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Ils devront attendre la prochaine session criminelle
Deux cadres de Sonatrach accusés d’avoir conclu des
marchés douteux
L’affaire des deux cadres de la Sonatrach poursuivis
pour avoir conclu des marchés douteux avec une
entreprise privée gérée par un ressortissant français, a
été reportée à la fin de la session criminelle,
c’est-à-dire au 13 juillet prochain. Et pour cause,
l’auteur de l’expertise financière qui avait fait état
de la perte de 131 milliards de centimes par Sonatrach
était absent hier. Cette affaire a été dévoilée suite à
un courrier anonyme adressé au procureur de la
République près le tribunal de Bir Mourad Raïs le 18
avril 2004. Après les premières investigations de la PJ,
il s’est avéré qu’il s’agissait du vice-président de
l’entreprise française spécialisée dans le bâtiment et
les travaux publics (ITLG). Il a été fait état dans
l’énoncé de ladite plainte anonyme, déposée auprès du
parquet de Bir Mourad Raïs, qu’un certain nombre de
dépassements sont survenus dans le fonctionnement du
service d’architecture et du bâtiment de l’entreprise
pétrolière nationale. Il a été relevé, toujours dans
cette lettre, qu’une transaction non conforme à la
législation en vigueur, a été conclue avec l’entreprise
ITGA spécialisée dans la confection des études. Cette
transaction consistait en la réalisation de 33 immeubles
dans le Sud algérien par 407 employés ainsi que 3 villas
pour les cadres de l’entreprise en question. Il est
indiqué dans cette lettre que les deux parties ont signé
un contrat qui déterminait la date et la durée dudit
marché alors que le dossier technique de cette
entreprise était falsifié. Il a été indiqué que cette
entreprise n’était pas habilitée juridiquement à
conclure un tel marché puisque ce n’est qu’un bureau
d’études. Les enquêteurs de la police judiciaire ont
découvert par la suite qu’outre les dépassements qui ont
été relevés par l’auteur de la lettre anonyme, il y
avait le fait que le marché avait bénéficié à
l’entreprise décriée aux dépens d’autres entreprises
plus intéressantes et plus authentiques après que ces
dernières entreprises eurent une idée sur les offres et
les données techniques et commerciales présentées par
Sonatrach. Il y a lieu de rappeler que cette affaire a
été reportée durant les deux précédentes sessions
criminelles pour absence de l’auteur de la lettre
anonyme à l’origine de cette affaire.
Par
Salah Harirèche
Layada, drogue, Sahara Occidental et terrorisme
Les
graves dérapages de Taïb Fassi sur BBC
On
savait que le ministre des Affaires étrangères marocain,
d’ailleurs comme chaque serviteur de sa majesté, en
l’occurrence Taïb Fassi Fihri, est un extrémiste par
excellence lorsqu’il s’agit du dossier du Sahara
occidental, mais là il touche le fond. Ce dernier a été
l’invité, avant-hier, d’une émission diffusée sur la
chaîne britannique d’informations en continue BBC en
version arabe. Le ministre de sa majesté est allé trop
loin dans ses propos, d’abord il a nié l’existence du
peuple sahraoui. Selon son propre avis, le peuple
sahraoui n’a jamais existé depuis l’histoire de
l’humanité, voire il n’a jamais eu de terre ! Cette
grave déclaration d’un haut responsable du royaume
chérifien relative à la cause sahraouie a tendance à
faire un amalgame fallacieux et lassant entre les
relations bilatérales algéro-marocaines, mais également
de tout le Maghreb. Taïb Fassi préconise être un homme
de dialogue et de paix ! Ce qui est totalement faux bien
sûr, a-t-il déclaré lors de cet entretien d’une heure
avec la BBC, que le Maroc se dirige vers l’application
du plan de l’autodétermination avec ou sans la
‘’bénédiction’’ du Front Polisario. Grave comme
déclaration, ce ministre des Affaires étrangères
marocain, s’est permis le luxe en di-sant également que
le Polisario n’a plus d’autres solutions que d’accepter
l’«offre» du Maroc. Ce natif de Casablanca s’est fait
piéger par lui-même, en affirmant d’autre part, qu’il
existe un peuple du Sahara occidental qui réside au sud
du Maroc ! Lui, qui vient juste de démentir l’existence
d’un peuple du Sahara occidental, alors comment
explique-t-il son double langage. Plus loin encore, ce
chargé des Affaires étrangères du Maroc a accusé
l’Algérie d’abriter et d’armer le Polisario sur son
territoire dans le but de l’inciter à faire la guerre.
