. Cette wilaya, née du découpage administratif de 1984, ferait
face, pour la première fois de son existence, à cette déferlante de
«harraga», selon des sources sécuritaires. La situation est
difficile à maîtriser, selon ces sources.
Les offres
d’emploi ne sont pas nombreuses dans cette wilaya. Dans les cafés ou
autres lieux publics, l’«aventure réussie» des deux «harraga» qui
ont inspiré ces jeunes revient souvent dans les discussions. Très
nombreux sont ceux qui rêvent de connaître la même «réussite» et
font tout pour suivre le même cheminement.
10 à 20
millions pour le voyage
La déferlante
aidant, «l’immigration secrète», comme on l’appelle, dans la wilaya
d’Aïn-Témouchent, des micro-activités sont nées à la faveur des «harraga».
Des activités très rentables pour ceux qui organisent des départs
pour des «harraga». La destination est le petit port d’Alméria, en
Espagne. Les mesures prises par les autorités concernées pour mettre
fin aux vols d’embarcations à bord desquelles les
«harraga» tentent
de joindre ce port, ont donné naissance à réfléchir à ces candidats
à l’immigration clandestine. Ceux-ci s’organisent pour acheter des
embarcations qui seront utilisées dans leurs voyages parfois
périlleux car ne disposant d’aucune connaissance en matière de
navigation maritime ni ne pouvant prévoir les conditions
climatiques. Trouver des candidats au départ vers ce pays est loin
de constituer une chose difficile. Au cours de notre séjour dans
cette wilaya, nous avons tenté d’entrer en contact avec des «harraga»
qui prépareraient l’aventure. Nous avons rencontré quatre jeunes qui
ne rêvent que de prendre la mer depuis que les deux «harraga» ayant
réussi à joindre le petit port espagnol d’Alméria ont annoncé avoir
réussi le voyage. Ces quatre jeunes qui se trouvent tous au chômage,
malgré eux, disent-ils, se rencontrent, chaque jour, dans un café de
cette wilaya. Abdelkrim, la trentaine, travaillait, jusqu’à un passé
récent, dans une sablière de cette wilaya. «Je me faisais
suffisamment d’argent pour mener une vie ordinaire, m’acheter des
vêtements et même faire près de 500 DA d’économie par jour», nous
dit-il. «Cette sablière a été fermée à cause d’une absence
d’autorisation d’extension et je me retrouve au chômage. Je ne pense
désormais qu’à partir», ajoute ce jeune. Ayant presque le même âge,
les trois autres jeunes disent, eux, ne pas avoir eu l’occasion de
travailler. «Nous ne demandons qu’à travailler. C’est, semble-t-il,
trop demander. On ne nous laisse pas le choix. Nous voulons tenter
notre chance sous d’autres cieux, comme l’ont fait d’autres»,
lancent-ils. Dans la wilaya d’Aïn-Témouchent, comme un peu partout
ailleurs, ils ne sont pas les seuls à être du même avis. «Je connais
quelqu’un qui vend son embarcation, assez puissante pour nous mener
jusqu’au petit port d’Almeria. Le prix est de 100 millions de
centimes. Nous devons partager ce prix entre nous et d’autres
éventuels candidats à ce départ», dit l’un de ces quatre
«harraga». Ce
sont, en moyenne, 8 à 12 «harraga» qui montent à bord d’une
embarcation pour le voyage. Le prix de cette embarcation est partagé
entre eux. Nous sommes seulement quatre et le nombre est insuffisant
pour partager le prix de cette embarcation. «Nous devons être, au
moins 8. Je connais un voisin. Il veut partir. Il sera de la
partie», lance
l’un de ces quatre jeunes. «Ce n’est pas le nombre de candidats qui
manque mais il faut connaître nos futurs compagnons pour ce voyage.
La discrétion doit être de rigueur ainsi qu’il faut s’assurer qu’ils
sont prêts à participer à l’achat de cette embarcation»,
ajoute-t-il. «Quand nous serons au complet, nous discuterons des
dispositions à prendre pour éviter d’être pris par la Gendarmerie
nationale». «Nous partirons la nuit», intervient un autre. «On
discutera de ces détails après l’achat de l’embarcation», explique
un autre. Nous sommes convenus pour un rendez-vous le lendemain, au
même café. «N’oublie pas de passer le bonjour à Hacène», me dit un
de ces jeunes. Hacène est notre contact. Ce même Hacène nous met en
contact avec un certain Djillali, passeur, lui, âgé de 35 ans.
Celui-ci demande 15 millions de centimes pour le voyage. «Vous serez
une dizaine de personnes et nous serons au port d’Alméria dans moins
de dix heures», nous dit-il. «Nous n’avons pas toute la somme sur
nous», lui avons-nous répondu, histoire d’éviter un engagement ferme
pour participer à ce voyage et de lui remettre une avance sur cette
somme. Un rendez-vous a été fixé pour le lendemain.
12 plages et
criques sur 30 surveillées
La wilaya d’Aïn-Témouchent
compte 30 plages et criques. Des points de départs pour les «harraga»,
de plus en plus nombreux, ces derniers temps. «Nous avons placé des
postes de surveillance dans 12 de ces plages et criques», nous
dit-on, avant-hier, au groupement de la Gendarmerie nationale d’Aïn-Témouchent.
Pourquoi ne pas avoir installé des postes de surveillance dans les
30 plages et criques de cette wilaya ? «C’est par faute de locaux.
Ces 12 points de surveillance appartiennent à la Gendarmerie
nationale, à la police et à la Protection civile et avaient été
installés lors de la saison estivale. Il s’agit de locaux aménagés»,
ajoute-t-on. «Notre intervention se fait sur terre. L’action sur mer
est menée par les garde-côtes», explique-t-on à ce groupement de la
Gendarmerie nationale. Les services de sécurité, dans cette wilaya,
ont alerté sur l’ampleur prise par l’ «immigration
secrète». «Il
s’agit, actuellement, de micro-activités autour de ce phénomène
avéré très rentable pour les passeurs. Dans quelques années, et si
rien n’est fait, de véritables réseaux peuvent être installés dans
cette partie du pays», avertissent des sources sécuritaires locales.
Des candidats à cette immigration ont trouvé la mort dans des
noyades, notamment, et d’autres ont été arrêtés, apprenons-nous de
ces sources. «Plusieurs personnes ont été arrêtées pour escroquerie
et extorsions de fonds pour avoir escroqué des «harraga», se faisant
passer pour des passeurs et leur demandant de l’argent pour,
soi-disant, «acheter des moteurs pour des embarcations avant de
disparaître dans la nature», disent ces sources.
«C’est dire que le
phénomène de l’immigration secrète draine de nombreuses personnes,
notamment ceux qui y trouvent un véritable filon d’or en escroquant
des candidats à l’immigration clandestine prêts à payer le prix fort
pour quitter le pays», ajoutent ces sources qui ne cachent pas leur
«douleur» de voir tous ces jeunes qui veulent partir vers un autre
pays. «Nous luttons avec tout ce dont nous disposons comme moyens
contre l’immigration clandestine. Cela ne suffit pas car le mal est
profond. Il s’agit d’un malaise social dont souffrent de nombreux
jeunes de cette wilaya. La solution réside dans l’amélioration des
conditions de vie de ces jeunes», explique un officier des services
de sécurité. Les côtes espagnoles se trouvent à 94 kilomètres, à vol
d’oiseau, des côtes
d’Aïn-Témouchent.
Une distance équivalent à celle séparant Alger de Dellys.
-
B.
Haut
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