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LA QUESTION DU JOUR Par  Mohamed Habili 10/01/2016


Le salut de la Libye est dans les mains de l'ONU
Si la Libye et les Libyens avaient les ressorts de trouver par eux-mêmes une solution politique à leurs différents, ils en auraient déjà donné la preuve en se dotant d’un pouvoir central reconnu par toutes les factions en présence. Hélas, ce n’est guère le spectacle qu’ils offrent depuis la chute, correspondant à la liquidation physique, de Kaddafi, vers la fin de 2011. A l’évidence, leur division aurait été pire s’ils avaient été entièrement livrés à eux-mêmes, si la communauté internationale, l’ONU en particulier, s’était désintéressée de leur sort. Eux-mêmes n’auraient été capables dans ce cas que d’une seule chose : se faire une guerre sans issue pour le contrôle des ressources pétrolières. D’autant que le désintérêt de la communauté internationale au sens ordinaire de ce terme n’aurait pas empêché les pays arabes les plus portés à l’ingérence dans les affaires intérieures des autres Etats arabes, à la tête desquels certaines monarchies du Golfe, de la prendre pour un champ d’expérimentation de leur volonté de puissance. Déjà en effet qu’ils n’avaient pas peu contribué à son chaos actuel. On peut donc dire que la Libye a échappé au pire, à l’éclatement sans rémission en autant d’entités qu’il y a de factions et de milices en mesure de s’imposer mutuellement le respect. La situation actuelle donc, quoique rien moins que facile à surmonter, n’est donc pas aussi inextricable qu’elle aurait pu l’être.

Mais maintenant plus que jamais, on peut se rendre compte que cette situation ne découle pas d’une révolution, mais d’une conjuration sans scrupule aucun, dont le seul but était de se débarrasser de Kaddafi, qui avait été fomentée par les étrangers avec la complicité active de soi-disant opposants. Ç’aurait été une révolution digne de ce nom, les choses se présenteraient tout autrement aujourd’hui. En effet, une révolution est un mouvement qui abat un régime, mais sur la même lancée en construit un autre sur ses décombres. Certes, l’unité révolutionnaire n’est pas au départ du processus révolutionnaire, elle se construit à mesure que celui-ci se développe, à travers des avancées et bien des détours, mais il n’y a pas de révolution triomphante possible si les différentes fractions qui la constituent ne finissent pas par se fondre dans un même creuset. Pour que cela advienne, il faut qu’une fraction impose son hégémonie aux autres, par la persuasion ou par la force, encore que ce soit en général par la force. C’est dans cette hégémonie apparue dans le cours même du combat que se trouve en germe le nouvel Etat. A contrario, c’est parce que la chute de Kaddafi n’a pas été consécutive à un mouvement révolutionnaire véritable que la Libye est aujourd’hui un territoire éclaté, un corps sans système nerveux central. Il n’y a pas eu de révolution en Libye, mais une agression impérialiste à l’ancienne menée par la France et la Grande-Bretagne. Un pouvoir central a été détruit, celui de Kaddafi, sans que nul autre n’ait pu se forger à sa place, au moins dans ses grands traits, dans la phase même de destruction. Parce que non-libyenne, la force qui a détruit n’avait en effet aucun intérêt à commencer de construire un autre système sur les ruines de celui qu’elle jetait bas. Après cela, la Libye était mûre non pour se reconstituer sur d’autres bases, mais pour partir en lambeaux à tout jamais. Fort heureusement, il n’en a rien été. Si le processus de désintégration a été suspendu, ce n’est pas par la volonté des Libyens cependant, mais par celle de la communauté internationale, qui craignait pour elle-même. Voilà pourquoi la Libye ne peut ni se sauver ni se perdre tout à fait. Ni son redressement ni sa mort définitive ne sont dans ses moyens.
 


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