Cette vieille chansonnette, on la connaît déjà, mais le
plus ridicule dans ces propos, c’est que notre pays,
selon lui, a redoublé ses férocités envers le Maroc. Ce
pays voisin qui continue d’écouler des tonnes et des
tonnes de drogue à partir du sud de nos frontières, et
qui ferme les yeux sur les armes qui font «bénir» les
groupes armés ont trouvé beaucoup de matières pour Taïb
Fassi. Ce dernier a mis en cause la fermeture des
frontières qui reste, selon lui, la seule cause de ces
dérapages. «On ne peut pas contrôler les frontières qui
sont fermées. L’Algérie qui encourage cette situation
n’a pas répondu favorablement à nos appels. Ce qui a
encouragé l’écoulement de la drogue. Le Maroc ne peut
rien faire devant cette situation», déclare-t-il à la
BBC. «Voilà une autre pression du Maroc envers
l’Algérie, cette menace, qui aujourd’hui est devenue
plus qu’une réalité, n’est plus un secret pour personne,
même les petits enfants connaissent parfaitement la
culpabilité du Maroc dans cette affaire. Le ministre
marocain a été «bouleversé» par la question imprévue de
l’animateur de BBC, ce dernier voulait confirmer par la
bouche même de Taïb Fassi s’il y a eu ou pas un
rapprochement entre le Maroc (services de renseignements
marocains) et l’ex-émir du GIA, Abdelhak Layada, lorsque
ce denier a été arrêté sur le sol marocain. Une réponse
qui tarde à sortir de sa bouche, Taïb Fassi a répondu
que cette affaire c’est du passé et rien ne l’obligera à
répondre ou pas à cette question. Devant cette réponse
pas du tout convaincante, l’animateur a rétorqué en
disant au ministre marocain qu’à partir de sa réponse
cela prouve que le Maroc a été bel et en relation avec
le GIA et plus particulièrement avec l’ex-chef du GIA,
Abdelhak Layada. Toujours pas de paroles de la part de
Taïb Fassi. Concernant le GSPC et les menaces du
terrorisme dans la région, le ministre marocain répondra
favorablement aux questions du représentant de BBC. Ce
qui démontre davantage que durant le passé, le Maroc
avait bel et bien de solides relations avec des groupes
armés, une sorte de pression sur Alger, mais une autre
manière pour Rabat de faire évacuer tout risque
d’attentats sur son territoire.
Sofiane Abi
Lieux Médisants
Sur
les jeunes et les moins jeunes
Il
ressemble à ces animaux terrifiants et fantastiques des
contes médiévaux et c’est lui qu’on envoie au charbon.
L’engin qui tient un peu du char et du bulldozer, j’ai
eu l’occasion de le croiser du côté de Bordj Bou
Arréridj dans une de ces scènes aussi étranges
qu’irréelles qui surviennent subitement au hasard d’un
voyage. La route qui menait à la capitale des Bibans
était coupée et l’engin dont il est question n’est pas
un chasse-neige mais un engin anti-émeute. Les jeunes
étaient là, fulminant de rage, brûlant les pneus pour
une histoire, semble-t-il, de maire qui ne veut pas les
recevoir, de problèmes épineux qu’ils peinent à exposer,
pour peu qu’on daigne leur prêter l’oreille. Je songeai
que peut-être au même moment, d’autres routes d’Algérie
étaient en proie à la même furie juvénile. La politique,
les élections à tous les niveaux, devaient en principe
tendre à éviter de rencontrer ces jeunes et ces
monstrueuses mécaniques importées d’Europe. En dépit de
son poids démographique, la jeunesse ne croit pas à son
poids électoral au regard duquel elle pouvait pourtant
prétendre au pouvoir. Jeunes pour faire de la politique
mais les premiers à être inscrits sur les listes
électorales. Sur le plan de la forme, le canal politique
semble fonctionner. Mais la parole de ces jeunes s’abîme
dans les dédales sclérosés des machineries
bureaucratiques. Personne ne paraît être à sa place. Le
système de communication est grippé. Car l’élu ne se met
pas à la disposition de l’électeur. Pourquoi voter pour
quelqu’un qui ne se soucie pas de nos problèmes et de
ceux de la cité ? C’est là où il faut chercher
l’abstention électorale, laquelle à vrai dire, a préparé
le lit des abstentions à venir. Ainsi, d’abstention en
abstention (ne pas voter conduit à ne pas se présenter
au bureau de main-d’œuvre, à ne pas déclarer les impôts,
à ne pas s’acquitter de la facture d’eau, à ne pas faire
un travail décent, à ne pas répondre à une convocation
émanant de l’administration etc.). L’image du jeune se
réduit alors à la portion congrue d’un paria, s’il n’est
pas terroriste, il est hooligan, coupeur de rue,
émeutier, harraga, antipatriote, fainéant ayant en
horreur le travail manuel, drogué, vendeur à la
sauvette, trafiquant en tout genre. Le management, les
techniques de gestion moderne qui aiment réduire la vie
humaine en saucissons, ne peuvent concevoir pour cette
catégorie de la population qu’un conseil ou un organisme
semblable à celui réservé au rond à béton. Le problème
serait celui de la jeunesse et non pas celui de la
société et de l’Etat. J’ai en mémoire cette confession
d’un psychiatre de chez nous. Il me disait, voyez-vous,
là où les pouvoirs publics devaient intervenir pour
construire des stades, des aires de jeux et des
infrastructures culturelles – cadres où la jeunesse peut
s’épanouir – on a fait appel à nous. Comment ne pas
douter de la sincérité de nos dirigeants qui affirment
vouloir prendre en charge les problèmes de la jeunesse,
alors qu’à son sujet, ils veulent attribuer aux
psychiatres leurs propres paroles et pensées ? C’est
quand même chose gravissime que de faire passer la
parole du pouvoir pour la parole scientifique et
médicale. Il serait naïf de croire qu’un organisme aussi
officiel soit-il puisse plancher sur le cas de la
jeunesse lorsque le système qui préside au
fonctionnement des collectivités locales est totalement
obsolète. Dans un tel système, la démocratie qu’on
souhaite participative demeure un vœu pieu. Tout
refonder semble être la solution incontournable. Comment
ne pas y songer dès lors que tout le monde admet que
cette jeunesse forme la majorité de ce peuple ? Un
Conseil de la jeunesse, je l’imagine composé à peu près
de ceci : une commission des sports, du logement, de
l’éducation et de la formation, de la santé, de
l’emploi, etc. Autant créer un nouveau gouvernement,
mais alors qui à la base se chargera d’appliquer et de
veiller à l’exécution du programme ? Il ne faut pas
perdre de vue que c’est au niveau des routes et des APC
que cette jeunesse mécontente a coutume de sortir ses
griffes.
Pat
Larbi Graïne
larbigra@hotmail.com
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